LES PÉPINS DE KIWI


Réflexions douces-amères d'une infertile maintenant maman.

20 juin 2006

Les dents, encore

La méchante deuxième petite dent a finalement percé la gencive en fin de semaine. Un petit pic blanc, à peine visible, mais bien perceptible avec le doigt, donne encore bien des misères à mon pauvre Tithom. Dans les deux dernières semaines, nous avons donc passé plusieurs soirées à le bercer, le promener, le calmer du mieux que nous pouvons, sans toujours réussir. Plusieurs soirs ont été très longs, les pleurs s'éternisant et les solutions diminuant. Nous avons tout essayé: la débarbouillette mouillée, les jouets de dentition (le froid, celui qui vibre, le mou, le dur), le Tylenol et le gel en dernier recours... Je n'aime pas mettre du gel à Tithom, mais par 3 fois, ce fût nécessaire.

Hier soir, après des heures de berçage et des centaines de longueurs de couloir, Tithom pleurait encore. Je lui ai chanté quelques berceuses, ce qui l'a calmé un peu. Hom a pris la relève et lui a chanté des chansons en arpentant la maison. Il a rapidement épuisé son répertoire, en passant par Minuit Chrétien et la chanson thème de Batman. J'étais dans mon bureau, essayant de retenir mon fou-rire, pendant que Tithom combattait le sommeil pour mieux apprécier le concert de son papa.

La nuit a été dure aussi. Bébé s'est réveillé souvent en pleurs. Hom l'a rendormi plusieurs fois. Ce matin, je me suis levée et je l'ai allaité. Il s'est endormi au premier sein, je l'ai donc recouché. Quelques heures de sommeil ont suivi, pour notre plus grand bien.

Je sais que c'est passager, mais ça me fait de la peine de voir mon petit garçon souffrir comme ça. Je sais aussi que c'est loin d'être fini, puisqu'il n'a que deux dents! J'aimerais bien avoir un petit break par contre... disons, pendant les vacances?

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Écrit par kiwi :: 6:38 PM :: 2 pelure(s)

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16 juin 2006

Routine

C'est fou comment une petite routine est vite devenue importante pour moi. J'y tiens, à ma routine! J'aime ma routine! Je ne parle pas de la routine plate qui consiste à faire toujours la même chose, à tous les jours, sans surprise... je parle plutôt de nos petites habitudes, le soir. La routine du dodo de Tithom, surtout.

Après le souper, on ramasse un peu. Je fais couler le bain de Tithom pendant que papa change sa couche. Hom lui donne son bain pendant que je prépare ses choses pour la nuit. Quand il a terminé, je l'entoure de sa serviette à capuchon et je transporte ma petite boule chaude jusque dans sa chambre. Je le dépose dans son lit et s'en suit une série de mouvements de moulinet des bras et des jambes de Tithom. Il doit aimer être tout nu. Et tout propre. Je l'éponge, je lui mets de la crème, lui mets sa couche (désolée bébé, tu aimes être tout nu, mais maman n'aime pas qu'on lui fasse pipi dessus!) et essuie ses petits cheveux. Il sent bon, il est doux, je ne peux m'empêcher de lui donner des bisous partout et de lui prendre une bouchée de bédaine. Comme c'est bon la bédaine de bébé! Comme c'est sucré! Il rigole, tire mes cheveux, les goutte et me les rend, pleins de bave. Je lui mets son petit pyjama pendant qu'il se débat (décidément, il aime la nudité). Puis je le serre contre moi, tout chaud, plein d'odeur de bébé. Il se colle. C'est du bonheur pur.

Je l'allaite ensuite pour la dernière fois de la journée. Après le rot, je le place dans sa chaise vibrante avec son amie Anne et je le berce pendant qu'il se fait vibrer le popotin. Il s'endort tranquillement... combat le sommeil un peu, se frotte les yeux, essaie d'y enlever le sable... Il me regarde, souriant, les paupières lourdes. Je lui souris, je lui dis que je l'aime et qu'il doit faire dodo. Fais dodo mon amour, on se revoit demain matin pour une autre belle journée pleine de rebondissements (ahah!) et d'aventure. Il ferme les yeux et s'endort. Je continue de le bercer un peu. J'arrête. Il dort toujours... Hom vient le prendre. Bébé est tout mou, ses bras pendent, sa tête repose sur l'épaule de Hom. Mon chum me regarde, content de tenir son bébé qui dort. Il va le coucher dans son lit, allume le moniteur, ferme la porte.

La plupart du temps, Tithom est alors parti pour la nuit. Quelques fois, surtout ces derniers temps avec ses dents, il se réveille une fois couché. On recommence donc.

J'aime notre petite routine, ces petits instants en famille. Ce n'est peut-être pas grand chose, mais j'y tiens. Et quand on va souper ailleurs, je perds ces instants. Tithom a beau dormir autant, quelque chose me manque à moi. Je me couche le soir et je m'ennuie de lui. J'ai manqué une soirée avec lui, une routine du bain et ça me fait un petit trou dans le coeur. Une petite soirée, une petite routine et pourtant, c'est comme si ça faisait très longtemps que je l'avais vu et il me manque. Comme si j'avais perdu un morceau de ma journée...

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Écrit par kiwi :: 9:09 AM :: 1 pelure(s)

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4 juin 2006

Première nuit séparés

La première nuit de Tithom dans sa chambre s'est très bien déroulée. Il ne s'est pas réveillé une seule fois! Nous non-plus! Quand il dormait dans notre chambre, ça lui arrivait de chigner, même en dormant. Ça ne le réveillait pas, mais nous oui. Nous avons donc décidé de ne pas allumer le moniteur dans notre chambre. Celui dans sa chambre est allumé et branché au détecteur de mouvement. S'il arrivait quelque chose, la sonnerie nous réveillerait (sa chambre est près de la nôtre). S'il se mettait à pleurer aussi. Mais s'il couine ou gigotte, on ne l'entend pas et ça ne nous réveille pas. Un bon compromis je trouve!

Tithom a fait une belle nuit, de 21h à 8h30. Hom n'a pas fait sa nuit, lui! Il s'est réveillé vers 6h15, surpris d'avoir dormi tout ce temps sans s'être fait réveiller par le bébé. Je me suis levée, je suis allée le voir. Il gigottait, mais dormait. Vers 8h30, nous étions levés et Tithom dormait encore! Nous avons fini par le réveiller car nous allions déjeuner au resto. J'ai bien hâte de voir demain matin comment ça se passera. Habituellement, je me levais quand bébé se réveillait. Mais s'il dort aussi longtemps, je risque d'avoir besoin du réveil-matin pour ne pas me lever trop tard!

La chambre semblait un peu vide sans lui. J'étais triste et je m'ennuyais. En maman poule que je suis, je m'inquiétais aussi pour rien. Mais je dois avouer que je suis aussi un peu contente qu'il dorme maintenant dans sa chambre. Ça me manquait, de pouvoir allumer la lumière, de pouvoir ranger les vêtements, lire, écrire au lit... Et notre couple commençait à vraiment avoir besoin de se retrouver! Bref, on peut dire que c'est un mal pour plusieurs petits biens.

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Écrit par kiwi :: 9:27 PM :: 1 pelure(s)

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3 juin 2006

Le co-dodo

Depuis sa naissance, Tithom dormait dans notre chambre. Son berceau, peint par ma mère, était à côté de notre lit et nous trouvions ça à la fois pratique et rassurant. Tithom a d'abord dormi dans notre lit, puis dans son siège d'auto posé sur le berceau ou sur sa poussette et finalement, dans son berceau, vers 2 mois et demi. Il se réveillait la nuit? Hom n'avait qu'à le bercer un peu et il se rendormait (s'il ne se réveillait pas pour boire). Il dormait même encore parfois avec nous. Entendre sa petite respiration avant de m'endormir, être près de lui quand il avait besoin de nous, l'allaiter au lit, n'avoir qu'à faire 3 pas pour le coucher lorsqu'il s'endormait au sein, je trouvais bien des avantages au co-dodo. C'était comme un prolongement de la grossesse, une façon indirecte de rester connectée à lui. Sans parler du pur bonheur de me réveiller près de Tithom, parce que Hom le mettait dans notre lit après s'être levé le matin. Terminer ma nuit de sommeil avec mon bébé collé sur moi, sa petite main dans la mienne, avait un impact dirrect sur mes journées. Comment passer une mauvaise journée alors qu'elle avait commencé par un sourire de mon bébé? Il nous réveillait le matin en nous mettant ses mains dans le visage, en gigottant et en couinant. Il s'étirait, les mains derrière la tête, le dos courbé, les fesses sorties. Et il nous souriait, satisfait de la bonne nuit qu'il venait de passer et confiant que la journée serait belle.

Mais Tithom grandit (et grossit) trop vite! Il est trop grand pour son berceau, il se cogne les bras et les jambes sur les côtés maintenant. J'ai beau avoir placé des couvertures pour ne pas qu'il se fasse mal, ça ne change pas grand chose. Il bouge tellement en dormant qu'il se retrouve la tête collée sur le bout du berceau et se réveille en pleurant. Il a besoin d'espace et même si j'adore l'avoir avec nous dans notre chambre, je dois céder. Comme il fait ses nuits depuis maintenant deux semaines, le moment est venu.

Ce soir, Tithom dort pour la première fois dans sa chambre, dans son lit bien à lui. Tout seul.

Je suis triste, c'est certain. J'aimais cette proximité, cette impression que notre chambre était un petit cocon où rien ne pouvait nous atteindre. Mais mes propres sentiments ne sont pas la priorité ici. Tithom doit être bien et doit avoir l'espace pour faire l'étoile, battre des jambes et s'étirer à sa guise. Hom me l'apportera encore de temps en temps le matin, pour que je me colle un petit instant avant le lever. Mais quelque chose me manquera, lorsque je m'endormirai...

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Écrit par kiwi :: 9:48 PM :: 1 pelure(s)

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2 juin 2006

Vaccins et dent

Hier, Tithom avait son rappel de vaccins de 4 mois et son rendez-vous de routine chez le pédiatre. Dans la salle d'attente, il observait tout le monde bien calmement pendant que je me rongeais les ongles à l'idée de le faire vacciner. Je me suis excusée doucement dans son oreille alors que le docteur a appelé Tithom. Je déteste me faire vacciner, alors je ne peux supporter l'idée d'infliger cette souffrance à mon bébé...

Rendez-vous bien ordinaire. Tithom est pétant de santé. Il pèse un gros 20 livres (encore au-dessus du 97e percentile) et mesure presque 26 pouces (au-dessus du 75e percentile). Il a un peu chigné après la première piqûre, puis a hurlé et pleuré après la deuxième. Dès que je l'ai pris dans mes bras, il s'est calmé. C'est magique, les bras de maman! Et ça me flatte tellement l'orgueil quand mes bras sont si efficaces!

J'avais remarqué un point blanc depuis quelque temps sur la gencive de Tihtom. Comme il bave beaucoup et a les joues rouges le soir, je me disais que ses gencives travaillaient. Le pédiatre m'a confirmé que ses gencives avaient commencé à changer, sans vraiment regarder de très près. Tithom avait été chialeux et de mauvaise humeur le soir depuis une semaine, mais rien de bien dramatique. Il s'endormait bien et faisait ses nuits (il les fait depuis 2 semaines, mais je n'ose pas crier victoire encore). Hier soir, j'ai décidé de tâter sa gencive avec mon doigt. Eh oui, je sentais bien une petite dent! Elle commence à percer, je la sens bien! Ouf, déjà une dent mon bébé? Ma mère m'a dit que j'ai eu ma première dent à 4 mois, ça doit être héréditaire!

Il n'a pas fait de crise, n'a pas eu les fesses rouges... Je sais que ce n'est pas encore gagné, mais pour l'instant, les choses se pasent bien.

J'ai essayé de la prendre en photo, mais ce n'est pas évident. Voici quand même la tite dent... Au centre de la gencive, entre mon doigt et sa langue.
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Écrit par kiwi :: 3:30 PM :: 2 pelure(s)

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28 mai 2006

4 mois

Tu n'es plus un nouveau-né, tu es maintenant un bébé. Tu grandis (et grossis!) à vue d'oeil et je ne peux cesser de m'émerveiller en te regardant découvrir la vie.

Dans le dernier mois, tu as pris des objets, tu as touché tes jouets, tu as porté des cubes à ta bouche. Tu es tombé en amour avec Anne la banane et tu as découvert l'exerciseur. Tu as ri, oh quelle douce mélodie! Tu souris sans arrêt, tu es un bébé tellement joyeux! Tu as fait tes nuits souvent, quoique ça doive encore devenir une habitude. Tu t'es endormi tout seul à des endroits où tu ne dormais pas avant: ta chaise, par terre... Tu agrippes les jouets de ton exerciseur, tu les fais tourner, tu les observes avec toute ta concentration. Tu as remarqué la chatte et tu la regardes se promener près de toi. Je me demande ce qu'elle fera lorsque tu lui tireras les moustaches!

Tu es grand et fort déjà. Je suis toujours impressionnée de voir comment tu tiens bien ta tête, comment tu la lèves lorsque tu es couché sur le ventre. Tu commences même à te redresser lorsque que tu es semi-assis. Tu te tournes de côté, il n'en manque pas beaucoup pour que tu te tournes du ventre au dos! Quand on te tient sous les bras, tu te mets debout et ça te fait rire!

Tu jases souvent, dans un langage que je ne comprends pas, mais ça a peu d'importance. C'est tellement agréable comme son, ton petit gazouillli! Tu mordilles tes doigts, les miens, les pelures de Anne, les oreilles de ta giraffe. Tu baves partout, je sens que les petites dents ne sont pas loin. Tu ne bois encore que mon lait, directement à la source. Tu as refusé le seul biberon qu'on t'a offert, avec mon lait. Tu ne savais pas quoi faire de cette tétine de caoutchouc et je dois avouer que j'en étais bien contente!

Tu places ta main sur mon bras quand je te prends et je suis toute molle de ce doux petit toucher. Tu me donnes des coups quand tu dors près de moi et je rigole. Tu gigottes quand tu dors, tu fais l'étoile et nous devons nous faire tout petits dans notre lit pour te laisser de la place.

Tu es allé en autobus et en Métro à Montréal, tu t'es promené beaucoup, tu es allé chez tes grands-parents pour la première fois. Tu as passé des journée dans la cours, à dormir, à regarder les feuilles des arbres, à écouter le vent.

Tu as 4 mois, mon petit homme, mon petit garçon, mon bébé. Déjà 4 mois. Je t'aime mon gros potelé d'amour.

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Écrit par kiwi :: 10:21 PM :: 1 pelure(s)

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20 mai 2006

Ce matin-là...

Ce matin-là, j'étais debout très tôt. Je n'avais plus envie de dormir. J'étais nerveuse, anxieuse et impatiente. J'avais pensé à mon réveil toute la nuit. Je n'avais qu'une idée en tête: connaître la réponse. Ce matin-là, j'ai su que je portais la vie pour une deuxième fois.

Ça fait maintenant un an que je suis consciente de ta présence. Dès que j'ai vu la deuxième ligne appraître sur le test, je me suis dit que je n'étais plus seule. Partout où j'allais, tu me suivais. Même si tu étais encore minuscule et imperceptible, je te savais là et je t'aimais déjà tellement fort. J'ai flatté mon ventre, je t'ai parlé, je t'ai supplié de rester avec nous. Depuis un an, je ne suis plus jamais seule. Tu fais partie de ma vie, de nos vies, et je remercie le ciel à chaque jour de t'avoir près de moi. En l'espace d'un matin, je suis passée d'infertile à future-maman. Ma vie a changé ce matin-là.

À partir de ce moment, tu es devenu le centre de mon univers. Et ce soir, en te regardant, je me dis qu'il n'y a pas plus bel univers que celui qui se trouve dans tes yeux bleus.

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Écrit par kiwi :: 9:37 PM :: 1 pelure(s)

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8 mai 2006

Un petit rire

Depuis qu'il est né, Tithom est un bébé joyeux. Il sourit beaucoup, pleure peu. Il s'amuse facilement, fait des sourires à tout le monde, pas juste à papa et maman. Bon, j'avoue qu'il pleure le soir, depuis quelques semaines. On dirait qu'il ne veut pas dormir, il est trop curieux et veut tout voir. Mais le reste du temps, il est un bébé très gai et rigolo. J'ai encore l'image de son premier vrai sourire dans la tête... je me souviens de ce qui l'avait fait sourire... Hom faisait bouger le petit menton de Tithom avec son doigt, comme pour le faire parler. Il lui donnait la voix d'un jour de hockey russe. Ça avait fait bien sourire Tithom.

Depuis ce temps, j'attends son premier rire avec impatience. Il a fait quelques sons en souriant souvent, mais jamais d'éclat de rire. Ce matin, il s'est réveillé de bonne humeur, comme à l'habitude. En changeant sa couche, je lui parlais et il s'est mis à ricaner! Mon coeur voulait fondre! Seulement un tout petit rire de quelques secondes, mais qui vallait tout l'or du monde. J'ai essayé de répéter l'exploit. Les pets sur la bédaines, les bisous dans le cou, les grimaces, les chansons, rien n'a fonctionné. Dommage, le son était si doux...

Ce soir, quand Hom est entré du travail, je lui ai dit que Tithom avait ri. Il a commencé à faire ses simagrées habituelles et Tithom a éclaté de rire! Plusieurs fois de suite, une vraie rigolade! J'en avais les larmes aux yeux, c'était tellement doux à mes oreilles! Encore une fois, Hom a eu du succès avec ses conneries. Tithom rigole bien avec son papa, comme moi je le fais depuis presque 10 ans.

Mon fils a ri! La musique de son tout petit rire résonne encore dans mes oreilles... *soupir* C'est magique, ce petit rire. Ça efface tous les tourments, ça met du sucre sur notre journée. Et dieu sait qu'on n'a jamais trop de sucre!

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Écrit par kiwi :: 10:23 PM :: 3 pelure(s)

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28 avril 2006

3 mois

Le dernier mois en fut un de découvertes. Tu as découvert ta voix, tes doigts, mes cheveux, les jouets, le monde. Te regarder ouvrir tes yeux bleus sur un monde de nouveauté est très émouvant pour moi. Par toi, je réapprends à m'arrêter aux petites choses. Par toi, je redécouvre ce que c'est qu'être un enfant. À chaque jour, tu t'éloignes du nouveau-né tout rouge et tremblant auquel j'ai donné la vie. Tu deviens tranquillement une petite personne, un petit garçon. Notre petit garçon.

Tu fais mon bonheur, Tithom, à chaque jour. Tous les matins, me réveiller près de toi, qui me souris de toutes tes gencives, me remplit le coeur d'amour. Une journée qui commence par un de tes sourires ne peut être qu'une belle journée.

Tu soulèves maintenant la tête, tu ouvres tes mains sur ton entourage. Tu réponds à nos sourires par un sourire et tu t'amuses d'un rien. Je me roule par terre, je fais des grimaces, j'invente des chansons, je conte des blagues, juste pour te décrocher un sourire.

À chaque jour, je te trouve encore plus beau. Tes yeux bleus, tes longs cils, tes joues bien rondes, tes petites mains si douces, ton petit nez mignon, ton bedon dodu, tes cuisses pleines de plis, ton petit cou chaud où j'adore mettre mon nez, ta bouche qui sent sucré, tout de toi fait chavirer mon coeur de fierté et d'amour.

Quand je pense à tout le chemin que nous avons parcouru pour en arriver ici, quand je pense à tout ce que nous avons dû faire pour t'avoir dans nos bras... je ne peux rien regretter, je ne peux même pas être amère. Car tu es là.

Bon 3 mois mon bébé! Je t'aime si fort!

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Écrit par kiwi :: 10:36 PM :: 5 pelure(s)

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21 avril 2006

Une petite fierté

Quand nous essayions d'avoir un bébé, les petites étapes franchies, si minuscules soient-elles, nous rendaient fiers. J'ai eu des règles sans les provoquer? Super! J'ai ovulé pour la première fois? Merveilleux! On s'accrochait à ce qu'on avait...

Maintenant que je suis maman, d'autres petites choses me rendent très fières, même si elles peuvent sembler banales pour d'autres. Et hier soir, mon coeur s'est rempli de fierté pour mon petit garçon qui grandit si vite. Hier soir, il a bien tenu sa tête pour la première fois.

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Oh bien sûr, il la tenait déjà un peu... mais hier, il l'a tenue longtemps, haut et fort! Il a placé ses petits bras, s'est acotté sur ses mains et a levé la tête, comme s'il avait toujours fait ça. Il L'a tenue bien haute, en me regardant prendre des tas de photos de lui comme une folle. J'étais tellement fière, j'en avais les larmes aux yeux.

C'est fou, les petites choses qui peuvent sembler si grandes quand elles sont vues à travers les yeux d'une maman!

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Écrit par kiwi :: 3:15 PM :: 5 pelure(s)

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19 avril 2006

Pâques

Dimanche était la première fête de Pâques de Tithom. Même si le côté religieux de la journée a disparu dans nos familles, le côté familial et printanier est resté. Depuis que je suis avec Hom (presque 10 ans!), nous fêtons Pâques séparés, chacun dans notre famille. Cette année, la famille de Hom tenait à ce que j'y aille... enfin, ma présence en tant que telle était accessoire, c'était plutôt Tithom qu'ils voulaient voir. La plupart ne l'avaient pas encore rencontré et l'auraient vu seulement au mois d'août, au pic-nic annuel.

Donc, dimanche matin, brunch dans la famille de Hom, avec toutes les tantes, cousins, cousines, dans un restaurant. Tithom a dormi tout le long du trajet en voiture et a été très sage au restaurant. Il a souri et jasé, fait des belles façons et charmé tout le monde. Comme je l'avais allaité avant de partir et que ça nous avait pris 1h nous rendre, je savais que je devrais l'allaiter au restaurant. Comme le resto était rempli à craquer, il n'y avait pas de banquette libre dans un coin pour que je puisse allaiter, ni de salle privée vide. Il n'y avait pas de chaise dans la salle de bains non-plus. Nous avons donc demandé à une gérante. Je lui ai proposé d'amener une chaise dans la toilette pour personnes handicapées. Elle m'a offert le bureau, porte fermée! La chaise n'était pas confortable, Tithom se cognait les orteils sur les acoudoirs, je n'avais pas de coussin, mais nous avons fait ce que nous pouvions. Il a bu assez pour se calmer et tenir quelque temps.

Au restaurant, seule sa grand-maman l'a pris et promené. J'avais peur que les gens le prennent de ses bras, mais il y est resté. Dans un restaurant, un buffet en plus, les gens ne passent pas leur temps à se laver les mains. J'ai beau mettre la bouteille de Purel directement dans le siège d'auto de Tithom, les gens ne comprennent pas toujours pourquoi nous tenons à un certain minimum d'hygiène.

Le soir, nous sommes allés souper chez ma grand-mère. Tithom a encore une fois été très sage et gentil. Il a souri à tout le monde et a reçus ses premiers cadeaux de Pâques: un mouton et un canard en peluche. Vers la fin de la soiée, il devenait impatient, ne s'endormait pas avec tout le bruit et les gens qui allaient sans cesse voir s'il dormait. J'ai quelque peu levé le ton en disant à mes belles-soeurs de le laisser tranquille le temps qu'il s'endorme... Une d'elle a aussi insisté pour changer la couche de Tithom, mais elle lui a remis tout croche. Il a donc débordé et taché tout son linge... Parfois, je me trouve trop possessive, mais il doit bien y avoir une raison...

Une grosse journée, remplie de gens qu'il ne connaissait pas, de bonnes intentions maladroites et de sourires. Sa première journée de Pâques s'est bien déroulée, somme toute. Et ça aura permis à maman de lui faire porter une beau petit ensemble jaune avec un petit chapeau, malgré les protestations de papa.

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Écrit par kiwi :: 10:13 AM :: 3 pelure(s)

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5 avril 2006

Des nuits plus longues

La nuit, Tithom grogne beaucoup en dormant. Comme nous faisons du co-dodo, ça nous empêche un peu de dormir. Lui, par contre, dort comme une buche. Souvent, on l'entendait forcer comme pour passer des gaz ou une selle. On se levait habituellement pour changer sa couche, ce qui finissait de le réveiller et lui donnait faim. Je l'allaitais alors. Ça se reproduisait aux 3 ou 4 heures environ. Le jour, il faisait la même chose, mais je le laissais patienter, je voyais bien qu'il dormait. Et ça finissait par passer. On a donc eu la brillante idée de faire la même chose la nuit. Depuis quelques jours, il fait des nuits de 5 heures. Ce qui veut dire qu'il dort de minuit à 5h... Pas mal du tout! Il a même fait une nuit de 6 heures en fin de semaine. Sans compter l'heure avancée!

Quand il se réveille vers 5h30, Hom se lève, plutôt que de se recoucher, vu qu'il se lève habituellement vers 6h, et va s'entraîner. Moi, en grande dormeuse que je suis (eh, on ne peux pas changer du jour au lendemain, ça prend du temps ces choses-là!) je l'allaite et je me rendors, avec bébé collé sur moi, pour un autre 2 heures. Ça fait tellement de différence, dormir plusieurs heures d'affilée!

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Écrit par kiwi :: 11:46 AM :: 2 pelure(s)

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3 avril 2006

Bonheurs quotidiens

À chaque jour, je vis des tas de petits bonheurs qui me rapellent à quel point je suis choyée. Mes chances, mes bonheurs, c'est...

Ton gros sourire pas de dent le matin.
Replacer tes petits cheveux fous après le boire.
Un petit bas dans la sécheuse.
Un jouet qui traîne dans le salon.
Donner un bisou sur ta joue encore humide de lait.
M'endormir le nez dans tes cheveux.
Ta peau si douce après le bain.
Voir ton papa si fier de te tenir dans ses bras.
Quand je te prends et que tu arrêtes de pleurer.
Enlever ta pantoufle pour te chatouiller les orteils.
Ta joue sur mon épaule.
Tes yeux émerveillés par ton mobile de moutons.
Tes doigts qui se referment sur mon pouce.
Quand tu dors en boule à côté de moi.
Te serrer dans mes bras quand ça ne va pas.
Une bulle de savon sur ton bedon rond.
Ton papa qui te chante une berceuse.
Tes gazouillis qui me font rigoler.
La famille que nous formons, tous les trois.
Être ta maman. Tout simplement.

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Écrit par kiwi :: 2:07 PM :: 0 pelure(s)

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30 mars 2006

Dodu et vacciné

Tithom avait son premier rendez-vous chez le pédiatre aujourd'hui. Le médecin l'a examiné, pesé et mesuré. J'ai pu poser mes questions et me faire rassurer sur plusieurs points (points verts dans les selles, c'est normal, il grogne en dormant, c'est normal...). Tithom est au-dessus du 97e percentile pour son poids (7 kilos maintenant!) et dans le 75e pour sa grandeur (23,5 pouces). Bref, c'est un petit gros!

Il a ensuite eu droit à ses premiers vaccins. Il était couché sur la table d'examen et je lui tenais les bras en lui parlant doucement. Il a pleuré seulement à la deuxième injection, jusqu'à ce que je le prenne dans mes bras. C'est magique, les bras de maman! Il a bien fait ça, il n'a même pas été bougon du reste de la journée. Il a dormi un peu plus, mais je ne m'en plaindrai certainement pas!

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Écrit par kiwi :: 10:31 PM :: 0 pelure(s)

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28 mars 2006

2 mois

Tithom a deux mois aujourd'hui. Encore une fois, je m'épate à voir comment le temps passe vite! Et pour célébrer ses deux mois, Tithom a donné du fil à retordre à maman. Et ce n'est sûrement pas une coïncidence que ce soit la même journée que papa retourne travailler, que Tithom décide de faire sa première crise de larmes. Pas une grosse crise, mais juste assez pour me tirer des larmes moi aussi, en me demandant un quart de seconde ce que j'allais devenir sans mon chum. On se calme, on respire. Tu es capable Kiwi, voyons!

On a passé la journée ensemble, Tithom et moi. Il n'a pas beaucoup dormi, en grand curieux qu'il est. Ma mère est venue dîner chez nous. En après-midi, je suis allée prendre une grande marche avec bébé. C'était la première fois que je faisais ça... je veux dire, j'ai souvent pris des marches avec Hom, mais je n'étais jamais sortie seule, pour marcher, sans destination précise. Maintenant que j'ai un nouveau compagnon de marche et que le soleil est revenu, je sens que je vais le refaire souvent.

Depuis un mois, Tithom a beaucoup changé. Il nous fait de superbes sourires depuis quelques semaines. Je craque à chaque fois! Il s'intéresse au monde qui l'entoure, il regarde tout, observe beaucoup. Un peu trop même, car il ne dort plus beaucoup pendant le jour. Il ne fait pas encore ses nuits, mais il s'endort plus rapidement maintenant. Dans le dernier mois, Tithom a fait beaucoup de sorties, au restaurant, au centre d'achat, dans les rues du quartier, au Costco... Tithom a souri, a découvert sa voix et a piqué des jasettes à ses moutons. Tithom devient grand et gros (il pesait 14 livres et 5 onces la semaine dernière! Soit 3 livres de plus qu'à un mois). Il aime maintenant prendre son bain, il sourit en faisant des flic-flacs avec ses pieds. L'allaitement va encore très bien. On dit qu'après 6 semaines, ça devient facile. C'est vrai.

Deux mois, mon bébé, à nous rendre heureux! Deux mois à nous apprendre à devenir parents, à nous faire découvrir qui tu es. Bon deux mois mon amour!

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Écrit par kiwi :: 8:42 PM :: 2 pelure(s)

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12 mars 2006

Nuit à l'hôpital

Jeudi soir, nous nous préparons à nous coucher, comme à l'habitude. Vers 23h, Hom se lève pour changer la couche de Tithom, qui chignait. Quelques instants plus tard, il m'appelle de la chambre de bébé. "Kiwi, viens ici s'il-te-plaît! Maintenant!" Je me rends à la chambre et il me montre la couche de Tithom. Sans entrer dans les détails, disons que la couleur (verte) n'était pas normale et la présence de mucus teinté de sang nous a plutôt fait paniquer. Sans tarder, j'appelle Info-Santé. Tithom semblait bien, ne se plaignait pas. Il avait passé une belle journée comme les autres. Bref, rien d'anormal. La dame d'Info-Santé me pose des questions, me demande de prendre sa température (parfaite) et me dit finalement de me rendre à l'urgence car du sang dans les selles de bébé, ce n'est pas normal et mieux vaut ne pas prendre de chance.

À l'urgence? Avec Tithom? Seigneur... mon coeur se brise juste à y penser! En quelques secondes, les pires scénarios se bousculent dans ma tête. Je reste là, figée, les yeux pleins d'eau. Hom doit me répéter de m'habiller, qu'on doit y aller. Ce n'est peut-être rien, mais il vaut mieux se déplacer pour rien que de regretter plus tard. C'est bon, je m'habille, nous partons.

Le parcours en voiture est plutôt silencieux. Il pleut, Tithom dort et je suis pensive. J'essaie de voir s'il n'y a pas quelque chose qui nous aurait échappé, un indice, un signe que bébé n'allait pas bien. Rien. Je me pose des questions sur mon lait, sur ce que j'ai mangé, sur le Femara qui cause des malformations intestinales... Je remets tout en cause quand pourtant, je sais au fond de moi que nous n'avons rien à nous reprocher. Hom me serre la main.

Arrivés à l'hôpital, nous avons dû attendre un peu avant de passer au triage car des ambulances entraient sans arrêt. Nous sommes finalement passés vers 00h30. Bébé dormait encore. On nous a envoyés dans une salle séparée, pour ne pas attendre avec les autres patients. J'avais souvent lu qu'ils faisaient passer les bébés plus rapidement à l'urgence. Ça ne s'est pas avéré être notre cas. Nous avons patienté dans une salle nommée "salle des abcès". Déjà là, pas très attirant comme endroit! Une petite salle presque vide. Une civière, deux chaises et des armoires sur lesquelels sont collés plein d'étiquettes indiquant ce qu'il y a à l'intérieur: seringues, speculums, etc. Notre curiosité nous pousse à tout lire (il faut bien passer le temps!) et nous découvrons avec dégoût ce qui se cache dans un tiroir (cabarets pour drainage d'abcès - dégueulasse!) et dans une armoire (draps rigides pour civière de décès - morbide!). J'essaie de dormir un peu, assise dans ma chaise droite, acottée sur mon manteau plié en boule. Vers 3h30, on nous appelle finalement. C'est quand même du rapide!

Dans la salle de consultation, on prend la température de bébé. Tout est beau. Hom change sa couche et ne remarque rien d'anormal. Il gigotte, alors je prends le temps de l'allaiter. Le médecin arrive finalement pour l'examiner. Tithom charme tout le monde avec ses beaux yeux et son calme. Le doc l'envoie passer une radiographie de ses intestins. C'est Hom qui l'accompagne. De retour à la salle de consultation, on nous dit que tout est beau. Tithom souffre de diarrhée et ça a sûrement irrité son intestion, ce qui a causé le mucus et les gouttes de sang clair. C'est peut-être juste une petite fissure aussi. Je dois faire attention à ce que je mange, on doit lui mettre de la crème sur les foufounes et bien surveiller ses selles, mais tout devrait entrer dans l'ordre sous peu.

Plus de peur que de mal, heureusement. Depuis, Tithom n'a plus saigné, ses selles sont redevenues normales et elles ont même diminué (de 10 par jour, elles sont passées à 6). Il est très réveillé, très heureux, il boit bien, grossit bien et mouille ses couches. Bref, un petit bobo passager qui nous a fait bien vivre ce que c'est qu'être parent: s'inquiéter et aimer sans limite.

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Écrit par kiwi :: 11:29 AM :: 3 pelure(s)

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28 février 2006

Un mois

Ça fait déjà un mois que Tithom est dans nos vies. Un mois à le regarder, le cajoler, le bécotter. Un mois à nous pincer en nous disant "nous, parents?" Un mois à vivre la plus belle aventure.

Pendant des années, je voyais tout ça comme un rêve lointain et inaccessible. J'y croyais, oui, mais seulement à moitié la plupart du temps. Je voulais y croire, je voulais me convaincre qu'un jour, je serais maman, mais je n'y arrivais pas toujours. En fait, j'y arrivais de moins en moins avec le temps qui passait...

Pendant des années, j'ai quand même tout fait en mon pouvoir pour réaliser ce rêve. Je voulais faire mentir ceux qui me disaient que je devais arrêter d'y penser. Je voulais faire taire ceux qui disaient que nous n'étions "pas dûs" et que c'était notre destin. Je voulais être maman plus que tout.

Déjà un mois à vivre ce beau rêve. Depuis un mois, j'ai découvert des facettes de ma personnalité et de notre couple que je ne connaissais pas avant. J'ai appris à faire plusieurs choses en même temps, avec un bébé dans les bras. J'ai appris à fonctionner avec moins d'heures de sommeil. J'ai appris qu'allaiter n'est pas toujours facile, mais toujours gratifiant. J'ai appris à aimer comme je n'avais jamais aimé avant. J'ai appris à changer la couche d'un bébé qui gigotte, à donner un bain à un bébé qui hurle, à dormir n'importe quand dans la journée, à tolérer les visites de dernière minute, à endurer les commentaires et conseils non solicités (et non fondés la plupart du temps)... J'ai appris et ce n'est que le début!

Dans le dernier mois, mon fils a bu à la seringue, bu au sein, eu un rhume (qu'il m'a gentiement refilé), été tenu par des grands-parents gagas, des arrières-grands-parents impressionnés, des oncles et tantes fous de lui, des amis et des cousines. Dans le dernier mois, Tithom a pris des douches avec ses parents, fait pipi sur la table du CLSC, régurgité dans le chandail de son papa, sur tous les t-shirts de ses deux parents, fait pipi sur maman, fait caca sur la table à langer. Il est allé magasiner, a visité sa grand-maman, a pris des marches en poussette, a regardé son premier SuperBowl avec son papa et a reçu du courrier. Pour fêter son 1er mois, il a fait une sieste dans son lit et une dans son berceau aujourd'hui. À 1 mois, il pèse maintenant 11 livres 5 onces (5,17 kg), soit presque 3 livres et demi de plus qu'à sa naissance! Comme quoi l'allaitement va très bien maintenant!

Bon 1 mois mon petit homme! Je t'aime déjà si fort!

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Écrit par kiwi :: 7:47 PM :: 5 pelure(s)

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22 février 2006

Un petit rhume

Depuis 3 jours, Tithom a un petit rhume. Rien de bien grave, mais juste assez pour chambouler nos habitudes si nouvelles et précaires. Il ne tousse pas vraiment, n'a pas le nez qui coule. Il est seulement un peu congestionné, ce qui rend son sommeil très fragile. Et rare. Dès qu'on le couche, il râle, il chigne, il gigotte, se tortille... On a essayé tous les endroits possibles: son lit, son berceau, notre lit, le siège d'auto (dans lequel il dormait très bien jusque là), la balançoire, la chaise vibrante... Ce n'est que dans nos bras qu'il réussit à trouver le sommeil. Dans une position verticale, les sécretions ne lui obstruent pas la gorge et le nez et il respire bien. C'est bien beau, mais ce n'est pas toujours évident de dormir avec un bébé dans nos bras, à la verticale. Nous avons donc passé les deux dernières nuits avec bébé sur nous, dans le porte-bébé, chacun notre tour. Pour quelques heures, l'un de nous deux dormait assis, sur le sofa du sous-sol, avec bébé dans le prote-bébé ventral. Pas confortable pour papa et maman, mais eficace pour bébé. Dès l'heure du boire, nous échangeons les rôles et permettons à l'autre de dormir un peu. C'est dur sur le dos et le cou, surtout, mais c'est aussi dur sur le couple. Quand on manque de sommeil, on devient bougons, on a la mèche courte et peu de patience. En plus, Hom est aussi enrhumé, ce qui n'aide pas notre cause...

Enfin, des petits problèmes ordinaires qui semblent gros quand on manque de sommeil... Et qui sembleront sûrement très insignifiants dans quelques jours...

Tithom n'a qu'un petit rhume et mon coeur de maman a mal. Je ne peux imaginer ce que les parents d'enfants très malades ont à traverser... Quelles images déchirantes doivent-ils tenter d'effacer de leur mémoire... Je mets des gouttes dans le nez de mon fils, il pleure et me regarde, comme s'il me suppliait d'arrêter... et mon coeur vole en miettes... Son petit regard rempli de larmes me hante... Déjà la phrase "c'est pour ton bien, mon amour" me semble ridicule, même si vraie.

Si petit, sans défense et déjà il découvre les mauvais côtés de l'hiver québécois...

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Écrit par kiwi :: 2:29 PM :: 2 pelure(s)

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6 février 2006

La naissance d'un Pépin

Jeudi le 26, je suis allée à l’hôpital en fin d’après-midi pour me faire mettre un gel de prostaglandine sur le col, question de le faire maturer un peu. J’étais en retard et rien ne se passait de ce côté... Après m’avoir mis le gel, on m’a dit de revenir le lendemain matin. On verrait à ce moment-là ce qu’on ferait. Le gel m’a donné des contractions, mais elles n’étaient pas douloureuses. Je n’ai par contre pas bien dormi cette nuit-là. Mes bras engourdissaient très vite, les contractions rendaient mon sommeil inconfortable, je pensais trop, j’étais fébrile et nerveuse... Je n’ai presque pas dormi alors que j’aurais dû récupérer pour la grosse journée qui m’attendait.

Je suis donc retournée à l’hôpital vendredi matin. Rien n’avait bougé. J’avais de la chance, c’était mon docteur qui était de garde. Il savait que je ne voulais pas me faire provoquer plus qu’avec le gel. Il m’a examinée et m’a dit “tu n’es pas encore dilatée. Ton col a ramolli un peu, mais c’est tout. On va te remettre du gel et on va attendre encore un peu. Reviens me voir mardi au bureau. On ne te provoquera pas plus que ça.” J’étais bien d’accord. Il a posé le gel, d’une façon bien différente que le médecin de la veille, ce qui m’a encore fait penser que mon médecin est le seul à faire les choses comme il faut. Il était 9h. Les contractions ont commencé presqu’aussitôt à être plus douloureuses. Je les sentais bien, elles faisaient un peu mal, comme une bonne crampe de menstruation. Après plus d’une heure de monitoring, nous sommes retournés chez nous.

Nous avons pris un petit dîner. Les contractions continuaient toujours. À partir de 11h30, je les comptais aux 3 minutes. J’ai pris un bon bain chaud, mais ça n’a rien changé. Je me suis couchée sur le côté gauche sur le sofa du salon, en écoutant de la musique. Ça n’a rien changé non-plus. Mes contractions étaient encore aux 3 minutes, mais ça pouvait être seulement l’effet du gel. On m’avait dit d’attendre 6 heures avant que le gel cesse de faire effet, pour voir si mes contractions étaient vraies ou non. Je devais donc prendre mon mal en patience.

Vers 14h, je me lève de ma chaise et je sens quelque chose “couler”. Je cours donc à la toilette pour découvrir, déçue, seulement une toute petite trace de gélatine sur le papier. Je dis quand même à Hom que c’est bon signe, car un morceau de bouchon, ça veut dire que le col travaille... enfin! En me relevant, j’apperçois dans la toilette le fameux bouchon. Il est là, intact, gros comme mon pouce. Aucun doute là-dessus, j’avais perdu mon bouchon! Enfin un pas en avant! Je demande à Hom de venir voir. Nous sommes tous les deux dégoûtés et excités à la fois. Ça avance!

On décide de regarder un film, pour passer le temps. À peine 15 minutes après le début du film, je sens ma culotte et mon pantalon se mouiller subitement. Je coule comme un robinet et je ne peux l’arrêter. Chéri, je crève mes eaux! Chéri, je couuuuule! Je ris comme une folle, Hom court partout à la recherche de quelque chose pour absorber la piscine qui se vide. Je ne peux m’empêcher de rire. Je rêvais de pouvoir faire comme dans les films et de dire à mon chum “Chéri, je crois que ça y est!” et voilà que je le vivais! Hom m’apporte une serviette de bain que je place entre mes jambes, le temps de me rendre à la salle de bains. Dans le bain, j’enlève mes pantalons. Après quelques minutes de dégoulinage, ça semble terminé. Hom appele la maternité, pour les avertir. Je mets une serviette, change de pantalons et nous voilà partis! C’est bien vrai, je vais enfin accoucher!

Hom a mis un piqué sur le siège d’auto, au cas où. Il a bien fait, car à chaque contraction, la piscine continue de se vider! J’essaie de retenir, de me placer de façon à ce que ça coule dans ma serviette, mais il n’y a rien à faire, c’est le déluge! Nous arrivons finalement à l’hôpital. Mes jeans sont complètement trempés. Dehors, il fait un beau soleil, mais très froid. Le vent glacé sur mes jeans mouillés vient me geler les cuisses. Je dois m’arrêter à chaque contraction pour prendre mon souffle. Elles deviennent de plus en plus douloureuses. L’ascenceur prend une éternité à partir. Je sens les regards des gens se poser sur moi, certains devinant très bien ce qui est en train de m’arriver. Je m’en fous, je suis trop excitée à l’idée de rencontrer bientôt mon petit garçon!

Arrivée dans la salle de triage de la maternité, on m’examine. Je suis dilatée à 3 cm. Enfin! Je suis admise. On me donne une belle jaquette bleue et on m’amène à ma salle d’accouchement. Il est 15h15. Je ne calcule plus mes contractions, mais je sais qu’elles sont longues, douloureuses et rapprochées. On me branche sur soluté et antibiotique, puisque j’ai testé positive au stretocoque B. J’endure encore bien les contractions, mais elles font mal dans mes reins. Je cherche une position qui les fera mieux passer. J’essaie couchée, assise, en marchant... C’est pendue au cou de Hom que j’arrive le mieux à relaxer. Il me masse le dos et m’encourage à bien respirer. J’arrive à bien faire mes respirations profondes, heureusement. Je trouve mes contractions longues. Dès que je crois qu’une finit, une autre recommence, sans repos entre les deux. Ça doit être dans ma tête...

Hom me flatte, me donne des gorgées d’eau, me supporte, me tient quand je souffre. Il est très patient et calme, ce qui m’aide à ne pas perdre la tête.

Vers 17h, on essaie le bain tourbillon. Je croyais vraiment que ça me ferait du bien, mais non, pas du tout. Je flotte, je suis trop petite pour le bain, je ne suis pas confortable... Sans parler des contractions! Après 20 minutes, je sors. L’infirmière m’examine: je suis encore à 3 cm. Je suis un peu découragée. On décide d’essayer le ballon. Pendant plus d’une heure, je me tortille sur le ballon, faisant des rotations de bassin pendant que Hom me fait des points de pression dans le dos. Plusieurs fois, je répète à Hom que je n’en peux plus, que j’ai trop mal, que je suis épuisée et que je ne tiendrai pas le coup jusqu’ à la fin. À chaque fois, il me dit calmement que si c’est ce que je veux, qu’on le demandera, mais qu’on peut essayer encore un peu plus longtemps... “Essaie une heure mon amour. Juste une heure. L’infirmière va revenir à ce moment-là et on verra rendus là.” Je suis d’accord, j’endure. J'essaie de prendre ça une contraction à la fois. Je tourne sur le ballon, je gémis, je chiale, mes yeux ferment tout seuls, ma tête est lourde... J’ai des nausées à chaque contraction. Je sens mon endurance et ma volonté me lâcher tranquilement.

Quand j’ai mal et que je veux tout abandonner, je pense à tout ce que nous avons fait pour en arriver là. Je pense à tous les tests, tous les médicaments, toutes les déceptions. Je pense à toutes les femmes qui n’ont pas (encore) eu la chance de vivre ce que je vis. Je suis forte pour vous, consoeurs infertiles. Je réalise le rêve que nous avons en commun. Je n’ai pas le droit de vouloir abandonner. Je pense à notre bébé et un peu de force me revient.

Quand l’infirmière vient m’examiner vers 18h30, je suis à 4 cm plus. Pas un gros progrès depuis que je suis arrivée à l’hôpital... On continue le ballon un peu, mais mon idée est faite. Si je veux être capable de continuer, si je veux avoir la force de pousser, je dois demander la péridurale. Je n’y arriverai pas autrement, je connais mes limites... Je suis déçue, j’aurais aimé ne pas en avoir besoin, mais j’avais décidé de ne pas m’en vouloir pour ça et c’est ce que j’ai fait. On sonne l’infirmière et on lui demande comment on doit fonctionner. Elle me dit “si tu veux l’épidurale, tu dois la demander tout de suite, car l’anesthésiste en fait une en ce moment, puis il va faire une césarienne et tu ne pourras plus l’avoir après...” Je lui donne mon accord, signe les papiers et prends une respiration. Tant pis!

Je m’assieds en indien sur le lit, le dos courbé. Je tiens mes chevilles fermement, je ne dois pas bouger. L’anesthésiste est très gentil, il m’explique tout, prend son temps. Il me dit de l’avertir quand j’ai une contraction, mais de ne pas bouger et de la respirer. J’en ai une qui arrive... Je respire très fort, très profondément, très longtemps. L’anesthésiste et l’infirmière se regardent et trouvent mes contractions très longues. C’est difficile de ne pas bouger, mais j’y arrive. Il me pique, me joue dans le dos, je contracte, je respire, j’ai hâte que ça finisse, je sers le bras de Hom très fort. Par chance, je ne sens pratiquement rien de l’intervention, sauf une drôle de pression dans le dos. Je me couche, on m’installe le monitoring. Deux contractions plus tard, je suis délivrée de la douleur. Je sens bien les contractions, mais pas la douleur. Ouf! Je peux me reposer un peu. Sur le moniteur, on s’apperçoit que mes contractions sont en fait jumellées. J’ai une grosse contraction qui dure près d’une minute, elle ne descend qu’un petit peu avant de remonter et de faire une deuxième contraction collée. J’ai ensuite une petite pose et ça recommence. Ce n’était donc pas dans ma tête finalement!

Mon médecin vient m’examiner. Je suis à 5 cm. Il est 19h15. Je lui demande si la péridurale peut ralentir le travail. Il me dit que ça arrive, mais que quand c’est fait au bon moment, ça ne le ralentit pas. Il se peut même que ça aille plus rapidement, étant donné que je suis plus détendue maintenant. Il me dit être très surpris de me voir là, qu’il croyait vraiment seulement nous revoir mardi à la clinique. Nous aussi! Il est très content pour nous.

À 20h15, on me ré-examine. Je suis à 8 cm! Wow, ça avance vite et ça ne me fait plus mal! J’en profite pour me reposer, boire un peu de jus, rigoler avec Hom. L’effet de la péridurale est vraiment bizarre... C’est un peu comme quand on se gèle un orteil en ski... On le sent avec nos doigts, mais pas sur notre pied... Sauf que cette fois-ci, ce sont toutes mes jambes et mes fesses que je ne sens plus. Je les touche avec ma main et j’ai l’impression de toucher quelqu’un d’autre... Je suis pourtant capable de les bouger un peu...

Mon médecin revient me voir vers 20h50. À sa grande surprise, je suis complète! L’infirmière m’explique comment me placer pour pousser, me donne des suggestions. Je pose des questions sur certains côtés plutôt gênants, elle me rassure. Pas de place pour l’humilité quand on accouche! On doit laisser tomber les inhibitions et pousser! Je pousse donc. Après quelques poussées, mon médecin décide qu’on doit attendre encore une heure car le bébé est encore haut. Je commence à vraiment sentir le bébé pousser dans mon bassin. On me donne donc un petit bonus de péridurale. On me donne une couverture chaude, ça fait vraiment du bien!

À 22h, c’est enfin le temps de pousser pour de bon! Je dis un dernier adieu à ma bédaine et je me prépare. Hom me tient le bras, me flatte, m’encourage doucement. Je pousse avec force, mais mes contractions sont éloignées l’une de l’autre. Ce que je force à une se perd dans l’espace entre deux. On me donne donc du pitocin pour essayer d’augmenter mes contractions. Je pousse, je pousse. L’infirmière me dit que je pousse très bien, mais rien ne se passe... Je suis en train de me faire une belle collection d’hémorroïdes à ce qu’elle me dit. Mon médecin revient me voir vers 22h45, me dit que ce sera un autre médecin qui m’accouchera et que je pousserai encore peut-être une heure. Il nous félicite, nous sert la main. Nous le remercions de tout coeur. Après tout, il nous a suivis 2 ans en fertilité, puis pendant toute la grossesse. Nous sommes là un peu grâce à lui!

Je suis épuisée de pousser. Ma bouche est sèche, je grelotte, je ne me sens pas bien. Ma température est haute, je commence à faire de la fièvre. Le coeur de bébé monte en flèche. On lui place une sonde sur la tête pour bien capter son pouls. Je demande à Hom de me parler pendant que je pousse, parce que je m’accroche à sa voix. Les encouragements de l’infirmière ne sont qu’un bruit de fond pour moi. La voix de mon amour m’aide à me concentrer, à ne pas perdre la raison. Il me parle, me mouille le visage et les lèvres avec une débarbouillette mouillée entre les poussées. Il me donne des gorgées d’eau, me regarde, change la débarbouillette froide que j’ai dans le cou. Il est mon ancre, sans lui je partirais à la dérive...

On arrête le pitocin car au lieu d’augmenter le nombre de contractions, ça a augmenté leur durée. J’ai maintenant des contractions de 4 minutes avec 5 minutes entre chaque.

Quand le nouveau médecin arrive, vers minuit 30, je suis crevée. On me dit qu’il y a du méconium dans le liquide, que bébé est un peu en détresse. Le médecin me parle gentiement, nous dit ce qu’il en est. Bébé n’est pas loin, en fait, il est vraiment sur le bord, mais n’arrive pas à sortir. Deux options s’offrent à nous: les forceps ou la césarienne. Selon lui, la césarienne serait ridicule, étant donné que bébé est si près du but. Mais moi, les forceps me font peur. Je n’ai qu’une image en tête, celle des histoires de grands-mères, des grosses pinces avec lesquelles on tirait bébé du ventre. Il m’explique qu’il ne tirera pas bébé, qu’il va simplement placer les forceps pour le guider. C’est seulement une aide. Je lui demande s’il y a des risques pour le bébé. Il me dit que non, sauf peut-être des marques sur la tête qui partiront dans quelques jours. Hom et moi nous regardons. D’accord, allez-y. Je ne veux rien savoir d’une césarienne, surtout si l’autre option est aussi simple qu’on me le dit.

Le médecin place la première partie des forceps, qui ressemble à une grosse cuillère. Je sens une très grosse pression dans mon bassin. Il place ensuite la deuxième partie, une autre grosse cuillère. C’est vraiment très désagréable comme sensation. J’ai l’impression que le bassin va m’exploser. On me demande de pousser, mais j’ai tellement mal que je pense seulement à faire passer la douleur avec des grandes respirations. Je suis dans un brouillard, j’ai mal, je suis fatiguée... Puis j’entends la voix de mon amour me dire de pousser comme je faisais tout à l’heure, en retenant mon souffle. Oui, je pousse! Je pousse! Et cette fois-ci, je sens vraiment qu’il se passe quelque chose. Je ne vois rien, je suis comme dans un rêve, mais Hom m’a décrit ce qu’il se passait. Le médecin lui a montré la tête, tout content. Puis il l’a vu dérouler deux tours de cordon autour du cou de bébé. Bébé est ensuite sorti d’un coup. Je n’ai pas crié, j’ai seulement soupiré de délivrance. Hom n’a pas pu sortir le bébé de mon ventre comme on l’avait demandé, mais nous comprenions. Les infirmières le placent sur moi. Je soupire un petit “enfin!...” et les mots me manquent. On me demande de le tenir, de le frotter. Il ne pleure pas, il a une drôle de couleur... Hom coupe le cordon et les infirmières l’apportent tout de suite plus loin dans la chambre pour aspirer le liquide qu’il a dans les poumons. Pendant ce temps, je continue à pousser pour expulser le palcenta. Je regarde Hom regarder bébé, mais je ne vois pas bébé. Je l’entends pleurer, ça me fait du bien. Continue mon amour, accroche-toi! Je demande silencieusement à Hom, à l’autre bout de la pièce, s’il a tous ses morceaux. Il me fait signe que oui. Est-il beau? Il me fait signe que oui. C’est bien un petit gars? Oui oui. Mon coeur est plus léger pour quelques secondes...

Il est né à minuit 46, samedi le 28 janvier 2006. Il pèse 7 livres et 11 (3495 g) et mesure 52 cm (20,5 pouces).

On me recoud pendant que Hom et les infirmière s’occupent de notre bébé. Elles l’amènent sous observation, Hom les suit. Je reste seule avec une infirmière et le médecin qui me fait du petit point entre les jambes. Quand le médecin a terminé et s’en va, l’infirmière me nettoie et me donne un petit drap. Je n’ai pas droit à la couverture chaude cette fois-ci car je fais encore de la fièvre. Elle me donne un jus d’orange, puis elle me laisse seule. Je suis là, couchée dans mon lit, seule. Plus de bébé, plus de chum, plus de bédaine. Je pleure. J’ai mal, je m’inquiète, personne ne vient me donner de nouvelle. Où est mon bébé? Est-ce qu’il est correct? Quand vais-je le voir? Les larmes coulent sans que je puisse les arrêter. J’ai tellement peur. Je veux mon bébé, je veux mon chum! Les pires scénarios me traversent l'esprit. Je veux mon bébé! Je me sens seule, vide, perdue. Je regarde les aiguilles tourner sur l'horloge... Tout ce temps sans voir mon bébé... je suis déchirée et impatiente.

L’infirmière revient me voir et m’apporte deux verres d’eau. Elle me voit en larmes et me demande si je suis triste parce que je m’ennuie de mon bébé. Bien évidement! Elle me demande si je veux que mon chum vienne me donner des nouvelles. Oui, oui, s’il-vous-plaît!! Elle repart. Mon chum arrive quelques minutes plus tard. Il me dit que tout est correct, qu’il est juste sous observation parce que sa coloration n’était pas super belle et que ses poumons “tiraient” un peu au début. Il prend la caméra et retourne auprès de lui. Il revient me voir quelque temps plus tard, me donne la caméra et me dit que je peux le regarder là-dessus en attendant. Sur le petit écran de la caméra, je vois mon petit bébé bouger, les yeux grands ouverts vers son papa. Je pleure, il est si beau, si petit!

Environ 1h30 après sa naissance, Hom m’apporte enfin notre bébé. Ça été la plus longue heure et demie de ma vie. Il le place sur moi, je l’embrasse partout. Qu’il est beau! Qu’il est petit! Qu’il est beau!! J’essaie de lui donner le sein, mais ça ne fonctionne pas. On nous transfert enfin dans une chambre. Malheureusement, même si nous avions demandé une chambre privée, nous devons nous contenter d’une chambre semi-privée. Il est 3h30. Je réussis enfin à l’allaiter, couchée. C’est magique, ça me donne des frissons. Il est tout chaud collé sur moi. Il sert les poings, boit mon lait, s’abandonne à moi, à nous. Notre fils, enfin, notre petit Pépin est là.

Comme j’ai accouché après 21h, j’ai dû passer 3 nuits à l’hôpital. La première nuit a été plutôt courte. Entre les visites des infirmières pour vérifier mes signes vitaux et ceux de bébé, vérifier mes points, mes saignements, mon derrière (je l’ai bien dit, adieu l’humilité!), me poser des questions, me faire uriner dans un pot et les pleurs du bébé de notre voisine (notre bébé a dormi dur comme fer) et le passage incessant d’infrimière à l’extérieur de la chambre, le sommeil s’est fait rare. Hom a essayé de dormir dans son petit lit de camp, à côté de moi. La journée s’est déroulée pas mal de la même façon. J’avais très mal au derrière, j’avais peine à bouger. Les voisins étaient très bruyants et énervants. Je ne pouvais pas dormir. Une gentille infrimière m’a suggéré de prendre une douche et m’a donné des médicaments pour la douleur ainsi que des compresses pour mes fesses. Quel bien ça m’a fait! J’ai fait des appels, dormi un peu, mangé. Ma mère est venue nous voir en soirée, les parents de Hom aussi. Des grands-parents fiers et heureux de rencontrer leur petit-fils.

La deuxième nuit a été plus mouvementée. Bébé ne voulait pas dormir dans son petit lit. Dès que Hom le prenait, il dormait, mais s’il le déposait, il se remettait à pleurer. De minuit à 6h, Hom a déambulé dans les corridors, somnolent, avec bébé dans les bras. Les infirmière lui avaient dit que c’était probablement des sécrétions. Il essayait de lui tapotter le dos, rien ne sortait. Jusqu’à ce qu’une d’elle dise que bébé recherchait probablement juste la chaleur et le battement du coeur de papa. Nous l’avons donc couché près de moi dans mon lit et hop! Un bébé qui dort! Et une maman si heureuse de dormir collée sur son petit homme!

Nous avons finalement eu notre chambre privée pour la dernière journée et nuit. Enfin! Quelle différence, plus de voisins bruyants, une douche directement dans la chambre, la paix quoi! Mon père et sa copine sont venus nous visiter. Ils avaient apporté un gâteau aux carottes et des fraises. Nous nous sommes litéralement jettés dans les fraises! La bouffe d’hôpital, vraiment pas de la haute gastronomie! De la viande sèche, des patates pilées, des petits légumes coupés en cubes... Toujours la même formule! Et ce n’est vraiment pas dans mes habitudes de manger de la viande et des patates, encore moins à tous les repas. La journée s’est bien déroulée. Le frère de Hom et sa blonde sont venus nous voir. Les visites des infirmières se faisaient plus rares. J’ai par contre failli envoyer promener celle qui est venue nous réveiller à 3h du matin (alors que nous dormions quelques heures d’affilée pour la premier fois depuis 3 jours). Quand je lui ai demandé pourquoi elle nous réveillait (d’un ton très sec, je l’avoue... je ne suis pas des plus cordiales à 3h du matin), elle m’a répondu “ben, pour le faire boire! Ça fait 5 heures qu’il n’a pas bu!” Bébé dormait bien dur, tout collé sur moi. On me l’a enlevé quelques instants et de nouvelles infirmières sont venues prendre ma pression. Elles m’ont alors expliqué qu’un bébé né aux forceps est plus dormeur et que le médecin a demandé qu’il soit nourri aux 5 heures. Drôle qu’on me dise ça lors de ma dernière nuit à l’hôpital... Enfin bref, je l’ai nourri. On m’a dit qu’il était un peu chaud, probablement parce qu’il dormait tout collé sur moi. Je devais moins le coller. Pff, comme si j’allais moins coller mon fils que j’ai tant attendu parce qu’une infirmière en formation le trouve chaud!

Le lendemain matin, nous avons eu une rencontre où on nous a remis toutes sortes de papiers et formulaires. J’ai ensuite suivi un petit cours donné par une physiothérapeute pour une remise en forme pour les nouvelles mamans. Je croyais avoir mon congé suite à ça, nous avons donc tout fait nos valises. Le pédiatre est venu signer le congé de bébé, il ne me restait qu’à attendre le mien. L’infirmière est venue me voir peu de temps après pour me dire que mon congé m’était donné, mais que le pédiatre revenait sur sa décision et préférait garder bébé jusqu’à la fin de l’après-midi parce qu’il était chaud cette nuit. Et voilà, je payais finalement pour avoir collé mon bébé! Nous avons encore patienté et mangé un dernier repas dégueulasse d’hôpital en attendant de pouvoir partir. Vers 14h30, l’infirmière est venue prendre la température de bébé. Tout était beau, nous pouvions enfin partir!

Bébé bien emmitoufflé dans son siège d’auto, nous sommes partis de l’hôpital où il était né. Il faisait encore beau et froid. Notre vie de nouveaux parents commençait enfin réellement.

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Écrit par kiwi :: 7:40 PM :: 11 pelure(s)

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30 janvier 2006

De retour... et en amour!

Nous sommes revenus de l'hôpital cet après-midi, un gros paquet d'amour dans les bras. Notre fils est né samedi à minuit 46. Nous allons bien, les choses se sont bien passées et notre bonheur ne s'exprime même pas tellement il est immense. Le voici enfin, ce petit Pépin devenu bien grand. Je vous le présente en images, avant de le faire en mots.
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Écrit par kiwi :: 7:15 PM :: 15 pelure(s)

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