Aucun message portant le libellé bébé #2. Afficher tous les messages
Aucun message portant le libellé bébé #2. Afficher tous les messages

18 mars 2008

Rapide

Je fais un tour rapide par ici pour vous annoncer la naissance de Tipépin qui a eu lieu dans la nuit de vendredi à samedi. Ce fut très rapide, très naturel, je n'aurais pu espérer mieux.

Mon fils, en pleine santé, est né le 15 mars et pesait 9 livres et 12 onces. Toute la famille se porte bien et vit un parfait bonheur.

Je vous reviens plus tard avec un récit et des photos. Je tenais à tous vous remercier pour vos bons mots, pendant nos essais, ma grossesse et mon impatience de la fin.

5 juillet 2007

La peur change, mais reste

Quand je suis tombée enceinte la première fois, j'avais peur de le perdre, comme toutes les femmes enceintes j'imagine. Mais cette peur était un peu superficielle, comme si je croyais encore que ça n'arrivait qu'aux autres. Notre bonheur était bien trop immense pour être atteint. Je le croyais invincible, indestructible.

Quand je suis tombée enceinte pour une deuxième fois, la peur était bien plus réelle et palpable. Je savais maintenant ce que c'était de perdre un bébé. Je connaissais la douleur, j'avais vécu ce qui semblait n'arriver qu'aux autres. Je savais maintenant de façon concrète que rien n'est invincible, surtout pas un minuscule coeur qui commence à peine à battre. J'ai eu peur longtemps, j'ai eu besoin de beaucoup de preuves avant de vraiment croire que Tithom était là pour rester.

Maintenant que je suis enceinte pour la troisième fois, ma peur est complètement différente. Oui, je suis encore consciente de ce qui peut arriver. Je n'ai pas oublié la douleur et le vide dans lequel je me suis retrouvée après la perte de notre premier bébé. Mais je connais une autre réalité aussi: celle de Tithom, celle du bébé qui est resté accroché, celle qui me dit que c'est possible. Je sais maintenant que même si une fausse-couche est très difficile à vivre, ce n'est pas la fin du monde. Il y a encore moyen d'avoir un bébé en santé au bout d'une longue grossesse. Je sais maintenant que ce ne sont pas tous les bébés qui ne s'accrochent pas à mon ventre, puisque j'en ai un bien vivant et heureux près de moi. Je sais maintenant que mon corps peut créer et maintenir la vie. Je sais maintenant qu'on s'en sort.

Bien sûr, j'ai encore peur. Peur des résultats des prises de sang (que jattends encore), peur de ce que l'échographie (fin juillet) nous révélera, peur de me faire des idées, peur que tout ça soit trop beau pour être vrai, peur de le perdre. Mais je suis aussi en paix. Je sais que si je devais perdre ce bébé, j'aurais mal, très mal, mais je me relèverais et je recommencerais à espérer. Je sais maitenant de quoi je suis capable et de quoi mon corps est capable. Et ça change tout.

1 juillet 2007

Histoires de tests

Il y a un peu plus de deux semaines, je me suis donnée une injection d'Ovidrel, qui est en fait du hcg, l'hormone que les tests de grossesse détectent. Parce que je voulais voir si l'injection avait fonctionné, parce que je voulais voir la 2e ligne et parce que je voulais savoir combien de temps l'injection resterait dans mon système (j'avais lu que ça pouvait aller jusqu'à 12 jours), j'ai décidé de tester à tous les matins. Avec des petits tests achetés sur le net à petit prix, bien sûr. Je ne voulais pas me retrouver devant un test positif et me demander si c'était vrai ou si c'était l'injection qui traînait encore. Je voulais que tout soit clair.

Huit jours après l'injection, le test est sorti négatif. Il l'est resté pendant 4 jours. Puis, mercredi matin, une 2e ligne, pâle, est apparue, à ma grande surprise. Je ne savais trop qu'en faire. Était-ce véritablement positif? C'était tôt encore (10 jours post-ovulatoires), je ne voulais pas me faire d'idée. J'en ai donc refait un 2e, qui fut positif lui aussi. J'ai donc décidé de tester avec un "vrai" test le lendemain. J'avais un Première Réponse qui traînait, aussi bien m'en servir. J'ai donc testé jeudi matin avec un test internet et le PR. Les deux sont sortis positifs. Le test internet plus foncé que celui de la veille. Hier, encore positif, plus foncé encore. Et ce matin, positif, sans équivoque.

Voyez mes expérimentations...



DPT= days past trigger (jours suivant l'injection de hcg)
DPO= days past ovulation (jours post-ovulatoires)


On voit bien qu'à partir de 6 DPO, c'est négatif et que ça redevient positif à 10 DPO.
Je sais, je sais, je suis freak et un peu pathétique. Faut pas m'en vouloir, je vous l'avais dit que j'étais addict aux tests-pipi.

29 juin 2007

Si tout va bien



Vers mars 2008...

16 juin 2007

Tests du jour



Celui du haut, le vert, c'est un test d'ovulation. Quand la ligne de gauche est aussi foncée ou plus foncée que celle de droite, l'ovulation est imminente. Je n'avais jamais eu de test positif avant, même le cycle où je suis tombée enceinte de Tithom (donc certaine d'avoir ovulé).

Celui du bas, c'est un test de grossesse. Il est positif parce qu'hier soir, je me suis injectée du hcg pour provoquer mon ovulation. C'est d'ailleurs probablement ce même hcg qui rend mon test d'ovulation aussi foncé. Mais je m'en fiche! Je suis trop contente de voir des paires de lignes roses. Ridicule, je sais. Mais je m'assume en tant que tests-pipi-addict.

15 juin 2007

Mon cadeau

J'avais ma deuxième échographie d'ovulation hier. Cette fois-ci, je n'étais ni stressée, ni appeurée. J'avais seulement très hâte de savoir combien j'aurais de folicules et s'ils étaient prêts à éclore.

Je n'ai pas été déçue. J'avais un folicule à 19 et 3 autres un peu plus petits. J'ai donc continué les injections jusqu'à aujourd'hui pour leur donner un dernier boost, puis je dois me donner l'injection de hcg ce soir pour provoquer l'ovulation dans les 36h suivantes. Selon Dr Sansflafla, j'aurai 3 ou 4 ovules. Je n'aurais jamais osé espérer tel résultat. Un magnifique cadeau pour mon anniversaire.

C'est certain que j'ai bon espoir pour ce cycle-ci. Mais je sais que si ça ne fonctionne pas, la peine ne sera pas difficile à oublier, puisque je sais que nous avons trouvé une recette efficace et que ce n'est qu'une question de mois. Bon, bien sûr, la réaliste à tendance pessimiste en moi me dit de ne pas grimper trop haut sur mon nuage, car rien ne garantit que ça fonctionnera vraiment dans les prochains mois. Tant de choses peuvent arriver... mais en même temps, je préfère y croire, au risque d'y avoir cru pour rien. Je me réajusterai en temps et lieux. Pour le désespoir, la rage et l'envie, j'ai donné. J'essaie autre chose maintenant: le positivisme et l'espoir.

Tithom avait été conçu à la fête des mères il y a plus de deux ans. Cette fois-ci, j'ovulerai à la fête des pères. Sait-on jamais... Ça ne veut rien dire, je sais, mais je trouve ça mignon comme idée...

12 juin 2007

Une réponse

J'étais tellement stressée ce matin avant d'aller à mon échographie d'ovulation que j'en avais l'estomac noué. Les cycles précédents, je savais d'avance que ça ne fonctionnait pas, je ne tombais donc pas de haut. Déçue, mais jamais surprise. Mais cette fois-ci, j'avais laissé la porte entr'ouverte à l'espoir. J'ai baissé mes gardes et tourné la tête, le temps qu'il entre et vienne me donner la trouille. J'avais peur d'être déçue encore une fois, mais surtout, peur d'avoir espéré pour rien. C'est plus frustrant de tomber quand on se croit solide que quand on se sait chambranlant.

Nous sommes arrivés en avance à la clinique. Nous avions prévu du temps pour aller porter Tithom chez mon père, mais nous l'avons finalement amené avec nous. Après un rapide coup d'oeil aux femmes dans la salle d'attente, je savais que je ne froisserais personne: elles avaient toutes de grosses bedaines.

Ils m'ont appelée presqu'aussitôt. C'est bien la première fois que je passe en avance. Je m'installe sur la table d'écho, les mains moites, le coeur dans la gorge. S'il-vous-plaît, s'il-vous-plaît, faites que ça ait marché!

On examine d'abord mon endomètre. Dr Sansflafla s'énonce: "Il est bien beau et épais. C'est sûr qu'il y a des folicules" et il dirige la sonde vers mon ovaire gauche. Là, sur l'écran, je vois bien un gros rond noir, plus gros que les autres. Je sais les reconnaître, ils me sont si rares. Il mesure, tasse la sonde à droite, mesure, tasse la sonde à gauche, mesure encore... Conclusion: j'ai 4 folicules plus gros que les autres, allant de 12 à 14 (alors qu'ils sont à maturité autour de 20). Le docteur semble très satisfait du résultat et me dit que je réponds très bien aux traitements.

Je dois continuer les injections pour 3 jours supplémentaires (déjà une de faite!), question de faire encore grossir les folicules, et je retourne faire une écho jeudi matin. On saura à ce moment-là quand nous provoquerons l'ovulation. Meilleur scénario possible: les 4 folicules seront à maturité. Pire scénario: il n'y en aura qu'un seul. Même le pire des scénarios me plaît, autant dire que peu importe ce qu'il arrive, je serai heureuse, puisqu'il est clair que je VAIS ovuler ce cycle-ci. Enfin!!

Le docteur semblait très optimiste, me disant que je tomberais très bientôt enceinte. J'avoue que je me suis laissée gagner par son optimisme. Pas que je sois pessimiste, mais j'aime pouvoir prévoir ce que je ferai si ça ne fonctionne pas. Ça me donne une impression que tout n'est pas perdu. Mais je ne perds rien à espérer et surtout, à y croire.

J'arrive à peine à croire que là, sous ma main, dans mon ventre, il y a enfin une possibilité, une chance. Vais-je avoir un beau cadeau pour mes 30 ans? En tout cas, ce sera une journée bien remplie et, espérons-le, mémorable.

8 juin 2007

Nerveuse

Je l'ai fait souvent, pourtant... Je ne comprends pas pourquoi je suis si nerveuse à l'idée de me piquer. Mon kit attend dans le réfrigérateur, le temps que je me décide enfin à le faire.

Je ne sais pas ce qui me rend si nerveuse. Je n'ai pourtant pas de difficulté avec les piqûres. La toute première avait été plus difficile, et celles par la suite faites avec des seringues plutôt qu'avec le stylo aussi, mais en général, rien de sorcier.

Je pense que la peur me rend nerveuse. Je n'ai pas peur de me piquer, ni des effets secondaires, mais du résultat. J'ai peur de faire tout ça pour rien, peur que ça ne fonctionne pas, peur d'être encore une fois déçue. Je n'ose même pas espérer avoir plus qu'un folicule, déjà un, ce serait beau. J'ai peur de m'être fait trop de faux espoirs, d'être montée trop haut sur mon petit nuage. Je sais qu'être pessimiste ne changerait rien au résultat et surtout, que ça ne m'empêcherait pas de tomber de haut quand même. Je reste donc positive, je ne focusse pas sur la possibilité de ne pas avoir de folicule, même si je ne peux l'ignorer. J'ai toujours aimé pouvoir prévoir mes coups à l'avance, comme aux échecs, mais là, c'est impossible. Je continue à croire, c'est tout.

J'ai hâte, très hâte même, de savoir si ça fonctionne. J'ai hâte d'avoir une chance, de vraiment devoir attendre deux semaines pour un verdict. Mais je ne dois pas sauter d'étape. Prenons donc les choses douement, une à la fois. Aujourd'hui, focussons sur la première piqûre. Oublions les 3 autres, oublions l'écho, le résultat et tout le reste. Focussons sur la petite aiguille et les 100ui de liquide que je dois injecter dans mon ventre.



Bon, voilà, c'est fait. Plus de peur que de mal. Déjà le quart de passé, ça va vite, non?

5 juin 2007

Le plan

Après avoir parlé à la secrétaire de mon médecin, je sais maintenant où on s'en va. Le nouveau plan: ajouter une journée au Serophene, donc en prendre 6 jours plutôt que 5. Ensuite, je commence les injections vendredi, pour 4 jours au lieu de 3 comme nous avions prévu. J'ai mon écho d'ovulation le 12.

En gros, ce que ça veut dire, c'est que nous étirons le protocole un peu, donc plus de médicaments, ce qui résulte en plus de journées où je sens que je vais exploser par en dedans et où la terre entière semble me chercher. On teste la patience et l'amour de mon chum, mais c'est correct, il est capable d'en prendre. Ça fait 11 ans aujourd'hui qu'on est ensemble, il devrait être capable de m'endurer une couple de semaines de plus.

Ce que ça veut aussi dire: si tout va bien, j'ovulerais le jour de mon 30e anniversaire finalement. Ce serait chouette comme date de conception, non?

Espérons que ça me porte chance!

4 juin 2007

Nouveau départ

Je les attendais avec impatience. C'est samedi soir, en faisant la vaisselle, que j'ai senti mes règles commencer et avec elles, mon nouveau cycle. Je connaîtrai les derniers détails de mon protocole demain, mais pour l'instant, je dois commencer le Serophene (à 150mg) ce soir. Les injections suivront dans quelques jours.

Je dois avouer que je suis excitée à l'idée d'avoir peut-être enfin une chance. Bon, les effets secondaires du Serophene ne me tentent pas plus qu'il faut, ni ceux des injections, mais je me concentre sur le fait que j'ovulerai peut-être d'ici deux semaines. Ovuler, donc avoir une chance, même petite, de concevoir. Je n'ai pas eu ça depuis... depuis que je suis tombée enceinte de Tithom il y a plus de deux ans. Ovuler, ce que tant de femmes prennent pour acquis, ce que j'ai tant de difficulté à obtenir.

Avant d'avoir Tithom, je ne comprenais pas ce que les couples aux prises avec l'infertilité dite secondaire avaient à se plaindre. "Voyons, tu en as un enfant, sois donc reconnaissante de ce que tu as. Nous, on attend encore le premier, alors va te plaindre ailleurs."

Aujourd'hui, je le vis. Et je comprends. Je ne me plains pas, loin de là, car je SAIS la chance que nous avons d'avoir Tithom. Ce que je ressens comme peine, comme déception et comme impatience n'a tellement rien à voir avec ce que je ressentais comme rage avant d'avoir Tithom. Ce que je vis aujourd'hui n'est en rien comparable à la douleur des couples qui attendent depuis des années la venue de leur premier enfant. Mais ça n'est pas moins réel et je ne justifierai pas le vide que je ressens, même si la présence de mon fils change beaucoup ma perspective. Je ne minimise pas ce que les couples en essais pour un premier enfant ressentent, pas du tout, mais je tiens à ce qu'on réalise que la peine ne part pas nécessairement complètement après la venue d'un premier enfant.

Les couples "normaux" n'ont pas à justifier pourquoi ils veulent un deuxième enfant. On ne leur dit pas de se contenter de un. On ne les fait pas se sentir avares parce qu'ils veulent tenter leur chance une deuxième fois.

Pourquoi les couples infertiles doivent-ils justifier leurs décisions, expliquer leurs sacrifices, faire valider leur peine? Pourquoi devraient-ils accepter leur sort sans se battre, sans essayer tout ce qu'il leur est possible d'essayer? Et pourquoi doivent-ils revivre les mêmes déceptions, la même attente, une deuxième fois?

Jamais je n'aurai de remords d'avoir voulu recommencer les essais quand on les a recommencés. Jamais je ne regretterai d'avoir sevré Tithom en partie parce que je voulais recommencer les traitements. Jamais je ne me sentirai avare d'en vouloir un deuxième. Mais jamais je n'oublierai la douleur que l'on ressent, quand on attend la venue de notre premier enfant et que tout autour de nous nous rappelle notre échec, mois après mois...

On passe au travers, on survit, on guérit, mais on n'oublie pas. Et c'est ça qui me pousse et me motive à revivre les mêmes cycles difficiles que pour Tithom: maintenant, je connais le résultat final et je sais que ça en vaut la peine, malgré tout.

16 mai 2007

Bonne nouvelle

Après vérification auprès de notre assureur, nous avons su que nous avions une couverture (limitée, mais quand même bien mieux que rien) des traitements de fertilité. En détails: ils couvrent à 90%, jusqu'à 2500$ par année.

Le fait que les traitements de fertilité de base (je parle ici du Clomid ou Serophene) ne soient même pas couverts par l'assurance maladie ou la plupart des assurances privées en dit beaucoup sur les priorités de notre société. Faites des enfants, qu'ils disent. Mais ne comptez pas sur nous pour vous aider à les faire. On paiera pour leurs soins, leur garderie, leurs activités sportives, leur éducation, mais ne nous demandez pas de payer pour leur conception. Par contre, si vous en faites un sans le vouloir, venez nous voir, on vous avortera sans frais.

Je suis consciente qu'il y a de l'abus et que la reproduction assistée médicalement ne fait pas l'unanimité. Je sais que ça touche bien des questions d'éthiques et des limites que bien des gens ne veulent pas toucher ou traverser. Mais je sais aussi maintenant à quel point le fardeau financier est lourd à porter quand on désire un enfant et que la nature ne coopère pas. On ne choisit pas d'être infertile. Mais pour la société, vouloir un enfant, ça reste un luxe, de l'égoïsme. Enfin, autre débat...

Bon... où en étais-je? Ah oui, mes assurances! Donc, nous y allons avec les injections pour le prochain cycle. Un cycle à la fois, voilà comment je dois voir les choses maintenant. Je sais que les injections m'ont toujours faite ovuler. Parfois plus difficilement que d'autres, mais quand même, un ovule est mieux qu'aucun. Je devrais commencer mon prochain cycle autour du 1er juin et ovuler deux semaines plus tard, juste à temps pour mon 30e anniversaire.

On s'en reparle donc dans quelques semaines.

14 mai 2007

La tête refroidie

Je me suis laissé quelques jours pour me faire à l'idée, pour me laisser être frustrée et déçue. Je le suis encore, mais ça ne me domine plus. Ma détermination a repris le dessus. Les anglophones ont une expression que j'adore: when life gives you lemons, make lemonade (quand la vie vous donne des citrons, faites-en de la limonade). Alors voilà, je vais essayer de faire de la limonade. Elle ne sera peut-être pas très sucrée, mais elle devrait me faire tenir jusqu'au prochain cycle.

Mon plan, et ensuite je ne vous parle plus de mes ovaires pour un bon bout de temps. Je dois attendre quelques jours encore avant de recommencer le Megestrol, car mon endomètre est encore trop épais. 10 jours de pilules, 7 jours à attendre mes règles... j'en ai donc pour presque 3 semaines avant d'avoir une décision à prendre. Si nos assurances couvrent les injections, nous y allons. Je demanderai en même temps de ravoir une requête pour une laparoscopie avec drilling ovarien. Sinon, je ne sais pas... c'est là où j'ai de la difficulté. Est-ce que j'appelle Dr Sansflafla pour lui demander un autre traitement (après avoir encore insisté sur le Femara), comme le tamoxiphene? Est-ce que je change de médecin pour essayer d'en trouver un qui me prescrira le Femara? Je n'aime pas l'idée de changer de doc... j'aime mon doc, je lui fais confiance, il nous connaît bien, il a toujours bien répondu à mes questions et il nous voit rapidement.

Je sais que nous avons eu de la chance que nos assurances couvrent les traitements de fertilité. Je sais que bien des gens n'ont même pas d'assurances privées et que ceux qui en ont n'ont pas tous la couverture de ces traitements. Les nôtres couvraient jusqu'à 2000$ par année, ce qui est très bien, mais ça s'écoule quand même rapidement à coup de cycles d'injections. Sans les assurances, Tithom ne serait pas ici. Et sans les assurances, nous ne pourrons pas continuer les essais si les injections restent notre seule option.

Je dois donc faire des appels: tout d'abord les pharmacies, pour comparer les prix et ensuite appeler les assurances.

Espérons que ces 3 semaines passeront rapidement et que la décision qui nous attend au bout sera facile à prendre.

11 mai 2007

J'aurais aimé me tromper

Nous n'avons pas réussi à trouver une gardienne pour Tithom, le temps de mon rendez-vous. Nous avons donc dû l'amener avec nous. Nous n'aimons pas faire ça, car nous savons que dans la salle se trouvent des couples sans enfants, qui espèrent, qui essaient, qui ont mal. Nous sommes passés par là et ce n'était pas toujours plaisant de voir des bébés lors de mes rendez-vous. Heureusement, il n'y avait pas grand monde et nous avons pu être assez discrets.

Une fois allongée sur la table d'échographie, Dr Sansflafla m'a demandé si je croyais que ça avait fonctionné. «Non», que je lui ai répondu, simplement et honnêtement. «Je ne suis pas pessimiste, mais le Serophene n'a jamais marché sur moi, donc je n'y crois pas.» Il m'a demandé si je ressentais de quoi, ce à quoi j'ai aussi répondu non.

Un coup d'oeil rapide à l'écran et il me dit, désolé: «Tu as bien raison...»

J'ai essayé, j'ai insisté pour le Femara, mais il n'y a rien à faire. Il ne peut le prescrire, il doit se protéger. S'il arrivait quelque chose, il serait tenu responsable et perdrait sa licence. Même s'il me dit que le Femara devrait bientôt à nouveau être permis, ça n'avance pas ma cause.

Nous sommes donc de retour aux injections, combinées au Serophene et au Metformin. Je ne voulais pas retourner là, je ne voulais pas revivre ces cycles archi médicamentés et suivis. Je voulais juste prendre les pilules qui fonctionnent pour moi et essayer de façon presque normale. Mais non, ça ne peut jamais être simple on dirait bien...

Je ne sais même pas si nos assurances couvrent les injections, car nous avons changé d'assureur depuis la dernière fois. Si elles ne sont pas couvertes, nous allons devoir laisser tomber les essais pour le moment, car nous n'avons pas les moyens de dépenser 800$ par cycle.

Je suis frustrée, déçue et écoeurée. Je ne trouve aucun mot pour m'encourager pour le moment. Ça viendra peut-être, mais ce soir, j'ai mal et je me sens vide.

6 mai 2007

Deux ans

Je trouve cette semaine difficile, ou plutôt, ce début de cycle difficile. Cette période de l'année, cette date... Il y a deux ans, jour pour jour, je pondais le petit ovule qui deviendrait la moitié de Tithom. Il y a deux ans, le cours de nos vies prenait déjà une tournure différente. Mais en début de cycle comme ça, tout ce que je pense c'est... Il y a deux ans jour pour jour, j'ai ovulé pour la dernière fois.

Ça fait deux ans que je n'ai pas ovulé, calvaire.

Je sais que je disais ne pas trop y penser, mais j'y arrive pas. Je repasse sans arrêt les moments de bonheur du début de ma grossesse, le printemps 2005 où tout était beau, tout sentait bon, où j'avais les yeux brillants et le ventre plein de vie. Je revis ces moments avec une énorme envie, une impatience et un tiraillement déchirants. Les satanées pilules me font perdre la tête, j'ai les hormones à spin et je me balance entre une envie de mordre, une envie de pleurer ou une envie de tout foutre en l'air.

Je passe mon écho vendredi. J'attends le verdict avec un plan. On verra bien ce que ça donnera, mais je ne suis pas prête à lâcher prise. Pas cette fois-ci. Fini le niaisage. Ça fait deux ans que je n'ai pas ovulé, calvaire!

23 avril 2007

Frustration

Les hormones, c'est connu, ont le don de jouer avec nos nerfs. Ces jours-ci, je ne suis pas du monde. J'aurais juste le goût de me rouler en boule dans le garde-robe, avec une doudou et une boîte de beignes. J'ai pris mon dernier comprimé de Megestrol ce midi et j'ai l'impression que ça fait des mois que je le prends (seulement 10 jours pourtant). Je sens un noeud en moi, un mélange de rage, de frustration, de fatigue et d'écoeurement. Les hormones, ou autres raisons?

Je ne sais pas. Je n'arrive pas vraiment à savoir si ma frustration des derniers jours est vraiment reliée au médicament ou à ma situation. Une chose est sûre, les hormones n'aident certainement pas.

Je disais être déçue, mais pas surprise, du résultat de mon écho. J'ai peut-être omis de dire que j'étais aussi profondément frustrée. Je suis frustrée de savoir qu'il y a quelque chose qui fonctionne, qui m'a même permis de tomber enceinte deux fois, mais que je ne peux pas le prendre parce qu'une étude (par la suite jugée bidon) a donné de mauvais résultats. Je suis frustrée de devoir encore recommencer les essais et erreurs alors que je sais très bien ce qui pourrait fonctionner. Je suis frustrée de perdre mon temps parce que des gens, chez Santé Canada, ont décidé à ma place que je ne pouvais prendre certains risques. Je suis frustrée d'avoir lu ceci. Je suis frustrée parce que je m'étais fait croire que pour le deuxième bébé, ça ne niaiserait pas autant que pour le premier, qu'on savait la recette gagnante, on avait donc un bout de chemin de fait déjà. Mais non! Je dois repartir à zéro, avec comme différence la notion concrète de ce qui fonctionne pour moi. Auparavant, je pouvais me dire qu'il me restait telle ou telle solution, ça m'encourageait et ça me permettait de penser que si celle du moment ne fonctionnait pas, il en restait encore. Aujourd'hui, je sais d'avance que ce que j'essaie ne fonctionnera pas, mais je dois continuer sur des illusions. Je suis frustrée de voir tout le monde autour de moi tomber enceinte. Je suis frustrée d'être la dernière encore une fois. Je suis frustrée d'être frustrée.

Et je suis frustrée parce qu'une fois l'écho d'ovulation passée, une fois le verdict de "pas d'ovule" tombé, je ne pouvais pas simplement passer à autre chose. Ce cycle anovulatoire est interminable, ces pilules ont pris une éternité à s'écouler et j'ignore encore combien de temps ça prendra avant de voir le nouveau cycle se pointer. Quand on sait que ça ne fonctionne pas, c'est presqu'une torture de ne pas pouvoir immédiatement sauter au prochain cycle.

Si vous ne me voyez plus pour quelques jours, ne me cherchez pas. Je serai dans le garde-robe, avec ma boîte de beignes, à m'appitoyer sur mon sort. Foutues hormones.

13 avril 2007

Aucune surprise

J'y ai pensé beaucoup, dans les derniers jours. Je ne voulais pas me faire d'idées. En fait, je ne m'en faisais pas vraiment. Le Serophene n'avait jamais marché avec moi, je ne voyais pas pourquoi ça aurait été différent cette fois-ci.

J'aurais aimé dire que j'ai eu tord, mais non. Aucune ovulation en vue. Et je n'en suis pas surprise. Des tonnes de petits folicules, mais aucun assez gros pour daigner espérer ovuler ce mois-ci. En plus, mon endomètre serait trop épais, ce qui rendrait la nidification difficile, selon mond doc, que je nommerai dorénavant Dr SansFlafla.

Bref, il se passe rien dans mon bas-monde. Je dois prendre du Megestrol pour déclencher mes règles et amincir mon endomètre. Tiens donc, une pilule que je n'ai jamais essayée! Puis, on augmente la dose de Serophene à 150mg. On verra rendus là.

Revoicie partie la valse des essais et erreurs. C'est drôle, j'ai pas tellement le goût de danser ce soir...

5 avril 2007

Beurk

C'est beurk dehors et je me sens beurk. Mardi, je croyais que les nausées et malaises digestifs du Metformin commençaient à diminuer. Je me sentais mieux. Puis hier soir, j'ai passé la soirée le coeur dans la gorge et la main sur le front. Je ne me sens pas bien du tout. Mais je ne m'en plaindrai pas. Même si on s'en passerait, ça fait parti du deal.

3 avril 2007

Du sirop?

C'est en discutant hier avec une autre maman qui avait eu recours à des traitements de fertilité que quelque chose m'a frappée. On parlait de vitamines et de suppléments, puis elle a mentionné le sirop contre la toux. Je me suis alors souvenue qu'avant de tomber enceinte de Tithom, j'avais tout essayé ce que je pouvais. J'avais mâché du blé, pris du sirop, bu du thé vert. Je ne savais plus vers quoi me tourner, j'étais prète à tout essayer. Cette fois-ci, je n'y avais même pas encore pensé. J'y ai pensé un quart de seconde hier, pour finalement me dire "mais non, pas tout de suite, je ne suis pas si désespérée."

Ahem.

Pardon?

Désespérée? Si l'infertile que j'étais avant Tithom m'entendait aujourd'hui, elle me foutrait une baffe. Ce n'était pas du désespoir, ni de la folie. Je croyais aux traitements, je croyais à la science, mais je n'avais pas vraiment le contrôle là-dessus. Je ne pouvais prédire les effets, je ne pouvais savoir si ça fonctionnait ou pas avant d'aller voir le médecin. Je sentais mon destin entre les mains gantées du doc en fertilité et ça, ça énervait pas mal la control freak en moi. J'avais donc décidé d'essayer des choses, par moi-même. J'avais le contrôle là-dessus, au moins.

Ridicule? Peut-être pour celles qui n'ont pas attendu des années, en essayant des tas de traitements, en espérant, en pleurant mois après mois. Mais pas pour celles qui savent que lorsque l'infertilité prend notre corps en otage, on a bien souvent l'impression de n'être que témoin, et non joueur, de cette game.

Non, pour le moment, je ne prendrai pas de sirop, je ne boirai pas de thé vert non-plus, je déteste ça. Je prends mes petites pilules, je note ma température et j'attends, le sourire fendu jusqu'aux oreilles comme une madame-tout-le-monde qui vient d'arrêter la pilule et qui se voit déjà enceinte dans 3 semaines. Eh oui... on apprend, mais on oublie parfois...

30 mars 2007

On repart!

Ce matin, à l'aide d'un grand verre d'eau, j'ai avalé le premier comprimé qui donnait le coup d'envoi aux essais pour un deuxième bébé. Ce matin, j'ai recommencé le Metformin.

Mon rendez-vous d'hier s'est bien passé. J'y ai croisé ma bonne amie M, ce qui nous a permis de jaser en personne, chose qui nous arrive trop rarement. Après avoir été appelée, je suis allée m'asseoir avec Hom dans le bureau du médecin. Des murs familliers, les mêmes petits laminés de bébés déguisés en souris et en hibou (je ne comprendrai jamais l'engouement des cliniques de gynéco pour Anne Gedes), la même table et ses étriers. Je revenais où j'avais passé déjà plusieurs matins, à me demander si j'allais avoir un folicule mature, si nous allions changer de protocole, si j'allais un jour être enceinte. J'étais nerveuse, fébrile, et surtout, impatiente. J'avais aussi, après tout, passé plusieurs matins ici à écouter battre en moi le coeur de mon fils.

Malheureusement, le Femara, qui avait finalement eu raison de mes ovaires et grâce auquel j'étais tombée enceinte de Tithom, ne peut plus être prescrit en fertilité pour le moment. Je m'y attendais un peu, quoi que j'avais lu que les médecins avaient recommencé à le prescrire. Pas le mien, apparamment. Comme j'ai quand même un cycle depuis mon retour de couches (respectivement de 36, 23, 33 et 32 jours), ce que je n'avais pas du tout avant, on a déjà un pas de fait. Il me reste à ovuler.

Donc, je reprends le Metformin comme avant (donc à 1500mg par jour, à tous les jours) et on essaie encore le Serophene, qui n'a jamais fonctionné sur moi, à raison de 100mg par jour, du J3 au J7 de mon cycle. Je passe une écho d'ovulation le 13 avril, question de savoir si ça fonctionne, pour ne pas continuer inutilement sur cette recette.

Encouragée, soulagée? Oui. J'ai eu un énorme boost d'énergie. Comme si enfin, j'avais de quoi espérer, comme si enfin, je faisais quelque chose de concret. Je ne crois pas tout à fait que ça fonctionnera, mais je suis prète à tenter le coup. J'y crois quand même un peu, sinon je ferais tout ça pour rien.

Donc voilà, c'est reparti! Mon corps sera à nouveau rempli d'hormones, dans le but qu'un jour, il soit rempli d'amour et de petits coups de pieds.

27 mars 2007

J'ai les bleus

Depuis quelque temps, je me sens lasse, déprimée. Je manque d'énergie, de motivation, de pep. Je me sens par moments inadéquate en tant que maman. Quand je répète non pour la centième fois à mon garçon qui lance ses céréales à bout de bras, quand je reste assise là, dans la lune, alors que je pourrais jouer avec lui ou lui apprendre les capitales du monde, quand je regarde les autres bébés plus jeunes que lui qui marchent, parlent, pointent leur nez et dansent la claquette, quand je regarde la pile de vaisselle, le lavage qui s'accumule, le plancher sale, ma liste de choses à faire qui ne diminue jamais, quand je dois faire garder mon fils par ma belle-mère parce que j'ai pris trop de retard au travail... je me sens nulle. Et je me demande comment je ferais avec deux, si je n'arrive même pas à m'occuper adéquatement d'un seul.

Je sais au fond de moi que je fais de mon mieux, que Tithom ne manque de rien et que je suis une bonne maman, à ma manière. Mais cette constante remise en question m'épuise.

Puis y'a les hormones. Bah oui, ces foutues hormones qui ont le dos larges. Je n'arrive pas toujours à contrôler mes humeurs lorsque je suis "au naturel", surtout lorsque le SPM arrive (comme en ce moment). Le problèmes avec mes cycles fuckés et anovulatoires, c'est que j'ai l'impression d'être constamment en SPM. Au moins, je peux me consoler en me disant que mes règles ont attendu juste assez pour mon rendez-vous (si jamais je recommence les médicaments, ça doit être fait au J3 du cycle, donc ça tomberait pile).

Puis il y a toutes ces bédaines qui poussent autour de moi. Le printemps apporte toujours son lot de nouvelles grossesses et bien que je sois contente pour celles à qui ça arrive et que je m'inquiète sincèrement pour celles qui vivent des moments difficiles, je sens un pincement famillier. Je sens le regard de mon coeur se tourner vers mon nombril, vers mon ventre vide, vers mon incapacité à tomber enceinte comme les autres. Je sais que nos essais ne sont pas encore commencés "officiellement", mais le fait de devoir attendre un rendez-vous pour seulement savoir quel sera le plan, plutôt que de simplement devoir faire des galipettes pour tomber enceinte, ça me fait suer.

Et ce qui me fait le plus mal là-dedans, c'est que j'ai l'impression de ne pas pouvoir en parler, puisque j'ai déjà un enfant. Quand c'était le premier, j'avais le droit de chialer, j'avais le droit de demander ma chance. Maintenant, j'ai presque l'impression de me faire dire "au lieu de désespérer sur un bébé que tu n'as pas encore, tu devrais te centrer sur celui que tu as la chance d'avoir. Et pis en plus, ça ne fait que quelques mois que tu as eu ton retour de couches, patiente un peu." Je suis totalement consciente de la chance que j'ai d'avoir Tithom dans ma vie, mais ça n'empêche pas mon coeur d'en vouloir un autre, de vouloir doubler ma chance et mon amour. Ça ne m'empêche pas non-plus d'être là pour mon fils et de l'aimer à pleine capacité.

Pourquoi ai-je l'impression d'être ingrate et avare, d'être une enfant gâtée qui veux tous les jouets? Pourquoi pour une infertile serait-ce de l'égoïsme d'en vouloir un deuxième alors que pour madame-tout-le-monde, c'est juste normal? Pourquoi doit-on justifier notre désir de vouloir un deuxième enfant quand on doit aller chercher de l'aide alors que celles pour qui ça vient naturellement n'ont aucun comptes à rendre?

Voyons, il est où déjà le petit bouton off pour tous les pourquoi?