LES PÉPINS DE KIWI


Réflexions douces-amères d'une infertile maintenant maman.

2 février 2008

Le lit de grand

Lundi dernier, alors que Tithom était à la garderie, j'ai reçu ses meubles de grand. Le jour même de son deuxième anniversaire, nous étions sur le point de passer une autre étape importante. J'ai assemblé la commode et une partie du lit en son absence, mais mon dos me faisait trop soufrir pour tout terminer. Hom s'y est mis et tout était assemblé le soir même.

Mais Tithom étant un curieux grimpeur tannant, il a profité d'un moment où maman était occupée à tenir des bouts de bois pendant que papa les vissait pour explorer le nouveau meuble mystérieux dans sa chambre. Il a ouvert les tiroirs (qui étaient vides), examiné le meuble, puis a décidé d'y grimper. La commode a basculé et Tithom s'est mis à pleurer. Rien de bien grave, même si j'ai eu très peur. Les tiroirs ouverts ont empêché la commode de lui tomber dessus. Mais la peur que j'ai eu a été assez grande pour me faire maudire les meubles et me faire regreter notre achat. Il n'était donc pas question pour moi que mon fils dorme dans son nouveau lit ce soir-là. Je le trouvais déjà assez traumatisé et agité comme ça.

Le mardi soir, Hom et moi avons transféré les meubles de bébé dans la deuxième chambre et le lit dans la chambre de Tithom. Il ne se pouvait plus tellement il était excité à l'idée de dormir dans son lit de grand. Depuis le temps qu'on lui en parlait! Depuis le temps qu'il voyait le grand matelas accoté sur le mur de l'autre chambre et que je lui disais "ça, c'est pour toi! C'est ton matelas de grand garçon!" Il se tapottait la poitrine fièrement. C'est moi le grand garçon, qu'il nous montrait.

Après avoir lu une histoire pour garder un semblant de routine (parce que si ça n'avait été que de Tithom, il se serait couché immédiatement), nous avons couché notre fils pour la première fois dans son grand lit. La porte fermée derrière nous, Hom et moi nous sommes regardés, les larmes aux yeux. Ça faisait tout drôle de le voir si petit dans ce si grand lit.

Il n'a pas fait un son, n'a pas essayé de se lever. Il s'est endormi presqu'immédiatement. Comme s'il avait toujours dormi dans son grand lit. Le lendemain, il s'est réveillé à la même heure qu'à l'habitude, aussi couetté et de bonne humeur.

Le deuxième dodo s'est aussi bien passé. La première sieste a par contre été plus ardue. Il voulait jouer, il jacassait, jouait avec ses toutous. Alors que j'étais au sous-sol à l'écouter mémérer dans le moniteur, j'ai entendu un gros boum. On aura jamais vu un pachiderme monter aussi rapidement des escaliers. Tithom était tombé en bas du lit et pleurait à chaudes larmes. J'ai encore maudit les meubles, puis je me suis étendue près de lui pour le calmer. Il a ensuite fait une très belle sieste.

Et tout va bien depuis. Bon, il jase encore un petit bout de temps avant la sieste, mais n'a plus essayé de se lever et finit toujours par s'endormir seul, sans pleurer. Je sais que ça ne fait que quelques jours, mais ce début m'encourage. J'ai l'impression qu'on a su, un peu involontairement je l'avoue, trouver le bon moment pour faire le changement. On a su garder l'essentiel de la routine pour ne pas le déstabiliser et le préparer en lui parlant souvent de ses futurs meubles.

Depuis une semaine, je regarde mon fils et misère que je le trouve grand! On dirait même qu'il a pris quelques centimètres!

Et quand il dort, j'entre dans la chambre de Tipépin et je regarde la bassinette vide, la table à langer, la chaise berçante... mon coeur se pince un peu à l'idée que les temps de bébé de Tithom sont révolus, mais il se gonfle ensuite à l'idée que ceux d'un tout nouveau bébé commenceront sous peu.

Reste à voir comment Tithom s'adaptera à ce gros changement, le plus gros de tous en fait: perdre sa place d'enfant unique et devenir grand frère.

Libellés :


Écrit par kiwi :: 8:49 PM :: 3 pelure(s)

Jeter une pelure

..................................................................................................

15 janvier 2008

Préparation

En novembre, nous avons acheté le set de chambre de Tithom. Un lit de grand. Je ne voyais pas l'utilité de lui acheter un lit de transition. Je ne voulais rien savoir de la mélamine. Pus capable de la mélamine. J'ai vécu dans des appartements faits entièrement de mélamine: bibliothèque en mélamine, armoires de cuisine en mélamine, table en mélamine, bureau en mélamine, siège de toilette en mélamine. Pu-ca-pa-ble.

Nous avons donc regardé pour des meubles en bois qui offraient aussi du rangement (tiroirs ou tête de lit bibliothèque, ou les deux). Pas facile. Nous avons fait tous les grands et petits magasins de meubles. Nous avons enduré les pitchs de vente de leurs vendeurs. Nous avons comparé, évalué, réfléchi, budgetté. Puis nous avons fait notre choix et passé notre commande. Livré dans "4 à 8 semaines", assemblage requis.

Ça fait deux mois et nous n'avons toujours rien reçu. J'appelle le service de livraison hier et la gentille dame me dit que pour ce fabriquant, la date de livraison qu'elle a est la mi-février. Pardon?? Ça va avoir pris 3 mois pour recevoir un lit et une commode? Je sais bien qu'elle ne peut rien faire, que ce n'est pas de sa faute à elle, pauvre 'tite madame. Mais bon, j'ai pas tellement été capable de ne pas lui dire ma façon de penser et de lui dire de passer le message aux vendeurs qu'ils disent donc aux clients que ça prend 3 mois et non "4 à 8 semaines". Ça joue sur la décision d'achat, ça. Elle me dit "ça peut être un peu avant ou un peu après." Comme mon accouchement, que je lui ai répondu.

Bien sûr, si on avait acheté une cochonnerie en mélamine, on l'aurait eue la semaine suivante. Ça nous apprendra à vouloir de la qualité.

Mais bon, ce n'est rien de dramatique en soi. C'est juste frustrant de se faire niaiser et de rien pouvoir faire de mieux qu'attendre. En fait, ce qui me frustre le plus, c'est que pendant ce temps, je ne peux pas finir de préparer la chambre de Tipépin. Je sais qu'il me reste 8 semaines (si je me rends là), mais j'aurais aimé avoir une chambre prête pour lui, pouvoir m'y bercer en flattant ma bédaine. J'aurais aimé vivre le processus de préparer l'arrivée du bébé de cette façon, puisque je n'ai pas eu à le faire via le magasinage.

Aussi, le fait que Tithom n'aura peut-être pas beaucoup de temps pour s'adapter à ses nouveaux meubles de grands avant que bébé arrive me fatigue. J'aurais aimé que la routine soit établie, qu'il se soit adapté à ses nouveaux meubles. Je ne voulais pas que l'arrivée de son petit frère coïncide avec la fin de son lit de bébé et de sa chambre telle qu'il la connaît. Je trouve que c'est beaucoup de changements en peu de temps.

Mais bon, on ne sait jamais. Peut-être Tipépin se présentera plus tard, ou bien les meubles arriveront plus tôt (I wish). Et comme nous avons l'intention de le faire dormir avec nous pendant quelque temps au début, peut-être que la transition de Tithom se fera doucement quand même.

En attendant, je n'ai pas le choix d'aller me préparer en magasinant. Y faut c'qu'y faut.

Libellés :


Écrit par kiwi :: 1:33 PM :: 4 pelure(s)

Jeter une pelure

..................................................................................................

21 décembre 2007

Et les cadeaux?

Pour bien des gens, Noël est devenu une torture financière. Ils se sentent obligés de donner des cadeaux parce que les gens leur en donnent et ils restent pris dans l'engrenage de la surconsommation alors que leurs cartes de crédit (ou débit) crient famine.

Je ne me suis jamais sentie obligée de faire des cadeaux. Les gens de ma famille ont toujours su que si nous étions serrés, nous ferions de petits cadeaux ou même pas de cadeau du tout. Ça n'a jamais causé de dispute. Chacun y allait selon son budget et personne ne comptait combien il avait donné vs combien il avait reçu.

J'ai toujours aimé donner des cadeaux, selon ma capacité ficnancière du moment. Et, je l'avoue, j'aime aussi recevoir des cadeaux. Non mais, tout le monde s'empresse de dire "ah moi, je préfère donner que recevoir!" Je sais que bien des gens préfèrent réellement donner que recevoir (ça m'arrive souvent), mais je ne connais personne qui n'aime pas du tout recevoir. Qu'on arrête de faire semblant juste pour bien paraître. C'est pas mal, d'aimer se faire gâter de temps en temps. Ça fait du bien, de recevoir un petit quelque chose choisi juste pour nous. Ce n'est pas parce qu'on aime recevoir un cadeau de temps en temps qu'on ne sait plus l'apprécier.

Là où je vois un problème, c'est quand on s'attend à recevoir. Qui dit attentes, dit souvent déception ensuite.

S'attendre à recevoir, c'est comme supposer que les autres ne sont là que pour nous faire plaisir. C'est ne plus reconnaître le geste derrière le cadeau, c'est mettre une obligation sur ce qui devrait être un plaisir volontaire.

J'aime recevoir (comme tout le monde! Arrêtez de vous cacher!), mais je ne serai jamais déçue de ne rien recevoir. On peut souligner son attention, son amour, de tant d'autres façons que par une bébelle emballée.

Quand nous étions enfants, nous recevions beaucoup de cadeaux. Nous étions chanceux de n'être que 5 enfants dans toute la famille, ce qui concentrait les cadeaux sur nous. Mais, nous avons toujours remercié nos parents et grands-parents avec sincérité. Nous avons toujours apprécié chaque présent, chaque attention. Jamais nous n'avons fait de crise parce que nous n'avions pas reçu la-super-poupée-qui-fait-pipi-en-clignant-d'un-oeil de l'année (ou le super-avion-qui-se-transforme-en-calculette-scientifique pour mes frères). Nous ne comptions pas la valeur, ni la quantité des cadeaux. Et si une année, mes parents avaient moins de moyens, jamais il ne nous est passé par l'esprit de leur faire remarquer ni même d'être décus. Nous n'avions pas d'attente, car on nous avait élevés comme ça.

Et c'est là où je veux en venir. Je n'ai rien, absolument rien, contre le fait de donner plusieurs des cadeaux à un enfant. Lancez-moi des tomates si vous voulez, mais je crois que le problème, chez les enfants qui n'apprécient pas et qui passent au cadeau suivant sans avoir terminé de déballer le premier ne réside pas dans la quantité ni dans la valeur de ses cadeaux, mais dans son éducation. Eh oui, jetons encore le blâme sur les parents... mais comment se fait-il que certains enfants super gâtés sachent apprécier alors que d'autres qui ne reçoivent qu'un seul cadeau soient radins?

Le problème, ce sont les attentes. Et ces attentes, elles doivent venir de quelque part, non...? Si un enfant croit qu'on lui DOIT quelque chose, ce n'est peut-être pas pour rien... Ce n'est sûrement pas le Père-Noël qui lui a fait des promesses...

Libellés :


Écrit par kiwi :: 12:53 PM :: 4 pelure(s)

Jeter une pelure

..................................................................................................

17 décembre 2007

Le Père-Noël

Je me suis beaucoup questionnée sur le Père-Noël ces derniers temps. Pas sur son existence (car tout le monde sait qu'il existe, pas vrai?), mais sur la place qu'on lui donnerait dans notre maison. J'avais un prof au secondaire qui détestait le Père-Noël. Que dis-je, il menait une guerre contre le gros barbu jovial. Son discours était très divertissant pour l'ado simili rebelle que j'étais, mais ça m'a quand même marquée. Après toutes ses années, le doute qu'il a semé est encore là.

Pourquoi fait-on croire aux enfants qu'un gros bonhomme habillé de rouge existe alors qu'on sait très bien que ce n'est pas vrai? Pourquoi raconte-t-on des mensonges de façon volontaire aux enfants?

J'aime bien l'esprit des fêtes, la joie, cette période de l'année où on oublie un peu nos différends pour se bourrer la face en famille. J'aime même l'idée derrière le Père-Noël, ce qu'il apporte (outre les cadeaux), ce qu'il représente: que tous les enfants du monde sont égaux et méritent une petite attention. J'aime les valeurs du Père-Noël. Mais de mentir en plein visage à mon fils? J'hésite...

Ce qui complique les choses, ce sont nos trop nombreux partys de Noël. Mes parents étant divorcés, on part déjà avec deux partys. Ajoutons à ça celui avec les parents de Hom et un autre avec toute sa famille étandue... ça en fait, des Père-Noël. Noël est dans une semaine et Tithom a déjà vu le Père-Noël deux fois. Comment lui faire croire que c'est le même à chaque fois et surtout, que c'est lui qui s'occupe de tous ses cadeaux (en prenant soin de tout faire charger sur nos cartes de crédit, quand même)? Comment adapter le mythe à nos vies modernes remplies d'obligations et de partys à n'en plus finir?

Ma mère avait la solution. Quand nous étions petits, elle nous disait que le Père-Noël ne nous donnait qu'un seul cadeau et que les autres venaient des parents. Je ne me souviens pas avoir été traumatisée quand j'ai découvert que le Père-Noël n'existait pas (ainsi que la Fée des dents et le Lapin de Pâques). Je ne me souviens pas non-plus en avoir voulu à mes parents de m'avoir menti. Avaient-ils vraiment menti ou avaient-ils pris la peine de perpétuer une belle histoire, fondée sur de belles valeurs?

Ce que je veux, pour Tithom, c'est qu'il sache que Noël, ce n'est pas seulement des cadeaux, loin de là. Noël, c'est la célébration de la neige (ahah!), c'est le partage, l'entraide, la joie, les becs en pincette, le rhume, la bouffe, les rigodons, les fou-rires en famille, les cousins et cousines qu'on ne voit qu'une fois par année, les vacances, la Guerre des Tuques, les biscuits avec des cristaux de sucre rouges et verts, le chocolat chaud, les joues rouges et, en plus de tout ça, en arrière-plan, le Père-Noël qui apporte joie et paix à tous les enfants de la Terre.

C'est ça Noël: compliquer pour rien des choses qui devraient être si simples.

Libellés :


Écrit par kiwi :: 10:16 AM :: 10 pelure(s)

Jeter une pelure

..................................................................................................

4 décembre 2007

La garderie (suite)

C'est avec le coeur gros que j'ai habillé mon bonhomme hier matin, dans le but de l'amener à sa première journée de garderie. J'avais écrit son nom sur tous ses vêtements, bross à dents et gobelet. J'avais préparé le sac de choses à apporter, qui me donnait l'impression qu'il partait une semaine. Arrivés là-bas, Tithom a été accueilli par ses amis et les éducatrices de façon chaleureuse. Puis, sans se retourner, il est parti jouer. Hom et moi sommes restés plantés là, à regarder notre bébé devenir soudainement très indépendant. Un bisou, un au revoir et je me retrouve assise dans la voiture, les yeux pleins d'eau. J'avais déjà l'impression qu'il me manquait quelque chose, mais en même temps, j'étais très fière de mon garçon.

À la maison, je me tenais debout dans la cuisine à regarder autour de moi, cherchant quelque chose à faire. Ne vous y méprenez pas, j'ai des tonnes de trucs sur ma liste "à faire", mais à ce moment-là, je ne savais par où commencer ni comment agir sans mon Tithom près de moi. C'était grand, silencieux, tranquille. J'ai mis de la musique un peu plus fort qu'à l'habitude, ai essuyé mes larmes et ai fait du ménage sans avoir à tour refaire 30 secondes plus tard. Pas que Tithom me dérange habituellement, mais disons que ça prend toujours plus de temps faire une simple tâche lorsqu'il est avec moi.

J'ai ensuite travaillé, car après tout, c'est surtout pour ça que nous avons décidé d'envoyer Tithom à la garderie. J'ai travaillé sans me sentir coupable, sans me dire que je devais me dépêcher, au cas où Tithom se réveillerait dans 5 minutes.

J'ai téléphoné à la garderie vers 11h, pour savoir comment se passaient les choses. On m'a assurée que tout allait très bien et que je pouvais laisser Tithom pour l'après-midi. Mon coeur de mère-poule était soulagé, j'ai décidé d'y aller pour le test de la journée complète. Hom est venu me chercher à midi et nous sommes allés dîner en amoureux. Puis, retour au travail pour tout l'après-midi.

Une journée bien remplie, productive et tranquille. Vers 16h, nous sommes allés chercher notre fils, anxieux de savoir comment le repas et le dodo s'étaient déroulés. Encore une fois, on m'a assurée que tout s'était très bien déroulé. Il avait une étoile dans son cahier et c'était inscrit qu'il avait très bien mangé. Il a fait un petit dodo, comme un grand. Quand il a entendu la voix de son papa, ses oreilles se sont dressées comme des antennes. Il m'a alors apperçue et est venu vers moi. Il a sauté dans les bras de son père, qui a tout fait pour ne pas pleurer de joie.

Sommes toutes, une bonne première journée. Je sais que ce n'est que le début, que c'est encore tout nouveau et que ça ne garantit rient, mais ça me soulage quand même. La glace est brisée, sans trop avoir fait d'éclats.

Libellés :


Écrit par kiwi :: 1:58 PM :: 4 pelure(s)

Jeter une pelure

..................................................................................................

1 décembre 2007

La garderie

Il y a deux semaines, j'ai mis le pied dans la première garderie sur ma liste à visiter. J'avais eu la brillante idée d'y aller sans la poussette. Après tout, nous n'avions que deux coins de rue à marcher pour nous rendre à l'arrêt d'autobus. Dans la slush et sous la pluie verglaçante. Vraiment, j'avais laissé mon cerveau sur l'oreiller ce matin-là. Tithom ne voulait pas avancer, il était bien trop intrigué par ses nouvelles bottes et la substance bizarre sous ses pieds. Il faisait froid, nous étions trempés, j'avais mal au dos à force de traîner mon bambin de 32 livres dans mes bras, de peur de manquer l'autobus. Et bien sûr, pour faire exprès, au moment de descendre de l'autobus, j'ai manqué mon arrêt et nous avons dû marcher très longtemps pour finalement arriver à la garderie, trempés, échevellés et bougonneux. Belle première impression.

Aussitôt passés le seuil, Tithom s'est lancé vers la pièce où se trouvaient les amis de son âge. Sans se retourner, sans même me faire un petit bye bye. J'ai donc pu discuter calmement avec la responsable. J'ai posé des tonnes de questions, ai fait le tour de la garderie (qui n'est pas un CPE, mais une garderie privée avec 5 groupes d'âges différents), ai été séduite. J'essayais de penser à tout, d'obtenir le plus d'informations possibles. Tout me semblait bien. Je voyais mon fils jouer avec les amis et l'éducatrice et je ne sentais pas mon coeur se déchirer. J'étais en paix avec notre décision.

Lorsque ce fut le temps de partir, j'ai même eu droit à une mini-crise parce que Tithom ne voulait pas partir. Il me donnait son approbation, à sa façon.

Retour à la maison dans la slush et le vent froid. C'était le seul désavantage que je voyais: le transport. Mais comme c'était la première place que je visitais, j'étais sceptique. Peut-être étais-je enchantée pour rien? Peut-être que c'était comme ça partout? Je n'avais pas tellement de référence... J'ai donc tout décrit à Hom qui n'avait pu y être et j'ai lu les documents fournis par la responsable, gardant en tête que j'avais d'autres garderies à visiter.

La deuxième garderie visitée s'est avérée être l'autre extrême. Tithom ne voulait pas y entrer, ce n'était pas accueillant, ni propre, ni bien divisé. Je n'avais même pas envie de poser des questions, je ne pensais qu'à m'en aller. Dès le premeir regard, je savais que ce n'était pas la place pour Tithom. En fait, je me suis même demandée comment des parents pouvaient envoyer leurs enfants là. Étais-je trop exigeante? Ces enfants ne sont après tout pas en danger, mais je ne voyais pas d'autre raison d'y placer son enfant autre que "je n'ai rien trouvé d'autre". Dommage...

Si j'avais visité cette garderie en premier, je n'aurais pus du tout été en paix avec notre décision. Je crois même que j'aurais cessé les recherches.

Nous avons donc décidé d'essayer la première place. J'ai rappelé la responsable. Tithom commencera lundi. Après-demain. Aye.

Parler de garderie, c'est une chose. En visiter, c'est autre chose, mais ça ne nous engage toujours à rien. Essayer une garderie, ouhlà, c'est une toute autre chose. Ma gorge s'est serrée quand j'ai raccroché le téléphone. J'espère tellement que mon fils y sera heureux, mais en même temps, ça me fait très peur. C'est une nouvelle étape, de nouvelles expériences, de nouvelles habitudes, de nouveaux microbes. C'est laisser une inconnue entrer dans la vie de mon fils. C'est être loin de lui deux jours complets par semaine alors que depuis 22 mois, je n'ai pratiquement jamais été séparée de lui. C'est couper ce qu'il reste de cordon...

Reste à voir qui de lui ou moi pleurera le plus lundi matin...

Libellés :


Écrit par kiwi :: 11:34 AM :: 3 pelure(s)

Jeter une pelure

..................................................................................................

18 novembre 2007

Avoir le temps de culpabiliser

Cette semaine, je devrais pouvoir recommencer à respirer. Cette semaine, je devrais pouvoir recommencer à vivre un peu. Mon gros contrat se termine et, quite à utiliser une expression d'analyste de hockey, je vois la lumière au bout du tunnel.

Cette semaine, je fais aussi un autre pas: je visite des garderies pour la première fois. Ça me stresse beaucoup, ça remet beaucoup de choses en question. Et ça ramène une culpabilité avec laquelle je croyais avoir fait la paix. On me juge de vouloir envoyer mon enfant à la garderie alors que je suis à la maison. Je sens le besoin de me justifier alors que je ne devrais pas. On ose me faire sentir coupable de vouloir avoir deux jours par semaine pour moi (je n'ai jamais eu l'intention de l'envoyer à temps plein, ni même en garderie à 7$ soit dit en passant). Quand une maman doit retourner sur le marché du travail, on ne la juge pas de devoir par le fait même envoyer son enfant à la garderie. Ça fait partie de la game, c'est tout. Mais quand une maman est travailleur autonome à la maison, on ne comprend pas, on se questionne. On juge.

Je vois sans arrêt l'image de la mère parfaite qui fait tout et qui le fait bien, sans jamais être décoiffée ni lever le ton. La mère de famille toujours souriante, qui passe ses journées à cuisiner (de la bouffe bio en plus), qui a une maison qui brille, une jupe sans un pli, un manucure parfait et qui en plus, a le temps de rendre son mari heureux au moins une fois par semaine. On a tellement voulu ramener les anciennes valeurs de la famille, de la mère hyper maternelle et multi-fonctionnelle qu'on a du même coup dénigré ce qui touchait les mères non conventionnelles, les mères modernes. Les vraies mères, finalement. Celles qui sont parfois fatiguées, qui sont parfois découragées et qui n'ont pas le temps de frotter la baignoire à tous les jours. Celles qui existent autour de moi et qui ont besoin parfois de reprendre leur souffle, mais n'osent le dire,d e peur de se faire juger.

J'ai l'impression qu'il y a eu, dans les dernières années, une diabolisation de la garderie, en même temps qu'un genre de dédain ou manque de respect pour la mère au foyer. Tu ne travailles pas, pour t'occuper de tes enfants: tu ne contribues pas à la société et tu passes tes journées à regarder des soaps en te limant les ongles. En plus, tu tournes le dos à tout ce que le féminisme a pu faire avancer dans les dernières décénies. Tu travailles et envoies tes enfants à la garderie: tu es égoïste et brimes leur petite enfance. On voudrait que la femme soit à la fois une maman parfaite et une femme professionnellement accomplie.

Est-ce qu'on pourrait avoir un juste milieu? Est-ce qu'on pourrait avoir le droit de ne pas être parfaite, même si on fait tout pour? Est-ce qu'on a le droit d'admettre nos faiblesses et d'avoir recours à ce qui s'offre à nous sans devoir justifier chacun de nos choix?

J'ai l'intention de laisser tomber une grosse partie de ma clientèle après l'arrivée de Tipépin, mais les clients concernés ne le savent pas encore. J'ai l'intention de ne garder que quelques contrats, question de garder la main et de rester sur le marché, en prévision du temps où mes enfants iront à l'école. Je changerai peut-être d'idée d'ici là, je déciderai peut-être de tout laisser tomber éventuellement ou de me recycler... mais pour le moment, c'est ma décision et elle est finale.

Alors, je travaillerai moins, pourquoi aurais-je besoin d'envoyer mon fils à la garderie? Pourquoi est-ce que je ne pourrais pas continuer de tout faire? Parce que je n'y arriverais pas, je le sais. je sais que d'autres le peuvent, mais je connais mes limites. J'aurai un fils de deux ans, un nouveau-né et des contrats, même si rares, par-dessus tout ça. Je ne crois vraiment pas que deux jours à la garderie sont exagérés. Je n'ai plus l'impression de stimuler suffisament mon fils. Je n'ai plus l'impression d'être son monde entier autant que lorsqu'il avait 9 mois. Je sais qu'il n'est pas malheureux ici, mais en même temps, je sais qu'il retirera beaucoup de la garderie et de côtoyer des enfants de son âge. Avec deux jours à la garderie et cinq avec maman et petit frère (et papa le soir et la fin de semaine), je suis persuadée qu'il aura le meilleur des deux mondes. Il aura deux jours de jeux et d'environnement différents, il aura des amis, des sorties, des activités, et il aura une maman plus reposée, plus disposée à jouer avec lui et plus confiante dans son rôle de mère quasi-parfaite.

Quand même bizarre que, étant une maman qui n'a même pas le temps de respirer, je puisse trouver le temps de culpabiliser alors que je ne le devrais pas...

Libellés :


Écrit par kiwi :: 8:52 PM :: 13 pelure(s)

Jeter une pelure

..................................................................................................

5 septembre 2007

Discipline calme

J'ai la chance d'avoir un garçon très calme. Bon, je dois dire qu'en tant que parents, nous le sommes aussi. Ça nous en prend beaucoup pour paniquer et surtout, pour nous en faire. Pas que nous soyons insousciants, mais nous prenons la vie avec un grain de sel (et parfois un peu de tabasco). Mon réflexe étant, quand Tithom est concerné: est-ce que sa santé, sa vie, ses membres sont en danger? Est-ce qu'il peut se faire mal ou briser un objet de valeur? Et si la réponse est non, je le laisse faire. Je ne suis pas du genre à dire non à chaque geste qu'il pose. J'ai arrangé la maison en conséquence: en éliminant tout danger, ça élimine aussi la nécessité de dire non. Paresse? Pas du tout. Pure logique. Si on dit non à tout, le non perd de son sens et finit par entre dans une oreille pour sortir par l'autre. Déjà que la cloison entre les deux oreilles n'est pas très étanche à cet âge, il ne faut pas courir après le trouble. Donc, le non reste réservé aux choses sérieuses que je n'ai pu éliminer (non, ne touche pas à la lampe, non, ne tire pas la queue du chat, non, ne lance pas te jouets dans la face de tes petits amis). N'allez pas croire qu'on le laisse faire ce que bon lui semble. Bien sûr que non. Nous avons nos règles, nous sommes strictes, mais nous en gardons très peu pour ne pas qu'elles passent innaperçues. Je crois fermement qu'un enfant de cet âge a besoin d'explorer, de découvrir et de toucher autres choses que ses bébelles en plastique multicolore. Et dire non à chaque exploration de sa part serait comme lui dire qu'être curieux est mauvais. Bref, on essaie de trouver le juste milieu entre le laisser-aller et la discipline militaire et je crois que nous nous en sortons plutôt bien.

Tithom n'écoute pas toujours nos non, même s'ils sont bien pesés. Je sais que ça viendra avec le temps, mais je vois déjà une grosse différence avec ce qu'il faisait à 13-14 mois, alors que le non devait se transformer en "vas-y!!" avant de se rendre à son cerveau, puisqu'il faisait tout ce que je lui interdisais. Avec un sourire narquois, bien sûr. J'ai donc, depuis quelques mois, essayé de changer ma formulation pour ne plus devoir utiliser la négation. Pas toujours évident, mais je crois bien que ça fonctionne.

Mon bébé est calme, oui. Il l'a toujours été. Jamais été pleurnichard, jamais fait de crises, jamais fait le bacon en public. C'est dans son tempérament, donc bien sûr que ça aide. Et je sais très bien que nous sommes chanceux. J'ai comme l'impression qu'on va devoir payer à l'adolescence...

Libellés : ,


Écrit par kiwi :: 12:58 PM :: 4 pelure(s)

Jeter une pelure

..................................................................................................

27 août 2007

Expositions

Il y a deux fins de semaine, Hom et moi sommes allés à Ottawa pour voir l'exposition de Renoir au Musée des beaux-arts du Canada. Étant une mordue de l'impressionnisme depuis le jour où, en secondaire 4, j'ai dû choisir un sujet pour mon travail de fin d'études, je ne voulais pas manquer cette exposition.

Nous avons décidé d'y aller seuls, faisant l'aller-retour dans la même journée. Nous sommes allés reconduire Tithom chez ses grands-parents et nous sommes allés déjeuner. Ça nous faisait tout drôle de ne pas voir sa petite tête blonde dans le rétroviseur et de ne pas avoir à demander une chaise haute. Nous avons pu prendre notre temps, déguster notre café sans faire de course contre la patience de Tithom. En sortant du resto, nous avons vu Tithom et ses grands-parents se promenant, de l'autre côté de la rue. Drôle de sensation de voir son enfant au loin, menant presque une autre vie pour un court moment.

En traversant le pont, je ne pouvais m'empêcher de regarder la ville derrière moi et de penser que mon garçon était là, à quelque part, alors que moi j'étais sur le pont, m'éloignant de lui. J'ai toujours un peu peur (bon d'accord, pas mal peur) quand nous laissons Tithom. J'ai peur qu'il nous arrive quelque chose et qu'il se retrouve sans parents. Peur insensée? Je ne sais pas, peut-être, mais n'empêche que ça me faisait une boule dans l'estomac.

Arrivés à Ottawa, nous sommes arrêtés sur une terrasse pour boire un verre (un Shirley Temple pour moi) et manger des natchos.

L'exposition était sublime. Je ne pouvais m'empêcher de regarder chaque tableau sous tous les angles, de me pencher pour admirer les coups de pinceaux, les jeux de lumières et d'ombres, les couleurs, les impressions. À chaque nouveau tableau que je découvrais, je me disais "je vois des Renoir en vrai!"

Nous avions pris les audio-guides et avons pu prendre tout notre temps pour admirer les tableaux. Nous sommes ensuite partis, pour arrêter à mi-chemin pour souper. Arrivés chez mon père, j'étais bien heureuse de retrouver mon petit bonhomme, même si je dois avouer que j'y avais moins pensé alors que j'avais devant moi La cueillette des fleurs.

Puis, en fin de semaine dernière, nous sommes allés passer la fin de semaine en famille à Québec. La première journée s'est déroulée comme un charme: le chemin pour y aller en voiture sans une complainte de Tithom, le dîner au restaurant en toute bonne humeur, l'exposition des Dragons avec beaucoup d'enthousiasme (nous sommes même tous des dragonologues certifiés!), le souper au resto sans un mot et la soirée à l'hôtel relaxante. Mais quand fut venu le temps de faire dodo, pas moyen de coucher Tithom. Fidèle à son habitude lorsqu'il ne dort pas chez lui, il combattait le sommeil et ne voulait rien savoir de son parc. Essaie de le promener dans la poussette dans la chambre, mais les roues restent prises dans le tapis. Essaie de le promener dans le corridor, mais il y fait trop clair. Nous avons donc remis nos chaussures et sommes allés marcher dehors pour l'endormir. Après une heure de marche dans le noir, il avait enfin les yeux fermés.

Notre nuit à nous fut mouvementée. J'avais chaud, j'avais mal au coeur, je n'osais pas bouger de peur de réveiller Tithom qui dormait à deux pas de nous. À chaque son qu'il faisait, je sortais de mon demi-sommeil. Et bien entendu, il s'est réveillé très tôt. Heureusement, il était de bonne humeur.

Nous sommes allés nous promener dans les Plaines, pour ensuite aller à une autre exposition, celle de Cranach à Monet cette fois. Deux grandes salles où sont accrochés des tableaux sur les murs. Des gens silencieux qui regardent de loin. Et un Tithom de très bonne humeur qui a choisi cette journée pour faire ses vocalises. Je ne parle pas de cris ou de pleurs, mais de petits chants très rigolos, qui auraient fait sourire les gens dans d'autres circonstances. Mais dans un musée où c'est écho et où on est supposé admirer de l'Art, pas de place pour des chants enfantins. J'avais beau ne pas m'occuper des regards et des renifflements en notre direction, je sentais bien que mon fils dérangeait. Même l'employé du Musée semblait retenir l'envie de nous mettre à la porte. Nous nous sommes donc relayés, l'un promenant Tithom dans les corridors pendant que l'autre observait les tableaux. Nous espérions qu'il s'endorme, mais ce ne fut pas le cas. Bon, peut-être avons-nous ambitionné un peu avec la deuxième exposition. Peut-être n'aimait-il pas l'art européen. Peut-être voulait-il rajouter un peu de gaieté dans cette atmosphère trop sérieuse...

Deux escapades, deux expériences. Nous avons apprécié notre temps seuls tous les deux. Nous avons aimé pouvoir prendre notre temps, pouvoir être seulement un couple pour quelques heures. Mais nous avons aussi aimé voir Tithom découvrir et observer plein de choses. Nous avons aimé nous promener avec lui, qui est un très bon garçon après tout. Suffit de choisir le bon moment et la bonne dose. Encore quelque chose que nous avons appris, un peu malgré nous.

Libellés : ,


Écrit par kiwi :: 8:44 PM :: 3 pelure(s)

Jeter une pelure

..................................................................................................

23 mai 2007

Le stress des solides

L'introduction des solides est un moment crucial dans la vie d'un bébé et de sa maman. Moi, ça me stressait au plus haut point. J'avais peur de me tromper, de ne pas savoir reconnaître les signes. J'angoissais à l'idée de ne plus être sa seule source nourricière. Et puis finalement, avec le recul, je me rends bien compte que je me suis donné beaucoup de trouble pour rien. Si j'avais su, j'aurais patienté encore un mois (ou même deux!), puisque Tithom n'a vraiment mangé qu'à 8 mois.

Mais j'avais aussi très peur que mon fils développe des allergies.

Parce qu'une bonne amie à moi a un fils aux prises avec de grosses allergies alimentaires, parce que Hom a beaucoup d'intolérances alimentaires et parce qu'il y a des allergies dans ma famille (aux noix et arachides entre autres), j'avais pris la décision de faire l'intro des solides de manière à réduire les risques d'allergies. Mon amie m'a renseignée, a répondu à mes innombrables questions. Elle m'a fait prendre conscience du poids d'une allergie alimentaire. Je sais que je ne comprends pas vraiment, puisque mon fils n'a pas d'allergie (on cogne du bois), mais grâce à elle, je peux en être témoin et prendre des mesures concrètes pour diminuer les risques que ça ne nous arrive.

J'ai donc tenu mordicus à allaiter Tithom exclusivement jusqu'à 6 mois. Allaiter exclusivement, ça veut dire qu'il n'y a rien d'autre qui est entré dans son bedon durant ces 6 mois: pas d'eau, pas de lait commercial, pas de céréales, rien, juste le bon lait de maman. Je n'ai pas consommé d'arachide tout le temps qu'a duré mon allaitement, donc pendant 13 mois. Pas une diète restrictive sévère, j'avais de la chance.

Puis, j'ai introduit les aliments de façon très graduelle, en excluant les allergènes les plus répandus. Pour moi, réduire les risques, c'était la moindre des choses. Mais ça demeure un choix personnel et je ne juge pas celles qui ont fait un choix différent, même si le poil me dresse sur les bras quand j'entends parler d'un bébé de 18 mois qui mange du beurre d'arachide ou que je vois un petit pot pour bébé avec des kiwis dedans.

J'ai été quand même étonnée de voir à quel point les gens ignoraient presque tout des allergies. J'en connais moi-même très peu, mais je trouve dommage qu'on ne prenne pas cela plus au sérieux, malgré l'augmentation du nombre d'allergies chez les enfants.

Je me suis faite achaler par ma mère, ma grand-mère, des amies, parce que je ne donnais pas de légumineuses, d'ananas, de petits fruits. Je ne crois sincèrement pas que mon fils restera traumatisé parce qu'il n'aura pas mangé de poisson avant ses 2 ans ou de beurre d'arachide avant 4 ans. Je m'attends par contre à ce que mon entourage respecte mes choix de mère pour mon enfant.

Au tout début, j'étais très assidue. Je notais tout ce qu'il avait goûté, j'introduisais un aliment 4 jours avant d'en introduire un autre. J'ai especté tout ce qu'on m'avait dit de faire. Mais quand Tithom a commencé à manger ce que nous mangions, je me suis donné un peu plus de lousse. J'ai arrêté de tout noter, mais j'ai continué d'introduire graduellement. Puis, vers 14 mois, j'ai plié un peu et lui ai offert certaines choses qui étaient dans ma colonne "pas avant 18 mois".

Finalement, tout se passe bien, aucune réaction, aucune rougeur. Je ne prends pas les allergies à la légère, mais disons que je me casse un peu moins la tête. Tithom n'aime pas tout, loin de là, mais il aura la chance, comme j'ai eu étant jeune, de manger très varié et santé. Ma mère nous faisait des plats marocains, libanais, mexicains, péruviens. Mes amies qui venaient manger chez nous trouvaient qu'on mangeait "bizarre". J'imagine que la table était moins internationale qu'aujourd'hui. Nous ne mangions jamais de friture, il y avait très peu de dessert chez nous, aucune boisson gazeuse ni croustilles, seulement des vrais jus de fruits, beaucoup de légumes et de fruits... bref, tout ce que j'essaie de reproduire avec Tithom.

Aujourd'hui, à la veille de ses 16 mois, il ne reste plus grand chose à introduire. Les ananas sont les prochains sur ma liste. Les petits fruits, je le ferai dès qu'ils sortiront ici (tant qu'à lui faire goûter des fraises, aussi bien être celles du Québec). Il restera ensuite les gros allergènes: le poisson, les fruits de mer, les kiwis, les noix et les arachides. Tout ça attendra encore une bon bout de temps.

Je me suis faite traiter de radicale, mais pour moi, la santé de mon fils passe avant tout. Ça vaut bien quelques petits sacrifices.

-----------------------------------------

Quelques liens sur les allergies...
Déjouer les allergies alimentaires
Association québécoise des allergies alimentaires
Un gros paquet de liens utiles

Libellés : ,


Écrit par kiwi :: 9:33 PM :: 5 pelure(s)

Jeter une pelure

..................................................................................................

21 mars 2007

Dans mon temps

Tithom a un an seulement, et j'ai pourtant l'impression d'entendre des commentaires commençant par "dans mon temps..." depuis déjà trop longtemps. Quand ce n'est pas ma mère qui les dit, c'est ma belle-mère, la copine de mon père ou encore, ma grand-mère. Et j'avoue que quand ça vient d'elle, c'est encore plus agaçant.

Dans mon temps, nous n'avions pas tout ce que vous avez aujourd'hui... Dans mon temps, on donnait des céréales aux bébés de 3 semaines... Dans mon temps, on n'avait pas de siège d'auto... Dans mon temps, on n'avait pas de congé parental... Dans mon temps, les bébés mangeaient n'importe quoi... Bon, je suis d'acord sur le fait que nous avons bien plus que nos grands-parents, sur bien des niveaux. Notre qualité de vie est meilleure, nous avons accès à beaucoup plus de ressources, d'informations et de choix. Et oui, ils ont survécu! Mais ça ne veut pas dire que ce que nous avons aujourd'hui est inutile, ni que si nous ne l'avions pas, nous ne survivrions pas.

Il y a une petite chose anodine qui s'appelle le PROGRÈS. C'est vrai qu'il s'agit souvent d'un luxe (un ouvre-boîte manuel fait le même travail que l'électrique), mais dans bien des cas, ce que mes grands-parents considèrent un luxe est devenu pour nous une obligation (les sièges d'auto, entre autres).

C'est une chose de me dire "nous n'avions pas ça dans notre temps" en voulant dire "c'est merveilleux le progrès de nos jours! J'aurais aimé avoir ça, ça aurait rendu ma vie plus facile". C'en est une autre de le dire en voulant dire "vous, les jeunes d'aujourd'hui, n'avez plus aucune débrouillardise. Dans notre temps, nous étions bien plus inventifs et intelligents et nous avons survécu sans toutes ces bébelles. Nous sommes donc meilleurs que vous. Gna. Prosternez-vous."

J'admire mes grands-parents pour bien des choses, notamment les temps difficiles qu'ils ont tranversé, le dur travail qu'ils ont fait toute leur vie. Je les envie aussi d'avoir vécu de grands chamboulement historiques, d'avoir connu une vie plus simple, moins rapide, moins stressante, même si plus difficile sur plusieurs points.

Il me semble que je n'en demande pas trop, en leur demandant de respecter mes choix et de ne pas me traiter indirectement d'incapable parce que j'ai besoin d'une poubelle spéciale pour les couches et d'un jouet qui vibre pour calmer les rages de dents de mon fils...

Libellés :


Écrit par kiwi :: 8:05 PM :: 3 pelure(s)

Jeter une pelure

..................................................................................................

22 septembre 2006

Vidanges

Je suis à l'opposé de Popa, par rapport aux vidanges (et à la barbe aussi, en fait). Pas tant par le geste de les préparer et de les sortir que par l'admiration qu'il leur voue. Personnellement, je n'aime pas les vidanges. Moins j'en ai, mieux je me porte. Pour moi, vidange égale consommation. Donc, le moins on consomme, le moins on pollue.

Je suis depuis toujours une maniaque de recyclage. Je recycle tout, du petit triangle coupé de la pinte de lait à l'étiquette de carton sur le pyjama neuf de Tithom. En plus du recyclage qui prend forme dans mon bac vert, je pratique d'autres formes de recyclage: le compost et les dons aux oeuvres de charité (vêtements, meubles, etc.), entre autres. N'importe quel moyen pour produire le moins de vidanges possible.

Avec un bébé, on s'entend que la consommation en général augmente. On consomme plus d'électricité, plus d'eau, plus de produits. Donc plus de vidanges. C'est fou comment des couches pleines peuvent remplir une poubelle en si peu de temps! Pour réduire les dommages, nous avions décidé d'acheter le plus de "lavable" possible. Nous utilisons donc, depuis que le nombril de Tithom est tombé, des couches de coton. Et je dois dire: c'est fantastique! Je n'en parle pas souvent, parce que pour moi, il n'y a rien de vraiment intéressant aux couches de mon fils... mais les gens semblent souvent bien intéressés par ce qu'il porte. Ça fait pas trop de lavage? Ça ne vous écoeure pas? Ça vaut vraiment la peine? Je referai un autre post là-dessus, si ça intéresse quelqu'un... Mais pour résumer, oui, pour plusieurs raisons, ça vaut la peine, selon moi.

Bref, pas plus de vidange depuis que Tithom est dans nos vies. Mais plus de compost, depuis qu'il mange (ou plutôt, gruge à moitié) des fruits, mais bon... ça, c'est une autre histoire!

Mets ça dans ta pipe, Ti-Mé!

Libellés :


Écrit par kiwi :: 2:34 PM :: 1 pelure(s)

Jeter une pelure

..................................................................................................

20 septembre 2006

Choix déchirant

Je n'ai pas l'habitude de me censurer, mais quand je sais qu'un sujet est délicat, je préfère éviter une polémique... Seulement, j'ai besoin d'en parler. Pas pour partir un débat sur la question, mais bien pour écrire ce qui pèse sur mon coeur.

La triste histoire de ma copine K a fait remonter toutes sortes de choses en moi. En fait, bien des questions auxquelles je n'avais jamais pris vraiment la peine de répondre. Je n'ai jamais eu à faire face à cette situation, j'avais donc quelque peu balayé du revers de la main cette possibilité, ne voulant simplement pas y penser. Ça n'arrive qu'aux autres? Je ne le crois plus, si c'était ce que je pensais.

Enceinte de Tithom, j'ai passé le test de clarté nucale. À ce moment-là, nous avions décidé de le passer parce que ça nous donnait l'occasion de voir le bébé une fois de plus et parce que ça nous rassurerait. Bien sûr, j'appréciais aussi le fait que le test pouvait dépister certaines malformations, mais pour moi, c'était presque secondaire. Je n'ai donc pas passé des heures à me demander ce que je ferais si les résultats étaient mauvais. Je ne voulais pas y penser, je ne voulais pas m'en faire pour rien. Je me disais attendons les résultats, nous verrons ensuite.

Les résultats étaient bons et on sait aujourd'hui que Tithom est en super santé. Mais si ça n'avait pas été le cas? Si Pépin avait été très malade? Qu'est-ce que nous aurions fait? Pour Hom et moi, la décision semblait claire: nous mettrions un terme à la grossesse. Je sais que bien des gens sont contre ces interventions. Mais je crois que c'est un choix très personnel, qui revient à chaque couple de faire. Ce n'est pas tout blanc, ni tout noir, il n'y a pas de bonne ni de mauvaise réponse. Seulement des choix différents et personnels. Selon moi, peu importe si on décide de garder le bébé ou de ne pas le garder, il y a des pours et des contres, des regrets et de la paix des deux côtés.

Pourquoi ce choix? Pourquoi détruire ce qui aurait pris des années à construire? Croyez-moi, ça n'aurait pas été facile à faire. J'en aurais eu le coeur en miettes, en bouillie même. J'aurais probablement eu beaucoup de difficulté à m'en remettre. Mais au bout du compte, je crois que nous aurions pris la bonne décision, pour nous. Un choix égoïste? Peut-être. Oui, le choix est fait, entre autres raisons, pour notre bien-être, notre zone de confort, notre vie d'adulte. Il est fait en fonction de ce que nous sommes prêts à donner en tant que parent, ce que nous sommes prêts à sacrifier, à laisser tomber, à abandonner comme rêve. Mais il est fait aussi en fonction de la qualité de vie, de ce que nous voulons donner à nos enfants. Tout le monde veut un enfant en santé, avec ce qu'il y a de meilleur. Le meilleur environnement, les meilleures conditions, le meilleur avenir. Il y a un deuil à faire, qu'on garde le bébé ou non.

Malgré tout, je suis persuadée que si nous avions eu un enfant trisomique sans le savoir auparavant, nous l'aurions aimé de tout notre coeur. Nous l'aurions accepté et accueilli, là n'est pas la question. Et je ne doute pas non-plus qu'au fond, l'enfant aurait été heureux. Mais moi, personnellement, je ne crois pas être une maman assez forte pour être mère d'un enfant de 8 ans toute ma vie. Je ne crois pas avoir la force de le faire sans un jour me sentir prisonnière, me sentir mauvaise mère, sans lui en vouloir un tout petit peu.

Même si le choix semble clair, je ne le ferais jamais facilement, je le regretterais longtemps, même si au fond de moi, je saurais que pour nous, ça aurait été le meilleur choix. Je ne juge pas les gens qui décident de garder le bébé après une tells nouvelle. Je les admire même, car je ne crois pas avoir cette fibre maternelle spéciale. C'est un amour très fort qui nous lie à nos enfants, et quand ils ont besoin de nous comme ça, toute leur vie, ça doit prendre un amour encore plus solide. Je ne juge pas non-plus les couples qui décident de mettre fin à la grossesse, car je sais que le choix est fait à reculons, que ce n'est pas un choix léger.

Ce n'est pas un choix qu'un parent devrait avoir à faire, dans un sens comme dans l'autre. Quand on décide de mettre un terme à la grossesse, c'est le deuil d'un bébé, le deuil d'une grossesse, le deuil d'un rêve qu'on doit faire. Un peu comme une fausse-couche, mais avec notre mot à dire. Et personne ne déciderait de faire une fausse-couche volontairement. Perdre un bébé, ce n'est jamais facile. Ça laisse un trou dans le coeur et le ventre bien vide. Perdre un bébé, ça détruit aussi notre naïveté, notre vision rose de la vie, notre confiance en la nature, en notre corps. Le perdre par choix, je n'ose même pas imaginer le grand trou que ça fait...

Libellés : ,


Écrit par kiwi :: 9:03 AM :: 5 pelure(s)

Jeter une pelure

..................................................................................................

24 mai 2006

Génies?

Je parlais de deux choses dans mon dernier billet: la télévision et la pression sur les enfants. J'ai fait un billet très général, de survol, sans entrer dans les détails, en liant les deux sujets. Mais bon, comme il arrive souvent avec des écrits, je vais élaborer.

Je n'ai rien contre les parents qui apprenent l'alphabet, les couleurs, les chiffres et les animaux à leurs enfants. Je n'ai jamais dit ça. J'ai utilisé l'exemple de ma marraine car il liait la télévision au développement de son enfant, ce que je trouve plutôt désolant. Tant mieux si son enfant compte jusqu'à 30, vraiment! Mais personnellement, je n'aurais aucune fierté de dire qu'il sait compter grâce à un vidéo... Je préfèrerais, et de loin, affirmer avec fierté qu'il a appris toutes ces choses avec des jeux et des comptines joyeuses avec sa maman et son papa. C'est le rôle de la télévision dans l'éducation que je remettais en cause.

De plus, je crois sincèrement qu'il y a une grande marge entre cultiver les intérêts d'un enfant et le forcer à performer. J'ai eu toutes sortes de cours étant petite, des fois, 4 ou 5 soirs par semaine, en plus de l'école: cours de dessin, d'origami, de ballet, de danse folklorique, d'origami, de patinage artistique, jeanettes et j'en passe. Je n'ai jamais senti de pression de mes parents. J'ai eu la chance de pouvoir choisir mes activités avec liberté. En petite curieuse, je les choisissais toutes! Si je voulais abandonner, je le pouvais. Et je l'ai fait. Mais je leur suis reconnaissante de m'avoir donné la chance d'explorer toutes sortes d'intérêts comme ça, sans me pousser à être la meilleure, juste à m'amuser et à faire de mon mieux. Ils m'ont encouragée et félicitée lors de spectacles de fin d'année et c'était bien assez pour la petite fille que j'étais. Ce qui me désole, ce sont les parents qui poussent leurs enfants à être plus que des enfants, ceux qui les poussent à réussir ce qu'eux n'ont pas réussi. Les exemples qui me viennent en tête sont les concours de miss beauté pour bambines et les tournois de hockey où il y a plus d'action dans les estrades que sur la patinoire. Pas les parents qui apprennent l'alphabet avec fierté à leur progéniture ou qui leur offrent de suivre des cours de musique s'ils le désirent, sans les obliger à gagner la première place du récital. Car dans ces cas-là, le succès de l'enfant n'est qu'accessoire à l'orgueil du parent.

Je ne suis pas contre toute forme de pression d'un parent. Il en faut, c'est bien normal. Entre un ancadrement sain et une pression mal placée, la ligne peut parfois être mince. Comme pour bien des choses, la modération a bien meilleur goût!

Libellés :


Écrit par kiwi :: 8:53 PM :: 9 pelure(s)

Jeter une pelure

..................................................................................................
Petit Einstein

L'autre jour, alors que je faisais l'épicerie avec Hom et Tithom, nous sommes tombés sur ma marraine d'allaitement dans l'allée des farines. Après les salutations et les brèves nouvelles, je me suis trouvée à discuter de mon travail avec elle. Je lui disais que j'avais recommencé à travailler et que je trouvais parfois difficile d'occuper Tithom le temps que je finisse un travail. À cet âge, pas grand chose ne l'intéresse encore. Enfin, jamais pour bien longtemps. Il a une fenêtre d'intérêt d'environ 15 minutes: 15 minutes de balançoire, 15 minutes d'exerciseur, 15 minutes de tapis d'éveil... Je préfèrerais m'occuper de lui à 100%, mais je ne peux pas. Je dois travailler, même si c'est seulement à temps partiel.

Elle m'a alors demandé si je connaissais les vidéos de Baby Enstein. Oh misère. Oui je connais et je suis tellement contre ça! Je suis en fait contre toute forme de télévision et d'ordinateur avant l'âge de deux ans. Mais je trouve ces vidéos complètement aliénants et débilisants. Comment rendre un bébé zombie? Faites-lui regarder la télé! Je ne comprends juste pas le principe de regarder des jouets à la télévision alors qu'il pourrait, hum, je sais pas, JOUER avec des jouets?!

Je sais que la musique aide à développer le cerveau. J'ai lu des études là-dessus, bien sûr. Et il y a toujours de la musique chez nous, sous toutes sortes de formes. Pas parce que les études le disent, mais parce que j'aime la musique et que je sais que ça ne nuit pas. Je sais aussi que la télévision a beaucoup d'effets néfastes sur le cerveau d'un bébé. J'ai lu là-dessus aussi. Donc, pas de télé pour Tithom. Je suis peut-être drastique, mais je m'en fous. C'est mon principe et j'y tiens. Je ne veux même pas entendre un commentaire du style "mon enfant a regardé la télé et il est en santé", ça ne marche pas avec moi cette manie de tout généraliser.

Bref, je lui réponds simplement que oui, je connais, mais que je ne les ai pas (c'est comme la cigarette, ça n'entre pas chez moi!). Elle me dit que je devrais lui montrer ça, qu'il va se développer avec ça. Et comme exemple, elle me dit "mon plus jeune, à 18 mois savait compter jusqu'à 30 grâce à ce vidéo!" Je lui ai dit poliment que je verrais, merci du conseil, et nous sommes partis.

Hey wow!!! Compter jusqu'à 30 à 18 mois! Vite chéri, courrons acheter le DVD! Je ne suis peut-être pas normale, mais ça ne m'impressionne tellement pas! Qu'est-ce que ça lui donne de savoir compter jusqu'à 30 à 18 mois? Arrivé à l'école, tous les enfants vont savoir compter et il n'aura pas d'avance sur les autres. Tout ce que ça lui donne en fait, c'est de pouvoir épater la gallerie, au grand plaisir de ses parents, gonflés de fierté. Et moi, les petits génies poussés par des parents trop ambitieux, ça me donne mal au coeur. Les parents ne font jamais ça pour le bien de l'enfant, ils le font pour leur propre égo, leur propre gloire. Je trouve dommage le désir de rendre un enfant plus adulte simplement pour le montrer comme un trophée. Laissons les enfants être des enfants... à leur propre rythme. Si tu n'as pas réussi à l'école, c'est dommage, mais ce n'est pas une raison de faire apprendre les capitales du mondes à ton bébé de 10 mois. Si tu as toujours rêvé de jouer au hockey, mais que tu n'as jamais été bon, ce n'est pas une assez bonne raison pour te battre dans les arénas avec les autres parents. Arrêtons de transposer nos rêves déchus sur nos enfants et laissons-les se faire leurs propres rêves. Ils ne seront enfants qu'une seule fois.

Libellés :


Écrit par kiwi :: 12:03 PM :: 8 pelure(s)

Jeter une pelure

..................................................................................................

22 janvier 2006

Le prénom

Depuis que je suis petite, j'ai une liste de prénoms que j'aime. Certains ont été éliminés au fil des années, certains sont revenus, d'autres ne sont jamais partis. Quand cette grossesse-ci nous a parue bien établie, nous avons commencé à parler prénoms, tranquilement, légèrement. J'avais déjà mes idées, mais l'opinion de Hom m'était très importante. Je devais seulement le convaincre...

Un jour, nous sommes allés nous promener à Montréal, comme nous le faisions souvent avant. Un marche sur la rue St-Denis, un détour chez Sara pour un bon pita shishtaouk, puis le retour par la rue St-Laurent et par les coins qui ont déjà été notre chez nous. Comme à l'habitude, nous sommes arrêtés à L'Échange pour bouquiner. J'ai acheté un petit roman québécois et un livre de recettes végétariennes pour bébé.

Sur le chemin du retour, Hom et moi avons eu le même élan en lisant le prénom de l'auteur du roman à voix haute. Le prénom sonnait bien à nos oreilles, on l'aimait bien. Ça tombait bien en plus, il était déjà dans ma liste!

Quand nous avons su que Pépin était un garçon, nous avons discuté un peu plus sérieusement de son prénom. Nous avons pris une liste de 500 prénoms et avons procédé à une première élimination. Nous avons rayé de la liste tous les prénoms composés (je n'aime pas ça), tous les prénoms qui sont déjà dans nos familles, tous ceux à consonnance autre que francophone et tous ceux que nous n'amions simplement pas. Après un premier balayage, il ne restait que 10 noms, sur les 500. De ces 10 noms, nous sommes graduellement passés à 5. Le prénom de l'auteur était toujours dans cette liste.

Puis, nous sommes passés à 3 prénoms. Le premier était mon préféré, mais Hom hésitait pour une drôle de raison. Je connais quelqu'un, un vieil ami de famille, qui porte ce prénom. C'est le mari d'une amie de ma mère et le père d'une de mes amies d'enfance, quelqu'un avec qui j'ai quand même grandi, mais que je ne vois plus vraiment depuis des années. Je n'associais même pas les deux, mais Hom oui et ça le fatiguait. Le deuxième était un autre de mes préférés, que j'avais dans ma liste depuis aussi loin que je me souviens. Hom ne l'aimait pas plus que ça, sans vraiment avoir de raison précise. Le troisièrme prénom était celui de l'auteur, que Hom avait en tête depuis notre promenade à Montréal. Quand il a une idée en tête, il est très difficile de le faire décrocher. Son entêtement m'enrage parfois, car il n'y a même pas moyen pour lui de considérer autre chose que ce qu'il a en tête, même si autre chose pourrait s'avérer mieux.

Pendant des mois, c'en est resté là. On ne parlait pas vraiment du prénom, on se disait que ça se déciderait quand on lui verrait la binette. Pourtant, chacun de notre côté, nous avions notre idée... Il y a quelques semaines, Hom s'est finalement décidé à me dire la vérité: il n'amait pas le prénom numéro 2. En fait, il aimait le numéro 3 depuis le début. Je m'en doutais bien! Même si je penchais plutôt pour le numéro 1, je n'ai pas du tout été difficile à convaincre. En fait, la seule raison qui me faisait en choisir un plutôt que l'autre, c'était la popularité. Je ne voulais pas d'un prénom populaire, je voulais un peu d'originalité. Mais pourquoi exactement?

Donc, depuis quelques semaines, le prénom est dirait-on choisi. Nous ne l'avons pas dit à personne, nous attendons quand même la naissance pour confirmer et l'annoncer aux gens. Au cas où il n'aurait pas un visage à porter ce prénom...

Depuis que nous avons choisi le prénom, nous nous efforçons à appeler le bébé comme ça. Ce n'est pas encore naturel pour nous, nous avions tellement pris l'habitude de l'appeler Pépin. Ça nous fait tout drôle à chaque fois qu'on s'entend dire son prénom. On rigole quand on le dit, les mains devant la bouche, comme si on venait de dévoiler un secret. Le prénom de notre fils sonne bien dans nos bouches, il lui colle bien et pourtant, nous ne l'avons pas rencontré encore.

Libellés : ,


Écrit par kiwi :: 3:09 PM :: 2 pelure(s)

Jeter une pelure

..................................................................................................

6 janvier 2006

J'ai peur, mais je suis prête

On dit que toutes les femmes ont peur, à un certain moment, à l'idée de devenir maman. Je sais que j'ai peur, depuis le début de la grossesse. Mes peurs ont changé, évolué avec le bébé. Je n'ai plus peur des mêmes choses qu'à 5, 10 et 20 semaines. Maintenant que l'accouchement approche, que le grand moment est si près, mes peurs sont très palpables. J'ai peur, mais en même temps, je ne me suis jamais sentie aussi prête.

L'accouchement
J'imagine que c'est la peur la plus courante et la plus normale. C'est inconnu et c'est inévitable. Quand je ne connais pas quelque chose et que je ne peux me pratiquer, je me tourne vers l'information. On dit que la connaissance est le pouvoir, donc je lis et je m'informe. J'ai posé des questions, lu des tonnes de témoignages, de textes, de brochures. J'ai bien écouté à mes cours prénataux. J'ai pratiqué la visualisation à tous les soirs. Je fais aller mon imagination de mon mieux, visualisant toute situation possible et impossible, essayant de voir comment je réagirais, comment je vivrais chaque étape. Et je sais concrètement que peu importe à quel point je me préparerai, peu importe à quel point mon imagination se fera aller, une fois le jour J arrivé, ça ne ressemblera à rien de tout ça. J'ai beau essayer de m'imaginer avoir mal comme je n'ai jamais eu mal, je suis convaincue qu'une fois les contractions arrivées, je trouverai que c'est bien loin de ce que je pouvais imaginer!

Au-delà de la douleur, j'ai peur que ça ne se déroule pas comme je l'aurais voulu. J'ai peur que quelque chose ne tourne pas rond, qu'il y ait un problème. J'ai peur de devoir avoir une césarienne. Même si je sais que bien des femmes passent par là et qu'on s'en remet, la césarienne me fait plus peur que l'accouchement naturel. Je tiens à un accouchement le plus naturel possible et je sais que je serais très déçue de devoir passer sur la table d'opération. Oui, le plus important, c'est la santé du bébé et la mienne. Je suis parfaitement d'acord. N'empêche que ce serait un gros rêve que je devrais laisser tomber. Sans compter que c'est une opération, que je n'aurais pas le contrôle, que je ne pourrais pas tenir mon bébé contre mon coeur dès sa naissance...

Mais ma plus grande peur, c'est que bébé ne soit pas en parfaite santé. Et cette peur, je ne peux rien faire pour la minimiser. Il n'y a pas de préparation, pas d'imagination assez forte pour ça.

Devenir maman
Ça ne s'apprend pas dans les livres, c'est bien connu. J'ai quand même beaucoup lu, essayé de me préparer à ça du mieux que je pouvais. Je ne crois pas que le fait d'avoir gardé des enfants pendant mon adolescence m'ait préparé de quelque manière que ce soit. Alors bon, je sais comment donner un bain, comment changer une couche, comment mettre un pyjama. Je sais bien des petits détails techniques. J'ai bien lu mon Mieux Vivre. Malgré tout, j'ai peur de ne pas être une bonne mère, de ne pas savoir quelle décision prendre, de ne pas être capable de gérer tout ça. J'ai peur de faire les mêmes erreurs que ma propre mère, involontairement. J'ai peur que mon enfant ne me trouve pas "cool". Je sais que ce ne sera pas toujours rose, que je serai fatiguée et irritable par moments. Je sais que ce ne sera pas facile. J'ai peur de ne pas être capable d'être maman.

Le couple
Nous sommes ensemble depuis presque 10 ans. Nous avons traversé plusieurs tempêtes ensemble. Les années d'infertilité nous encore plus rapprochés. Je sais que nous sommes forts ensemble. À deux, nous pouvons tout affronter. Un enfant, ça change la dynamique d'un couple, c'est certain. J'ai peur que ça le change trop, mais ce n'est qu'une petite peur. Je sais que nous nous ajusterons. J'ai peur qu'on s'oublie un peu, qu'on ne prenne plus le temps de passer des soirées tous les deux, comme on le faisait si souvent, tout naturellement. Je n'ai pas peur que notre couple se brise, j'ai confiance en nous et en la solidité de notre amour. J'ai seulement peur du changement, car je ne sais pas à quoi m'attendre, tout en sachant que ce sera inévitable.

Mon corps
Tout au long de la grossesse, mon corps a changé. J'ai fait de mon mieux pour le garder en forme, pour ne pas prendre trop de poids et pour rester en santé. J'ai eu la chance d'avoir une grossesse idéale, sans malaise, sans anicroche. Bien sûr, le temps a fini par me rattraper. Mes chevilles sont enflées, mon ventre est lourd, mon dos courbé... Je ne me sens plus du tout sexy. Autant qu'à 6 mois, je ne m'étais jamais senti aussi belle, aussi féminine de toute ma vie qu'aujourd'hui je me sens moche et gonflée. Je sais que mon corps ne sera plus jamais comme avant. J'ai peur de ne pas être capable de perdre les livres en trop, de ne pas être capable de prendre soin de moi et de me sentir sexy à nouveau. C'est peut-être un peu superficiel, mais me sentir bien à l'extérieur me donne confiance et m'aide à aller de l'avant.

La famille
Une peur un peu plus ridicule, celle de la famille. En fait, j'ai peur que la famille, que ce soit la mienne ou celle de Hom, soit toujours ici. J'ai peur qu'on débarque chez nous sans avertir et qu'on colle alors que je veux me reposer ou allaiter mon bébé en paix. J'ai peur de ne pas être capable de leur dire de s'en aller. J'appréhende les conseils non sollicités, les "tu devrais faire ci" et les "tu vas voir..." Je suis consciente que c'est le premier bébé de la famille, qu'ils seront tous heureux de son arrivée. Je ne veux rien leur enlever à leur bonheur de devenir grands-parents ou oncles, tantes... J'ai seulement peur d'avoir de la difficulté à tracer la ligne... Et j'ai surtout peur qu'ils ne fassent pas confiance en nos compétences de parents.


Je peux sembler angoissée comme ça, avec toutes ces peurs. Mais non. Pour moi, être consciente d'une peur, c'est l'apprivoiser et m'y préparer. Ce sont toutes des craintes normales qui viennent et qui passent. Je ne m'empêche pas de dormir avec ça, mais je préfère y faire face maintenant, à tête reposée. Penser à mes peurs, les regarder de tous les côtés, ne fait que m'aider à les affronter. Je suis zen, je suis prête, malgré la peur.

Libellés : ,


Écrit par kiwi :: 11:14 AM :: 0 pelure(s)

Jeter une pelure

..................................................................................................

 

Tous droits réservés © 2004-2008