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LES PÉPINS DE KIWI |
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De::Montréal, Québec, Canada Profil . : dernièrement : .
Quelle idée . : tithom : .
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Allaitement (I) (II) . : depuis le début : .
01.2005 |
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« L'espoir n'est pas une formule, mais une pratique. Nicole Nottat
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Association canadienne de sensibilisation à l'infertilité . : maternité : .
Maman Chérie . : suivi : .
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31 décembre 2006BilanComment faire le bilan d'une année si remplie, si heureuse, où tout a changé? Comment résumer en quelques phrases tout ce que j'ai vécu en si peu de temps? Comment réduire à quelques mots mon univers qui a changé du tout au tout en 2006? J'ai en tête 4 mots, qui veulent tout dire, qui représentent bien mon année: je suis devenue maman. Je suis devenue maman dans tous les sens du terme. D'abord physiquement, en donnant la vie à notre fils en janvier dernier. Puis dans mon coeur, mon âme, mes trippes. J'ai appris à prendre soin d'un enfant, à aimer un enfant, à le cajoler, le consoler, le bercer, sécher ses larmes, admirer ses sourires, savourer ses éclats de rire. J'ai changé mes premières couches, allaité, fait des purées, donné le biberon. J'ai donné un bain à mon bébé, je lui ai lavé les cheveux, coupé les ongles, j'ai mis de la crème sur ses petits pieds, ses joues, son bedon. Je me suis inquiétée, posé des tas de questions. J'ai pleuré d'impatience et de fatigue, d'angoisse et d'ennui. J'ai ri jusqu'aux larmes, j'ai eu le coeur gros comme la terre et le soleil. Mon coeur s'est brisé des milliers de fois en entendant mon bébé pleurer. J'ai douté, j'ai suivi mon instinct, je me suis fait confiance et j'ai foncé. J'ai eu peur de me tromper, peur de ne pas savoir quoi faire, peur de ne pas être à la hauteur. Et en bout de ligne, je me sais maman, je me sens maman. Mon année a été remplie de belles choses, de premières, de nouveautés, mais aussi de routine, de confort et de choses connues. Hom et moi avons célébré nos 10 ans ensemble. J'ai perdu du poids et moins travaillé. Nous sommes allés à Québec où Tithom m'a mordue. J'ai fait une intoxication et quelques rhumes. Je suis allée voir les Cowboys Fringants et Lhasa. J'ai retrouvé d'anciennes amies, m'en suis fait des nouvelles et en ai perdu une. J'ai ri plus que j'ai pleuré, ce qui en soi rend l'année réussie. 2006 a été une belle année pour moi. J'espère en vivre encore plusieurs comme celle-là! Bonne et heureuse année 2007 à vous tous! Santé, bonheur et amour! Et soyez prudents sur les routes. Libellés : nouvelle maman (III), souvenirs 5 décembre 2006J'ai sorti mes boules![]() Le temps d'une petite session de photos avec Tithom. Le sapin viendra, probablement en fin de semaine prochaine. J'aime prévoir une journée pour faire le sapin. Quand j'étais petite, nous le faisions en famille, avec toujours le même vieux disque qui jouait en arrière-plan. Lorsque jouait "The twelve days of Christmas" mon petit frère et moi nous égosillions en roulant nos R: "Five golden rrrrrrings!" C'était les mêmes décorations année après année. Il y avait les décorations traditionnelles, commerciales, mais aussi les spéciales que je n'ai vu que chez moi et que j'aimais redécouvrir à chaque année. Les personnages de laine qui venaient du Pérou, le petit Père-Noël en plastique rouge trop pesant que nous devions accrocher sur la branche du bas, la boule de styromousse recouverte de papier d'alluminium et de cure-pipes, oeuvre de mon grand frère à la maternelle, le bas de Noël en carton avec des boules de papier de soie collées dessus, qui s'effritait un peu plus à chaque année, les guirlandes faites de papier de cigarettes faites par ma mère avant qu'elle ne cesse de fumer... Mon père m'a copié les disques sur CD, je peux donc faire mon sapin avec la même musique que quand j'étais petite. Je n'ai pas hérité des décorations de mon enfance par contre. J'en ai acheté des nouvelles et j'aime bien les redécouvrir quand même à chaque hiver, quand je sors le bac du garde-robe. Je sors les boîtes de décorations en disant "ah! Je ne me souvenais plus de celles-là!" ou "ah oui! Celles-là, je les aime!" Il y a des décorations spéciales, comme celle painte à la main que la copine de mon père m'a donnée, celle en verre soufflé, cadeau d'un ami, celles que j'ai brodées, celle que j'ai acheté en mémoire de mon morceau d'étoile... Et cette année, il y aura une nouvelle décoration avec une petite photo de Tithom, en l'honneur de son premier Noël. J'ai bien hâte de lui voir l'air devant le sapin et les lumières. Chose certaine, je ne mettrai pas les décorations spéciales sur les branches du bas... Libellés : nouvelle maman (III), souvenirs 18 septembre 2006Une amie de longue dateQuand je suis entrée au secondaire, je ne connaissais personne à ma nouvelle école. J'ai donc dû repartir à zéro et me faire des nouvelles amies. À la fin de la première année, j'avais 3 très bonnes amies: C, K et M. C n'était pas amie avec les deux autres. Nous étions presque tout le temps ensemble. Nous avions les mêmes goûts: les New Kids. Nous sommes même allées les voir au stade ensemble. Et un jour, C a vieilli tout d'un coup. Sa mère s'est suidicée pendant l'été, elle s'est fait un copain, de nouveaux amis. J'étais trop immature pour elle. On a peu a peu cessé de se fréquenter. Je n'ai plus jamais eu de nouvelles d'elle après le secondaire. K et M étaient de très bonnes amies. Mais en secondaire 3, moi et M avons commencé à nous révolter. Nous avons commencé à fumer, à boire, à faire le party. Des bottes d'armée, du maquillage noir, nous étions des tof. K, elle, était restée la même. Plus tranquille, elle avait aussi des parents plus strictes. M a commencé à fréquenter de nouvelles amies, elles aussi très tof. Je me suis donc retrouvée dans deux gangs, complètement différentes l'une de l'autre. Avec M, je faisais le party, je me révoltais. M venait passer deux semaines au chalet de mes grands-parents en été avec moi. Avec K, je partageais mes états d'âme, mes amours impossibles (ce l'est toujours, quand on a 15 ans), mes problèmes à l'école, ma relation tumultueuse mes parents. Nous faisions des sorties plus tranquilles, mais elle était ma meilleure amie. J'étais la plus rebelle de cette gang, la seule qui fumait, la seule qui buvait. Du côté de M, j'étais celle qui ne pouvait jamais sortir, qui n'avait pas le droit de dormir chez une amie un soir de semaine, qui devait entrer tôt et donner le moindre détail de chaque déplacement. Je manquais plusieurs partys, je me sentais donc souvent exclue de plusieurs conversations. Je n'étais pas tout à fait à ma place dans une gang, ni dans l'autre. C'était correct, j'ai toujours été plus solitaire de toute façon. Le secondaire s'est terminé, je suis allée au Cégep toute seule, loin de mes amies. J'ai peu à peu perdu contact avec M. Elle avait changé, je ne trouvais plus vraiment de point commun avec elle. Elle avait un chum stable, ils ont rapidement eu deux enfants, acheté une maison. Il y a quelques années, M m'a recontactée. Nous nous sommes échangé des courriels à l'occasion, puis pratiquement à tous les jours. Elle a été une des seules qui a su chaque détail de notre parcours en fertilité, qui a su pour la fausse-couche, qui a su dès le départ pour ma 2e grossesse, qui a toujours été là pour moi. Depuis que Tithom est né, nous nous écrivons moins souvent, mais nous gardons encore contact. Pendant le Cégep, je suis aussi restée amie avec K. On ne se voyait pas souvent, mais ça ne dérangeait pas. Même si ça faisait des semaines qu'on ne s'était pas parlé, quand on se revoyait, c'était toujours comme si on s'était quittées la veille. Tout est simple avec elle et c'est rafraîchissant. Je ne peux plus vraiment dire qu'elle est ma meilleure amie. Je n'ai plus 15 ans, je n'ai plus la même vision de l'amitié. K n'a pas su tout sur notre bataille contre l'infertilité en temps réel, mais elle a su le gros de l'histoire quand je lui ai annoncé que j'étais à nouveau enceinte. Et même si elle n'a pas encore d'enfant, même si elle n'était même pas encore en essais à ce moment-là, elle a été d'un grand soutien. K est enceinte maintenant. Je suis vraiment très heureuse pour elle. Seulement, elle a eu de mauvais résultats pour son test de dépistage de la trisomie (tout combiné: risques de 1:5). Elle a donc passé une amniocenthèse vendredi matin. Elle et son copain sont venus souper chez nous le soir. J'aurais voulu serrer K dans mes bras, lui dire que tout irait bien, de ne pas s'en faire, mais je n'y arrivais pas. J'avais tellement peur d'être déplacée, de dépasser des limites invisibles, que je ne l'ai pas fait. Je l'ai écoutée, je lui ai démontré de façon maladroite que j'étais là pour elle. Je sais qu'elle a des tonnes d'amis, dont plusieurs qui sont maintenant plus près d'elle que moi, j'espère qu'elle trouvera le soutien nécessaire si elle en a besoin. Je n'arrête pas de penser à son bébé, d'espérer que tout soit correct, que les nouvelles seront bonnes. Elle recevra les résultats sous peu. Si moi, je trouve le temps long, je n'ose pas imaginer ce qu'elle doit traverser. Je pense à toi, mon amie. Et je suis là si tu as besoin de moi. 26 août 2006Dans la cours des grandsDe nature plutôt perdue et lunatique, j'étais arrivée tôt à l'école, question d'avoir le temps de trouver le local. Une heure pour trouver ma classe, pour me retrouver dans cette immense bâtisse complètement inconnue, ça devait être assez, right? Non. J'ai quand même réussi à me perdre, à tourner en rond, à demander des indications 3 fois et à ne pas arriver à les suivre et à finalement arriver en retard à mon premier cours de ma première journée de ma première session de ma première année de Cégep. C'était un cours d'anglais. J'avais bien réussi les examens de classement et j'avais été placée dans un cours d'anglais très fort. Quand le prof nous a demandé, en guise d'introduction, d'expliquer comment nous avions appris l'anglais, les réponses des autres me faisaient me sentir pas du tout à ma place. Il y en avait qui avaient fréquenté une école anglaise, d'autres qui avaient vécu en Ontario, d'autres qui venaient de famille anglophone... et il y avait Hom. Hom, ce grand blond, assis dans la rangée d'en avant, les cheveux en brosse, qui avait dit avoir appris l'anglais en regardant les cartoons le samedi matin.* Et moi qui m'étais dit "wow! Méchant geek!" dans ma tête. J'ai répondu que j'avais appris l'anglais à l'école, en lisant des livres et en regardant la télé. J'avais 17 ans, je sortais du secondaire, j'étais un peu bum, un peu bohème. Je fumais, je buvais, je faisais le party et j'étais timide. Je ne m'intégrais pas vraiment à la gang de la technique. Je préférais lire, seule, assise dans les marches en fumant une clope. J'étais bien, car j'étais enfin libre. Je commençais le Cégep qui pour moi représentait l'entrée dans la vie adulte. Mes parents cesseraient de me traiter en bébé maintenant. J'aurais un emploi, j'aurais des amis qui conduisent, qui ont 18 ans, qui habitent en appartement. Je serais dans la cours des grands. Je me souviens de cette journée comme si c'était hier. Je me rappelle comment j'étais habillée, comment je me sentais. Je me souviens des corridors, des escaliers, de l'ambiance. J'étais à la fois intimidée et à ma place. Je commençais une nouvelle vie, de nouvelles amitiés, de nouvelles compétences. Ça fait 12 ans aujourd'hui, déjà. Ça donne un coup de vieux (vieille?) d'y penser. Douze ans que je suis dans la cours des grands... et pourtant, je ne me trouve pas grande du tout... je suis encore à la fois intimidée et à ma place. *Si vous lui demandez, il vous dira que j'ai mal compris et qu'il a répondu "by watching Night Court", mais ce n'est pas crédible, puisque je me souviens très bien du "on Saturday mornings" à la fin de sa phrase. À quel poste ça jouait, Night Court, le samedi matin déjà?? 17 août 2006Des souvenirsEn faisant le ménage de mes armoires de salle de bains, je suis tombée sur de drôles de souvenirs... ![]() Je ne sais pas vraiment pourquoi j'ai gardé tout ça... Mes boîtes de médicaments, mes bouteilles de liquide à injecter, mes seringues, mes aiguilles, mon crayon pour les injections... Des trucs qui m'ont donné espoir, qui m'ont faite ovuler, qui m'ont rapprochée du rêve de devenir maman, un peu plus à chaque mois. Tout ça est vide et inutile maintenant. Je n'ose pourtant rien jeter de tout ça. Comme si ça faisait partie de moi maintenant. Comme si en jetant tout ça, j'effaçais une partie de notre parcours qui autrement passerait innaperçue. Je suis depuis plusieurs mois passée à autre chose. Après avoir observé un moment de silence devant tant ces bouts de plastique, de verre et de métal ayant jadis été bourrés d'hormones, j'ai placé le tout dans une boîte à souliers, dans le fond d'une armoire... jusqu'au prochain grand ménage... Libellés : infertilité (III), souvenirs 10 juillet 2006Retour sur les vacancesLes vacances sont finies... déjà! Elles ont passé vite et franchement, j'aurais pris une semaine ou deux de plus. Nous avons passé la première semaine des vacances au chalet de ma mère, sur le bord d'un lac. Il a fait beau pendant 4 jours. Des belles journées chaudes et ensoleillées, où ça sentait bon le lilas et le basilic du jardin. Le mardi, le ciel s'est déchaîné et nous avons dû rester dans le chalet toute la journée. Le mercredi, quelques éclarcies nous ont permis de sortir de temps en temps. Jeudi, il pleuvait 1 heure, faisait gros soleil 1 heure... On s'est tannés et nous sommes partis vendredi. Je vais à ce chalet depuis que je suis née. Petite, j'y passais les vacances de la construction à chaque année, en compagnie de mes frères, cousines et grands-parents. J'adorais le chalet, avec le lac dans lequel on pouvait nager du lever au coucher du soleil, avec les feux de camps, les mouches à feu, le terrain de badminton, la cabane dans l'arbre, la grosse roche où nous allions pic-niquer, avec l'impression de partir à l'aventure alors que nous n'étions qu'à 3 minutes de marche du chalet... À l'adolescence, j'y allais encore, mais j'amenais une amie avec moi. Nous dormions dans une tente sur le terrain plutôt que dans le chalet. On pouvait jouer aux délinquantes loin du regard désaprobateur de ma grand-mère. On pouvait fumer et croire que personne ne nous voyait. Depuis que j'ai rencontré Hom, nous y sommes allés à plusieurs reprises, de façon régulière. Les étés où les finances ne nous permettent pas de nous payer des 'vraies' vacances, nous allons au chalet. L'an dernier, nous avions passé une semaine là, en compagnie de ma mère et de son chum. On avait passé la semaine à dormir, lire, dormir et dormir! J'étais enceinte de quelques semaines et j'aurais dormi une semaine cmplète si j'avais pu. Cette année, c'était différent. Nous allions au chalet avec Tithom. Nous avons traîné des jouets, son exerciseur, son parc... Nous ne pouvions pas vraiment sortir avec Tithom, à cause du soleil et surtout, des moustiques. Nous avons essayé de le mettre dans son parc, avec un filet par-dessus, mais comme il ne se tient pas encore tout à fait assis seul, je passais mon temps à le redresser et il se tannait. Nous avons donc dû faire un compromis: à l'intérieur quand Tithom était réveillé et dehors pendant ses siestes. Nous avons donc pu en profiter quand même, sans devoir faire la girouette à côté du bébé pour chasser les mouches noires. Mais ça a fait du bien de revenir chez nous, en ville, loin des mouches noires. De retour chez nous, nous avons un peu rénové la salle de bains (photos à venir), peint l'extérieur de la maison, changé l'évier de cuisine (photos à venir) et reçu des amis pour une journée BBQ. De belles vacances remplies, mais pas très reposantes! Ce n'est pas grave, on peut toujours reprendre le sommeil, mais pas le temps qui passe... Libellés : famille (II), sorties, souvenirs, Tithom (II) 5 juin 200610 ansIl s'en passe bien des choses en 10 ans! Une personne change, en 10 ans! Je suis tellement loin de celle que j'étais il y a 10 ans. La petite fille de 18 ans, pas encore adulte, plus vraiment enfant. Il y a 10 ans, j'allais au Cégep, je travaillais seulement la fin de semaine, dans une station service, je fumais, je faisais souvent le party, je restais chez mes parents et j'étais immature, même si j'essayais de croire le contraire. Et il y a 10 ans, je commençais la plus belle aventure avec Hom. Déjà 10 ans aujourd'hui que nous nous sommes embrassés pour la première fois. Il y a 10 ans, je me voyais avec lui, je nous voyais partir en appartement, j'imaginais peut-être de façon très vague que nous serions parents... mais jamais je n'aurais imaginé être si heureuse 10 ans plus tard, avec le même homme et notre fils. Pourtant nous voilà aujourd'hui ici, 10 ans plus tard, ensemble, avec notre enfant, heureux. C'est le début d'une nouvelle aventure avec Hom. Celle de nouveaux parents. Je t'aime, Hom. Libellés : couple, Hom, souvenirs 20 mai 2006Ce matin-là...Ce matin-là, j'étais debout très tôt. Je n'avais plus envie de dormir. J'étais nerveuse, anxieuse et impatiente. J'avais pensé à mon réveil toute la nuit. Je n'avais qu'une idée en tête: connaître la réponse. Ce matin-là, j'ai su que je portais la vie pour une deuxième fois. Ça fait maintenant un an que je suis consciente de ta présence. Dès que j'ai vu la deuxième ligne appraître sur le test, je me suis dit que je n'étais plus seule. Partout où j'allais, tu me suivais. Même si tu étais encore minuscule et imperceptible, je te savais là et je t'aimais déjà tellement fort. J'ai flatté mon ventre, je t'ai parlé, je t'ai supplié de rester avec nous. Depuis un an, je ne suis plus jamais seule. Tu fais partie de ma vie, de nos vies, et je remercie le ciel à chaque jour de t'avoir près de moi. En l'espace d'un matin, je suis passée d'infertile à future-maman. Ma vie a changé ce matin-là. À partir de ce moment, tu es devenu le centre de mon univers. Et ce soir, en te regardant, je me dis qu'il n'y a pas plus bel univers que celui qui se trouve dans tes yeux bleus. ![]() Libellés : grossesse (IV), souvenirs, Tithom 17 avril 2006Il y a un an...Il y a un an commençait mon dernier cycle, celui qui allait me donner Tithom. Il y a un an, j'étais vraiment découragée, déprimée et au bout du rouleau. J'avais de plus en plus de difficulté à me relever après chaque cycle échoué. Je continuais, car mon opération (laparoscopie avec drilling ovarien) s'en venait et c'était ma lanterne, ma lueur d'espoir. Il y a un an, je prenais mes dernières pilules de Femara, je faisais ma dernière courbe de température, je faisais mes derniers tests d'ovulation. J'allais vivre mon dernier deux semaines d'attente. Il y a un an, ma vie était sur le point de changer et je l'ignorais encore. J'allais bientôt décider de rester positive malgré tout. J'allais bientôt ressentir une légèreté dans mon coeur comme je n'avais pas ressenti depuis longtemps. Et j'allais bientôt apprendre pourquoi. Il y a un an, nous avons pris une nouvelle route. Celle du bonheur. Libellés : essais bébé (III), souvenirs 30 décembre 20052005À chaque année, je fais un genre de rétrospective, question de voir où les 12 derniers mois se sont envollés... J'ai commencé ce blog en janvier, ce sera donc en même temps un résumé depuis le début. Janvier Je suis encore un peu ébranlée par ma fausse-couche. Nous recommençons les essais avec des injections plus fortes. J'ai, pour la seule fois de ma vie, 3 folicules matures. Première insémination. Ça ne fonctionne pas. Février Deuxième insémination. Ne fonctionne pas. Les échecs sont de plus en plus difficiles à vivre. Mars On décide de laisser tomber les injections et inséminations pour quelques mois, le temps de faire une laparoscopie et un drilling ovarien. Je demande quand même une prescription de Femara, pour au moins avoir l'impression de faire quelque chose en attendant. Avril Premier cycle sans injection ni insémination, j'ovule au J20. Ça ne fonctionne pas. Je fais une otite et le médecin me dit de ne pas tomber enceinte ce cycle-là. Je me renseigne auprès d'une pharmacienne qui me dit qu'il n'y a pas de danger. Mai J'ovule au J20 pour le 2e cycle consécutif, 2 jours avant la fête des mères. Je décide de me redresser et de penser positif. Je me sens plus légère, plus paisible. Le 20 mai, je passe un test de grossesse qui s'avère positif. Enfin, un bébé s'est logé dans mon ventre! Juin Notre première rencontre avec notre bébé. Nous l'annonçons à la famille. St-Jean au Parc Jean-Drapeau avec les Cowboys Fringants. L'été est arrivé! Juillet Nous partons en vacances. Prénatest, 2e rencontre avec notre bébé. Mon amour a 30 ans. J'arrête de prendre le Metformin. Je termine le premier trimestre, déjà. Août Ce qui aurait été ma date prévue d'accouchement si je n'avais pas fait une fausse-couche s'avère moins difficile à traverser que je l'aurais cru. Mon grand frère se marie. J'ai mal à la tête pendant plusieurs semaines. Nous apprenons que Pépin est un petit garçon en santé! Je le sens enfin bouger, à toute heure du jour et de la nuit! Septembre Je commence les cours d'aquaforme. Je suis débordée de travail. Je commence à prendre du poids. Le père de mon amie meurt du cancer du foie. Octobre Le travail ne ralentit pas. Hom refait tout le sous-sol et peint la chambre de bébé. Je commence à avoir mal au dos, de temps en temps. Je n'ai pas le diabète de grossesse. Pépin bouge sans bon sens! Novembre Nous passons l'écho 3D. Je commence les rencontres prénatales. Je suis débordée de travail. J'ai mon premier rhume enceinte, il dure 2 semaines et me fatigue beaucoup. Décembre Je peux enfin respirer un peu. Un an depuis ma fausse-couche. Shower. Deuxième rhume, qui dure 3 semaines et m'épuise. Nous visitons la maternité. J'ai un accident de voiture. Les partys de Noël me fatiguent, mais me remplissent de joie à l'idée que les prochains seront passés en compagnie de Pépin. 2004 avait été une année très difficile pour moi. Nous avions eu beaucoup de troubles avec notre appartement, que nous avions dû quitter en catastrophe pour aller vivre temporairement chez mon père en attendant notre maison. Notre petit chat Tao est mort. Les essais ont été difficiles, puis couronnés d'une fausse-couche. De la mortalité dans la famille de Hom avait terminé l'année sur une notre plutôt grise. 2005 partait donc sur des bases assez grises et basses. L'année a quand même bien progressé pour finalement devenir la plus belle année de ma vie jusqu'à aujourd'hui. Une année où j'ai vu mes rêves se réaliser, où j'en ai vu d'autres se former. Une année où j'ai appris que nous avions droit au bonheur et que ça pouvait nous arriver, à nous aussi. 2006 semble destinée à partir sur une bonne note et à être encore plus belle que 2005. Je n'aurais jamais osé en demander tant, mais je ne dirai pas non! Libellés : souvenirs 6 décembre 2005Dernier anniversaireAujourd'hui, c'est le dernier anniversaire de mon premier pépin. Aujourd'hui, ça fait un an que j'ai perdu mon premier mini bébé. Tout est passé maintenant: un mois, 6 mois, la date prévue d'accouchement, l'anniversaire de la grossesse et aujourd'hui, l'anniversaire de la fausse-couche. Je ferme le livre et je continue ma route. Je n'oublierai jamais ce premier petit bébé, ce premier avant-goût du bonheur. Je n'oublierai jamais non-plus l'énorme vide que j'avais ressenti par la suite, la douleur si déchirante et vive en moi, la rage qui me montait dans la gorge. Je n'ai jamais vraiment parlé de ma fausse-couche, de ce que j'ai ressenti dans les semaines qui ont suivi. C'est tellement difficile à expliquer... Les femmes qui ont vécu ce genre de perte savent de quoi je parle, même si chacune le vit à sa façon. C'est une douleur si crue, si intime qui nous isole et nous écrase. Pour moi, la fausse-couche a tout changé. J'y ai perdu ma naïveté, mon innocence et ma liberté d'être heureuse. J'y ai gagné plus de peur et d'inquiétude. J'ai appris que rien n'est jamais gagné. J'ai appris que ça pouvait m'arriver, à moi aussi... Au revoir, mon petit morceau d'étoile. Merci, malgré tout, d'être passé si rapidement dans nos vies. Merci de m'avoir fait goûter au bonheur pur, ne fut-ce qu'un court instant. Merci d'avoir veillé à ce que Pépin reste bien au chaud dans mon ventre. Libellés : fausse-couche, souvenirs 1 décembre 2005Première neigeIl y a un an jour pour jour tombait la première neige de l'hiver. De gros flocons tombaient silencieusement et couvraient tout de blanc. Un superbe matin pour accueillir une merveilleuse nouvelle. Deux petites lignes roses confirmaient ce matin-là ce que mon coeur savait depuis déjà quelques jours: j'étais enceinte. J'étais divisée entre une grande incrédulité (ça m'arrive bien à moi? Moi?!) et une bonheur immense qui, je le croyais, ferait exploser mon coeur. Je connaissais ce matin-là ce que je ne connaîtrais plus jamais: un bonheur pur, sans tache, non teinté d'inquiétude et de peur. Je vivais dans la plus grande naïveté le plus beau jour de ma vie. Un petit bébé s'était niché dans mon ventre. Notre but était atteint. Je me souviens parfaitement de l'état d'esprit dans lequel je me trouvais. Je me souviens à quel point la vie semblait belle, à quel point je me sentais invincible et comblée. J'ai partagé la nouvelle avec des amies, j'ai ri, pleuré de joie et caressé mon ventre toute la journée. J'y croyais déjà, je l'aimais déjà, cet enfant à naître. Et j'étais accro. Accro à ce sentiment, à cette émotion si pure et forte qu'on ressent quand la deuxième ligne apparaît, quand on apprend qu'on porte la vie. J'étais accrochée et je rechercherais ce même sentiment mois après mois, comme une dépendance. Ce matin-là, je n'aurais jamais cru possible qu'on puisse m'enlever si rapidement mon rêve enfin realisé. Libellés : fausse-couche, souvenirs 10 novembre 2005Tag et véritéAlors Ginger m'a donné la tag, je dois vous dire 20 vérités plus ou moins connues sur moi-même... Je n'ai pas de difficulté à parler de ma vie, mais ça tourne pas mal toujours autour du même sujet. Comme je n'aime pas parler de mon passé, profitez-en! 1 Quand j'étais petite, je détestais le pâté de viande. Ma mère m'obligeait à rester à table tant que mon assiette n'était pas vide. Un jour, j'ai eu l'idée de mettre des morceaux du pâté dans l'armoire près de moi quand elle avait le dos tourné. J'aurais pu m'en sortir si les fourmis n'avaient pas guidé ma mère vers mon secret quelques jours plus tard... 2 J'ai fumé pendant plus de 10 ans, sans jamais fumer devant mes parents. Ils le savaient, mais on en a jamais parlé ouvertement. Ça aurait été comme leur avouer que j'étais faible. Ça fait presque 5 ans que j'ai arrêté. 3 Vers l'âge de 8 ans, mes parents m'ont acheté un lit en métal et j'étais tellement fière que j'ai invité mes amies à venir le voir. Comme c'était mon premier lit (j'avais auparavent un matelas sur un sommier seulement), nous nous sommes amusées à sauter dessus. La base de métal a plié en deux et mon père a dû la redresser à coups de masse. 4 Quand je conduis seule, je chante toujours à voix haute dans la voiture. 5 J'ai perdu ma virginité à 15 ans, mais j'ai eu mon premier vrai chum au Cégep, à 17 ans. 6 J'ai gagné un concours de dessin au niveau régional quand j'étais en 2e année, mais comme j'étais super distraite, je n'avais pas compris l'annonce à l'intercom de l'école et je me demandais pourquoi tout le monde me regardait en souriant. J'ai compris seulement une fois rendue dans le bureau du directeur, après m'être demandé ce que j'avais bien pu faire de mal. 7 J'ai fait pipi au lit jusqu'à l'âge de 12 ans. Ma mère venait me réveiller quand elle allait se coucher pour que je refasse pipi et je m'endormais assise sur la toilette. 8 J'ai pendant longtemps dormi avec une petite oreiller en guise de doudou. Je l'ai toujours, mais elle est dans une boîte de souvenirs depuis que je suis avec Hom. 9 Je fais du point de croix depuis que j'ai 9 ans. 10 J'ai refait un test de grossesse à 25 semaines, juste pour revivre l'excitation de voir la 2e ligne apparaître. 11 J'ai eu plusieurs correspondants dans le monde, dont un Turc, un Philipin et un Suédois qui m'ont tous fait des déclarations d'amour. Je n'ai jamais eu de déclaration d'amour de garçons d'ici, sauf Hom. 12 Quand je suis stressée, je me mords l'intérieur des lèvres et des joues. 13 Je tiens un journal intime depuis que j'ai 9 ans et pour rendre l'écriture plus facile, je leur donnais un nom. Mon premier s'est appelé Pierrot (il y avait un pierrot dessus), puis Max (pour le garçon sur qui j'avais un oeil) et le dernier que j'ai nommé s'appelait Jeane (pour l'auteure Jeane Bourrin). Depuis quelques années, ils n'ont plus de nom. 14 Je n'ai jamais eu de vraie carrie, seulement des fissures de l'émail. Je n'ai donc jamais eu de piqûre chez le dentiste et j'en suis fière. 15 J'avais fait une reproduction d'une photo du National Geographic dans un cours d'arts plastiques au secondaire. La directrice de l'école voulait garder mon dessin et l'afficher dans son bureau, disant qu'il était "la propriété de l'école". Je lui ai donné une photocopie couleurs que j'ai signée et j'ai gardé l'original. 16 Je suis pourrie pour conter des blagues. J'en oublie tout le temps un bout ou je rate le punch final. 17 J'ai travaillé dans une agence de pub il y a quelques années et je prenais souvent des pauses cigarette avec deux collègues. Comme nous étions au 4e étage et que nous étions trop paresseux pour descendre, sortir puis remonter, nous avons décidé d'aller fumer dans la cage d'escalier. Nos 3 cigarettes qui brûlaient en même temps ont déclenché le système d'incendie dans tout l'immeuble et tous les bureaux ont dû évacuer. Nous n'avons plus eu droit de prendre des pauses. 18 Je suis très bien dans ma maison, mais je m'ennuie d'un petit quelque chose propre à chaque endroit où j'ai habité. 19 J'ai un poil sur le menton que je dois arracher de temps à autre. 20 Je n'ai jamais eu autant de misère à trouver quelque chose à dire sur moi-même que pour faire ces 20 vérités! Tous ceux et celles qui lisent ceci et qui n'ont pas déjà joué le jeu, je vous donne la tag! 30 octobre 2005La vie adulteIl y a 10 ans aujourd'hui, c'était le 2e référendum pour la souveraineté du Québec. Il y a 10 ans, je votais pour la première fois. J'entrais dans la vie adulte "pour vrai". Je suis allée voter, très nerveuse et très fière en même temps. Je suis ensuite allée au Palais des Congrès avec des amies pour suivre les résultats en direct et m'imprégner de la fébrilité de l'immense foule qui nous entourait. Il y a 10 ans, je découvrais que je pouvais avoir une place qui comptait dans la société, si petite soit-elle. Mon premier vote a été pour un pays, ça été le vote le plus important pour moi. J'avais 18 ans, des idéaux plein la tête, une petite carte avec deux carrés et surtout, la liberté de faire ce choix. Ceci n'est pas un post pour susciter un débat ni une discussion. Ce n'est aucunement politique, c'est seulement quelques souvenirs... Libellés : souvenirs 8 septembre 2005MénageMon bureau était un vrai fouillis. Je me suis finalement décidée à y faire un bon ménage cet après-midi. Des tonnes de vielles factures pêle-mêles, des comptes, des dossiers, des cartes de fête, des revues... tout ça étalé sur le plancher de mon bureau. Je suis pourtant une fille très ordonnée et hyper organisée. J'avais laissé tomber le rangement des papiers plus ou moins importants il y a 2 mois et ça s'est accumulé... Bref, j'étais dûe! Sur mon bureau, j'ai toujours un calendrier de table. Je m'en sers à tous les jours, j'écris dessus, je prends des notes, il me sert aussi de sous-verre... À chaque mois j'arrache la grande page pour en découvrir une toute neuve. Je garde toujours celle du mois précédent pas trop loin, au cas où j'aurais besoin de retourner en arrière, pour les notes ou des dates. Je place les anciens mois pliés dans une partie de mon classeur. En faisant le ménage, je suis tombée sur plusieurs feuilles de calendrier. En fait, sur presqu'un an en feuilles barbouillées... Je regardais les mois qui venaient de passer, je voyais des petits chiffres représentant les semaines de grossesse. Ça m'a fait sourire. Puis, reculant encore plus loin, il y avait encore plein de petits chiffres... Des jours post-ovulation, des jours de cycle, des anniversaires bizarres (fausse-couche, essais...), plein de souvenirs d'infertilité, griffonnés en tout petit dans des coins de carreaux sur un vieux calendrier. Ça m'a fait tout drôle de revoir ça. J'avais presque l'impression de fouiller dans les souvenirs de quelqu'un d'autre. Pourtant, il n'y a pas si longtyemps, c'était ma réalité. Tout était compté: la température, les jours, les espoirs. Il n'y a pas si longtemps, je rêvais d'être enceinte, je calculais mes jours, j'osais voir dans l'avenir: 2 semaines plus tard. Je ne voyais jamais plus loin, je ne voulais pas tomber de trop haut. Tous les matins, j'entrais ma température sur FF, puis sur mon tableau dans mon cartable qui renfermait tout de mon histoire d'infertilité: mes courbes depuis le début, mes prescriptions, ma documentation, mes copies de dossiers. Je calculais les jours qu'il me restait à attendre, je regardais tout des dizaines de fois, au cas où un détail m'aurait échappé et que je devinerais tout d'un coup que ça y était. J'étais tannée, épuisée, découragée, mais ça faisait partie de ma routine. Je ne m'en rendais presque plus compte, c'était rendu tellement naturel pour moi de suivre cette routine et de tout compter, encore et encore. Ça faisait partie de moi, de mes journées, de ma vie, point. J'espérais que ça change, mais je ne voyais pas vraiment ma vie autrement. Toutes ces pages de calendrier, tous ces petits chiffres et ces journées écoulées à espérer, c'est terminé. J'ai tout mis au recyclage. Je ne peux oublier ces mois, ces jours vécus dans l'incertitude, la frustration et l'espoir, mais ils ne font plus partie de ma réalité d'aujourd'hui. Peut-être revivrai-je tout ça un jour, mais pour le moment, j'ai une toute autre réalité. Une réalité qui bouge dans mon ventre, qui me fait remercier l'univers à chaque jour pour la chance que nous avons de vivre ce que nous vivons. Une réalité bien plus belle que ce que j'aurais pu imaginer pendant toutes ces heures à tout compter et calculer. Ça fait du bien de faire du ménage de temps en temps... Libellés : infertilité (III), souvenirs 3 août 20053 ansIl y a 3 ans, je ne recommençais pas une nouvelle plaquette de pilules. Il y a 3 ans, on commençait notre aventure vers la parenté, sans nous douter que ce serait si difficile et couvert d'obstacles. J'avais 25 ans, Hom en avait 27, nous étions prêts. En août 2002, nous avions décidé de commencer les essais et de laisser la nature décider. Je savais que j'avais des problèmes de fertilité, je les ai toujours eu. Mais jamais je n'aurai pu imaginer le chemin que nous aurions à traverser. En août 2002, je voyais déjà notre enfant naître, grandir et rire dans notre appartement. Je voyais déjà notre avenir tracé, j'avais confiance. En août 2002, j'étais naïve. Les premiers mois ont été décevants. Je ne croyais pas vraiment pouvoir concevoir tout de suite en partant, mais j'osais espérer quand même. Si j'étais tombée enceinte au départ, notre enfant aurait aujourd'hui plus de 2 ans. Nos vies seraient complètement différentes. Je n'aurais pas eu à essayer tous ces traitements, à vivre les épreuves de l'infertilité et à me forcer, mois après mois, année après année, à garder espoir malgré tout. Ça aurait été simple, comme ce l'est pour tellement de gens. On a beau dire que nos efforts ont porté fruit, que tout ça vallait la peine puisqu'aujourd'hui je porte un enfant, je grince un peu des dents en entendant ça. Oui, nos efforts ont finalement été récompensés. Valloir la peine? Je ne sais pas. Je ne dis pas que la vie de notre enfant n'aura pas vallu l'attente, non. Je sais qu'on ne peut mettre une valeur sur cette vie, puisqu'elle vaut tellement plus qu'on ne peut l'imaginer. Mais d'un autre sens, dire que tout ça vallait la peine, ce serait comme dire que je devais passer tous ces tests, vivre toutes ces déceptions, perdre mon premier bébé, pour pouvoir en arriver là. Que c'était le prix que je devais payer, alors que tant d'autres femmes n'ont pas à débourser quoi que ce soit pour en arriver au même résultat. J'ai beau me répéter que Pépin vaut tous les efforts et tous les désespoirs, je ne suis pas toujours convaincue. Je suis convaincue de sa valeur, je ne suis pas convaincue qu'on puisse la calculer en souffrance et en temps. Je ne comprends pas pourquoi nous avons eu à vivre tout ça pour avoir exactement la même chose que les autres. Ce n'est pas vrai que cet enfant-là sera plus aimé ou plus apprécié parce qu'il a été attendu et désiré si longtemps. Oui, nous l'aimerons de toutes nos forces, de tout notre coeur. Mais de dire ça voudrait dire que les autres femmes qui n'ont pas eu à traverser les mêmes épreuves n'aiment pas leurs enfants tout autant. Si nous avions conçu en août 2002, nous aurions aimé notre enfant avec la même force, avec la même fierté. Personne ne saura, en regardant notre enfant, qu'il a été désiré et espéré si longtemps. Il ne sera pas différent, il ne sera pas plus spécial qu'un autre, sauf dans nos coeurs. Nous n'avons, aujourd'hui, rien de plus que les couples qui ont conçu en criant ciseau. Nous sommes comme eux, aux yeux de tous. Mais nous sommes très différents. Nous avons en nous des cicatrices qui ne disaparaîtront jamais vraiment. Les épreuves ont changé beaucoup de choses en nous et, même si ce n'est pas toujours visible, c'est permanent. Au-delà de la force que ça nous a donné, de mon caractère que j'ai développé, de notre couple qui a été solidifié, des connaissances que nous avons acquises, de l'ouverture d'esprit et de la compassion que nous avons gagnées, bien des petites choses ont changé en moi. Je ne serai jamais capable d'être heureuse spontanément en apprenant une grossesse chez des fertiles. Je ne serai jamais capable d'entendre une femme se plaindre pendant sa grossesse, peu importe ce qu'elle a traversé. Je ne serai non-plus jamais capable de sauter de joie sans m'inquièter en passant un test de grossesse positif. Je ne serai jamais à l'aise avec les gens qui ignorent tout de l'infertilité. Je n'endurerai jamais les femmes enceintes qui voient la vie à travers des lunettes roses. Je ne tolèrerai jamais les commentaires imbéciles comme "arrête d'y penser" ou "c'est tellement le fun la pratique!". Je ne serai plus jamais la même femme qui, il y a 3 ans, arrêtait la pilule en pensant être enceinte dans les mois qui suivent. Je ne serai plus jamais innocente, je ne serai plus jamais naïve. Mais je serai forte et je serai remplie d'espoir, ça m'a menée ici, après tout. Libellés : essais bébé (III), infertilité (II), souvenirs 28 juillet 2005Nos rêvesOn a tous des rêves. Ils changent et évoluent tout au long de notre vie. Il y a certains rêves qu'on laisse tomber en cours de route, d'autres qui prennent de l'importance. Certains rêves nous suivent depuis notre enfance, d'autres s'accrochent à nous à l'âge adulte. J'ai eu beaucoup de rêves dans ma vie. Je suis une grande rêveuse, je pouvais passer des heures à fixer le vide, bien perdue dans mes pensées, à imaginer toutes sortes de choses. J'ai laissé tomber beaucoup de rêves dans ma vie. J'en ai aussi modifié plusieurs, pour ne pas avoir à les abandonner. Peu importe mon âge, peu importe le rêve qui a priorité à ce moment-là, ce sont toujours mes rêves qui m'ont motivée. Quand j'étais petite, j'avais, comme tout le monde, des rêves un peu farfelus. Je voulais être une princesse, avec les grandes robes à crinoline comme Sissi. Les revues National Geographic de mon père me passionnaient, alors je rêvais de devenir archéologue, comme Indiana Jones. J'aimais dessiner, je voulais donc devenir caricaturiste. Je rêvais d'être enfant unique, je rêvais de ne pas avoir de parents, je rêvais d'être riche, je rêvais à tout ce qui était impossible. Mais un des plus grands rêves que j'ai eu, pendant mon enfance et une partie de mon adolesence, c'était de devenir danseuse professionnelle. Je suivais des cours de danse depuis mes 5 ans. J'adorais danser, me laisser aller au son de la musique, suivre les pas, le rhytme. J'oubliais tout quand je dansais. J'ai fait de la danse folklorique, du ballet jazz, de la danse moderne et du Flashdance. Le seul obstacle à mon beau rêve, je n'avais aucun talent. Je n'ai pas le sens du rhytme, je ne suis pas souple, je ne bouge pas bien. J'ai dû me rendre à l'évidence et j'ai tout abandonné. J'ai rêvé de plusieurs métiers. Certains de façon plus légère, comme archéologue ou caricaturiste, mais d'autres de façon plus sérieuse. Pendant des années, je considérais sérieusement devenir journaliste. J'ai toujours aimé écrire et je me disais que c'était la bonne façon de gagner sa vie avec sa plume. J'ai basé toutes mes recherches en Choix de carrière à l'école vers le journalisme. Les études me disaient que c'était un bon métier pour moi, mais au fond de moi, quelque chose me disait que je n'avais pas ce qu'il fallait. Je ne suis pas curieuse au point de faire des recherches, poser des tas de questions, achaler les gens. J'aime apprendre, j'aime lire sur des sujets qui m'intéressent, mais sans entrer dans la vie des gens. J'ai donc abandonné ce rêve aussi. Un rêve, le seul qui me suit vraiment depuis toujours, est celui d'écrire. J'ai des tas de cahiers remplis de poèmes et de nouvelles. J'ai plusieurs synopsis de romans et de scénarios, j'ai une boîte pleine de journaux, gribouillages sur ma vie depuis que j'ai 10 ans. Je n'ai jamais arrêté d'écrire. Je tiens un journal depuis près de 20 ans. Je n'ai jamais trouvé meilleure façon de m'exprimer, de vider mon coeur, d'alimenter mes rêves. Je poursuis ce rêve à tous les jours, je le garde au creux de mon coeur, comme un secret honteux. Je ne tiens pas à être lue, je ne tiens pas du tout à être publiée. Tout ce que je veux, c'est écrire. Que mes mots tombent dans le vide, ça m'importe peu, je veux seulement les sortir de ma tête. Écrire est pour moi un rêve permanent, que je concrétise à tous les jours. Depuis ce temps, plusieurs rêves sont venus faire leur tour dans ma vie. Je rêvais d'avoir ma compagnie, je travaille à mon compte. Je rêvais d'avoir une maison avec un jardin, je les ai. Je rêvais d'être grande et mince... bon, on ne peut pas tout avoir! Quand j'ai rencontré Hom, plusieurs nouveaux rêves sont apparus. Je voulais vivre avec lui, faire ma vie avec lui, avoir des enfants. Nous avons réalisé plusieurs de ces rêves assez rapidement, mais les enfants ont pris plus de temps. Quand j'avais 17 ans, je disais que si je n'avais pas de chum à 20 ans, je me ferais inséminer parce que je voulais avoir mes enfants jeune. J'étais donc naïve! Heureusement, Hom a changé ma vision. Je voulais encore mes enfants jeune, mais je me suis rendue compte que j'avais bien d'autres choses à vivre avant d'être rendue là. J'avais donc retardé mon rêve, disant que je voulais 3 enfants avant 25 ans, comme ma mère. Quand j'ai eu 24 ans, je savais bien que mon rêve ne se réaliserait pas. J'ai modifié le rêve, on aura nos 3 enfants avant 30 ans. Mon infertilité a tout changé, bien malgré nous. J'ai eu beaucoup de difficulté à modifier ce rêve. Je n'ai jamais pensé l'abandonner, il était bien trop important pour moi. Chaque changement que j'y apportais me faisait un pincement au coeur. Je modifiais une partie de moi. Aujourd'hui, je rêve d'avoir l'enfant que je porte. Je rêve de le voir naître, de le voir grandir, de le voir rêver. Si nous en avons d'autres, tant mieux! Mais si nous devons nous arrêter à un, je ne regretterai pas. Oui, du rêve original d'avoir 3 enfants avant 25 ans, je suis rendue à avoir au moins un enfant avant 30 ans... Ça été dur à encaisser, mais je sais que de garder ce rêve en vie, même si boitteux, m'a permis de continuer. On me dit que je suis forte, que j'ai du courage. Non, je suis entêtée et je crois en mes rêves. Ce sont mes rêves qui sont forts. Libellés : grossesse (II), infertilité (II), souvenirs 5 juin 2005Notre histoire d'amour(Décidément, c'est le temps des anniversaires!) Il y a 9 ans mon amour, tu m'embrassais pour la première fois. Il y a 9 ans, tu faisais tomber mes barrières et tu me faisais baisser mes défenses pourtant si solides. Tu m'as attendue si longtemps. Je t'aimais, je le savais, mais je n'osais me l'avouer. J'avais peur que tu me fasses mal comme les autres avant. J'avais peur que tu te tannes de moi. J'avais avant tout peur de perdre le meilleur ami que tu étais devenu pour moi. On se connaissais depuis 2 ans déjà. Et depuis un an, on se côtoyait à tous les jours. Plus le temps avançait, plus on le passait ensemble. Notre complicité et nos façons de penser si complémentaires faisaient de nous des amis inséparables. Je me sentais bien avec toi. J'étais respectée, appuyée, aimée. Je sentais que je pouvais enfin être moi-même. En fait, j'ai découvert qui j'étais vraiment grâce à toi. J'aimais ta présence, ton regard, ton sourire, car ils étaient remplis de confiance et d'amitié. Je n'avais jamais eu d'ami comme toi avant et j'avais très peur de tout gâcher si on allait plus loin. Te souviens-tu à la crèmerie? Nos regards se sont fixés, nos souffles ont ralenti, nos bouches se sont approchées... et j'ai eu peur et je me suis mise à parler comme un moulin et je me suis éloignée. Comme je suis chanceuse que tu n'aies pas décidé de tout laisser tomber à ce moment-là! Ce que j'aurais manqué si tu n'avais pas persévéré! Nous avons traversé de durs moments ensemble, au fil des années. Nous avons pour un moment pris des chemins séparés, qui ne se sont pourtant jamais vraiment éloignés. Puis, les épreuves ont forcé notre couple à se solidifier. Avec toi, j'ai eu le courage et la détermination de réaliser notre rêve. Que tu deviennes papa était une si grande motivation pour ne pas abandonner. Avec toi, je suis devenue plus forte. Avec toi, je veux vivre ce rêve à fond. Tu as fait de moi ce que je suis aujourd'hui et je t'en suis reconnaissante. Tu m'as appris que je suis une personne unique, à part entière et que je mérite ma propre confiance. Tu m'as montré à lever la tête, marcher droit et ne pas vivre les yeux rivés vers le passé. Tu m'as plus d'une fois poussée à faire des choses que je croyais impossibles. Mais surtout, tu m'as prouvé que j'étais digne de ton amour, de tout amour. Tu es mon ami, mon amour, mon partenaire, mon complice. Je t'aime. 4 juin 2005Notre maisonIl y a un an aujourd'hui, nous dormions pour la première fois dans notre maison. Notre première petite maison à nous deux. Le premier endroit que nous appelions chez-nous avec sincérité et fierté. Nous avions passé quelques semaines à peinturer et préparer notre chez-nous. Quelques petites rénovations, beaucoup de peinture, de ménage et de planification et nous étions prêts à y vivre. Nous habitions chez mon père depuis 3 mois, car notre ancien propriétaire avait décidé de détruire notre appartement alors que nous vivions encore dedans. Mais c'est de l'histoire ancienne que je préfère oublier. Nous avions donc déménagé nos quelques biens qu'on avait apportés chez mon père. C'est dans une maison presque vide, sur un matelas posé sur le sol, que nous avons passé notre première nuit dans notre maison. Nous avons dormi comme des loirs. Le lendemain, les déménageurs nous ont apporté tous nos bien qui étaient entreposés depuis 3 mois et qui avaient vraiment besoin d'être nettoyés. Enfin, notre chez-nous se dessinait! Depuis un an, nous vivons dans cette petite maison de banlieue, ce petit chez-nous qui nous appartient. Ce n'est pas grand chose, c'est loin d'être un château. Mais c'est notre maison à nous. Pour les gens qui ne connaissent pas notre histoire, ça va peut-être sembler tout planifié: la maison, un an et demi plus tard le bébé... C'est comme ça que ça marche, non? Dans les films, peut-être... J'ai hâte d'accueillir un enfant dans cette maison. J'ai hâte de faire une chambre de bébé. J'ai hâte d'y voir traîner des jouets de toutes les couleurs. J'ai hâte d'y entendre résonner un petit rire taquin et d'entendre des petits pieds nus courir. Je sais que c'est encore loin, que ça peut aussi ne pas arriver comme on le voudrait. Mais ces idées me semblent de moins en moins irréalistes, de plus en plus atteignables. Si je pouvais juste... étirer... mes doigts... un peu plus... je crois que j'y touche presque...! Libellés : souvenirs 5 avril 2005RenouveauIl y a 6 ans aujourd'hui, Hom me disait qu'il ne m'aimait plus comme avant. Il y a 6 ans, Hom me laissait et ma vie s'écroulait. Mes rêves de maison, de bébé et de couple s'effondraient. J'allais devoir quitter mon appartement et recommencer ma vie. Alors que je croyais être si près de mes buts, de mes rêves, j'ai croisé un serpent et je suis retombée à la case départ. Hom et moi sommes restés amis. Nous étions amis avant d'être amoureux, c'était important pour moi de rester amie avec lui après. Bien sûr, je l'aimais encore, alors mon amitié était aussi teintée d'amour et d'espoir. Je ne le lâcherais pas, je ne le laisserais pas s'en tirer comme ça! J'ai énormément appris sur moi-même pendant ces quelques mois. J'ai grandi, j'ai changé, j'ai vieilli. Puis Hom est sorti de sa turpeur et m'a dit qu'il s'était trompé et qu'il m'aimait encore. Notre deuxième départ a été prudent et lent. Notre confiance était complètement à rebâtir. Nous ne voulions plus faire les mêmes erreurs, nous voulions travailler sur notre couple. Dans mon coeur, j'ai donc reporté à plus tard mes beaux projets de maison et de bébé. Je tenais bien plus a solidifier notre couple pour le moment. Deux ans plus tard, je commençais à l'achaler pour un bébé. Ça a pris un an avant qu'il me dise "ok, après cette boîte de pilule-là, on essaie." Notre amour est fort aujourd'hui. Je l'aime plus que tout et je sais que c'est réciproque. Bien entendu, nous avons nos accrochages, mais rien comme avant la rupture. Ça n'a jamais plus été pareil. Ça a toujours été mieux. Ce que je croyais à l'époque être le pire jour de ma vie s'est avéré être une naissance pour moi et pour nous deux. Nous sommes extrêmement complices et amis. Je crois sincèrement que la solidité de notre amitié, qui a été mise à rude épreuve, peut-être même plus que notre amour, est ce qui fait la base de notre couple et ce qui le tient ensemble. Hom, je ne te dirai pas merci de m'avoir brisé le coeur il y a 6 ans. Mais je dis merci à la vie de t'avoir mis sur mon chemin et de nous avoir brassés comme ça. Ça a fait de nous ce que nous sommes aujourd'hui.
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