Il était tout rouge et plissé quand on me l'a donné. Couché sur ma poitrine battante d'énergie, mon garçon me regardait avec ses grands yeux bleus. Il n'avait que quelques minutes de vie et déjà, il cherchait. Il flairait, utilisait tous ses sens nouvellement découverts pour trouver ce qui le réchaufferait et réconforterait. J'ai rapidement compris et je lui ai donné le sein sans hésiter. Goulûment , il l'a pris. Il s'y est agrippé, s'est abandonné. Et moi aussi.
Dès le départ, mon deuxième allaitement en était un d'abandon et de bonheur. Mon fils était gourmand, glouton. J'avais la confiance de celle qui n'en est pas à sa première expérience. J'avais l'assurance de celle qui savait, cette fois-ci, où elle s'en allait. Ça ne garantissait pas un bon déroulement, mais ça me permettait de mieux me diriger en cas de pépin. J'étais outillée. C'était le début d'une belle et longue histoire d'amour blanc.
Les mois, puis les années, ont passé. À deux ans, Tilou buvait encore de mon lait quotidiennement, assidûement. Il était encore accro. Il me le demandait maintenant: veux mon du lait! Mais il ne s'est jamais servi lui-même. Il était allaité seulement avant la sieste et avant le dodo. C'était nos petits moments tranquilles pour nous deux. Même si souvent il était tout, sauf relax. Tète, lâche, tète, lâche. Rigole, change de côté, gigotte, tète, lâche, tire la babine, tire les cheveux, veut regarder un livre en même temps... puis ouf, il s'abandonnait et sa tête devenait lourde, ses cheveux humides sentaient bon. Je pouvais caresser sa joue ronde, le serrer contre moi, même si ses jambes dépassaient et qu'il était devenu lourd, grand et costaud.
Si je lui demandais s'il voulait du lait de vache, il me répondait un NON dégoûté et scandalisé, comme si je lui avais proposé du lait de grenouille. S'il me voyait un sein quand je sortais de la douche, il le pointait en disant "c'est mon du lait." Ça lui appartenait.
Je n'ai jamais été tannée d'allaiter. J'en ai jamais eu assez. Mais je me doutais que je devrais faire la coupure moi-même, si je ne voulais pas l'allaiter jusqu'à l'université. J'ai essayé, brièvement, de couper le boire de la sieste. Il hurlait, m'implorait de l'allaiter. J'ai craqué après quelques jours, me disant que je pouvais bien attendre encore quelques mois. Ça changeait quoi pour moi, quelques mois de plus ou de moins? Rien, alors que pour lui, ça faisait toute une différence. Je savais qu'on devrait complètement changer notre routine si nous voulions réussir.
Le moment idéal s'est présenté sous forme de vacances en famille. Deux semaines loin de chez nous, dans un grand chalet avec les grands-parents, oncles, tantes, cousines. Nouvelle routine, nouvel environnement. Le timing était parfait. J'avais décidé longtemps à l'avance que ce serait le moment. J'ai placé cette décision loin dans ma tête, pour l'oublier un peu, espérant profiter de chaque petit moment doux qu'il nous restait.
Les vacances sont arrivées. Le premier soir, nous avons dormi à l'hôtel, à mi-chemin. Je l'ai allaité dans le lit, sans même penser que c'était ma dernière fois. Notre dernière fois. Je n'ai pas savouré autant que j'aurais voulu. Pas pris de photo. Pas immortalisé ce moment. Le lendemain soir, au chalet, je m'en suis apperçue et le coeur m'a fait mal. C'était fait. C'était fini. Je ne l'allaiterais plus jamais.
Il ne l'a pas demandé des vacances. Il n'a pas vraiment eu de difficulté à s'endormir. Ça s'est étonnament bien déroulé. Mieux pour lui que pour moi, en tout cas. J'avais de la peine, je commençais à regretter. Je me sentais méchante et égoïste.
Mais, au bout du compte, j'ai été soulagée de ne pas m'être arrêtée au dernier boire. J'aurais peut-être changé d'idée si j'avais trop pris le temps de réaliser que c'était le dernier.
À notre retour à la maison, j'ai demandé à Hom d'enlever la chaise berçante de la chambre de Tilou pour ne pas qu'il y voit un rappel de ce qu'il n'avait plus. Il n'a rien dit avant plusieurs jours. J'étais penchée vers lui pour lui mettre ses pantalons. En voyant mon décolleté dans sa figure, il m'a dit, d'un air piteux "moi veux du lait" en pointant ma poitrine de son petit doigt potelé. Mon coeur s'est tordu. Bel amour. Mais j'ai résisté. Je lui ait dit, l'air désolé, qu'il n'y en avait plus. Il n'a rien dit et est passé à autre chose.
Deux jours plus tard, alors que Tithom voulait écouter mon coeur avec son stétoscope, il a tiré mon chandail vers le bas. Tilou, appercevant le haut de mon sein, me regarde et me dit "c'est ton du lait?"
Voilà, il avait compris. Mes seins me revenaient maintenant. Ça ne lui apprtenait plus.
Quel petit bonhomme. Quelle aventure nous avons vécue. Quel bel allaitement il m'a fait vivre. Quel don je lui ai fait.
Je suis fière de ce que je lui ai donné. Mon lait, mon temps, mon coeur, mon amour. De tout ça, seul le lait s'est arrêté après 2 ans, 4 mois et 2 jours. Le reste continue et continuera toujours.
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5 novembre 2010
22 février 2010
Le début de la fin
Je n'arrivais pas à prendre la décision, à choisir le bon moment. Aucun moment ne me semblait assez bon, assez bien choisi, justement. Mais mon ventre m'appelait, m'implorait de me tourner vers lui, de passer à autre chose.
L'envie prenante, tenante, tiraillante d'un autre enfant ne m'avait pas prise dès la naissance de Tilou comme ça avait été le cas à la naissance de Tithom. J'étais moins pressée cette fois-ci. Je me sentais plus complète avec deux enfants. Je sentais moins de vide, moins de manque. Je sentais, enfin, que je pouvais "juste relaxer".*
Mais quand Tilou a eu 18 mois, qu'il a commencé la garderie à temps partiel et qu'il a commencé à se détacher un peu de moi, lui qui était un véritable koala depuis sa naissance, j'ai ressenti un petit pincement familier. Là, en bas, sous mon nombril, mon utérus se réveillait un peu et me disait que c'était à son tour.
Bien sûr, pour compliquer un peu les choses, Tilou était encore allaité et accro au sein. Pas question de boire autre chose. De plus, mon corps, au naturel, refaisait des siennes: des pertes intermittentes, agaçantes, irrégulières. Pas de cycle, pas de règles sauf une seule fois l'an dernier. Sautes d'humeur, SPM en permanence. Retour à la normale, finalement. Pour mon corps, du moins.
Donc, pour retomber enceinte, pas le choix de retourner en clinique de fertilité. Et pour ça, pas le choix de sevrer Tilou. C'était un choix que je ne voulais pas faire, mais il s'imposait. Soit je sevrais Tilou en décidant du moment, pour écouter mon système reproducteur qui m'appelait, soit je le faisait taire, laissant Tilou décider du moment par lui-même, et ainsi peut-être risquer de l'allaiter jusqu'à la maternelle.
Mais il y a peut-être deux semaines, Tilou, qui buvait 3 fois par jours, a commencé à sauter des boires sans les réclamer. Je ne lui rappelais pas, je le laissais aller. Le lendemain, il ne l'oubliait pas, donc c'était toujours à recommencer. Puis, vendredi dernier, il s'est levé tôt, pendant que je dormais encore. Il a joué avec papa, changé un peu sa routine et a oublié son boire du matin. Il ne me l'a jamais demandé. Samedi matin, même chose. Dimanche matin, il se réveillait chez ses grands-parents, alors pas de maman pour le boire. Et ce matin,pas de boire non-plus. Alors voilà. Le premier pas vers le sevrage est franchi. Un boire (sur 3) a été coupé, par Tilou. Je n'ai rien initié, mais je n'ai rien empêché non-plus.
J'ignore si les autres boires se couperont aussi facilement. J'en doute. Celui avant le dodo du soir nous est précieux à tous les deux. Il le demande très clairement, il attend ce moment avec impatience. Je vais devoir pousser un peu plus, je crois bien. Mais je ne suis pas rendue là. Pas encore. J'avance lentement vers la fin de cet allaitement, mais je n'y suis pas encore.
Je sais, pour l'avoir vécu, qu'on se remet d'un sevrage. Mais c'est quand même un petit deuil que je ne suis pas prête, aujourd'hui, à faire. Il reste 3 semaines avant ses 2 ans. Trois semaines de ce petit bonheur quotidien. Je vais le savourer. Tout comme Tilou.
* Petite inside joke d'infertile. ;)
L'envie prenante, tenante, tiraillante d'un autre enfant ne m'avait pas prise dès la naissance de Tilou comme ça avait été le cas à la naissance de Tithom. J'étais moins pressée cette fois-ci. Je me sentais plus complète avec deux enfants. Je sentais moins de vide, moins de manque. Je sentais, enfin, que je pouvais "juste relaxer".*
Mais quand Tilou a eu 18 mois, qu'il a commencé la garderie à temps partiel et qu'il a commencé à se détacher un peu de moi, lui qui était un véritable koala depuis sa naissance, j'ai ressenti un petit pincement familier. Là, en bas, sous mon nombril, mon utérus se réveillait un peu et me disait que c'était à son tour.
Bien sûr, pour compliquer un peu les choses, Tilou était encore allaité et accro au sein. Pas question de boire autre chose. De plus, mon corps, au naturel, refaisait des siennes: des pertes intermittentes, agaçantes, irrégulières. Pas de cycle, pas de règles sauf une seule fois l'an dernier. Sautes d'humeur, SPM en permanence. Retour à la normale, finalement. Pour mon corps, du moins.
Donc, pour retomber enceinte, pas le choix de retourner en clinique de fertilité. Et pour ça, pas le choix de sevrer Tilou. C'était un choix que je ne voulais pas faire, mais il s'imposait. Soit je sevrais Tilou en décidant du moment, pour écouter mon système reproducteur qui m'appelait, soit je le faisait taire, laissant Tilou décider du moment par lui-même, et ainsi peut-être risquer de l'allaiter jusqu'à la maternelle.
Mais il y a peut-être deux semaines, Tilou, qui buvait 3 fois par jours, a commencé à sauter des boires sans les réclamer. Je ne lui rappelais pas, je le laissais aller. Le lendemain, il ne l'oubliait pas, donc c'était toujours à recommencer. Puis, vendredi dernier, il s'est levé tôt, pendant que je dormais encore. Il a joué avec papa, changé un peu sa routine et a oublié son boire du matin. Il ne me l'a jamais demandé. Samedi matin, même chose. Dimanche matin, il se réveillait chez ses grands-parents, alors pas de maman pour le boire. Et ce matin,pas de boire non-plus. Alors voilà. Le premier pas vers le sevrage est franchi. Un boire (sur 3) a été coupé, par Tilou. Je n'ai rien initié, mais je n'ai rien empêché non-plus.
J'ignore si les autres boires se couperont aussi facilement. J'en doute. Celui avant le dodo du soir nous est précieux à tous les deux. Il le demande très clairement, il attend ce moment avec impatience. Je vais devoir pousser un peu plus, je crois bien. Mais je ne suis pas rendue là. Pas encore. J'avance lentement vers la fin de cet allaitement, mais je n'y suis pas encore.
Je sais, pour l'avoir vécu, qu'on se remet d'un sevrage. Mais c'est quand même un petit deuil que je ne suis pas prête, aujourd'hui, à faire. Il reste 3 semaines avant ses 2 ans. Trois semaines de ce petit bonheur quotidien. Je vais le savourer. Tout comme Tilou.
* Petite inside joke d'infertile. ;)
19 janvier 2010
Mal-sein? Pas pour nous.
Vient un temps où les gens changent de regard. Vient un temps où on ne voit plus un simple geste d'amour comme étant naturel et bon, mais comme quelque chose de dérangeant, même dévié. On me le demande avec incrédulité et parfois un peu de dédain:
- L'allaites-tu encore??
Oui, j'allaite encore Tilou. Il a eu 22 mois la semaine dernière et il ne boit que de mon lait, encore. Je ne comprends pas ce qui puisse être si dérangeant là-dedans. Je ne comprends pas que lorsque l'allaitement se prolonge au-delà de 12 mois (et même 6 mois pour bien des gens), ça devienne soudainement déplacé. Je n'ai pas besoin de rappeler que l'Organisation mondiale de la santé, l'Unicef et l'Odre des pédiatres recommandent l'allaitement maternel sur une période de deux ans minimum. Je ne devrais même pas avoir besoin de justifier mon geste.
Je ne juge pas celles qui allaitent 3, 6 ou 12 mois. Je ne juge même pas celles qui n'allaitent pas! Ça les regarde. L'allaitement est très personnel et je sais très bien que ce n'est pas possible pour tout le monde. Je sais aussi que ce ne sont pas toutes les mamans qui aiment ça et que ce ne sont pas tous les bébés qui sont accros. Ce qui me fatigue, en fait, c'est de me faire regarder comme un énergumène parce que j'allaite encore mon fils même s'il mange, a des dents, marche et parle. Ça regarde qui, au juste? Ça dérange qui, exactement? Est-ce une jalousie enfoncée et mal placée? Est-ce un réel malaise par rapport à quelque chose d'encore méconnu (donc tabou)? Est-ce un manque d'information ou d'ouverture?
Je dois spécifier que je n'ai jamais laissé mon fils se servir lui-même. Je ne l'ai jamais laissé tirer sur mon chandail. Je ne l'allaite même plus en public. Pas parce que j'ai honte, mais parce qu'il est trop curieux et ne voudrait pas boire de toute façon. Notre allaitement est intime, pour nous, entre nous. Je l'allaite peut-être 3 ou 4 fois dans une journée. C'est notre moment de détente, notre 5 minutes de pause, de silence, de tendresse. C'est souvent le seul temps que je prends pour m'asseoir et ne rien faire d'autre que regarder mon coquin dans les yeux. C'est ce qui commence nos journées et termine les siennes. C'est un don que je peux faire, que j'aime encore faire et dont je suis fière. Oui, je le fais aussi pour moi, mais mon fils en retire encore des bénifices. Ça n'a rien de sexuel, rien de dévié, rien de déplacé. Si des gens croient le contraire, c'est qu'ils sont bien mal informés. Ou mal intentionnés.
J'ai la chance de travailler de la maison, de pouvoir envoyer mon fils à la garderie seulement à temps partiel. Ça me permet de continuer l'allaitement alors que pour bien des mamans, le retour au travail équivaut automatiquement au sevrage. J'ai la chance d'avoir un allaitement facile, aussi. Je ne verrais pas pourquoi un enfant qui a 1 an (ou des dents, selon certains) devrait automatiquement être sevré et boire du lait de vache.Je ne verrais pas pourquoi tous les bébés devraient être sevré au même âge. Certains marchent plus tard, d'autres ont une suce jusqu'à 3 ans ou boivent au biberon longtemps. Pourquoi certains n'auraient pas le droit de boire au sein au-delà de leur premier anniversaire?
Mon fils n'a jamais voulu de bouteille ni de lait de vache, depuis les tout débuts. Nous essayons encore régulièrement, sans succès. Chaud, froid, tiède, dans différents récipients, à différents moments, donné par différentes personnes. Nous avons même essayé avec de la poudre au chocolat, du lait de soya à différentes saveurs, du lait de riz. Rien. Il ne veut que mon lait. S'il n'en a pas, il s'en passe, tout simplement, sans crise (si je ne suis pas là, bien sûr). Ça ne nous a donc jamais empêchés de sortir, ni même de le faire garder toute une nuit. Mais je ne pourrai pas dire que mon fils se sera sevré de lui-même parce qu'il a soudainement préféré le lait dans un verre plutôt qu'au sein. Non. Quand il sera sevré, la décision sera venue de moi.
Et pour le moment, encore, je n'arrive pas à la prendre. Mais ça viendra. Je sais très bien. Ça s'en vient doucement. Toute bonne chose a une fin, non?
- L'allaites-tu encore??
Oui, j'allaite encore Tilou. Il a eu 22 mois la semaine dernière et il ne boit que de mon lait, encore. Je ne comprends pas ce qui puisse être si dérangeant là-dedans. Je ne comprends pas que lorsque l'allaitement se prolonge au-delà de 12 mois (et même 6 mois pour bien des gens), ça devienne soudainement déplacé. Je n'ai pas besoin de rappeler que l'Organisation mondiale de la santé, l'Unicef et l'Odre des pédiatres recommandent l'allaitement maternel sur une période de deux ans minimum. Je ne devrais même pas avoir besoin de justifier mon geste.
Je ne juge pas celles qui allaitent 3, 6 ou 12 mois. Je ne juge même pas celles qui n'allaitent pas! Ça les regarde. L'allaitement est très personnel et je sais très bien que ce n'est pas possible pour tout le monde. Je sais aussi que ce ne sont pas toutes les mamans qui aiment ça et que ce ne sont pas tous les bébés qui sont accros. Ce qui me fatigue, en fait, c'est de me faire regarder comme un énergumène parce que j'allaite encore mon fils même s'il mange, a des dents, marche et parle. Ça regarde qui, au juste? Ça dérange qui, exactement? Est-ce une jalousie enfoncée et mal placée? Est-ce un réel malaise par rapport à quelque chose d'encore méconnu (donc tabou)? Est-ce un manque d'information ou d'ouverture?
Je dois spécifier que je n'ai jamais laissé mon fils se servir lui-même. Je ne l'ai jamais laissé tirer sur mon chandail. Je ne l'allaite même plus en public. Pas parce que j'ai honte, mais parce qu'il est trop curieux et ne voudrait pas boire de toute façon. Notre allaitement est intime, pour nous, entre nous. Je l'allaite peut-être 3 ou 4 fois dans une journée. C'est notre moment de détente, notre 5 minutes de pause, de silence, de tendresse. C'est souvent le seul temps que je prends pour m'asseoir et ne rien faire d'autre que regarder mon coquin dans les yeux. C'est ce qui commence nos journées et termine les siennes. C'est un don que je peux faire, que j'aime encore faire et dont je suis fière. Oui, je le fais aussi pour moi, mais mon fils en retire encore des bénifices. Ça n'a rien de sexuel, rien de dévié, rien de déplacé. Si des gens croient le contraire, c'est qu'ils sont bien mal informés. Ou mal intentionnés.
J'ai la chance de travailler de la maison, de pouvoir envoyer mon fils à la garderie seulement à temps partiel. Ça me permet de continuer l'allaitement alors que pour bien des mamans, le retour au travail équivaut automatiquement au sevrage. J'ai la chance d'avoir un allaitement facile, aussi. Je ne verrais pas pourquoi un enfant qui a 1 an (ou des dents, selon certains) devrait automatiquement être sevré et boire du lait de vache.Je ne verrais pas pourquoi tous les bébés devraient être sevré au même âge. Certains marchent plus tard, d'autres ont une suce jusqu'à 3 ans ou boivent au biberon longtemps. Pourquoi certains n'auraient pas le droit de boire au sein au-delà de leur premier anniversaire?
Mon fils n'a jamais voulu de bouteille ni de lait de vache, depuis les tout débuts. Nous essayons encore régulièrement, sans succès. Chaud, froid, tiède, dans différents récipients, à différents moments, donné par différentes personnes. Nous avons même essayé avec de la poudre au chocolat, du lait de soya à différentes saveurs, du lait de riz. Rien. Il ne veut que mon lait. S'il n'en a pas, il s'en passe, tout simplement, sans crise (si je ne suis pas là, bien sûr). Ça ne nous a donc jamais empêchés de sortir, ni même de le faire garder toute une nuit. Mais je ne pourrai pas dire que mon fils se sera sevré de lui-même parce qu'il a soudainement préféré le lait dans un verre plutôt qu'au sein. Non. Quand il sera sevré, la décision sera venue de moi.
Et pour le moment, encore, je n'arrive pas à la prendre. Mais ça viendra. Je sais très bien. Ça s'en vient doucement. Toute bonne chose a une fin, non?
7 mai 2009
Pourquoi arrêter si ça fonctionne bien?
Il y a quelques semaines, j'ai battu mon record d'allaitement. Je m'étais en quelque sorte fixé cet objectif: allaiter Tilou au moins aussi longtemps que son grand frère. Tithom avait 13 mois et 4 jours quand je lui ai donné le sein pour la dernière fois. Tilou aura 14 mois dans une semaine et aucun signe de sevrage en vue. Je peux donc dire que j'ai dépassé mon objectif! Et ça continue!
Je suis très fière de mon allaitement avec Tilou. Ça s'est bien déroulé dès le début. J'étais beaucoup plus calme et confiante, mais surtout, plus expérimentée. Par ce que j'avais vécu avec Tithom, mais aussi par ce que j'avais vécu en tant que marraine d'allaitement.
Par contre, une chose que je n'avais pas vécu avec Tithom, c'était à quel point la perception des gens change quand l'allaitement dépasse un an. Je ne comprends pas pourquoi ça dérange autant, encore aujourd'hui. Bon, ce n'est pas la majorité des gens. Je suis chanceuse d'être bien entourée et respectée. Mais j'ai plus souvent qu'avant des remarques du genre: "et puis, quand penses-tu le sevrer?" ou "est-ce qu'il prend bien le biberon?" comme si ça allait de soi qu'un bébé de plus d'un an buvait automatiquement au biberon.
Qu'on s'entende, je n'ai rien contre la bouteille et le lait artificiel. Je sais qu'ils sont là pour une raison. Mais je ne vois pas en quoi ça regarde les gens de savoir comment mon fils consomme son lait (directement de la source, merci!) et je ne vois certainement pas où il devrait y avoir un problème. L'OMS et l'Unicef recommandent un allaitement d'une durée minimum de 2 ans. Je suis consciente que ce ne soit pas réaliste pour bien des mamans, pour diverses raisons (dont le retour au travail). Mais j'ai la chance d'être à la maison avec mes fils, de pouvoir lui donner ça. Et surtout, j'ai la chance de vivre un allaitement super facile. Je n'ose pas le dire trop fort, parce que je ne veux pas que les mamans moisn chanceuses se sentent mal, mais c'est pourtant vrai. C'est si facile, si doux et agréable avec Tilou que je ne verrais pas pourquoi j'arrêterais tout d'un coup. Je n'ai aucune raison de le sevrer et il ne semble pas du tout intérerssé par d'autre lait. Alors nous continuons notre belle aventure en essayant de ne pas s'occuper de l'opinion d'autrui.
C'est plus facile à dire qu'à faire.
Je suis marraine d'allaitement, après tout. Je fais du bénévolat pour un groupe de soutien en allaitement. Nous supportons une cause. Nous croyons en notre cause et c'est presque devenu une deuxième nature que de défendre l'allaitement (sans toutefois tomber dans la culpabilisation de celles qui ont fait un choix différent, peu importe la raison). C'est difficile pour moi de ne pas répondre "et pourquoi pas?" à quelqu'un qui me demande pourquoi j'allaite encore mon fils. Que cette personne me donne une seule raison valable, qui coïncide à MES valeurs. Que cette personne m'explique pourquoi ce qu'elle considère comme la norme devrait être MA norme. Je n'impose pas mes valeurs aux autres, j'ose espérer que les autres feront de même.
Mon fils est très attaché à moi et moi à lui. Mon fils aime téter et j''aime l'allaiter. Mon fils ne boit que mon lait et je ne me sens pas prise au piège par cette préférence. Mon lait est encore bon pour lui, allaiter est encore bon pour moi. C'est encore rapide, simple, agréable. Il ne boit plus la nuit depuis des mois. Il tète un petit 5 minutes, quelques fois par jour. Voulez-vous bien me dire il est où, le problème?
C'est ce que je disais. Je n'en vois aucun.
Je suis très fière de mon allaitement avec Tilou. Ça s'est bien déroulé dès le début. J'étais beaucoup plus calme et confiante, mais surtout, plus expérimentée. Par ce que j'avais vécu avec Tithom, mais aussi par ce que j'avais vécu en tant que marraine d'allaitement.
Par contre, une chose que je n'avais pas vécu avec Tithom, c'était à quel point la perception des gens change quand l'allaitement dépasse un an. Je ne comprends pas pourquoi ça dérange autant, encore aujourd'hui. Bon, ce n'est pas la majorité des gens. Je suis chanceuse d'être bien entourée et respectée. Mais j'ai plus souvent qu'avant des remarques du genre: "et puis, quand penses-tu le sevrer?" ou "est-ce qu'il prend bien le biberon?" comme si ça allait de soi qu'un bébé de plus d'un an buvait automatiquement au biberon.
Qu'on s'entende, je n'ai rien contre la bouteille et le lait artificiel. Je sais qu'ils sont là pour une raison. Mais je ne vois pas en quoi ça regarde les gens de savoir comment mon fils consomme son lait (directement de la source, merci!) et je ne vois certainement pas où il devrait y avoir un problème. L'OMS et l'Unicef recommandent un allaitement d'une durée minimum de 2 ans. Je suis consciente que ce ne soit pas réaliste pour bien des mamans, pour diverses raisons (dont le retour au travail). Mais j'ai la chance d'être à la maison avec mes fils, de pouvoir lui donner ça. Et surtout, j'ai la chance de vivre un allaitement super facile. Je n'ose pas le dire trop fort, parce que je ne veux pas que les mamans moisn chanceuses se sentent mal, mais c'est pourtant vrai. C'est si facile, si doux et agréable avec Tilou que je ne verrais pas pourquoi j'arrêterais tout d'un coup. Je n'ai aucune raison de le sevrer et il ne semble pas du tout intérerssé par d'autre lait. Alors nous continuons notre belle aventure en essayant de ne pas s'occuper de l'opinion d'autrui.
C'est plus facile à dire qu'à faire.
Je suis marraine d'allaitement, après tout. Je fais du bénévolat pour un groupe de soutien en allaitement. Nous supportons une cause. Nous croyons en notre cause et c'est presque devenu une deuxième nature que de défendre l'allaitement (sans toutefois tomber dans la culpabilisation de celles qui ont fait un choix différent, peu importe la raison). C'est difficile pour moi de ne pas répondre "et pourquoi pas?" à quelqu'un qui me demande pourquoi j'allaite encore mon fils. Que cette personne me donne une seule raison valable, qui coïncide à MES valeurs. Que cette personne m'explique pourquoi ce qu'elle considère comme la norme devrait être MA norme. Je n'impose pas mes valeurs aux autres, j'ose espérer que les autres feront de même.
Mon fils est très attaché à moi et moi à lui. Mon fils aime téter et j''aime l'allaiter. Mon fils ne boit que mon lait et je ne me sens pas prise au piège par cette préférence. Mon lait est encore bon pour lui, allaiter est encore bon pour moi. C'est encore rapide, simple, agréable. Il ne boit plus la nuit depuis des mois. Il tète un petit 5 minutes, quelques fois par jour. Voulez-vous bien me dire il est où, le problème?
C'est ce que je disais. Je n'en vois aucun.
7 avril 2009
Ce que je fais, à 4h du matin
Cette nuit, je voguais entre le sommeil et l'éveil. Je ne dormais pas tout à fait, sans pour autant être vraiment réveillée. Mais quelque chose clochait. Pourquoi est-ce que je ne dormais pas? C'est ce que la plupart des gens font, à 4h du matin, non?
Je grelottais, j'étais complètement congelée, mais mon visage bouillait. Vraiment, quelque chose clochait. À moitié endormie, j'ai instinctivement porté ma main à mon sein. Je connaissais ce malaise, j'avais un doute sur son origine. Et oui, je la sentais bien. Une belle grosse bosse douloureuse sur mon sein droit, qui bouillait lui aussi. Merde. Une mastite.
J'ai tant bien que mal poussé les couvertures pour aller à la salle de bain essayer de vider mon sein engorgé. Je tremblais, j'avais froid et chaud et faim et mal au coeur tout en même temps. J'ai pris des comprimés d'ibuprofène et un verre d'eau, puis j'ai tenté les manoeuvres de désengorgement. Vous dire que les forces me manquaient, même pour tirer du lait, ça vous montre à quel point j'étais faible. Rien ne sortait. Ma tête était lourde, je me sentais vraiment, vraiment mal. Puis, mes jambes ont cédé sous moi. Je me suis rapidement assise par terre, de peur de perdre connaissance. Je me sentais seule et mal et je voulais tellement dormir.
J'ai pratiquement rampé jusqu'à mon lit. Tant pis pour le désengorgement, je m'en occuperais plus tard. Là, je devais m'étendre et dormir. Dormir et dormir.
J'ai à peine fermé les yeux (en tout cas, c'est l'impression que j'ai eu) que Tithom se levait. Je lui ai allumé la télé et je suis allée me recoucher. Comme on dit an anglais "desperate times need desperate measures". J'ai pu gagner une heure de sommeil de plus, jusqu'à ce que Tilou se réveille. Et me vide le sein. Sauf la bosse, qui s'obstinait à ne pas diminuer.
Je me surprends moi-même. Une mastite après 12 mois d'allaitement, il me semble que ce n'est pas courant. Je sais que je suis très fatiguée ces temps-ci et que Tilou n'a pas bien bu ces derniers jours (dents? rhume? curiosité?). N'empêche, je m'en serais bien passée. Heureusement, je savais quoi faire et ce soir, ça semble déjà aller mieux. La bosse et les rougeurs sont toujours là, mais la fièvre, les frissons, la faiblesse et les nausées ne le sont plus. Je crois donc, encore une fois, m'en être sortie sans antibiotique. Je continue la valse de comprimés, chaleur, repos (re quoi?) et désengorgement, en espérant mettre tout ça derrière moi très rapidement.
J'ai beau adorer allaiter, il y a des côtés qui me plaisent moins. Comme me réveiller avec un sein en feu à 4h du matin. Mais ça, ça doit être juste moi.
Je grelottais, j'étais complètement congelée, mais mon visage bouillait. Vraiment, quelque chose clochait. À moitié endormie, j'ai instinctivement porté ma main à mon sein. Je connaissais ce malaise, j'avais un doute sur son origine. Et oui, je la sentais bien. Une belle grosse bosse douloureuse sur mon sein droit, qui bouillait lui aussi. Merde. Une mastite.
J'ai tant bien que mal poussé les couvertures pour aller à la salle de bain essayer de vider mon sein engorgé. Je tremblais, j'avais froid et chaud et faim et mal au coeur tout en même temps. J'ai pris des comprimés d'ibuprofène et un verre d'eau, puis j'ai tenté les manoeuvres de désengorgement. Vous dire que les forces me manquaient, même pour tirer du lait, ça vous montre à quel point j'étais faible. Rien ne sortait. Ma tête était lourde, je me sentais vraiment, vraiment mal. Puis, mes jambes ont cédé sous moi. Je me suis rapidement assise par terre, de peur de perdre connaissance. Je me sentais seule et mal et je voulais tellement dormir.
J'ai pratiquement rampé jusqu'à mon lit. Tant pis pour le désengorgement, je m'en occuperais plus tard. Là, je devais m'étendre et dormir. Dormir et dormir.
J'ai à peine fermé les yeux (en tout cas, c'est l'impression que j'ai eu) que Tithom se levait. Je lui ai allumé la télé et je suis allée me recoucher. Comme on dit an anglais "desperate times need desperate measures". J'ai pu gagner une heure de sommeil de plus, jusqu'à ce que Tilou se réveille. Et me vide le sein. Sauf la bosse, qui s'obstinait à ne pas diminuer.
Je me surprends moi-même. Une mastite après 12 mois d'allaitement, il me semble que ce n'est pas courant. Je sais que je suis très fatiguée ces temps-ci et que Tilou n'a pas bien bu ces derniers jours (dents? rhume? curiosité?). N'empêche, je m'en serais bien passée. Heureusement, je savais quoi faire et ce soir, ça semble déjà aller mieux. La bosse et les rougeurs sont toujours là, mais la fièvre, les frissons, la faiblesse et les nausées ne le sont plus. Je crois donc, encore une fois, m'en être sortie sans antibiotique. Je continue la valse de comprimés, chaleur, repos (re quoi?) et désengorgement, en espérant mettre tout ça derrière moi très rapidement.
J'ai beau adorer allaiter, il y a des côtés qui me plaisent moins. Comme me réveiller avec un sein en feu à 4h du matin. Mais ça, ça doit être juste moi.
10 septembre 2008
Allaiter mon deuxième
Quand Tithom était bébé, je ne me faisais pas trop d'attentes face à l'allaitement. J'espérais allaiter longtemps, mais je ne savais pas à quoi m'attendre. Je préférais donc y aller au jour le jour. À la naissance de Tithom, je disais vouloir allaiter au moins trois mois, idéalement six. À six mois, je disais espérer me rendre à 12, mais ne pas trop y croire. Ça semblait tellement ambitieux! Et puis finalement, je me suis rendue à 13 mois avant que l'appel de la bédaine (et dans mon cas, des hormones synthétiques) soit trop fort pour le faire taire.
Avant de complètement sevrer Tithom, je suis devenue maraine d'allaitement. Je le suis toujours, car la cause me tient à coeur. Je sais à quel point l'aide et le soutien peuvent être importants. Je sais à quel point comment le soutien peut même jouer un rôle crucial pour certaines nouvelles mamans aux prises avec des problèmes d'allaitement. Je me souviens des premiers jours, à mon retour de l'hôpital après la naissance de Tithom. Je me souviens de mon désarroi, de mon impression d'incompétence et d'impuissance devant la grève de la tétée de mon fils. Je me souviens des larmes, de la frustration, de la déception. Mais surtout, je me souviens de l'aide que je suis allée chercher, des conseils précieux et de la patience de celles qui m'ont soutenue. Je n'étais pas près d'abandonner, mais je n'en menais pas large. Je n'aurais pas enduré la situation bien longtemps sans ces femmes.
Enceinte de Tilou, je n'avais plus de crainte ni d'apréhension face à l'allaitement. Allaiter un deuxième, ça me semblait bien moins mystérieux et stressant qu'un premier bébé. Je savais à quoi m'attendre, je savais ce dont j'étais capable. Je savais, pour l'avoir vécu, que ça devenait même facile. Et surtout, je savais où aller chercher de l'aide en cas de besoin.
Je n'ai pas eu besoin d'aide. Les quelques minuscules problèmes que j'ai eu, j'ai su les résoudre grâce à mon expérience (de maman et de maraine). Tilou est un champion téteux et j'en suis ravie. Je sais que je suis chanceuse, surtout après avoir eu plusieurs filleules avec de gros problèmes. Certaines ont fini par les résoudre, d'autres non. Certaines se sont battues plus que d'autres. La bataille qu'on mène est personnelle et, souvent, proportionnelle à notre conviction.
J'en suis presque (déjà!) rendue à 6 mois d'allaitement. Alors qu'à Tithom, je changeais mon objectif au fur et à mesure que le temps passait, aujourd'hui, je ne le change plus. Mon objectif: allaiter aussi longtemps que Tilou le voudra et que je m'y sentirai à l'aise.
Ces 6 premiers mois d'allaitement ont passé comme dans du beurre. À Tithom, je me félicitais à chaque mois. Maintenant, je ne m'en apperçois même plus. Ça fait tellement partie de moi, de nous, de notre dynamique que je n'ai pas pris le temps de vraiment m'y arrêter avant. Six mois d'allaitement (exclusif à part ça!), ce n'est pourtant pas rien. C'est un minimum (non négligeable) que bien des nouvelles mamans se fixent. Ça semble si loin, quand c'est notre premier bébé qui vient de naître et qu'on apprend à allaiter par essais et erreurs. Mais cette fois-ci, ça me semble si court!
Allaiter mon deuxième bébé, je trouve ça plus doux, plus naturel qu'allaiter mon premier bébé alors que je ne connaissais rien. Ça vient tout seul, sans stress, sans calcul, sans horloge. Les gens me demandent combien de fois j'allaite dans une journée et je ne sais jamais quoi répondre tellement je n'y porte pas attention. Six, huit fois? Je ne sais pas... C'est comme me faire demander combien de fois j'ai cligné des yeux. C'est presque devenu un réflexe!
Avant de complètement sevrer Tithom, je suis devenue maraine d'allaitement. Je le suis toujours, car la cause me tient à coeur. Je sais à quel point l'aide et le soutien peuvent être importants. Je sais à quel point comment le soutien peut même jouer un rôle crucial pour certaines nouvelles mamans aux prises avec des problèmes d'allaitement. Je me souviens des premiers jours, à mon retour de l'hôpital après la naissance de Tithom. Je me souviens de mon désarroi, de mon impression d'incompétence et d'impuissance devant la grève de la tétée de mon fils. Je me souviens des larmes, de la frustration, de la déception. Mais surtout, je me souviens de l'aide que je suis allée chercher, des conseils précieux et de la patience de celles qui m'ont soutenue. Je n'étais pas près d'abandonner, mais je n'en menais pas large. Je n'aurais pas enduré la situation bien longtemps sans ces femmes.
Enceinte de Tilou, je n'avais plus de crainte ni d'apréhension face à l'allaitement. Allaiter un deuxième, ça me semblait bien moins mystérieux et stressant qu'un premier bébé. Je savais à quoi m'attendre, je savais ce dont j'étais capable. Je savais, pour l'avoir vécu, que ça devenait même facile. Et surtout, je savais où aller chercher de l'aide en cas de besoin.
Je n'ai pas eu besoin d'aide. Les quelques minuscules problèmes que j'ai eu, j'ai su les résoudre grâce à mon expérience (de maman et de maraine). Tilou est un champion téteux et j'en suis ravie. Je sais que je suis chanceuse, surtout après avoir eu plusieurs filleules avec de gros problèmes. Certaines ont fini par les résoudre, d'autres non. Certaines se sont battues plus que d'autres. La bataille qu'on mène est personnelle et, souvent, proportionnelle à notre conviction.
J'en suis presque (déjà!) rendue à 6 mois d'allaitement. Alors qu'à Tithom, je changeais mon objectif au fur et à mesure que le temps passait, aujourd'hui, je ne le change plus. Mon objectif: allaiter aussi longtemps que Tilou le voudra et que je m'y sentirai à l'aise.
Ces 6 premiers mois d'allaitement ont passé comme dans du beurre. À Tithom, je me félicitais à chaque mois. Maintenant, je ne m'en apperçois même plus. Ça fait tellement partie de moi, de nous, de notre dynamique que je n'ai pas pris le temps de vraiment m'y arrêter avant. Six mois d'allaitement (exclusif à part ça!), ce n'est pourtant pas rien. C'est un minimum (non négligeable) que bien des nouvelles mamans se fixent. Ça semble si loin, quand c'est notre premier bébé qui vient de naître et qu'on apprend à allaiter par essais et erreurs. Mais cette fois-ci, ça me semble si court!
Allaiter mon deuxième bébé, je trouve ça plus doux, plus naturel qu'allaiter mon premier bébé alors que je ne connaissais rien. Ça vient tout seul, sans stress, sans calcul, sans horloge. Les gens me demandent combien de fois j'allaite dans une journée et je ne sais jamais quoi répondre tellement je n'y porte pas attention. Six, huit fois? Je ne sais pas... C'est comme me faire demander combien de fois j'ai cligné des yeux. C'est presque devenu un réflexe!
5 mars 2007
Notre belle histoire prend fin
J'avais longtemps rêvé de la grossesse, mais je n'avais jamais osé rêver de l'allaitement. Quand je l'ai vécu, je ne pouvais même pas dire que c'était un rêve devenu réalité, même si c'était tout comme. L'allaitement était pour moi une continuation de la grossesse, qui en soi était, pour moi, un miracle.
Les premiers jours, à l'hôpital, tout allait bien. Bébé buvait les poings fermés, collé contre mon ventre. Il s'abandonnait complètement et j'étais émerveillée de le regarder se remplir le ventre de mon lait. MON lait.
De retour à la maison, les choses se sont corsées. Tithom refusait le sein, ça coulait bien trop vite et fort! Mon coeur se brisait quand je voyais mon fils refuser mon sein. Je tirais mon lait et son papa lui donnait à la seringue. J'étais découragée, déprimée, je lui en voulais presque de ne pas téter. Et je me sentais coupable de lui en vouloir. Trop d'hormones, de fatigue, de pleurs en même temps. J'étais amère, mais déterminée malgré tout. Abandonner ne fait pas partie de ma nature. J'ai été persévérante et j'ai bien fait. Tithom a repris le sein et tout s'est replacé.
On dit que les 6 premières semaines sont difficiles, mais qu'après, tout se place. Et c'était vrai pour nous aussi. Nous avons eu plein de belles petites habitudes, qui ont évolué au rhytme de l'allaitement. Alors qu'au début, je n'arrivais à allaiter que coucher, j'ai vite développé une routine avec le coussin d'allaitement. Dans les premiers mois, j'arrivais même à lire ou à faire un Sudoku pendant un boire!
Tithom s'endormait presque toujours au sein. Je le prenais, saoul de mon lait, le plaçais la joue contre mon épaule pour lui faire faire un rot. Il ronflait, bien repus, les cheveux tout ébourriffés. Il plaçait sa petite main bien au chaud dans ma craque de seins, ou il tenait fermement mon chandail. Cette craque de seins, d'ailleurs, a servi plus souvent qu'à son tour de réceptacle à lait régurgité. Dégueulasse, mais on finit par s'habituer à ça aussi!
Plus Tithom vieillissait, plus notre routine se stabilisait. Il buvait à des heures régulières. Chaque boire durait 15 minutes en tout. Il faisait ses nuits. Il jouait avec mes cheveux, mon dos, mon bras, mon chandail. Il me regardait, rigolait, me souriait avec le sein en bouche.
Puis, il est aussi devenu moins doux, tirait mes cheveux, entrait ses doigts dans mon nez, ma bouche, tirait ma babine, griffait ma joue, me mordait. Allaiter n'était plus un petit moment de détente, de tendresse comme avant. C'était parfois même un bataille. Bébé voulait bouger, voir le monde et n'était pas assez patient pour tenir en place, collé contre maman, même si ça lui donnait du lait.
Le sevrage a été difficile à amorcer, mais une fois les deux premiers boires coupés, le reste a suivi facilement. J'ai gardé le dernier boire, celui du matin, plusieurs mois, n'étant pas prête à faire la coupure définitive.
Hier matin, notre belle histoire a pris fin. J'ai allaité mon fils pour la dernière fois, le coeur serré, mais la tête fière. J'avais les yeux pleins d'eau, le coeur gros et je lui ai caressé les cheveux pendant qu'il buvait de mon lait pour la dernière fois.
Au départ, je disais que je voulais allaiter 3 mois, idéalement 6. Puis, je disais 6 mois... 9 mois ce serait bien, 12 mois ce serait merveilleux, mais je n'y crois pas. Aujourd'hui, je regarde en arrière pour pouvoir conclure tout ça avec fierté. Six mois d'allaitement exclusif, puis 3 autres mois à temps plein avant d'introduire le lait artificiel et faire un allaitement mixte de 9 à 13 mois. Je suis fière de ce que j'ai donné, de ce que nous avons vécu. Je garde précieusement tous les beaux souvenirs d'allaitement que j'ai avec Tithom dans mon coeur. Ce coeur, il a mal aujourd'hui, mais je sais que ça passera.
Allaiter me manquera. J'ose espérer pouvoir revivre une autre belle histoire comme celle-là avec un deuxième bébé. Mais ce ne sera jamais plus avec Tithom.

Le dernier boire...
Les premiers jours, à l'hôpital, tout allait bien. Bébé buvait les poings fermés, collé contre mon ventre. Il s'abandonnait complètement et j'étais émerveillée de le regarder se remplir le ventre de mon lait. MON lait.
De retour à la maison, les choses se sont corsées. Tithom refusait le sein, ça coulait bien trop vite et fort! Mon coeur se brisait quand je voyais mon fils refuser mon sein. Je tirais mon lait et son papa lui donnait à la seringue. J'étais découragée, déprimée, je lui en voulais presque de ne pas téter. Et je me sentais coupable de lui en vouloir. Trop d'hormones, de fatigue, de pleurs en même temps. J'étais amère, mais déterminée malgré tout. Abandonner ne fait pas partie de ma nature. J'ai été persévérante et j'ai bien fait. Tithom a repris le sein et tout s'est replacé.
On dit que les 6 premières semaines sont difficiles, mais qu'après, tout se place. Et c'était vrai pour nous aussi. Nous avons eu plein de belles petites habitudes, qui ont évolué au rhytme de l'allaitement. Alors qu'au début, je n'arrivais à allaiter que coucher, j'ai vite développé une routine avec le coussin d'allaitement. Dans les premiers mois, j'arrivais même à lire ou à faire un Sudoku pendant un boire!
Tithom s'endormait presque toujours au sein. Je le prenais, saoul de mon lait, le plaçais la joue contre mon épaule pour lui faire faire un rot. Il ronflait, bien repus, les cheveux tout ébourriffés. Il plaçait sa petite main bien au chaud dans ma craque de seins, ou il tenait fermement mon chandail. Cette craque de seins, d'ailleurs, a servi plus souvent qu'à son tour de réceptacle à lait régurgité. Dégueulasse, mais on finit par s'habituer à ça aussi!
Plus Tithom vieillissait, plus notre routine se stabilisait. Il buvait à des heures régulières. Chaque boire durait 15 minutes en tout. Il faisait ses nuits. Il jouait avec mes cheveux, mon dos, mon bras, mon chandail. Il me regardait, rigolait, me souriait avec le sein en bouche.
Puis, il est aussi devenu moins doux, tirait mes cheveux, entrait ses doigts dans mon nez, ma bouche, tirait ma babine, griffait ma joue, me mordait. Allaiter n'était plus un petit moment de détente, de tendresse comme avant. C'était parfois même un bataille. Bébé voulait bouger, voir le monde et n'était pas assez patient pour tenir en place, collé contre maman, même si ça lui donnait du lait.
Le sevrage a été difficile à amorcer, mais une fois les deux premiers boires coupés, le reste a suivi facilement. J'ai gardé le dernier boire, celui du matin, plusieurs mois, n'étant pas prête à faire la coupure définitive.
Hier matin, notre belle histoire a pris fin. J'ai allaité mon fils pour la dernière fois, le coeur serré, mais la tête fière. J'avais les yeux pleins d'eau, le coeur gros et je lui ai caressé les cheveux pendant qu'il buvait de mon lait pour la dernière fois.
Au départ, je disais que je voulais allaiter 3 mois, idéalement 6. Puis, je disais 6 mois... 9 mois ce serait bien, 12 mois ce serait merveilleux, mais je n'y crois pas. Aujourd'hui, je regarde en arrière pour pouvoir conclure tout ça avec fierté. Six mois d'allaitement exclusif, puis 3 autres mois à temps plein avant d'introduire le lait artificiel et faire un allaitement mixte de 9 à 13 mois. Je suis fière de ce que j'ai donné, de ce que nous avons vécu. Je garde précieusement tous les beaux souvenirs d'allaitement que j'ai avec Tithom dans mon coeur. Ce coeur, il a mal aujourd'hui, mais je sais que ça passera.
Allaiter me manquera. J'ose espérer pouvoir revivre une autre belle histoire comme celle-là avec un deuxième bébé. Mais ce ne sera jamais plus avec Tithom.

Le dernier boire...
3 mars 2007
Il n'en reste qu'un
J'y ai pensé souvent, longtemps, sans jamais être capable de faire le grand saut. J'ai revu toutes les raisons, j'ai évalué toutes les possibilités. J'ai pesé le pour, le contre, le moi, le lui. J'ai finalement décidé de me fixer une date précise, sans quoi je n'y arriverais jamais. Cette date, c'est demain.
Demain, je donnerai le sein à mon fils pour la dernière fois. Cette fois c'est vrai. Mon allaitement prendra fin demain matin, après 13 mois.
Mon coeur de maman a mal. Je suis persuadée que cette belle relation, ce moment quotidien si doux me manquera bien plus qu'à mon fils. Il adore le biberon et le lait de vache. Je suis certaine qu'il aura bien moins de difficulté à passer à autre chose que moi. Tant mieux, car je trouverais ça encore plus déchirant si le sevrage lui était difficile.
Après tant de boires, tant de lait, tant d'amour qui coulait directement de mon coeur à son ventre, la séparation sera difficile, mais je trouverai bien vite la paix. Mon fils grandit en beauté, en santé, et je peux être fière des 13 mois que je lui ai donnés.
Après 13 mois, il ne nous reste qu'un boire. Cette aventure prend fin, une autre débutera sous peu.
Demain, je donnerai le sein à mon fils pour la dernière fois. Cette fois c'est vrai. Mon allaitement prendra fin demain matin, après 13 mois.
Mon coeur de maman a mal. Je suis persuadée que cette belle relation, ce moment quotidien si doux me manquera bien plus qu'à mon fils. Il adore le biberon et le lait de vache. Je suis certaine qu'il aura bien moins de difficulté à passer à autre chose que moi. Tant mieux, car je trouverais ça encore plus déchirant si le sevrage lui était difficile.
Après tant de boires, tant de lait, tant d'amour qui coulait directement de mon coeur à son ventre, la séparation sera difficile, mais je trouverai bien vite la paix. Mon fils grandit en beauté, en santé, et je peux être fière des 13 mois que je lui ai donnés.
Après 13 mois, il ne nous reste qu'un boire. Cette aventure prend fin, une autre débutera sous peu.
21 février 2007
Un cas sur un
J'ai souvent commencé un billet sur ce sujet, mais je les ai tous effacés. Jamais je ne trouvais les bons mots, car c'est un sujet délicat. Quand on parle de maternité en général, on doit souvent porter de gants blancs. Quand on est maman, nos choix sont souvent remis en question. Parfois, c'est de façon directe par un médecin ou une infirmière, parfois c'est d'une façon détournée par un commentaire déplacé d'une grand-mère. Quand on touche à tout ça pour la première fois, c'est facile de perdre un peu confiance en nos compétences et en notre jugement. Quand quelque chose ne va pas comme on l'aurait voulu, ou se demande souvent si on a pris la bonne décision, si on a ce qu'ilf aut, si on est à la hauteur. On doit apprendre à se faire confiance, à suivre ce fameux instinct et à assumer nos choix.
Je ne suis pas du genre insécure. Je ne suis pas du genre à me remettre en question. Malgré tout, je me suis quelques fois demandé si je faisais le bon choix, si je faisis les choses de la "bonne" façon.
Je suis maintenant persuadée que les choix que je fais, les décisions que je prends, je les prends au meilleur de mes connaissances et pour le mieux être de ma famille, de mon fils. Je me renseigne beaucoup, je pose beaucoup de questions, je regarde tous les côtés d'une situation, j'aime faire des choix éclairés. Je sais que ce que je décide, c'est ce qu'il y a de mieux pour NOUS. Je prends les décisions pour nous, pas pour la société, ni pour les apparences.
Je sais aussi que bien des décisions que je prends, d'autres mamans ne les auraient pas prises. Chaque maman a sa façon de faire et je ne crois pas qu'il y a une seule "bonne" façon. Je ne justifie pas chaque chose que je fais, mais je trouve vraiment énervant quand d'autres mamans sentent le besoin de le faire. J'ai pour mon dire que lorsqu'on se justifie sans raison, c'est qu'on n'est peut-être pas aussi en paix avec sa propre décision qu'on le croit.
Je suis pro-allaitement. Je ne l'ai jamais caché. Je sais aussi que bien des femmes n'ayant pas allaité se sentent souvent persécutées par les allaiteuses, comme si nous étions une secte et que notre mission était de se faire sentir coupable chaque maman n'ayant pas allaité. C'est le cas de certaines femmes, j'en conviens, mais pas de toutes. Je suis plutôt vivre et laisser vivre. Je n'ai aucun problème avec les mamans biberonneuses, tant qu'elles ne viennent pas me servir l'argument le plus insignifiant qui soit: mon enfant n'a pas été allaité et il est en parfaite santé/n'a pas d'allergie/est intelligent/n'a jamais la gastro/etc.
Pouquoi est-ce insignifiant? Depuis quand une étude de un seul cas est-elle valable? Nommez-moi une étude scientifique, qui prouve quelque chose, qui est basée sur un seul cas. Ça n'existe pas, on le sait tous. Alors pourquoi tant de gens donnent comme argument, comme point PROUVANT que leur décision est bonne, leur étude maison de "un cas sur un"? Comme si, étant donné que LEUR enfant est correct, ça PROUVE que les études proclamant la supériorité du lait maternel sont fausses. Comme si après avoir fait leur propre étude maison sur un seul cobbaye, c'était assez de fait pour tirer une conclusion satisfaisante.
Si on se fiait à cette façon de penser, je pourrais prouver que tous les bébés blonds ont les yeux bleus, que toutes les femmes infertiles tomberont enceintes avec du Femara après 33 mois d'essais, que toutes les femmes qui ont deux frères ont aussi un chat... mon point est clair...?
Est-il nécessaire d'expliquer comment fonctionne une étude? Qu'on prend des milliers de cas, qu'on les compile et compare, que sur ces milliers de cas, on se rend compte qu'il y a plus d'allergies (un exemple) chez les bébés non allaités... mais qu'ils ne sont pas tous allergiques, et qu'il y en a aussi chez les bébés allaités, seulement moins. C'est ce qu'on appelle des risques, un porucentage. Ça ne veut pas dire que si tu n'allaites pas ton enfant, il sera allergique. Seulement qu'il a plus de chances.
Bien sûr, donner du lait artificiel ne tue pas. Bien sûr que les bébés non allaités seront en santé, pour la grande majorité. Mais pouvez-vous une fois pour toute arrêter de justifier votre choix en crachant sur les faits et études?
Les études le prouvent, encore et encore, fait par-dessus fait, que le lait maternel est supérieur, sur plusieurs niveaux. On le sait toutes. Assumons nos choix, quels qu'ils soient et arrêtons de donner des excuses bidons et des arguments vides de sens. Ça ne fait qu'agrandir le fossé entre les "deux camps" et ça ne fait que continuer à propager la mésinformation et les mythes.
A-t-on vraiment besoin de se remettre autant en question?
----------------
N.B. J'utilise l'allaitement comme exemple dans ce billet, mais ça s'applique aussi sur d'autres décisions importantes qu'on doit faire en tant que maman, comme l'intro des solides (mon fils a mangé des céréales à 3 semaines et il est en parfaite santé), les allergies (ma fille a mangé des arachides à 9 mois et n'est pas alelrgique) ou le dodo sur le dos (mon fils a toujours dormi sur le ventre et il n'est pas mort). Ça peut même s'étendre à d'autres sujets, comme le tabagisme (j'ai fûmé toute ma vie et je n'ai pas le cancer) ou l'alcool au volant (j'ai souvent conduit saoul et je n'ai jamais eu d'accident).
Je ne suis pas du genre insécure. Je ne suis pas du genre à me remettre en question. Malgré tout, je me suis quelques fois demandé si je faisais le bon choix, si je faisis les choses de la "bonne" façon.
Je suis maintenant persuadée que les choix que je fais, les décisions que je prends, je les prends au meilleur de mes connaissances et pour le mieux être de ma famille, de mon fils. Je me renseigne beaucoup, je pose beaucoup de questions, je regarde tous les côtés d'une situation, j'aime faire des choix éclairés. Je sais que ce que je décide, c'est ce qu'il y a de mieux pour NOUS. Je prends les décisions pour nous, pas pour la société, ni pour les apparences.
Je sais aussi que bien des décisions que je prends, d'autres mamans ne les auraient pas prises. Chaque maman a sa façon de faire et je ne crois pas qu'il y a une seule "bonne" façon. Je ne justifie pas chaque chose que je fais, mais je trouve vraiment énervant quand d'autres mamans sentent le besoin de le faire. J'ai pour mon dire que lorsqu'on se justifie sans raison, c'est qu'on n'est peut-être pas aussi en paix avec sa propre décision qu'on le croit.
Je suis pro-allaitement. Je ne l'ai jamais caché. Je sais aussi que bien des femmes n'ayant pas allaité se sentent souvent persécutées par les allaiteuses, comme si nous étions une secte et que notre mission était de se faire sentir coupable chaque maman n'ayant pas allaité. C'est le cas de certaines femmes, j'en conviens, mais pas de toutes. Je suis plutôt vivre et laisser vivre. Je n'ai aucun problème avec les mamans biberonneuses, tant qu'elles ne viennent pas me servir l'argument le plus insignifiant qui soit: mon enfant n'a pas été allaité et il est en parfaite santé/n'a pas d'allergie/est intelligent/n'a jamais la gastro/etc.
Pouquoi est-ce insignifiant? Depuis quand une étude de un seul cas est-elle valable? Nommez-moi une étude scientifique, qui prouve quelque chose, qui est basée sur un seul cas. Ça n'existe pas, on le sait tous. Alors pourquoi tant de gens donnent comme argument, comme point PROUVANT que leur décision est bonne, leur étude maison de "un cas sur un"? Comme si, étant donné que LEUR enfant est correct, ça PROUVE que les études proclamant la supériorité du lait maternel sont fausses. Comme si après avoir fait leur propre étude maison sur un seul cobbaye, c'était assez de fait pour tirer une conclusion satisfaisante.
Si on se fiait à cette façon de penser, je pourrais prouver que tous les bébés blonds ont les yeux bleus, que toutes les femmes infertiles tomberont enceintes avec du Femara après 33 mois d'essais, que toutes les femmes qui ont deux frères ont aussi un chat... mon point est clair...?
Est-il nécessaire d'expliquer comment fonctionne une étude? Qu'on prend des milliers de cas, qu'on les compile et compare, que sur ces milliers de cas, on se rend compte qu'il y a plus d'allergies (un exemple) chez les bébés non allaités... mais qu'ils ne sont pas tous allergiques, et qu'il y en a aussi chez les bébés allaités, seulement moins. C'est ce qu'on appelle des risques, un porucentage. Ça ne veut pas dire que si tu n'allaites pas ton enfant, il sera allergique. Seulement qu'il a plus de chances.
Bien sûr, donner du lait artificiel ne tue pas. Bien sûr que les bébés non allaités seront en santé, pour la grande majorité. Mais pouvez-vous une fois pour toute arrêter de justifier votre choix en crachant sur les faits et études?
Les études le prouvent, encore et encore, fait par-dessus fait, que le lait maternel est supérieur, sur plusieurs niveaux. On le sait toutes. Assumons nos choix, quels qu'ils soient et arrêtons de donner des excuses bidons et des arguments vides de sens. Ça ne fait qu'agrandir le fossé entre les "deux camps" et ça ne fait que continuer à propager la mésinformation et les mythes.
A-t-on vraiment besoin de se remettre autant en question?
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N.B. J'utilise l'allaitement comme exemple dans ce billet, mais ça s'applique aussi sur d'autres décisions importantes qu'on doit faire en tant que maman, comme l'intro des solides (mon fils a mangé des céréales à 3 semaines et il est en parfaite santé), les allergies (ma fille a mangé des arachides à 9 mois et n'est pas alelrgique) ou le dodo sur le dos (mon fils a toujours dormi sur le ventre et il n'est pas mort). Ça peut même s'étendre à d'autres sujets, comme le tabagisme (j'ai fûmé toute ma vie et je n'ai pas le cancer) ou l'alcool au volant (j'ai souvent conduit saoul et je n'ai jamais eu d'accident).
19 février 2007
La bonne raison
Depuis que je fais partie d'un organisme en soutien en allaitement, j'ai lu tout ce que je pouvais trouver sur l'allaitement et ce qui l'entoure. J'aime bien avoir des données pour appuyer ce que je dis, j'aime bien savoir ce que je dis. Et en faisant le tour sur le net, j'ai lu beaucoup de témoignages.
Un argument, qui revient souvent dans le débat pourquoi allaiter vs donner des biberons, me tombe réellement sur les nerfs. Pas qu'il soit faux, mais plutôt incomplet. Ma belle-soeur me l'a répété des dizaines de fois pendant sa grossesse comme étant LA raison pourquoi elle voulait allaiter: le lait est toujours à la bonne température, toujours prêt, rien à préparer ni nettoyer.
Oui, c'est vrai, le lait est toujours prêt. Oui, bien souvent, on a rien à nettoyer (à part peut-être quelques compresses, couvertures et soutien-gorges). L'arguement en soi n'a rien de mal. C'est quand il est utilisé comme seule raison qu'il me fatigue. Bien entendu, on se fout un peu de la raison qui pousse une femme à allaiter, tant qu'elle allaite. Seulement, je suis un peu énervée par le fait que la première raison donnée par bien des femmes n'est pas "parce que c'est ce qu'il y a de meilleur pour mon enfant". Il me semble que ça va de soi, non? Il me semble que si on me demandait pourquoi j'ai allaité, je dirais ça et pas "parce que le lait est toujours prêt", même si ça fait partie des avantages. En fait c'est ça, le côté "prêt-à-servir" du lait maternel devrait être utilisé comme avantage, pas comme raison ni argument.
Ce qui m'énerve, c'est que ça démontre qu'il y a encore beaucoup de chemin à faire, côté informations. Il y a encore trop de femmes qui croient qu'allaiter a pour seul avantage d'être pratique et non coûteux. Ce l'est, mais c'est avant tout le meilleur aliment pour un bébé. C'est ÇA qui devrait véhiculer. Ça devrait être ÇA, la raison première de tout allaitement. J'ai l'impression que lorsqu'un allaitement est basé sur une raison faible, la conviction et la motivation doivent aussi être faibles.
Un argument, qui revient souvent dans le débat pourquoi allaiter vs donner des biberons, me tombe réellement sur les nerfs. Pas qu'il soit faux, mais plutôt incomplet. Ma belle-soeur me l'a répété des dizaines de fois pendant sa grossesse comme étant LA raison pourquoi elle voulait allaiter: le lait est toujours à la bonne température, toujours prêt, rien à préparer ni nettoyer.
Oui, c'est vrai, le lait est toujours prêt. Oui, bien souvent, on a rien à nettoyer (à part peut-être quelques compresses, couvertures et soutien-gorges). L'arguement en soi n'a rien de mal. C'est quand il est utilisé comme seule raison qu'il me fatigue. Bien entendu, on se fout un peu de la raison qui pousse une femme à allaiter, tant qu'elle allaite. Seulement, je suis un peu énervée par le fait que la première raison donnée par bien des femmes n'est pas "parce que c'est ce qu'il y a de meilleur pour mon enfant". Il me semble que ça va de soi, non? Il me semble que si on me demandait pourquoi j'ai allaité, je dirais ça et pas "parce que le lait est toujours prêt", même si ça fait partie des avantages. En fait c'est ça, le côté "prêt-à-servir" du lait maternel devrait être utilisé comme avantage, pas comme raison ni argument.
Ce qui m'énerve, c'est que ça démontre qu'il y a encore beaucoup de chemin à faire, côté informations. Il y a encore trop de femmes qui croient qu'allaiter a pour seul avantage d'être pratique et non coûteux. Ce l'est, mais c'est avant tout le meilleur aliment pour un bébé. C'est ÇA qui devrait véhiculer. Ça devrait être ÇA, la raison première de tout allaitement. J'ai l'impression que lorsqu'un allaitement est basé sur une raison faible, la conviction et la motivation doivent aussi être faibles.
2 février 2007
Plonger, après un an
Je suis troublée. Ce matin, j'ai oublié d'allaiter Tithom après son déjeuner. Alors qu'à l'habitude, je le sors de sa chaise pour l'amener sur le divan où on se colle et où il boit, bien tranquille en me jouant dans les cheveux, ce matin, je ne sais pas pourquoi, je l'ai déposé par terre après l'avoir débarbouillé. Est-ce que le chat réclamait la porte? Est-ce que la vaisselle sale m'appelait? Est-ce que Hom me parlait? Je ne m'en souviens pas. Je sais seulement que vers 10h30, je me suis soudainement apperçue que je n'avais pas allaité Tithom et que ça devait être une des raisons de son bougonnage excessif.
J'ai donc immédiatement remédié à la situation. Et j'ai eu droit à un moment de pur bonheur alors que mon grand bonhomme s'est endormi contre moi, le sein encore dans la bouche, après s'être saoulé de mon lait. Je le tenais dans mes bras, tout mou, tout chaud, les yeux pleins d'eau. Comme quand il était mini.
Bientôt, tout ça sera terminé. Bientôt, je ne pourrai plus saouler mon fils avec mon lait.
Je dois me rendre à l'évidence. Le sevrage achève, mon allaitement tire à sa fin. J'aime toujours allaiter, mais je me sens prête à passer à autre chose. Prête, mais en même temps, je sais que ça va me manquer et que je trouverai la coupure difficile. Pour me remonter le moral, je ne peux même pas me dire qu'un jour, j'allaiterai à nouveau, car qui peut me garantir ça? Et même si un jour, j'ai la chance d'allaiter un 2e bébé, ce ne sera plus jamais Tithom. Ce bout de chemin avec lui sera fini.
En même temps, quand je pense à retourner voir le doc, à recommencer à "faire quelque chose" dans le but de tomber enceinte, quand je pense à avoir droit à un petit espoir à chaque cycle, plutôt que de seulement passer le temps entre les saignements, ça me donne des papillons. J'ai hâte de recommencer les essais, même si je sais que ce ne sera peut-être pas (probablement pas) facile. Je suis prête, nous sommes prêts à recommencer tout ça.
Le choix de sevrer Tithom en est un tout à fait égoïste dans mon cas. Il ne s'est pas sevré par lui-même (ce qui aurait réglé le cas de ma culpabilité), je ne le sèvre pas pour un retour au travail puisque je travaille de chez moi. La décision est faite par moi, pour moi. Et c'est probablement là où se trouve mon hésitation, mon sentiment de culpabilité. Je le sèvre parce que je veux passer à autre chose, parce que nous voulons recommencer les essais bébé, parce que je veux un peu me réapproprier mon corps, parce que je veux pouvoir recommencer à soigner mon psoriasis, parce que je veux pouvoir prendre des médicaments quand j'ai le rhume, parce que... parce que. Je ne me justifie pas, car je sais que j'ai déjà beaucoup donné (un an, c'est pas rien!) et que je n'ai de compte à rendre à personne. Est-ce que j'aurais aimé l'allaiter plus longtemps? Si je n'avais pas commencé le sevrage et si j'avais pu tomber enceinte quand même, oui, c'est certain que j'aurais aimé continuer plus longtemps. Mais ce n'est pas le cas. Et mon désir de faire un autre enfant, pas trop éloigné en âge si possible, est maintenant trop fort pour arriver à le faire taire.
Il restera toujours une petite partie de moi-même qui m'en voudra, qui me dira que j'aurai privé mon fils de quelque chose de bon simplement parce que je n'arrivais pas à contrôler mon horloge biologique. Mais cette partie est bien petite et l'autre partie de moi, celle qui est incroyablement fière d'avoir allaité un an, celle qui sait qu'elle a accompli énormément, qu'elle a donné ce qu'il y a de meilleur pendant une année, celle-là est bien plus grande et bien plus importante. Et elle sera sereine éventuellement, j'en suis certaine.
Maintenant... me reste encore le dernier boire à couper... faut faire le grand saut, pincer mon nez, fermer les yeux et plonger...
J'ai donc immédiatement remédié à la situation. Et j'ai eu droit à un moment de pur bonheur alors que mon grand bonhomme s'est endormi contre moi, le sein encore dans la bouche, après s'être saoulé de mon lait. Je le tenais dans mes bras, tout mou, tout chaud, les yeux pleins d'eau. Comme quand il était mini.
Bientôt, tout ça sera terminé. Bientôt, je ne pourrai plus saouler mon fils avec mon lait.
Je dois me rendre à l'évidence. Le sevrage achève, mon allaitement tire à sa fin. J'aime toujours allaiter, mais je me sens prête à passer à autre chose. Prête, mais en même temps, je sais que ça va me manquer et que je trouverai la coupure difficile. Pour me remonter le moral, je ne peux même pas me dire qu'un jour, j'allaiterai à nouveau, car qui peut me garantir ça? Et même si un jour, j'ai la chance d'allaiter un 2e bébé, ce ne sera plus jamais Tithom. Ce bout de chemin avec lui sera fini.
En même temps, quand je pense à retourner voir le doc, à recommencer à "faire quelque chose" dans le but de tomber enceinte, quand je pense à avoir droit à un petit espoir à chaque cycle, plutôt que de seulement passer le temps entre les saignements, ça me donne des papillons. J'ai hâte de recommencer les essais, même si je sais que ce ne sera peut-être pas (probablement pas) facile. Je suis prête, nous sommes prêts à recommencer tout ça.
Le choix de sevrer Tithom en est un tout à fait égoïste dans mon cas. Il ne s'est pas sevré par lui-même (ce qui aurait réglé le cas de ma culpabilité), je ne le sèvre pas pour un retour au travail puisque je travaille de chez moi. La décision est faite par moi, pour moi. Et c'est probablement là où se trouve mon hésitation, mon sentiment de culpabilité. Je le sèvre parce que je veux passer à autre chose, parce que nous voulons recommencer les essais bébé, parce que je veux un peu me réapproprier mon corps, parce que je veux pouvoir recommencer à soigner mon psoriasis, parce que je veux pouvoir prendre des médicaments quand j'ai le rhume, parce que... parce que. Je ne me justifie pas, car je sais que j'ai déjà beaucoup donné (un an, c'est pas rien!) et que je n'ai de compte à rendre à personne. Est-ce que j'aurais aimé l'allaiter plus longtemps? Si je n'avais pas commencé le sevrage et si j'avais pu tomber enceinte quand même, oui, c'est certain que j'aurais aimé continuer plus longtemps. Mais ce n'est pas le cas. Et mon désir de faire un autre enfant, pas trop éloigné en âge si possible, est maintenant trop fort pour arriver à le faire taire.
Il restera toujours une petite partie de moi-même qui m'en voudra, qui me dira que j'aurai privé mon fils de quelque chose de bon simplement parce que je n'arrivais pas à contrôler mon horloge biologique. Mais cette partie est bien petite et l'autre partie de moi, celle qui est incroyablement fière d'avoir allaité un an, celle qui sait qu'elle a accompli énormément, qu'elle a donné ce qu'il y a de meilleur pendant une année, celle-là est bien plus grande et bien plus importante. Et elle sera sereine éventuellement, j'en suis certaine.
Maintenant... me reste encore le dernier boire à couper... faut faire le grand saut, pincer mon nez, fermer les yeux et plonger...
13 décembre 2006
Marraine
Cet après-midi, je suis allée à une halte d'allaitement. Je n'y étais pas allée depuis que Tithom avait 5 semaines. En fait, je n'y allais pas pour allaiter, puisque j'allaite encore seulement qu'une fois au lever. J'y allais pour rencontrer la consultante en allaitement afin de devenir marraine. Ça fait des mois que j'y pense, mais avec les gros contrats et tout le tralala, j'avais mis l'idée de côté. Il y a quelques semaines, pour le shower de ma belle-soeur, j'avais fait des coupons pour la future maman. Un des coupons offrait mes services en tant que marraine d'allaitement, ce dont je lui avais déjà parlé. Ça m'a poussée à aller de l'avant et à contacter la responsable du marrainage.
Donc voilà, je vais pouvoir bientôt donner ce que j'ai moi-même reçu au tout début de mon allaitement, c'est à dire soutien et réponses. Ce n'est pas encore fait. Je devrai assister au prochain meeting en janvier et par la suite suivre la formation de 3 jours. Ensuite, on verra bien!
J'ai très hâte! J'ai toujours aimé me renseigner, lire, apprendre plein de choses et les partager. Voilà donc une belle occasion de partager ce que je sais, ce que j'ai vécu et ce que j'ai lu, dans le but d'aider et d'encourager une nouvelle maman.
D'ici là, ma belle-soeur aura sûrement accouché et je serai sa marraine. Ce sera quand même un bon baptême!
Donc voilà, je vais pouvoir bientôt donner ce que j'ai moi-même reçu au tout début de mon allaitement, c'est à dire soutien et réponses. Ce n'est pas encore fait. Je devrai assister au prochain meeting en janvier et par la suite suivre la formation de 3 jours. Ensuite, on verra bien!
J'ai très hâte! J'ai toujours aimé me renseigner, lire, apprendre plein de choses et les partager. Voilà donc une belle occasion de partager ce que je sais, ce que j'ai vécu et ce que j'ai lu, dans le but d'aider et d'encourager une nouvelle maman.
D'ici là, ma belle-soeur aura sûrement accouché et je serai sa marraine. Ce sera quand même un bon baptême!
15 novembre 2006
J'ai mal
Hier, je n'ai allaité qu'une fois, au réveil. Ce matin, j'avais mal. Mal aux seins, mais surtout mal à mon coeur de maman. Plus le sevrage complet approche, plus j'ai l'impression de m'être trompée. C'était ma décision, j'y avais pensé et repensé. J'avais tout regardé, de tous les sens, sous tous les angles. J'avais pesé le pour et le contre. J'avais remis bien des choses en question. J'étais certaine d'être prête.
Puis maintenant... je ne sais plus. Pourquoi ai-je tout à coup l'impression de priver mon fils de quelque chose? Pourquoi ai-je tout d'un coup ce gros sentiment de culpabilité? Pourquoi la coupure ne se fait pas aussi facilement pour moi que pour lui?
Quand j'avais pris la décision de sevrer Tithom, j'étais dans une période où je me sentais très prisonnière et brimée. J'étais tannée, je voulais retrouver une certaine liberté. Tithom ne coopérait pas pour les solides, ni pour le lait maternisé. J'étais impatiente et fatiguée. Je voulais peut-être avoir le contrôle sur quelque chose, je ne sais pas... Enfin... le temps que Tithom accepte le biberon, les choses s'étaient replacées. J'étais en paix avec l'allaitement et avec la décision d'arrêter, éventuellement. Le sevrage semblait encore lointain et improbable.
Mais depuis quelques jours, je remets toutes mes raisons en question. Elles semblent tout à coup insignifiantes. Il y a des moments où je me dis que je fais la bonne chose, mais d'autres où je me demande vraiment pourquoi j'ai voulu sevrer Tithom.
Je sais, au fond de moi, que c'est normal d'hésiter, que c'est normal d'avoir peur de regretter. Je sais aussi, au fin fond très loin, que je fais la bonne chose pour moi, pour nous, pour maintenant. Mais je trouve ça très difficile comme coupure... j'espère presque que Tithom coupera de lui-même le dernier boire et prendra la décision finale à ma place.
Je me laisse du temps... le temps que Tithom voudra bien me donner. Mais pas trop longtemps. Je ne veux pas revenir sur ma décision. Je ne veux pas non-plus poursuivre un allaitement mixte, puisque mon but premier était de pouvoir recommencer les essais pour un 2e bébé (et les traitements de fertilité s'il y a lieu) et que je ne dois plus allaiter du tout pour ça.
Je n'arrive pas à faire le grand saut sans sentir mon coeur éclater en miettes et mes yeux se remplir de larmes...
Puis maintenant... je ne sais plus. Pourquoi ai-je tout à coup l'impression de priver mon fils de quelque chose? Pourquoi ai-je tout d'un coup ce gros sentiment de culpabilité? Pourquoi la coupure ne se fait pas aussi facilement pour moi que pour lui?
Quand j'avais pris la décision de sevrer Tithom, j'étais dans une période où je me sentais très prisonnière et brimée. J'étais tannée, je voulais retrouver une certaine liberté. Tithom ne coopérait pas pour les solides, ni pour le lait maternisé. J'étais impatiente et fatiguée. Je voulais peut-être avoir le contrôle sur quelque chose, je ne sais pas... Enfin... le temps que Tithom accepte le biberon, les choses s'étaient replacées. J'étais en paix avec l'allaitement et avec la décision d'arrêter, éventuellement. Le sevrage semblait encore lointain et improbable.
Mais depuis quelques jours, je remets toutes mes raisons en question. Elles semblent tout à coup insignifiantes. Il y a des moments où je me dis que je fais la bonne chose, mais d'autres où je me demande vraiment pourquoi j'ai voulu sevrer Tithom.
Je sais, au fond de moi, que c'est normal d'hésiter, que c'est normal d'avoir peur de regretter. Je sais aussi, au fin fond très loin, que je fais la bonne chose pour moi, pour nous, pour maintenant. Mais je trouve ça très difficile comme coupure... j'espère presque que Tithom coupera de lui-même le dernier boire et prendra la décision finale à ma place.
Je me laisse du temps... le temps que Tithom voudra bien me donner. Mais pas trop longtemps. Je ne veux pas revenir sur ma décision. Je ne veux pas non-plus poursuivre un allaitement mixte, puisque mon but premier était de pouvoir recommencer les essais pour un 2e bébé (et les traitements de fertilité s'il y a lieu) et que je ne dois plus allaiter du tout pour ça.
Je n'arrive pas à faire le grand saut sans sentir mon coeur éclater en miettes et mes yeux se remplir de larmes...
13 novembre 2006
Girouette
J'ai encore changé d'idée. On dirait pesque que je me cherche des excuses. Mais non, c'est Tithom qui mélange les cartes.
Je pensais couper le boire du matin aujourd'hui. J'étais aussi prête que je pouvais l'être. J'avais savouré le boire d'hier matin, on avait même pris des photos. Puis hier soir, Tithom hurlait et pleurait au coucher. Pas moyen de l'endormir. Il a été comme ça toute la semaine. Nous croyions que ses dents le faisaient encore souffrir (eh oui, la numéro 10 a décidé de joindre le party elle aussi), mais le gel n'avait aucun effet hier soir. Il se mangeait les poings. Je lui ai donc offert un biberon après le sein. Il a bu 3 onces et s'est ensuite endormi rapidement.
Il avait été impatient au sein. Il gigottait, lâchait le sein, semblait insatisfait. Est-ce que ma production a déjà trop baissé? Est-ce que mon allaitemet se terminera quand mes seins, et non ma tête, auront décidé? Je le crois bien...
Ce soir, même chose. J'ai dû compléter au biberon pour qu'il s'endorme. C'est donc décidé, demain, je coupe complètement le boire du dodo. Tant qu'à donner un biberon pour compléter, aussi bien faire tout le boire à la bouteille. Mon but est de sevrer, après tout, pas de continuer un allaitement mixte. Je voulais faire un sevrage tout en douceur, mais mon corps, ou Tithom, décidera sûrement du moment. Je dois donc voir chaque boire au sein comme pouvant être le dernier.
Demain, il ne me restera plus que le boire du matin. Pour combien de temps encore? Je l'ignore... mais sûrement pas pour très longtemps. Aussi bien savourer chaque boire qu'il me reste comme un cadeau, une gâterie.

Mes yeux dans tes yeux, je te nourris...
Je pensais couper le boire du matin aujourd'hui. J'étais aussi prête que je pouvais l'être. J'avais savouré le boire d'hier matin, on avait même pris des photos. Puis hier soir, Tithom hurlait et pleurait au coucher. Pas moyen de l'endormir. Il a été comme ça toute la semaine. Nous croyions que ses dents le faisaient encore souffrir (eh oui, la numéro 10 a décidé de joindre le party elle aussi), mais le gel n'avait aucun effet hier soir. Il se mangeait les poings. Je lui ai donc offert un biberon après le sein. Il a bu 3 onces et s'est ensuite endormi rapidement.
Il avait été impatient au sein. Il gigottait, lâchait le sein, semblait insatisfait. Est-ce que ma production a déjà trop baissé? Est-ce que mon allaitemet se terminera quand mes seins, et non ma tête, auront décidé? Je le crois bien...
Ce soir, même chose. J'ai dû compléter au biberon pour qu'il s'endorme. C'est donc décidé, demain, je coupe complètement le boire du dodo. Tant qu'à donner un biberon pour compléter, aussi bien faire tout le boire à la bouteille. Mon but est de sevrer, après tout, pas de continuer un allaitement mixte. Je voulais faire un sevrage tout en douceur, mais mon corps, ou Tithom, décidera sûrement du moment. Je dois donc voir chaque boire au sein comme pouvant être le dernier.
Demain, il ne me restera plus que le boire du matin. Pour combien de temps encore? Je l'ignore... mais sûrement pas pour très longtemps. Aussi bien savourer chaque boire qu'il me reste comme un cadeau, une gâterie.

Mes yeux dans tes yeux, je te nourris...
11 novembre 2006
Le biberon l'emportera
J'avais réussi à faire accepter le lait maternisé à Tithom grâce au verre à paille. Quand j'ai coupé le boire du souper, il ne buvait que 2 ou 3 onces de lait et finissait par compenser à la tétée du dodo. Quand j'ai coupé le boire du midi, il buvait encore seulement 3 onces au gobelet. J'ai donc décidé de ré-essayer le biberon, juste pour voir... Eh bien il a calé 6 onces d'une traite la première fois et depuis, il varie entre 6 et 8 onces à la fois! Bref, le gobelet a pris le bord et le biberon a pris toute la place.
On s'installe bien collés sur le divan. Tithom se couche contre moi et je tiens son biberon d'une main. Il place ses deux petites mains sur le biberon ou sur mes bras et tète... tète... tète... Il me regarde, sourit, tète, me flatte le bras... Ce n'est peut-être pas un aussi beau moment qu'un boire au sein, mais ça rend la coupure moins douloureuse lorsqu'elle se fait de si belle façon.
Plus tôt cette semaine, je me demandais quel boire je couperai ensuite. Il ne me reste que celui du réveil et celui du dodo. Je pensais garder celui du réveil, puisque c'est mon préféré. J'adore me réveiller avec Tithom, commencer la journée en l'allaitant. C'est doux comme réveil, c'est complice comme moment.
Drôle de hasard, un soir de cette semaine, Tithom a fait une sieste très tard et a sauté un boire. Comme il était rendu 19h et que je l'allaite habituellement vers 20h30, je l'ai allaité. J'ai dû lui redonner un biberon plus tard. Je croyais ainsi voir l'effet que ça aurait sur lui, de boire au biberon avant le dodo...
Tithom a veillé jusqu'à 22h. Il ne voulait pas dormir. On a tout essayé. Jusqu'à ce que je lui donne le sein. En 5 minutes, il dormait.
Demain, j'allaiterai mon bébé pour la dernière fois en me levant. Ça me déchire d'y penser. Il ne me restera qu'une tétée par jour, celle du dodo... Il boira plus souvent au biberon qu'au sein.
À moins que je décide encore une fois de repousser tout ça d'une journée... et d'une autre... juste une dernière...
On s'installe bien collés sur le divan. Tithom se couche contre moi et je tiens son biberon d'une main. Il place ses deux petites mains sur le biberon ou sur mes bras et tète... tète... tète... Il me regarde, sourit, tète, me flatte le bras... Ce n'est peut-être pas un aussi beau moment qu'un boire au sein, mais ça rend la coupure moins douloureuse lorsqu'elle se fait de si belle façon.
Plus tôt cette semaine, je me demandais quel boire je couperai ensuite. Il ne me reste que celui du réveil et celui du dodo. Je pensais garder celui du réveil, puisque c'est mon préféré. J'adore me réveiller avec Tithom, commencer la journée en l'allaitant. C'est doux comme réveil, c'est complice comme moment.
Drôle de hasard, un soir de cette semaine, Tithom a fait une sieste très tard et a sauté un boire. Comme il était rendu 19h et que je l'allaite habituellement vers 20h30, je l'ai allaité. J'ai dû lui redonner un biberon plus tard. Je croyais ainsi voir l'effet que ça aurait sur lui, de boire au biberon avant le dodo...
Tithom a veillé jusqu'à 22h. Il ne voulait pas dormir. On a tout essayé. Jusqu'à ce que je lui donne le sein. En 5 minutes, il dormait.
Demain, j'allaiterai mon bébé pour la dernière fois en me levant. Ça me déchire d'y penser. Il ne me restera qu'une tétée par jour, celle du dodo... Il boira plus souvent au biberon qu'au sein.
À moins que je décide encore une fois de repousser tout ça d'une journée... et d'une autre... juste une dernière...
24 octobre 2006
Blog express
Le temps file sans que je m'en rende compte. Les journées passent et avant même que je sache, octobre tire à sa fin et mon coco aura 9 mois dans 4 jours. Question de rattraper le temps passé si vite, un résumé express.
- Le sevrage se passe quand même bien, pour le moment. Nous en sommes encore à un seul boire au gobelet. J'ai dû par deux fois compenser une heure plus tard en allaitant, mais ça semble s'être replacé. Je suis toujours ambivalente à l'idée de sevrer Tithom, mais je sais au fond de moi que le temps est venu. J'attends encore quelques jours avant de remplacer le boire du midi car je suis encore engorgée le soir. Ma production ne s'est pas encore adaptée au boire en moins. En fait, elle venait juste de s'adapter à une diminution de boire, puisque depuis deux semaines, Tithom était passé par lui-même de 5 boires par jour à 4.
- Tithom mange maintenant 3 bons repas par jour. Il mange de tout, avec appétit. J'ai introduit la viande, même si j'avais eu l'intention au départ de faire de lui un bébé végétarien. Il goûtera d'abord à tout, puis mangera des repas végétariens quand nous en mangerons nous aussi.
- Je crois avoir eu un semblant de retour de règles il y a presque 2 semaines. Après 4 jours de petits saignements et plusieurs tests de grossesse négatifs, je ne sais pas vraiment plus à quoi m'en tenir. Tant que l'allaitement ne sera pas terminer, je ne pourrai savoir si mes règles reviendront pour de bon (quel beau rêve!) ou si elles disparaîtront pendant des mois comme elles l'ont toujours fait. Histoire à suivre...
- Tithom ne marche pas, ne rampe pas ni ne marche à 4 pattes. Mais il fait de la vitesse sur les fesses! Il se tire après les meubles pour se mettre à genoux, mais sans plus. Je ne suis pas si pressée que ça qu'il marche... je n'ai pas encore à lui courir après dans la maison!
Voilà ce qui me vient à l'esprit pour le moment... Fin de la pause!
- Le sevrage se passe quand même bien, pour le moment. Nous en sommes encore à un seul boire au gobelet. J'ai dû par deux fois compenser une heure plus tard en allaitant, mais ça semble s'être replacé. Je suis toujours ambivalente à l'idée de sevrer Tithom, mais je sais au fond de moi que le temps est venu. J'attends encore quelques jours avant de remplacer le boire du midi car je suis encore engorgée le soir. Ma production ne s'est pas encore adaptée au boire en moins. En fait, elle venait juste de s'adapter à une diminution de boire, puisque depuis deux semaines, Tithom était passé par lui-même de 5 boires par jour à 4.
- Tithom mange maintenant 3 bons repas par jour. Il mange de tout, avec appétit. J'ai introduit la viande, même si j'avais eu l'intention au départ de faire de lui un bébé végétarien. Il goûtera d'abord à tout, puis mangera des repas végétariens quand nous en mangerons nous aussi.
- Je crois avoir eu un semblant de retour de règles il y a presque 2 semaines. Après 4 jours de petits saignements et plusieurs tests de grossesse négatifs, je ne sais pas vraiment plus à quoi m'en tenir. Tant que l'allaitement ne sera pas terminer, je ne pourrai savoir si mes règles reviendront pour de bon (quel beau rêve!) ou si elles disparaîtront pendant des mois comme elles l'ont toujours fait. Histoire à suivre...
- Tithom ne marche pas, ne rampe pas ni ne marche à 4 pattes. Mais il fait de la vitesse sur les fesses! Il se tire après les meubles pour se mettre à genoux, mais sans plus. Je ne suis pas si pressée que ça qu'il marche... je n'ai pas encore à lui courir après dans la maison!
Voilà ce qui me vient à l'esprit pour le moment... Fin de la pause!
19 octobre 2006
C'est commencé
Après de nombreux essais non concluants, nous avons finalement commencé le sevrage. J'ai essayé 6 sortes de gobelets différents, deux sortes de lait et environ 6 combinaisons différentes de biberon/tétine. J'ai essayé de lait chaud, moin chaud, moins tiède, plus froid. J'ai essayé de ne pas être dans la même pièce, de lui donner couché, assis, dans sa chaise haute, dans son siège. J'ai tout essayé, Tithom ne voulait rien savoir.
Je lui ai donné du jus dilué dans les gobelets, question de l'habituer à boire. Puisque les biscuits semblaient lui avoir appris à manger, je l'ai attiré par sa dent sucrée. Il a adopté les gobelets, mais n'arrivait pas à boire, puisqu'il faut le pencher. Le verre à paille a réglé ce problème. Tithom buvait son jus tout seul, à grandes gorgées.
J'ai donc remplacé le jus par du lait et il a fini par en boire quelques gorgées. Le lait devait être bien frais, c'est comme ça qu'il aime, à ce que j'ai pu comprendre. Puis, samedi dernier, il a bu presque 5 onces. Il a remplacé une tétée, par lui-même! Comme il a continué à accepter le lait maternisé dans le verre à paille depuis, nous avons commencé officellement le sevrage hier. La tétée du souper est remplacée par un verre de lait maternisé. D'ici quelques jours, celle du midi sera aussi remplacée. Puis celle du matin. Et finalement, celle du dodo...
Je suis contente, mais en même temps, ça me rend triste. J'en parlais, je voulais le sevrer, je me sentais prête de mettre fin à l'allaitement. Mais maintenant que c'est commencé, ça me fait tout drôle. Je ne peux plus reculer, je ne dois pas. Tithom semble prêt, je semble l'être aussi. Mais une partie de moi pleure car ce beau lien se terminera bientôt. Je sais qu'il commence une nouvelle étape de sa vie. Il en commence une à chaque jour ces temps-ci, on dirait. Plus ça va, plus mon petit bébé s'éloigne et devient un petit garçon. J'ai de la difficulté à couper le cordon, même si j'ai plusieurs bonnes raisons (pour moi) de vouloir arrêter l'allaitement maintenant. Je ne cherche pas à me justifier, je ne crois pas du tout avoir à le faire. Je dois chercher à me convaincre moi-même que je fais le bon choix, je ne sais pas...
Je lui ai donné du jus dilué dans les gobelets, question de l'habituer à boire. Puisque les biscuits semblaient lui avoir appris à manger, je l'ai attiré par sa dent sucrée. Il a adopté les gobelets, mais n'arrivait pas à boire, puisqu'il faut le pencher. Le verre à paille a réglé ce problème. Tithom buvait son jus tout seul, à grandes gorgées.
J'ai donc remplacé le jus par du lait et il a fini par en boire quelques gorgées. Le lait devait être bien frais, c'est comme ça qu'il aime, à ce que j'ai pu comprendre. Puis, samedi dernier, il a bu presque 5 onces. Il a remplacé une tétée, par lui-même! Comme il a continué à accepter le lait maternisé dans le verre à paille depuis, nous avons commencé officellement le sevrage hier. La tétée du souper est remplacée par un verre de lait maternisé. D'ici quelques jours, celle du midi sera aussi remplacée. Puis celle du matin. Et finalement, celle du dodo...
Je suis contente, mais en même temps, ça me rend triste. J'en parlais, je voulais le sevrer, je me sentais prête de mettre fin à l'allaitement. Mais maintenant que c'est commencé, ça me fait tout drôle. Je ne peux plus reculer, je ne dois pas. Tithom semble prêt, je semble l'être aussi. Mais une partie de moi pleure car ce beau lien se terminera bientôt. Je sais qu'il commence une nouvelle étape de sa vie. Il en commence une à chaque jour ces temps-ci, on dirait. Plus ça va, plus mon petit bébé s'éloigne et devient un petit garçon. J'ai de la difficulté à couper le cordon, même si j'ai plusieurs bonnes raisons (pour moi) de vouloir arrêter l'allaitement maintenant. Je ne cherche pas à me justifier, je ne crois pas du tout avoir à le faire. Je dois chercher à me convaincre moi-même que je fais le bon choix, je ne sais pas...
13 septembre 2006
Cordon
Merci à celles qui m'ont répondu, pour votre soutien. Je sais que la décision ne sera pas facile à prendre, quand le temps sera venu. Pour l'instant, j'aimerais pouvoir offrir l'allaitement mixte à Tithom. Il me semble que ce serait un bon compromis, en attendant de faire le grand saut, du moins.
Oui, Hom a essayé de donner le biberon pendant que je me cachais dans la chambre. Pas plus de succès que moi. Mais bon... Tithom vient de percer sa 6e dent, il ne faut pas trop en demander, j'imagine. S'il pouvait arrêter de faire des dents un peu, on pourrait passer à autres choses. Comme le faire manger. Ou lui apprendre à conduire.
Il y a des jours où la décision me semblerait plus facile à faire. Comme aujourd'hui, alors que j'ai encore un canal de bloqué. Toujours le même. Celui qui m'avait donné ma mastite. Celui qui me donne l'impression d'avoir une balle de golf dans le sein. Mais il y a des jours où la décision me semble impossible à prendre, comme hier, alors que Tithom s'est endormi au sein, tout chaud, tout collé contre moi.
Je crois savoir ce qui a changé. Je voyais l'allaitement comme un prolongement de la grossesse. Avec l'allaitement, un cordon nous liait encore, mon fils et moi. Et puis, petit à petit, le cordon s'est effrité pour finalement disparaître. J'aime encore allaiter, j'aime encore le principe d'allaiter, mais le cordon n'est plus là. Tout simplement.
Oui, Hom a essayé de donner le biberon pendant que je me cachais dans la chambre. Pas plus de succès que moi. Mais bon... Tithom vient de percer sa 6e dent, il ne faut pas trop en demander, j'imagine. S'il pouvait arrêter de faire des dents un peu, on pourrait passer à autres choses. Comme le faire manger. Ou lui apprendre à conduire.
Il y a des jours où la décision me semblerait plus facile à faire. Comme aujourd'hui, alors que j'ai encore un canal de bloqué. Toujours le même. Celui qui m'avait donné ma mastite. Celui qui me donne l'impression d'avoir une balle de golf dans le sein. Mais il y a des jours où la décision me semble impossible à prendre, comme hier, alors que Tithom s'est endormi au sein, tout chaud, tout collé contre moi.
Je crois savoir ce qui a changé. Je voyais l'allaitement comme un prolongement de la grossesse. Avec l'allaitement, un cordon nous liait encore, mon fils et moi. Et puis, petit à petit, le cordon s'est effrité pour finalement disparaître. J'aime encore allaiter, j'aime encore le principe d'allaiter, mais le cordon n'est plus là. Tout simplement.
12 septembre 2006
Le début de la fin?
Ça fait quelque temps qu'un déclic s'est fait. Quelque chose a changé et je n'arrive pas à mettre le doigt dessus. Je ne vois plus l'allaitement de la même façon et je ne sais pas trop pourquoi. Mon allaitement, bien sûr, pas l'allaitement en général. Et l'incident de l'autre jour n'a fait qu'accentuer tout ça.
Depuis la naissance de Tithom, l'allaitement est important et précieux pour moi. À chaque boire, je ressentais la même fierté de donner le meilleur à mon fils et le même débordement d'amour quand il devenait tout mou dans mes bras. Chaque tétée était un moment privilégié, un petit moment rien que pour nous deux. Je pouvais passer des heures à l'allaiter, ça ne me dérangeait pas. Quand j'allaitais, nous étions seuls au monde.
J'allaite parce que je veux donner ce qu'il y a de meilleur à mon fils. J'allaite aussi parce que c'est un privilège de pouvoir le faire, de pouvoir nourrir mon fils de mon corps. C'est pour moi un prolongement de la grossesse, un don de soi, un don d'amour. Et d'anticorps.
Je m'étais dit que j'allaiterais pour un minimum de 6 mois. Je ne me fixais pas de limite, mais je voulais au moins me rendre là. Un an, ça me paraissait un beau rêve, quoi qu'un peu ambitieux. Maintenant que le 7 mois est passé, je ne ressens plus la même urgence, la même nécessité d'allaiter. J'aime encore chaque boire, chaque moment avec mon fils. Je m'émeus encore de penser que tous ses plis, tous ses bourrelets que j'aime tant sont là grâce à MON lait. Mais mon amour de l'allaitement s'égraine petit à petit. J'ai tout à coup moins de fun à allaiter. Je ressens tout à coup un peu d'impatience quand mes seins picottent et font mal alors qu'ils se remplissent de lait. Je me sens un peu prisonnière de tout ça, car je suis encore la seule à pouvoir nourrir Tithom. Ce qui me faisait le plus grand bien au début (me sentir indispensable) me fait aujourd'hui me sentir un peu coincée, même si la seule idée que quelqu'un d'autre lui donne du lait (à part Hom, bien sûr) me donne des frissons.
Et bien sûr, je me sens coupable de penser tout ça. Je me sens coupable de ne plus autant aimer allaiter. Je me demande si ça a rapport avec le désir de recommencer les essais pour un deuxième bébé. Je me demande si je ne suis pas égoïste. Je pense à celles qui auraient aimé allaiter et qui n'ont pas pu. Je pense à mon fils, qui mérite ce qu'il y a de meilleur. Je me sens déchirée entre l'allaitement, que j'aime encore, mais qui me semble moins nécessaire, et le biberon, qui me tanne encore plus par sa préparation. Je me dis que je fais un plat avec un rien. Je me dis que donner le biberon, c'est loin d'être la fin du monde. Mais je n'arrive pas à faire le grand saut. Je n'arrive pas à prendre la décision de commencer le sevrage. Je remets sans cesse la décision à plus tard... ce qui ne règle pas le problème.
Je voudrais bien un allaitement mixte, mais pour le moment, c'est Tithom qui décide et il ne veut rien savoir. J'ai essayé de donner un biberon à Tithom. Il y a deux semaines, j'ai acheté une boîte de lait en poudre. Ça me fendait le coeur, mais en même temps, j'aimais la petite lueur de liberté que ça me faisait entrevoir. Bien entendu, Tithom n'a rien voulu savoir. Le biberon, il aime, il joue avec, mordille la tétine, mais ne boit pas. En fait, il boit de l'eau au biberon et au gobelet sans problème. Le lait maternisé, c'est une autre histoire. Il fait sa grimace typique "ce n'est pas le lait de maman donc eurk!" et repousse la bouteille. J'ai essayé au gobelet, avec et sans anti-dégât. Deux sortes de gobelets, deux sortes de biberons, rien ne fait. Dès qu'un goutte de lait touche sa langue, c'est le dégoût.
Je n'ai pas envie de me rendre au point où j'aurai des mauvais sentiments par rapport à l'allaitement. J'aimerais mieux arrêter alors que j'aime encore ça, même si c'est moins qu'au début. Je ne veux pas arrêter sur une mauvaise note, ni sur un coup de tête. Mais je ne veux pas arrêter... en tout cas, pas tout de suite. Enfin, je pense... je ne sais pas, je ne sais plus...
Depuis la naissance de Tithom, l'allaitement est important et précieux pour moi. À chaque boire, je ressentais la même fierté de donner le meilleur à mon fils et le même débordement d'amour quand il devenait tout mou dans mes bras. Chaque tétée était un moment privilégié, un petit moment rien que pour nous deux. Je pouvais passer des heures à l'allaiter, ça ne me dérangeait pas. Quand j'allaitais, nous étions seuls au monde.
J'allaite parce que je veux donner ce qu'il y a de meilleur à mon fils. J'allaite aussi parce que c'est un privilège de pouvoir le faire, de pouvoir nourrir mon fils de mon corps. C'est pour moi un prolongement de la grossesse, un don de soi, un don d'amour. Et d'anticorps.
Je m'étais dit que j'allaiterais pour un minimum de 6 mois. Je ne me fixais pas de limite, mais je voulais au moins me rendre là. Un an, ça me paraissait un beau rêve, quoi qu'un peu ambitieux. Maintenant que le 7 mois est passé, je ne ressens plus la même urgence, la même nécessité d'allaiter. J'aime encore chaque boire, chaque moment avec mon fils. Je m'émeus encore de penser que tous ses plis, tous ses bourrelets que j'aime tant sont là grâce à MON lait. Mais mon amour de l'allaitement s'égraine petit à petit. J'ai tout à coup moins de fun à allaiter. Je ressens tout à coup un peu d'impatience quand mes seins picottent et font mal alors qu'ils se remplissent de lait. Je me sens un peu prisonnière de tout ça, car je suis encore la seule à pouvoir nourrir Tithom. Ce qui me faisait le plus grand bien au début (me sentir indispensable) me fait aujourd'hui me sentir un peu coincée, même si la seule idée que quelqu'un d'autre lui donne du lait (à part Hom, bien sûr) me donne des frissons.
Et bien sûr, je me sens coupable de penser tout ça. Je me sens coupable de ne plus autant aimer allaiter. Je me demande si ça a rapport avec le désir de recommencer les essais pour un deuxième bébé. Je me demande si je ne suis pas égoïste. Je pense à celles qui auraient aimé allaiter et qui n'ont pas pu. Je pense à mon fils, qui mérite ce qu'il y a de meilleur. Je me sens déchirée entre l'allaitement, que j'aime encore, mais qui me semble moins nécessaire, et le biberon, qui me tanne encore plus par sa préparation. Je me dis que je fais un plat avec un rien. Je me dis que donner le biberon, c'est loin d'être la fin du monde. Mais je n'arrive pas à faire le grand saut. Je n'arrive pas à prendre la décision de commencer le sevrage. Je remets sans cesse la décision à plus tard... ce qui ne règle pas le problème.
Je voudrais bien un allaitement mixte, mais pour le moment, c'est Tithom qui décide et il ne veut rien savoir. J'ai essayé de donner un biberon à Tithom. Il y a deux semaines, j'ai acheté une boîte de lait en poudre. Ça me fendait le coeur, mais en même temps, j'aimais la petite lueur de liberté que ça me faisait entrevoir. Bien entendu, Tithom n'a rien voulu savoir. Le biberon, il aime, il joue avec, mordille la tétine, mais ne boit pas. En fait, il boit de l'eau au biberon et au gobelet sans problème. Le lait maternisé, c'est une autre histoire. Il fait sa grimace typique "ce n'est pas le lait de maman donc eurk!" et repousse la bouteille. J'ai essayé au gobelet, avec et sans anti-dégât. Deux sortes de gobelets, deux sortes de biberons, rien ne fait. Dès qu'un goutte de lait touche sa langue, c'est le dégoût.
Je n'ai pas envie de me rendre au point où j'aurai des mauvais sentiments par rapport à l'allaitement. J'aimerais mieux arrêter alors que j'aime encore ça, même si c'est moins qu'au début. Je ne veux pas arrêter sur une mauvaise note, ni sur un coup de tête. Mais je ne veux pas arrêter... en tout cas, pas tout de suite. Enfin, je pense... je ne sais pas, je ne sais plus...
5 septembre 2006
Du lait et du sang
Samedi, nous nous promenions à Québec avec Tithom pour la première fois. Une première escapade en famille, loin de chez nous, loin de nos choses, loin des bébelles de Tithom. Pour lui, une journée entière passée dans le siège d'auto, la poussette ou l'écharpe. Il commençait à être impatient et gigotteux. Nous avons quand même décidé d'aller souper au resto. Après tout, Tithom avait toujours été très gentil au restaurant.
Il avait faim. Le resto était bruyant et sombre. Des gens passaient sans cesse près de nous. La chaise avait des bras qui ne me laissaient pas beaucoup de liberté. J'ai voulu allaiter Tithom quand même, question de le calmer et d'ensuite pouvoir souper tranquillement. J'ai placé une petite couverture pour le couvrir, le temps de l'installer (je ne suis habituellement pas prude comme ça, mais le setting du resto ne m'inspirait pas). J'ai sorti mon sein, puis j'ai placé un Tithom choqué devant, en espérant qu'il se branche par lui-même, comme il le fait souvent.
Il ne s'est pas branché. Au lieu de prendre le sein normalement, il m'a mordue. Oh, c'est arrivé souvent qu'il me morde. Il a des dents depuis 3 mois après tout! Mais jamais comme cette fois-là. Il m'a véritablement mordue. Je dirais même qu'il m'a mâchée. Il était fâché, il donnait des coups de pieds, il a mordu et ne lâchait pas prise.
Quand j'ai réussi à l'enlever de mon sein, après avoir dit tous les sacres de la terre dans ma tête et en ayant retenu les larmes de douleur qui montaient, je me suis apperçue qu'il avait la bouche en sang. J'avais baissé mon chandail par-dessus mon sein sans le recouvrir. J'ai baissé la tête et j'ai vu deux taches de sang sur mon t-shirt blanc. Deux taches grosses comme des 1$. Je saignais. Mon mamelon pissait le sang. J'ai dit, comme dans un brouillard "Hom, je saigne. Je suis en sang." Je tremblais. J'ai essuyé la bouche de Tithom avec la couverture puis je suis allée à la toilette. Mon mamelon saignait, mais je n'arrivais pas à voir d'où.
Hom se tenait dans le cadre de porte de la toilette des femmes, avec un bébé en pleurs dans les bras et de la peur dans les yeux. "Es-tu correcte? Est-ce que ça va?" me demandait-il. Je ne suis pas en danger de mort, mais ça ne va pas... J'ai mal comme je n'ai jamais eu mal avant et je ne sais pas quoi faire.
Je décide d'allaiter Tithom assise sur une petite chaise, dans les toilettes, où c'est un peu plus calme. Il finit par se calmer et par boire à l'autre sein. Jusqu'à ce qu'une dame décide de se sécher les mains au séchoir plutôt qu'avec du papier. Tithom n'a jamais voulu reprendre le sein. J'ai essayé l'autre côté, même s'il avait saigné. Il était plein, je devais le vider et Tithom avait faim. J'ai essayé de lui mettre dans la bouche, mais quand il s'est retourné et que j'ai vu le sang sur sa joue, j'ai ressenti une faiblesse dans mes jambes.
Nous avons mangé notre repas en vitesse, sans vraiment le savourer. Bébé était encore bougonneux, il ne voulait rien savoir de la chaise haute ni de la poussette. Pas de dessert, on retourne à l'hôtel illico.
J'ai dû lui redonner le sein mordu par la suite. Je n'avais pas le choix: je n'avais pas mon tire-lait, ni de biberon. Il devait boire et je devais me vider. Il a donc bu du sang mêlé au lait, pendant que mes orteils frisaient tellement j'avais mal. Ça me fendait le coeur quand j'essuyais sa bouche et que la débarbouillette se tachait de rose. Ça ne semblait pas le déranger, il ne semblait pas voir de différence dans mon lait, heureusement.
Les boires des jours suivants ont tous été douloureux. Je ne sais toujours pas d'où je saignais (et j'ai resaigné à tous les boires du lendemain), mais ça a fini par passer. J'ai encore un peu mal, mais ça ne saigne plus et la douleur diminue pendant le boire, pour disparaître complètement.
Je sais que la peur finira aussi par passer, mais pour le moment, je lui donne encore le sein à reculon. Cette mésaventure a fait une entaille dans mon amour de l'allaitement... et ça m'attriste.
Il avait faim. Le resto était bruyant et sombre. Des gens passaient sans cesse près de nous. La chaise avait des bras qui ne me laissaient pas beaucoup de liberté. J'ai voulu allaiter Tithom quand même, question de le calmer et d'ensuite pouvoir souper tranquillement. J'ai placé une petite couverture pour le couvrir, le temps de l'installer (je ne suis habituellement pas prude comme ça, mais le setting du resto ne m'inspirait pas). J'ai sorti mon sein, puis j'ai placé un Tithom choqué devant, en espérant qu'il se branche par lui-même, comme il le fait souvent.
Il ne s'est pas branché. Au lieu de prendre le sein normalement, il m'a mordue. Oh, c'est arrivé souvent qu'il me morde. Il a des dents depuis 3 mois après tout! Mais jamais comme cette fois-là. Il m'a véritablement mordue. Je dirais même qu'il m'a mâchée. Il était fâché, il donnait des coups de pieds, il a mordu et ne lâchait pas prise.
Quand j'ai réussi à l'enlever de mon sein, après avoir dit tous les sacres de la terre dans ma tête et en ayant retenu les larmes de douleur qui montaient, je me suis apperçue qu'il avait la bouche en sang. J'avais baissé mon chandail par-dessus mon sein sans le recouvrir. J'ai baissé la tête et j'ai vu deux taches de sang sur mon t-shirt blanc. Deux taches grosses comme des 1$. Je saignais. Mon mamelon pissait le sang. J'ai dit, comme dans un brouillard "Hom, je saigne. Je suis en sang." Je tremblais. J'ai essuyé la bouche de Tithom avec la couverture puis je suis allée à la toilette. Mon mamelon saignait, mais je n'arrivais pas à voir d'où.
Hom se tenait dans le cadre de porte de la toilette des femmes, avec un bébé en pleurs dans les bras et de la peur dans les yeux. "Es-tu correcte? Est-ce que ça va?" me demandait-il. Je ne suis pas en danger de mort, mais ça ne va pas... J'ai mal comme je n'ai jamais eu mal avant et je ne sais pas quoi faire.
Je décide d'allaiter Tithom assise sur une petite chaise, dans les toilettes, où c'est un peu plus calme. Il finit par se calmer et par boire à l'autre sein. Jusqu'à ce qu'une dame décide de se sécher les mains au séchoir plutôt qu'avec du papier. Tithom n'a jamais voulu reprendre le sein. J'ai essayé l'autre côté, même s'il avait saigné. Il était plein, je devais le vider et Tithom avait faim. J'ai essayé de lui mettre dans la bouche, mais quand il s'est retourné et que j'ai vu le sang sur sa joue, j'ai ressenti une faiblesse dans mes jambes.
Nous avons mangé notre repas en vitesse, sans vraiment le savourer. Bébé était encore bougonneux, il ne voulait rien savoir de la chaise haute ni de la poussette. Pas de dessert, on retourne à l'hôtel illico.
J'ai dû lui redonner le sein mordu par la suite. Je n'avais pas le choix: je n'avais pas mon tire-lait, ni de biberon. Il devait boire et je devais me vider. Il a donc bu du sang mêlé au lait, pendant que mes orteils frisaient tellement j'avais mal. Ça me fendait le coeur quand j'essuyais sa bouche et que la débarbouillette se tachait de rose. Ça ne semblait pas le déranger, il ne semblait pas voir de différence dans mon lait, heureusement.
Les boires des jours suivants ont tous été douloureux. Je ne sais toujours pas d'où je saignais (et j'ai resaigné à tous les boires du lendemain), mais ça a fini par passer. J'ai encore un peu mal, mais ça ne saigne plus et la douleur diminue pendant le boire, pour disparaître complètement.
Je sais que la peur finira aussi par passer, mais pour le moment, je lui donne encore le sein à reculon. Cette mésaventure a fait une entaille dans mon amour de l'allaitement... et ça m'attriste.
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