LES PÉPINS DE KIWI


Réflexions douces-amères d'une infertile maintenant maman.

11 mai 2007

J'aurais aimé me tromper

Nous n'avons pas réussi à trouver une gardienne pour Tithom, le temps de mon rendez-vous. Nous avons donc dû l'amener avec nous. Nous n'aimons pas faire ça, car nous savons que dans la salle se trouvent des couples sans enfants, qui espèrent, qui essaient, qui ont mal. Nous sommes passés par là et ce n'était pas toujours plaisant de voir des bébés lors de mes rendez-vous. Heureusement, il n'y avait pas grand monde et nous avons pu être assez discrets.

Une fois allongée sur la table d'échographie, Dr Sansflafla m'a demandé si je croyais que ça avait fonctionné. «Non», que je lui ai répondu, simplement et honnêtement. «Je ne suis pas pessimiste, mais le Serophene n'a jamais marché sur moi, donc je n'y crois pas.» Il m'a demandé si je ressentais de quoi, ce à quoi j'ai aussi répondu non.

Un coup d'oeil rapide à l'écran et il me dit, désolé: «Tu as bien raison...»

J'ai essayé, j'ai insisté pour le Femara, mais il n'y a rien à faire. Il ne peut le prescrire, il doit se protéger. S'il arrivait quelque chose, il serait tenu responsable et perdrait sa licence. Même s'il me dit que le Femara devrait bientôt à nouveau être permis, ça n'avance pas ma cause.

Nous sommes donc de retour aux injections, combinées au Serophene et au Metformin. Je ne voulais pas retourner là, je ne voulais pas revivre ces cycles archi médicamentés et suivis. Je voulais juste prendre les pilules qui fonctionnent pour moi et essayer de façon presque normale. Mais non, ça ne peut jamais être simple on dirait bien...

Je ne sais même pas si nos assurances couvrent les injections, car nous avons changé d'assureur depuis la dernière fois. Si elles ne sont pas couvertes, nous allons devoir laisser tomber les essais pour le moment, car nous n'avons pas les moyens de dépenser 800$ par cycle.

Je suis frustrée, déçue et écoeurée. Je ne trouve aucun mot pour m'encourager pour le moment. Ça viendra peut-être, mais ce soir, j'ai mal et je me sens vide.

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Écrit par kiwi :: 10:42 PM :: 5 pelure(s)

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6 mai 2007

Deux ans

Je trouve cette semaine difficile, ou plutôt, ce début de cycle difficile. Cette période de l'année, cette date... Il y a deux ans, jour pour jour, je pondais le petit ovule qui deviendrait la moitié de Tithom. Il y a deux ans, le cours de nos vies prenait déjà une tournure différente. Mais en début de cycle comme ça, tout ce que je pense c'est... Il y a deux ans jour pour jour, j'ai ovulé pour la dernière fois.

Ça fait deux ans que je n'ai pas ovulé, calvaire.

Je sais que je disais ne pas trop y penser, mais j'y arrive pas. Je repasse sans arrêt les moments de bonheur du début de ma grossesse, le printemps 2005 où tout était beau, tout sentait bon, où j'avais les yeux brillants et le ventre plein de vie. Je revis ces moments avec une énorme envie, une impatience et un tiraillement déchirants. Les satanées pilules me font perdre la tête, j'ai les hormones à spin et je me balance entre une envie de mordre, une envie de pleurer ou une envie de tout foutre en l'air.

Je passe mon écho vendredi. J'attends le verdict avec un plan. On verra bien ce que ça donnera, mais je ne suis pas prête à lâcher prise. Pas cette fois-ci. Fini le niaisage. Ça fait deux ans que je n'ai pas ovulé, calvaire!

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Écrit par kiwi :: 8:43 PM :: 6 pelure(s)

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23 avril 2007

Frustration

Les hormones, c'est connu, ont le don de jouer avec nos nerfs. Ces jours-ci, je ne suis pas du monde. J'aurais juste le goût de me rouler en boule dans le garde-robe, avec une doudou et une boîte de beignes. J'ai pris mon dernier comprimé de Megestrol ce midi et j'ai l'impression que ça fait des mois que je le prends (seulement 10 jours pourtant). Je sens un noeud en moi, un mélange de rage, de frustration, de fatigue et d'écoeurement. Les hormones, ou autres raisons?

Je ne sais pas. Je n'arrive pas vraiment à savoir si ma frustration des derniers jours est vraiment reliée au médicament ou à ma situation. Une chose est sûre, les hormones n'aident certainement pas.

Je disais être déçue, mais pas surprise, du résultat de mon écho. J'ai peut-être omis de dire que j'étais aussi profondément frustrée. Je suis frustrée de savoir qu'il y a quelque chose qui fonctionne, qui m'a même permis de tomber enceinte deux fois, mais que je ne peux pas le prendre parce qu'une étude (par la suite jugée bidon) a donné de mauvais résultats. Je suis frustrée de devoir encore recommencer les essais et erreurs alors que je sais très bien ce qui pourrait fonctionner. Je suis frustrée de perdre mon temps parce que des gens, chez Santé Canada, ont décidé à ma place que je ne pouvais prendre certains risques. Je suis frustrée d'avoir lu ceci. Je suis frustrée parce que je m'étais fait croire que pour le deuxième bébé, ça ne niaiserait pas autant que pour le premier, qu'on savait la recette gagnante, on avait donc un bout de chemin de fait déjà. Mais non! Je dois repartir à zéro, avec comme différence la notion concrète de ce qui fonctionne pour moi. Auparavant, je pouvais me dire qu'il me restait telle ou telle solution, ça m'encourageait et ça me permettait de penser que si celle du moment ne fonctionnait pas, il en restait encore. Aujourd'hui, je sais d'avance que ce que j'essaie ne fonctionnera pas, mais je dois continuer sur des illusions. Je suis frustrée de voir tout le monde autour de moi tomber enceinte. Je suis frustrée d'être la dernière encore une fois. Je suis frustrée d'être frustrée.

Et je suis frustrée parce qu'une fois l'écho d'ovulation passée, une fois le verdict de "pas d'ovule" tombé, je ne pouvais pas simplement passer à autre chose. Ce cycle anovulatoire est interminable, ces pilules ont pris une éternité à s'écouler et j'ignore encore combien de temps ça prendra avant de voir le nouveau cycle se pointer. Quand on sait que ça ne fonctionne pas, c'est presqu'une torture de ne pas pouvoir immédiatement sauter au prochain cycle.

Si vous ne me voyez plus pour quelques jours, ne me cherchez pas. Je serai dans le garde-robe, avec ma boîte de beignes, à m'appitoyer sur mon sort. Foutues hormones.

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Écrit par kiwi :: 7:18 PM :: 9 pelure(s)

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13 avril 2007

Aucune surprise

J'y ai pensé beaucoup, dans les derniers jours. Je ne voulais pas me faire d'idées. En fait, je ne m'en faisais pas vraiment. Le Serophene n'avait jamais marché avec moi, je ne voyais pas pourquoi ça aurait été différent cette fois-ci.

J'aurais aimé dire que j'ai eu tord, mais non. Aucune ovulation en vue. Et je n'en suis pas surprise. Des tonnes de petits folicules, mais aucun assez gros pour daigner espérer ovuler ce mois-ci. En plus, mon endomètre serait trop épais, ce qui rendrait la nidification difficile, selon mond doc, que je nommerai dorénavant Dr SansFlafla.

Bref, il se passe rien dans mon bas-monde. Je dois prendre du Megestrol pour déclencher mes règles et amincir mon endomètre. Tiens donc, une pilule que je n'ai jamais essayée! Puis, on augmente la dose de Serophene à 150mg. On verra rendus là.

Revoicie partie la valse des essais et erreurs. C'est drôle, j'ai pas tellement le goût de danser ce soir...

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Écrit par kiwi :: 8:31 PM :: 8 pelure(s)

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5 avril 2007

Beurk

C'est beurk dehors et je me sens beurk. Mardi, je croyais que les nausées et malaises digestifs du Metformin commençaient à diminuer. Je me sentais mieux. Puis hier soir, j'ai passé la soirée le coeur dans la gorge et la main sur le front. Je ne me sens pas bien du tout. Mais je ne m'en plaindrai pas. Même si on s'en passerait, ça fait parti du deal.

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Écrit par kiwi :: 12:44 PM :: 5 pelure(s)

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3 avril 2007

Du sirop?

C'est en discutant hier avec une autre maman qui avait eu recours à des traitements de fertilité que quelque chose m'a frappée. On parlait de vitamines et de suppléments, puis elle a mentionné le sirop contre la toux. Je me suis alors souvenue qu'avant de tomber enceinte de Tithom, j'avais tout essayé ce que je pouvais. J'avais mâché du blé, pris du sirop, bu du thé vert. Je ne savais plus vers quoi me tourner, j'étais prète à tout essayer. Cette fois-ci, je n'y avais même pas encore pensé. J'y ai pensé un quart de seconde hier, pour finalement me dire "mais non, pas tout de suite, je ne suis pas si désespérée."

Ahem.

Pardon?

Désespérée? Si l'infertile que j'étais avant Tithom m'entendait aujourd'hui, elle me foutrait une baffe. Ce n'était pas du désespoir, ni de la folie. Je croyais aux traitements, je croyais à la science, mais je n'avais pas vraiment le contrôle là-dessus. Je ne pouvais prédire les effets, je ne pouvais savoir si ça fonctionnait ou pas avant d'aller voir le médecin. Je sentais mon destin entre les mains gantées du doc en fertilité et ça, ça énervait pas mal la control freak en moi. J'avais donc décidé d'essayer des choses, par moi-même. J'avais le contrôle là-dessus, au moins.

Ridicule? Peut-être pour celles qui n'ont pas attendu des années, en essayant des tas de traitements, en espérant, en pleurant mois après mois. Mais pas pour celles qui savent que lorsque l'infertilité prend notre corps en otage, on a bien souvent l'impression de n'être que témoin, et non joueur, de cette game.

Non, pour le moment, je ne prendrai pas de sirop, je ne boirai pas de thé vert non-plus, je déteste ça. Je prends mes petites pilules, je note ma température et j'attends, le sourire fendu jusqu'aux oreilles comme une madame-tout-le-monde qui vient d'arrêter la pilule et qui se voit déjà enceinte dans 3 semaines. Eh oui... on apprend, mais on oublie parfois...

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Écrit par kiwi :: 8:44 PM :: 3 pelure(s)

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30 mars 2007

On repart!

Ce matin, à l'aide d'un grand verre d'eau, j'ai avalé le premier comprimé qui donnait le coup d'envoi aux essais pour un deuxième bébé. Ce matin, j'ai recommencé le Metformin.

Mon rendez-vous d'hier s'est bien passé. J'y ai croisé ma bonne amie M, ce qui nous a permis de jaser en personne, chose qui nous arrive trop rarement. Après avoir été appelée, je suis allée m'asseoir avec Hom dans le bureau du médecin. Des murs familliers, les mêmes petits laminés de bébés déguisés en souris et en hibou (je ne comprendrai jamais l'engouement des cliniques de gynéco pour Anne Gedes), la même table et ses étriers. Je revenais où j'avais passé déjà plusieurs matins, à me demander si j'allais avoir un folicule mature, si nous allions changer de protocole, si j'allais un jour être enceinte. J'étais nerveuse, fébrile, et surtout, impatiente. J'avais aussi, après tout, passé plusieurs matins ici à écouter battre en moi le coeur de mon fils.

Malheureusement, le Femara, qui avait finalement eu raison de mes ovaires et grâce auquel j'étais tombée enceinte de Tithom, ne peut plus être prescrit en fertilité pour le moment. Je m'y attendais un peu, quoi que j'avais lu que les médecins avaient recommencé à le prescrire. Pas le mien, apparamment. Comme j'ai quand même un cycle depuis mon retour de couches (respectivement de 36, 23, 33 et 32 jours), ce que je n'avais pas du tout avant, on a déjà un pas de fait. Il me reste à ovuler.

Donc, je reprends le Metformin comme avant (donc à 1500mg par jour, à tous les jours) et on essaie encore le Serophene, qui n'a jamais fonctionné sur moi, à raison de 100mg par jour, du J3 au J7 de mon cycle. Je passe une écho d'ovulation le 13 avril, question de savoir si ça fonctionne, pour ne pas continuer inutilement sur cette recette.

Encouragée, soulagée? Oui. J'ai eu un énorme boost d'énergie. Comme si enfin, j'avais de quoi espérer, comme si enfin, je faisais quelque chose de concret. Je ne crois pas tout à fait que ça fonctionnera, mais je suis prète à tenter le coup. J'y crois quand même un peu, sinon je ferais tout ça pour rien.

Donc voilà, c'est reparti! Mon corps sera à nouveau rempli d'hormones, dans le but qu'un jour, il soit rempli d'amour et de petits coups de pieds.

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Écrit par kiwi :: 8:54 AM :: 16 pelure(s)

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27 mars 2007

J'ai les bleus

Depuis quelque temps, je me sens lasse, déprimée. Je manque d'énergie, de motivation, de pep. Je me sens par moments inadéquate en tant que maman. Quand je répète non pour la centième fois à mon garçon qui lance ses céréales à bout de bras, quand je reste assise là, dans la lune, alors que je pourrais jouer avec lui ou lui apprendre les capitales du monde, quand je regarde les autres bébés plus jeunes que lui qui marchent, parlent, pointent leur nez et dansent la claquette, quand je regarde la pile de vaisselle, le lavage qui s'accumule, le plancher sale, ma liste de choses à faire qui ne diminue jamais, quand je dois faire garder mon fils par ma belle-mère parce que j'ai pris trop de retard au travail... je me sens nulle. Et je me demande comment je ferais avec deux, si je n'arrive même pas à m'occuper adéquatement d'un seul.

Je sais au fond de moi que je fais de mon mieux, que Tithom ne manque de rien et que je suis une bonne maman, à ma manière. Mais cette constante remise en question m'épuise.

Puis y'a les hormones. Bah oui, ces foutues hormones qui ont le dos larges. Je n'arrive pas toujours à contrôler mes humeurs lorsque je suis "au naturel", surtout lorsque le SPM arrive (comme en ce moment). Le problèmes avec mes cycles fuckés et anovulatoires, c'est que j'ai l'impression d'être constamment en SPM. Au moins, je peux me consoler en me disant que mes règles ont attendu juste assez pour mon rendez-vous (si jamais je recommence les médicaments, ça doit être fait au J3 du cycle, donc ça tomberait pile).

Puis il y a toutes ces bédaines qui poussent autour de moi. Le printemps apporte toujours son lot de nouvelles grossesses et bien que je sois contente pour celles à qui ça arrive et que je m'inquiète sincèrement pour celles qui vivent des moments difficiles, je sens un pincement famillier. Je sens le regard de mon coeur se tourner vers mon nombril, vers mon ventre vide, vers mon incapacité à tomber enceinte comme les autres. Je sais que nos essais ne sont pas encore commencés "officiellement", mais le fait de devoir attendre un rendez-vous pour seulement savoir quel sera le plan, plutôt que de simplement devoir faire des galipettes pour tomber enceinte, ça me fait suer.

Et ce qui me fait le plus mal là-dedans, c'est que j'ai l'impression de ne pas pouvoir en parler, puisque j'ai déjà un enfant. Quand c'était le premier, j'avais le droit de chialer, j'avais le droit de demander ma chance. Maintenant, j'ai presque l'impression de me faire dire "au lieu de désespérer sur un bébé que tu n'as pas encore, tu devrais te centrer sur celui que tu as la chance d'avoir. Et pis en plus, ça ne fait que quelques mois que tu as eu ton retour de couches, patiente un peu." Je suis totalement consciente de la chance que j'ai d'avoir Tithom dans ma vie, mais ça n'empêche pas mon coeur d'en vouloir un autre, de vouloir doubler ma chance et mon amour. Ça ne m'empêche pas non-plus d'être là pour mon fils et de l'aimer à pleine capacité.

Pourquoi ai-je l'impression d'être ingrate et avare, d'être une enfant gâtée qui veux tous les jouets? Pourquoi pour une infertile serait-ce de l'égoïsme d'en vouloir un deuxième alors que pour madame-tout-le-monde, c'est juste normal? Pourquoi doit-on justifier notre désir de vouloir un deuxième enfant quand on doit aller chercher de l'aide alors que celles pour qui ça vient naturellement n'ont aucun comptes à rendre?

Voyons, il est où déjà le petit bouton off pour tous les pourquoi?

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Écrit par kiwi :: 9:42 PM :: 4 pelure(s)

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23 mars 2007

Dans 6 jours

Je ne croyais pas y penser autant, mais je me suis surprise à compter les jours avant mon rendez-vous avec mon doc. Je compte les jours avant notre nouveau départ, notre vrai départ. Depuis novembre que j'ai eu mon retour de couches et que j'y pense, mais ces derniers jours, ce fut plus intensément.

Les premiers jours après le sevrage ont été difficiles. J'avais le coeur gros et une vague impression d'avoir fait une gaffe. Mes seins étaient à peine engorgés une semaine après. J'ai dû à quelques reprises vider des canaux qui se bloquaient et me faisaient mal. Le lait qui s'écoulait dans la douche me brisait le coeur. J'aurais pu le donner à mon fils! Quel gaspillage...

Maintenant que mes seins sont redevenus comme avant – enfin, dans le sens où ils ne fournissent plus de lait, parce qu'en apparence, ils ne seront jamais plus comme avant, mais ça, c'est une autre histoire – je n'ai pas de regret ni de ressentiment par rapport au sevrage. Mon rendez-vous approche et je me concentre là-dessus.

Je dois paraître bizarre d'avoir hâte de recommencer les traitements. Surtout que je sais à quoi m'attendre, côtés physique et émotionnel. Quand nous essayions pour Tithom, au tout début, j'avais très mal pris de devoir me tourner vers la médecine pour concevoir un bébé. Mais ma vision a changé. Je sais que sans ça, je n'ai aucune chance de concevoir un frère ou une soeur à Tithom. Je sais que tant que je ne prendrai pas ma fertilité en mains, je vais perdre mon temps.

J'ai quand même peur. J'ai peur que mon doc nous demande d'attendre encore. J'ai peur qu'il ne veule plus me prescrire le Femara et que je doive recommencer à essayer différents traitements avant de trouver le bon. J'ai peur de devoir retourner aux injections. J'ai peur que ce soit encore très long.

Mais, à travers tout ça, j'ai un espoir, un positivisme différent que pour Tithom. Malgré les apprences, je suis plus zen. Je sais maintenant de façon concrète que ça peut fonctionner. Je sais que mon corps peut fabriquer et mettre au monde un enfant en santé. Alors qu'avant je ne savais pas si j'allais un jour être enceinte, aujourd'hui je pars avec la mentalité du QUAND plutôt que du SI.

En espérant que ça ne se retourne pas contre moi dans quelques mois.

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Écrit par kiwi :: 8:30 AM :: 4 pelure(s)

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12 février 2007

Insomnie et imagination

Aussi loin que je me souvienne, j'ai toujours eu de la difficulté à m'endormir. Le soir, je me couche, fatiguée, mais je ne m'endors pas. Mon corps est las, mais ma tête semble profiter de ce calme, de ce silence et de cette noirceur pour se réveiller et faire du ménage. Mes idées se classent, je passe en revue ma journée, je décortique certaines conversations... C'est quand je veux dormir que ma tête, fatiguée mais workaholic, décide de me jouer des tours. Quand elle semble vouloir trop travailler et que les heures s'écoulent sans que je ne m'endorme, je me raconte des histoires. J'ai développé l'art de divertir ma tête, de lui changer les idées afin de l'endormir. Ça prend beaucoup d'imagination, mais ça fonctionne.

Je me suis conté toutes sortes d'histoires, pour m'endormir. J'ai souvent été riche et en voyage, ou bien j'avais une grande maison où il ne faisait jamais froid, avec une piscine et des fruits frais à volonté. J'ai été journaliste, chanteuse, archéologue, danseuse de ballet. J'ai rencontré mes idoles, gagné des prix, joué de tous les instruments, vécu au Moyen âge, voyagé dans l'espace.

Puis, pendant longtemps, je m'imaginais maman. Je me voyais avec un bébé dans les bras, le berçant doucement. Je me voyais nager dans un lac, avec un gros ventre. Je me suis imaginée des centaines de fois faire un test de grossesse positif.

Je ne me conte plus ces histoires, car elles n'ont jamais été aussi belles que celle que je vis à tous les jours avec Tithom.

Mais ces temps-ci, le soir, quand la lumière est éteinte et que je me retrouve seule avec mes pensées qui divaguent, je me raconte l'histoire de celle qui a des enfants facilement. Je m'imagine tomber enceinte sans même essayer, je m'imagine être enceinte de triplés, pouvoir planifier mes grossesses, jouer avec le feu et découvrir deux semaines plus tard que ça a porté fruit.

Je ne veux pas être de celles qui se plaignent de ce qu'elles n'ont pas et ne profitent pas de ce qu'elles ont. Ce n'est pas du tout le cas, en fait. Je suis à tous les jours extrêmement reconnaissante d'avoir Tithom dans ma vie. Je suis parfaitement heureuse. Parfaitement, enfin, sauf un tout petit mini morceau de casse-tête qu'il manque... rien qui nuit à mon bonheur quotidien, mais un morceau qui complèterait bien ma vie, nos vies, notre bonheur.

Le soir, quand seules mes pensées résonnent dans la nuit, c'est ce petit rêve de devenir maman une deuxième fois qui ressort, qui vient me chercher. J'ai souvent répété avoir fait le deuil d'un bébé "conçu avec spontanéité", mais il y a des soirs où j'en doute un peu. Ça me rend parfois triste de ne pas pouvoir croire en une grossesse surprise, de ne pas prendre ma température en sachant qu'un bon matin, elle aura fait un bond. J'écoute les femmes parler de leur grossesse, je lis les histoires de cycles qui se terminent avec deux lignes roses sur un bout de plastique et ça me donne une petite pointe d'envie. Je retrouve des émotions qui me sont déjà trop familières. Je croyais avoir fait la paix avec tout ça, mais l'impatience de recommencer pour vrai a ranimé bien des choses.

J'ai confiance. Je me laisse croire que cette fois-ci, ce sera moins long et moins difficile. Je ne me leurre pas, mais je me donne une chance. Je ne suis pas défaitiste, seulement, peut-être parfois un peu trop réaliste... Si je suis capable de laisser mon imagination courir à son gré la nuit venue, pourquoi ne pas la laisser un peu aller le jour aussi? Laissons courir la ballerine riche enceinte de triplés un peu plus librement, laissons-la nous convaincre que tout est possible, juste le temps d'y croire un peu... juste le temps de m'endormir...

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Écrit par kiwi :: 10:20 PM :: 1 pelure(s)

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7 février 2007

Date limite

Comme je n'arrive pas à me décider à plonger et à couper le dernier boire afin de retourner en clinique de fertilité, j'ai décidé de prendre le taureau par les cornes. J'y vais à l'envers. J'ai pris mon rendez-vous chez le médecin, question d'avoir un échéancier. Une date limite, si on veut.

Je dois arrêter d'allaiter avant le 29 mars.

Je ne me sens pas obligée, je ne le ferai pas contre mon gré. Je ne me mets pas de pession, mais je me pousse un peu dans le dos parce que je suis une très bonne procrastinatrice et je maîtrise très bien l'art de tout remettre au lendemain. Je dois appliquer à ma vie le même sens de l'organisation et de la planification que j'applique à mon travail, sinon, j'arrive à rien.

Alors voilà, c'est fait. La machine repartira dans un peu moins que 2 mois.

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Écrit par kiwi :: 11:51 AM :: 2 pelure(s)

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2 février 2007

Plonger, après un an

Je suis troublée. Ce matin, j'ai oublié d'allaiter Tithom après son déjeuner. Alors qu'à l'habitude, je le sors de sa chaise pour l'amener sur le divan où on se colle et où il boit, bien tranquille en me jouant dans les cheveux, ce matin, je ne sais pas pourquoi, je l'ai déposé par terre après l'avoir débarbouillé. Est-ce que le chat réclamait la porte? Est-ce que la vaisselle sale m'appelait? Est-ce que Hom me parlait? Je ne m'en souviens pas. Je sais seulement que vers 10h30, je me suis soudainement apperçue que je n'avais pas allaité Tithom et que ça devait être une des raisons de son bougonnage excessif.

J'ai donc immédiatement remédié à la situation. Et j'ai eu droit à un moment de pur bonheur alors que mon grand bonhomme s'est endormi contre moi, le sein encore dans la bouche, après s'être saoulé de mon lait. Je le tenais dans mes bras, tout mou, tout chaud, les yeux pleins d'eau. Comme quand il était mini.

Bientôt, tout ça sera terminé. Bientôt, je ne pourrai plus saouler mon fils avec mon lait.

Je dois me rendre à l'évidence. Le sevrage achève, mon allaitement tire à sa fin. J'aime toujours allaiter, mais je me sens prête à passer à autre chose. Prête, mais en même temps, je sais que ça va me manquer et que je trouverai la coupure difficile. Pour me remonter le moral, je ne peux même pas me dire qu'un jour, j'allaiterai à nouveau, car qui peut me garantir ça? Et même si un jour, j'ai la chance d'allaiter un 2e bébé, ce ne sera plus jamais Tithom. Ce bout de chemin avec lui sera fini.

En même temps, quand je pense à retourner voir le doc, à recommencer à "faire quelque chose" dans le but de tomber enceinte, quand je pense à avoir droit à un petit espoir à chaque cycle, plutôt que de seulement passer le temps entre les saignements, ça me donne des papillons. J'ai hâte de recommencer les essais, même si je sais que ce ne sera peut-être pas (probablement pas) facile. Je suis prête, nous sommes prêts à recommencer tout ça.

Le choix de sevrer Tithom en est un tout à fait égoïste dans mon cas. Il ne s'est pas sevré par lui-même (ce qui aurait réglé le cas de ma culpabilité), je ne le sèvre pas pour un retour au travail puisque je travaille de chez moi. La décision est faite par moi, pour moi. Et c'est probablement là où se trouve mon hésitation, mon sentiment de culpabilité. Je le sèvre parce que je veux passer à autre chose, parce que nous voulons recommencer les essais bébé, parce que je veux un peu me réapproprier mon corps, parce que je veux pouvoir recommencer à soigner mon psoriasis, parce que je veux pouvoir prendre des médicaments quand j'ai le rhume, parce que... parce que. Je ne me justifie pas, car je sais que j'ai déjà beaucoup donné (un an, c'est pas rien!) et que je n'ai de compte à rendre à personne. Est-ce que j'aurais aimé l'allaiter plus longtemps? Si je n'avais pas commencé le sevrage et si j'avais pu tomber enceinte quand même, oui, c'est certain que j'aurais aimé continuer plus longtemps. Mais ce n'est pas le cas. Et mon désir de faire un autre enfant, pas trop éloigné en âge si possible, est maintenant trop fort pour arriver à le faire taire.

Il restera toujours une petite partie de moi-même qui m'en voudra, qui me dira que j'aurai privé mon fils de quelque chose de bon simplement parce que je n'arrivais pas à contrôler mon horloge biologique. Mais cette partie est bien petite et l'autre partie de moi, celle qui est incroyablement fière d'avoir allaité un an, celle qui sait qu'elle a accompli énormément, qu'elle a donné ce qu'il y a de meilleur pendant une année, celle-là est bien plus grande et bien plus importante. Et elle sera sereine éventuellement, j'en suis certaine.

Maintenant... me reste encore le dernier boire à couper... faut faire le grand saut, pincer mon nez, fermer les yeux et plonger...

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Écrit par kiwi :: 3:35 PM :: 3 pelure(s)

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11 janvier 2007

Déçue, mais pas surprise

Après avoir finalement eu mon retour de couches, j'avais recommencé à prendre ma température, question de savoir ce que mon corps avait décidé de faire. Je ne m'attendais pas à un cycle exemplaire, mais j'avais quand même un mince espoir d'ovuler toute seule. Ça ne coûte rien de rêver, non?

Aujourd'hui je me sens idiote d'y avoir cru. Je me trouve tellement nulle d'avoir pensé même une seconde que mon corps serait devenu normal après une grossesse. Le 29 décembre, j'ai commencé à avoir du spotting. Cycle anovulatoire, températures en dents de scie, vague impression de déjà-vu. Je suis déçue, mais pas surprise.

Ça fait maintenant 14 jours que les spotting/saignements sont là et je commence à en avoir plein mon casque. Ça faisait tellement longtemps que mon corps n'avait pas été "au naturel", j'avais presqu'oublié ce que c'était. Puis ça m'est revenu: les crampes, les saignements à n'en plus finir, quand j'en ai, sinon ce sont les longs mois sans qu'il ne se passe rien, les boutons, les sautes d'humeur, les ballonnements... J'ai beau essayer de me dire que je dois rester positive, qu'il y a des solutions, que ça a fonctionné une fois, ça va fonctionner encore... je ne sais pas, je suis frustrée quand même... Et le fait d'être frustrée me frustre encore plus, parce que je m'étais juré de prendre ça plus à la légère cette fois-ci. C'est raté.

Je le savais que ça arriverait. Je le savais que je ne devais pas écouter les petites voix qui me disaient de croire que ça pouvait arriver au naturel maintenant. Je savais que je ne serais jamais normale... pourquoi suis-je déçue alors, si je le savais?

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Écrit par kiwi :: 11:22 AM :: 9 pelure(s)

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8 décembre 2006

Le thermomètre sonne

Après quelques jours à ne pas trop savoir ce que mon corps faisait, j'ai finalement eu une réponse claire: mon retour de couches était bel et bien là. Y avait-il eu ovulation deux semaines avant? Je ne le saurai jamais et pour le moment, ça n'a pas vraiment d'importance. Je nous considère donc de retour dans l'arène. Kiwi et Hom vs conception, let's get ready to rrrrumble!

J'ai l'impression de revenir chez nous, de retourner au bercail. J'ai été en essais si longtemps, ça faisait tellement partie de ma vie au quotidien que je m'y sentais presqu'à l'aise. Bien sûr, j'aurais aimé ne jamais me faire une maison dans le monde des essais. J'aurais aimé n'être que de passage et ne pas connaître ce qu'est la déception d'attendre, encore et encore... Mais puisque ça fait partie de ma réalité, aussi bien l'apprivoiser.

Pour le moment, je ne prends pas de médicament. J'allaite encore le matin et je ne suis pas prête de couper ce dernier boire. J'ai la drôle d'idée d'attendre de voir ce que mon corps décide de faire avant d'arrêter d'allaiter. Tout à coup que j'ai des cycles, même en allaitant? Tout à coup - je retiens mon souffle - que j'ovule même en allaitant? Pourquoi arrêter alors? Ça ne me coûte rien de rêver, aussi bien le faire à la planche.

Donc voilà... j'ai recommencé à prendre ma température le matin, question de voir ce que mon corps fait. Ce ne sera pas perdu, si jamais je dois retourner voir mon doc, j'aurai des courbes à lui montrer afin de savoir ce que mon corps a décidé de faire (ou ne pas faire) cette année...

Pas évident de recommencer à prendre ma température après tant de temps (dernière fois: le 27 mai 2005). Ce qui était devenu un automatisme est maintenant une nouvelle habitude à prendre. Auparavant, le cadran sonnait, Hom me mettait le thermomètre dans la bouche sans que je me réveille et je le remettais sur la tablette sans ouvrir les yeux quand il bippait. Je me réveillais une heure plus tard, pesais sur le bouton pour voir le chiffre et entrais le tout dans mon graphique une fois l'ordi allumé. Pas besoin d'y penser, ça se faisait tout seul. J'imagine que l'automatisme reviendra avec le temps. Pour l'instant, je dois encore y penser.

Bien des gens trouveront que je suis pressée, que nous devrions prendre ça mollo, que Tithom a juste 10 mois, que ce sera un stress de plus... Pour moi, prendre ça mollo, c'est "juste" prendre ma température, c'est ne pas être suivie par un doc et ne pas prendre de médicament. Pour mo, ne rien faire me donne un stress de plus, pas agir. Et si je n'ovule pas, ça nous donne quoi de prendre ça mollo? Aussi bien nous abstenir, pusique sans ovule, pas grand chance de concevoir. Ce serait mon rêve, de pouvoir dire à Hom "ok, on prend ça relax pour quelques mois, on ne calcule rien et on verra ce que ça va donner." Mais je sais d'avance que ça ne nous donnerait rien. Aussi bien dire qu'on attend encore quelques mois avant d'essayer. Oui, je suis pressée. Oui, je veux prendre le taurreau par les cornes tout de suite. Je ne suis pas du genre à m'asseoir et regarder la vie passer sans rien faire. Je suis une femme d'action, j'aime contrôler et voilà ce que je fais: j'agis et j'essaie de contrôler ce que je peux. Ce que ça donnera, seul le temps nous dira.

Maintenant, je vais aller entre mon chiffre dans mon graphique avant d'oublier.

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Écrit par kiwi :: 9:28 AM :: 8 pelure(s)

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23 août 2006

J'en veux un autre

J'essaie de me raisonner, de ne plus y penser, de patienter. J'essaie, mais ça ne fonctionne pas. Je veux un autre bébé. Il y a une bataille en moi, car je ne peux pas simplement dire "je veux un bébé" et le réaliser. Pour nous, vouloir un autre bébé, ça veut dire arrêter l'allaitement et recommencer les traitements de fertilité. Pour les gens "ordinaires", vouloir un deuxième, c'est une grande décision, mais une fois qu'elle est prise, il n'y a plus grand chose à faire qu'essayer. Ils peuvent dire "je veux que mes enfants soient rapprochés" et le faire. Pour nous, c'est moins simple. Oui, je sais, on connaît tous quelqu'un pour qui ça a fonctionné rapidement pour le 2e alors que ça avait été long pour le premier. J'aimerais que ce soit mon cas, mais ça me surprendrait. Je ne suis pas pessimiste, mais réaliste. Les ovaires polykystiques ne se guérissent pas avec une grossesse. Bon d'accord, j'ose espérer que ça ne prendra pas 3 ans. Mais je ne crois pas faire partie des chanceuses qui retombent enceinte en quelques mois.

Quand on est infertile et qu'on a finalement un bébé, les gens autour de nous nous regardent bizarrement quand on se dit encore infertile. "Mais non, tu n'es pas infertile, tu as un bébé." Il y a une (méchante) différence entre stérile et infertile. Je ne suis pas stérile, mais je suis infertile. On me dit aussi, indirectement, d'en revenir. Je ne fais plus partie des infertiles, je n'ai plus le droit de chialer, puisque j'ai Tithom. Oui, je suis très choyée d'avoir eu mon fils alors que bien des couples se battent encore contre l'infertilité. Mais notre bataille sera à recommencer. Si on veut un deuxième enfant, il faudra refaire une bonne partie du chemin qu'on avait fait pour Tithom. Ils appelent ça l'infertilité secondaire. Appelez ça comme vous voulez, ça m'est égal. Ça me fait suer, point.

Je veux un deuxième bébé. Maintenant plutôt que plus tard. Je suis pressée, oui. J'ai hâte. Je veux commencer tout de suite parce que je sais que ce sera long. Mais je ne veux pas arrêter d'allaiter Tithom seulement pour ça. Je suis donc déchirée entre les deux. Et je me sens coupable en même temps de penser à ça, de rêver à un autre enfant alors que j'en ai un près de moi, qui me fait rire, qui me comple de bonheur et fait battre mon coeur au rhytme de ses sourires. Je me sens coupable de ne pas être 100% complète avec lui. Je l'aime de tout mon coeur, et même plus. Mais ma famille n'est pas terminée, je veux lui donner une frère ou une soeur. Mon ventre hurle de porter la vie à nouveau.

Quand une amie me raconte comment elle se réveille le matin en entendant ses deux enfants rigoler doucement dans leur chambre, alors qu'ils la croient encore endormie, mon coeur se fend un peu. Quand je vois un grand frère donner un bisou baveux sur le front de son petit frère nouveau-né, mes ovaires me font mal. Je veux un autre enfant et ça me fait mal partout d'y penser.

N'allez pas croire que je me rends malheureuse avec ça. Je sais vraiment à qul point je suis choyée d'avoir Tithom et d'avoir pu vivre la grossesse et l'allaitement de façon heureuse avec lui. Seulement... l'impatience, l'urgence même, du rêve est revenue. La satanée horloge biologique, sur laquelle j'avais pu faire snooze, a re-sonné. Je veux un autre bébé. Là, maintenant, tout de suite.

Je me suis fixé un échéancier, en bonne petite femme organisée que je suis. Je voulais allaiter Tithom 6 mois, mais maintenant que j'y suis, je n'ai pas du tout le goût d'arrêter. Je me dis donc 9 mois. Quand j'aurai arrêté d'allaiter, je devrai attendre 3 mois avant d'aller voir mon médecin (j'ai le pressentiment que je devrai aller le voir parce que mes règles ne seront pas revenues). Disons que ça prend ensuite un an avant de retomber enceinte... je suis optimiste là! Plus la grossesse... Tithom aurait presque 3 ans quand son petit frère ou sa petite soeur naîtrait! Je trouve ça tellement loin!

Pendant nos 3 ans d'essais pour Tithom, on a essayé des tas de recettes différentes avant de trouver celle qui fonctionnait. J'espère pouvoir repartir où j'avais laissé les traitements et ne pas avoir à essayer encore différentes hormones. J'ai même essayé d'aider la nature un peu en perdant du poids. On dit que pour les femmes souffrant d'opk, perdre du poids (on parle souvent de 10%) aide souvent à rétablir le cycle. Je suis rendue à 15 livres sous mon poids d'avant grossesse, j'ai dépassé le 10% et je compte bien en perdre encore un peu.

Je veux un autre bébé. Je suis motivée et très, très impatiente. Faut le faire, j'ai presque hâte de prendre ma température, d'endurer le deux semaines d'attente... Bon je dis ça, mais je n'ai pas du tout hâte aux rendez-vous chez le doc, pour aller chercher mes prescriptions, pour voir où on en est, pour passer des échos d'ovulation... Je n'ai pas non-plus hâte de prendre des hormones, de devenir un monstre de sautes d'humeur, de pleurer à chaque cycle qui se termine mal... J'ai peur de trop y penser et de négliger ma relation avec Tithom à cause de ça. J'ai peur de ne pas être capable de rester zen et de laisser le temps et la nature (ahah!) suivre leur cours. J'ai peur que ça ne marche pas.

Mes deux belle-soeurs sont enceintes, ma meilleure amie du secondaire aussi... ça me rend très vulnérable. J'ai l'impression de me retrouver un peu dans les souliers que je portais il y a quelques années. Et ils ne sont pas confortables. Même si je les connais très bien.

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Écrit par kiwi :: 10:05 AM :: 17 pelure(s)

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6 mai 2006

Évolution

Il y a un an aujourd'hui, un petit spermato, plus fort ou plus rapide (ou les deux!) que les autres fusionnait avec mon ovule et ensemble ils créaient Tithom. Donc, même si lui n'a que 3 mois de vie, ses cellules, elles, fêtent leur aniversaire aujourd'hui! Un an depuis ma dernière ovulation! Un an de congé pour mes ovaires. J'aimerais bien qu'il reviennent de leur congé, mais ils semblent bien là où ils sont...

Je parlais il n'y a pas si longtemps de mon désir d'un deuxième enfant. Ce désir me semblait pressant il y a quelques semaines. Aujourd'hui, bien que le désir soit encore très fort, l'urgence a un peu diminué. Oui, j'ai très hâte de retomber enceinte (si ça devait m'arriver). J'ai très hâte de revivre la grossesse et l'accouchement même. J'espère de tout coeur avoir un autre enfant un jour. Mais je me doute bien que la conception du deuxième risque de ne pas être beaucoup plus facile que celle du premier. Et ça, ça ne me manque pas du tout. Je ne m'ennuie pas de prendre ma température, de prendre des médicaments, d'espérer pour rien, d'être déçue, le coeur en miettes à la fin d'un cycle... Je ne m'ennuie pas de l'attente, des espoirs, de la jalousie...

Non seulement ça, mais je ne m'ennuie pas encore des premières semaines avec bébé. Non, laissez-moi reformuler... je ne m'ennuie pas encore de certaines choses de nos débuts avec bébé. Oh bien sûr, c'était magique, avoir un bébé tout neuf dans la maison. C'était merveilleux de découvrir ce petit être, de commencer une nouvelle vie avec lui. Bien des aspects de cette époque me manquent, bien entendu. Mais je ne m'ennuie pas encore des nuits à nous réveiller aux 2-3 heures, de la montée laiteuse, des douleurs post-accouchement... maintenant que tout ça est derrière nous. J'aime la vie que nous avons en ce moment avec Tithom. Elle change et évolue avec lui et j'adore ce constant renouvellement. Je veux profiter de notre vie à trois encore. Je veux profiter de notre petite famille sans penser à mon cycle, sans pleurer en cachette parce que mes règles sont arrivées.

Je ne veux pas sembler ingrate ou même avare. Je suis consciente de l'immense chance que j'ai d'avoir Tithom alors que tant de gens attendent encore leur premier enfant. Je suis aussi consciente de la possibilité que Tithom soit notre seul enfant biologique. Je ne peux tout de même pas encore laisser tomber mon désir d'agrandir la famille.

L'idée d'un deuxième enfant occupera mes pensées souvent, je n'en doute pas et je ne peux rien y faire. Mais je sais maintenant que ce sera classé du côté des rêves pour un bout de temps, plutôt que du côté des priorités. Un rêve que je sortirai de temps en temps, que je caresserai du bout des doigts, en imaginant la vie à 4, les yeux levés vers le ciel... et que je rangerai bien soigneusement, pour ne pas l'abîmer, en attendant de le transférer du côté des priorités...

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Écrit par kiwi :: 6:07 PM :: 0 pelure(s)

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21 mars 2006

La bédaine

Tout au long de ma grossesse, on m'a répété plus d'une fois de profiter de ma bédaine, que j'allais m'en ennuyer. Flatte-la, qu'on me disait. Elle va te manquer une fois le bébé arrivé! Et sincèrement, je me suis toujours demandé comment une bédaine pourrait me manquer alors que j'aurais un bébé dans mes bras...

Depuis l'accouchement, je ne m'ennuie pas de mon ventre rond. J'ai adoré être enceinte, j'ai adoré mon ventre jusqu'à la toute fin. Je l'ai flatté à le rendre luisant, je l'ai admiré, aimé et chouchouté. Je me suis répété que ça pourrait être ma seule grossesse et de bien profiter de cette bédaine. J'ai savouré chaque coup de pied, chaque hoquet, chaque mouvement du bébé qui grandissait en moi. Mais une fois ce bébé né, mon ventre ne m'a pas manqué une seconde. Je peux par contre comprendre ce que certaines femmes voulaient dire...

La bédaine ne me manque pas, non, mais la grossesse oui. Je ne m'ennuie pas du ventre rond, mais plutôt de comment je me sentais quand j'étais enceinte. Le sentiment qu'on a quand on voit le test positif, la première échographie, le premier coup de pied. L'anticipation, l'attente... Est-ce que ce sera un garçon ou une fille? De quoi aura-t-il l'air? Préparer son arrivée... Entendre son petit coeur battre à chaque rendez-vous... Voir son corps changer, savoir que le bébé grandit en nous, de nous. Mais plus que ça, une chose qui fait frissonner l'infertile en moi, je m'ennuie des essais... Eh oui! Je m'ennuie de l'excitation que j'avais eue à mon dernier cycle, en attendant la supposée venue de mes règles, en espérant de tout coeur. Je m'ennuie de cet espoir, même s'il était toujours accompagné de peur, d'angoisse et, pour tous les cycles sauf le dernier, de découragement et de peine. On s'entend, je ne m'ennuie pas de la déception des cycles qui ne fonctionnaient pas. Mais le renouveau, l'espoir qui renaîssait à chaque mois, ça me manque un peu... C'est fou, hein? La force de l'émotion quand on apprend qu'on attend un bébé, ça crée une dépendance. Une fois qu'on y a goûté, on veut le revivre, encore et encore!

Mais bon, j'avoue, je m'ennuie de ma bédaine un tout petit peu aussi. Et en l'honneur de cette bédaine, de la maison de mon Pépin, j'ai rajouté un lien à droite sur son évolution. Wow, j'étais immense...

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Écrit par kiwi :: 9:39 PM :: 3 pelure(s)

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14 mars 2006

Suivi

Hier soir, j'ai demandé à Hom s'il allait m'accompagner chez le médecin aujourd'hui. Il m'a demandé "est-ce qu'il va y avoir des infertiles?" Comme j'ai souvent eu des rendez-vous en fertilité le mardi matin, nous avons décidé qu'il resterait à la maison avec bébé. Je suis donc allée seule chez le médecin. L'infirmière m'a pesée (je suis bien contente de voir que j'ai seulement 5 livres de plus sur leur balance aussi!), a pris ma pression et m'a posé quelques questions. Le médecin m'a demandé si j'avais eu mes premières règles. Je lui ai dit "non, et ça ne me surprend pas vraiment... je ne suis jamais menstruée habituellement." Il s'est alors souvenu de mes cycles anovulatoires interminables. Il m'a examinée (col atrophié, mais ok) et m'a dit que j'avais l'air en super forme. Nous avons parlé un peu de ce qui m'inquiétait, par rapport à un deuxième bébé. Je dois attendre quelques mois après avoir arrêté d'allaiter pour voir ce que mon cycle aura l'air (mon quoi?) et je prendrai rendez-vous à ce moment-là. Il m'a dit de ne pas trop m'en faire pour le Femara, que l'étude n'est pas claire encore et que ça risque de rentrer dans l'ordre... on verra bien pour ça. Il m'a aussi dit que ça pouvait arriver, après une grossesse, de redevenir régulière. J'en doute fort pour mon cas, mais bon, pourquoi pas... Je ne prendrai aucun contraceptif, de toute façon, je trouve ça complètement illogique pour moi. J'ai passé des année à essayer de faire un bébé, là, je ferais en sorte de l'empêcher...? Si miracle il y avait, nous le prendrions plus que volontiers!

Conclusion: j'allaite, je ne pense pas au futur, je m'occupe de Tithom et quand l'allaitement sera terminé, on passera à la prochaine étape! Rien de fantastique comme plan, mais c'est ce à quoi je m'attendais et ça fait mon affaire. Dossier clos pour le moment.

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Écrit par kiwi :: 11:54 AM :: 1 pelure(s)

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13 mars 2006

Un deuxième

Comme la conception de Tithom n'a pas été de tout repos, je me suis toujours interrogée sur l'éventualité d'avoir un deuxième enfant. Déjà pendant la grossesse, je me posais des questions... Est-ce que ce serait aussi long? Quand allions-nous essayer? Après l'allaitement j'imagine... Quelques jours après la naissance de Tithom, j'ai lu dans le journal un article qui disait que le Femara était dangereux et causait des malformations chez certains foetus. En lisant l'article, j'avais regardé Tithom, les larmes aux yeux, en remerciant le ciel qu'il soit parfait. Mais en même temps, j'étais triste en pensant que le combat serait à recommencer. Ce qui avait été long pour notre premier enfant, ça avait été de trouver la formule qui fonctionnait pour moi. Une fois cette formule trouvée, ça avait après tout été rapide. Comme le Femara a été la pilule miracle pour nous (les deux fois où je suis tombée enceinte), le fait que les médecins ne doivent plus le prescrire en fertilité me cause un problème. Je ne suis pas prête à prendre le risque maintenant que je le connais.

Nous voulons un deuxième enfant, ça c'est clair. Si ce n'était que de moi, je retomberais enceinte aujourd'hui. Mais ça ne fonctionne pas comme ça, et c'est sûrement mieux ainsi, d'une certaine façon. Nous ne pouvons par contre planifier comme la plupart des couples: quand Tithom aura 9 mois, on essaiera pour un deuxième, comme ça ils auront moins de 2 ans de différence... Comme je n'ovule pas sans médicament, essayer voudra dire retourner consulter en fertilité. Prendre des médicaments voudra dire que je n'allaiterai plus. Comme j'ai l'intention d'allaiter le plus longtemps possible, ce sera peut-être long avant qu'on puisse essayer. Et comme le médicament qui me faisait ovuler n'est plus prescrit par mon médecin, je devrai probablement recommencer à y aller à tâtons, en essayant diverses formules, jusqu'à ce qu'on trouve la bonne. Tout ce qui avait fonctionné pour Tithom ne pourra probablement pas être répété. Le Femara est hors de question. Le Metformin, pas tant que j'allaite. Prendre ma température? Pas tant qu'il ne fait pas ses nuits. Un changement de propriété au travail de Hom changera peut-être ses assurances, ce qui pourrait nous enlever le privilège d'être couverts pour les traitements de fertilité. Ce qui voudrait dire: injections à nos frais. Tout ça me paraît bien incertain et surtout, ardu. Une vague impression de déjà vu me décourage un peu aussi...

J'ai essayé de vivre ma grossesse en me disant que je ne pourrais peut-être plus revivre tout ça. J'ai essayé de me faire à l'idée que nous aurions peut-être seulement un enfant. Je semblais accepter tout ça. Mais maintenant que la bédaine est partie et que Tithom est avec nous, je ne peux pas croire que je ne revivrai plus de grossesse, que je ne revivrai pas un autre accouchement et surtout, que je n'aurai plus le bonheur de voir notre enfant naître et grandir avec nous. Je suis comblée avec Tithom, vraiment. Je ne veux surtout pas sembler ingrate... Après tout, bien des couples n'ont même pas un enfant et moi je suis là à m'en faire pour le deuxième dont les essais ne sont même pas commencés. Ce qui me fait surtout peur, en fait, c'est ma propre force. J'ai eu la force et le courage de vivre tout ça une fois, pour Tithom. Mais je ne crois pas en avoir assez en réserve pour le revivre une seconde fois... c'est trop me demander...

À l'hôpital, le lendemain de mon accouchement, le médecin de garde m'avait demandé si je voulais qu'il me prescrive la pilule. Ma réponse avait été sèche et directe: "pourquoi?!" Lui, condescendant, m'avait répondu "pour ne pas que tu retombes enceinte." J'avais failli lui rire en pleine face. Je lui ai dit que ça avait pris 3 ans pour celui-ci, que ça m'étonnerai vraiment que ça fonctionne si rapidement et miraculeusement pour le 2e. "Ça peut arriver vous savez" qu'il m'a répondu. "Vous en parlerez à votre médecin." J'y compte bien!

Je revois mon médecin demain, pour mon suivi post-accouchement. J'avais l'intention de lui parler de notre désir d'en avoir un deuxième, mais j'ai peur qu'il me trouve trop pressée. En fait, nous n'en voulons pas un deuxième tout de suite! Mais j'aimerais savoir un peu comment on devrait s'y prendre, pour pouvoir planifier éventuellement et aussi pour arrêter de me poser des tas de questions. Ça calmera un peu mes inquiétudes et me permettra de mettre tout ça sur une tablette, en attente du moment propice...

Chaque chose en son temps, n'est-ce pas?

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Écrit par kiwi :: 11:40 AM :: 1 pelure(s)

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