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LES PÉPINS DE KIWI |
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De::Montréal, Québec, Canada Profil . : dernièrement : .
Quelle idée . : tithom : .
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Allaitement (I) (II) . : depuis le début : .
01.2005 |
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« L'espoir n'est pas une formule, mais une pratique. Nicole Nottat
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Association canadienne de sensibilisation à l'infertilité . : maternité : .
Maman Chérie . : suivi : .
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7 décembre 2007La troisièmeHier, 6 décembre, trois ans depuis ma fausse-couche. Il s'en est passé bien des choses, en trois ans. Il y a trois ans, j'attendais la mauvaise nouvelle dans la salle d'attente, essayant de ne pas penser au flot de sang qui éliminait le petit bout de vie qui s'était accroché en moi. Si quelqu'un m'avait dit à ce moment-là que 3 ans plus tard, je serais non seulement enceinte, mais de mon deuxième garçon, je l'aurais sûrement envoyé promener. Il y a deux ans, j'avais Tithom dans mon ventre, à quelques semaines de naître. Il y a un an, nous préparions notre premier Noël en famille. Cette année, Tithom découvrait pour la première fois ses pantoufles remplies de surprises pour la St-Nicolas. Je passais mon test de diabète à l'hôpital et nous avons ensuite pu voir à nouveau ce deuxième fils qui grandit en moi. Comme j'étais déçue de mon écho morphologique et des deux photos ordinaires qu'on m'avait données, je m'étais dit que je pouvais toujours passer une écho 3D, comme pour Tithom. La semaine dernière, je me suis finalement décidée et c'est par pur hasard que cette écho est tombée le jour même du 3e anniversaire de ma fausse-couche. Et cette fois-ci, je n'ai pas été déçue. Même si Tipépin n'était pas placé de façon optimale (il nous tournait souvent le dos), nous avons pu le voir gigotter (et pour bouger, il a tellement bougé qu'on avait de la difficulté à prendre des photos), faire de la gymnastique (il passait le plus clair de son temps avec la tête entre les deux pieds), boire du liquide, lever son doigt (l'index, il est poli). Nous avons pu admirer son visage, même si ça ne dit pas vraiment de quoi il aura l'air à la naissance, ça m'aide beaucoup à visualiser ce petit bout d'homme qui grandit en moi et qui semble encore aujourd'hui si abstrait malgré les nombreux coups de pieds. D'ailleurs, j'ai pu avoir une explication aux coups que je recevais et aux bosses que je sentais. Bébé est la plupart du temps en transverse, le visage contre mon dos. Il se couche sur le ventre, les genoux pliés sous lui, les fesses dans les airs. Pareil comme son grand frère dans son lit! La grosse bosse dure que j'ai souvent à droite de mon nombril, ce sont ses fesses! Et je n'ai pas mal aux côtes pour rien, c'est là qu'il pratique son soccer. Une belle expérience, une belle façon de me permettre d'y croire un peu plus. Je pourrais dire qu'il ressemble déjà à son frère, mais je trouve que pas mal toutes les échos finissent par se ressembler un peu. Mais bon, au moins je sais, photo 3D à l'appui, que c'est bel et bien un petit gars. Mon petit gars. Libellés : fausse-couche, grossesse #2 5 juillet 2007La peur change, mais resteQuand je suis tombée enceinte la première fois, j'avais peur de le perdre, comme toutes les femmes enceintes j'imagine. Mais cette peur était un peu superficielle, comme si je croyais encore que ça n'arrivait qu'aux autres. Notre bonheur était bien trop immense pour être atteint. Je le croyais invincible, indestructible. Quand je suis tombée enceinte pour une deuxième fois, la peur était bien plus réelle et palpable. Je savais maintenant ce que c'était de perdre un bébé. Je connaissais la douleur, j'avais vécu ce qui semblait n'arriver qu'aux autres. Je savais maintenant de façon concrète que rien n'est invincible, surtout pas un minuscule coeur qui commence à peine à battre. J'ai eu peur longtemps, j'ai eu besoin de beaucoup de preuves avant de vraiment croire que Tithom était là pour rester. Maintenant que je suis enceinte pour la troisième fois, ma peur est complètement différente. Oui, je suis encore consciente de ce qui peut arriver. Je n'ai pas oublié la douleur et le vide dans lequel je me suis retrouvée après la perte de notre premier bébé. Mais je connais une autre réalité aussi: celle de Tithom, celle du bébé qui est resté accroché, celle qui me dit que c'est possible. Je sais maintenant que même si une fausse-couche est très difficile à vivre, ce n'est pas la fin du monde. Il y a encore moyen d'avoir un bébé en santé au bout d'une longue grossesse. Je sais maintenant que ce ne sont pas tous les bébés qui ne s'accrochent pas à mon ventre, puisque j'en ai un bien vivant et heureux près de moi. Je sais maintenant que mon corps peut créer et maintenir la vie. Je sais maintenant qu'on s'en sort. Bien sûr, j'ai encore peur. Peur des résultats des prises de sang (que jattends encore), peur de ce que l'échographie (fin juillet) nous révélera, peur de me faire des idées, peur que tout ça soit trop beau pour être vrai, peur de le perdre. Mais je suis aussi en paix. Je sais que si je devais perdre ce bébé, j'aurais mal, très mal, mais je me relèverais et je recommencerais à espérer. Je sais maitenant de quoi je suis capable et de quoi mon corps est capable. Et ça change tout. Libellés : bébé #2 (II), fausse-couche 1 décembre 20061er décembreLe temps change bien des choses, guérit bien des blessures et atténue bien des souvenirs. Mais le temps ne m'a pas faite oublier. Deux ans se sont écoulés depuis mon premier test de grossesse positif. Deux ans depuis ce jour où j'ai goûté au bonheur, où j'ai cru, où j'ai remercié la vie. Et où je suis devenue dépendante de cette émotion si forte, de ce sentiment de puissance et de plénitude que me donnait ce minuscule amas de cellules qui avait pris mon ventre comme domicile... même si c'était pour se terminer rapidement... Deux ans... Il neigeait ce matin-là. Il a neigé aujourd'hui, mais ce n'était pas aussi beau. J'étais heureuse et légère ce matin-là. Je suis malalde, fatiguée et grincheuse aujourd'hui. Mais jamais je n'aurais cru ce matin-là que je me retrouverais deux ans plus tard dans la chaise berçante à regarder le pied potelé de mon fils endormi dans mes bras en pleurant. Jamais je n'aurais cru à ce moment-là que mon bonheur pouvait être encore plus immense que celui que je ressentais à l'idée d'avoir la vie en moi. Un drôle de clin d'oeil, ce matin... Je tournais la page du calendrier du Petit Prince dans la chambre de mon fils. Sur la page de décembre, une citation du livre... cette citation: Cette citation qui m'avait toujours fait penser à ce petit être qui est passé comme une étoile filante dans nos vies.Quand tu regarderas le ciel, la nuit, puisque j'habiterai dans l'une d'elles, puisque je rirai dans l'une d'elles, alors ce sera pour toi comme si riaient toutes les étoiles. Tu auras, toi, des étoiles qui savent rire! Je regardais Tithom, enrhumé, qui dormait dans mes bras et je me suis mise à pleurer. J'ai pleuré cet enfant que je ne connaîtrai jamais, mais surtout, surtout, j'ai pleuré d'amour pour cet enfant que je regarde grandir à chaque jour, cet enfant qui me comble et qui me fait croire que la vie, après tout, n'est peut-être pas toujours aussi mal foutue qu'on le pense... Libellés : fausse-couche 16 août 2006Autour de nousAvant de vivre l'infertilité, je ne pensais pas vraiment à ça. Oui, bien sûr, j'avais entendu parler des fécondations In vitro. Comme madame tout le monde, j'avais entendu les histoires des quintuplés et des quadruplés conçus avec l'aide des traitements de fertilité. Mes connaissances s'arrêtaient pas mal là. Puis, je suis tombée dans ce monde, bien malgré moi. J'ai commencé à tout lire, tout rechercher, tout questionner. Comme je ne pouvais contrôler mon système reproducteur, ça me donnait une certaine impression de pouvoir au moins contrôler ce que je savais et les choix qu'on faisait. Et j'ai ouvert les yeux. Autour de moi, plusieurs femmes avaient souffert en silence. Je n'étais ni la première, ni la dernière. Ma tante, la soeur de mon père, n'a jamais eu d'enfant. Mon père m'avait confié, il y a plusieurs années, qu'elle ne pouvait pas en avoir. Ma tante n'est pas infertile. Elle est stérile. Alors qu'elle avait environ 25 ans, elle habitait au Pérou. Elle était tombée enceinte et en était heureuse. Malheureusement, son bébé s'était logé dans une de ses trompes, qui a éclaté. Comme les hôpitaux n'étaient pas très bien équipés, ils ont tout enlevé pour stopper l'hémorragie. Tout. enlevé. À 25 ans, elle se retrouvait complètement stérile. Le choix de ne pas avoir d'enfant biologique avait été fait pour elle. J'ignore pourquoi elle a décidé de ne pas adopter. Elle a beaucoup voyagé, eu plusieurs compagnons dans sa vie. Je ne sais pas si elle regrète, je ne sais pas si elle est encore amère. Je sais seulement qu'elle était heureuse pour moi et qu'elle a beaucoup aimé voir Tithom. Elle lui a même donné un cadeau. Elle n'a pas agi comme une infertile amère. Je sais ce que c'est, j'en étais une y'a pas si longtemps. La copine de mon oncle, le frère de ma mère, n'a jamais eu d'enfant elle non-plus. Je ne connais pas la version officielle, mais je crois que le choix a aussi été fait pour elle, d'une certaine façon. Mon oncle avait deux enfants, il n'en voulait plus. Elle a donc décidé de rester avec lui, avec ses conditions. Quand elle a vu Tithom pour la première fois, j'ai été estomaquée par sa froideur. Elle ne le regardait pas, ne me parlait pas. Je voyais bien que ça brassait quelque chose en elle et ça me faisait de la peine. J'étais triste parce qu'elle balayait mon fils du revers de la main, mais aussi parce que je connaissais la douleur qu'elle devait ressentir et je ne pouvais rien y faire. Je ne pouvais pas m'en aller, ou laisser mon fils chez moi. Je ne voulais pas non-plus faire comme si rien n'était. J'ai trimé dur pour l'avoir, mon bébé d'amour. J'en suis fière. Je ne pouvais pas dire "reviens-en", mais je ne pouvais pas non-plus cacher mon bébé pour ménager ses émotions. Être une infertile en rémission a ses bons et mauvais côtés. Les bons, évidement, sont de voir enfin notre rêve se réaliser, de savourer les sourires et les larmes d'un bébé qu'on a si longtemps imaginé vaguement, les yeux fermés, les coudes sur la table. Les mauvais... je connais ce que c'est, d'être infertile. Je suis peut-être trop consciente de la douleur que ça amène. Je pense souvent à ce que les autres peuvent vivre, car je me dis qu'on ne sait jamais qui passe par là. Quand je me promène avec mon fils, je ne sais pas si la dame que je croise est infertile, si elle a traversé des années de traitements de fertilité, si elle a décidé malgré elle de tout laisser tomber. Peut-être que la fille dans l'abribus est en train de faire une fausse-couche ou que son dernier cycle n'a pas fonctionné et qu'elle est découragée. En tant qu'infertile en rémission, je suis malheureusement consciente que la vue de mon bébé ne procure pas joie et bonheur à tous ceux qui le voient. Ce n'est rien de personnel. C'est juste comme ça. Libellés : famille (II), fausse-couche, infertilité (III) 12 avril 2006ChiffresEntre l'arrêt de la pilule et Tithom... 41 mois 70 pilules de Provera 45 pilules de Serophene 1800 pilules de Metformin 100 pilules de Femara 2615 ui de gonadotropine en 28 injections 6 injections de hcg 11 recettes différentes 10 ovulations 31 tests négatifs 9 échographies d'ovulation 2 inséminations artificielles 1 hystérosonographie 2 grossesses 1 fausse-couche 1 plus beau bébé du monde 0 regret Libellés : essais bébé (III), fausse-couche, grossesse (IV), infertilité (III) 6 décembre 2005Dernier anniversaireAujourd'hui, c'est le dernier anniversaire de mon premier pépin. Aujourd'hui, ça fait un an que j'ai perdu mon premier mini bébé. Tout est passé maintenant: un mois, 6 mois, la date prévue d'accouchement, l'anniversaire de la grossesse et aujourd'hui, l'anniversaire de la fausse-couche. Je ferme le livre et je continue ma route. Je n'oublierai jamais ce premier petit bébé, ce premier avant-goût du bonheur. Je n'oublierai jamais non-plus l'énorme vide que j'avais ressenti par la suite, la douleur si déchirante et vive en moi, la rage qui me montait dans la gorge. Je n'ai jamais vraiment parlé de ma fausse-couche, de ce que j'ai ressenti dans les semaines qui ont suivi. C'est tellement difficile à expliquer... Les femmes qui ont vécu ce genre de perte savent de quoi je parle, même si chacune le vit à sa façon. C'est une douleur si crue, si intime qui nous isole et nous écrase. Pour moi, la fausse-couche a tout changé. J'y ai perdu ma naïveté, mon innocence et ma liberté d'être heureuse. J'y ai gagné plus de peur et d'inquiétude. J'ai appris que rien n'est jamais gagné. J'ai appris que ça pouvait m'arriver, à moi aussi... Au revoir, mon petit morceau d'étoile. Merci, malgré tout, d'être passé si rapidement dans nos vies. Merci de m'avoir fait goûter au bonheur pur, ne fut-ce qu'un court instant. Merci d'avoir veillé à ce que Pépin reste bien au chaud dans mon ventre. Libellés : fausse-couche, souvenirs 1 décembre 2005Première neigeIl y a un an jour pour jour tombait la première neige de l'hiver. De gros flocons tombaient silencieusement et couvraient tout de blanc. Un superbe matin pour accueillir une merveilleuse nouvelle. Deux petites lignes roses confirmaient ce matin-là ce que mon coeur savait depuis déjà quelques jours: j'étais enceinte. J'étais divisée entre une grande incrédulité (ça m'arrive bien à moi? Moi?!) et une bonheur immense qui, je le croyais, ferait exploser mon coeur. Je connaissais ce matin-là ce que je ne connaîtrais plus jamais: un bonheur pur, sans tache, non teinté d'inquiétude et de peur. Je vivais dans la plus grande naïveté le plus beau jour de ma vie. Un petit bébé s'était niché dans mon ventre. Notre but était atteint. Je me souviens parfaitement de l'état d'esprit dans lequel je me trouvais. Je me souviens à quel point la vie semblait belle, à quel point je me sentais invincible et comblée. J'ai partagé la nouvelle avec des amies, j'ai ri, pleuré de joie et caressé mon ventre toute la journée. J'y croyais déjà, je l'aimais déjà, cet enfant à naître. Et j'étais accro. Accro à ce sentiment, à cette émotion si pure et forte qu'on ressent quand la deuxième ligne apparaît, quand on apprend qu'on porte la vie. J'étais accrochée et je rechercherais ce même sentiment mois après mois, comme une dépendance. Ce matin-là, je n'aurais jamais cru possible qu'on puisse m'enlever si rapidement mon rêve enfin realisé. Libellés : fausse-couche, souvenirs 10 août 2005Malheureux hasardJe lis beaucoup de blogs, tous différents les uns des autres. La plupart sont écrits par des filles vivant ou ayant vécu l'infertilité, sous toutes ses formes. Une fille qui a eu recours à une mère porteuse, une autre qui attend que son dossier soit envoyé en Chine pour l'adoption de sa fille, une qui a recours à un don d'ovule, une autre qui ne prend pas encore de médicaments, une qui a eu des jumeaux après un long parcours et plusieurs FIV, une qui vient de commencer le Metformin... et j'en passe! Ce sont toutes des filles extraordinaires qui sont d'un soutien incroyable envers les autres. J'en suis venue à m'attacher à plusieurs d'entre elles et à suivre leur histoire comme s'il s'agissait d'une amie proche. Quand je suis tombée enceinte, j'étais heureuse de partager ma grossesse et mes sentiments contradictoires avec quelques filles. Une en particulier, Callista, avait seulement 2 jours de plus que moi dans sa grossesse. Tout comme moi, elle avait des craintes, mais aussi beaucoup d'espoir. Elle avait vu son bébé quelques fois par échographie. Elle avait entendu son coeur, elle avait enfin décidé d'y croire. Jeudi dernier, à 15 semaines et 1 jour, elle apprenait que son bébé était mort depuis quelques semaines, depuis le lendemain du jour où elle l'avait entendu pour la dernière fois. Callista n'avait pas plus de risques qu'une autre de perdre son bébé. Elle n'avait eu aucun signe avant-coureur. Elle avait vu et entendu son coeur battre, ce qui supposément rend les risques de fausse-couche très minimes. Il n'y a aucune raison valable pour expliquer ce qui lui est arrivé. Depuis des mois, j'ai lu avec tristesse les témoignages de plusieurs filles qui perdaient leur bébé, la plupart du temps au premier trimestre. À chaque fois, mon coeur se brisait pour elles. Mais cette fois-ci, je ressens la peine d'une façon différente, d'une façon presque personnelle. Ça aurait pu être moi. Ça pourrait être moi. Quand j'ai lu sa terrible nouvelle, j'ai essayé d'imaginer la déchirure qu'elle a dû ressentir. Je sais que mon imagination ne peut pas arriver près de la réalité, mais ce que j'imaginais était déjà intolérable. Il n'y a rien que je puisse faire pour Callista. Rien, sauf de lui dire à quel point je pense à elle et que je lui souhaite de tout coeur de trouver la paix, un jour, avec tout ça. J'ai posé ma main sur mon ventre, je suis allée voir Hom et je lui ai demandé, la gorge nouée, si Pépin était correct. Même si je sais qu'il n'a aucun moyen de savoir, même si je sais qu'on ne peut rien y faire, j'avais besoin de réconfort. Il m'a regardée et m'a dit "oui, Pépin est correct. Il ne s'en ira pas." Quand j'ai senti Pépin bouger samedi soir, c'est comme si on m'enlevait une tonne de briques de sur les épaules. Ce qui est arrivé à Callista et son bébé, ce n'est qu'un malheureux hasard. Ça aurait pu être n'importe qui, ça pourrait être n'importe qui. Mais ce n'est pas tout le monde. Libellés : amis, fausse-couche, infertilité (II) 8 août 2005Mon morceau d'étoileDepuis des mois, j'avais peur du 8 août. Depuis des mois, je redoutais sa venue, j'avais peur de ma réaction. Ce jour est là et je suis surprise par la paix que je ressens. Mon premier petit pépin, celui qui n'est pas resté accroché longtemps dans mon ventre, avait comme date d'arrivée le 8 août. J'ai longtemps eu peur de me retrouver aujourd'hui le ventre vide et le coeur brisé. J'avais peur de me laisser emporter par le passé et ce qui aurait pu arriver SI... mais ce n'est pas le cas. Je regarde aujourd'hui le passé d'un oeil triste, oui, mais résigné aussi, et surtout, je ne le vois plus comme un ennemie à vaincre, mais comme un défi que j'ai surmonté. Le bébé qui grandit en moi y est pour quelque chose, c'est certain. Si je n'avais pas ce petit Pépin en moi, je ne crois pas que je verrais une journée comme aujourd'hui de le même façon. Ça n'efface pas la cicatrice qu'a laissé cette perte, mais ça l'estompe un petit peu. Mon petit pépin, mon petit morceau d'étoile que j'ai pu garder au creux de mon ventre pour quelques jours, je ne t'oublierai jamais. Tu nous a donné, le temps d'un battement de coeur, plus de joie et d'espoir que nous croyions possible. Je n'ai plus de regret aujourd'hui. Je ne me retournerai plus vers ce qui aurait pu arriver, mais vers ce qui sera. Un extrait du petit Prince, qui me fait penser à toi quand je regarde les étoiles... Quand tu regarderas le ciel, la nuit, puisque j'habiterai dans l'une d'elles, puisque je rirai dans l'une d'elles, alors ce sera pour toi comme si riaient toutes les étoiles. Tu auras, toi, des étoiles qui savent rire! Libellés : fausse-couche 26 mai 2005EnvieJ'ai attendu ce moment si longtemps, j'ai espéré voir cette deuxième ligne rose apparaître si souvent. Pourquoi est-ce que je suis déçue aujourd'hui? Ce n'est pas comme je l'avais imaginé des dizaines et des dizaines de fois. Cette maudite fausse-couche a tout gâché. Cette maudite fausse-couche a imprégné en moi des sentiments que je croyais pouvoir effacer une fois l'infertilité battue. J'envie les femmes qui, le jour où elles passent leur premier test de grossesse positif, pleurent de bonheur et ne sont pas capable de contrôler leur fou-rire et leur bonne humeur toute la journée, toute la semaine. J'envie les femmes qui n'attendent pas avant de l'annoncer à tous ceux et celles qui veulent bien l'entendre et qui partagent leur bonheur librement. J'envie les femmes qui peuvent imaginer plein de symtômes sans culpabiliser ou avoir peur de se tromper. J'envie les femmes qui peuvent choisir le moment où elles tombent enceinte et planifier leur prochaine année d'un seul coup. J'envie les femmes qui, une fois la grossesse confirmée, courent s'acheter du linge de maternité. J'envie les femmes qui croient avoir un ventre à 5 semaines de grossesse. J'envie les femmes qui pensent à la décoration de la chambre du bébé alors que le test de grossesse sur le comptoir de la salle de bains n'est pas encore sec. J'envie les femmes qui n'ont pas peur, qui n'associent pas grossesse à fausse-couche et fausse-couche à infertilité. J'envie les femmes qui peuvent goûter chaque minute de leur bonheur d'être future maman. J'envie les femmes qui réussissent à transmettre leur belle naïveté à leur chum, qui vivra dans la même allégresse et jubilation pendant 9 mois. J'envie les femmes qui, lorsqu'on leur annonce qu'une telle est enceinte, la première question qui leur vient à l'esprit n'est pas "combien de temps ont-ils essayé" ou "quel traitement a-t-elle pris" J'envie les couples qui sautent à pieds joints dans la belle aventure qu'est la grossesse et la parenté, sans penser à la fragilité du petit être en devenir. J'envie les femmes qui vivront leur maternité sans jamais avoir connu le désespoir et la douleur d'une perte. J'envie les femmes qui ignorent tout de l'infertilité et qui croient que les bébés se font facilement pour tout le monde. J'envie les femmes qui n'ont pas besoin de 10 tests de grossesse positifs pour commencer à un peu croire qu'il y a de la vie qui pousse dans leur ventre. J'envie les femmes qui croient, dès le premier jour, que leur bébé est en sécurité dans leur ventre. J'envie les femmes enceintes qui voient loin. Mais je sais que bien des femmes m'envient pour ce que j'ai aujourd'hui. Je sais que je suis privilégiée et fortunée d'avoir un petit pépin dans mon ventre. Je ne cesse de le répéter, mais j'ai peur de passer pour une ingrate ou une enfant gâtée. Je suis heureuse. Je suis énormément reconnaissante d'avoir la chance d'être porteuse de cette petite vie. Je suis seulement très déçue d'être déçue. Je suis triste de ne pas sentir le même bien-être naïf que j'avais senti en décembre. Je suis désolée de voir que notre perte nous a à jamais changés et nous empêche aujourd'hui d'avoir pleine confiance en la vie. J'ai envie de voir loin, de penser à quand on l'annoncera à notre famille, de trouver des idées de décoration pour la chambre, de penser aux prénoms, de préparer l'arrivée du bébé, de m'acheter du linge de grossesse parce que je crois que mon ventre a grossi. J'ai envie de profiter pleinement de cette grossesse, de chaque seconde où pépin grandit en moi. J'ai envie d'être heureuse et de ne plus angoisser. J'ai envie de vie. Libellés : fausse-couche, grossesse, infertilité (II) 29 mars 2005La naïvetéQuand on est encore au stade de prendre la décision d'essayer pour de bon de faire un enfant, on est très naïfs. Je ne dis pas ça de façon négative, je veux plutôt dire qu'on est innocents, purs et pleins d'espoir. Rien n'a encore terni notre beau rêve. Je m'ennuie de ce temps parfois! Le temps où on croyait qu'un bébé, ça se faisait en faisant l'amour, le temps où on croyait que ça fonctionnerait du premier coup, le temps où on croyait pouvoir contrôler tout ça. Ah, c'était le bon vieux temps! Aujourd'hui, je n'ai plus d'innocence, plus de naïveté et pratiquement plus d'espoir. Oh bien sûr, je n'ai pas laissé tomber mon rêve, je crois que je n'en serai jamais capable. Mais j'ai plutôt laissé tomber toutes les illusions qu'on se crée quand on commence les essais. Je sais très bien que c'est impossible pour nous de faire un bébé "naturellement". Je sais aussi que celles qui tombent enceinte du premier coup (ou par accident) sont très chanceuses et privilégiées. Et je sais bien trop que je n'ai plus aucun contrôle là-dessus. Après le premier mois d'essai, quand les règles arrivent, on est tristes, déçus. Mais encore remplis d'espoir pour le prochain cycle. Puis quand les règles reviennent, on est encore frappés par la déception. Mais rien ne nous préparait à faire face à 3 mois sans règle et à tous les tests qui suivront. J'ai perdu une bonne partie de ma naïveté lors de mes prises de sang. Et au fil des mois, alors que je vivais échec par-dessus échec, ma réserve d'innocence et d'espoir diminuait à vue d'oeil. Le jour où j'ai vu la deuxième ligne apparaître sur le test, toutes mes réserves se sont remplies d'un coup. J'étais à nouveau naïve et innocente et pleine d'espoir. Je croyais à nouveau aux miracles. Je savais très bien les risques de fausse-couche qui me guêtaient. Mais mon coeur était trop emballé par toute cette naïveté retrouvée pour que j'y porte attention. Notre bonheur était bien trop grand pour être touché, nous étions indestructibles! Mais bon, même Superman a une faiblesse. Quand j'ai perdu le bébé, toute l'innocence, la naïveté et tout l'espoir que j'avais retrouvés se sont évaporés en un battement de coeur. Et je ne les ai jamais retrouvés. Depuis ce jour, je suis complètement désillusionnée. Je crois encore qu'un jour, nous serons parents, mais je crois de moins en moins qu'un jour, je mettrai un enfant au monde. J'ai encore espoir d'aimer un enfant un jour, mais je crois de moins en moins que cet enfant naîtra de mon ventre. Nous avons commencé à parler adoption. Rien de sérieux encore, je regarde encore ça comme un Plan B. Ça me fait par contre du bien de voir qu'il y a encore cette possibilité pour nous, que c'est accessible. Je nous donne encore quelques années d'essai, à moins que les médecins me disent de laisser tomber avant ça. Mais l'idée d'accueillir dans nos vies un petit enfant qui ne demande qu'à être aimé, qu'à avoir des parents, ça ne me fait plus aussi peur qu'avant. Je ne suis pas encore prête, mais je sais maintenant qu'un jour, je pourrai l'être. J'ai laissé tomber plusieurs rêves dans ma vie. Entre autres, j'ai laissé tomber le rêve d'être maman avant mes 25 ans... Je voulais même 3 enfants avant mes 30 ans, je crois que je peux oublier ça aussi. Mais jamais, JAMAIS, je ne laisserai tomber le rêve d'être maman. Que l'enfant vienne de nous ou d'un autre pays, nous serons un jour parents, j'y crois encore. J'ai donc encore un peu de naïveté, après tout... Libellés : fausse-couche, infertilité (II) 21 mars 2005Un demi-pépinSi je ne l'avais pas perdu, mon pépin aurait 20 semaines aujourd'hui. J'aurais la moitié de faite. Je sais que je ne devrais pas continuellement retourner en arrière... Je suis nostalgique... Je vis comme deux vies: la mienne, plate et infertile et celle où pépin serait resté dans mon bedon. Dans cette vie-là. j'aurais peut-être déjà une bédaine. Nos familles et amis seraient au courant et sûrement très contents. J'achèterais du linge de maternité pour l'été. On commencerait à penser à faire la chambre de bébé. On saurait peut-être le sexe et on aurait peut-être déjà choisi le prénom. Et plus tard, j'aurais pu me baigner, avec un ventre rond. J'aurais fait toute une surprise aux filles avec qui je fais de la pige aux 6 mois. J'aurais passé mon anniversaire et celui d'Hom avec notre enfant qui grandit dans mon ventre. J'aurais eu un bébé dans mes bras au mariage de mon frère. Nous serions parents. Je ne peux pas vivre cette vie en parallèle. Je ne peux pas continuer à y penser, à regretter un passé que je ne peux changer. Ça me fait trop mal. Je sais que cette vie imaginaire avec un bébé qui ne sera jamais, je vais la vivre pour toujours à quelque part dans mon coeur. Nos vies seront remplies de moments qui auraient été importants: sa naissance, son premier Noël, son premier anniversaire, ses 10 ans, 20 ans... Je dois lâcher prise et retrouver la force d'espérer. Je sais qu'à quelque part, petit pépin vivra toujours. Mais ce n'est pas de la façon que j'aurais souhaitée. Libellés : fausse-couche 6 mars 2005BlessedHey you, you're a child in my head You haven't walked yet Your first words have yet to be said But I swear you'll be blessed I know you're still just a dream your eyes might be green Or the bluest that I've ever seen Anyway you'll be blessed And you, you'll be blessed You'll have the best I promise you that I'll pick a star from the sky Pull your name from a hat I promise you that, promise you that, promise you that You'll be blessed I need you before I'm too old To have and to hold To walk with you and watch you grow And know that you're blessed Elton John Libellés : fausse-couche, Infertilité 4 mars 2005Un peu de lumièreHier soir, à 5h, le téléphone a sonné et je n'ai pas pu répondre. C'était la secrétaire de mon médecin. Quand j'ai rappelé 15 minutes plus tard, ça ne répondait plus. Je me suis demandé toute la soirée ce qu'elle pouvait bien vouloir... Ce matin j'ai rappelé et c'était encore l'infirmière démoniaque. Elle m'a dit que mon dr trouvait que ce n'était pas pertinent de tester ma progestérone et qu'on devait attendre de voir si j'étais enceinte. Bon, rendus où on en est, moi aussi je ne trouve plus ça pertinent! Aussi bien attendre à mardi prochain, franchement... Donc, j'ai décidé de me forcer à garder espoir. Au moins jusqu'à mardi. Si mardi matin je me sens d'attaque, je ferai un test avant d'aller voir le médecin... Question de savoir si je vais le voir pour confirmer un grossesse ou pour savoir la marche à suivre pour le prochain cycle. Je ne veux pas arriver là et ne pas savoir pourquoi je vais le voir... Ma courbe remonte un peu, tranquillement pas vite... Alors je dois m'accrocher à ça. Je dois me forcer à garder espoir malgré tout, à rester positive même après tant d'échecs. C'est dur... Je ne suis pas défaitiste, mais peut-être trop logique parfois pour seulement croire à la providence. Il me faut des faits, des preuves palpables. Ce qui me cause des problèmes à espérer, c'est le fait que je ne sente absolument RIEN. Pas nécessairement des symptômes de grossesse, de toute façon, je ne les avais sentis que vers 12 jours post-o, mais des symptômes quelconques qui m'indiqueraient au moins qu'il se passe quelque chose en bas. Habituellement, même dans les cycles non concluants, j'ai les seins sensibles et mal à l'ovaire gauche de l'ovulation aux règles. Et là: rien. Oui oui je sais, des fois c'est le fait que ce soit différent qui est bon signe. Et je sais que d'ici 4 jours, il peut en apparaître des signes! Et trop m'analyser n'est pas bon, je sais ça aussi... Alors répétons tous en coeur : si ce n'est pas ce mois-ci, ce sera le prochain! si ce n'est pas ce mois-ci, ce sera le prochain!... Je me donne un but, pour m'aider à persévérer : être enceinte d'ici le 8 août, la date prévue d'accouchement si je n'avais pas fait de fausse-couche. Si je suis enceinte rendue là, l'anniversaire sera moins difficile à traverser... Enfin, j'imagine... Libellés : essais bébé (II), fausse-couche, Infertilité 14 février 2005Si...Si je n'avais pas perdu mon bébé, je serais aujourd'hui enceinte de 15 semaines. Je serais officiellement hors danger pour une fausse-couche (même s'il y a encore des risques rendu là, ils sont bien moins grands). Nous voulions l'annoncer à nos familles et amis à la St-Valentin. J'aurais peut-être une bédaine. J'aurais peut-être des nausées. Je serais dans mon deuxième trimestre. Il y aurait sûrement des tas de choses que j'aurais et que je ferais et que je serais. Mais bien d'autres qui ne feraient plus partie de ma réalité : je n'aurais plus à prendre ma température tous les matins. Je n'aurais plus à me demander si nous allions encore tenir le coup longtemps comme ça, à subir échec par-dessus échec. Je n'aurais plus à me piquer dans le ventre pour essayer de développer un folicule. Je n'aurais plus des tas de pilules à prendre et des tonnes d'effets secondaires indésirables. Je n'aurais plus à me réveiller au beau milieu de la nuit, complètement trempée à cause d'une bouffée de chaleur. Je n'aurais plus à m'excuser sans arrêt à Hom parce que mes humeurs sautent du coq à l'âne. Je n'aurais plus à aller passer des échographies d'ovulation. Je ne serais plus frustrée à chaque fois que quelqu'un annonce une grossesse. Je serais enceinte. Oui, avec des SI, on peut faire bien des choses... Libellés : fausse-couche, Infertilité 20 janvier 2005Résumé depuis le début...Il y a plus de 2 ans, en août 2002 plus précisément, j'arrêtais la pilule. C'était enfin vrai, on essayait de faire un bébé! Enfin j'avais convaincu mon chum, après tant d'années à l'achaler! J'ai vite désanchanté en rencontrant mon médecin de famille. Elle a exigé que je passe des prises de sang, entre autres pour la rubéole. J'ai dû être vaccinée, donc recommencer la pilule pour 2 mois. En novembre c'était fini, j'attendais le prochain cycle et on recommençait les essais! Décembre 2002, l'aventure (re)commence! Je savais d'avance que j'avais des gros problèmes d'irrégularité (je pouvais être plusieurs mois, même un an, sans avoir de règles). Je savais donc que ce ne serait pas facile pour nous. Mais jamais au grand jamais je ne m'attendais à vivre autant d'émotions contradictoires et éprouvantes. Jamais je n'aurais même imaginé à quel point ça allait être difficile. En avril 2003, après plusieurs mois sans règles, je retourne voir mon médecin de famille. Elle me dit qu'elle ne peut pas me prescrire ce qu'il me faut et me réfère à une clinique spécialisée. Je rencontre le spécialiste en juin. Je dois faire ma courbe de température et il me demande de passer tous les tests sanguins et que mon namour passe un spermogramme. Aussitôt dit, aussitôt fait. Les résultats étaient tous normaux. Il décide donc de me mettre sur le Serophen (même chose que le Clomid). Août 2003 (courbe), je commence avec 100 mg de Serophen, du J3 au J7. J'ai dû courir après le médecin pour obtenir ma prescription à temps. J'ai pleuré énormément, de peur de manquer ma chance. Quand j'ai eu le papier, j'étais enfin soulagée de constater que je prenais mon infertilité en mains. Mais je n’obtiens aucune ovulation et je dois provoquer mes règles au bout de 35 jours. Septembre 2003 (courbe), on augmente la dose à 150 mg, du J3 au J7. Beaucoup de bouffées de chaleur et de sautes d'humeur, mais pas d'ovulation. Encore une fois, je prends du Provera au bout de 35 jours. Octobre 2003 (courbe), on change de médicament. On essaie maintenant le Femara à 5 mg, du J3 au J7 toujours. Encore une fois, des bouffées de chaleur, des sautes d'humeur, un état dépressif même, mais pas d'ovulation. Décembre 2003 (courbe), le médecin conclut que j'ai les ovaires polykystiques, malgré des tests de glycémie et d'insulinémie normaux. Je commence donc le Metformin, 3 fois par jour, à tous les jours. Sans me donner d’ovulation, je réussis quand même à avoir des règles sans devoir les provoquer, à 28 jours. C’est déjà un bon pas! Janvier 2004 (courbe), on ajoute le Famara au Metformin. Je ne suis pas bonne pour lire les courbes, étant donné que je n’ai jamais eu de courbe avec ovulation encore. Je ne vois donc pas la hausse de température au J24 qui s’adonnera à être une ovulation. Je ne m’en suis pas apperçue. Au J35, je passe un test comme à l’habitude, qui s’avère négatif, comme à l’habitude, et je commence le Provera. Mais oh surprise! Mes règles commencent alors que je n’ai même pas fini le Provera! Maintenant je sais que c’est parce que j’avais ovulé... Mais dans ce temps-là je n’y ai même pas porté attention. Mon médecin non-plus. J’avais eu d’horribles crampes au niveau de mon ovaire gauche. Le médecin m’avait dit que c’était probablement un kyste qui avait éclaté, mais que je n’avais pas à m’inquiéter, ça arrive souvent. Ah ok... Pas trop souvent pour moi, svp! Cette douleur revient à chaque fois que j’ovule et repart aux règles. Je sais donc maintenant que c’était seulement à cause de ça (malgré que c’est toujours à gauche, mais moins aigüe). Février 2004 (courbe), on ajoute au Metformin et au Femara, des injections de Puregon, à raison de 100 unités par jour du J7 au J9. Je dois me donner les injections moi-même. À ce moment-là, nous sommes retournés vivre chez mon père, à cause de troubles avec le proprio de notre appartement. Je trouve ça un peu bizarre de faire tout ça en restant chez papa... Mon médecin m’avait dit d’appeler au J10 pour passer l’écho d’ovulation. Mais ça tombe un samedi et la clinique est fermée. Mon namour fait des pieds et des mains pour réussir à rejoindre un médecin de la clinique. Il le rejoint sur le main-libre, en salle d’opération! Bref, nous nous rendons à la clinique. Je m’attendais à une échographie sur le ventre, comme on voit tout le temps. J’avais donc prévu le coup et n’étais pas allée à la toilette. Hom et moi restons surpris quand le médecin me demande d’enlever le bas! Je me déshabille et m’étends sur la table d’examen. Il me dit “ta vessie est pleine! Pour ce genre d’échographie, elle doit être vide.” je me rhabille, je vais à la toilette, je me re-déshabille. Et puis voilà enfin! On voit un folicule! Je vais ovuler! J’en crois pas mes yeux! Mais il est bien là! Le premier titeuf depuis si longtemps! Le doc me donne le nécessaire pour faire l’injection de Profasi le soir, ce qui provoquera mon ovulation. Nous sommes tout excités! Notre première vraie chance en plus d’un an! Ma courbe ne montre pas de hausse indiquant une ovulation, mais mon doc m’assure que j’ai ovulé. Par contre ça ne donne pas de grossesse et je commence mes règles au J24, déçue. Les médicaments coûtent cher. Je ne sais même pas si les injections sont couvertes par les assurances. Mais nous décidons de tenter notre chance une autre fois, avec la même recette. Mars 2004 (courbe), Metformin, Femara et Puregon. Je vais passer une écho d’ovulation au J10. Ce n’est pas mon médecin habituel. Il est confus, il cherche, ne dit rien et fixe l’écran d’échographie. Je panique, je suis inquiète, pourquoi est-il silencieux? Ça doit être grave! Il quitte la salle d’échographie. Je m’imagine tout plein de scénarios, je panique, je ne sais plus quoi penser. Il revient un gros 10 minutes plus tard. Il me dit qu’il croit que j’ai un gros kyste et que je n’ai pas formé de folicule encore. Il me donne donc 3 jours de Puregon supplémentaires, à 150 ui. Je retourne faire une écho d’ovulation au J13, cette fois avec mon doc. Il me dit que je n’ai pas de kyste et que j’ai déjà ovulé. Oh bravo! Tout ça pour ça! Les finances manquant, on décide d’arrêter les essais pour quelques mois, le temps d’eménager dans notre maison. Je suis démolie quand mes règles arrivent, car je sais que c’était notre dernière chance avant un bon bout de temps. Je suis très déprimée, j’en pleure souvent. Puis les assurances refusent de nous rembourser les injections. Coup très dur à prendre, car non seulement ça veut dire qu’on est près de 1000$ dans le trou, mais ça veut aussi dire que si on veut recommencer les essais, on devra débourser à chaque fois. C’est la fin pour moi, car je ne vois pas la possibilité de dépenser autant à chaque mois... Avril à août 2004, je ne prends que le Metformin. J’ai des règles quand même, mais probablement sans ovulation (je prends aussi un break de température). Quatre cycles : 46 jours, 47 jours, 27 et 24 jours. Puis les assurances décident de nous rembourser les injections après avoir reçu un papier de mon médecin. Ouf! Quel soulagement! Août 2004 (courbe), enfin je retourne voir le médecin et je recommence les traitements! Mais cette fois-ci, à cause de l’horaire du médecin, j’ai mon écho d’ovulation au J8, après 5 jours de Femara et seulement une journée de Puregon. Il est très surpris de constater que j’ai déjà un folicule presque mature. Il me dit de prendre une seule dose de Puregon, au J9 et de prendre le Profasi au J11. Encore une fois, je ne vois aucune différence sur ma courbe, mais mon doc m’assure que j’ai ovulé. Une autre déception me frappe à la fin du cycle, encore une fois. Septembre 2004 (courbe), étant donné la grosseur du folicule le cycle dernier après seulement une journée de Puregon, mon doc croit que je peux ovuler avec le Femara et le Met seulement. On décide donc de tenter notre chance. Je vais à mon écho au J11. Malheureusement, mon folicule ne s’est pas beaucoup développé. Je suis découragée. Un autre cycle de gaspillé! Je tente une dernière chose. Je dis à mon doc : “il me reste du Puregon chez moi, de la dernière fois. Si je ne l’utilise pas je vais devoir le jeter. Même si je suis rendue loin dans mon cycle, est-ce que je pourrais l’essayer quand même? Je n’ai rien à perdre!” Il me dit oui, même si ce n’est pas habituel, on peut toujours essayer. Je prends donc 110 ui de Puregon au J11 et au J13. Mais comme je n’ai pas assez de liquide, je dois prendre du Gonal-f au J15, à 150 ui, donc deux seringues de 75 ui. Je déteste le Gonal-f! Il est sous forme de seringue et bien plus difficile à m’injecter que le Puregon. Je dois me piquer 3 fois pour une seule dose! Arrgh! Enfin bon, je fais ça pour une bonne cause! Je retourne faire une écho au J16 et magie magie! Un autre titeuf est là, bien gros et prêt à éclore! L'infirmière me donne ma dose de Profasi, ce qui fait bien mon affaire. Ma courbe est belle! Elle monte, elle est parfaite! Enfin une vraie courbe d’ovulation, comme dans les livres! Je suis remplie d’espoir, je ne veux pas me faire d’idées, c’est trop beau pour être vrai... Je ressens des choses bizarres... Je me questionne, m’analyse peut-être un peu trop... À 14 jours post-ovulation, je passe un test, bien trop impatiente. Il est négatif. Je tombe en bas de mon nuage avec un bang! Je commence mes règles (et en grande à part ça!) le lendemain, déprimée et frustrée. Octobre 2004 (courbe), j’appelle mon doc et je lui demande de passer une hystérosonographie pour vérifier mes trompes. En même temps, j’ose espérer pouvoir profiter du fait que ce test augmente souvent les chances de grossesse. Comme je ne réussis pas à le rejoindre à temps, je commence quand même mon Femara (en me disant que de toute façon, il ne me fait pas ovuler). Au J12, je passe mon test des trompes. Hom vient avec moi, une chance! J’ai très peur... Peur de la douleur, mais surtout peur des résultats. Ça me fait très mal. Mais mes trompes sont numéro un! Mon doc me dit de prendre ce cycle-là en repos et de l’appeler dès que j’ai mes règles pour recommencer les traitements. Un petit repos, ça ne nous fera pas de tort. Au J23, j’ai un peu mal dans le bas du ventre. Je crois que ce sont mes règles qui arrivent, car mes seins sont sensibles aussi. Je suis très contente, ça veut dire que je recommence les essais bientôt! Ma température grimpe au J26. Je trouve ça bizarre, mais sans plus. Mais elle continue de monter, deux jours, puis trois... Ben oui! J’ai ovulé! J’y crois pas! Avec le Femara seulement! Je suis un peu déçue parce que je trouve que notre timing de calins n’est pas trop bon... Mais bon on s’en fout : j’ai ovulé!! Vers 10 jours post-ovulation, je commence à avoir des petits tiraillements dans le bas du ventre. Je crois que ce sont mes règles qui arrivent... Mais en même temps, une petite voix dans ma tête me dit “tu le sais que c’est différent! Tu le sens!” Mais je me suis imaginé des tas de trucs tellement souvent, pour être ensuite déçue, que cette fois-ci, je ne me laisserai pas avoir par mon imagination! Mais je ne peux l’ignorer... Je me sens différente. J'ai des tiraillements dans le bas du ventre, je suis un peu étourdie, comme si j’étais saoule ou endormie et mes seins sont très sensibles. Ils le sont habituellement, mais pas tant que ça... Je voudrais passer un test, mais namour me convainc d’attendre encore. Il a peur que je sois encore déçue. Comme le cycle dernier j’ai eu mes règles au J15 p-o, je décide de passer le test le J16 p-o. Les journées qui précèdent, je passe mon temps à aller à la toilette, à croire que mes règles ont commencé. Je scrute le papier pour toute trace de couleur... Je souris à chaque fois que je prends ma température et qu’elle est haute. Je ne veux pas me faire de faux espoirs, mais les signes sont là et je n’arrive plus à les ignorer! La nuit avant de passer mon test, je dors très mal. Je tourne d’un bord et de l’autre, j’ai chaud, j’ai mal au coeur, je ne peux m’empêcher de penser. Quand le réveil sonne (enfin!!!) je cours à la toilette pour faire pipi sur le test. Hom est dans la douche. Je tire le rideau. Je vois une ligne! La vois-tu? Moi je la vois, elle est là! La vois-tu?? Hom me répond, confus “je la vois, mais elle est pâle... Qu’est-ce que ça veut dire?” Je lui montre la boîte, lui remontre le test, lui remontre la boîte, regarde le test, regarde la boîte, regarde le test... Elle est là, je la vois! Il y a une ligne mon amour, il y a une ligne!!! C’est positif! Je suis enceinte mon amour!!! Enfin notre bataille est gagnée! Ainsi, le 1er décembre 2004, j’ai le premier test positif de ma vie. La neige tombe à gros flocons, les yeux de mon namour brillent, mon ventre tiraille, je suis aux anges! J’attends quelques heures pour appeler deux de mes amies pour leur annoncer la nouvelle. Leurs cris de joie me font tellement plaisir! J’appelle ensuite la clinique pour avoir mon premier rendez-vous de suivi de grossesse. Ça y est, je ne vais plus avoir de rendez-vous en fertilité, mais en maternité! C’est trop beau! J’ai l’impression de flotter, de rêver! Je ne peux m’empêcher de poser ma main sur mon ventre. Je regarde sans arrêt mon test avec ses deux belles lignes roses pour me rappeler que c’est bien vrai, qu’il y a enfin un petit pépin dans mon ventre! Les jours qui suivent sont du pur bonheur. Je flotte. Hom est heureux. Il me le dit, il me dit que je suis belle, il me flatte le ventre, me demande si c’est bien vrai. Il a peur par contre. Peur de le perdre, peur que ce ne soit pas vrai, peur que j’aie de la peine. Moi aussi, j’ai des craintes, mais mon bonheur semble trop grandiose pour pouvoir être atteint. On décide de ne pas le dire à personne d'autre avant mon premier rendez-vous, qui est le 4 janvier. Le matin du 6 décembre, je me réveille avec une drôle de sensation. Je n’ai plus l’impression d’être enceinte. Je me lève et je sens mon pantalon de pyjama humide. Je cours à la toilette. J’ai des pertes brunâtres. Oh non! Pas ça, s’il-vous-plaît, pas ça! Je me dis que ça arrive, je sais que ça arrive, sans que ce soit une fausse-couche. Je vais sur Internet essayer de trouver des renseignements. Je vais à la toilette aux 5 minutes. Les pertes brunes se transforment rapidement en pertes rouges abondantes. J’appelle Hom en pleurant. J’appelle la clinique, où l’infirmière me dit sèchement : “Ça a l’air d’une fausse-couche. Y’a rien à faire.” Je crie, je hurle, je pleure, j’ai mal, je sais déjà que tout est fini. Hom arrive et vient avec moi à l’urgence. Conclusion: fausse-couche naturelle. Nous sommes détruits, brisés. À la clinique, ils me disent d’attendre mes prochaines règles avant de recommencer les essais. Je ne partagerai pas ce que j’ai vécu par rapport à la fausse-couche. Je trouve cela trop intime comme expérience pour le partager. Ce que je peux dire, c’est que ça été la pire expérience de ma vie et que je n'en suis pas encore tout à fait remise. Au J24 de ce cycle, je recommence à avoir des pertes brunes. Je crois qu’enfin mes règles arrivent. Ça me soulage, car j’ai hâte de recommencer les essais. Je veux passer à l’étape suivante pour pouvoir enfin faire la paix avec ce qui s’est passé. Mais mes pertes durent 8 jours, sans pour autant faire décoller mes règles. Mon doc me dit de provoquer mes règles au J35 avec le Provera. Ce que je fais volontier. Elles commencent le 16 janvier. « La patience est l'art d'espérer. (Vauvenargues) Libellés : essais bébé, fausse-couche, Infertilité
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