LES PÉPINS DE KIWI


Réflexions douces-amères d'une infertile maintenant maman.

18 juillet 2005

Vous l'avez demandée

alors la voicie!

Vous vouliez voir ma petite bédaine qui commence à pousser, alors voici une photo prise il y a plus d'une semaine. Même si c'est encore petit, il commence à y avoir un petit bedon qui pousse, lentement, mais sûrement!

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Écrit par kiwi :: 1:46 PM :: 1 pelure(s)

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17 juillet 2005

Pépin est têtu, mais fort

Mercredi le 13, nous sommes allés à mon rendez-vous pour la clarté nucale. Un prétexte en fait pour avoir une autre écho, pour revoir pépin une autre fois. Sur mon papier, il était écrit de ne pas boire d'eau. Comme c'était le cas aussi pour toutes les autres échos que j'ai eues auparavant, c'est à dire par voie vaginale, je me suis préparée mentalement à cette éventualité. Même si j'en ai eu une douzaine, on ne s'habitue jamais vraiment à ça.

Dans la salle d'écho, le médecin me demande de m'étendre sur la table. Surprise, je demande "hein? C'est sur le ventre?!" Il me répond "oui, à moins que tu insistes!" Je lui dis que non, merci, je passerai mon tour cette fois-ci. Je suis si heureuse d'avoir passé cette étape, de pouvoir voir pépin à travers mon bedon. Il pose la sonde, pèse assez fort, taponne, ne dit rien. Hom et moi sommes inquiets tout d'un coup. Il cherche, se déplace sur mon ventre. On voit une tache qui bouge à l'écran, on distingue bien que c'est un bébé, mais ce n'est pas aussi précis que j'aurais cru. Le dr me dit "il est placé très profond. On aura pas le choix d'y aller par voie vaginale." Ahahah! Je ne m'en serai pas sauvée finalement!

Pépin est très clair à l'écran. Il bouge, je vois son coeur battre et le mien se calme. Mais pépin est placé un peu de dos, on ne voit donc pas assez bien sa nuque pour la mesurer. Le dr donne quelques petits coups sur mon ventres, vis-à-vis pépin, pour le faire bouger. Il gigotte, mais ne se retourne pas. Encore quelques coups, rien. Il pèse à un endroit, puis à un autre. Pépin se tourne de face, puis de dos, mais pas de profil. Le dr me demande de tousser, ça ne donne rien. La sonde vaginale donne beaucoup moins de marge de manoeuvre, car sur le ventre, on peut pratiquement regarder le bébé sous tous ses angles. Après une vingtaine de minutes à me peser sur le ventre, pépin se retourne finalement. Le temps d'apercevoir son beau profil, de mesurer sa nuque et de prendre une photo et le voilà déjà retourné de l'autre côté. Peu importe, ça nous aura permis de regarder notre bébé gigotter pendant un bon 20 minutes. Même si j'avais mal à force de me faire peser sur le ventre, je ne m'en occupais pas, je ne voyais que mon bébé sur l'écran. Une petite pinotte de 52 mm, plus petit que la paume de ma main! Avec des pieds, des orteils, des doigts, un nez, il/elle a tellement changé depuis 3 semaines!

Tout est beau, la mesure est bonne et son coeur bat fort (179!). Je trouvais ça rapide, mais selon le doc, c'est encore dans les limites du normal. Ouf! J'ai ensuite fait mes premières prises de sang pour le prénatest. Puis nous sommes partis, le coeur gonflé d'amour pour ce petit bonhomme qui grandit, bien au creux de mon ventre. Mes peurs se sont un peu calmées, mes doutes ont un peu diminué. Je commence à vraiment laisser libre cours à mon bonheur et à bien profiter de chaque minute passée avec bébé.

Jeudi matin, j'ai eu mes prises de sang de suivi à l'hôpital. J'ai aussi pris tous mes rendez-vous avec l'hôpital: la vraie grosse écho, le 26 août et les prises de sang en octobre pour la glycémie, ainsi que la visite de la maternité en décembre.

Plus les jours avancent, plus je m'attache à ce petit être en devenir. J'ai encore l'impression qu'hier seulement, ma vie tournait autour du seul désir de devenir maman. Hier encore, je prenais ma température, calculais les jours, espérais, rêvais. Toute ma vie a changé depuis 2 mois, plus que je ne l'aurais imaginé et je sais que ce n'est que le début d'une grande chaîne de changements!

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Écrit par kiwi :: 8:49 PM :: 1 pelure(s)

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12 juillet 2005

Tant de choses à dire

et si peu de temps pour les dire...

Je suis revenue du chalet samedi dans l'avant-midi. Les vacances ne sont pas terminées et nous avons décidé d'en profiter au maximum, même si nous les prenons à la maison. Nous sommes donc très occupés et ça me laisse très peu de temps pour écrire sur mon blog. Je vais essayer de remédier à la situation dans les prochains jours, sinon la semaine prochaine (je recommence à travailler, mais ce sera tranquille).

Pour le moment, je voulais surtout dire que tout va bien. Je me sens encore en pleine forme, sans nausée (je crois bien m'en être sauvée!) et sans malaise. Depuis deux jours, je sens des petits tiraillements de temps en temps, j'imagine que Pépin grandit! Mon bedon commence un peu à s'arrondir, mais pour l'oeil averti seulement. Quelqu'un qui ne sait pas que je suis enceinte pourrait très bien croire que j'ai engraissé. J'ai encore quelques inquiétudes, sans doute normales. Je crois qu'une fois l'écho de la clarté nucale faite, je pourrai un peu plus profiter de ma grossesse. Je la passe demain, en fin d'après-midi. Je suis nerveuse, bien entendu. J'ai peur qu'on trouve quelque chose d'anormal ou pire, que Pépin ne grandisse plus. Mais j'ai aussi très hâte de revoir ce petit être miniature. J'ai hâte de voir son évolution depuis 3 semaines. J'ai hâte de pouvoir distinguer ses bras, ses jambes, son visage. J'ai hâte de revoir ce petit coeur battre si fort.

J'aurai un autre rendez-vous la semaine suivante, pour le suivi de grossesse cette fois. J'imagine qu'il me donnera les résultats à ce moment. Si tout est beau, si Pépin grandit bien et fort, nous serons prêts à le dire à la terre entière, nous serons prêts à le crier haut et fort et à nous laisser emporter par le bonheur que nous retenons depuis si longtemps.

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Écrit par kiwi :: 3:27 PM :: 2 pelure(s)

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30 juin 2005

À bientôt!

Je pars demain au chalet de ma mère pour une grosse semaine! Une semaine à me faire dorer la couène, à écouter le chant des oiseaux et des ouaouarons, à me faire piquer par les mouches noires et surtout, à dormir!!! Une semaine sans l'internet, donc ne vous inquiétez pas si je disparais quelques jours. Je serai seulement dans le bois à respirer l'air pur ou dans le lac à me prendre pour une baleine.

Ce soir, on reçoit la belle-famille avant de partir, question de leur annoncer la grossesse. Puis on devrait le dire à ma mère aussi, pendant les vacances, mais j'hésite encore, étant donné qu'elle ne sait pas garder un secret... Je veux lui dire, mais en même temps, je sais qu'elle va le dire elle aussi, même si je lui parle, même si elle me promet. Je sais comment elle est, je sais comment elle pense. Je ne veux par contre pas la blesser si je ne lui dis pas et qu'elle apprend plus tard que tout le monde le savait, sauf elle... Ce serait une bonne leçon pour ne pas m'avoir prise au sérieux auparavant, mais je ne suis pas du type veangeance. J'imagine que je verrai en temps et lieux.

Petite mise à jour: je suis presque rendue à 10 semaines. Déjà presque le quart de fait, wow! Je me sens toujours aussi bien. Bon, je pleure tout le temps pour rien, mais je ne peux pas empêcher tous les effets des hormones! Comme Hom m'a confirmé, j'avais des effets bien pires sous les médicaments que sous les hormones "naturelles". On l'avait déjà prévenu que la grossesse lui semblerait de la petite bière à côté des injections et du Femara! Et, comme vous auvez pu le deviner avec mon dernier message, je souffre un peu de constipation, mais rien qu'un bon gros bol de All Bran ne peut régler!

Je vous reviens dans une semaine! Profitez du soleil!

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Écrit par kiwi :: 2:47 PM :: 4 pelure(s)

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27 juin 2005

Mon nouveau meilleur ami

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Écrit par kiwi :: 2:44 PM :: 1 pelure(s)

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26 juin 2005

Le scoop est sorti

Nous allions souper chez mon père pour son anniversaire hier soir. Nous avions décidé d'annoncer, à lui, sa copine, mes frères et leurs blondes, la bonne nouvelle. J'avais eu des années pour imaginer ce moment, mais je ne m'étais jamais permis de le faire, de peur que ça ne se réalise jamais. J'avais par contre pensé longtemps au "comment". J'ai donc préparé un petit paquet, dans lequel j'ai placé un petit hochet enveloppé de papier de soie par-dessus un test positif* aussi enveloppé de papier de soie. Au fond de la boîte, un papier plié en deux sur lequel était écrit "Coucou grand-papa et grand-maman!" et au dos duquel se trouvaient les deux images de l'échographie.

Nous sommes donc allés souper chez eux. Tout se passe bien, tout le monde est de bonne humeur, on jase, on mange à l'extérieur, bref, une belle soirée. Après le dessert, Hom me regarde et me dit que c'est le temps. Je suis soudainement très stressée et nerveuse et j'en tremble. C'est énorme, annoncer ça! J'ai peur, tout à coup qu'on brise l'ensorcellement en le disant! Hom me serre dans ses bras et me dit que dans la vie, on doit foncer. Je place donc le petit paquet devant mon père à la table et je lui dis que c'est un petit quelque chose d'Hom et moi, pour lui et sa blonde aussi. Il ouvre la boîte, déballe le hochet. Il sourit, mais ne dit rien. Il développe le test et ne dit toujours rien. Puis il voit le papier et lit le mot à haute voix. Les moments qui suivent sont flous dans ma tête, comme si tout s'était déroulé trop vite ou comme si j'avais rêvé. Un tourbillon de bonheur, de bras qui me serrent, de sourires, de "félicitations!", de yeux qui brillent et de cris de joie. Ma belle-soeur était en larmes, mon père était si heureux, mes frères souriaient, je ne tremblais plus. Mon père me dit qu'il avait compris au hochet (et à ce qu'ont dit les autres, eux aussi), mais qu'il n'osait pas rien dire, au cas où.

Hom a alors dit que l'histoire de ce petit être était un peu compliquée, que ce n'était pas une surprise. Je dis à mon père et sa copine "vous étiez un peu au courant, mais pas vous" en m'adressant à mes frères. Ils me disent "oui, on savait, maman nous l'avait dit."** J'ai alors raconté brièvement note parcours, les traitements, les injections, les tests, la fausse-couche, les inséminations, le cul-de-sac où nous nous retrouvions et l'opération imminente. Je leur ai demandé de garder la nouvelle pour eux pour le moment. Ils ont posé des questions, s'intéressaient aux détails comme les nausées, la dpa, si j'avais des fringales, si on avait des choix de prénoms, etc. Ça faisait vraiment bizarre de parler de tout ça avec eux. En fait ce qui était bizarre était le fait que je me sentais bien d'en parler, que j'étais heureuse de le partager. Ce qui a été si longtemps notre jardin secret était maintenant ouvert à nos proches.

La blonde de mon petit frère me regardait sans cesse le ventre, comme si elle attendait de voir une rondeur pousser. La copine de mon père était déjà mère-poule et mon père m'a dit qu'il allait longtemps se souvenir de cet anniversaire.

Moi aussi.


*J'ai commandé 5 tests cette semaine exprès pour ça. J'ai fait le test jeudi matin et je me sens un peu ridicule de dire que j'étais vraiment toute heureuse de voir la deuxième ligne apparaître si vite. Comme si les 15 autres tests positifs d'avant n'étaient pas assez.

** Je suis un peu frustrée contre ma mère d'avoir trahi ma confiance comme ça. Je sais que ma mère n'est pas fiable et qu'elle ne sait pas garder un secret. Je savais qu'elle en avait parlé à ma grand-mère, qui est aussi panier-percé qu'elle, mais je ne m'attendais vraiment pas à ce qu'elle le dise à mes frères. Je vais lui annoncer la semaine prochaine, mais je crois qu'une bonne discussion s'impose. Quand je demande de garder un secret, ce n'est pas pour la forme. C'est important et ça me fâche qu'elle ne me prenne pas au sérieux.

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Écrit par kiwi :: 7:08 PM :: 2 pelure(s)

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22 juin 2005

Rencontre inespérée

J'ai très mal dormi la nuit passée. Je me tournais d'un côté puis de l'autre, j'avais mal au coeur, chaud, froid... Il était temps que la nuit achève! Aujourd'hui, j'avais mon premier rendez-vous de suivi de grossesse. Enfin, ce moment si attendu et si redouté était enfin arrivé!

Je me doutais que je n'aurais pas d'écho et qu'on ne pourrait probablement pas entendre le coeur, alors je ne m'attendais pas à grand chose pour me rassurer. Hom aussi était stressé et un peu frustré qu'on ne me fasse pas d'échographie.

On arrive à la clinique, angoissés et nerveux. On nous fait asseoir dans une salle d'examen pour attendre le docteur. Dans les salles voisines, on l'entend faire le tour avec son doppler, faisant résonner le coeur de chaque bébé qu'il trouve. Un son si beau, mais à la fois si blessant pour nous. Hom est fâché, il veut entendre le coeur de SON bébé, pas celui des autres! Je sens qu'il ne passera pas sous silence cette injustice et sincèrement, ça fait mon affaire.

Le docteur entre et nous reconnaît. Il jette un rapide coup d'oeil à mon dossier et s'exclame: "Enfin tu es enceinte! Et après tous ces traitements, c'est le Femara qui a fonctionné!" Il me pose quelques questions, m'explique les prochains rendez-vous, me dit que l'échographie sera à 18 semaines. Je lui dis que l'infirmière n'a pas écrit la bonne date (elle avait calculé à partir de mes règles, mais comme je ne suis pas régulière, ça ne correspond pas tout à fait). Il me demande quand avons-nous fait un pap test la dernière fois. Ouf, ça fait longtemps, je ne m'en souviens même pas! Il me dit "on va en faire un maintenant et il faudrait aussi que tu passes une écho pour savoir exactement où tu en es, vu que tu n'es pas régulière."

Je me lève et m'installe sur la table d'examen. Hom demande si on doit prendre rendez-vous à l'hôpital pour l'écho et si ça prend du temps. Le doc lui répond: "non non, on va faire ça ici, maintenant!" Nous nous sommes regardés, les yeux gros comme des 2$, la bouche ouverte et le coeur gonflé d'espoir. C'était tellement plus que ce que j'aurais osé espérer. Tellement mieux! Nous n'avons même pas eu à le demander!

Sur l'écran, on voit apparaître une petite tache grise. Est-ce bien vrai, est-ce bien pépin que je vois là? Il est si beau, si petit! Il mesure 8s6j et je suis à 8s5j, donc pile sur la marque. C'est si merveilleux de voir enfin pépin, avec son coeur qui bat si vite, petit scintillement blanc rempli de magie. On l'entend enfin, le coeur de notre bébé! Hom a les yeux pleins d'eau et pleins d'amour pour ce minuscule être en devenir. Je suis couchée à fixer l'écran, je ris de nervosité, je suis sous le choc et j'ai peur de me réveiller. Après tout ce temps, serait-ce enfin vrai?

Tout est parfait. Selon le doc, celui-là va rester jusqu'au bout. Quant à mon absence de symptôme, rien d'inquiétant, bien entendu. Pour une fois dans ma vie, je serais du bon côté des statistiques. Les dieux de la fertilité se sont dit que j'avais amplement payé ma part et que je méritais un petit répis. Un juste retour des choses? Si on veut... Même si je sais que rien n'est encore gagné, le fait d'avoir vu et entendu pépin me remplit d'une paix que je n'avais pas ressentie depuis... depuis toujours, je crois bien. Je ne peux m'empêcher de sourire, j'en ai mal aux joues!

Je retourne faire une écho dans 3 semaines, pour le prénatest. N'importe quel prétexte pour revoir pépin, je suis en amour!

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Écrit par kiwi :: 8:45 PM :: 5 pelure(s)

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21 juin 2005

Attentes

Demain, je vois mon docteur pour la première fois depuis le mois de mars, depuis la fois où il m'a dit de "pendre un break" en attendant la laparoscopie et le drilling. Ce sera mon premier rendez-vous de suivi de grossesse. Je ne m'étais pas rendue là la première fois, alors je ne sais pas du tout à quoi m'attendre. En fait, je sais un peu ce qui m'attend, plusieurs amies m'ont décrit leur premier rendez-vous. Mais cette fois-ci, j'aurai le rôle principale, je serai celle qui est suivie. Je n'aurai pas d'échographie, la clinique étant très peu flexible quand il s'agit d'un suivi de grossesse. Quand je devais voir mon folicule, toute petite bulle de rien du tout, je pouvais avoir une échographie le jour voulu, sans problème, même le samedi! Maintenant que c'est juste un bébé, bah, c'est pas important de le voir! Un folicule, c'est ben plus important, un bébé, y'a rien là! Ou enfin, c'est l'impression que j'ai. Je vais quand même lui demander et espérer qu'il comprenne, mais je ne m'attends pas à grand chose. J'aurais espérer pouvoir entendre le coeur, au moins, mais je sais que c'est très rare en bas de 10 semaines. Bref, je ne sais pas trop pourquoi on va là... Je n'ai pas l'impression que nous allons sortir de là bien plus rassurés que nous le sommes en ce moment. Oui, il va vérifier mon col, la grosseur de mon utérus, etc., mais je ne VERRAI pas pépin et je saurai pas qu'il est vraiment là, avec tous ses morceaux et qu'il grandit bien.

Malgré tout, j'ai peur. J'ai peur qu'il me dise que quelque chose cloche, que la grossesse ne semble pas avancer comme elle devrait... J'ai peur d'une mauvaise nouvelle. Je suis habituée d'aller le voir parce que mon dernier cycle a fini avec un crash, j'ai l'habitude de sortir de là insécure et découragée. J'ai beau me dire que je serais dûe pour une bonne nouvelle, que maintenant, c'est à notre tour, il y a toujours cette petite crainte en moi de retourner à l'endroit où j'ai eu tant d'espoir et de désespoir entremêlés pendant des années.

J'essaie donc de rester positive et de me dire que ça va bien aller. Je ne mets pas mes attentes trop hautes, pour ne pas être déçue. Mes plus grandes attentes seraient qu'il me donne rendez-vous pour une échographie très bientôt et qu'on entende le coeur. Mes attentes plus réalistes sont de me faire dire que tout semble bien aller. Je vais m'accrocher à ça jusqu'à demain.

Je pense bien aller faire le prénatest, pour pouvoir avoir une échographie à 12 semaines. Ce serait un bon compromis je crois...

On a décidé de l'annoncer à nos parents si tout semble ok après le rendez-vous. On leur dirait cependant de garder ça pour eux pour le moment. Nous avons hâte de leur annoncer, mais en même temps, ça ne nous tente pas du tout que la famille au grand complet le sache. Tout à coup qu'il arrive quelque chose (après tout, il est encore tôt), je ne me vois pas du tout répéter 100 fois "non, je ne suis plus enceinte, je l'ai perdu" ou affronter les regards remplis de pitié ou les "est-ce que ça va?" de gens avec qui je ne me sens pas du tout à l'aise de parler de quelque chose d'aussi personnel. Ce sera donc limité à nos parents pour l'instant, en leur expliquant pourquoi on ne veut pas que la nouvelle se répande. Si on se rend au prénatest et que tout est ok, que pépin grandit bien, là, on se réajustera.

Une chose à la fois, un jour à la fois...

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Écrit par kiwi :: 10:46 AM :: 2 pelure(s)

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17 juin 2005

8 semaines

Je prends le temps ce soir de faire une petite mise à jour. Ça commence à se calmer côté travail, je devrais pouvoir enfin soufler d'ici une semaine et revenir écrire plus souvent.

Mon corps
Si je regarde bien fort et cherche bien comme il faut, je peux arriver à trouver quelques symptômes... Je suis très fatiguée et mes seins font mal et changent encore. J'ai parfois le dégoût pour certaines choses, mais pas de nausée. Ma faim est bizarre, j'ai faim souvent, mais rien ne me tente et dès que je mange, je me sens pleine. J'ai les yeux très secs et je viens de lire dans mon livre sur la grossesse que c'est un symptôme. Eh ben! Je me sens encore bien. Pas vraiment d'inconfort ou de sensation désagréable.

Mon coeur
Les émotions contradictoires se livrent encore bataille en moi. Je n'arrive pas encore à me laisser librement être heureuse. On dirait que mon coeur se dit qu'il ne peut pas se le permettre, car ce serait comme ignorer ce qu'il sait. Mais malgré tout, mon coeur aussi se sent bien.

Ma tête
Je pense beaucoup ces temps-ci. Je pense à ma jalousie, aux cicatrices encore très vives que m'a laissé l'infertilité et je me dis que j'ai hâte de passer au-delà de tout ça. Mais au fond, je sais que je ne pourrai jamais vraiment effacer tout ça ni passer complètement à autre chose. J'ai aussi beaucoup d'inquiétudes et de peurs, sûrement parce que mon premier rendez-vous approche. J'ai très hâte, mais en même temps très peur de ce que le docteur peut m'annoncer. Après tant d'années et de cycles ratés, je me dis "qu'est-ce qui te ferait croire que cette fois-ci, tout irait bien? Depuis quand les choses marchent bien pour toi hein?" Sans être pessimiste, je reste un peu trop réaliste. Mon moyen de défense, j'imagine...

Mon pépin
S'il grandit bien, il mesure entre 10 et 14 mm et pèse 1,5 g. Son visage se forme, il a même déjà une langue! Ses mains et ses pieds se dessinent tranquillement. Je l'imagine un peu plus facilement, quoi qu'il reste encore plus près du rêve que de la réalité. Il est plus de la grosseur d'un gros pépin de pamplemousse maintenant!

Mon chum
J'ai hâte qu'il ait une preuve concrète, qu'il entende le coeur ou voit quelque chose à une échographie. J'ai hâte que pépin devienne plus réel pour lui. Il est très gentil et patient avec moi, même s'il mange toutes mes grignotines. Il m'a même appelée ce matin pour dire "bonne fête à pépin pour ses 8 semaines!"

Notre monde
Rien de nouveau de ce côté. On espère pouvoir l'annoncer bientôt, si on a confirmation que tout va bien après le premier rendez-vous. Sinon, on attendra encore. Rien ne presse.

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Écrit par kiwi :: 9:21 PM :: 0 pelure(s)

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15 juin 2005

Quand on se compare...

Je n'arrive pas à me débarasser de cet espèce de mauvais présentiment. Je ne suis pas négative, ni pessimiste, mais j'ai une drôle d'impression. C'est peut-être mes années d'infertilité, d'échecs et de déceptions qui m'ont amenée à toujours être sur la défensive et à me préparer au pire. J'avais l'habitude de bien connaître les signes de mon coprs, j'analysais tout et prenais tout en note. Depuis que l'infertilité n'est plus un problème quotidien pour moi, je me suis laissée aller et ce manque de contrôle me fait peur. Je ne sais pas ce qui m'attend, je ne connais pas du tout ce monde où je m'embarque. Pour connaître un peu le chemin à venir et ce que je dois prévoir, je lis des témoignages d'autres femmes ayant passé par là. Seulement, j'ai tendance à me comparer, même si je suis tout à fait consciente que les grossesses changent d'une femme à l'autre. Je suis presque rendue à 8 semaines. Je n'ai pratiquement pas de symptômes, à part la fatigue et les seins douloureux (et même ça, c'est intermittent). Quand je lis les autres femmes, ça m'inquiète. La plupart ont déjà des nausées, elles passent leur temps à uriner, ont des crampes ou des tiraillements, certaines ont même un ventre alors qu'elles en sont à 6-7 semaines de grossesse! Et moi je n'ai rien de tout ça! J'ai beau me dire que ça arrive très souvent de ne rien ressentir pour plusieurs semaines, je trouverais ça réconfortant d'avoir un signe clair que la grossesse avance. Comme c'est là, je ne me sens pas tellement différente d'il y a 4 semaines et ça, c'est inquiétant. Je trouvais mon résultat de prise de sang bas, même si amplement suffisant, pas assez pour me calmer. Pour le moment, les symptômes et ce que je ressens sont les seuls signes que j'ai de l'existence de pépin. L'absence de symptôme ne m'aide pas à me réconforter en attendant le rendez-vous chez le médecin.

Je ne veux surtout pas avoir l'air de me plaindre. Je sais très bien que si pépin va bien, je serais alors très chanceuse de ne pas vivre les symptômes désagréables que plusieurs filles vivent. Est-ce parce que je me suis empêchée de vivre tous les symptômes à chaque cycle d'essai, de peur de me faire des idées, pendant si longtemps, que maintenant j'arrive si bien à les ignorer? Est-ce parce que les autres filles ne vivent pas avec la peur quasi constante de perdre leur bébé qu'elles sont libres de sentir tous les symptômes qu'elles veulent, qu'ils soient véritables ou non? Je me suis si souvent imaginé des choses qui n'étaient pas réellement là, et maintenant qu'elles devraient y être, je n'arrive pas à les imaginer, si ce n'est de les vivre.

Je ne doute pas d'être enceinte. Je doute seulement que la grossesse avance comme elle le devrait. Je n'ai pas l'impression d'avoir fait du progrès dans mes symptômes et ça me porte à penser que pépin n'a pas progressé non-plus. C'est sûrement normal. Je m'en fais peut-être pour rien, mais je m'en fais quand même. J'essaie de ne pas me stresser avec ça. Je limite donc mes visites sur les sites de maternité et les forums de grossesse, visites qui m'amènent plus d'inquiétudes que de réconfort. Je me disais que je saurais à quoi m'en tenir quand j'aurai vu mon médecin la semaine prochaine. Je n'en suis plus trop certaine. Je n'aurai pas d'écho à ce rendez-vous et il est encore tôt pour entendre le coeur. Ce n'est pas impossible, mais si nous ne l'entendons pas, je ne serai pas tellement rassurée non-plus.

Je me désole en me comparant, car je trouve encore plein de choses à envier aux autres. Pendant des années, j'aurais voulu être normale et tomber enceinte comme les autres. Maintenant que c'est fait, je croyais vouloir être différente, vivre ma grossesse à ma façon, éloignée des troupeaux de femmes au ventre arrondi qui font des ooooh! et des aaaah! en comparant leur images d'échographies. Cette image rose bonbon et trop joyeuse de la maternité m'agace. Je ne suis pas comme elles. Mais pour aujourd'hui, j'aimerais l'être. J'aimerais pouvoir être toute contente de voir mon ventre s'arrondir et sauter de joie le matin parce que j'ai mal au coeur. J'aimerais pouvoir avoir la conviction que pépin se rendra jusqu'au bout. J'aimerais être capable de dire que je vais être maman, mais je n'y arrive pas encore. Pour le moment, je suis enceinte. La suite, je ne la connais pas...

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Un gros merci à toutes celles qui m'ont écrit, ici ou en privé. Vos beaux mots me font très chaud au coeur.

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Écrit par kiwi :: 8:45 PM :: 0 pelure(s)

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14 juin 2005

Un petit 2 minutes...

Je sais que je n'écris pas souvent ces temps-ci. Je suis vraiment débordée et fatiguée. Je prends 2 minutes ce matin pour vous donner des nouvelles, mais aussi pour vous demander quelque chose.

Premièrement, les nouvelles. Je suis maintenant rendue à 7s4j. Je n'ai pas d'autre symptôme que la fatigue (qui grandit sans cesse) et les seins douloureux (qui grandissent eux aussi). Mon ventre semble un peu plus tendu, mais j'entre encore dans mes vêtements. Tout va bien pour le moment.

Deuxièmement, comme c'est mon anniversaire aujourd'hui, je veux faire une demande spéciale. J'aimerais que vous m'écriviez un petit commentaire, question de vous connaître un peu mieux. Dites-moi qui vous êtes (pas besoin d'être précis!) et ce qui vous amène ici. Donnez-moi un petit 2 minutes de votre temps pour mes 28 ans!

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Écrit par kiwi :: 9:44 AM :: 8 pelure(s)

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7 juin 2005

Tout en même temps!

Un des mauvais côtés de travailler à son compte, c'est le manque de constance de travail. Il y a des jours où je me tourne un peu les pouces, des semaines où je suis occupée comme il faut et d'autres où je n'arrive plus à respirer et où je me sens complètement débordée. Malheureusement, ces temps-ci, je suis ensevellie sous le travail et je n'en vois pas le bout. À n'importe quel autre moment, ce genre de rush ne m'aurait pas dérangée. Je suis capable de travailler de longues journées et des fins de semaine s'il le faut. Je sais que le chèque de paye va en valloir la peine, entre autres. Mais pas cette fois-ci. Je suis tellement fatiguée à cause de pépin qui taille sa place que j'ai l'impression de pédaler dans le beurre. Je dois me reposer, je ne dois pas stresser et je dois essayer de rester zen. Mais tout ce travail et ces deadlines qui arrivent en même temps me font perdre le souffle. Ce n'est pas le temps de manquer de sommeil! Ce n'est pas du tout le bon moment pour me tuer au travail! Je ne peux pourtant pas remettre à plus tard mes contrats ni même en refuser. Ils sont tous en cours depuis un bon bout de temps et arrivent tous à échéance dans les prochaines semaines. Le fait de travailler à mon compte et d'être celle qui porte tous les chapeaux a le désavantage de me rendre assez difficile à remplacer. Je ne peux rien déléguer, je ne peux prendre de congé, je ne peux pas être à deux places en même temps.

Donc ces temps-ci, je travaille toute la journée, souvent le soir, puis je me couche. Ça ne fait pas des journées palpitantes, mais au moins j'ai mon repos et le travail se fait, malgré tout. Je ne m'épuiserai pas certain! Pépin est bien plus important que tous les contrats de la terre! J'ai vraiment hâte que tout soit fini pour que je puisse profiter de l'été et commencer à tourner mes pensées vers mon bedon. J'avais tellement de plans, tellement de projets que je voulais faire. Depuis 3 ans que j'attendais ce moment, j'avais imaginé toutes sortes de choses que je ferais lorsqu'il serait venu. Mais je n'ai pas eu le temps de rien faire! Je sais que j'aurai le temps de me rattraper plus tard, mais les premières semaines seront déjà passées...

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Écrit par kiwi :: 9:28 PM :: 0 pelure(s)

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3 juin 2005

6 semaines

Mon corps
Mes symptômes sont encore bien discrets. Mes seins changent à vue d'oeil. Je suis fatiguée. C'est pas mal tout!

Mon coeur
Je suis vraiment fière de m'être rendue à 6 semaines. Nos petits pas me semblent des pas de géant et j'essaie de savourer chaque journée. Chaque jour de plus que je passe avec ce petit être qui grandit en moi est un privilège. Je vis encore plusieurs émotions contradictoires. Du bonheur et de la jalousie, de l'espoir mêlé à de la peur, des attentes et des doutes, de l'amour, de l'attachement, une crainte de l'inconnu. Mais par-dessus tout, une grande sensation que mon coeur va exploser de tendresse.

Ma tête
Ça me semble encore bien irréel tout ça. Rien n'est vraiment concret encore. Je commence à me renseigner un peu sur la grossesse, chose que je m'étais interdit de faire auparavant. Je lisais tout ce qui me passait sous la main à propos de l'infertilité. Ça me donnait une certaine impression de contrôle et de direction. Je passe tout d'un coup de connaisseuse bien renseignée à ignorante qui se jète dans le vide.

Mon pépin
Il mesurerait près de 5 mm. Son coeur bat. Je lui parle encore à tous les jours, en flattant mon ventre et en lui promettant des millions de bisous.

Mon chum
Je l'aime, il est merveilleux. Il s'occupe de moi. Il semble heureux, même si pour lui ça doit être encore moins concret que pour moi.

Notre monde
je l'ai annoncé à une copine, M, la seule qui savait pour la première grossesse. Ça a fait du bien de partager cette belle nouvelle!

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Écrit par kiwi :: 3:07 PM :: 0 pelure(s)

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31 mai 2005

Plus ça change,

plus c'est pareil.

J'avais toujours cru que le jour où je serais enceinte, je pourrais enfin respirer et dire adieu aux sentiments désagréables qui viennent avec l'infertilité. J'ai toujours pensé qu'une fois cette bataille gagnée, je ne ressentirais plus d'amertume, de jalousie, d'envie et de rage. Je me rends bien compte que je suis loin d'avoir fait la paix avec notre lutte. Même si je suis aujourd'hui enceinte et que j'en suis vraiment heureuse, je ne suis pas à l'abris de mes propres émotions contradictoires. Autour de moi, plein de femmes tombent enceinte une après l'autre. Même si, comme avant, je leur souhaite le plus beau des bonheurs, il y a comme une boule qui se forme en moi et qui grossit. Cette boule de rage, d'injustice et de jalousie me fait bouillir. Le simple fait de me sentir comme ça me fait encore plus bouillir, ce qui crée un cercle viscieux très déstabilisant. Je croyais que maintenant que j'avais ce que je leur enviais, je me ficherais bien de ce qui arrive aux autres, que je serais heureuse d'avoir enfin ce que je désirais tant et de ne plus subir la foutue injustice qui m'a fait si mal, si longtemps. Mais non! Je me retrouve au même point, avec les mêmes sentiments! Pourquoi suis-je jalouse de femmes qui ont la même chose que moi? Pourquoi suis-je enragée, alors que moi aussi j'ai la chance d'être enceinte? Parce que même si j'ai mon petit pépin qui pousse en moi, ça ne change en rien le chemin que nous avons dû parcourir pour y arriver. Et c'est ce chemin-là, c'est ce qu'il a laissé comme trace et comme cicatrices qui fait toute la différence. Oui, je suis enceinte, mais je n'y suis pas arrivée en un ou deux mois. Les femmes qui tombent enceintes autour de moi ces temps-ci ne font que me rappeler que ce que j'ai mis tant de temps et d'efforts à obtenir est encore facile pour la grande majorité des gens. Ce qui pour moi est si unique et tient presque du miracle, devient presque banal lorsque je regarde autour de moi. Je n'ai rien d'exceptionnel. Je n'ai rien d'unique et de spécial. Maintenant que je suis enceinte, je suis "comme les autres." Et ça, je n'en suis pas capable. Je ne tiens pas à être différente. Je ne tiens vraiment pas à avoir le spotlight. Mais j'aurais aimé pouvoir mieux reconnaître le côté spécial de cette grossesse parmi tant d'autres. Non, tout ce que ces grossesses faciles me rapellent, c'est que pour moi, ça a été difficile et que pour le reste du monde, ça été facile. Je n'ai pas plus de mérite que les autres. Je n'aurai pas plus de récompense en bout de ligne. J'aurai exactement la même chose que toutes celles qui n'ont mis aucun effort à tomber enceinte. Mes efforts m'ont menée ici, mais ce n'était que pour me rendre au même point que toutes les autres. Au point où j'en suis, les efforts et le temps passé à désirer, espérer, pleurer, me décourager, me resaisir, combattre la jalousie et la rage ne représentent plus rien. Ce que l'infertilité a fait ne pourra jamais être effacé, mais ça, personne ne le verra. Pour tout le reste du monde, je ne suis qu'une femme normale qui attend un enfant. Même si c'est une des choses les plus merveilleuses du monde, ça reste une chose banale pour trop de gens. On ne se pose même pas de question sur ce que ce bébé représente. C'est seulement normal qu'il soit là. Un couple s'aime. Ils vivent ensemble. Ils ont un enfant. C'est le cours normal des choses, c'est comme ça que la plupart des gens croit que ça fonctionne pour la terre entière. En fait, c'est comme ça que ça fonctionne réellement pour la majorité.

Oui, je suis amère. Oui, je suis jalouse. Je déteste me sentir comme ça, mais je ne peux rien y faire. Je sais trop bien, après 3 ans à essayer de les taire, que ces sentiments ont leur place et doivent être vécus. Je suis frustrée de voir que mon pépin ne sera qu'un parmis tant d'autres, que trop peu de gens sauront à quel point il a été désiré et attendu. Je ne veux pas de médaille. Je ne veux pas l'admiration des gens et encore moins leur pitié. Je voudrais seulement avoir le mérite qui nous revient. Je ne veux pas que tout ce que j'ai pris la peine de partager, tous les morceaux de mon coeur que j'ai étalés au grand public tombent dans l'oubli maintenant que j'ai une partie de notre rêve qui grandit en moi.

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Écrit par kiwi :: 9:38 AM :: 0 pelure(s)

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27 mai 2005

5 semaines

J'ai décidé de faire un petit récapitulatif à chaque semaine, à partir d'aujourd'hui.

Mon corps
J'ai mal aux seins, surtout le soir, et ils sont plus gros et plus lourds. J'ai faim pratiquement tout le temps, mais dès que je mange, j'ai l'impression d'être pleine. Je vais de plus en plus souvent uriner. J'ai un petit point qui vient et part, vis-à-vis mon ovaire droit. J'ai souvent des brûlements d'estomac. Je suis fatiguée. Je ne vois pas encore de différence au niveau de mon ventre. Je n'ai pas pris de poids. Je me sens bien.

Mon coeur
Je pleure à rien, mais des larmes de bonheur ou de tendresse, par exemple en lisant un texte touchant. Mon coeur bat fort, rempli d'amour pour ce petit pépin encore si miniature. Je suis heureuse, y'a pas de doute, et je sais que ce bonheur peut encore grandir, en même temps que notre bébé.

Ma tête
Je me sens bien, je commence à saisir un peu plus ce qu'il m'arrive. J'ai encore pas mal d'angoisses et de peurs, mais je les contrôle bien et je réussis à entendre raison. J'ai tellement pris l'habitude de tout analyser, calculer et prévoir avec l'infertilité, que de me retrouver dans le vide comme ça me déstabilise un peu. Je vais finir par me laisser convaincre de laisser la nature aller. J'ai eu le résultat de ma prise de sang aujourd'hui et ça m'a réconfortée sans bon sens, après avoir analysé et recherché et décortiqué chaque détail, bien sûr. Le cap des 5 semaines sera bientôt passé. Même si je sais que ça ne garantit rien, le fait de passer cette étape symbolique me fera du bien. Ce sera un stress de moins.

Mon pépin
Il mesure près de 2 mm. Il a la forme, si on le regardait de haut, d'une semelle de chaussure. Je lui parle très souvent. Je caresse mon ventre en lui disant de rester avec nous. Je lui promets de la chaleur, de l'amour, un ventre bien confortable où il grandira et prendra forme. Je lui dis qu'il ne peut pas partir sans connaître son papa, car il sera le plus merveilleux des papas.

Mon chum
Il est mon ancre, il me tient les deux pieds sur terre, autant lorsque je laisse mon imagination aller trop loin dans mes angoisses que lorsque je laisse mon coeur l'emporter et mon bonheur déborder. Il est heureux, je le sais. Il a peur, je le sais aussi. Il touche souvent mon ventre du bout des doigts, comme pour montrer à pépin qu'il est là, lui aussi, et qu'il l'attend.

Notre monde
Nous ne l'avons pas annoncé encore. Nous avons décidé d'attendre au moins d'avoir vu le médecin avant de faire quoi que ce soit. Seules mes amies dans l'ordinateur le savent. Mes vielles copines, mes amies depuis des années ne le savent pas encore. Hom l'a dit à une collègue qui savait un peu notre problème d'infertilité Il m'a dit qu'il avait senti comme un poids se soulever de ses épaules. J'ai vraiment hâte de l'annoncer à la terre entière! Mais nous restons prudents pour le moment.

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Écrit par kiwi :: 10:54 PM :: 0 pelure(s)

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26 mai 2005

Envie

J'ai attendu ce moment si longtemps, j'ai espéré voir cette deuxième ligne rose apparaître si souvent. Pourquoi est-ce que je suis déçue aujourd'hui? Ce n'est pas comme je l'avais imaginé des dizaines et des dizaines de fois. Cette maudite fausse-couche a tout gâché. Cette maudite fausse-couche a imprégné en moi des sentiments que je croyais pouvoir effacer une fois l'infertilité battue.

J'envie les femmes qui, le jour où elles passent leur premier test de grossesse positif, pleurent de bonheur et ne sont pas capable de contrôler leur fou-rire et leur bonne humeur toute la journée, toute la semaine.

J'envie les femmes qui n'attendent pas avant de l'annoncer à tous ceux et celles qui veulent bien l'entendre et qui partagent leur bonheur librement.

J'envie les femmes qui peuvent imaginer plein de symtômes sans culpabiliser ou avoir peur de se tromper.

J'envie les femmes qui peuvent choisir le moment où elles tombent enceinte et planifier leur prochaine année d'un seul coup.

J'envie les femmes qui, une fois la grossesse confirmée, courent s'acheter du linge de maternité.

J'envie les femmes qui croient avoir un ventre à 5 semaines de grossesse.

J'envie les femmes qui pensent à la décoration de la chambre du bébé alors que le test de grossesse sur le comptoir de la salle de bains n'est pas encore sec.

J'envie les femmes qui n'ont pas peur, qui n'associent pas grossesse à fausse-couche et fausse-couche à infertilité.

J'envie les femmes qui peuvent goûter chaque minute de leur bonheur d'être future maman.

J'envie les femmes qui réussissent à transmettre leur belle naïveté à leur chum, qui vivra dans la même allégresse et jubilation pendant 9 mois.

J'envie les femmes qui, lorsqu'on leur annonce qu'une telle est enceinte, la première question qui leur vient à l'esprit n'est pas "combien de temps ont-ils essayé" ou "quel traitement a-t-elle pris"

J'envie les couples qui sautent à pieds joints dans la belle aventure qu'est la grossesse et la parenté, sans penser à la fragilité du petit être en devenir.

J'envie les femmes qui vivront leur maternité sans jamais avoir connu le désespoir et la douleur d'une perte.

J'envie les femmes qui ignorent tout de l'infertilité et qui croient que les bébés se font facilement pour tout le monde.

J'envie les femmes qui n'ont pas besoin de 10 tests de grossesse positifs pour commencer à un peu croire qu'il y a de la vie qui pousse dans leur ventre.

J'envie les femmes qui croient, dès le premier jour, que leur bébé est en sécurité dans leur ventre.

J'envie les femmes enceintes qui voient loin.

Mais je sais que bien des femmes m'envient pour ce que j'ai aujourd'hui. Je sais que je suis privilégiée et fortunée d'avoir un petit pépin dans mon ventre. Je ne cesse de le répéter, mais j'ai peur de passer pour une ingrate ou une enfant gâtée. Je suis heureuse. Je suis énormément reconnaissante d'avoir la chance d'être porteuse de cette petite vie. Je suis seulement très déçue d'être déçue. Je suis triste de ne pas sentir le même bien-être naïf que j'avais senti en décembre. Je suis désolée de voir que notre perte nous a à jamais changés et nous empêche aujourd'hui d'avoir pleine confiance en la vie.

J'ai envie de voir loin, de penser à quand on l'annoncera à notre famille, de trouver des idées de décoration pour la chambre, de penser aux prénoms, de préparer l'arrivée du bébé, de m'acheter du linge de grossesse parce que je crois que mon ventre a grossi. J'ai envie de profiter pleinement de cette grossesse, de chaque seconde où pépin grandit en moi. J'ai envie d'être heureuse et de ne plus angoisser. J'ai envie de vie.

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Écrit par kiwi :: 8:34 PM :: 2 pelure(s)

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25 mai 2005

Ça tire!

Je me plaignais de ne rien ressentir. Hier soir, je me suis apperçue que je sentais peut-être quelque chose après tout. Mes seins font de plus en plus mal. Brûlements, constipation et faim bizarre, ce sont des signes assez clairs. Et depuis hier soir, je sens un tiraillement dans mon ventre. Un tiraillement que j'attendais, que je recherchais. Un tiraillement très unique et réconfortant pour moi. Enfin je sens un peu l'existence de mon pépin!

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Écrit par kiwi :: 11:24 AM :: 0 pelure(s)

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24 mai 2005

Lentement

J'ai été suivie par un ob-gyn spécialisé en fertilité pendant 2 ans dans une clinique d'obstétrie-gynécologie. J'ai toujours pu avoir des rendez-vous très rapides, à des jours précis de mon cycle lorsque nécessaire. C'est même arrivé que mon docteur ait eu à ouvrir la clinique un samedi, seulement pour moi. Aujourd'hui, j'appelle pour un suivi de grossesse. Elle me dit qu'il ne peut pas me voir avant 10 semaines, que c'est comme ça les suivis de grossesse. Je lui demande s'il n'y a pas moyen de me voir plus tôt, vu que j'ai fait une fausse-couche la dernière fois et que j'ai été suivie en fertilité pendant 2 ans. Il me semble que c'est la moindre des choses! Je ne suis pas une patiente ordinaire avec un taux de risque bas. Elle me dit que le plus tôt qu'il peut me voir, c'est à 8 semaines. J'ai pris ça, ne pouvant pas vraiment m'obstiner plus que ça avec elle. Je suis vraiment, vraiment déçue. Si je lui avais demandé un rendez-vous en fertilité, je l'aurais eu dans la semaine. Je ne suis pas assez vite dans des situations comme ça. Je n'ai pas pensé à mentir sur mes dates pour avoir le rendez-vous plus tôt. Je me tape sur le front maintenant de ne pas y avoir pensé.

Je file chialeuse aujourd'hui. J'ai besoin qu'on me calme et qu'on me confirme que tout est ok, mais la clinique que j'ai tant aimée dans le passé me fait de plus en plus suer. On s'occupe de toi quand tu donnes des gros sous (les échos d'ovulation, l'hystéro, les injections, les inséminations, alouette!), mais quand tu deviens une madame tout le monde enceinte comme les autres, on se fout de toi.

Bon ok, j'exagère, je le sais. Il y a des situations bien pires que ça. Je devrais être contente de le voir à 8 semaines, c'est tôt quand même. Je devrais surtout ne pas m'en faire avec des détails comme ça. Peut-être est-ce parce que je fréquente beaucoup d'américaines suivies en fertilité que j'ai l'impression que notre système est hyper lent. J'ai l'habitude de les entendre parler de leurs multiples prises de sang, leurs nombreuses échographies et leur suivi de grossesse serrés. Ici, c'est lent, c'est minimaliste et c'est avare. Mais c'est gratuit. On ne peut pas tout avoir!

J'ai quand même réussi à avoir mon papier pour ma prise de sang (j'irai le chercher demain) et le rendez-vous est jeudi matin. Je serais supposée avoir le résultat la journée même.

Je me sens relativement bien. Je n'ai pas de maux désagréables. En fait, je ne sens rien et c'est ça qui m'inquiète un peu. J'ai un peu mal aux seins, ça vient et ça part. Comme j'ai souvent eu mal aux seins (à tous mes cycles, avant les règles) je ne compte pas ça comme un symptôme, même si c'en est un. Je n'ai pas envie de pipi sans arrêt. Je n'ai pas mal au coeur. Je n'ai pas de tiraillement. Je n'ai pas faim tout le temps. Je ne suis pas si fatiguée aujourd'hui. Bref, si je n'avais pas eu 4 tests positifs et si mes règles n'étaient pas toujours absentes, j'aurais bien de la misère à croire que je suis vraiment enceinte. Je ne me plaindrai pas de ne rien sentir! Je ne tiens pas à avoir mal au coeur et à être fatiguée! Mais j'aimerais bien au moins avoir un petit signe physique qui reste, juste pour me convaincre, juste pour être certaine que je ne rêve pas. Le matin où j'ai fait ma fausse-couche en décembre, la première chose qui m'a frappée en me levant, c'était que je ne ressentais plus aucun symtôme de grossesse. Tout était disparu. Et je saignais. C'est pourquoi aujourd'hui, je tiens à mes symptômes. Même s'ils ne garantissent pas grand chose, ils me font quand même garder espoir que ma grossesse continuera au moins une autre journée.

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Écrit par kiwi :: 3:36 PM :: 0 pelure(s)

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23 mai 2005

Infertile un jour...

Quatre tests positifs en quatre jours, ça devrait me convaincre que c'est bien vrai, non? Au fond, dans mon coeur, je le sais que c'est vrai, qu'il y a bien un petit pépin niché dans mon ventre. Je le sens et je le vis. Mais j'ai besoin que quelqu'un d'autre me le confirme, que ce soit une infirmière avec une donnée claire comme un chiffre de b-hCG ou un médecin avec une écho. J'en demande peut-être beaucoup, je ne sais pas, mais j'ai tellement peur de rêver tout ça ou d'être la pauvre victime d'une grosse batch de mauvais tests. Ma logique et ma raison ont foutu le camp. Mon coeur pense avant tout le reste de mon corps et il a besoin d'une preuve concrète autre qu'une petite ligne rose sur un test.

Je suis immensément heureuse, il n'y a pas de doute. Je suis consciente de ma chance et de ma bonne fortune. Je ne suis pas loin de ce que j'étais encore il y a quelques jours, c'est à dire une fille qui essayait d'avoir un premier bébé depuis des années. Je le suis encore, en fait, car je ne tiens toujours pas mon bébé dans mes bras. C'est ce qui fait que je suis ambivalente et hésitante à parler de ma grossesse... Je sais, en tant qu'infertile, comment on se sent par rapport aux grossesses des autres. Même si ces personnes se sont battues pendant des années et qu'on est sincèrement contents pour eux, ça nous rapporte toujours à notre propre malheur, à l'injustice que nous vivons et au sentiment d'envie si difficile à contrôler. Je veux être délicate et sensible à mes consoeurs, je ne veux pas "achaler" personne avec mon bonheur. Je n'ai pas envie de leur donner l'impression de leur remettre leur malchance en plein visage. Ce n'est pas du tout mon intention. Alors je vous demande, en toute honnêteté, de me le dire si jamais je vous blesse. Je ferai tout en mon possible pour éviter cette situation.

Écrire ce blog m'a permis de me sentir moins seule dans notre bataille et de parler d'une chose encore peu connue à des gens qui n'ont ou n'avaient aucune idée de ce qu'est l'infertilité. Mais le but de toutes nos démarches était d'abord et avant tout de tomber enceinte. La grossesse fait encore partie de notre bataille. Rien n'est gagné, rien n'est garanti. Je veux pouvoir continuer de partager mes craintes et mes frustrations en toute liberté, mais je veux aussi pouvoir parler de ma joie et de cet immense chance que nous vivons. Je sais que certaines femmes infertiles arrêtent de lire les blogs d'infertiles devenues mamans. Je ne leur en voudrai pas, car je le faisais moi aussi. Je veux par contre qu'elles sachent que jamais je n'oublierai ce que nous avons vécu. Jamais je ne me considèrerai comme normale, comme fertile. Ça fait partie de moi pour toujours. La conclusion n'efface pas le parcours. Mes pensées sont à jamais vers les femmes comme moi qui se battent pour réaliser leur rêve. Je continuerai de penser à ces couples qui vivent une injustice et une frustration mois après mois et je continuerai de croire qu'eux aussi, un jour, vivrons ce que nous vivons.

Et je peux vous promettre une chose: jamais je ne dirai que c'est quand on y pense pas et qu'on relaxe que ça arrive. Je suis la preuve vivante du contraire, car nous y avons pensé à tous les jours. J'ai fait des tests d'ovulation, pris ma température tous les matins, vérifié ma glaire et analysé mes symptômes. Nous avons fait des calins quand il le fallait, pas seulement quand on en avait envie. Nous avons fait tout ce que nous pouvions pour que ça fonctionne. Alors je dis HA! à tous ceux qui m'ont dit de relaxer.

Au fil des mois d'échecs, de traitements, de déceptions et de frustration, je me suis construit une carapace pour me protéger. Je me suis habituée à m'attendre au pire en pensant amoindrir les chocs. J'ai de la difficulté à laisser tomber cette carapace et à me laisser profiter pleinement de notre bonheur. Je ne veux pas penser au pire, je ne veux surtout pas l'anticiper, mais c'est maintenant un réflexe de survie. Il faut me laisser le temps de bien digérer et de bien tâter le terrain avant que je baisse un peu les armes et me laisse attendrir par l'existence de ce petit pépin de kiwi dans mon ventre. Je suis heureuse, je suis chanceuse, je sais. Je ne suis pas ingrate ni gâtée, je suis seulement comme un petit animal qui a eu peur et mal souvent. Il faut laisser le temps à mon coeur de rebâtir sa confiance en la vie. C'est si fragile.

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Écrit par kiwi :: 1:52 PM :: 0 pelure(s)

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21 mai 2005

Le positivisme

Je me disais que si j’en parlais, ça porterait malheur. Je me disais que d’en parler, c’était briser le charme et sortir du rêve. J’avais peur, encore une fois, de me faire des idées. J’avais peur de me tromper.

Depuis une dizaine de jours, je me sens différente. Pas physiquement, mais dans mon coeur. J’avais une allégresse et un positivisme qui ressortaient de je ne sais trop où et qui me faisaient croire toutes sortes de choses. J’avais un feeling, comme on dit. Je n’osais pas en parler. Pas à Hom, pas ici, pas à mes amies, seulement à mon journal. J’avais peur de mettre en mots des sentiments si peu concrets. Oui, vraiment, j’avais peur de me tromper.

Cette semaine, tout me portait pourtant à croire que j’avais raison, que je ne me trompais pas. Non seulement j’avais un feeling, mais j’étais convaincue. J’en ai finalement parlé à Hom et à une amie jeudi. Ça bouillonnait en moi, j’avais besoin d’en parler, de me faire dire que je n’étais pas folle.

Hom m’a dit que j’étais différente, qu’il le sentait lui aussi, mais qu’il n’osait pas me le dire. Je ne peux pas toujours contrôler mon imagination frivole, mais quand quelqu’un de l’extérieur me confirme mes doutes, c’en est trop.

Hier matin, vendredi le 20 mai, j’ai fait un test de grossesse. La deuxième ligne a pris du temps à apparaître, mais elle était bien là. Je ne me trompais pas. J’étais bel et bien enceinte! Hom et moi ne sautions pas au plafond. Nous avions encore peur, peur de le perdre, peur de nous faire une fausse joie, peur de perdre la face. Nous avons déjà vécu la perte, nous ne pouvons l’oublier, nous ne pouvons nous en séparer. Sans devenir fatalistes ou négatifs, nous sommes seulement plus conscients des risques. Nous pensons positif, nous prenons une journée à la fois, mais la possibilité nous hante quand même. Nous ne sommes plus naïfs comme avant, nous ne prenons plus les choses pour acquises.

J’ai refait un test ce matin, qui était positif lui aussi. Je crois que je pourrai me réjouir seulement lorsque j’aurai entendu le coeur de pépin battre. Je suis heureuse, croyez-moi. J’ai un bonheur immense qui gonfle mon coeur et fait rougir mes joues. Je suis encore un peu indrédule à tout ça, ce n’est pas vraiment concret encore, mais je suis heureuse, très heureuse.

Je me considère encore infertile. Ça fera toujours partie de moi, de nous, de ce que nous sommes devenus. Peu importe le dénouement de cette histoire, le chemin que j’ai pris pour m’y rendre ne change pas. Ça restera en moi, comme une grosse cicatrice sur mon coeur. La douleur s’estompera, mais la cicatrice restera.

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Écrit par kiwi :: 10:54 AM :: 1 pelure(s)

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