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LES PÉPINS DE KIWI |
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De::Montréal, Québec, Canada Profil . : dernièrement : .
Quelle idée . : tithom : .
Courbe gagnante . : catégories : .
Allaitement (I) (II) . : depuis le début : .
01.2005 |
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« L'espoir n'est pas une formule, mais une pratique. Nicole Nottat
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Association canadienne de sensibilisation à l'infertilité . : maternité : .
Maman Chérie . : suivi : .
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7 juin 2006Bisou geléL'autre soir, alors que Tithom semblait avoir très mal aux dents et qu'il pleurait de grosses larmes, j'ai sorti le gel pour le mal de dents. Je lui en ai mis un peu sur la gencive, mais comme il gigottait beaucoup, il a dû en avoir aussi sur la bouche. Et moi, nounoune, je lui donne quelques moments plus tard, un beau gros bisou pour le réconforter. Et ben voilà, j'avais la bouche gelée. Seulement le centre, la partie qui donne le bisou... Drôle de sensation! Libellés : dents, nouvelle maman 4 juin 2006Première nuit séparésLa première nuit de Tithom dans sa chambre s'est très bien déroulée. Il ne s'est pas réveillé une seule fois! Nous non-plus! Quand il dormait dans notre chambre, ça lui arrivait de chigner, même en dormant. Ça ne le réveillait pas, mais nous oui. Nous avons donc décidé de ne pas allumer le moniteur dans notre chambre. Celui dans sa chambre est allumé et branché au détecteur de mouvement. S'il arrivait quelque chose, la sonnerie nous réveillerait (sa chambre est près de la nôtre). S'il se mettait à pleurer aussi. Mais s'il couine ou gigotte, on ne l'entend pas et ça ne nous réveille pas. Un bon compromis je trouve! Tithom a fait une belle nuit, de 21h à 8h30. Hom n'a pas fait sa nuit, lui! Il s'est réveillé vers 6h15, surpris d'avoir dormi tout ce temps sans s'être fait réveiller par le bébé. Je me suis levée, je suis allée le voir. Il gigottait, mais dormait. Vers 8h30, nous étions levés et Tithom dormait encore! Nous avons fini par le réveiller car nous allions déjeuner au resto. J'ai bien hâte de voir demain matin comment ça se passera. Habituellement, je me levais quand bébé se réveillait. Mais s'il dort aussi longtemps, je risque d'avoir besoin du réveil-matin pour ne pas me lever trop tard! La chambre semblait un peu vide sans lui. J'étais triste et je m'ennuyais. En maman poule que je suis, je m'inquiétais aussi pour rien. Mais je dois avouer que je suis aussi un peu contente qu'il dorme maintenant dans sa chambre. Ça me manquait, de pouvoir allumer la lumière, de pouvoir ranger les vêtements, lire, écrire au lit... Et notre couple commençait à vraiment avoir besoin de se retrouver! Bref, on peut dire que c'est un mal pour plusieurs petits biens. Libellés : nouvelle maman, Tithom 22 mai 2006Avec le placentaDepuis que j'ai accouché, on dirait que mon cerveau marche au ralenti. En fait, j'ai parfois l'impression qu'il est sorti en même temps que le placenta. J'ai de la difficulté à me concentrer, je réfléchis à pas de tortue, j'oublie tout. En plus de ça, j'ai l'impression de ne plus arriver à faire deux phrases de suite qui ont de l'allure. Je me retrouve donc souvent devant mon écran tout blanc, avec le curseur qui clignotte, sans inspiration. Je suis là, avec l'intention d'écrire un billet, avec l'espoir de trouver une idée... mais rien! Depuis que Tithom est né, je ne trouve plus de talent à ma plume, je ne trouve plus de sens à mes mots. Je voudrais écrire, enfin, j'essaie, mais tout ce qui sort est mou et ordinaire. Je ne fais que répéter que j'aime mon fils avec chaque cellule de mon corps et retourner dans le passé pour souligner à quel point les choses ont changées. Je tenais donc à mexcuser à la fois pour mon silence parfois long et pour mes billets remplis de nostalgie à l'eau de rose et de petits nounours bleus pâles. Je manque de mordant, mais je n'arrive pas à m'en vouloir... mon fils a tellement fait fondre mon coeur que je suis rendue molle... Libellés : nouvelle maman, postpartum 12 mai 2006Ma fête des mèresLa fête des mères a longtemps été pour moi une fête difficile. C'était une succession de rappels vers mon incapacité à devenir mère. Comme un gros panneau avec des néons qui me disaient "tu n'es pas des nôtres." Cette année, je vois cette fête différement, bien entendu, puique je fais enfin partie du club. Je me sens un peu concernée, même si Tithom est trop petit pour souligner cette journée. Peu importe, la fête des mères est maintentant une journée comme les autres plutôt qu'une journée à détester. C'est presqu'une petite victoire. Et pour la fête des mères, j'ai quasiment envie de donner un cadeau à Tithom. Non, il n'est pas une mère. Mais c'est grâce à lui si j'en suis une. Pas une mère parfaite, ni une mère qui sait toujours quoi faire, mais sa maman à lui, qui l'aime de tout son coeur. Libellés : nouvelle maman 7 mai 2006Ma placeQuand j'ai commencé mon blog, il y a plus d'un an, je cherchais un endroit où je pouvais parler de mon infertilité en toute liberté. Je pouvais en parler sur des forums, avec des amies, mais pour moi, ça manquait de franchise. En fait, je retenais certaines paroles, de peur de ne pas être bien comprise ou de blesser des gens par mon amertume. Ici, dans mon espace, je pouvais dire ce que bon me semblait. C'était mon exutoire, ma façon à moi de libérer ma rage. L'infertilité a occupé une grande place dans ma vie. Certains jours, elle occupait même toute la place. Pendant près de 3 ans, mon rêve de devenir maman l'emportait sur tous les autres. Pendant 2 ans, les traitements et cycles hyper-analysés étaient presqu'une priorité. Comme j'avais souvent l'impression que les gens près de moi trouvaient que je ne parlais que de ça, j'ai voulu me trouver un endroit pour recueillir mes pensées sur le sujet, sans ennuyer les gens. Si quelqu'un pouvait se sentir moins seul en me lisant, si je pouvais donner ne serait-ce qu'une particule d'espoir à une femme aux prises avec l'infertilité, je trouvais mon blog utile. À ma grande surprise, mon blog m'a aidée bien plus que je ne l'aurais crû. Ça m'a aidé à valider mes sentiments, à les apprivoiser et à les accepter. Je m'en voulais d'être enragée, je m'en voulais d'être jalouse et frustrée. Je n'osais pas le montrer ailleurs, mais ici, je me le permettais. Au diable les gants blancs! Si on n'aimait pas ce que j'avais à dire, on n'avait qu'à ne pas me lire! Écrire ici m'a aidée à classer mes pensées, à faire du ménage et à libérer bien des douleurs accumulées. J'ai réussi à dire ce que je voulais dire depuis longtemps, sans avoir l'impression d'ennuyer les autres avec mes problèmes. Puis, je suis tombée enceinte. Ayant été éprouvée une fois, j'ai vécu la grossesse avec une vision d'infertile, avec la sensibilité de quelqu'un qui sait ce qu'elle peut perdre. Il y a une différence, quand on a déjà perdu une bébé et quand on ne l'a jamais vécu. Quand on n'a jamais eu de fausse-couche, on a peur de perdre notre bébé, bien sûr. C'est normal et je crois que c'est le cas de toutes les femmes, fertiles et infertiles. Mais la peur reste raisonnable. On se dit inconsciement que ça n'arrivera pas, que tout ira bien. On est capable de continuer à sourire en caressant notre ventre. On peut quand même déjà rêver à la chambre du bébé, au prénom, à la couleur des pyjamas. Mais quand on en a perdu un, tout change. On sait concrètement ce que c'est, de perdre notre bébé. On connaît la douleur de l'intérieur. On n'ose plus voir trop loin, de peur de se faire encore une fois dérober notre rêve. J'ai donc vécu ma grossesse avec ce petit nuage au-dessus de ma tête. J'en ai profité, c'est certain! J'ai savouré chaque seconde avec mon Pépin. Mais je l'ai vécu à ma façon, et mon blog m'a servi à parler de tout ça alors que je ne me sentais pas toujours à l'aise de le faire ailleurs. Ici, c'est chez moi. Je suis libre de penser comme je le veux, même si parfois ça peut sembler insensé. Je me sentais prise entre deux camps. D'un côté, les infertiles qui devaient se dire "arrête de jouer les martyres! Tu es enceinte maintenant! Tu as ce que nous rêvons d'avoir." D'un autre côté, les femmes enceintes et les mères, avec qui je ne me trouvais rien en commun et qui devaient se dire "reviens-en!" sans comprendre. Le camps des ex-infertiles-enceintes-et-fort-probablement-bientôt-mamans était assez petit... Je n'étais plus tout à fait dans le premier camps, mais je ne me sentais pas du tout à ma place dans le deuxième. Maintenant que je suis maman, je ne sais plus trop où est ma place. Je pourrais bien essayer de continuer à écrire sur ma maternité vue par les yeux d'une infertile. Mais je ne me sentirais pas honnête. D'un côté, je me considère encore infertile, mais d'un autre... je n'ai pas le droit de me considérer infertile. Tant de femmes se battent encore contre l'infertilité. Tant de couples n'ont pas encore réalisé leur rêve de devenir parents. Je ne me sens pas le droit de me considérer une des leurs, puisque moi, j'ai mon bébé. Moi, j'ai réalisé mon rêve. Oui, dans mon coeur, l'infertilité a laissé une très grosse cicatrice. Mais je ne peux plus passer mon temps à regarder en arrière, à soupirer en pensant à tous ces mois décevants et douloureux. Je suis maman. J'ai ce qu'il y a de plus précieux au monde: un enfant. Pendant tout ce temps, j'ai lu, recherché, questionné sur l'infertilité et la conception. C'était un domaine qui me faisait mal, mais que je connaissais bien. Je m'y sentais comme chez moi. Pendant ma grossesse, je me suis toujours sentie plus à l'aise dans le monde de la conception que dans celui de la grossesse. Je me permettais encore d'appuyer des filles en essais en les considérant comme des consoeurs. Depuis que je suis mère, je me retiens. J'aime aider les gens, surtout quand ça a rapport avec l'infertilité. Si tout ça peut me servir à aider d'autres personnes, ce sera ça de gagné. J'ai longtemps fait partie de cette équipe, c'est juste normal maintenant pour moi d'être dans l'estrade et de les encourager. Mais peut-être ne veulent-elles pas d'une maman dans les estrades? Peut-être que les femmes faisant encore partie de ce monde ne me considèrent plus des leurs? Je ne veux surtout pas offusquer des gens, alors que ce genre de choses m'agaçait quand j'étais dans leurs souliers. Bref... Je voulais parler de la maternité vue par les yeux d'une ex-infertile, mais ça me semble très peu intéressant vu de l'extérieur. J'ai beau m'émerveiller devant les bulles de bave que fait mon fils, j'ai beau pleurer de fierté parce qu'il a tenu son jouet 4 secondes dans sa petite main, j'ai bien l'impression que ça n'intéresse que moi. Je n'en suis pas insultée, c'est simplement normal... Les histoires de bébés doivent finir par toutes se ressembler... Même si chaque respiration de mon fils m'émerveille, même si le fait de le voir me sourire, en ouvrant les yeux le matin, me rappelle à chaque fois à quel point je suis choyée, même si pour moi, Tithom est le plus beau cadeau que la vie ait pu me faire, je ne dois pas oublier par où je suis passée et qu'il y a encore bien des gens sur ce chemin. Ma place? Je ne sais plus où elle est, si j'en ai encore une... Je vais tenter de m'en tailler une à ma mesure... la place d'une nouvelle maman, ex-infertile, ex-amère, qui s'épate devant le visage bien rond de son bébé tout en gardant en tête que ce rêve n'est malheureusement pas accessible à tous. Ma place, celle de la maman de Tithom, celle de la blonde de Hom celle de Kiwi, auteure de ce blog en constante évolution. Libellés : infertilité (III), nouvelle maman 21 avril 2006Une petite fiertéQuand nous essayions d'avoir un bébé, les petites étapes franchies, si minuscules soient-elles, nous rendaient fiers. J'ai eu des règles sans les provoquer? Super! J'ai ovulé pour la première fois? Merveilleux! On s'accrochait à ce qu'on avait... Maintenant que je suis maman, d'autres petites choses me rendent très fières, même si elles peuvent sembler banales pour d'autres. Et hier soir, mon coeur s'est rempli de fierté pour mon petit garçon qui grandit si vite. Hier soir, il a bien tenu sa tête pour la première fois. ![]() Oh bien sûr, il la tenait déjà un peu... mais hier, il l'a tenue longtemps, haut et fort! Il a placé ses petits bras, s'est acotté sur ses mains et a levé la tête, comme s'il avait toujours fait ça. Il L'a tenue bien haute, en me regardant prendre des tas de photos de lui comme une folle. J'étais tellement fière, j'en avais les larmes aux yeux. C'est fou, les petites choses qui peuvent sembler si grandes quand elles sont vues à travers les yeux d'une maman! Libellés : nouvelle maman, Tithom 18 avril 2006Des petits pyjamasQuand nous avons acheté la maison, il y a 2 ans, j'avais un petit rêve... Celui de voir ma corde à linge remplie de petits pyjamas... ![]() Libellés : nouvelle maman 6 avril 2006Un saut difficileJ'ai un contrat qui revient à tous les 6 mois et c'est bientôt le temps. Dans une semaine ou deux, je recommencerai ce contrat. Je voudrais bien le laisser tomber, mais je ne peux pas (financièrement) et je ne veux pas vraiment (seul contrat que j'aime vraiment). Cette fois-ci, la venue de ce contrat amène des tas de questions et je n'arrive pas à trouver des réponses qui me plaisent. Si c'était un contrat comme les autres, je ne me poserais pas de question. Je le ferais de la maison, comme les autres, avec bébé près de moi, et ça finirait là. Mais non, pour ce contrat-là, je dois me déplacer et passer plusieurs journées à l'extérieur. La dernière fois, j'ai dû passer 7 jours complets (dans l'espace de 6 semaines) dans leurs bureaux. Cette fois-ci, je voudrais ne pas avoir à me déplacer du tout, mais je n'aurai pas le choix... Juste de penser à faire garder Tithom et le coeur me brise. Mais faire garder Tithom n'est pas si pire comparativement à ce qui fait éclater mon coeur en miettes... ce qui amène des larmes à mes yeux juste à y penser... ce qui peut sembler ridicule et possessif pour d'autres, mais qui est très important pour moi... l'allaitement. Je tire mon lait de temps en temps depuis ma première montée laiteuse, dans le but justement de faire des réserves pour mes journées de pige. L'idée de donner un biberon à mon fils ne me plaît pas du tout, mais je pourrais me faire à l'idée si c'était moi ou Hom qui le lui donnait. Mais non. Ça devra être une grand-mère et je n'arrive pas à me faire à l'idée. JE le nourris, de MON lait. JE suis sa source de vie. JE suis celle qui le fait grandir, grossir, se développer. J'ai le privilège de vivre cette relation spéciale avec lui, de le tenir près de moi, alors que MON lait coule dans sa bouche, qu'il serre les poings, ferme les yeux et boit. Ça m'appartient. Ça nous appartient. C'est notre petit moment à nous deux, notre terrain privé. Ça me fait mal de penser que quelqu'un d'autre pourrait avoir ce privilège, encore plus si ce n'est pas Hom. Je ne peux pas imaginer Tithom dans les bras de quelqu'un d'autre, buvant mon lait dans une bouteille, sans que je ne sois là. Je ne peux imaginer qu'une simple bouteille puisse changer mon statut d'essentielle. Je n'ai rien contre le biberon en tant que tel. Bien sûr, si je pouvais m'en passer, je le ferais. Mais je n'aurai pas le choix. Les chances que je puisse passer seulement quelques heures dans les bureaux de mon client sont minces. Ma mère et celle de Hom se sont offertes pour garder Tithom. Une amie et mon père aussi. Je leur fais confiance, le problème n'est pas là. Je dois être trop possessive, je ne sais pas... Déjà que je vais manquer quelques heures de la vie de mon bonhomme, que pendant plusieurs heures, je ne saurai pas ce qu'il fait, s'il est bien, s'il dort, s'il s'amuse... si en plus je dois me demander s'il boit bien... même si au fond je sais qu'il boira bien... mais pas de mon sein... Je dois me compliquer la vie pour rien, j'imagine... Je n'aurai pas le choix de plonger, même si ça ne me tente pas du tout. Je sais, au fond de moi, qu'un biberon ne lui fera pas de tord. Ce sera mon lait en plus. Je sais qu'il ne m'en voudra pas. Je sais que je continuerai à être sa maman, à être celle qui lui fournit son lait, à être essentielle, malgré le biberon. je sais que je resterai sa maman qui l'aime et qu'il aime. Je sais que ça ne fait pas de moi une mauvaise mère. Je sais que c'est quand même pratique, s'il prend le biberon, si j'ai à sortir d'urgence, par exemple... Je sais que ça ne gâchera pas mon allaitement. Je sais qu'il ne préfèrera pas sa grand-mère à moi. Je sais tout ça! Mais je n'arrive quand même pas à faire la paix avec tout ça... J'ai encore quelques jours, peut-être semaines, avant de devoir faire le grand saut. Nous allons lui donner le biberon avant, question de l'habituer et de voir s'il le prend bien. Peut-être qu'après avoir vu Hom nourrir bébé, je serai un peu moins possessive... C'est à suivre... Libellés : allaitement, nouvelle maman, travail 5 avril 2006Des nuits plus longuesLa nuit, Tithom grogne beaucoup en dormant. Comme nous faisons du co-dodo, ça nous empêche un peu de dormir. Lui, par contre, dort comme une buche. Souvent, on l'entendait forcer comme pour passer des gaz ou une selle. On se levait habituellement pour changer sa couche, ce qui finissait de le réveiller et lui donnait faim. Je l'allaitais alors. Ça se reproduisait aux 3 ou 4 heures environ. Le jour, il faisait la même chose, mais je le laissais patienter, je voyais bien qu'il dormait. Et ça finissait par passer. On a donc eu la brillante idée de faire la même chose la nuit. Depuis quelques jours, il fait des nuits de 5 heures. Ce qui veut dire qu'il dort de minuit à 5h... Pas mal du tout! Il a même fait une nuit de 6 heures en fin de semaine. Sans compter l'heure avancée! Quand il se réveille vers 5h30, Hom se lève, plutôt que de se recoucher, vu qu'il se lève habituellement vers 6h, et va s'entraîner. Moi, en grande dormeuse que je suis (eh, on ne peux pas changer du jour au lendemain, ça prend du temps ces choses-là!) je l'allaite et je me rendors, avec bébé collé sur moi, pour un autre 2 heures. Ça fait tellement de différence, dormir plusieurs heures d'affilée! Libellés : allaitement, nouvelle maman, Tithom 3 avril 2006Bonheurs quotidiensÀ chaque jour, je vis des tas de petits bonheurs qui me rapellent à quel point je suis choyée. Mes chances, mes bonheurs, c'est... Ton gros sourire pas de dent le matin. Replacer tes petits cheveux fous après le boire. Un petit bas dans la sécheuse. Un jouet qui traîne dans le salon. Donner un bisou sur ta joue encore humide de lait. M'endormir le nez dans tes cheveux. Ta peau si douce après le bain. Voir ton papa si fier de te tenir dans ses bras. Quand je te prends et que tu arrêtes de pleurer. Enlever ta pantoufle pour te chatouiller les orteils. Ta joue sur mon épaule. Tes yeux émerveillés par ton mobile de moutons. Tes doigts qui se referment sur mon pouce. Quand tu dors en boule à côté de moi. Te serrer dans mes bras quand ça ne va pas. Une bulle de savon sur ton bedon rond. Ton papa qui te chante une berceuse. Tes gazouillis qui me font rigoler. La famille que nous formons, tous les trois. Être ta maman. Tout simplement. Libellés : nouvelle maman, Tithom 26 mars 2006Papa doit travaillerIl ne reste plus qu'une journée avec Hom à la maison. Déjà 8 semaines d'écoulées depuis la naissance de Tithom. Ça a passé tellement vite! J'ai eu énormément de chance d'avoir mon chum avec moi pour les premières semaines avec le bébé. Nous avons appris ensemble à prendre soin de Tithom. Nous avons appris ensemble ce qu'était notre nouvelle vie de famille. J'étais habituée à être seule toute la journée, toute la semaine. C'était tout un changement de me retrouver, du jour au lendemain, avec un bébé et un chum à la maison! Mes journées tranquilles et silencieuses se sont transformées en journées animées et parfois épuisantes, mais toujours remplies d'amour. Je n'étais plus seule dans ma maison, devant mon ordi, à travailler. J'étais maintenant avec ma petite famille, bébé se balançant, Hom grattant sa guitare près de nous. Je ne déjeunais plus seule devant une revue. Je déjeunais entre deux boires, avec Hom, avec les nouvelles à la télé en bruit de fond. Toutes les tâches ont été partagées en deux. Hom a fait plus que sa part, même! Il faisait la vaisselle, une partie du lavage, les vidanges, le recyclage, l'épicerie... Il changeait les couches et endormait bébé quand maman avait les nerfs à vif. Il m'a encouragée à ne pas lâcher prise pour l'allaitement. Il m'a appris à me réveiller sur demande, moi qui étais une grande dormeuse. En 10 ans de vie de couple, nous n'avions jamais passé une si longue période, 24 heures sur 24 ensemble. Ça m'a pris un temps d'adaptation. Je devais non seulement m'adapter à ma nouvelle vie de maman, mais je devais aussi m'habituer à bien des petits trucs énervants de Hom. J'ai beau l'aimer de tout mon coeur, mon corps et mon âme, il a certaines manies qui finissent pas me tomber sur les nerfs. Huit semaines, c'est quand même un bon bout de temps! Il retourne travailler mardi. Il va me manquer sans bon sens. Je vais m'ennuyer de tout, même de ses manies énervantes. J'aimais nos journées, tous les trois ensemble, à ne pas se demander qu'est-ce qu'on ferait aujourd'hui, à ne pas suivre d'horaire, à ne pas nous en faire avec le travail, le souper, le ménage. J'ai adoré découvrir le papa merveilleux qu'est Hom. Et je continue de le découvrir un peu plus à chaque jour. Je vais m'ennuyer de sa présence rassurante quand je doute de mes compétences de maman, de sa façon de me remettre sur la bonne voie quand je déraille. Je vais me retrouver seule avec Tithom pour une grande partie de la journée. J'ai très hâte, mais ça me fait aussi peur. Je vais y arriver, j'en doute pas. Mais le papa va nous manquer. Ça fera sans doute des retrouvailles joyeuses le soir venu. Et nous savourerons chaque petit moment passé en famille. La routine s'installera à nouveau. Certaines habitudes reviendront, d'autres partiront à jamais. C'est encore une nouvelle vie qui commence. Une vie de famille. MA famille. Libellés : congé de maternité, famille, Hom, nouvelle maman, travail 18 mars 2006Cerveau endormiDepuis notre retour de l'hôpital après l'accouchement, nos habitudes de sommeil sont chamboulées. Bon, tout le monde le sait, un nouveau-né, ça dort beaucoup, mais pas longtemps à la fois. On le savait, donc pas de surprise là. Ce qui nous a par contre surpris, c'est comment notre cerveau ne semble pas toujours suivre le rhytme du corps... Ça a commencé quelques jours après notre retour à la maison. Une nuit, alors que nous dormions tous, Hom se lève d'un coup, allume la lampe de chevet et se met à fouiller frénétiquement les couvertures. Encore endormie, je lui demande ce qu'il fait. Il me répond qu'il cherche le bébé. "Mais voyons chéri, il est dans son siège, juste là..." Une autre nuit, Hom s'est réveillé en train de bercer un paquet de couvertures en boule dans ses bras... J'ai moi aussi cherché le bébé dans les couvertures à quelques reprises... Cette nuit, le cerveau endormi de Hom lui a encore joué un tour. Hom s'est réveillé alors qu'il cherchait le bébé dans le panier à linge sale. Où est le bébé? Mais où est-il donc?? Je ne sais pas pour toi chéri, mais moi, je ne l'ai jamais mis dans le panier à linge sale... On la rit encore. Nous ne sommes pas fatigués, non non... enfin, peut-être un tout petit peu? Libellés : Hom, nouvelle maman 14 mars 2006SuiviHier soir, j'ai demandé à Hom s'il allait m'accompagner chez le médecin aujourd'hui. Il m'a demandé "est-ce qu'il va y avoir des infertiles?" Comme j'ai souvent eu des rendez-vous en fertilité le mardi matin, nous avons décidé qu'il resterait à la maison avec bébé. Je suis donc allée seule chez le médecin. L'infirmière m'a pesée (je suis bien contente de voir que j'ai seulement 5 livres de plus sur leur balance aussi!), a pris ma pression et m'a posé quelques questions. Le médecin m'a demandé si j'avais eu mes premières règles. Je lui ai dit "non, et ça ne me surprend pas vraiment... je ne suis jamais menstruée habituellement." Il s'est alors souvenu de mes cycles anovulatoires interminables. Il m'a examinée (col atrophié, mais ok) et m'a dit que j'avais l'air en super forme. Nous avons parlé un peu de ce qui m'inquiétait, par rapport à un deuxième bébé. Je dois attendre quelques mois après avoir arrêté d'allaiter pour voir ce que mon cycle aura l'air (mon quoi?) et je prendrai rendez-vous à ce moment-là. Il m'a dit de ne pas trop m'en faire pour le Femara, que l'étude n'est pas claire encore et que ça risque de rentrer dans l'ordre... on verra bien pour ça. Il m'a aussi dit que ça pouvait arriver, après une grossesse, de redevenir régulière. J'en doute fort pour mon cas, mais bon, pourquoi pas... Je ne prendrai aucun contraceptif, de toute façon, je trouve ça complètement illogique pour moi. J'ai passé des année à essayer de faire un bébé, là, je ferais en sorte de l'empêcher...? Si miracle il y avait, nous le prendrions plus que volontiers! Conclusion: j'allaite, je ne pense pas au futur, je m'occupe de Tithom et quand l'allaitement sera terminé, on passera à la prochaine étape! Rien de fantastique comme plan, mais c'est ce à quoi je m'attendais et ça fait mon affaire. Dossier clos pour le moment. Libellés : bébé #2, nouvelle maman, postpartum 12 mars 2006Nuit à l'hôpitalJeudi soir, nous nous préparons à nous coucher, comme à l'habitude. Vers 23h, Hom se lève pour changer la couche de Tithom, qui chignait. Quelques instants plus tard, il m'appelle de la chambre de bébé. "Kiwi, viens ici s'il-te-plaît! Maintenant!" Je me rends à la chambre et il me montre la couche de Tithom. Sans entrer dans les détails, disons que la couleur (verte) n'était pas normale et la présence de mucus teinté de sang nous a plutôt fait paniquer. Sans tarder, j'appelle Info-Santé. Tithom semblait bien, ne se plaignait pas. Il avait passé une belle journée comme les autres. Bref, rien d'anormal. La dame d'Info-Santé me pose des questions, me demande de prendre sa température (parfaite) et me dit finalement de me rendre à l'urgence car du sang dans les selles de bébé, ce n'est pas normal et mieux vaut ne pas prendre de chance. À l'urgence? Avec Tithom? Seigneur... mon coeur se brise juste à y penser! En quelques secondes, les pires scénarios se bousculent dans ma tête. Je reste là, figée, les yeux pleins d'eau. Hom doit me répéter de m'habiller, qu'on doit y aller. Ce n'est peut-être rien, mais il vaut mieux se déplacer pour rien que de regretter plus tard. C'est bon, je m'habille, nous partons. Le parcours en voiture est plutôt silencieux. Il pleut, Tithom dort et je suis pensive. J'essaie de voir s'il n'y a pas quelque chose qui nous aurait échappé, un indice, un signe que bébé n'allait pas bien. Rien. Je me pose des questions sur mon lait, sur ce que j'ai mangé, sur le Femara qui cause des malformations intestinales... Je remets tout en cause quand pourtant, je sais au fond de moi que nous n'avons rien à nous reprocher. Hom me serre la main. Arrivés à l'hôpital, nous avons dû attendre un peu avant de passer au triage car des ambulances entraient sans arrêt. Nous sommes finalement passés vers 00h30. Bébé dormait encore. On nous a envoyés dans une salle séparée, pour ne pas attendre avec les autres patients. J'avais souvent lu qu'ils faisaient passer les bébés plus rapidement à l'urgence. Ça ne s'est pas avéré être notre cas. Nous avons patienté dans une salle nommée "salle des abcès". Déjà là, pas très attirant comme endroit! Une petite salle presque vide. Une civière, deux chaises et des armoires sur lesquelels sont collés plein d'étiquettes indiquant ce qu'il y a à l'intérieur: seringues, speculums, etc. Notre curiosité nous pousse à tout lire (il faut bien passer le temps!) et nous découvrons avec dégoût ce qui se cache dans un tiroir (cabarets pour drainage d'abcès - dégueulasse!) et dans une armoire (draps rigides pour civière de décès - morbide!). J'essaie de dormir un peu, assise dans ma chaise droite, acottée sur mon manteau plié en boule. Vers 3h30, on nous appelle finalement. C'est quand même du rapide! Dans la salle de consultation, on prend la température de bébé. Tout est beau. Hom change sa couche et ne remarque rien d'anormal. Il gigotte, alors je prends le temps de l'allaiter. Le médecin arrive finalement pour l'examiner. Tithom charme tout le monde avec ses beaux yeux et son calme. Le doc l'envoie passer une radiographie de ses intestins. C'est Hom qui l'accompagne. De retour à la salle de consultation, on nous dit que tout est beau. Tithom souffre de diarrhée et ça a sûrement irrité son intestion, ce qui a causé le mucus et les gouttes de sang clair. C'est peut-être juste une petite fissure aussi. Je dois faire attention à ce que je mange, on doit lui mettre de la crème sur les foufounes et bien surveiller ses selles, mais tout devrait entrer dans l'ordre sous peu. Plus de peur que de mal, heureusement. Depuis, Tithom n'a plus saigné, ses selles sont redevenues normales et elles ont même diminué (de 10 par jour, elles sont passées à 6). Il est très réveillé, très heureux, il boit bien, grossit bien et mouille ses couches. Bref, un petit bobo passager qui nous a fait bien vivre ce que c'est qu'être parent: s'inquiéter et aimer sans limite. Libellés : nouvelle maman, Tithom 4 mars 2006Dommages collatérauxMon corps a beaucoup changé depuis de 3 ans. Les traitements en fertilité avaient apporté plusieurs changements, dont une prise de poids et une perte de cheveux importante. Je n'avais pas vraiment réussi à perdre le surplus de poids pris à cause des injections avant de tomber enceinte. La grossesse a ensuite changé mon corps d'une toute autre façon. Mon ventre s'est arrondi, mes seins ont grossi, mes hanches se sont courbées et mes cheveux ont épaissi pendant les 9 mois où Tithom grandissait en moi. J'ai peu à peu oublié ce que j'étais avant. À la fin, je ne voyais plus mes pieds. Je n'avais pas pu faire mon bikini depuis belle lurette, puisque cette région était rendue inacessible à cause de la bédaine. Mos dos me faisait mal. J'étais enflée. Vers la fin, des vergetures et de l'érythème autour de mon nombril sont apparus. Mon nombril s'est d'abord étiré, pour ensuite s'ouvrir et finalement se retourner et sortir de sa cachette. J'avais de la difficulté à mettre mes bas le matin sans risquer de me casser le cou. Je dormais mal, ne trouvant plus de position confortable. Ma peau était rendue horrible, j'avais plein de rougeurs et de boutons dans le visage. Mon tunnel carpien me faisait souffrir. Je me réveillais la nuit avec les deux bras engourdis et la douleur pouvait parfois durer toute la matinée. Je ne me plaignais pas car tout ça est arrivé petit à petit, sans vraiment me déranger. J'étais prête à sacrifier mon corps (pour quelque temps) pour donner la vie. Mais vers la fin de la grossesse, j'avais quand même hâte de retrouver mon corps d'antan. Oh quelle naïveté! Après l'accouchement, j'ai dû constater les dommages. Non seulement la grossesse avait ravagé mon corps, mais l'accouchement en avait rajouté. Les hémorroïdes et les points (pour déchirure) ont rendu mes retrouvailles avec mon corps très difficiles. J'ai eu peine à m'asseoir pour des jours. Heureusement, ces dommages sont disparus avec le temps... Je ne peux pas en dire autant de ceux causés par la grossesse. Bon, les pieds enflés, ça s'est vite réglé. Première photo: avant d'accoucher. Deuxième photo: une semaine après l'accouchement. Je retrouvais mes chevilles et mes oreils n'avaient plus l'air de petites saucisses à cocktail! Mon ventre, quant à lui, n'a pas retrouvé sa forme d'antan... Il est moins rond, j'en conviens, mais bien plus flasque. Première photo: avant d'accoucher. Deuxième photo: un mois après l'accouchement. J'en ai bien perdu, mais ce qu'il reste est le plus difficile à faire fondre: le restant de bédaine et la peau étirée et molle. Il y a aussi les vergetures qui ne partiront pas. Elles pâliront avec le temps, mais resteront toujours, comme un tatouage soulignant le passage de la cigogne. Pour le moment, elles sont brunes et creusées. La fameuse ligne brune, celle que j'appelais affecteusement mon "zipper" n'est pas encore disparue. Elle sépare encore mon ventre en deux sections: la droite, flasque, et la gauche, tout aussi flasque. Et puis il y a ce nombril... ce trou immense au centre de mon ventre. Il était jadis si petit et fermé. Une toute petite ligne, un nombril bien creux dont je n'avais jamais vu le fond. Aujourd'hui, ce trou est béant, large et pas creux du tout. Mais il y a aussi les bons côtés. Ma peau est redevenue belle, je n'ai plus mal au dos, mon syndrôme du tunnel carpien s'est résorbé, je dors bien, je peux mettre des bas sans danger, mes bottes d'hiver s'attachent à nouveau, j'entre dans mes vêtements et aucune partie de mon anatomie ne m'est inaccessible. J'aimais mon corps avant ma grossesse. Bon, bien entendu, comme toutes les femmes, j'y trouvais plein de défauts, mais il faisait mon affaire. Je l'ai encore plus aimé pendant ma grossesse. Ça m'épatait de le voir se transformer et former une autre vie. Vers le 6e mois, je me sentais vraiment belle et féminine. Puis, à la fin de la grossesse, je me sentais énorme, lourde et maladroite. J'aimais un peu moins ce corps dont je perdais le contrôle. Lors de mon accouchement, j'ai gagné un nouveau respect pour mon corps. Je l'admirais pour sa force, pour le rôle qu'il jouait. Il a donné vie, mis au monde mon enfant. Comment ne pas aimer ce corps? Puis, après l'accouchement, malgré les dommages collatéraux, malgré les vestiges de la grossesse et de l'accouchement, malgré la peau lousse et le ventre ramolli, j'aime mon corps d'une nouvelle façon. Ce corps qui a formé et donné vie nourrit maintenant notre enfant de son lait. Mon corps ne sera plus jamais ce qu'il était il y a 3 ans. J'aimerais bien perdre ce petit ventre et faire disparaître les vergetures, mais si c'est ça, le prix à payer pour avoir eu la chance de donner la vie, je suis prête à le payer. J'ai économisé longtemps pour le payer. Libellés : nouvelle maman, postpartum 25 février 2006Retour en arrièreJ'ai raconté mon accouchement, mais je n'ai pas vraiment donné mes impressions. En fait, mes impressions ont changé depuis. Plusieurs fois même. Peu de temps après l'accouchement, je me sentais triste en repensant au déroulement de la naissance de Tithom. J'avais fait un plan de naissance et plusieurs choses n'avaient pas été suivies. Pas par manque de respect, mais parce que les circonstances ont rendu ces demandes impossibles à remplir. Par exemple, nous voulions que Hom sorte bébé de moi et le dépose sur mon ventre, mais à cause des forceps, ce n'était pas possible. Je voulais l'allaiter dans la première heure, mais il était loin de moi... Bref, des petites choses, certes, mais des choses importantes à mes yeux. J'avais bâti cette image de mon accouchement idéal dans ma tête... J'étais consciente que ça ne se déroulerait pas comme ça, mais j'osais espérer que ce qui comptait le plus à mes yeux arriverait. Bref, dès le départ, quelques petits deuils à faire. Rien de dramatique, rien qui n'a laissé de trace permanente. Les hormones des premiers jours ont rendu mes émotions plus grandes que nature et difficiles à gérer. Je voyais tout pire que ce ne l'était et je pleurais pour des petits détails qui au fond n'étaient pas si importants en bout de ligne. Je ne suis pas du genre à regretter. Je regarde de temps en temps en arrière, peut-être, mais c'est pour mieux faire la paix et pouvoir avancer sans retenue. Lors de mon retour à la maison, j'étais très déçue d'avoir manqué les premiers moments de vie de Tithom. J'étais déçue de ne pas avoir de photo de sa naissance, de Hom en train de couper le cordon... J'étais déçue de ne pas avoir pu profiter plus de notre séjour à l'hôpital... J'aurais aimé, les premiers jours, me concentrer sur Tithom, me reposer, couchée près de lui, en paix. Mais avec toutes les vistes des infirmières pour moi et pour Tithom, les repas, les rencontres, les visites de la famille, les traitements pour les divers maux, il ne nous restait plus grand temps à nous... J'ai eu l'impression que les premiers jours m'ont glissé entre les doigts et que je ne pourrais plus jamais les ratraper... J'avais l'impression que j'avais manqué quelque chose de primordial. Puis, une semaine après la naissance de Tithom, tout ça était effacé. Même les moins beaux moments m'étaient maintenant très chers et j'y tenais autant qu'aux plus beaux. Le baby-blues m'avait quittée et je pouvais maintenant revenir en arrière sans avoir une boule dans la gorge. Et aujourd'hui, quatre semaines après mon accouchement, j'ai le coeur gonflé de fierté en pensant aux premiers moments avec notre garçon. Peu importe si ça ne s'est pas passé comme j'en rêvais. Après tout, sa conception ne s'est pas passée de façon idéale non-plus! Les choses les plus importantes (accouchement naturel, péridurale à ma demande, bébé en santé, allaitement, etc.) s'étaient déroulées de façon assez fidèle à mes attentes pour que je n'en ressente aucune amertume. Je suis très fière d'avoir enduré la douleur si longtemps (à mes yeux). Je suis fière de ne pas avoir perdu les pédales, d'avoir gardé mon calme et mon enthousiasme malgré tout. Je suis fière d'avoir travaillé si fort, sans trop me plaindre. Je suis fière de Hom, de son support extraordinaire et de sa présence si rassurante et forte. Je suis fière de notre positivisme. Je suis fière de notre force et de notre unité. Je suis fière de la naissance de notre fils. Je suis fière du chemin que nous avons parcouru pour nous y rendre, même s'il a été difficile et que je m'en serais sincèrement passée. Je suis fière de notre histoire. La naissance de Tithom est unique. C'est le souvenir le plus précieux que j'ai et je compte bien le chérir très longtemps. Libellés : nouvelle maman, postpartum 22 février 2006Un petit rhumeDepuis 3 jours, Tithom a un petit rhume. Rien de bien grave, mais juste assez pour chambouler nos habitudes si nouvelles et précaires. Il ne tousse pas vraiment, n'a pas le nez qui coule. Il est seulement un peu congestionné, ce qui rend son sommeil très fragile. Et rare. Dès qu'on le couche, il râle, il chigne, il gigotte, se tortille... On a essayé tous les endroits possibles: son lit, son berceau, notre lit, le siège d'auto (dans lequel il dormait très bien jusque là), la balançoire, la chaise vibrante... Ce n'est que dans nos bras qu'il réussit à trouver le sommeil. Dans une position verticale, les sécretions ne lui obstruent pas la gorge et le nez et il respire bien. C'est bien beau, mais ce n'est pas toujours évident de dormir avec un bébé dans nos bras, à la verticale. Nous avons donc passé les deux dernières nuits avec bébé sur nous, dans le porte-bébé, chacun notre tour. Pour quelques heures, l'un de nous deux dormait assis, sur le sofa du sous-sol, avec bébé dans le prote-bébé ventral. Pas confortable pour papa et maman, mais eficace pour bébé. Dès l'heure du boire, nous échangeons les rôles et permettons à l'autre de dormir un peu. C'est dur sur le dos et le cou, surtout, mais c'est aussi dur sur le couple. Quand on manque de sommeil, on devient bougons, on a la mèche courte et peu de patience. En plus, Hom est aussi enrhumé, ce qui n'aide pas notre cause... Enfin, des petits problèmes ordinaires qui semblent gros quand on manque de sommeil... Et qui sembleront sûrement très insignifiants dans quelques jours... Tithom n'a qu'un petit rhume et mon coeur de maman a mal. Je ne peux imaginer ce que les parents d'enfants très malades ont à traverser... Quelles images déchirantes doivent-ils tenter d'effacer de leur mémoire... Je mets des gouttes dans le nez de mon fils, il pleure et me regarde, comme s'il me suppliait d'arrêter... et mon coeur vole en miettes... Son petit regard rempli de larmes me hante... Déjà la phrase "c'est pour ton bien, mon amour" me semble ridicule, même si vraie. Si petit, sans défense et déjà il découvre les mauvais côtés de l'hiver québécois... Libellés : nouvelle maman, Tithom 18 février 2006L'allaitementJ'ai eu ma montée de lait en revenant de l'hôpital. Bébé ne voulait plus prendre le sein, c'était bien trop gros et dur pour lui! Je le comprends, pauvre lui, j'avais des seins jusque dans le cou et sous les bras! Je réussissais à moitié à lui donner le sein couchée, mais il n'avalait pas grand chose. Nous avons passé la première nuit collés juste nous deux. Hom a dormi sur le divan, il avait trop peur d'écraser bébé dans son sommeil. Je le nourrissais de peine et de misère, mais mes seins étaient durs comme de la roche. J'avais beau extraire du lait avant, Tithom ne voulait pas garder le sein dans sa bouche, ça coulait trop vite pour lui. J'étais découragée, je trouvais ça très demandant en partant et là, ça ne fonctionnait même pas... Le lendemain a été pareil. La seule chose que j'arrivais à faire, c'était de remplir sa bouche de lait pour qu'il l'avale... Je me sentais tellement incompétente, tellement nulle... pas capable de nourrir son enfant! Mes seins défiaient la gravité et auraient rendu jalouse n'importe quelle call-girl. C'était immense et dur sans bon sens! J'avais, pour la première fois de ma vie, une vraie craque! Mes seins se touchaient, c'est pas peu dire... Et ça commençait à faire vraiment mal... Ma mère est venue nous rendre visite et une amie aussi. Bébé a dormi tout ce temps et nous avons regretté par la suite de ne pas avoir mis mon amie dehors plus tôt pour en profiter pour nous reposer. J'avais les émotions à fleur de peau, avec toute l'accumulation de fatigue, d'émotions fortes et d'hormones des derniers jours... Je pleurais à rien, à chaudes larmes. Tout me semblait gros et noir. Tithom n'avait presque rien bu de la journée. Ma marraine d'allaitement m'avait suggéré de mettre des feuilles de chou sur mes seins pour soulager la douleur et de les compresser pour les désengorger un peu. C'est ce que j'ai fait. Dans la nuit, Hom est allé à la pharmacie acheter des couches et il m'a acheté un tire-lait. Nous avons nourri bébé avec un compte-gouttes, ne sachant plus quoi faire. Les feuilles de chou ont fait effet, je n'avais plus trop mal. Je sentais peut-être la soupe au chou et je n'étais peut-être pas du tout chic avec mes feuilles de chou dans mon soutien-gorge, mais au moins, je ne souffrais plus. Le matin venu, j'ai rappelé ma marraine d'allaitement, en détresse. Bébé ne boit pas, il ne fait plus de selle, qu'est-ce que je fais? Je ne veux pas lui donner de biberon, mais je ne veux pas qu'il soit malade non-plus! Pourquoi est-ce que je suis si pourrie pour le nourrir? C'est supposé être naturel! Suis-je une si mauvaise mère? Ce n'était peut-être pas fait pour moi... Hom est allé chercher une seringue de plastique à la pharmacie et nous l'avons nourri ainsi, avec le lait que je tirais. Nous sommes allés à la halte d'allaitement avec ma marraine, question de voir si c'était un problème de position ou de réflexe d'éjection ou seulement un caprice. L'infirmière de la halte m'a complètement dégoûtée. Elle était en train de manger sa salade quand elle m'a pris le sein et l'a placé de force dans la bouche de mon gars. Excuse-moi, ça ne te tenterait pas d'avaler ta bouchée avant de me tripotter? Je trippe juste pas de me faire mâcher dans les oreilles pendant que tu pinces mon mamelon pour nourrir mon fils. Vraiment, aucune classe... Nous avons pu en conclure par contre que ce n'était pas un problème de position. C'était juste trop gros, trop dur et ça coulait trop vite. Nous devions nous armer de patience et ne pas nous battre avec bébé pour le nourrir de force. Il finirait bien par revenir au sein. De retour chez nous, ça ne fonctionnait toujours pas. Je pleurais, je ne savais plus quoi faire, je ne comprenais rien. J'avais tout lu sur l'allaitement, j'avais les ressources, le support... Pourquoi est-ce que ça ne marchait pas? Étais-je folle d'y tenir autant? Pour moi, c'était hors de question de lui donner un biberon. L'allaitement était bien trop important pour moi et je suis très entêtée. Ça faisait près de 24h que bébé n'avait pas fait de selle, ça commençait à nous inquiéter. Il buvait pas mal à la seringue, mais ça ne remplaçait pas le sein maternel... Puis, enfin, il a fait une selle. Je crois que nous ne serons jamais aussi heureux de changer une couche que nous l'étions à ce moment-là. S'il y avait quelque chose qui sortait, c'était qu'il y avait bien quelque chose qui entrait. C'était bon signe et ça nous enlevait un poids de sur les épaules, même si l'allaitement n'était pas réglé. Le jour suivant, le jeudi, bébé buvait toujours à la serignue. Nous prenions tout en note: les heures, la quantité, les couches... Les choses semblaient se placer, mais Tithom se choquait encore quand je lui mettais le mamelon dans la bouche. On m'a parlé de muguet, on m'a donné des conseils, des nouvelles positions... Je ne voulais vraiment pas aller à la clinique d'urgence avec un bébé de 5 jours, entre les madames qui toussent et les vieux qui éternuent... J'ai donc parlé à l'infirmière du CLSC qui devait passer chez nous le lendemain. Elle m'a dit d'attendre, qu'elle verrait s'il y avait raison de consulter. Nous avons donc encore patienté. Et j'ai encore pleuré. Foutues hormones. Le vendredi matin, l'infirmière est venue faire son tour, peser bébé, poser des questions... Je lui ai demandé si elle pouvait vérifier si c'était la position d'allaitement qui n'était pas correcte. Je me suis donc installée et après quelques secondes et une pincée de mamelon, bébé tétait, comme s'il n'avait jamais arrêté. Il tétait, enfin! Je le nourrissais directement, j'étais tellement fière et soulagée! Exit la seringue, mon bébé boit maintenant collé sur moi, les petits poings serrés et sa petite tête sur mon bras. Il est tout chaud, tout beau et s'abandonne enfin! Depuis ce vendredi, Tithom a toujours bien pris le sein droit. Il avait par contre encore de la difficulté avec le sein gauche. Il ne le prenait que si j'étais couchée. Sans être dramatique, c'était quand même fatigant de ne pas pouvoir lui donner le sein seule. En position couchée, j'avais toujours besoin de Hom pour m'aider. Je n'arrivais pas à placer mon sein et à placer bébé en même temps... Hom devait donc pousser la tête de bébé pendant que moi, je lui plaçais le sein dans la bouche. J'essayais quand même régulièrement de lui donner en position assise, au cas où il le prendrait. C'est arrivé quelques fois, mais c'était rare. Hier, c'était ma première journée seule avec Tithom. Hom devait aller aider au travail. J'avais peur de ne pas arriver à le nourrir comme il faut. Je ne savais pas ce que je ferais pour le faire boire du sein gauche. Mais je n'ai pas eu à me poser la question trop longtemps: il a pris le sein gauche sans se choquer ou se débattre. Il l'a pris et l'a repris depuis, sans problème. Une autre étape de franchie! Cette semaine, j'ai aussi eu comme une deuxième montée laiteuse. Mes seins sont redevenus durs et gros, quoi que pas autant qu'à mon retour de l'hôpital. Je sens maintenant le lait arriver aux deux heures environ. Ça picotte et ça m'élance, m'annonçant que bébé se réveillera bientôt pour son boire. On m'a dit que ça annonçait une poussée de croissance. J'avais lu et entendu toutes sortes d'histoires sur les poussées de croissance, je craignais donc le pire. Dans la nuit de mercredi à jeudi, Tithom a bu sans arrêt de 1h am à 8h am. Nous étions épuisés. Il a ensuite fait plusieurs tétées groupées dans la journées, mais il dormait entre chacune, heureusement. Puis ça s'est replacé le lendemain. Si c'était vraiment une poussée de croissance, j'ai été chanceuse... cette fois! Je n'avais pas vraiment d'attente face à l'allaitement... Je savais que ce n'était pas tous les jours faciles, mais que ça vallait vraiment la peine de persévérer. Les premiers jours, il y a plusieurs moments où je me disais "wow... maintenant je comprends les femmes qui décident d'arrêter... c'est vraiment difficile!" Mais je ne voulais pas lâcher, je tenais trop à l'allaitement. Je me disais que c'était peut-être difficile là, mais qu'éventuellement, ce serait plus facile. J'ai de bonnes amies qui allaitent ou ont allaité qui m'ont encouragée et comprise. Ma mère nous a allaités et elle m'a soutenue elle aussi. Je sais que bien des femmes se demandent pourquoi se causer autant de peine pour l'allaitement et je respecte leur choix. Mais pour moi, il n'y avait qu'un seul choix et c'était celui de donner mon lait à mon enfant. Abandonner n'a jamais été dans ma nature. Je sais que je ne fais que commencer. Après tout, Tithom n'a que 3 semaines. Peut-être que d'autres temps durs m'attendent encore. Mais pour l'instant, l'allaitement me convient et je suis convaincue d'avoir fait le bon choix et d'avoir raison de m'être entêtée. Oui, c'est demandant. Ça ne peut être que moi qui lui donne le sein, que ce soit à 1h du matin ou en plein après-midi. Ça fait mal parfois, quand bébé est affamé ou que mes seins sont engorgés parce qu'il a trop dormi, mais ce n'est rien d'insuportable. Je ne pourrai pas sortir très longtemps, à moins de lui donner un biberon (de mon lait, bien sûr). Malgré tout, je suis encore persuadée que ça en vaut la peine. C'est ce qu'il y a de meilleur pour lui et c'est même bon pour moi. C'est toujours prêt, toujours disponible et à la bonne température. Un seul regard dans les beaux grands yeux bleus de Tithom et je SAIS que ça en vaut la peine. Libellés : allaitement, nouvelle maman 6 février 2006La naissance d'un PépinJeudi le 26, je suis allée à l’hôpital en fin d’après-midi pour me faire mettre un gel de prostaglandine sur le col, question de le faire maturer un peu. J’étais en retard et rien ne se passait de ce côté... Après m’avoir mis le gel, on m’a dit de revenir le lendemain matin. On verrait à ce moment-là ce qu’on ferait. Le gel m’a donné des contractions, mais elles n’étaient pas douloureuses. Je n’ai par contre pas bien dormi cette nuit-là. Mes bras engourdissaient très vite, les contractions rendaient mon sommeil inconfortable, je pensais trop, j’étais fébrile et nerveuse... Je n’ai presque pas dormi alors que j’aurais dû récupérer pour la grosse journée qui m’attendait. Je suis donc retournée à l’hôpital vendredi matin. Rien n’avait bougé. J’avais de la chance, c’était mon docteur qui était de garde. Il savait que je ne voulais pas me faire provoquer plus qu’avec le gel. Il m’a examinée et m’a dit “tu n’es pas encore dilatée. Ton col a ramolli un peu, mais c’est tout. On va te remettre du gel et on va attendre encore un peu. Reviens me voir mardi au bureau. On ne te provoquera pas plus que ça.” J’étais bien d’accord. Il a posé le gel, d’une façon bien différente que le médecin de la veille, ce qui m’a encore fait penser que mon médecin est le seul à faire les choses comme il faut. Il était 9h. Les contractions ont commencé presqu’aussitôt à être plus douloureuses. Je les sentais bien, elles faisaient un peu mal, comme une bonne crampe de menstruation. Après plus d’une heure de monitoring, nous sommes retournés chez nous. Nous avons pris un petit dîner. Les contractions continuaient toujours. À partir de 11h30, je les comptais aux 3 minutes. J’ai pris un bon bain chaud, mais ça n’a rien changé. Je me suis couchée sur le côté gauche sur le sofa du salon, en écoutant de la musique. Ça n’a rien changé non-plus. Mes contractions étaient encore aux 3 minutes, mais ça pouvait être seulement l’effet du gel. On m’avait dit d’attendre 6 heures avant que le gel cesse de faire effet, pour voir si mes contractions étaient vraies ou non. Je devais donc prendre mon mal en patience. Vers 14h, je me lève de ma chaise et je sens quelque chose “couler”. Je cours donc à la toilette pour découvrir, déçue, seulement une toute petite trace de gélatine sur le papier. Je dis quand même à Hom que c’est bon signe, car un morceau de bouchon, ça veut dire que le col travaille... enfin! En me relevant, j’apperçois dans la toilette le fameux bouchon. Il est là, intact, gros comme mon pouce. Aucun doute là-dessus, j’avais perdu mon bouchon! Enfin un pas en avant! Je demande à Hom de venir voir. Nous sommes tous les deux dégoûtés et excités à la fois. Ça avance! On décide de regarder un film, pour passer le temps. À peine 15 minutes après le début du film, je sens ma culotte et mon pantalon se mouiller subitement. Je coule comme un robinet et je ne peux l’arrêter. Chéri, je crève mes eaux! Chéri, je couuuuule! Je ris comme une folle, Hom court partout à la recherche de quelque chose pour absorber la piscine qui se vide. Je ne peux m’empêcher de rire. Je rêvais de pouvoir faire comme dans les films et de dire à mon chum “Chéri, je crois que ça y est!” et voilà que je le vivais! Hom m’apporte une serviette de bain que je place entre mes jambes, le temps de me rendre à la salle de bains. Dans le bain, j’enlève mes pantalons. Après quelques minutes de dégoulinage, ça semble terminé. Hom appele la maternité, pour les avertir. Je mets une serviette, change de pantalons et nous voilà partis! C’est bien vrai, je vais enfin accoucher! Hom a mis un piqué sur le siège d’auto, au cas où. Il a bien fait, car à chaque contraction, la piscine continue de se vider! J’essaie de retenir, de me placer de façon à ce que ça coule dans ma serviette, mais il n’y a rien à faire, c’est le déluge! Nous arrivons finalement à l’hôpital. Mes jeans sont complètement trempés. Dehors, il fait un beau soleil, mais très froid. Le vent glacé sur mes jeans mouillés vient me geler les cuisses. Je dois m’arrêter à chaque contraction pour prendre mon souffle. Elles deviennent de plus en plus douloureuses. L’ascenceur prend une éternité à partir. Je sens les regards des gens se poser sur moi, certains devinant très bien ce qui est en train de m’arriver. Je m’en fous, je suis trop excitée à l’idée de rencontrer bientôt mon petit garçon! Arrivée dans la salle de triage de la maternité, on m’examine. Je suis dilatée à 3 cm. Enfin! Je suis admise. On me donne une belle jaquette bleue et on m’amène à ma salle d’accouchement. Il est 15h15. Je ne calcule plus mes contractions, mais je sais qu’elles sont longues, douloureuses et rapprochées. On me branche sur soluté et antibiotique, puisque j’ai testé positive au stretocoque B. J’endure encore bien les contractions, mais elles font mal dans mes reins. Je cherche une position qui les fera mieux passer. J’essaie couchée, assise, en marchant... C’est pendue au cou de Hom que j’arrive le mieux à relaxer. Il me masse le dos et m’encourage à bien respirer. J’arrive à bien faire mes respirations profondes, heureusement. Je trouve mes contractions longues. Dès que je crois qu’une finit, une autre recommence, sans repos entre les deux. Ça doit être dans ma tête... Hom me flatte, me donne des gorgées d’eau, me supporte, me tient quand je souffre. Il est très patient et calme, ce qui m’aide à ne pas perdre la tête. Vers 17h, on essaie le bain tourbillon. Je croyais vraiment que ça me ferait du bien, mais non, pas du tout. Je flotte, je suis trop petite pour le bain, je ne suis pas confortable... Sans parler des contractions! Après 20 minutes, je sors. L’infirmière m’examine: je suis encore à 3 cm. Je suis un peu découragée. On décide d’essayer le ballon. Pendant plus d’une heure, je me tortille sur le ballon, faisant des rotations de bassin pendant que Hom me fait des points de pression dans le dos. Plusieurs fois, je répète à Hom que je n’en peux plus, que j’ai trop mal, que je suis épuisée et que je ne tiendrai pas le coup jusqu’ à la fin. À chaque fois, il me dit calmement que si c’est ce que je veux, qu’on le demandera, mais qu’on peut essayer encore un peu plus longtemps... “Essaie une heure mon amour. Juste une heure. L’infirmière va revenir à ce moment-là et on verra rendus là.” Je suis d’accord, j’endure. J'essaie de prendre ça une contraction à la fois. Je tourne sur le ballon, je gémis, je chiale, mes yeux ferment tout seuls, ma tête est lourde... J’ai des nausées à chaque contraction. Je sens mon endurance et ma volonté me lâcher tranquilement. Quand j’ai mal et que je veux tout abandonner, je pense à tout ce que nous avons fait pour en arriver là. Je pense à tous les tests, tous les médicaments, toutes les déceptions. Je pense à toutes les femmes qui n’ont pas (encore) eu la chance de vivre ce que je vis. Je suis forte pour vous, consoeurs infertiles. Je réalise le rêve que nous avons en commun. Je n’ai pas le droit de vouloir abandonner. Je pense à notre bébé et un peu de force me revient. Quand l’infirmière vient m’examiner vers 18h30, je suis à 4 cm plus. Pas un gros progrès depuis que je suis arrivée à l’hôpital... On continue le ballon un peu, mais mon idée est faite. Si je veux être capable de continuer, si je veux avoir la force de pousser, je dois demander la péridurale. Je n’y arriverai pas autrement, je connais mes limites... Je suis déçue, j’aurais aimé ne pas en avoir besoin, mais j’avais décidé de ne pas m’en vouloir pour ça et c’est ce que j’ai fait. On sonne l’infirmière et on lui demande comment on doit fonctionner. Elle me dit “si tu veux l’épidurale, tu dois la demander tout de suite, car l’anesthésiste en fait une en ce moment, puis il va faire une césarienne et tu ne pourras plus l’avoir après...” Je lui donne mon accord, signe les papiers et prends une respiration. Tant pis! Je m’assieds en indien sur le lit, le dos courbé. Je tiens mes chevilles fermement, je ne dois pas bouger. L’anesthésiste est très gentil, il m’explique tout, prend son temps. Il me dit de l’avertir quand j’ai une contraction, mais de ne pas bouger et de la respirer. J’en ai une qui arrive... Je respire très fort, très profondément, très longtemps. L’anesthésiste et l’infirmière se regardent et trouvent mes contractions très longues. C’est difficile de ne pas bouger, mais j’y arrive. Il me pique, me joue dans le dos, je contracte, je respire, j’ai hâte que ça finisse, je sers le bras de Hom très fort. Par chance, je ne sens pratiquement rien de l’intervention, sauf une drôle de pression dans le dos. Je me couche, on m’installe le monitoring. Deux contractions plus tard, je suis délivrée de la douleur. Je sens bien les contractions, mais pas la douleur. Ouf! Je peux me reposer un peu. Sur le moniteur, on s’apperçoit que mes contractions sont en fait jumellées. J’ai une grosse contraction qui dure près d’une minute, elle ne descend qu’un petit peu avant de remonter et de faire une deuxième contraction collée. J’ai ensuite une petite pose et ça recommence. Ce n’était donc pas dans ma tête finalement! Mon médecin vient m’examiner. Je suis à 5 cm. Il est 19h15. Je lui demande si la péridurale peut ralentir le travail. Il me dit que ça arrive, mais que quand c’est fait au bon moment, ça ne le ralentit pas. Il se peut même que ça aille plus rapidement, étant donné que je suis plus détendue maintenant. Il me dit être très surpris de me voir là, qu’il croyait vraiment seulement nous revoir mardi à la clinique. Nous aussi! Il est très content pour nous. À 20h15, on me ré-examine. Je suis à 8 cm! Wow, ça avance vite et ça ne me fait plus mal! J’en profite pour me reposer, boire un peu de jus, rigoler avec Hom. L’effet de la péridurale est vraiment bizarre... C’est un peu comme quand on se gèle un orteil en ski... On le sent avec nos doigts, mais pas sur notre pied... Sauf que cette fois-ci, ce sont toutes mes jambes et mes fesses que je ne sens plus. Je les touche avec ma main et j’ai l’impression de toucher quelqu’un d’autre... Je suis pourtant capable de les bouger un peu... Mon médecin revient me voir vers 20h50. À sa grande surprise, je suis complète! L’infirmière m’explique comment me placer pour pousser, me donne des suggestions. Je pose des questions sur certains côtés plutôt gênants, elle me rassure. Pas de place pour l’humilité quand on accouche! On doit laisser tomber les inhibitions et pousser! Je pousse donc. Après quelques poussées, mon médecin décide qu’on doit attendre encore une heure car le bébé est encore haut. Je commence à vraiment sentir le bébé pousser dans mon bassin. On me donne donc un petit bonus de péridurale. On me donne une couverture chaude, ça fait vraiment du bien! À 22h, c’est enfin le temps de pousser pour de bon! Je dis un dernier adieu à ma bédaine et je me prépare. Hom me tient le bras, me flatte, m’encourage doucement. Je pousse avec force, mais mes contractions sont éloignées l’une de l’autre. Ce que je force à une se perd dans l’espace entre deux. On me donne donc du pitocin pour essayer d’augmenter mes contractions. Je pousse, je pousse. L’infirmière me dit que je pousse très bien, mais rien ne se passe... Je suis en train de me faire une belle collection d’hémorroïdes à ce qu’elle me dit. Mon médecin revient me voir vers 22h45, me dit que ce sera un autre médecin qui m’accouchera et que je pousserai encore peut-être une heure. Il nous félicite, nous sert la main. Nous le remercions de tout coeur. Après tout, il nous a suivis 2 ans en fertilité, puis pendant toute la grossesse. Nous sommes là un peu grâce à lui! Je suis épuisée de pousser. Ma bouche est sèche, je grelotte, je ne me sens pas bien. Ma température est haute, je commence à faire de la fièvre. Le coeur de bébé monte en flèche. On lui place une sonde sur la tête pour bien capter son pouls. Je demande à Hom de me parler pendant que je pousse, parce que je m’accroche à sa voix. Les encouragements de l’infirmière ne sont qu’un bruit de fond pour moi. La voix de mon amour m’aide à me concentrer, à ne pas perdre la raison. Il me parle, me mouille le visage et les lèvres avec une débarbouillette mouillée entre les poussées. Il me donne des gorgées d’eau, me regarde, change la débarbouillette froide que j’ai dans le cou. Il est mon ancre, sans lui je partirais à la dérive... On arrête le pitocin car au lieu d’augmenter le nombre de contractions, ça a augmenté leur durée. J’ai maintenant des contractions de 4 minutes avec 5 minutes entre chaque. Quand le nouveau médecin arrive, vers minuit 30, je suis crevée. On me dit qu’il y a du méconium dans le liquide, que bébé est un peu en détresse. Le médecin me parle gentiement, nous dit ce qu’il en est. Bébé n’est pas loin, en fait, il est vraiment sur le bord, mais n’arrive pas à sortir. Deux options s’offrent à nous: les forceps ou la césarienne. Selon lui, la césarienne serait ridicule, étant donné que bébé est si près du but. Mais moi, les forceps me font peur. Je n’ai qu’une image en tête, celle des histoires de grands-mères, des grosses pinces avec lesquelles on tirait bébé du ventre. Il m’explique qu’il ne tirera pas bébé, qu’il va simplement placer les forceps pour le guider. C’est seulement une aide. Je lui demande s’il y a des risques pour le bébé. Il me dit que non, sauf peut-être des marques sur la tête qui partiront dans quelques jours. Hom et moi nous regardons. D’accord, allez-y. Je ne veux rien savoir d’une césarienne, surtout si l’autre option est aussi simple qu’on me le dit. Le médecin place la première partie des forceps, qui ressemble à une grosse cuillère. Je sens une très grosse pression dans mon bassin. Il place ensuite la deuxième partie, une autre grosse cuillère. C’est vraiment très désagréable comme sensation. J’ai l’impression que le bassin va m’exploser. On me demande de pousser, mais j’ai tellement mal que je pense seulement à faire passer la douleur avec des grandes respirations. Je suis dans un brouillard, j’ai mal, je suis fatiguée... Puis j’entends la voix de mon amour me dire de pousser comme je faisais tout à l’heure, en retenant mon souffle. Oui, je pousse! Je pousse! Et cette fois-ci, je sens vraiment qu’il se passe quelque chose. Je ne vois rien, je suis comme dans un rêve, mais Hom m’a décrit ce qu’il se passait. Le médecin lui a montré la tête, tout content. Puis il l’a vu dérouler deux tours de cordon autour du cou de bébé. Bébé est ensuite sorti d’un coup. Je n’ai pas crié, j’ai seulement soupiré de délivrance. Hom n’a pas pu sortir le bébé de mon ventre comme on l’avait demandé, mais nous comprenions. Les infirmières le placent sur moi. Je soupire un petit “enfin!...” et les mots me manquent. On me demande de le tenir, de le frotter. Il ne pleure pas, il a une drôle de couleur... Hom coupe le cordon et les infirmières l’apportent tout de suite plus loin dans la chambre pour aspirer le liquide qu’il a dans les poumons. Pendant ce temps, je continue à pousser pour expulser le palcenta. Je regarde Hom regarder bébé, mais je ne vois pas bébé. Je l’entends pleurer, ça me fait du bien. Continue mon amour, accroche-toi! Je demande silencieusement à Hom, à l’autre bout de la pièce, s’il a tous ses morceaux. Il me fait signe que oui. Est-il beau? Il me fait signe que oui. C’est bien un petit gars? Oui oui. Mon coeur est plus léger pour quelques secondes... Il est né à minuit 46, samedi le 28 janvier 2006. Il pèse 7 livres et 11 (3495 g) et mesure 52 cm (20,5 pouces). On me recoud pendant que Hom et les infirmière s’occupent de notre bébé. Elles l’amènent sous observation, Hom les suit. Je reste seule avec une infirmière et le médecin qui me fait du petit point entre les jambes. Quand le médecin a terminé et s’en va, l’infirmière me nettoie et me donne un petit drap. Je n’ai pas droit à la couverture chaude cette fois-ci car je fais encore de la fièvre. Elle me donne un jus d’orange, puis elle me laisse seule. Je suis là, couchée dans mon lit, seule. Plus de bébé, plus de chum, plus de bédaine. Je pleure. J’ai mal, je m’inquiète, personne ne vient me donner de nouvelle. Où est mon bébé? Est-ce qu’il est correct? Quand vais-je le voir? Les larmes coulent sans que je puisse les arrêter. J’ai tellement peur. Je veux mon bébé, je veux mon chum! Les pires scénarios me traversent l'esprit. Je veux mon bébé! Je me sens seule, vide, perdue. Je regarde les aiguilles tourner sur l'horloge... Tout ce temps sans voir mon bébé... je suis déchirée et impatiente. L’infirmière revient me voir et m’apporte deux verres d’eau. Elle me voit en larmes et me demande si je suis triste parce que je m’ennuie de mon bébé. Bien évidement! Elle me demande si je veux que mon chum vienne me donner des nouvelles. Oui, oui, s’il-vous-plaît!! Elle repart. Mon chum arrive quelques minutes plus tard. Il me dit que tout est correct, qu’il est juste sous observation parce que sa coloration n’était pas super belle et que ses poumons “tiraient” un peu au début. Il prend la caméra et retourne auprès de lui. Il revient me voir quelque temps plus tard, me donne la caméra et me dit que je peux le regarder là-dessus en attendant. Sur le petit écran de la caméra, je vois mon petit bébé bouger, les yeux grands ouverts vers son papa. Je pleure, il est si beau, si petit! Environ 1h30 après sa naissance, Hom m’apporte enfin notre bébé. Ça été la plus longue heure et demie de ma vie. Il le place sur moi, je l’embrasse partout. Qu’il est beau! Qu’il est petit! Qu’il est beau!! J’essaie de lui donner le sein, mais ça ne fonctionne pas. On nous transfert enfin dans une chambre. Malheureusement, même si nous avions demandé une chambre privée, nous devons nous contenter d’une chambre semi-privée. Il est 3h30. Je réussis enfin à l’allaiter, couchée. C’est magique, ça me donne des frissons. Il est tout chaud collé sur moi. Il sert les poings, boit mon lait, s’abandonne à moi, à nous. Notre fils, enfin, notre petit Pépin est là. Comme j’ai accouché après 21h, j’ai dû passer 3 nuits à l’hôpital. La première nuit a été plutôt courte. Entre les visites des infirmières pour vérifier mes signes vitaux et ceux de bébé, vérifier mes points, mes saignements, mon derrière (je l’ai bien dit, adieu l’humilité!), me poser des questions, me faire uriner dans un pot et les pleurs du bébé de notre voisine (notre bébé a dormi dur comme fer) et le passage incessant d’infrimière à l’extérieur de la chambre, le sommeil s’est fait rare. Hom a essayé de dormir dans son petit lit de camp, à côté de moi. La journée s’est déroulée pas mal de la même façon. J’avais très mal au derrière, j’avais peine à bouger. Les voisins étaient très bruyants et énervants. Je ne pouvais pas dormir. Une gentille infrimière m’a suggéré de prendre une douche et m’a donné des médicaments pour la douleur ainsi que des compresses pour mes fesses. Quel bien ça m’a fait! J’ai fait des appels, dormi un peu, mangé. Ma mère est venue nous voir en soirée, les parents de Hom aussi. Des grands-parents fiers et heureux de rencontrer leur petit-fils. La deuxième nuit a été plus mouvementée. Bébé ne voulait pas dormir dans son petit lit. Dès que Hom le prenait, il dormait, mais s’il le déposait, il se remettait à pleurer. De minuit à 6h, Hom a déambulé dans les corridors, somnolent, avec bébé dans les bras. Les infirmière lui avaient dit que c’était probablement des sécrétions. Il essayait de lui tapotter le dos, rien ne sortait. Jusqu’à ce qu’une d’elle dise que bébé recherchait probablement juste la chaleur et le battement du coeur de papa. Nous l’avons donc couché près de moi dans mon lit et hop! Un bébé qui dort! Et une maman si heureuse de dormir collée sur son petit homme! Nous avons finalement eu notre chambre privée pour la dernière journée et nuit. Enfin! Quelle différence, plus de voisins bruyants, une douche directement dans la chambre, la paix quoi! Mon père et sa copine sont ve |