LES PÉPINS DE KIWI


Réflexions douces-amères d'une infertile maintenant maman.

14 mars 2005

In the end...

I tried so hard
And got so far
But in the end
It doesn't even matter
I had to fall
And lose it all
But in the end
It doesn't even matter

In the end | Linkin Park

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Écrit par kiwi :: 4:01 PM :: 1 pelure(s)

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9 mars 2005

Où en sommes-nous?

Hier matin, avant d'aller voir mon médecin, j'ai passé un test de grossesse. Sans surprise, le test était négatif.

Je suis donc allée voir mon doc, pas tellement certaine encore de ce que j'allais lui dire... Après tout, mon cycle n'était pas encore vraiment terminé... Ça a fait drôle de parler avec mon médecin, alors que j'ai l'habitude d'être couchée plutôt qu'assise. Je lui ai dit ce que j'avais sur le coeur, que nous avions de plus en plus de difficulté à nous relever après les échecs. Je lui ai aussi dit que comme certaines choses n'étaient pas couvertes par nos assurances, nos ressources financières commencent à être épuisées. Puis j'ai demandé : est-ce qu'il y a quoi que ce soit qu'on peut faire de plus? Qu'est-ce qu'on fait de pas correct pour que ça ne fonctionne pas? Pourquoi est-ce qu'après 6 cycles sous injections, dont 2 avec insémination, nous n'avons pas encore réussi? Qu'est-ce qu'il manque? Est-ce qu'il y aurait un problème qu'on n'aurait pas vu encore?

Il m'a dit qu'on faisait déjà tout ce qu'on pouvait faire. Refaire les prises de sang ne donnerait rien. Mon problème n'est pas là. On fait tout ce qu'on peut, mais des fois, ce n'est juste pas suffisant. Les tests sanguins étaient ok quand on les a faits, ils ne changeront pas si on les refait. Il m'a dit que si je voulais arrêter les cycles d'injections et insémination pour le moment, j'avais deux options. La première est de faire une fécondation In Vitro. Je lui ai dit que pour l'instant, financièrement, si l'insémination est impossible, le FIV l'est encore plus. Donc, deuxième option : le seul test que je n'ai pas fait encore, la laparoscopie. Il m'a dit qu'on irait voir si je fais de l'endométriose (ce qui le surprendrait, mais vaut mieux prévenir que guérir) et si mes ovaires sont ok. Aussi, pour les durs cas d'ovaires polykystiques comme moi, il existe une intervention appelée le drilling ovarien qui consiste à faire des trous dans les ovaires avec un laser. Donc, ils me feraient ça pendant la laparoscopie. Et s'il y avait de l'endométriose, tout dépendant du niveau, ils pourront la brûler lors de l'opération.

Je dois appeler dès que j'ai mes règles pour fixer le rendez-vous, qui peut prendre 3 mois. Le médecin m'a suggéré de prendre un break des traitements (sauf le Metformin, bien sûr) pendant ces 3 mois d'attente. Je lui ai dit que même si je sais qu'au fond ce serait mieux pour moi, je ne suis pas capable de prendre un break. J'ai trop l'impression de perdre mon temps précieux. Je lui ai demandé une prescription de Femara, puisqu'il me faisait quand même ovuler avec le Metformin. Même si ça me donne des ovulations tardives (donc plus faibles et plus risquées), je suis prête à prendre la chance. On ne sait jamais! Il a dit oui. Donc pour les prochains cycles, d'ici l'opération, je prendrai que du Metformin et du Femara et je continuerai à faire mes courbes. Plus de piqûres, plus d'échos d'ovulation et de rendez-vous chez le doc aux 2 semaines. En quelque sorte, c'est un break pour nous. Et si la laparo se passe bien et que tout est ok, on va recommencer les traitements et inséminations à ce moment-là.

C'est certain que ça me dérange un peu d'arrêter les injections et les inséminations. J'avais vraiment l'impression qu'on approchait du but... enfin, parfois... Mais d'un autre côté, s'il y a vraiment un problème et qu'on ne le voit que dans 3 mois, on aurait gaspillé tout cet argent pour rien (que ce soit notre argent ou notre marge sur nos assurances). Bref, ça me fait quand même du bien de savoir qu'il nous reste des options, des choses à essayer. Et les statistiques sur le drilling sont très encourageantes, donc je vais essayer de m'y accrocher. Quand même, j'ose espérer ne pas avoir à me rendre jusque là et avoir une surprise avec le Femara. Mais c'est réconfortant de savoir qu'il y a encore des solutions.

Je n'ai toujours pas mes règles. Je n'ai pas vraiment de crampe non-plus, mais je sens que ça "travaille"... ça ne devrait donc pas tarder. Je ne suis pas encore en retard, je suis à 13 dpo. Dans mes anciens cycles avec injection et ovulation autour du J12, j'ai eu mes règles à 12 ou 13 dpo. Mais je vais attendre jusqu'à 15, si jamais je me rends là... Et je retesterai à ce moment-là. Rosie Rosie, reste dans ta cachette, je ne veux pas te voir!

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Écrit par kiwi :: 4:50 PM :: 0 pelure(s)

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6 mars 2005

Blessed

Hey you, you're a child in my head
You haven't walked yet
Your first words have yet to be said
But I swear you'll be blessed

I know you're still just a dream
your eyes might be green
Or the bluest that I've ever seen
Anyway you'll be blessed

And you, you'll be blessed
You'll have the best
I promise you that
I'll pick a star from the sky
Pull your name from a hat
I promise you that, promise you that, promise you that
You'll be blessed

I need you before I'm too old
To have and to hold
To walk with you and watch you grow
And know that you're blessed

Elton John

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Écrit par kiwi :: 10:13 PM :: 1 pelure(s)

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5 mars 2005

Amertume

Au risque de passer pour une plaignarde, j'ai encore un coup de blues aujourd'hui... Je ne suis pas une personne qui se décourage facilement. Je ne suis pas quelqu'un qui lâche prise rapidement et qui se laisse marcher sur les pieds. Mais à force de tomber, mes genoux sont maganés et j'ai de plus en plus de misère à avancer. Et ce mois-ci, on dirait que tout fait exprès pour me garder à terre... Je voudrais bien me faire croire que ça va arriver, je voudrais bien avoir autant d'espoir que j'avais le cycle dernier. Mais je n'y arrive pas. Je ne suis plus capable de croire aux contes de fées et de me dire que moi aussi, ça va m'arriver. Il y a de plus en plus de jours où je me dis que je n'aurai jamais d'enfant dans mon ventre. Je suis déterminée, acharnée, persévérante et tête dure, mais il y a des limites à mon obstination. Je ne vois pas le jour où je baisserai les bras et dirai "ok, j'arrête de me battre", mais pourtant, je sais qu'il n'est pas si loin... Je sais qu'un jour où l'autre, on devra prendre la décision (peut-être malgré nous) d'arrêter les traitements. Et ce jour me fait très peur. Je ne veux pas laisser tomber, mais en même temps, je ne crois pas pouvoir tenir ce rythme d'essais et échecs bien longtemps. Je ne sais pas encore combien de temps mon corps endurera les tests, les médicaments et la pression. Je me croyais forte, au-dessus de tout ça, prête à tout, mais je ne peux plus nier ma fatigue, autant physique que mentale, je ne peux plus ignorer l'épuisement et la douleur. Je vais devoir éventuellement faire de gros travaux de réparation et de guérison sur mon corps et mon coeur. Je ne parle jamais de ce qui se passe dans ma tête et mon coeur. Je ne partage pas toute la détresse, la tristesse et la rage qui bouilonnent en moi. Il n'y a pas de place pour ce genre d'émotions dans un monde où les enfants, bébés et femmes enceintes poussent comme de la mauvaise herbe. Les infertiles amers doivent rester cachés, isolés et se taire. Je suis fatiguée de mener une double vie, de devoir laisser mes tourments dans une petite boîte chez moi, d'afficher un sourire et de mener une vie "normale" pendant que mon coeur se défait en miettes. Je ne peux pas dire que je ne suis pas heureuse, ni bien, mais il y a un très grand vide dans nos vies. Un vide qui ne sera probablement jamais comblé, même si un jour nous avons un enfant. Toute cette bataille restera à jamais gravée en nous, comme une grosse cicatrice sur nos coeurs. La plaie se guérira, la douleur diminuera, mais la cicatrice sera là et nous ne l'oublieront jamais.

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Écrit par kiwi :: 11:10 AM :: 0 pelure(s)

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4 mars 2005

Un peu de lumière

Hier soir, à 5h, le téléphone a sonné et je n'ai pas pu répondre. C'était la secrétaire de mon médecin. Quand j'ai rappelé 15 minutes plus tard, ça ne répondait plus. Je me suis demandé toute la soirée ce qu'elle pouvait bien vouloir... Ce matin j'ai rappelé et c'était encore l'infirmière démoniaque. Elle m'a dit que mon dr trouvait que ce n'était pas pertinent de tester ma progestérone et qu'on devait attendre de voir si j'étais enceinte. Bon, rendus où on en est, moi aussi je ne trouve plus ça pertinent! Aussi bien attendre à mardi prochain, franchement...

Donc, j'ai décidé de me forcer à garder espoir. Au moins jusqu'à mardi. Si mardi matin je me sens d'attaque, je ferai un test avant d'aller voir le médecin... Question de savoir si je vais le voir pour confirmer un grossesse ou pour savoir la marche à suivre pour le prochain cycle. Je ne veux pas arriver là et ne pas savoir pourquoi je vais le voir...

Ma courbe remonte un peu, tranquillement pas vite... Alors je dois m'accrocher à ça. Je dois me forcer à garder espoir malgré tout, à rester positive même après tant d'échecs. C'est dur... Je ne suis pas défaitiste, mais peut-être trop logique parfois pour seulement croire à la providence. Il me faut des faits, des preuves palpables.

Ce qui me cause des problèmes à espérer, c'est le fait que je ne sente absolument RIEN. Pas nécessairement des symptômes de grossesse, de toute façon, je ne les avais sentis que vers 12 jours post-o, mais des symptômes quelconques qui m'indiqueraient au moins qu'il se passe quelque chose en bas. Habituellement, même dans les cycles non concluants, j'ai les seins sensibles et mal à l'ovaire gauche de l'ovulation aux règles. Et là: rien. Oui oui je sais, des fois c'est le fait que ce soit différent qui est bon signe. Et je sais que d'ici 4 jours, il peut en apparaître des signes! Et trop m'analyser n'est pas bon, je sais ça aussi...

Alors répétons tous en coeur : si ce n'est pas ce mois-ci, ce sera le prochain! si ce n'est pas ce mois-ci, ce sera le prochain!... Je me donne un but, pour m'aider à persévérer : être enceinte d'ici le 8 août, la date prévue d'accouchement si je n'avais pas fait de fausse-couche. Si je suis enceinte rendue là, l'anniversaire sera moins difficile à traverser... Enfin, j'imagine...

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Écrit par kiwi :: 11:50 AM :: 0 pelure(s)

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2 mars 2005

The Amazing Race

Hier j'écoutais la première de la nouvelle saison d'Amazing Race avec Hom. Un des couples qui fait la course, Uchenna et Joyce, ont dit dans leur présentation qu'ils essayaient depuis longtemps d'avoir des enfants, sans succès. Après deux échecs au In Vitro, ils se retrouvent sans ressource et avec un couple éprouvé. Ils espèrent gagner le million pour pouvoir atteindre leur rêve d'être parents.

Et bien voilà, je sais pour qui je prends!

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Écrit par kiwi :: 10:52 AM :: 0 pelure(s)

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27 février 2005

Question piège

Très peu de gens autour de moi savent ce que nous traversons pour avoir un enfant. Nous en avions parlé un peu au début, mais quand nous avons fait face au manque de sensibilité des gens, on a vite compris qu'on ne pouvait pas en parler ouvertement.

Ça arrive souvent, étant donné notre âge, la durabilité de notre couple, le fait qu'on ait acheté une maison, qu'on nous demande LA question piège, la question qui nous met mal à l'aise et qui nous frustre, la question qui nous fait mal et qui nous isole : et vous, à quand les enfants???

Et à chaque fois qu'on me la pose, même si j'ai eu en masse de temps pour y penser, je ne trouve pas de réponse intelligente. Je rougis, je regarde le sol, je marmonne, je bégaie, je balbutie "oh quand la nature le voudra!" ou "dans le temps comme dans le temps!" et je change de sujet. Je déteste me faire poser cette question, mais je déteste encore plus ne pas avoir de réponse qui peut conclure la discussion assez vite sans créer de malaise.

Quelqu'un a une suggestion? Toutes les idées sont les bienvenues, car je suis sans mot devant cette question et je veux que ça change!

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Écrit par kiwi :: 12:15 PM :: 1 pelure(s)

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19 février 2005

Un de fini!

Bon, le Clomid est terminé! J'ai pris mes 4 dernières pilules ce midi. Et je passe à l'étape des injections, mais une est déjà faite depuis ce matin alors ça va vite! Mardi matin, je vais voir si tout ça a porté fruit. Le Clomid me donne des étourdissements (toujours 1h30 après l'avoir avalé), ma tête est lourde et je suis terriblement fatiguée. Et en plus de tout ça, les fameuses bouffées de chaleur. Bien sûr, elles ne viennent me visiter que la nuit. Elles me réveillent et m'empêchent de dormir. Je préfère, et de loin! le Femara au Clomid. Mais si c'est pour me faire ovuler plus facilement, je suis prête à prendre tous les effets indésirables qui viennent avec. D'ailleurs, ce matin en prenant ma température, j'ai eu une bouffée de chaleur et je crois que c'est ce qui a fait monter ma température en flêche. J'imagine que je vais voir dans quelques jours...

Hier, j'ai pris une journée de congé pour aller faire du snowblade. Ça m'a fait énormément de bien! Il faisait froid, mais beau. Glisser sur la neige, le vent faisant rougir mes joues, en toute liberté, sans penser à mes préoccupations pour un instant, ça m'a fait me sentir légère. Je suis aujourd'hui moins découragée, moins pessimiste. Je ne dis pas que je suis redevenue la fille super positive d'avant, mais pas trop loin. Je crois que cette fille hyper optimiste et pleine d'espoirs d'autrefois n'existe plus aujourd'hui. Les échecs répétés et la fausse-couche lui ont fait perdre de l'assurance, de l'équilibre et beaucoup, beaucoup de naïveté.

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Écrit par kiwi :: 4:32 PM :: 0 pelure(s)

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15 février 2005

Plan B

J'ai réussi à obtenir un rendez-vous rapide avec mon doc aujourd'hui, question de discuter des prochaines étapes. Je croyais simplement qu'on augmenterait la dose de départ des injections, pour ne pas avoir à en prendre pendant 8 jours. Mais non, il a décidé autre chose. Encore une nouvelle recette! Je me sens comme un rat de laboratoire sur lequel on essaie plein de trucs. Enfin... Ce cycle-ci, au lieu du Femara, je prends 200mg de Clomid du J3 au J7. Je prends ensuite mes injections de 140 iu de FSH, du J7 au J9 et j'ai mon écho dans une semaine, au J10. Clomid et FSH... Je peux juste dire une chose : Bonjour les bouffées de chaleur!!! Le Clomid n'a pas fonctionné sur moi quand je l'ai essayé tout seul au début de mes traitements. Je ne suis jamais allée à 200 mg, mais j'ose espérer que mes ovaires sont réveillés et qu'il réagiront au Clomid.

Je ne suis pas moins découragée... Je suis épuisée par tous les essais et erreurs. Je voudrais tellement avoir un traitement qui fonctionne, qui me fait ovuler mois après mois, où tout ce que nous aurions à faire c'est d'attraper le petit oeuf. Mais non! Au lieu de ça, à chaque fois que j'essaie un traitement, je ne suis même pas certaine d'ovuler! Alors on doit se forcer, se convaincre qu'on a des chances, même si elles sont minces. On va chercher au plus profond de nous-mêmes les dernières petites particules d'espoir et d'optimisme qu'il nous reste et on s'y accroche. Parce que si nous n'avions plus d'espoir, pourquoi est-ce qu'on ferait tout ça? C'est le principe même de l'infertilité, le paradoxe sur lequel on vit, la contradiction qui fait de nous des gens fragiles et forts à la fois : L'infertilité, c'est s'attendre au pire tout en espérant le meilleur.

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Écrit par kiwi :: 6:00 PM :: 0 pelure(s)

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14 février 2005

Si...

Si je n'avais pas perdu mon bébé, je serais aujourd'hui enceinte de 15 semaines. Je serais officiellement hors danger pour une fausse-couche (même s'il y a encore des risques rendu là, ils sont bien moins grands). Nous voulions l'annoncer à nos familles et amis à la St-Valentin. J'aurais peut-être une bédaine. J'aurais peut-être des nausées. Je serais dans mon deuxième trimestre. Il y aurait sûrement des tas de choses que j'aurais et que je ferais et que je serais. Mais bien d'autres qui ne feraient plus partie de ma réalité : je n'aurais plus à prendre ma température tous les matins. Je n'aurais plus à me demander si nous allions encore tenir le coup longtemps comme ça, à subir échec par-dessus échec. Je n'aurais plus à me piquer dans le ventre pour essayer de développer un folicule. Je n'aurais plus des tas de pilules à prendre et des tonnes d'effets secondaires indésirables. Je n'aurais plus à me réveiller au beau milieu de la nuit, complètement trempée à cause d'une bouffée de chaleur. Je n'aurais plus à m'excuser sans arrêt à Hom parce que mes humeurs sautent du coq à l'âne. Je n'aurais plus à aller passer des échographies d'ovulation. Je ne serais plus frustrée à chaque fois que quelqu'un annonce une grossesse. Je serais enceinte.

Oui, avec des SI, on peut faire bien des choses...

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Écrit par kiwi :: 12:11 PM :: 0 pelure(s)

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10 février 2005

Version Light

Une chose en particulier m'a frappée depuis que nous nous battons pour avoir un enfant. Je savais d'avance que nous aurions des difficultés. Je pensais savoir à quel point ça allait être difficile et savoir comment j'allais gérer la crise. Mais une fois les deux pieds dans les traitements de fertilité, notre perception change du tout au tout. Et c'est ça qui m'a frappée : l'infertilité est prise à la légère, même de nos jours.

Partout autour de nous, on retrouve des images de maternité. Combien de fois dans notre jeunesse nous a-t-on répété de bien nous protéger, car ça ne prend qu'un spermatozoïde pour faire un bébé? Oui, c'est vrai, mais ça nous fait grandir avec l'illusion que c'est très facile, tomber enceinte. Même si ce l'est pour la majorité des couples, on dit qu'environ un couple sur 6 rencontrera des problèmes de fertilité dans leur vie. Mais on en entend jamais parler de ceux-là! On entend parler des femmes de 60 ans qui donnent naissance, des vedettes qui ont recours au In Vitro avec succès. On nous bombarde d'images de gros ventres ronds dans les films, les télé-romans, les magasines. On utilise bien trop souvent la grossesse comme un élément dramatique dans les soaps, les télé-romans et séries. Les revues sur la grossesse et la maternité pululent. On nous donne une image de facilité et d'accessibilité à la maternité qui est loin de la réalité. Mais on n'entend jamais parler des millions de couples qui doivent patienter un an, deux ans, 10 ans avant d'avoir leur premier enfant. On n'entend jamais parler qu'avant d'avoir réussi, ça a pris plusieurs In Vitro et des milliers de dollars dépensés sans résultat. On n'entend jamais parler des ovaires polykystiques, qui touchent pourtant près de 10% des femmes. On n'entend que les belles histoires, les réussites. On ignore les tonnes d'essais et erreurs que ça a pris avant de réaliser le rêve de devenir parents. Mais pourtant, l'infertilité a été classée comme étant une maladie par l'Ordre des gynécologues obtétriciens. Une maladie, pas un caprice.

On parle énormément de l'adoption depuis quelques années. Et bien souvent, quand un couple adopte, il se limite à donner comme explication "nous ne pouvions avoir d'enfant." Et les gens ne posent pas de question. C'est normal, ils ne peuvent pas, donc ils adoptent. Pourtant, l'adoption est la plupart du temps la dernière solution en liste quand un couple fait face à l'infertilité. Ils font bien souvent des tas de tests, des traitements variés et vivent échec par-dessus échec. Jusqu'à ce qu'ils se rendent à l'évidence que s'ils veulent être parents, ce sera par l'adoption. Je ne dis pas que c'est le cas de tous ceux qui adoptent. Mais c'est bien souvent un côté de l'histoire qu'on ne connaît pas. Je n'ai rien contre l'adoption. C'est quand même encore une possibilité pour nous, même si le fait de sentir l'enfant grandir en moi est très important. Je préfère encore vivre les espoirs et déceptions des traitements.

Quand on parle de notre infertilité, quand on s'ouvre sur la souffrance que ça nous procure, sur les difficultés physiques, psychologiques et financières que ça amène, nous sommes confrontés à beaucoup d'ignorance et beaucoup d'incompréhension. Bien trop souvent, on nous donne l'impression qu'on exagère, que ce n'est pas SI pire. Parce que ça a été si facile pour tant de gens, on ne comprend pas pourquoi pour nous ça devrait être autrement. Ça doit être juste parce qu'on est impatients ou parce qu'on y pense trop. Combien de fois avons-nous eu droit à l'histoire de la cousine de l'amie qui elle, se faisait dire par les médecins qu'elle était stérile et puis finalement après 5 ans elle est tombée enceinte. Combien de fois nous faisons-nous dire d'arrêter d'être frustrés et égoïstes, que le monde est une place horrible pour un enfant de toute façon. Non, ça ne m'encourage pas de savoir que ta cousine est enceinte après avoir pris du Clomid. Pourquoi? Parce que tout ce que ça me dit, c'est qu'ELLE est enceinte, et pas moi. Ça ne me dit pas que moi je vais le devenir (après tout, le Clomid n'a pas fonctionné sur moi), chaque femme est différente et chaque cas est différent. Non, ça ne m'encourage pas de me faire dire que je suis déjà tombée enceinte, donc que ça veut dire que je le peux. Tout ce que ça me dit, c'est que je suis capable de produire de l'hormone de grossesse. Tant que je n'aurai pas mon bébé dans mes bras, je n'aurai pas de preuve que ça peut fonctionner pour NOUS.

Je sais, je donne souvent l'impression d'être frustrée et enragée contre la terre entière. Je donne l'impression d'être jalouse de toutes les bédaines et les bébés. D'un sens, oui, je suis frustrée et enragée et je suis jalouse. Mes sentiments ne se rapportent par contre jamais vers des personnes. Je n'en veux à personne de tomber enceinte au premier mois. Je n'en veux à personne de montrer fièrement son nouveau-né. Je souhaite ce bonheur à toutes les femmes. Ce qui me frustre, m'enrage et me rend jalouse dans tout ça, c'est que d'être confrontée sans cesse à tous ces rappels de maternité, ça ne fait que me remettre ma propre infertilité en pleine face. Oui, je suis contente pour eux, vraiment, sincèrement. Mais ça me rappelle aussi, encore une fois, que MOI je ne suis pas enceinte et je ne suis pas maman et mon chum n'est pas papa.

Je ne demande pas aux gens de comprendre ce que nous vivons. Je demande seulement un peu plus de sensibilité, d'indulgence. On ne parle pas de gâteau au chocolat pendant une heure à quelqu'un qui est au régime. On ne mange pas une tarte au sucre dans le visage d'un diabétique. On fait attention. On est sensible à leur situation. Je demande donc aux gens de me croire, quand je dis que c'est terriblement souffrant de devoir attendre si longtemps pour réaliser un rêve si cher. Je demande aux gens de me croire quand je dis que je ferais n'importe quoi pour avoir un enfant. Et je leur demande de nous croire quand on dit qu'on vit quelque chose de très difficile et émotionnellement épuisant.

Je ne suis pas seule comme ça. Les gens qui en parlent au "monde extérieur" sont rares, mais il y en a. Quand j'ai commencé à en parler, je ne croyais pas qu'il y avait autant de gens autour de moi avec des problèmes de fertilité, peu importe à quel niveau. Et quand je me suis mise à leur partager mes sentiments de rage et de jalousie, j'ai été très surprise d'entendre à chaque fois "moi aussi!!!" Vous seriez surpris de savoir combien de femmes autour de vous ont fait une fausse-couche dans leur vie ou ont dû être suivies en fertilité avant de tomber enceinte. Ce n'est pas quelque chose dont on parle autour d'une bière. Ça reste très personnel et très enfoui. Mais c'est là, suffit d'ouvrir les yeux.

Je ne veux pas être prise en pitié. Jamais. Je sais qu'il y a des tonnes de femmes avec des situations bien pires que la mienne. Et je sais qu'il y a des misères bien plus grandioses et tragiques dans le monde que le fait de ne pas pouvoir enfanter. Mais c'est notre drame à nous, c'est notre réalité. C'est ce que je connais et c'est pourquoi je tiens à le partager.

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Écrit par kiwi :: 1:55 PM :: 1 pelure(s)

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8 février 2005

Top 10

des choses les plus frustrantes à se faire dire quand on se bat contre l'infertilité
(même si les intentions sont les meilleures)

10- Je dois être chanceuse, moi ça a fonctionné du premier coup.
9- Un enfant, ça se fait dans l'amour, pas avec des médicaments.
8- Ça va arriver quand ce sera le bon moment!
7- Vous êtes encore jeunes!
6- Je connais une fille, elle a attendu X temps et....
5- Est-ce qu'il va falloir qu'on vous montre comment faire?
4- C'est parce que vous n'êtes pas dûs!
3- C'est quand tu vas laisser tomber que ça va arriver.
2- C'est tellement agréable la pratique!
1- Arrêtez d'y penser et ça va arriver!

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Écrit par kiwi :: 6:30 PM :: 0 pelure(s)

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3 février 2005

On fait quoi maintenant?

Deux journées du 2 semaines d'attente passées. Plus que 12 à patienter. Alors... on fait quoi pour passer le temps sans trop y penser? Bien facile de dire qu'on ne doit pas focusser là-dessus et se distraire... Mais comme j'ai l'impression des fois que nos vies tournent autour de mon utérus, j'ai de la difficulté à détacher mes idées de mes trois petits oeufs. Alors la prochaine personne qui me dit Arrête d'y penser et ça va arriver je lui arrache la tête.

Mes seins sont sensibles comme jamais. En fait, la seule fois où ils ont été aussi sensibles, c'est quand j'étais enceinte. Alors je crois que c'est vraiment la shot de hCG qui me fait ça, en plus de la méga ponte. Cette nuit en dormant, je me suis tournée sur le ventre et la douleur m'a réveillée. J'ai encore des petits points vis-à-vis les ovaires, mais j'ai souvent ça, depuis que j'ai eu mon kyste.

Je ne voudrais pas trop m'analyser, trop scruter chaque petit signe, chaque petit bruit, chaque petit tiraillement que mon corps fait. Faut pas exagérer, j'ai ovulé il n'y a pas 60 heures. Laissons à la nature le temps de faire son travail...

J'ai souvent essayé d'expliquer ma frustration à des gens qui ne comprennent pas l'infertilité. La seule comparaison que j'ai trouvé est la suivante. Disons que tu as du poids à perdre et que depuis que tu es petite, tu rêves d'être mince et ça te complexe beaucoup. Tu fais attention à ce que tu manges depuis des années, tu te prives de tout ce que tu aimes, tu passes des tests, fais de l'exercice à tous les jours, prends des pilules, bref, tu fais TOUT ce que tu peux pour maigrir. Et rien, niet, tu ne maigris pas d'une once. Pendant ce temps, une amie à toi mange comme une cochonne, ne fait aucun exercice, boit, fume, se bourre la face de crème glacée et de chocolat, et maigrit à vue d'oeil dès le moment où elle t'annonce qu'elle aussi, elle est au régime! Bon voilà... c'est un peu comme ça que je me sens... mais en pire...

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Écrit par kiwi :: 10:12 PM :: 0 pelure(s)

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30 janvier 2005

Des amis

Je recevais des amis à dîner aujourd'hui. Deux couples avec un enfant en fait, dont une enceinte du 2e. Ça m'a fait tellement de bien de constater que je ne me sentais pas si mal entourée de bébés. Il y avait un profond sentiment de désir impatient en moi, comme si tout ce que je ressentais vraiment était "j'ai tellement hâte que ce soit moi...!" mais pas de jalousie, pas de rage... seulement de l'attente... impatiente.

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Écrit par kiwi :: 9:13 PM :: 0 pelure(s)

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27 janvier 2005

Plus que 1!

Une seule injection demain avant mon écho samedi. J'espère vraiment que ça aura porté fruit! Après ma petite crise de panique et de découragement mardi, j'ai recommencé à voir les choses de façon rationnelle. Les folicules grossissent habituellement de 2 milimères par jour. Ils étaient à 10 mm mardi matin, donc devraient bien être à 18 ou 20 mm samedi. Enfin, j'ose espérer! Si je n'ai plus de positivisme et d'espoir, je n'ai plus rien.

«L'espoir, c'est ce qui meurt en dernier.
Proverbe irlandais

Je ne suis par contre pas capable d'ignorer ce qui est là... Le fait que les injections, même plus fortes qu'avant, ne fonctionnent peut-être plus... ça me fait très peur! Je ne sais pas ce qu'on va faire si ça ne fonctionne plus. D'un sens, je me dis "pourquoi est-ce que tout d'un coup mes ovaires auraient arrêté de fonctionner?" Mais bon, je ne connais pas tout, alors je ne sais pas ce que ça veut dire... Qu'est-ce qu'on fait si je ne peux plus avoir recours aux injections? Sans ovulation, je ne peux pas enfanter un bébé. Enfin, je pourrais, mais avec un don d'ovule, et pour nous c'est hors de question. Je ne suis pas pessimiste, je ne pense pas au pire... Je ne l'ignore pas par contre. Je sais que la possibilité est là. Mais je me concentre sur le fait que les chances ne sont pas encore épuisées. Je dois attendre à samedi avant de penser à ce qui viendra ensuite...

Hom va venir avec moi samedi. On va essayer d'obtenir le plus d'informations possibles sur l'insémination, afin de pouvoir prendre une décision. Si tout est beau samedi, je devrais ovuler lundi. Donc insémination lundi matin... probablement... Je suis hyper débordée et en retard pour le travail ces temps-ci. Mais je n'ai ni la force, la motivation ou l'envie de faire des heures supplémentaires. Je veux me concentrer sur les titeufs et ma santé. Le travail peut toujours attendre (même si les clients ne pensent pas tous la même chose!).

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25 janvier 2005

Une poule qui ne pond pas d'oeuf

est-elle quand même une poule?

Je me suis levée tôt pour aller à mon échographie d'ovulation ce matin. J'étais remplie d'espoir, j'avais hâte que mon doc me confirme que j'étais bel et bien sur le point d'ovuler. J'ai patienté dans la salle d'attente, comme toujours, entourée de femmes avec des grosses bédaines rondes. Déjà là, pas très sécurisant pour la petite femme infertile que je suis. On m'appelle à l'intercom pour me rendre à la salle d'écho. Rendue là, l'infirmière me dit d'attendre juste à côté, car la salle est encore occupée. Je prends place sur une chaise dans le bureau des infirmières, où elles rencontrent les femmes pour prendre leur poids et leur pression. Une femme qui doit avoir le même âge que moi s'installe près de moi. L'infirmière lui dit qu'elle est dûe le 19 août (11 jours plus tard que je l'aurais été) et commence à lui expliquer les prochains rendez-vous qu'elle va avoir pour la grossesse. Elle lui demande si sa grossesse va bien et si c'est sa première. La future maman répond fièrement que oui, c'est sa première grossesse et que ça va très bien. Elle rayonne de bonheur. Et moi je n'ai qu'une seule envie : me sauver en pleurant. C'est une blague cruelle ou quoi??!

En entrant dans le bureau du médecin, je lui dis que depuis mon hystéro (la dernière fois que je l'ai vu) j'ai ovulé avec le Femara seulement, je suis tombée enceinte et j'ai fait une fausse-couche et que maintenant, je veux poser des questions. On fait d'abord l'écho. Et là, mes espoirs sont encore une fois détruits. Je n'ai pas de folicule mature. Je ne comprends tellement pas! Habituellement, les injections fonctionnent bien et me font développer un beau gros folicule! Là, j'en ai plusieurs petits, mais aucun prêt à ovuler. Je suis complètement découragée. Le doc m'explique que l'insémination augmenterait nos chances et que comme mes ovulations sont rares (et coûteuses), on devrait mettre toutes les chances de notre côté. Mes ovulations avec le Femara seulement sont trop tardives dans le cycle et ça augmente les risques de fausse-couche. Donc, je dois continuer les injections pour 4 jours encore, mais ce sera au Gonal-f cette fois-ci. Bleh! Je n'aime pas le Gonal-f! Il vient en seringues! Et je retourne faire une écho d'ovulation samedi. Bon... alors je ne suis pas encore tout à fait de retour dans la game... mais je ne suis pas encore retirée non-plus!

J'ai pleuré et ragé en arrivant chez moi. Je suis tellement écoeurée! J'ai dû déplacer un dîner d'amies qu'on avait samedi à cause de mon écho... J'ai tellement pas l'impression de contrôler mon infertilité, j'ai plutôt l'impression que c'est elle qui gère ma vie!

Je quitte sur un petit bout de Somewhere I belong de Linkin Park...

I will never know Myself until I do this on my own
And I will never feel
Anything else, until my wounds are healed
I will never be anything
Until I break away from me
I will break away
I'll find myself today

I wanna heal
I wanna feel
What I thought was never real
I want to let go of the pain I felt so long
Erase all the pain til its gone
I wanna heal
I wanna feel
Like Im close to something real
I want to find something Ive wanted all along
Somewhere I belong

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Écrit par kiwi :: 1:38 PM :: 0 pelure(s)

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24 janvier 2005

Y'a tu juste moi??

Me semble que partout autour de moi il y a des femmes enceintes et des bébés. Je suis tellement écoeurée d'en croiser tout le temps! Je n'ai rien contre ces personnes, au contraire. Mais leur "condition" fait juste me rappeler que moi, je ne suis pas enceinte et que je n'ai pas encore d'enfant. Je déteste me faire remettre mon infertilité en pleine face. Mais peu importe de quel côté je me tourne, il y a une grosse bédaine ou un poupon qui vient me dire mes 4 vérités. Et ce dont je suis le plus tannée, c'est d'être frustrée tout le temps! Je suis telllement tannée de sentir une boule dans ma gorge quand des filles parlent de leur grossesse ou de leurs enfants. Je suis fatiguée de travailler sur ma frustration et ma rage par rapport à toute l'injustice que j'ai l'impression de vivre. Je suis tellement, mais tellement écoeurée de tout ça! Je voudrais vivre une vie normale, avoir des enfants, fonder une famille, rendre mon namour papa et mes parents grands-parents. Je voudrais tellement ne plus avoir à compter les jours, prendre ma température, prendre des tonnes de pilules, passer des tests, espérer, attendre, me décourager pour finalement être déçue en bout de ligne. Je sais que si je voulais éviter toute situation qui me rend vulnérable par rapport à notre bataille, je devrais m'enfermer chez moi et ne plus parler à personne, ne plus regarder la télé, lire les journaux ou écouter la radio. Et surtout, ne plus aller sur le net. Mais je ne peux pas faire ça. Je ne serais pas capable. Alors je revis, jour après jour, les mêmes émotions plates et difficiles : jalousie, envie, frustration, colère, tristesse, déception, impatience... en me disant qu'un jour, ça va finir par arriver! Tannée tannée tannée!!!

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Écrit par kiwi :: 1:12 PM :: 0 pelure(s)

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23 janvier 2005

Empty arms, broken hearts

Un diaporama (en anglais) qui met des mots sur ce que nous traversons...
Empty arms, broken arms

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21 janvier 2005

On continue

Aujourd'hui, 6e jour de Femara. Ce médicament me donne des crises de déprime et je n'aime pas ça, car ça vient rebrasser bien des choses que je croyais réglées. Depuis mercredi, je me sens down, démotivée, découragée. Je sais que c'est à cause du Femara... Mais je ne peux l'empêcher. Je n'arrête pas de penser : "aujourd'hui, je serais enceinte de tant de semaines... J'aurais eu mon premier rendez-vous, j'aurais entendu le coeur..." C'est con de penser à tout ça, ridicule... mais tellement normal en même temps. J'ai hâte de passer à autre chose, de changer de stade.

Hier soir, j'ai aussi commencé les bouffées de chaleur. Il fait tellement froid ces temps-ci que je ne m'en plaindrai pas!

Et j'ai commencé à prendre de la guaifénésine (sirop) pour augmenter la glaire. Bien hâte de voir si ça fontionne, parce que le goût est vraiment dégueulasse!

J'ai tellement hâte à mardi, à mon rendez-vous... Enfin, je n'ai pas hâte à l'écho, car c'est quand même désagréable. Mais je suis très impatiente de voir si j'ai encore un beau titeuf... et peut-être même plus qu'un! Je prends de plus grosses doses ce cycle-ci (140 ui au lieu de 100) et mon doc m'avait dit que je risquais de développer plus qu'un folicule. J'aimerais tellement ça! Pas nécessairement pour avoir des jumeaux ou triplés, mais parce que ça augmenterait nos chances! Aussi, nous considérons sérieusement faire une insémination. J'attends de rencontrer mon doc et de lui poser mes tonnes de questions avant de prendre une décision. Nos assurances ne couvrent pas les inséminations, mais si ça peut nous aider, on va le faire.

Ça me frustre d'avoir eu à attendre si longtemps... Mon hystéro était le 2 novembre, il y a presque 3 mois déjà! Je crois que ses effets bénéfiques sur la fertilité sont terminés. Je suis donc redevenue "comme avant". Bof... pas grave, au moins je suis de retour dans la
game.

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Écrit par kiwi :: 4:30 PM :: 0 pelure(s)

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20 janvier 2005

Résumé depuis le début...

Il y a plus de 2 ans, en août 2002 plus précisément, j'arrêtais la pilule. C'était enfin vrai, on essayait de faire un bébé! Enfin j'avais convaincu mon chum, après tant d'années à l'achaler! J'ai vite désanchanté en rencontrant mon médecin de famille. Elle a exigé que je passe des prises de sang, entre autres pour la rubéole. J'ai dû être vaccinée, donc recommencer la pilule pour 2 mois. En novembre c'était fini, j'attendais le prochain cycle et on recommençait les essais! Décembre 2002, l'aventure (re)commence! Je savais d'avance que j'avais des gros problèmes d'irrégularité (je pouvais être plusieurs mois, même un an, sans avoir de règles). Je savais donc que ce ne serait pas facile pour nous. Mais jamais au grand jamais je ne m'attendais à vivre autant d'émotions contradictoires et éprouvantes. Jamais je n'aurais même imaginé à quel point ça allait être difficile.

En avril 2003, après plusieurs mois sans règles, je retourne voir mon médecin de famille. Elle me dit qu'elle ne peut pas me prescrire ce qu'il me faut et me réfère à une clinique spécialisée. Je rencontre le spécialiste en juin. Je dois faire ma courbe de température et il me demande de passer tous les tests sanguins et que mon namour passe un spermogramme. Aussitôt dit, aussitôt fait. Les résultats étaient tous normaux. Il décide donc de me mettre sur le Serophen (même chose que le Clomid).

Août 2003 (courbe), je commence avec 100 mg de Serophen, du J3 au J7. J'ai dû courir après le médecin pour obtenir ma prescription à temps. J'ai pleuré énormément, de peur de manquer ma chance. Quand j'ai eu le papier, j'étais enfin soulagée de constater que je prenais mon infertilité en mains. Mais je n’obtiens aucune ovulation et je dois provoquer mes règles au bout de 35 jours.

Septembre 2003 (courbe), on augmente la dose à 150 mg, du J3 au J7. Beaucoup de bouffées de chaleur et de sautes d'humeur, mais pas d'ovulation. Encore une fois, je prends du Provera au bout de 35 jours.

Octobre 2003 (courbe), on change de médicament. On essaie maintenant le Femara à 5 mg, du J3 au J7 toujours. Encore une fois, des bouffées de chaleur, des sautes d'humeur, un état dépressif même, mais pas d'ovulation.

Décembre 2003 (courbe), le médecin conclut que j'ai les ovaires polykystiques, malgré des tests de glycémie et d'insulinémie normaux. Je commence donc le Metformin, 3 fois par jour, à tous les jours. Sans me donner d’ovulation, je réussis quand même à avoir des règles sans devoir les provoquer, à 28 jours. C’est déjà un bon pas!

Janvier 2004 (courbe), on ajoute le Famara au Metformin. Je ne suis pas bonne pour lire les courbes, étant donné que je n’ai jamais eu de courbe avec ovulation encore. Je ne vois donc pas la hausse de température au J24 qui s’adonnera à être une ovulation. Je ne m’en suis pas apperçue. Au J35, je passe un test comme à l’habitude, qui s’avère négatif, comme à l’habitude, et je commence le Provera. Mais oh surprise! Mes règles commencent alors que je n’ai même pas fini le Provera! Maintenant je sais que c’est parce que j’avais ovulé... Mais dans ce temps-là je n’y ai même pas porté attention. Mon médecin non-plus. J’avais eu d’horribles crampes au niveau de mon ovaire gauche. Le médecin m’avait dit que c’était probablement un kyste qui avait éclaté, mais que je n’avais pas à m’inquiéter, ça arrive souvent. Ah ok... Pas trop souvent pour moi, svp! Cette douleur revient à chaque fois que j’ovule et repart aux règles. Je sais donc maintenant que c’était seulement à cause de ça (malgré que c’est toujours à gauche, mais moins aigüe).

Février 2004 (courbe), on ajoute au Metformin et au Femara, des injections de Puregon, à raison de 100 unités par jour du J7 au J9. Je dois me donner les injections moi-même. À ce moment-là, nous sommes retournés vivre chez mon père, à cause de troubles avec le proprio de notre appartement. Je trouve ça un peu bizarre de faire tout ça en restant chez papa... Mon médecin m’avait dit d’appeler au J10 pour passer l’écho d’ovulation. Mais ça tombe un samedi et la clinique est fermée. Mon namour fait des pieds et des mains pour réussir à rejoindre un médecin de la clinique. Il le rejoint sur le main-libre, en salle d’opération! Bref, nous nous rendons à la clinique. Je m’attendais à une échographie sur le ventre, comme on voit tout le temps. J’avais donc prévu le coup et n’étais pas allée à la toilette. Hom et moi restons surpris quand le médecin me demande d’enlever le bas! Je me déshabille et m’étends sur la table d’examen. Il me dit “ta vessie est pleine! Pour ce genre d’échographie, elle doit être vide.” je me rhabille, je vais à la toilette, je me re-déshabille. Et puis voilà enfin! On voit un folicule! Je vais ovuler! J’en crois pas mes yeux! Mais il est bien là! Le premier titeuf depuis si longtemps! Le doc me donne le nécessaire pour faire l’injection de Profasi le soir, ce qui provoquera mon ovulation. Nous sommes tout excités! Notre première vraie chance en plus d’un an! Ma courbe ne montre pas de hausse indiquant une ovulation, mais mon doc m’assure que j’ai ovulé. Par contre ça ne donne pas de grossesse et je commence mes règles au J24, déçue. Les médicaments coûtent cher. Je ne sais même pas si les injections sont couvertes par les assurances. Mais nous décidons de tenter notre chance une autre fois, avec la même recette.

Mars 2004 (courbe), Metformin, Femara et Puregon. Je vais passer une écho d’ovulation au J10. Ce n’est pas mon médecin habituel. Il est confus, il cherche, ne dit rien et fixe l’écran d’échographie. Je panique, je suis inquiète, pourquoi est-il silencieux? Ça doit être grave! Il quitte la salle d’échographie. Je m’imagine tout plein de scénarios, je panique, je ne sais plus quoi penser. Il revient un gros 10 minutes plus tard. Il me dit qu’il croit que j’ai un gros kyste et que je n’ai pas formé de folicule encore. Il me donne donc 3 jours de Puregon supplémentaires, à 150 ui. Je retourne faire une écho d’ovulation au J13, cette fois avec mon doc. Il me dit que je n’ai pas de kyste et que j’ai déjà ovulé. Oh bravo! Tout ça pour ça! Les finances manquant, on décide d’arrêter les essais pour quelques mois, le temps d’eménager dans notre maison. Je suis démolie quand mes règles arrivent, car je sais que c’était notre dernière chance avant un bon bout de temps. Je suis très déprimée, j’en pleure souvent. Puis les assurances refusent de nous rembourser les injections. Coup très dur à prendre, car non seulement ça veut dire qu’on est près de 1000$ dans le trou, mais ça veut aussi dire que si on veut recommencer les essais, on devra débourser à chaque fois. C’est la fin pour moi, car je ne vois pas la possibilité de dépenser autant à chaque mois...

Avril à août 2004, je ne prends que le Metformin. J’ai des règles quand même, mais probablement sans ovulation (je prends aussi un break de température). Quatre cycles : 46 jours, 47 jours, 27 et 24 jours. Puis les assurances décident de nous rembourser les injections après avoir reçu un papier de mon médecin. Ouf! Quel soulagement!

Août 2004 (courbe), enfin je retourne voir le médecin et je recommence les traitements! Mais cette fois-ci, à cause de l’horaire du médecin, j’ai mon écho d’ovulation au J8, après 5 jours de Femara et seulement une journée de Puregon. Il est très surpris de constater que j’ai déjà un folicule presque mature. Il me dit de prendre une seule dose de Puregon, au J9 et de prendre le Profasi au J11. Encore une fois, je ne vois aucune différence sur ma courbe, mais mon doc m’assure que j’ai ovulé. Une autre déception me frappe à la fin du cycle, encore une fois.

Septembre 2004 (courbe), étant donné la grosseur du folicule le cycle dernier après seulement une journée de Puregon, mon doc croit que je peux ovuler avec le Femara et le Met seulement. On décide donc de tenter notre chance. Je vais à mon écho au J11. Malheureusement, mon folicule ne s’est pas beaucoup développé. Je suis découragée. Un autre cycle de gaspillé! Je tente une dernière chose. Je dis à mon doc : “il me reste du Puregon chez moi, de la dernière fois. Si je ne l’utilise pas je vais devoir le jeter. Même si je suis rendue loin dans mon cycle, est-ce que je pourrais l’essayer quand même? Je n’ai rien à perdre!” Il me dit oui, même si ce n’est pas habituel, on peut toujours essayer. Je prends donc 110 ui de Puregon au J11 et au J13. Mais comme je n’ai pas assez de liquide, je dois prendre du Gonal-f au J15, à 150 ui, donc deux seringues de 75 ui. Je déteste le Gonal-f! Il est sous forme de seringue et bien plus difficile à m’injecter que le Puregon. Je dois me piquer 3 fois pour une seule dose! Arrgh! Enfin bon, je fais ça pour une bonne cause! Je retourne faire une écho au J16 et magie magie! Un autre titeuf est là, bien gros et prêt à éclore! L'infirmière me donne ma dose de Profasi, ce qui fait bien mon affaire. Ma courbe est belle! Elle monte, elle est parfaite! Enfin une vraie courbe d’ovulation, comme dans les livres! Je suis remplie d’espoir, je ne veux pas me faire d’idées, c’est trop beau pour être vrai... Je ressens des choses bizarres... Je me questionne, m’analyse peut-être un peu trop... À 14 jours post-ovulation, je passe un test, bien trop impatiente. Il est négatif. Je tombe en bas de mon nuage avec un bang! Je commence mes règles (et en grande à part ça!) le lendemain, déprimée et frustrée.

Octobre 2004 (courbe), j’appelle mon doc et je lui demande de passer une hystérosonographie pour vérifier mes trompes. En même temps, j’ose espérer pouvoir profiter du fait que ce test augmente souvent les chances de grossesse. Comme je ne réussis pas à le rejoindre à temps, je commence quand même mon Femara (en me disant que de toute façon, il ne me fait pas ovuler). Au J12, je passe mon test des trompes. Hom vient avec moi, une chance! J’ai très peur... Peur de la douleur, mais surtout peur des résultats. Ça me fait très mal. Mais mes trompes sont numéro un! Mon doc me dit de prendre ce cycle-là en repos et de l’appeler dès que j’ai mes règles pour recommencer les traitements. Un petit repos, ça ne nous fera pas de tort. Au J23, j’ai un peu mal dans le bas du ventre. Je crois que ce sont mes règles qui arrivent, car mes seins sont sensibles aussi. Je suis très contente, ça veut dire que je recommence les essais bientôt! Ma température grimpe au J26. Je trouve ça bizarre, mais sans plus. Mais elle continue de monter, deux jours, puis trois... Ben oui! J’ai ovulé! J’y crois pas! Avec le Femara seulement! Je suis un peu déçue parce que je trouve que notre timing de calins n’est pas trop bon... Mais bon on s’en fout : j’ai ovulé!! Vers 10 jours post-ovulation, je commence à avoir des petits tiraillements dans le bas du ventre. Je crois que ce sont mes règles qui arrivent... Mais en même temps, une petite voix dans ma tête me dit “tu le sais que c’est différent! Tu le sens!” Mais je me suis imaginé des tas de trucs tellement souvent, pour être ensuite déçue, que cette fois-ci, je ne me laisserai pas avoir par mon imagination! Mais je ne peux l’ignorer... Je me sens différente. J'ai des tiraillements dans le bas du ventre, je suis un peu étourdie, comme si j’étais saoule ou endormie et mes seins sont très sensibles. Ils le sont habituellement, mais pas tant que ça... Je voudrais passer un test, mais namour me convainc d’attendre encore. Il a peur que je sois encore déçue. Comme le cycle dernier j’ai eu mes règles au J15 p-o, je décide de passer le test le J16 p-o. Les journées qui précèdent, je passe mon temps à aller à la toilette, à croire que mes règles ont commencé. Je scrute le papier pour toute trace de couleur... Je souris à chaque fois que je prends ma température et qu’elle est haute. Je ne veux pas me faire de faux espoirs, mais les signes sont là et je n’arrive plus à les ignorer! La nuit avant de passer mon test, je dors très mal. Je tourne d’un bord et de l’autre, j’ai chaud, j’ai mal au coeur, je ne peux m’empêcher de penser. Quand le réveil sonne (enfin!!!) je cours à la toilette pour faire pipi sur le test. Hom est dans la douche. Je tire le rideau. Je vois une ligne! La vois-tu? Moi je la vois, elle est là! La vois-tu?? Hom me répond, confus “je la vois, mais elle est pâle... Qu’est-ce que ça veut dire?” Je lui montre la boîte, lui remontre le test, lui remontre la boîte, regarde le test, regarde la boîte, regarde le test... Elle est là, je la vois! Il y a une ligne mon amour, il y a une ligne!!! C’est positif! Je suis enceinte mon amour!!! Enfin notre bataille est gagnée!


Ainsi, le 1er décembre 2004, j’ai le premier test positif de ma vie. La neige tombe à gros flocons, les yeux de mon namour brillent, mon ventre tiraille, je suis aux anges! J’attends quelques heures pour appeler deux de mes amies pour leur annoncer la nouvelle. Leurs cris de joie me font tellement plaisir! J’appelle ensuite la clinique pour avoir mon premier rendez-vous de suivi de grossesse. Ça y est, je ne vais plus avoir de rendez-vous en fertilité, mais en maternité! C’est trop beau! J’ai l’impression de flotter, de rêver! Je ne peux m’empêcher de poser ma main sur mon ventre. Je regarde sans arrêt mon test avec ses deux belles lignes roses pour me rappeler que c’est bien vrai, qu’il y a enfin un petit pépin dans mon ventre!

Les jours qui suivent sont du pur bonheur. Je flotte. Hom est heureux. Il me le dit, il me dit que je suis belle, il me flatte le ventre, me demande si c’est bien vrai. Il a peur par contre. Peur de le perdre, peur que ce ne soit pas vrai, peur que j’aie de la peine. Moi aussi, j’ai des craintes, mais mon bonheur semble trop grandiose pour pouvoir être atteint. On décide de ne pas le dire à personne d'autre avant mon premier rendez-vous, qui est le 4 janvier. Le matin du 6 décembre, je me réveille avec une drôle de sensation. Je n’ai plus l’impression d’être enceinte. Je me lève et je sens mon pantalon de pyjama humide. Je cours à la toilette. J’ai des pertes brunâtres. Oh non! Pas ça, s’il-vous-plaît, pas ça! Je me dis que ça arrive, je sais que ça arrive, sans que ce soit une fausse-couche. Je vais sur Internet essayer de trouver des renseignements. Je vais à la toilette aux 5 minutes. Les pertes brunes se transforment rapidement en pertes rouges abondantes. J’appelle Hom en pleurant. J’appelle la clinique, où l’infirmière me dit sèchement : “Ça a l’air d’une fausse-couche. Y’a rien à faire.” Je crie, je hurle, je pleure, j’ai mal, je sais déjà que tout est fini. Hom arrive et vient avec moi à l’urgence. Conclusion: fausse-couche naturelle. Nous sommes détruits, brisés. À la clinique, ils me disent d’attendre mes prochaines règles avant de recommencer les essais.

Je ne partagerai pas ce que j’ai vécu par rapport à la fausse-couche. Je trouve cela trop intime comme expérience pour le partager. Ce que je peux dire, c’est que ça été la pire expérience de ma vie et que je n'en suis pas encore tout à fait remise.

Au J24 de ce cycle, je recommence à avoir des pertes brunes. Je crois qu’enfin mes règles arrivent. Ça me soulage, car j’ai hâte de recommencer les essais. Je veux passer à l’étape suivante pour pouvoir enfin faire la paix avec ce qui s’est passé. Mais mes pertes durent 8 jours, sans pour autant faire décoller mes règles. Mon doc me dit de provoquer mes règles au J35 avec le Provera. Ce que je fais volontier. Elles commencent le 16 janvier.

« La patience est l'art d'espérer.
(Vauvenargues)

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