LES PÉPINS DE KIWI


Réflexions douces-amères d'une infertile maintenant maman.

12 août 2008

Quelle idée

Il y a des journées comme ça. Des journées où je ne peux m'empêcher d'applaudir mes idées géniales et mon sens accru de l'organisation. Vraiment. Il y a des journées où je me demande à quoi j'ai bien pu penser.

Ce matin, idée de génie. Je décide d'aller à la bibliothèque avec les enfants, parce que les livres de Tithom sont vachement en retard et que je suis tannée de lui lire la même histoire plate du petit chat qui conduit un train. Comme Hom travaille sur la route, je dois me débrouiller avec mes deux jambes. On prendra donc l'autobus. Une belle excursion en famille, Tithom sera content, lui qui aime tout ce qui a un moteur.

Tilou se réveille tard. Je l'allaite rapidement et le mets dans l'écharpe. Tithom ne veut pas descendre les escaliers. Il ne veut pas aller dans la poussette. Il lance son chapeau. Il me tape sur les nerfs. Bon, il est bien attaché, ça y est, on part.

Je marche jusqu'au terminus d'autobus sous le soleil brûlant d'août (d'où il sort celui-là?). J'ai chaud sous l'écharpe. Tilou est trop curieux et tourne sa tête dans tous les sens, rendant ma marche un peu plus sportive que je l'aurais voulu.

Arrivés au terminus, je me rends bien compte que nous avons manqué l'autobus. Super. Une belle demie heure à tourner en rond avec un petit bonhomme qui se tortille dans l'écharpe et un autre qui essaie de se lever dans sa poussette. J'achète une bouteille d'eau pour le distraire.

L'autobus arrive enfin. Tout se déroule bien. On débarque au bon arrêt (un miracle en soi, pour ceux qui me connaissent). On se rend à la bibliothèque, on paie notre retard (4,20$, faudrait vraiment se forcer, c'est pas sorcier rapporter ses livres à temps, merde) et on se dirige dans la section jeunesse. Tithom se lance dans les coussins avec un livre et je sors Tilou de l'écharpe. Ouf, un peu de repos.

Je regarde l'heure. On doit repartir, mais Tithom ne veut pas. J'essaie d'éviter une crise en lui donnant le droit de lire une dernière histoire. En sortant de la bibliothèque, il s'amuse avec la porte automatique. Pèse sur le piton, ferme la porte. Pèse sur le piton, ferme la porte. Il se sauve quand j'essaie de l'installer dans la poussette. Il bat des jambes, se tortille, trouve ça très comique. Moi, un peu moins.

Alors que je me dirige vers l'arrêt d'autobus, devinez ce que je vois? Eh oui. L'autobus qui me passe sous le nez. Essayez de courir avec un bébé dans l'écharpe, un grand bonhomme dans la poussette (qui pèse 20 livres de plus à cause des livres) et des gougounes.

On a donc attendu le prochain autobus à l'arrêt. Je sacre intérieurement.

Arrivé chez nous, Tithom était d'humeur massacrante puisqu'affamé et fatigué. Moi aussi.

Moi et mes idées de génie.

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Écrit par kiwi :: 10:03 PM :: 6 pelure(s)

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8 août 2008

La vie, l'amour, la mort

C'est beau la vie,
comme un nœud dans le bois
C'est bon la vie,
bue au creux de ta main
Fragile aussi,
même celle du roi
C'est dur la vie,
vous me comprenez bien.

C'est beau l'amour,
tu l'as écrit sur moi
C'est bon l'amour
quand tes mains le déploient
C'est lourd l'amour
accroché à nos reins
C'est court l'amour
et ça ne comprend rien.

C'est fou la mort,
plus méchant que le vent
C'est sourd la mort,
comme un mort sur un banc
C'est noir la mort
et ça passe en riant
C'est grand la mort,
c'est plein de vie dedans.



Texte de F é l i x L e c l e r c

Je n'avais que 11 ans quand notre grand troubadour est mort et pourtant, je me souviens encore que ça m'avait marquée. Je savais qui il était, je connaissais un peu de son oeuvre et je réalisais à quel point il était grand en mesurant la tristesse autour de moi. Mais je ne me serais jamais douté, du haut de mes 11 ans, que plusieurs années plus tard, il serait une inspiration pour un des plus beaux choix que j'aurais à faire dans ma vie.
Merci F é l i x.

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Écrit par kiwi :: 1:09 PM :: 3 pelure(s)

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6 août 2008

Croire ou ne pas croire

Quand Tithom est né, j'avais lu un livre sur les coliques, parce qu'on me l'avait suggéré. En lisant ce livre, je me suis apperçue que je ne savais pas vraiment ce qu'étaient les coliques (en gros: un bébé de plus de 3 semaines qui pleure un minimum de 3 heures d'affilée, habituellement le soir, au moins 3 soirs par semaine, pendant au moins 3 semaines). Je me suis alors dit que finalement, il ne devait pas y avoir tant de bébé à coliques qu'on pouvait le croire. À lire les mamans, je me suis même mise à penser que les coliques, ça n'existait peut-être même pas. Après tout, un bébé, ça pleure, c'est normal. Le soir, ils sont plus fatigués. Quand on les porte, ils arrêtent. Et quand ça ne dure qu'une semaine ou deux, ça devait simplement être autre chose.

Je ne croyais pas aux coliques. Je croyais que trop de mamans apposaient cette étiquette alors qu'au fond, c'était autre chose que des coliques.

Tithom n'a jamais fait de coliques. Il a eu une période plus difficile vers 3 mois, qui a duré peut-être une semaine ou deux. Je n'ai jamais appelé ça des coliques. Mon jugement est resté.

Aujourd'hui, je crois aux coliques. Oh oui, j'y crois. Je reste convaincue que bien des mamans prennent, à tort, des pleurs normaux ou un malaise passager pour des coliques, mais je sais maintenant qu'un bébé qui est inconsolable de 20h à 23h à tous les soirs pendant 3 mois, ça existe. Un d'eux s'appelle Tilou.

On dit que chaque bébé est différent. C'est vrai. Et qu'on n'a jamais fini d'apprendre. C'est vrai aussi.

Ce qui m'amène à une autre chose à laquelle je ne crois pas. L'expliquer de long en large serait ennuyeux, mais venant d'une famille de scientifiques et de gens pour qui les faits, la logique et les chiffres parlent beaucoup, c'est tout simplement normal que je n'y crois pas. Je parle ici de l'homéopathie. Ne me lancez-moi pas de tomates, ne me racontez surtout pas l'histoire de votre bébé/cousin/voisin/cheval pour qui ça a fonctionné, je ne veux plus les entendre. Je suis ouverte d'esprit, je remets souvent mes convictions en doute, je suis convaincue qu'il existe des produits naturels qui ont des vertues, que la médecine n'a pas réponse à tout, que les médicaments ne sont pas toujours nécessaires, je crois à l'acuponcture, mais l'homéopathie, non, vraiment, j'y crois pas. Je ne veux pas de débat, je n'y crois pas, point.

Je ne compte pas le nombre de fois où je me suis faite proposer d'essayer l'homéopathie pour "soigner" les coliques de Tilou. Je n'ai plus l'énergie pour débattre tout le temps, alors la majorité du temps, je souriais en disant merci.

Le lien entre tout ça? C'est une cousine de Hom qui me l'a offerte sur un plateau d'argent. Elle m'a raconté que son fils aussi avait fait des coliques. Ça avait été l'enfer. Une grosse semaine intense.

Pardon?

Une semaine?

C'est pas des coliques, ça. C'est pas moi qui l'invente, là. Ce ne sont pas des coliques. Ce qui me pousse à me questionner... Et si les gens pour qui l'homéopathie avait bien fonctionné pour arrêter les coliques faisaient partie de ceux dont les bébés ne faisaient pas vraiment des coliques? Et si les bébés avaient arrêté par eux-mêmes les supposées coliques après une semaine? Comment prouver que c'était vraiment les petites granules? Pas moyen de savoir, bien sûr, car rien n'est quantifiable et vérifiable. C'est le plus gros problème de l'homéopathie d'ailleurs: impossible de quantifier pour réellement prouver que ça n'aurait pas donné le même résultat si on n'avait rien donné ou seulement donné de l'eau. L'effet placebo. Les études sont nombreuses pour dénoncer l'homéopathie. Pas une seule n'existe pour prouver hors de tout doute son efficacité. Pas une.

Qu'on me dise que j'ai enduré 3 mois de pleurs pour rien, que ça aurait pu se terminer rapidement si j'avais dépensé pour des petites billes supposément miraculeuses, ça me fait grincer des dents. Bien sûr, ma façon de voir les choses se fait aussi à l'inverse: peut-être Tilou aurait-il arrêté si je lui en avais donné. On ne le saura jamais. Quoi que, permettez-moi d'en douter fortement.

Tilou n'a jamais aimé être déposé. Il voulait être dans les bras ou l'écharpe, il voulait que ça bouge, que ce soit chaud et plein d'amour, à toutes heures du jour et de la nuit (il dormait dans nos bras). De plus, Tilou a le bedon sensible. J'ai remarqué une différence dans son comportement quand je mangeais épicé, trop assaisonné d'ail ou si je consommais de la caféine. Il régurgitait beaucoup, se tortillait, était de moins bonne humeur. Quand j'ai coupé tout ça, son comportement a changé. Quand j'ai changé ma façon de l'allaiter (un seul sein par boire), il a changé aussi.

Aujourd'hui, les coliques sont derrière nous. Tilou est un tout autre bébé. Hyper souriant, toujours de bonne humeur, il ne pleure pratiquement jamais et s'endort facilement. Et il ne passe plus autant de temps dans nos bras (quoi qu'il déteste toujours la poussette).

Est-ce que l'homéopathie aurait vraiment changé mon bébé autant que le temps et nos attentions? Non, vraiment, je n'y crois pas. Je ne crois même pas que ça aurait fait une différence. C'était dans sa personnalité, dans son bedon et seul vieillir pouvait le "guérir".

Chaque maman a sa façon de faire et je sais qu'une n'est pas meilleure qu'une autre, seulement adaptée à chaque bébé. Ma façon de faire: écouter mon bébé et croire en la vertue du temps.

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Écrit par kiwi :: 11:16 AM :: 6 pelure(s)

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4 août 2008

Retour, reposée

Nous étions dans la voiture, en route pour le chalet de ma mère, dans Lanaudière. Les deux petits dormaient dans leurs sièges d'auto, la radio jouait une de mes chansons préférées et je sirottais mon déca en regardant les arbres défiler par ma fenêtre. C'était ça, pour moi, de vraies vacances. Le temps en suspens, le stress évacué, le silence, même si temporaire.

Aujourd'hui, la réalité me frappe de plein fouet. Ou plutôt devrais-je dire, le retour à la réalité. Après 4 semaines à la maison, Hom est retourné travailler ce matin, après être allé reconduire Tithom à la garderie. Je me retrouve seule avec mon Tilou pour la première fois depuis un mois. La routine se réinstallera, le temps continuera à me manquer, mais pour différentes raisons maintenant.

Je ne suis pas fâchée que les vacances soient terminées. Un mois, c'est parfait. Assez long pour ne pas qu'on se dise, dès le retour au travail "ça a passé trop vite, j'en aurais pris un autre mois." Assez long pour bien en profiter et ne pas être trop déçu s'il pleut (paraît qu'il a plu 13 jours sur 15, dernièrement?). Assez long pour faire tout plein d'activités et quand même réussir à passer des journées à ne rien faire, à la maison, en famille.

Résumé rapide: nous avons passé 3 jours au chalet de mes beaux-parents, nous sommes allés au zoo de Granby et à l'Exporail, nous sommes retournés 2 jours au chalet des beaux-parents, nous avons fait deux randonnées et pic-nics au parc des Îles de Boucherville, nous sommes allés 2 jours au chalet de ma mère et nous avons revisité le Biodôme. De plus, nous avons reçu des couples d'amis, nous avons réussi à rayer plsuieurs trucs sur notre liste de choses à faire, nous avons regardé des films, mangé du resto, magasiné, lu, dormi et joué. Nous en avons profité.

Malgré tout, je trouve ça frappant, aujourd'hui. La maison silencieuse, les jouets bien rangés, la vaisselle lavée, un tête-à-tête avec mon Tilou qui me sourit à pleine dent (il en a une, le coquin!). J'apprécie plus ces moments maintenant, après avoir passé un mois dans la frénésie des vacances et le désordre que des journées bien remplies et une maison toujours occupée procurent. Je suis reposée, ressourcée et d'attaque. J'ai enfin récupéré.

Voyons combien de temps ça durera...

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Écrit par kiwi :: 3:00 PM :: 1 pelure(s)

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28 juillet 2008

Brillante, moi?

J'interromps mon absence (dûe aux vacances, soyez sans crainte) pour continuer la chaîne de tapes dans le dos qui se promène dans la blogosphère par les temps qui courrent. Je parle bien sûr de cette chaîne de prix que l'on doit décerner à nos 7 bloggueurs/bloggueuses préférés.



Voici donc les règlements:
-Les gagnantes doivent mettre le logo sur leur blog;
-Mettre le lien de la personne qui vous a décerné le prix;
-Désigner 7 autres blogs;
-Mettre les liens de ces blogs sur le vôtre et
-Laisser un commentaire sur les blogs récompensés!

Ce prix m'a été décerné par trois femmes que j'admire et que j'adore lire. Claude-Anne, avec qui j'ai eu la chance de clavarder souvent (quoique rarement depuis un bout de temps). Si différente de moi, et pourtant, on se ressemble sur plusieurs points. Elle a une vie à l'opposé de la mienne, mais on se rejoint sur un point important: l'amour que nous avons pour nos garçons. Dodo, que j'ai connue sur un forum et avec qui j'ai trouvé plusieurs points communs dans nos parcours, notre façon de voir les choses et même nos grands garçons. Une femme dont j'admire l'honnêteté, surtout dans des moments où plusieurs femmes préfèrent conserver les apparences de mères parfaites. Dodo, elle dit les choses telles qu'elles sont et ça me fait du bien de la lire et de savoir que je ne suis pas la seule. Et puis Oknotok, que j'ai aussi connue sur un forum. Elle me fait rire. J'adore son sarcasme, son cynisme et les cheveux fous de sa petite Zucchini.

À vous trois, merci. J'aurais pu vous remettre le prix à mon tour, mais bon, ça ferait tourner la chaîne en rond, alors aussi bien essayer d'être originale.

Alors, mes "brillants" sont (dans le désordre, car je n'ai pas le temps de faire du ménage):

On ne possède pas ceux qu'on aime
Pour son histoire touchante, pour sa façon de parler de sa fille avec tant d'amour, pour sa nouvelle grossesse remplie d'espoirs, pour sa franchise devant un sujet souvent tabou, pour sa façon de parler de l'insensibilité des gens qui se rapproche beaucoup de mes sentiments, même si nos histoires sont complètement différentes.

Une vie de doudoune
Pour sa si belle écriture, pour sa réelle amitié, pour sa présence, pour ses enfants si beaux et plein de vie, pour sa force devant l'adversité, pour la merveilleuse personne qu'elle est, à travers son blogue et dans la "vraie vie".

(Un peu moins) Centrée sur mon nombril
Pour sa vision si belle de la maternité, pour sa façon de sembler la découvrir pour la première fois malgré toute son expérience, pour sa simplicité et son écriture franche. Et parce qu'on a vécu la grossesse en même temps.

Un p'tit peu d'moi
Pour son humour et sa facilité à ne pas passer par quatre chemins, pour sa simplicité elle aussi, pour la poésie camouflée dans ses textes et pour ses opinions.

Melakarnets
Pour la maman qu'elle est et que je crois être parfois, à travers ses dessisns et son humour.

Amalah
En anglais, mais je ne pouvais passer à côté puisque je la lis religieusement, sur toutes ses plateformes. Pour son humour abrasif et souvent plutôt absurde, pour son écriture sans flafla et pourtant très touchante, pour son courage de parler souvent des côtés moins agréables de la maternité. Et pour son petit blond bouclé.

Matt, Liz and Madeline
Parce que je pleure souvent en le lisant, pour son histoire, simplement, car c'est bien assez (sa femme de 30 ans est décédée le lendemain de la naissance de leur fille, qu'il élève tout seul depuis), pour sa prose épurée et poignante, pour sa franchise, pour ses photos magnifiques, pour le papa extraordinaire qu'il est, malgré le deuil. Et un peu pour le robot.

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J'édite pour rajouter Sassy et Ginger, qui m'ont aussi décerné le prix. Ginger, que j'ai aussi connue sur un forum et que j'ai eu la chance de rencontrer à plusieurs reprises. Je l'ai souvent vue comme une petite soeur et j'adore découvrir par ses (trop rares) écrits la maman qu'elle est. Sa vision de la maternité (après l'infertilité et la perte) ressemble souvent à la mienne. Et puis Sassy, que je suis donc contente de revoir dans la blogosphère, qui me fait rire avec ses histoires de belle-mère, de qui j'admire l'intégrité, même si sa façon de faire va souvent à l'encontre de ce que la société attend des mamans d'aujourd'hui. Merci à vous deux.

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Écrit par kiwi :: 11:18 PM :: 4 pelure(s)

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24 juillet 2008

En 30 ans

Demain, Louise Brown, le premier bébé conçu grâce à la fécondation in vitro, aura 30 ans. Il s'en est passé des choses en 30 ans. Beaucoup de progrès, beaucoup de nouvelles solutions. Alors que les parents de Louise Brown n'avaient aucune autre option que cette nouvelle technique pas encore éprouvée à l'époque, les couples infertiles d'aujourd'hui ont beaucoup plus de choix.

À voir tout ce qu'on a découvert, amélioré et perfectionné depuis 30 ans, on ne peut qu'être optimiste pour les 30 prochaines années à venir. Et pourtant...

Inducteurs d'ovulation, échographies de haute précision, injections d'hormones, inséminations, fécondation in vitro, micro-injection de spermatozoïdes... même la médecinde douce s'intéresse à ce marché fleurissant, avec des acuponcteurs spécialisés en fertilité et des ostéopathes qui prétendent pouvoir guérir la stérilité.

L'infertilité est maintenant une grosse business. Même si ça touche des gens d'une façon très intime, ça reste bien souvent, maleureusement, une pratique dominée par l'argent. On parle souvent de ce côté financier qui ajoute au fardeau déjà lourd à porter des couples infertiles. On demande souvent des subventions, une reconnaissance. Les cliniques privées, même si elles ont gardé un côté humain, roulent sur l'or.

Les couples infertiles sont vulnérables. Ils veulent un enfant plus que tout. Ils sont prêts à tout, ou presque, pour devenir parents. De savoir que les solutions sont là, à notre portée, si seulement on est prêts à emprunter ou réhypothéquer notre maison, nous pousse souvent à faire exploser notre crédit. Comment vivre avec la décision de tout avoir laissé tomber par manque d'argent? Comment laisser des chiffres nous empêcher de vivre notre rêve de maternité?

C'est pourtant bien souvent l'argent qui décidera jusqu'où un couple est prêt à aller pour avoir un enfant. Malgré tout le progrès, malgré les découvertes et raffinements des techniques, c'est le porte-feuille qui domine encore.

Bien des solutions sont apparues, depuis 30 ans. Mais la douleur reste la même. Le combat reste le même. Tandis que la facture, elle, augmente. Et le compte en banque des cliniques aussi.

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Écrit par kiwi :: 10:09 PM :: 2 pelure(s)

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19 juillet 2008

Un gène?

Ce matin, je buvais tranquilement mon café pendant que Tithom vidait la boîte d'Alphabits, prenant bien soin d'en mettre partout, sauf dans son bol. Je feuilletais le journal tranquilement, profitant d'un des rares moments où je n'ai qu'un garçon avec moi. Tilou faisait encore dodo avec son papa. Qu'il en profite, il est en vacances.

J'ai alors lu avec étonnement qu'une équipe Montréalaise aurait découvert un gène lié à l'ovulation. Wow. Bon, nous n'en sommes pas encore aux remèdes miracles, mais chaque petit pas, chaque petite découverte par rapport à l'infertilité souvent dite "inexpliquée" se doit d'être teintée d'espoir. Qui sait si dans quelques années, les couples infertiles n'auront pas à attendre autant qu'aujourd'hui. Qui sait s'ils ne pourront pas trouver facilement une solution à leur problème.

Du coup, j'avais oublié Tithom et sa montagne de céréales. J'avais oublié les ronflements venant de la chambre à coucher. J'étais seule devant le journal, seule avec mon infertilité au repos.

Je fais partie des chanceuses, malgré tout, côté infertilité. Parce que je suis doublement maman, parce que 3 ans à attendre le premier, ce n'est pas si mal quand on se compare. Parce que j'ai à peine attendu pour le deuxième. Et parce que je n'ai pas vécu de pertes successives déchirantes. Mais, même si je l'ai eu plus facile que d'autres femmes infertiles, ça ne m'empêchera jamais de faire partie de l'équipe et d'encourager mes coéquipières qui n'ont pas encore atteint la ligne d'arrivée. Dès que je lis une nouvelle de ce genre, je suis excitée. Le sujet m'intéresse, il m'interpèle et vient me chercher aux tripes.

L'infertilité reste dans mon sang, même après deux accouchements.
Peut-être même dans mes gènes, à ce qu'il paraît.

La nouvelle en soi ne change rien, pour le moment, au sort de ceux et celles qui se battent aujourd'hui contre l'infertilité. Mais ça risque de changer celui de ceux et celles qui se battront contre l'infertilité demain et après-demain.

Juste ça, c'est assez pour me faire oublier un court instant que j'ai un alphabet de farine à ramasser sous ma table à manger.

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Écrit par kiwi :: 11:16 PM :: 4 pelure(s)

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13 juillet 2008

Signe de vie

Je ne suis pas disparue, je suis seulement en vacances. Hom a pris tout le mois de juillet de vacances, alors je profite du beau temps avec mes trois hommes. De retour à la programmation normale sous peu.

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Écrit par kiwi :: 9:17 PM :: 1 pelure(s)

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27 juin 2008

L'oublié

Il se fait mordre et griffer. Il se fait vomir dessus et reçoit des coups de pied. Il est fatigué, meurtri et lourd. Il est étiré, flasque et mou. Il est fait fort, mais faiblit. Il en porte lourd sur ses épaules, mais ne veut rien laisser tomber. Il se nourrit de moins en moins bien, même si quelqu'un dépend directement de sa santé. Il est oublié, même si irremplaçable. Il est négligé, même s'il a donné la vie. Il a mal au dos, aux reins, aux pieds. Il est mené à bouts. Il a hâte aux vacances.

Mon corps, ce corps que j'ai longtemps détesté, n'est plus ce qu'il était.

J'ai longtemps entretenu une relation d'amour-haine avec mon corps. Petite, je me trouvais grosse et moche. Adolescente, j'aurais voulu être plus grande, plus mince. Adulte, j'aurais voulu être fertile. Maintenant que j'ai porté et donné deux fois la vie, je n'ose plus être aussi exigeante envers mon corps. En fait, je devrais en prendre encore plus soin, pour le remercier de nous avoir fabriqué deux aussi beaux trésors.



C'est encore avec l'excuse du temps qui passe trop vite que je justifie mon manque d'attention envers moi-même. Je voudrais bien m'occuper de moi, mais après avoir pris soin de Tilou et de Tithom, tenu maison et préparé les repas, il me reste juste assez de temps pour prendre une douche et me crèmer sommairement.

Même si j'ai perdu le poids que j'avais pris lors de la grossesse (mais pas encore ce que j'avais pris pendant les traitements de fertilité, même si ça viendra), mon corps n'a vraiment plus la même forme qu'avant. Pas besoin de mentionner que la majorité des changements se situe au niveau du ventre. Si je vous disais que je me suis achetée des culottes de maintien, ça vous donne une idée de l'étendue des dégats?

Ouais. Fatiguée, flasque ET sexy. Pas facile, être maman.

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Écrit par kiwi :: 7:12 AM :: 3 pelure(s)

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19 juin 2008

En un an

Il y a un an, Tilou avait l'air à peu près de ça:



Aujourd'hui, il a l'air de ça:



Difficile à croire qu'en une année seulement, quelques petites cellules se sont transformées en un petit être humain qui vit, bouge, rigole et bave.

Incroyable phénomène, l'évolution.

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Écrit par kiwi :: 1:56 PM :: 7 pelure(s)

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