LES PÉPINS DE KIWI


Réflexions douces-amères d'une infertile maintenant maman.

14 mars 2008

Interlude

En attendant le petit dernier, aussi bien faire diversion, pour passer le temps.

Et si je vous parlais de mon Tithom? J'avais décidé d'arêter ses résumés mensuels à deux ans, alors j'ai l'impression de ne pas avoir parlé de lui depuis un bon bout de temps. Et pourtant, il en fait des trucs, mon bonhomme. Vous ai pas dit ça, qu'il dit maintenant je t'aime. En fait, ça sonne comme "e-taine", mais c'est tout aussi craquant. Surtout quand, alors que je lui donne un bol de raisins et lui demande "qu'est-ce qu'on dit?" il me répond "etaine!" avec un gros sourire, plutôt que merci.

Il compte jusqu'à quatre (un, deux, deux, tate!) et connaît ses couleurs (youge, zone, beu, bère, nouare, onange). Il est tellement drôle, tellement farceur et taquin. Il semble avoir hâte de voir ce fameux bébé dont on parle si souvent, mais qui semble plus près de la légende urbaine que de la réalité. Il berce ma vieille poupée bout'chou dans la balançoire, en attendant de pouvoir faire swigner son petit frère. Il fait des phrases, il exprime des idées et raconte ses journées à la garderie. Quand je lui demande pourquoi papa doit travailler, il me répond "sous! tochon!" en voulant dire "pour gagner des sous, pour mettre dans mon cochon." Avouez que vous craquez!

Non? Alors avec ça peut-être?



Et à la demande de Chocolyane, la fameuse bédaine... Je n'avais pas mis de photo cette grossesse-ci parce que je n'aimais pas autant ma bédaine qu'enceinte de Tithom. Mais peut-être que ça aurait bien illustré la frustration qui me gagnait, il y a quelques semaines, lorsque tout ce qu'on me disait avait rapport à la grosseur de mon ventre.




Dernières nouvelles: depuis hier soir, J'ai perdu plusieurs morceaux de mon bouchon et mes contractions se font plus pesantes, même si elles ne sont pour l'instant pas plus nombreuses. À suivre!

Libellés : ,


Écrit par kiwi :: 12:47 PM :: 7 pelure(s)

Jeter une pelure

..................................................................................................

13 mars 2008

Pour le printemps alors?

Eh non, je ne suis toujours pas partie accoucher. J'ai l'impression de me répéter à longueur de journée, depuis des semaines...

Donc, autre rendez-vous mardi dernier. Mêmes nouvelles: col dur et fermé. Rien ne se passe. Bébé est encore haut, mais a probablement descendu un peu puisque ma hauteur utérine a baissé un peu. Toujours aucune contraction, sauf les Braxton-Hicks qui sont choses courantes depuis des mois.

Je revois donc mon doc mardi prochain et on passera aux choses sérieuses. Comme ils ne provoquent pas pour n'importe quoi, ils préfèrent attendre à la dernière minute, ce qui est pour eux vers 41 semaines et demie. Donc, mardi prochain, nous discuterons de ce que nous ferons mercredi à l'hôpital, alors que mon doc sera de garde.

J'en suis au point où ça m'est presque égal. Je ne suis plus impatiente, ni découragée, ni même tannée. Je sais que la semaine prochaine, bébé sera dans mes bras, peu importe la façon dont il sortira. C'est clair que je préfèrerais une façon naturelle, rapide et douce, mais je crois que rendue où j'en suis, je n'ai plus tellement le choix. Je dois prendre ce qui vient. Je suis zen et reposée. Je suis prête.

Tout le monde s'empresse de me raconter l'histoire de celle qui n'avait aucun travail de fait et qui tout à coup a accouché comme une chatte le soir même. Je sais qu'on ne peut jamais prévoir, que tout peut arriver, mais j'ai le feeling, et ce depuis plusieurs mois (j'en avais même parlé à Hom) que ce ne sera pas mon cas. J'ai vraiment l'impression que mon corps ne sait pas quoi faire, qu'il lui manque quelque chose pour passer à l'étape suivante. Mais bon, ce ne serait pas la première fois qu'il me fait défaut. Il a besoin d'aide médicale pour ovuler, il en aurait aussi besoin pour déclencher le travail. Je ne suis pas à une défectuosité près! Et je préfère, de loin, garder mon bébé au chaud plus longtemps que pas assez.

Donc voilà pour les dernières nouvelles. Si tout va bien, je devrais tenir mon deuxième fils dans mes bras d'ici une semaine. Juste à temps pour l'arrivée du printemps!

Libellés :


Écrit par kiwi :: 1:06 PM :: 7 pelure(s)

Jeter une pelure

..................................................................................................

10 mars 2008

Le fameux prénom

C'est la question sur toutes les lèvres qu'on croise dès qu'on annonce la grossesse. C'est la porte de secours de tous ceux qui cherchent quelque chose à dire et qui ne s'y connaissent pas en bédaines. C'est le sujet préféré des matantes, qui prennent la peine de rajouter des suggestions et des commentaires (tous deux non sollicités, bien sûr).

Avez-vous choisi le prénom?

Depuis qu'on sait autour de nous que je suis enceinte, on me pose la question. Et comme pour Tithom, nous avons décidé de garder notre choix secret jusqu'à la naissance.

Le choix du prénom pour Tithom s'était fait de façon quasi silencieuse. Pendant que je revisais sans cesse ma liste de 3 prénoms, Hom mûrissait son idée en silence. Et c'est finalement l'idée qu'il avait depuis le début qui l'avait emporté, sans résistance de ma part. Je n'ai jamais regretté notre choix car le prénom de Tithom lui va à merveille.

Cette fois-ci, Hom était un peu plus fermé à la discussion, allez savoir pourquoi. Dès que je lui parlais de prénom, il changeait de sujet et semblait complètement désintéressé. Il me disait de choisir, qu'il avait eu ce qu'il voulait pour Tithom, que c'était à mon tour. J'aurais pu me la boucler et choisir, mais je voulais que le prénom soit un choix de nous deux. Je ne voulais surtout pas que Hom, après plusieurs mois, m'avoue finalement qu'il n'aimait pas ça.

Pendant des mois, nous n'avons pas parlé prénom. Hom avait la liste sur son bureau, mais il ne m'en parlait pas. Je l'ai laissé réfléchir, espérant qu'il finisse par me dire ce qu'il pensait vraiment. En fait, je ne crois pas que nous ayons jamais eu LA discussion prénoms que tous les couples semblent avoir. Nos réflexions se sont faites silencieusement, chacun de notre côté.

Il y a peut-être deux mois, il discutait avec sa cousine enceinte de jumeaux. Comme elle attend deux garçons à quelques semaines de nous, ils ont voulu s'assurer que nos choix n'étaient pas les mêmes. Elle lui a dit leur deux choix, il lui a dit le nôtre.

Le nôtre?

Je lui ai demandé ce qu'il lui avait dit comme prénom. Et c'est là que j'ai su que le prénom était choisi. Et c'était celui que je voulais. J'ai insisté et insisté auprès de Hom pour être certaine qu'il ne faisait pas ce choix juste pour me faire plaisir. Je voulais m'assurer qu'il aimait le prénom et que le choix était mutuel et non individuel.

Encore une fois, nous garderons le prénom secret jusqu'à la naissance. Je n'arrive même pas encore à l'appeler par son prénom, comme s'il ne lui appartenait pas encore tout à fait. Comme si le prénom différenciait le bébé qu'il est dans mon ventre et celui qu'il sera dans notre monde. Comme si l'appeler ainsi avant de le rencontrer pouvait nous induire en erreur. Tout à coup que ce n'est pas le bon prénom?

Et puis, j'avais bien aimé garder la surprise pour Tithom. Annoncer la naissance en même temps que présenter le prénom, comme on présente une nouvelle personne, j'avais trouvé ça chouette.

Donc oui, nous avons choisi le prénom et non, vous ne le saurez pas!

Libellés :


Écrit par kiwi :: 10:21 AM :: 14 pelure(s)

Jeter une pelure

..................................................................................................

5 mars 2008

Il attend le printemps

J'ai eu un autre rendez-vous chez le médecin hier. Et encore là, aucune surprise: zéro progrès. Mon fils est trop bien dans mon ventre, il préfère rester au chaud plutôt que d'affronter le temps moche qu'il fait ici. Je le comprends. Je préfère rester dans ma maison, moi aussi.

Aucun plan n'est prévu, ça n'a même pas été discuté en fait. Enceinte de Tithom, j'étais un peu plus ouverte à l'induction. J'étais bien plus impatiente et surtout, beaucoup plus enflée qu'aujourd'hui. Ma pression était plus haute aussi, alors le doc avait cru bon donner un petit coup de pouce (ou de gel) à mon col, sans pour autant me provoquer. Le travail s'est déclanché par la suite, mais ça aurait aussi bien pu attendre une autre semaine.

Cette fois-ci, je suis encore assez patiente et confortable pour laisser les choses aller. Je ne dis pas que je continuerais encore comme ça pendant 3 semaines, mais je crois que rien ne justifie une induction pour le moment.

En attendant, je vais essayer tous les trucs de grand-mère: la tisane, l'huile d'onagre, les graines de lin, la méthode italienne... mais ne me parlez pas de laver les planchers à quatre pattes. Juste y penser et j'ai mal au dos. Et je doute fort d'être capable de me relever par la suite.

Je visualise. Je positivise. Je nombrilise. Je patiente. Je revois le doc la semaine prochaine, le 11, la date qui, pour eux, est ma dpa. On ne sait pas ce qui peut arriver entre-temps, donc je ne me fais même pas de scénario. J'espère seulement que bébé ne se pointera pas en pleine tempête. Je ne veux pas être prise pour le nommer Blanc.

Libellés :


Écrit par kiwi :: 1:59 PM :: 3 pelure(s)

Jeter une pelure

..................................................................................................

29 février 2008

La peur de flancher

Après avoir digéré ma poutine et pris le temps de réfléchir de façon calme et non hormonale, j'ai finalement compris le fond de ma déception. Je parlais d'attentes, mais ça allait au-delà des attentes que je m'étais faites par rapport à ce seul rendez-vous. Je crois qu'on se fait toutes des attentes par rapport à l'accouchement, que ce soit notre premier ou non. Et c'était là le fondement de ma déception.

Enceinte de Tithom, je m'étais fait un genre d'idéal de mon accouchement dans ma tête. Bien sûr, on espère toutes que tout se déroule vite et bien, même si nous savons toutes qu'on ne peut pas prévoir comment un accouchement se passera. Je suis du genre à vouloir imaginer toute éventualité, question de savoir quoi faire en temps et lieux. Mais j'avais quand même focussé sur mon idéal, mon accouchement de rêve, si on veut. Ça se limitait là: mon imagination, en me basant sur des témoignages et des écrits. Après avoir accouché, j'avais ressenti un peu d'amertume car les choses ne s'étaient pas toutes déroulées comme je l'aurais voulu. Je l'ai souvent dit: attentes = déception. Un travail long, une poussée de plusieurs heures, une petite séparation d'avec mon bébé dès sa naissance... tout ça m'était resté en travers de la gorge, même si au fond, rien n'était grave. Quelques semaines plus tard, les hormones s'étant un peu calmées, je n'étais plus amère. Je n'avais aucun regret et c'est tant mieux, car c'est ce que je m'étais promis. Aucun regret.

Mais voilà. Maintenant que je m'aprête à vivre à nouveau un accouchement, ma machine à scénarios est repartie. Elle a changé de technique, par contre. Maintenant, elle se base sur mes propres expériences d'abord, plutôt que seulement sur ce que j'avais lu ou entendu. Et l'idée de ne pas ressentir de regret est un peu fondée sur l'idée qu'avec un deuxième accoucment, je peux "me reprendre". Je peux, en quelque sorte, corriger ce qui ne m'a pas plu au premier accouchement. Enfin, je le voudrais bien, si possible.

Et un des changements que j'aimerais apporter est de ne pas avoir recours à la péridurale cette fois-ci. Je n'ai jamais regretté de l'avoir demandée au moment où je l'ai fait, lors de la naissance de Tithom. Dans les circonstances et avec le recul, je crois même que c'était la bonne décision pour moi, pour nous, pour cet accouchement-là. Mais cette fois-ci, j'aimerais vraiment, vraiment, vivre un accouchement tout naturel. Et j'ai peur de flancher. J'ai peur de ne pas arriver à repousser assez mes limites pour y arriver sans piqûre. J'ai peur de trop me rappeler le soulagement ressenti lorsque la péri avait commencé à faire effet et de lâcher prise rapidement.

Je ne suis pas anti-péridurale, mais je ne suis pas pro à tout coup non-plus. Je crois que c'est un choix personnel, que chaque femme a ses propres limites, sa propre zone de confort, ses propres priorités. Je crois aussi que ce n'est pas une décision à prendre à la légère, compte tenu des conséquences qu'elle peut avoir (et je ne parle pas seulement du faible risque de rester paralysée) et que bien souvent, elle est choisie en premier lieu plutôt qu'en dernier recours.

C'est donc à tout ça qu'avait rapport ma déception de mardi. Ma raison a fait des bonds, passant de gros bébé à travail long et difficile, à longue poussée, à je ne serai jamais capable de pondre un oeuf de 10 livres, à je vais finir par demander la péri et le regretter.

Il y a au moins une chose de fertile chez moi: mon imagination. Surtout lorsqu'encouragée par les hormones dans le tapis et la fatigue.

Je me suis calmée. J'ai mangé une poutine. J'ai réfléchi. J'ai médité. Je me suis donné quelques calques derrière la tête en me disant "veux-tu bien arrêter de dramatiser pour rien!" Et maintenant, je peux non seulement vous dire que je ne suis plus déçue, ni découragée, mais que je n'ai plus peur. Pour le moment du moins.

Libellés :


Écrit par kiwi :: 12:38 PM :: 5 pelure(s)

Jeter une pelure

..................................................................................................

27 février 2008

38 et des poussières

J'avais mon rendez-vous de 38 semaines hier. Même si je sais que tout peu arriver sans avertissement, même si je sais qu'on ne doit pas comparer deux grossesses, même si je sais qu'on ne doit pas se fier à des prédictions de poids avant l'accouchement... même si je sais tout ça, j'ai quand même réussi à me créer des attentes. Et qui dit attentes dit déception.

Alors voilà, j'étais déçue. Rien n'a bougé. A-rien. Col bien fermé, même pas dilaté. Bébé encore très haut (et très gros, a cru bon de rajouter mon docteur). Bref, je ne semble pas sur le point d'exploser. Enfin oui, si on se fie seulement à l'apparence de ma bédaine. Mais non si on se fie aux statistiques.

J'étais déçue et surtout, je m'en voulais de me sentir comme ça. Je m'en voulais d'être tannée d'être enceinte, d'en avoir mare, de ne plus autant apprécier. Je m'étais jurer que cette fois-ci, je ne serais pas aussi pressée que pour Tithom (qui rappelons-le est arrivé après sa date prévue, avec un peu d'aide). Mais je ne me doutais pas à ce moment-là de la pesanteur de ma bédaine et de combien elle handicaperait mes journées.

J'étais déçue, même si je n'étais pas surprise que rien ne se soit passé. En sortant du rendez-vous, j'avais juste envie de pleurer. Tout semblait s'être accumulé et déborder soudainement: les attentes, la frustration de ne plus arriver à faire grand chose de mes journées, l'inconfort, le manque de sommeil, les douleurs, l'engourdissement, l'humeur massacrante, l'impatience... Et toutes sortes d'idées illogiques se bousculaient dans ma tête. J,extrapolais, je voyais loin, j'oubliais que rien n'est jamais gravé dans le béton quand on parle d'accouchement. Je me disais que j'allais avoir un bébé énorme, que j'en avais encore pour 3 semaines à ne plus m'endurer, que j'allais devoir être provoquée, que le bébé serait trop gros, que ça ferait trop mal, que j'allais devoir avoir une césarienne...

Wo minute papillon! On respire, on se calme, on arrête l'imagination hyper-fertile. Rappelle-toi le chemin que tu as pris pour te rendre ici, rappelle-toi que c'est ton fils qui décide et que s'il n'est pas prêt à sortir, c'est qu'il a ses raisons. Fais-lui confiance, fais-toi confiance. Il naîtra, ça, c'est certain. Ce n'est qu'une question de jours, au maximum une vingtaine.

Après une nuit de sommeil (assez reposante même), je dois avouer ce matin que je me trouve idiote d'avoir réagi de cette manière. Ma logique et ma raison ont pris le bord dès que les choses ne se sont pas présentées comme je l'aurais espéré. Ce n'est pas moi ça! Je n'ai pas l'habitude de me décourager de la sorte. Je ne me reconnais plus tellement ces derniers temps... Mon corps ne suit plus et pour quelqu'un qui a l'habitude d'en faire beaucoup et de bien remplir ses journées, ce n'est pas facile de rester assise à ne rien faire. Ça me rend impatiente et maussade. Et puis j'en ai assez de m'entendre chialer alors que je devrais être heureuse.

C'est pourquoi ce midi, je me suis commandé une bonne poutine extra-fromage au resto du coin et que je vais la dévorer, écrasée devant la télé, pendant que Tithom est à la garderie. Si ça, ça ne me remet pas sur le piton, je ne sais pas ce qui le fera.

Libellés :


Écrit par kiwi :: 12:22 PM :: 9 pelure(s)

Jeter une pelure

..................................................................................................

15 février 2008

La vérité

J'ai souvent entendu que c'était donc beau une femme enceinte. Ça resplendit, ça a l'air épanoui, ça respire le bonheur. C'est le miracle de la vie!

À 8 mois et demi de grossesse, je me trouve bien des choses, sauf belle. Miracle, je veux bien, mais il y a des jours où le miracle pour moi, c'est de réussir à me lever du lit sans m'étirer un muscle ou provoquer une contraction. Soyons francs. On dit à une femme enceinte de 8 mois et demi qu'elle est belle pas parce qu'on le pense vraiment, mais parce qu'on a peur de sa réaction hyper-hormonale si on lui dit la vérité, c'est à dire qu'elle a l'air d'un béluga échoué.

Quand on se retrouve dans les souliers de la femme enceinte de 8 mois et demi (s'il y a encore une paire de souliers qui lui fait), on se rend compte que bien des choses nous ont été cachées ou ont été embellies. Oh, je sais, il y en a toujours des fatigantes pour nous rappeler qu'elles, elles se sentaient belles et en pleine forme jusqu'à l'accouchement. Je reste persuadée que ce n'est pas la majorité des bélugas qui pense comme elles. Ou bien elles oublient vite une fois le placenta évacué. Je vais vous la dire, la vérité, moi. Bon, je parle de moi ici, mais je sais que plein d'autres femmes sont passées par cet auto-dégoût de fin de grossesse. Faisons tomber les tabous, amies baleines! Parlons du véritable visage de la fin de grossesse.

Mon ventre, il n'est plus beau. Il l'a peut-être déjà été dans une autre vie, mais aujourd'hui, il ne l'est plus. Il est tellement immense qu'il n'entre plus même dans les vieux t-shirts de mon chum (qui soit dit en passant, fait 6 pieds 200 livres alors que je mesure 5 pieds et n'ai habituellement pas de surplus de poids). En plus, la dite bédaine est truffée de vergetures, malgré les barils de crème et le frottage intensif. À Tithom, j'en ai eu seulement à 38 semaines, mais on s'entend qu'elle ne sont pas disparues entre temps, donc cette fois-ci, elles y étaient dès le départ. Et se sont faites de nouvelles amies. En plus, mon nombril, qui n'avait jamais repris sa forme d'antan, n'existe carrément plus. La ligne brune, les veines qu'on voit à travers la peau amincie, les lignes rouges à force de me gratter... bref, mon ventre, il est tout, sauf beau.

Comme je disais, sortir du lit réside maintenant du miracle. Dormir aussi, à bien y penser. Drôle de façon qu'a la nature de nous préparer aux premiers mois de vie de notre poupon en nous empêchant de dormir plus de deux heures d'afilée sans avoir un bras qui engourdit, une crampe dans un molet ou une envie d'uriner hyper pressante. Ça, c'est sans parler du fait qu'il ne nous reste qu'une ou deux positions possibles avec des tonnes d'oreillers et coussins pour un semblant de confort. L'effet sur les cernes, j'vous dis pas.

Le mal de dos et le bassin qui semble s'étirer au moindre mouvement ajoutent à notre grâce et notre souplesse de bulldozer. Ramasser un jouet par terre demande diverses contorsions très peu élégantes. Laver la baignoire ressemble à un numéro du Cirque du Soleil. Prendre une marche nous rapproche plus du canard que du singe. Mettre des bas, des souliers, des bottes d'hiver demande un temps fou, trois personnes et un système complexe de poulies. Notre seule paire de jeans de maternité qui fait encore est toute déformée et on passe notre temps à la remonter parce que ça ne tient plus sur le ventre. Et je ne parle même pas de la transpiration excessive, de la peau moche et des chevilles enflées, ni des nombreux chandails tachés au niveau de la bédaine parce qu'une fois le ventre trop gros pour entrer sous la table de cuisine, on perd toute habileté à manger seule. C'est bien trop difficile d'aligner la fourchette à deux pieds de sa bouche sans en renverser le contenu sur notre ventre tout rond. À quand les bavettes de maternité?

Je n'embarquerai même pas dans la discussion sur la vie sexuelle. Si toutes les tâches normales d'une journée sont rendues semblables à des numéros de cirque, imaginez ce que ça a l'air au lit. En fait non, oubliez ça. N'imaginez rien s'il-vous-plaît.

Et vous savez quoi? Malgré tout ça, malgré la fin difficile et dénudée de grâce, malgré les bobos et leurs conséquences, j'aime être enceinte. J'aime sentir mon bébé bouger en moi, juste pour moi. Et je sais qu'une fois le bébé né, une petite partie de moi s'ennuiera de la bédaine.

Je n'aurai qu'à relire ce billet pour m'enlever l'envie de recommencer trop tôt.


n.b. Je tiens à spécifier que je suis consciente de la chance que j'ai de vivre une grossesse, peu importe les mauvais côtés et que bien des femmes donneraient cher pour pouvoir, elles aussi, avoir le privilège de se plaindre rendues à 8 mois et demi. C'est d'ailleurs l'habitude des infertiles de ne pas oser se plaindre à propos de quelque chose qu'elles savent difficiles à obtenir pour plusieurs, pour ne pas avoir l'air ingrates, qui m'a poussée à écrire ce billet. On a le même droit que les fertiles de chialer et ça ne nous enlève pas notre sensibilité aux problèmes des autres pour autant.

Libellés :


Écrit par kiwi :: 1:47 PM :: 7 pelure(s)

Jeter une pelure

..................................................................................................

12 février 2008

Rien à signaler

Enceinte de Tithom, je n'avais jamais senti de contraction avant de me faire poser le gel de prostaglandine, à la fin de ma grossesse. On m'avait dit, en regardant le moniteur, que j'en avais pourtant, mais je ne les sentais pas.

À cette grossesse-ci, j'en sens depuis la moitié du deuxième trimestre. Vers 18 semaines, j'ai commencé à sentir (et voir) mon ventre se serrer et durcur. Aucune douleur ni d'inconfort, juste assez pour me faire réaliser que c'était bien une contraction (Braxton-Hicks, qu'on les appelle). J'en ai eu de plus en plus, mais rien d'alarmant, rien d'anormal non-plus. Depuis deux ou trois semaines, j'en ai une à chaque fois que je me penche, que je me lève ou que je me tourne dans le lit (ce qui n'est vraiment pas rendu facile à faire sans une bonne poussée dans le dos).

La veille de la naissance de Tithom, j'étais à peine effacée et pas du tout dilatée. Rien, niet, j'étais fermée bien dur. J'osais espérer que cette fois-ci, vu les contractions (même dites fausses), j'avancerais peut-être un peu plus vite (et surtout, sans l'aide d'un gel quelconque).

Vous me voyez venir, non? Rendez-vous de 36 semaines ce matin. Rien, niet, fermée ben dur. Bon, pas grave, me reste encore bien du temps avant de vraiment rouler. N'empêche, ç'aurait été bien de me faire dire que je m'ouvrais tranquillement à l'éventuelle naissance de mon fils.

À l'examen du col, Dr Sansflafla semblait trouver la position de Tipépin bizarre. Il n'était plus certain du tout qu'il avait la tête en bas comme la dernière fois. Étrangement, depuis quelques jours, je sens des coups en bas, à droite, alors que depuis des semaines je les sentais en haut, à gauche. Aussi, depuis quelques jours, j'ai terriblement mal au bassin la nuit. Mes hanches sont douloureuses toute la journée, mais la nuit, des élancements dans le bassin me réveillent. C'en fut assez pour me faire un toutipeu paniquer. J'entends mon doc me parler de version, me dire qu'on va faire une écho pour vérifier. D'accord, attendons avant de paniquer.

Fausse alerte (fiou!), Tipépin est bien la tête en bas, encore flottante bien sûr. On a pu voir rapidement son coeur battre, ses jambes, ses mains (il a même pointé son index, nous faisant croire une seconde qu'il était déjà vulgaire et nous faisait un doigt d'honneur), son profil, son visage. Dr Sansflafla en a aussi profité pour prendre des mesures, question de parier un peu sur le poids. Même si je sais qu'il y a beaucoup de jeu et que je dois prendre ces estimations à la légère, ça a quand même confirmé mon feeling de plus gros bébé que Tithom. Selon les mesures, il dépasserait déjà le poids de son grand frère à la naissance. Outch. J'espère que ma marge d'erreur sera un peu à la baisse!

Bref, tout va bien dans la meilleure des bulles. Je peux continuer à prendre un peu mon temps pour faire ma valise et pour terminer mes derniers contrats. Si la tendance se maintient, mon deuxième fils ne sera pas vraiment plus pressé que le premier.

Libellés :


Écrit par kiwi :: 3:02 PM :: 5 pelure(s)

Jeter une pelure

..................................................................................................

6 février 2008

35, prise deux

Je me suis amusée à relire ce que j'avais écrit à ce stade-ci de la grossesse, enceinte de Tithom. Je suis donc tombée sur un billet intitulé "35" où je dis:
Je sens déjà la fin approcher et tout d'un coup je ne me sens pas prête! J'ai très hâte de voir mon bébé, oui, mais en même temps, je ne suis pas encore tannée de ma bédaine! J'ai tellement eu une belle grossesse jusqu'à maintenant, je n'ai pas encore envie que ça finisse!
Eh bien... je peux vous dire que certaines choses n'ont pas changé, mais d'autres oui. Je dois avouer que je commence à avoir hâte que ça finisse! En fait, je ne suis pas tannée d'être enceinte, de sentir Tipépin bouger en moi (il est pas mal plus gigotteux que son grand frère), et je sais que pour l'instant, c'est facile, comparativement aux semaines qui suivront l'accouchement. Mais je suis tannée de la grosse bédaine, de son poids, de mon mal de dos, de ne pas trouver de position confortable de jour comme de nuit... je suis fatiguée de ne plus pouvoir rien faire, de me sentir dépassée par ma "condition" alors qu'enceinte de Tithom, je pétais le feu jusqu'à l'accouchement. Je suis déçue de ne pas être plus en forme, de ne pas être ce celles qui marchent un kilomètre et font 200 push-ups la veille de leur accouchement. Je me sens très patate et ça m'énerve.

J'ai l'air de me plaindre comme ça là, mais ne vous en faites pas, je sais profiter de ma chance d'avoir encore Tipépin juste pour moi, partout où je vais. Je flatte mon ventre bien tendu à toute heure du jour. Je joue avec ses petits pieds (coudes? genoux? difficile à dire parfois), je lui parle, je l'imagine, je l'attends.

Une chose qui n'a pas changé par contre, c'est le fait de ne pas être prête. Côté pratique, nous sommes presque prêts: la chambre est pratiquement terminée (il ne reste qu'à poser les tablettes, ce qui est un détail), les vêtements sont lavés et accrochés dans le garde-robe. C'est tout bleu pâle et ça sent bon! Il ne me reste que les valise pour l'hôpital à faire (la liste est imprimée, c'est quand même un bon début), laver et plier les couches, finaliser mon plan de naissance et sortir le siège d'auto du débarras. J'aimerais aussi cuisiner et congeler plusieurs plats pour les premières semaines, mais on vera ce que j'aurai le temps (et l'énergie) de faire.

Là où je ne suis pas prête, c'est dans ma tête. Je n'ai pas l'impression de savoir dans quoi je m'embarque, d'avoir ce qu'il faut en moi pour arriver avec deux bébés. Je sais, ce sont des peurs normales. C'est l'inconnu. N'empêche, quand je me dis qu'il me reste "entre 2 et 5 semaines", ça me fait freaker un peu. DEUX? Ça semble bien trop vite. Et aujourd'hui, 6 février, j'en suis à exactement un mois de ma date prévue. Donc dans un mois – plus ou moins une semaine – maximum, je tiendrai mon deuxième fils dans mes bras. Aye.

Je sais que nous allons y arriver, mais je ne me sens pas encore assez préparée à cette nouvelle vie qui arrive rapidement. Je voudrais profiter à plein de mes derniers moments toute seule avec Tithom, mais mon mal de dos et ma fatigue m'empêchent d'être aussi disponible que je le voudrais. Un genre de préparation pour ce qui l'attend? Peut-être, je ne sais pas. Je me sens quand même mal de ne pas lui donner autant de temps et d'attention qu'il le mérite et de penser que bientôt, il devra être grand et attendre et laisser de la place (qui lui appartenait toute entière) à son petit frère. Je sais que ce qui nous attend est merveilleux et que la dynamique de la famille changera, que je serai épatée de voir Tithom avec son petit frère. Mais une petite partie de mon coeur se fend à l'idée que nous ne serons plus jamais juste nous 3, que je ne passerai plus de journée toute seule avec Tithom à courir partout, à jouer aux autos et faire des casse-têtes. Ça va me manquer, même si une nouvelle belle aventure commencera.

J'ai l'air de stresser somme ça, mais ne vous en faites pas, je profite quand même à mon maximum possible du temps que je passe avec Tithom. Et je sais au fond de moi qu'il ne se sentira pas abandonné quand Tipépin arrivera. Jaloux, sûrement et c'est normal. Mais je sais qu'il n'oubliera pas que sa maman l'aime et qu'elle sera là pour lui. Juste peut-être moins rapidement ou avec un bras en moins...

Un mois... misère, faut que je me dépêche!

Libellés :


Écrit par kiwi :: 8:36 AM :: 1 pelure(s)

Jeter une pelure

..................................................................................................

7 décembre 2007

La troisième

Hier, 6 décembre, trois ans depuis ma fausse-couche. Il s'en est passé bien des choses, en trois ans. Il y a trois ans, j'attendais la mauvaise nouvelle dans la salle d'attente, essayant de ne pas penser au flot de sang qui éliminait le petit bout de vie qui s'était accroché en moi. Si quelqu'un m'avait dit à ce moment-là que 3 ans plus tard, je serais non seulement enceinte, mais de mon deuxième garçon, je l'aurais sûrement envoyé promener.

Il y a deux ans, j'avais Tithom dans mon ventre, à quelques semaines de naître.
Il y a un an, nous préparions notre premier Noël en famille.
Cette année, Tithom découvrait pour la première fois ses pantoufles remplies de surprises pour la St-Nicolas. Je passais mon test de diabète à l'hôpital et nous avons ensuite pu voir à nouveau ce deuxième fils qui grandit en moi.

Comme j'étais déçue de mon écho morphologique et des deux photos ordinaires qu'on m'avait données, je m'étais dit que je pouvais toujours passer une écho 3D, comme pour Tithom. La semaine dernière, je me suis finalement décidée et c'est par pur hasard que cette écho est tombée le jour même du 3e anniversaire de ma fausse-couche.

Et cette fois-ci, je n'ai pas été déçue. Même si Tipépin n'était pas placé de façon optimale (il nous tournait souvent le dos), nous avons pu le voir gigotter (et pour bouger, il a tellement bougé qu'on avait de la difficulté à prendre des photos), faire de la gymnastique (il passait le plus clair de son temps avec la tête entre les deux pieds), boire du liquide, lever son doigt (l'index, il est poli). Nous avons pu admirer son visage, même si ça ne dit pas vraiment de quoi il aura l'air à la naissance, ça m'aide beaucoup à visualiser ce petit bout d'homme qui grandit en moi et qui semble encore aujourd'hui si abstrait malgré les nombreux coups de pieds. D'ailleurs, j'ai pu avoir une explication aux coups que je recevais et aux bosses que je sentais. Bébé est la plupart du temps en transverse, le visage contre mon dos. Il se couche sur le ventre, les genoux pliés sous lui, les fesses dans les airs. Pareil comme son grand frère dans son lit! La grosse bosse dure que j'ai souvent à droite de mon nombril, ce sont ses fesses! Et je n'ai pas mal aux côtes pour rien, c'est là qu'il pratique son soccer.

Une belle expérience, une belle façon de me permettre d'y croire un peu plus. Je pourrais dire qu'il ressemble déjà à son frère, mais je trouve que pas mal toutes les échos finissent par se ressembler un peu. Mais bon, au moins je sais, photo 3D à l'appui, que c'est bel et bien un petit gars.

Mon petit gars.

Libellés : ,


Écrit par kiwi :: 8:10 AM :: 2 pelure(s)

Jeter une pelure

..................................................................................................

16 octobre 2007

Trois hommes et une maman

Ce jour tant attendu était enfin arrivé. J'avais bu mes grands verres d'eau, nous étions allés porter Tithom chez mon père, j'étais prète. Ça faisait des semaines que j'y pensais, des semaines que j'imaginais revoir mon bébé sur l'écran me faire des tatas comme son grand frère avait fait.

Après une interminable attente, les jambes croisées, le souffle court, suppliant Hom de ne pas me faire rire parce que j'allais exploser, on a enfin appelé mon nom. C'est presqu'en courant que je suis allée à la salle d'échographie.

Première déception: la technicienne ne veut pas tourner son écran pendant qu'elle prend ses mesures. Il n'y a qu'un seul écran et je ne le vois pas, même si je me contortionne. Hom, heureusement, peut tout voir, même s'il ne comprend pas toujours ce qui passe sous ses yeux. Je regarde son visage, je le questionne lorsqu'il sourit. Que vois-tu? Qu'est-ce que bébé fait? Je trouve le temps long et de voir la technicienne mâcher sa gomme comme un vache qui rumine son foin, ça me rend encore plus impatiente.

Elle finit par tourner l'écran pour nous montrer Tipépin. Elle me montre ma vessie (elle est pleine vous dites? Nooon, pas vrai?), le placenta (qui est dans mon dos), puis, mon bébé. Il est tout beau, tout là, bien en forme et parfait. Son petit coeur bat, on voit son cerveau, ses os, sa colonne, ses organes, ses petites mains, ses petits pieds, ses jambes croisées, le cordon... Puis, la tech nous demande si on veut savoir le sexe. On répond oui, bien trop curieux pour attendre encore 4 mois. Sans cérémonie, elle nous le montre à l'écran et nous l'annonce. Hom fait semblant d'être déçu car il a eu tort et j'avais raison: nous attendons un deuxième petit garçon. Nous sommes très heureux, avant tout parce qu'il est parfait, mais aussi parce que nous savons que Tithom aura toujours un comparse, un collègue de mauvais coups.

Deuxième déception: après avoir pu voir mon bébé un gros 4 minutes, la technicienne tourne l'écran à nouveau, donne deux photos à Hom et va chercher le docteur. Les photos sont pratiquement identiques. Je n'ai pas pu voir le profil de mon bébé, pas su à combien son coeur battait, pas pu le voir gigotter.

Le docteur nous confirme que tout est beau, que bébé est en pleine forme et que c'est bien un petit garçon. Merci bonsoir.

J'étais très déçue de ne pas avoir vécu la même expérience géniale qu'avec Tithom. Mais en même temps, je crois que le fait que ce ne soit pas mon premier bébé a enlevé un peu de magie là aussi. Enfin, l'important, c'est que tout soit parfait.

Deux garçons! Je serai vraiment entourée d'hommes à la maison! J'ai un petit garçon dans le bedon, ça résonne dans ma tête, ça fait battre mon coeur. Un autre fils, un autre amour comme Tithom. Mon instinct ne m'avait pas trompée, encore une fois. Ça rend le tout un peu plus concret, de savoir que je n'attends plus seulement un bébé, mais un petit garçon, un futur homme.

Il y a encore des jours où je dois me rappeler que je suis enceinte. On dirait que ça ne veut pas entrer dans ma tête. Et même après avoir vu ce petit bout d'homme à l'écran, j'ai peine à croire que j'ai la chance de revivre tout ça une seconde fois. Quel cadeau, quel privilège, quel miracle de la vie, que ce petit bonhomme qui grandit en moi.

Libellés :


Écrit par kiwi :: 1:25 PM :: 11 pelure(s)

Jeter une pelure

..................................................................................................

1 octobre 2007

Avoir un garçon (ou deux)

J'ai fait un rêve étrange cette nuit. J'ai rêvé que je pouvais tenir le bébé à travers mon ventre, que je voyais son visage sous ma peau (comme lorsque quelqu'un se colle le visage sous un drap) et que je disais "oh mon Dieu! On dirait une fille!"

Je trouve ça étrange parce que depuis le début de cette grossesse, je suis persuadée que j'attends un deuxième garçon. Mais tout à coup, ce matin, j'avais un doute. Et si mon instinct avait tort?

Avant de tomber enceinte de Tithom, je disais ne pas avoir de préférence. J'avoue que secrètement, j'avais un petit penchant vers une fille, simplement parce que je croyais que ce serait plus facile, étant donné que je connais ce que c'est (j'en suis une, pas vrai?). Quand j'ai su que j'attendais un garçon, je n'étais pas du tout déçue. Bien sûr, je me demandais ce que je ferais avec un petit garçon, puisque je ne connais rien aux autos, que je déteste les bibittes et la saleté et que je suis pourrie en sports d'équipe. Mais mon petit homme m'a conquise dès le premier regard et jamais au monde je ne l'échangerais contre une fille.

Enceinte d'un deuxième, on se fait souvent souhaiter le contraire de ce qu'on a, pour avoir "le petit couple". Avant d'avoir Tithom, je me disais que ce serait bien, avoir "un de chaque". On me disais souvent qu'au premier, on n'a pas vraiment de préférence, mais qu'au deuxième, on aimerait avoir ce qu'on a pas eu. Ce n'est pas vrai pour moi. Maintenant que j'ai eu un garçon, je ne tiens plus à avoir le petit couple. Si j'attends un deuxième garçon, je serai très heureuse. Si j'attends une fille aussi, en fait. Ce que je veux dire, c'est que je n'espère pas pour un plus que pour l'autre. C'est clair que ce qui compte, c'est que bébé soit en santé. Mais au-delà de ça, le sexe m'importe peu. Si je suis pour n'avoir que des garçons, je n'en serai pas malheureuse. Car je connais maintenant le bonheur que peu apporter un petit gars. Bibittes et saleté incluses.

Libellés :


Écrit par kiwi :: 8:34 PM :: 6 pelure(s)

Jeter une pelure

..................................................................................................

19 septembre 2007

Des chiffres et des nouvelles

J'ai eu mes résultats de triple test ce matin. Je savais déjà que les mesures étaient bonnes, suite à l'échographie. Il ne me manquait que les résultats combinés avec l'analyse des deux prises de sang.

Tout est beau. Quel soulagement! Je sais que je ne suis pas dans la catégorie à risque, mais d'un autre côté, mon amie ne l'était pas non-plus et pourtant, son fils était bel et bien trisomique. Ça n'augmente pas mes risques, mais ça rend la possibilité plus réelle. Les chiffres cette fois-ci sont moins flagrants que pour Tithom (1/110 000 pour Tithom et 1/5300 pour Tipépin), mais ça ne m'empêche pas de mieux respirer. Je peux laisser ces craintes de côté maintenant.

La grossesse se passe bien. Les nausées sont parties, ne restent plus que la fatigue et la constipation. On finira bien par s'en débarasser. J'ai vraiment hâte de retrouver mon énergie, car dieu sait qu'avec un bonhomme de presque 20 mois, on en a besoin!

On dit que le ventre s'arrondit plus vite à une deuxième grossesse. Je ne m'attendais pas à ce que ça paraisse autant, aussi vite. Heureusement, la mode est aux chandails longs. Je n'ai donc pas encore recours aux vêtements de maternité, sauf pour les jeans. Enceinte de Tithom, j'avais porté mes jeans taille basse ordinaires jusqu'à 6 mois de grossesse. Cette fois-ci, il y a des jours où je ne les endure déjà plus. Une chance que je sais qu'il n'y en a qu'un là-dedans, sinon je me poserais de sérieuses questions!

J'avais souvent entendu des mamans dire que la deuxième grossesse est très différente de la première, qu'on est moins centrée sur notre nombril et ce qu'il se passe en-dessous. Oui, c'est vrai, c'est différent. Je ne l'apprécie pas moins, mais j'ai moins le temps (et l'énergie) de regarder mon ventre s'arrondir, les yeux vers le ciel, en imaginant mon futur enfant. Et bizarrement, cette fois-ci, j'ai encore de la difficulté à croire que je suis enceinte. Il y a encore des moments où je me surprends à dire "ah oui, c'est vrai, je suis enceinte!" Pas que je l'oublie, mais j'ai probablement moins eu le temps de m'y préparer. Pour Tithom, ça avait pris près de 3 ans. Je ne vivais plus que pour ça, mon univers tournait autour de mon utérus. Cette fois-ci, ça nous aura pris 3 cycles en fetilité. C'est presqu'arrivé comme une surprise! Pas eu le temps de m'y préparer mentalement. Et mon univers est déjà fort occuper à tourner autour de Tithom et de la famille que nous formons qu'il lui reste très peu de temps pour se concentrer sur mon ventre. Je prends quand même le temps, le soir venu, de remplir mon journal de grossesse, de crémer ma bédaine, de regarder le décompte avant la naissance, avant l'échographie et de rêvasser.

Moins de magie? Non, je ne le crois pas. Moins d'attentes, peut-être. Moins de découvertes, bien sûr, mais ça ne rend pas les choses moins merveilleuses. Maintenant que je sais ce que c'est, je peux avoir hâte, plutôt que de craindre ce que je ne connais pas.

J'avais senti Tipépin bouger quelques fois entre 10 et 12 semaines, puis plus rien, jusqu'à la semaine dernière. Comme à tous les soirs, je tâtais mon ventre, à la recherche d'une petite bulle, d'une vague, n'importe quoi. C'était petit, doux et indescriptible. Bébé est bien là. Et depuis, je le sens plusieurs fois par jour, sans devoir appuyer sur mon ventre. C'est encore très subtil et sparodique, mais non, ce n'est pas moins magique.

Libellés :


Écrit par kiwi :: 1:13 PM :: 5 pelure(s)

Jeter une pelure

..................................................................................................

31 août 2007

Un beau nez

Mercredi soir dernier, nous avions un rendez-vous en tête à tête avec Tipépin. J'attendais l'échographie de clarté nucale pour pouvoir respirer plus aisément.

Je n'ai pas été déçue.

Bébé était tout là, sur l'écran devant nous. Une petite main qui passe, un visage, une colonne, un coeur qui bat fort. Les mesures sont parfaites, l'os du petit nez est bien beau. Gros soupir de papa et maman. Notre bébé est sur la bonne voie. Je peux enfin respirer, le premier trimestre tire à sa fin.

Tipépin mesure presque 7 cm, mais a déjà tous ses morceaux, c'est fou. Il est minuscule et nous l'aimons déjà si fort, Ça va être beau dans 6 mois!

Voyez son beau petit nez:

Libellés :


Écrit par kiwi :: 12:25 PM :: 10 pelure(s)

Jeter une pelure

..................................................................................................

22 août 2007

Un rendez-vous

J'avais mon premier rendez-vous de suivi de grossesse aujourd'hui. Rien de bien énervant, mais j'avais tout de même très hâte d'entendre à nouveau le cœur de Tipépin battre en moi.

Premier rendez-vous égale toujours paperasse et informations. On a rempli mon sac à main d'échantillons et dépliants divers (dont plusieurs pubs de lait artificiel qui sont allées directement au bac de recyclage, avec un grognement de ma part). On m'a remis le petit pot qui me suivra tout au long de mes rendez-vous et expliqué les procédures. Pesée et pression, puis hop, dans la salle d'examen.

Étendue sur la table, Dr Sansflafla a cherché le petit cœur quelques secondes, mais ça m'a semblé une éternité. Même si je l'avais vu et entendu à l'échographie il y a 4 semaines, j'étais angoissée. Au fond, quelle preuve est-ce que j'avais que tout allait encore bien là-dedans? Enfin, après avoir cherché, il l'a enfin trouvé. Encore une fois, j'ai échappé un long soupir et j'ai regardé Hom, les yeux brillants. Tipépin est encore bien là.

Nous avons encore décidé de faire les tests de la clarté nucale. J'aurai donc une autre échographie la semaine prochaine. Ce sera plus qu'une bine cette fois-ci, ce sera un mini bébé! Et si tout va bien rendue là, je pourrai enfin arrêter de prendre mon Metformin.

Un petit rendez-vous short and sweet comme je les aime.

Libellés :


Écrit par kiwi :: 9:41 PM :: 7 pelure(s)

Jeter une pelure

..................................................................................................

25 juillet 2007

Finalement

On aurait cru que le temps s'était arrêté au moment où j'avais pris mon rendez-vous pour mon échographie. Je comptais les jours, je croisais les doigts, j'angoissais même parfois. Je me posais des questions, à savoir ce que nous ferions s'il y en avait deux. Allions-nous devoir acheter une minivan? Trois sièges de bébé n'entrent pas dans notre voiture... Serais-je obligée d'arrêter complètement de travailler? Je mettais la charrue devant les boeufs, comme on dit.

Puis, lentement, le jour est arrivé. Une longue journée qui n'en finissait plus. Je ne tenais plus en place, je voulais savoir, là, tout de suite.

Nous avons finalement été appelés à la salle d'échographie. Dr Sansflafla était bien heureux de nous revoir. Il m'a demandé si je croyais qu'il y en avait un ou deux. Je lui ai dit que je pensais un et que Hom pensait deux. Mais j'avoue que je commençais à douter.

Puis, à l'écran, tout petit, est apparu Tipépin. Tout beau, tout vivant, mesurant parfaitement pile-poil 7 semaines et 3 jours. Le médecin a regardé tout partout, pas de jumeau qui se cachait. Il n'y a qu'un seul bébé là-dedans et il est bien en forme. Le plus beau son au monde, son battement de coeur, m'a fait relâcher un gros soupir de soulagement. Enfin, j'allais pouvoir respirer!

Je sais que rien n'est garantit, qu'il est encore très tôt. Je sais aussi que de voir un coeur battre est bon signe, même si pas à toute épreuve. Je me fie à ça, je focusse sur le fait que tout va bien et qu'il n'y a pour l'instant aucune raison de croire que ça pourrait mal tourner.

Je me sens tout à coup plus légère... et j'y crois de plus en plus.

Libellés :


Écrit par kiwi :: 8:39 PM :: 15 pelure(s)

Jeter une pelure

..................................................................................................

19 juillet 2007

Décousu

Je n'ai pas grand chose à dire... Je passe mes journées à me forcer à garder les yeux ouverts, à faire le son bheeeee, la main sur le front, ou à m'occuper d'un Tithom fiévreux, picotté et anorexique (ou faisant la grève de la faim, ce n'est pas clair). J'ai hâte aux vacances, j'ai hâte à mon écho, j'ai hâte que Tithom redevienne comme avant.

Mis à part les nausée (les miennes) et les boutons (de Tithom), ça va. Je ne me plaindrai certainement pas. Je n'arrive toujours pas à croire que je suis bel et bien enceinte. Cette grossesse est tellement différente de la précédente, je n'ai donc aucun point de repère.

Dans 6 jours, on saura. On saura si Tipépin est bien accroché, si nos vacances seront passées avec le sourire ou dans les larmes, s'il est seul ou accompagné. Plus que 6 jours...

Libellés :


Écrit par kiwi :: 12:55 PM :: 10 pelure(s)

Jeter une pelure

..................................................................................................

9 juillet 2007

Attente

Le téléphone a sonné peu de temps après que j'ai publié mon dernier billet. L'infirmière à l'autre bout du fil m'a donné mes résultats de prises de sang en me disant "c'est très bien parti!". J'étais terriblement soulagée d'entendre mes taux bien hauts. Enceinte de Tithom, mon résultat était quand même bas et ça ne m'avait pas complètement soulagée. Cette fois-ci, les chiffres sont sans équivoque, je suis bel et bien enceinte.

Enceinte, moi? Ouf...

J'ai passé le cap des 5 semaines. C'est à ce stade que j'avais perdu mon premier bébé et ça me fait encore tout drôle de passer cette étape. Je sais que ça ne veut rien dire en réalité, mais le symbole est là. Maintenant, il ne me reste qu'à attendre. Attendre ma premiére échographie (que j'ai réussi à obtenir en usant de ruse), attendre le 2e trimestre, attendre ma bédaine, attendre les petits mouvements, les battements de coeur. Attendre.

Je compte les dodos avant mon écho (16!), je ferme les yeux très fort, en essayant de modifier la ligne du temps, mais rien ne fonctionne, je dois quand même attendre.

Hom n'arrête pas de me taquiner, de dire qu'il y a deux ou parfois même trois Tipépins dans mon ventre. Moi, je ne crois qu'à un seul. C'est tout ce qui compte, qu'il n'y en ait qu'un en bonne santé. Mes taux de hcg étaient quand même beaucoup plus élevés qu'à Tithom (le double, 4 jours plus tôt en plus). Je sais que je ne dois pas m'y fier pour déterminer le nombre d'embryons, mais en même temps, ça me fout la trouille. Bizarrement, je n'espère pas des jumeaux. Bien sûr, si c'est ce qu'il y a dans mon ventre, je serai heureuse et nous les accueillerons à bras et coeurs ouverts. Mais si j'avais le choix, je ne choisirais pas d'avoir des jumeaux. Pour diverses raisons: la grossesse plus à risque, les risques plus élevés de naissance prématurée avec les conséquences qui viennent avec, le coût plus élevé de devoir tout avoir en double... Mais ce qui me fait le plus peur, c'est qu'avec deux nouveaux-nés, je n'aurais plus beaucoup de temps pour Tithom et ça me fend le coeur juste d'y penser.

Je sais, je ne dois pas mettre la charrue devant les boeufs. Je dois attendre mon échographie avant de m'en faire. Eh oui, encore attendre...

Libellés :


Écrit par kiwi :: 2:31 PM :: 9 pelure(s)

Jeter une pelure

..................................................................................................

1 juillet 2007

Histoires de tests

Il y a un peu plus de deux semaines, je me suis donnée une injection d'Ovidrel, qui est en fait du hcg, l'hormone que les tests de grossesse détectent. Parce que je voulais voir si l'injection avait fonctionné, parce que je voulais voir la 2e ligne et parce que je voulais savoir combien de temps l'injection resterait dans mon système (j'avais lu que ça pouvait aller jusqu'à 12 jours), j'ai décidé de tester à tous les matins. Avec des petits tests achetés sur le net à petit prix, bien sûr. Je ne voulais pas me retrouver devant un test positif et me demander si c'était vrai ou si c'était l'injection qui traînait encore. Je voulais que tout soit clair.

Huit jours après l'injection, le test est sorti négatif. Il l'est resté pendant 4 jours. Puis, mercredi matin, une 2e ligne, pâle, est apparue, à ma grande surprise. Je ne savais trop qu'en faire. Était-ce véritablement positif? C'était tôt encore (10 jours post-ovulatoires), je ne voulais pas me faire d'idée. J'en ai donc refait un 2e, qui fut positif lui aussi. J'ai donc décidé de tester avec un "vrai" test le lendemain. J'avais un Première Réponse qui traînait, aussi bien m'en servir. J'ai donc testé jeudi matin avec un test internet et le PR. Les deux sont sortis positifs. Le test internet plus foncé que celui de la veille. Hier, encore positif, plus foncé encore. Et ce matin, positif, sans équivoque.

Voyez mes expérimentations...



DPT= days past trigger (jours suivant l'injection de hcg)
DPO= days past ovulation (jours post-ovulatoires)


On voit bien qu'à partir de 6 DPO, c'est négatif et que ça redevient positif à 10 DPO.
Je sais, je sais, je suis freak et un peu pathétique. Faut pas m'en vouloir, je vous l'avais dit que j'étais addict aux tests-pipi.

Libellés : ,


Écrit par kiwi :: 7:48 PM :: 5 pelure(s)

Jeter une pelure

..................................................................................................

30 juin 2007

Jamais

Jamais je n'aurais cru que ça fonctionnerait aussi vite. Jamais je ne m'étais imaginée que ce genre de chance pouvait m'arriver, à moi.

Je me voyais refaire le même protocole plusieurs cycles. Je me voyais redevenir amère et frustrée comme vers la fin de mes essais pour Tithom. Je me voyais devoir continuer à prendre ma température, avaler des pilules, m'injecter des hormones dans le gras du ventre. Je me voyais être infertile encore et encore. Je disais que si ça prenait en bas d'un an, je serais heureuse. Ça nous aura pris 8 mois entre mon retour de couches et le test positif, 7 cycles dont seulement 3 avec suivi en fertilité et un seul sous injections avec ovulation.

Je ne me voyais pas enceinte après une seule ovulation. Jamais. C'était bien trop beau! Surtout avec les coïcidences mignonnes (Tithom a été conçu à la fête des mères, Tipépin à la fête des pères, après avoir eu l'écho d'ovulation le jour de mes 30 ans). Quand j'ai vu la 2e ligne apparaître, je ne pouvais y croire.

Mais aujourd'hui, j'y crois. Mon coeur y croit et ma tête essaie de ne pas trop penser aux possibilités. Je me concentre sur l'énorme chance que nous avons d'avoir réussi à concevoir sans devoir refaire un long trajet pénible comme pour Tithom.

Et je tiens à vous remercier, vous qui me lisez, pour vos bons mots, vos encouragements et votre soutien. Vous n'avez pas idée combien ce fut important pour moi. Merci.

Libellés :


Écrit par kiwi :: 1:02 PM :: 10 pelure(s)

Jeter une pelure

..................................................................................................

 

Tous droits réservés © 2004-2008