|
LES PÉPINS DE KIWI |
|
|
. : auteur : .
De::Montréal, Québec, Canada Profil . : dernièrement : .
Quelle idée . : tithom : .
Courbe gagnante . : catégories : .
Allaitement (I) (II) . : depuis le début : .
01.2005 |
. : mantra : .
« L'espoir n'est pas une formule, mais une pratique. Nicole Nottat
. : lectures : .
. : lectures anglos : .
. : infertilité : .
Association canadienne de sensibilisation à l'infertilité . : maternité : .
Maman Chérie . : suivi : .
|
|
31 mai 2006JuinLe mois de juin a toujours été mon mois préféré. Cette année, il est surpassé par le mois de janvier, qui m'a apporté Tithom, mais il arrive bon deuxième. Juin pour moi représente beaucoup de choses. Tout d'abord, c'est notre anniversaire de couple à Hom et moi. Puis, c'est mon anniversaire. Il y a aussi la Fête Nationale, le 24, qui a toujours été spéciale pour moi. Juin, c'est aussi le début de l'été, la fin des classes, le début des vacances. Juin, c'est ranger pour de bon les vêtements d'hiver. C'est mettre du vernis coloré sur nos orteils parce qu'on porte des sandales. C'est sortir le vélo, les patins à roulettes, le parasol et le BBQ. C'est les longues soirées, les marches après le souper vers la crèmerie. C'est planter nos fleurs et légumes et les regarder pousser. C'est porter des camisoles et des jupes. C'est du vert et du bleu à perte de vue. C'est le soleil qui ne se gêne plus. C'est le temps des moustiques et des mannes sur le bord du fleuve. C'est un vent de fraîcheur le soir, dans la chambre, la fenêtre ouverte. C'est arracher des pissenlits. C'est une crème molle deux couleurs qui coule sur les doigts. C'est l'été qui commence, enfin. Cette année, juin sera d'autant plus spécial que nous le passerons à trois. Nous commencerons en juin nos premières vacances en famille. Le premier été de Tithom, avec ses mini-shorts et ses mini-sandales. Les promenades en poussette, les baignades, la découverte des fleurs, des arbres, des bibittes. Et avec le mois de mai merdique qu'on a eu, vivement juin! 16 mai 2006Bien essayéMais vous êtes toutes dans les patates! La première, celle qui se trompe de prénom, mais qui adore se faire prendre en photo avec Tithom, c'est la mère de Hom. La deuxième, celle qui se donne comme mission de nous éduquer, c'est la copine de mon père. La troisième, celle qui donne beaucoup de conseils, mais qui me supporte aussi beaucoup, c'est ma mère. Libellés : famille 13 mai 2006Les grands-mèresQuelle belle occasion que la fête des mères pour parler des grands-mères de Tithom. Il est chanceux, il en a trois! Il y en a une qui adore se faire prendre en photo avec son petit-fils. Elle en est très fière et le montre! Elle se trompe souvent de prénom, ce qui me choque... elle a un seul petit-enfant, quand même! Mais bon, mieux vaut en rire! Elle ne me fait pas de commentaires désagréables, sauf peut-être quelques "il a froid!" au début. Elle me demande presqu'à chaque fois qu'on se voit "Là, est-ce qu'il mange des céréales?" Et je lui réponds non à chaque fois, pas avant 6 mois si possible. C'est la moins "maman" des trois, mais sûrement la plus "grand-maman". Puis il y a celle qui laisse tout tomber quand Tithom est là. L'autre jour, elle a laissé toute son épicerie dans la voiture quand elle a vu que nous étions là. Quand nous arrivons chez elle, elle ne nous (Hom et moi) voit pas, elle n'a d'yeux que pour Tithom. Elle me l'enlève des mains, l'amène au salon, l'envahit. J'avais lu que bien souvent, les grands-parents voient leur relation avec leurs petits-enfants comme une façon de racheter les fautes commises avec leurs propres enfants. Elle est le cas parfait. Elle m'a expliqué comment lui mettre son pyjama alors qu'il avait un mois (comment pensait-elle que je l'habillais jusque là?), elle ne donne pas de conseils, elle dit quoi faire, comme si je demandais de l'aide. Elle ressent le besoin de nous éduquer alors que nous nous débrouillons très bien (à mon avis). Elle souligne des choses, croyant être très perspicace, comme si elle tenait à nous montrer qu'elle était attentive. Je crois qu'elle tente de tailler sa place, qui n'est pas toujours claire. Peut-être croit-elle qu'en devenant une source indispensable d'information et de soutien, son statut de grand-mère sera plus solide, plus officiel. Finalement, il y a celle qui donne beaucoup de conseils, parfois bons, parfois inutiles. Elle m'a répété plusieurs fois déjà que le co-dodo gâtait l'enfant et qu'on aurait beaucoup de difficulté plus tard à cause de ça. Elle m'a dit que si un bébé ne faisait pas ses nuits à 9 mois, c'est la faute des parents. Mais elle m'a aussi dit que le premier sourire est un moment magique dont elle garde un précieux souvenir. Elle regarde les photos de Tithom à tous les jours et me répète à quel point il est beau et rigolo. Elle m'écoute lui parler des nouvelles bébelles qui n'existaient pas dans son temps et me pose des questions. Elle aime me regarder allaiter, même si ça me met mal à l'aise (elle me traite alors de pudique). Elle nous fait confiance, mais oublie parfois qu'elle aussi, a un jour été maman pour la première fois. Alors... Des trois, pouvez-vous deviner qui est ma mère, celle de Hom, et la copine de mon père? Libellés : famille 19 avril 2006PâquesDimanche était la première fête de Pâques de Tithom. Même si le côté religieux de la journée a disparu dans nos familles, le côté familial et printanier est resté. Depuis que je suis avec Hom (presque 10 ans!), nous fêtons Pâques séparés, chacun dans notre famille. Cette année, la famille de Hom tenait à ce que j'y aille... enfin, ma présence en tant que telle était accessoire, c'était plutôt Tithom qu'ils voulaient voir. La plupart ne l'avaient pas encore rencontré et l'auraient vu seulement au mois d'août, au pic-nic annuel. Donc, dimanche matin, brunch dans la famille de Hom, avec toutes les tantes, cousins, cousines, dans un restaurant. Tithom a dormi tout le long du trajet en voiture et a été très sage au restaurant. Il a souri et jasé, fait des belles façons et charmé tout le monde. Comme je l'avais allaité avant de partir et que ça nous avait pris 1h nous rendre, je savais que je devrais l'allaiter au restaurant. Comme le resto était rempli à craquer, il n'y avait pas de banquette libre dans un coin pour que je puisse allaiter, ni de salle privée vide. Il n'y avait pas de chaise dans la salle de bains non-plus. Nous avons donc demandé à une gérante. Je lui ai proposé d'amener une chaise dans la toilette pour personnes handicapées. Elle m'a offert le bureau, porte fermée! La chaise n'était pas confortable, Tithom se cognait les orteils sur les acoudoirs, je n'avais pas de coussin, mais nous avons fait ce que nous pouvions. Il a bu assez pour se calmer et tenir quelque temps. Au restaurant, seule sa grand-maman l'a pris et promené. J'avais peur que les gens le prennent de ses bras, mais il y est resté. Dans un restaurant, un buffet en plus, les gens ne passent pas leur temps à se laver les mains. J'ai beau mettre la bouteille de Purel directement dans le siège d'auto de Tithom, les gens ne comprennent pas toujours pourquoi nous tenons à un certain minimum d'hygiène. Le soir, nous sommes allés souper chez ma grand-mère. Tithom a encore une fois été très sage et gentil. Il a souri à tout le monde et a reçus ses premiers cadeaux de Pâques: un mouton et un canard en peluche. Vers la fin de la soiée, il devenait impatient, ne s'endormait pas avec tout le bruit et les gens qui allaient sans cesse voir s'il dormait. J'ai quelque peu levé le ton en disant à mes belles-soeurs de le laisser tranquille le temps qu'il s'endorme... Une d'elle a aussi insisté pour changer la couche de Tithom, mais elle lui a remis tout croche. Il a donc débordé et taché tout son linge... Parfois, je me trouve trop possessive, mais il doit bien y avoir une raison... Une grosse journée, remplie de gens qu'il ne connaissait pas, de bonnes intentions maladroites et de sourires. Sa première journée de Pâques s'est bien déroulée, somme toute. Et ça aura permis à maman de lui faire porter une beau petit ensemble jaune avec un petit chapeau, malgré les protestations de papa. ![]() 26 mars 2006Papa doit travaillerIl ne reste plus qu'une journée avec Hom à la maison. Déjà 8 semaines d'écoulées depuis la naissance de Tithom. Ça a passé tellement vite! J'ai eu énormément de chance d'avoir mon chum avec moi pour les premières semaines avec le bébé. Nous avons appris ensemble à prendre soin de Tithom. Nous avons appris ensemble ce qu'était notre nouvelle vie de famille. J'étais habituée à être seule toute la journée, toute la semaine. C'était tout un changement de me retrouver, du jour au lendemain, avec un bébé et un chum à la maison! Mes journées tranquilles et silencieuses se sont transformées en journées animées et parfois épuisantes, mais toujours remplies d'amour. Je n'étais plus seule dans ma maison, devant mon ordi, à travailler. J'étais maintenant avec ma petite famille, bébé se balançant, Hom grattant sa guitare près de nous. Je ne déjeunais plus seule devant une revue. Je déjeunais entre deux boires, avec Hom, avec les nouvelles à la télé en bruit de fond. Toutes les tâches ont été partagées en deux. Hom a fait plus que sa part, même! Il faisait la vaisselle, une partie du lavage, les vidanges, le recyclage, l'épicerie... Il changeait les couches et endormait bébé quand maman avait les nerfs à vif. Il m'a encouragée à ne pas lâcher prise pour l'allaitement. Il m'a appris à me réveiller sur demande, moi qui étais une grande dormeuse. En 10 ans de vie de couple, nous n'avions jamais passé une si longue période, 24 heures sur 24 ensemble. Ça m'a pris un temps d'adaptation. Je devais non seulement m'adapter à ma nouvelle vie de maman, mais je devais aussi m'habituer à bien des petits trucs énervants de Hom. J'ai beau l'aimer de tout mon coeur, mon corps et mon âme, il a certaines manies qui finissent pas me tomber sur les nerfs. Huit semaines, c'est quand même un bon bout de temps! Il retourne travailler mardi. Il va me manquer sans bon sens. Je vais m'ennuyer de tout, même de ses manies énervantes. J'aimais nos journées, tous les trois ensemble, à ne pas se demander qu'est-ce qu'on ferait aujourd'hui, à ne pas suivre d'horaire, à ne pas nous en faire avec le travail, le souper, le ménage. J'ai adoré découvrir le papa merveilleux qu'est Hom. Et je continue de le découvrir un peu plus à chaque jour. Je vais m'ennuyer de sa présence rassurante quand je doute de mes compétences de maman, de sa façon de me remettre sur la bonne voie quand je déraille. Je vais me retrouver seule avec Tithom pour une grande partie de la journée. J'ai très hâte, mais ça me fait aussi peur. Je vais y arriver, j'en doute pas. Mais le papa va nous manquer. Ça fera sans doute des retrouvailles joyeuses le soir venu. Et nous savourerons chaque petit moment passé en famille. La routine s'installera à nouveau. Certaines habitudes reviendront, d'autres partiront à jamais. C'est encore une nouvelle vie qui commence. Une vie de famille. MA famille. Libellés : congé de maternité, famille, Hom, nouvelle maman, travail 6 février 2006La naissance d'un PépinJeudi le 26, je suis allée à l’hôpital en fin d’après-midi pour me faire mettre un gel de prostaglandine sur le col, question de le faire maturer un peu. J’étais en retard et rien ne se passait de ce côté... Après m’avoir mis le gel, on m’a dit de revenir le lendemain matin. On verrait à ce moment-là ce qu’on ferait. Le gel m’a donné des contractions, mais elles n’étaient pas douloureuses. Je n’ai par contre pas bien dormi cette nuit-là. Mes bras engourdissaient très vite, les contractions rendaient mon sommeil inconfortable, je pensais trop, j’étais fébrile et nerveuse... Je n’ai presque pas dormi alors que j’aurais dû récupérer pour la grosse journée qui m’attendait. Je suis donc retournée à l’hôpital vendredi matin. Rien n’avait bougé. J’avais de la chance, c’était mon docteur qui était de garde. Il savait que je ne voulais pas me faire provoquer plus qu’avec le gel. Il m’a examinée et m’a dit “tu n’es pas encore dilatée. Ton col a ramolli un peu, mais c’est tout. On va te remettre du gel et on va attendre encore un peu. Reviens me voir mardi au bureau. On ne te provoquera pas plus que ça.” J’étais bien d’accord. Il a posé le gel, d’une façon bien différente que le médecin de la veille, ce qui m’a encore fait penser que mon médecin est le seul à faire les choses comme il faut. Il était 9h. Les contractions ont commencé presqu’aussitôt à être plus douloureuses. Je les sentais bien, elles faisaient un peu mal, comme une bonne crampe de menstruation. Après plus d’une heure de monitoring, nous sommes retournés chez nous. Nous avons pris un petit dîner. Les contractions continuaient toujours. À partir de 11h30, je les comptais aux 3 minutes. J’ai pris un bon bain chaud, mais ça n’a rien changé. Je me suis couchée sur le côté gauche sur le sofa du salon, en écoutant de la musique. Ça n’a rien changé non-plus. Mes contractions étaient encore aux 3 minutes, mais ça pouvait être seulement l’effet du gel. On m’avait dit d’attendre 6 heures avant que le gel cesse de faire effet, pour voir si mes contractions étaient vraies ou non. Je devais donc prendre mon mal en patience. Vers 14h, je me lève de ma chaise et je sens quelque chose “couler”. Je cours donc à la toilette pour découvrir, déçue, seulement une toute petite trace de gélatine sur le papier. Je dis quand même à Hom que c’est bon signe, car un morceau de bouchon, ça veut dire que le col travaille... enfin! En me relevant, j’apperçois dans la toilette le fameux bouchon. Il est là, intact, gros comme mon pouce. Aucun doute là-dessus, j’avais perdu mon bouchon! Enfin un pas en avant! Je demande à Hom de venir voir. Nous sommes tous les deux dégoûtés et excités à la fois. Ça avance! On décide de regarder un film, pour passer le temps. À peine 15 minutes après le début du film, je sens ma culotte et mon pantalon se mouiller subitement. Je coule comme un robinet et je ne peux l’arrêter. Chéri, je crève mes eaux! Chéri, je couuuuule! Je ris comme une folle, Hom court partout à la recherche de quelque chose pour absorber la piscine qui se vide. Je ne peux m’empêcher de rire. Je rêvais de pouvoir faire comme dans les films et de dire à mon chum “Chéri, je crois que ça y est!” et voilà que je le vivais! Hom m’apporte une serviette de bain que je place entre mes jambes, le temps de me rendre à la salle de bains. Dans le bain, j’enlève mes pantalons. Après quelques minutes de dégoulinage, ça semble terminé. Hom appele la maternité, pour les avertir. Je mets une serviette, change de pantalons et nous voilà partis! C’est bien vrai, je vais enfin accoucher! Hom a mis un piqué sur le siège d’auto, au cas où. Il a bien fait, car à chaque contraction, la piscine continue de se vider! J’essaie de retenir, de me placer de façon à ce que ça coule dans ma serviette, mais il n’y a rien à faire, c’est le déluge! Nous arrivons finalement à l’hôpital. Mes jeans sont complètement trempés. Dehors, il fait un beau soleil, mais très froid. Le vent glacé sur mes jeans mouillés vient me geler les cuisses. Je dois m’arrêter à chaque contraction pour prendre mon souffle. Elles deviennent de plus en plus douloureuses. L’ascenceur prend une éternité à partir. Je sens les regards des gens se poser sur moi, certains devinant très bien ce qui est en train de m’arriver. Je m’en fous, je suis trop excitée à l’idée de rencontrer bientôt mon petit garçon! Arrivée dans la salle de triage de la maternité, on m’examine. Je suis dilatée à 3 cm. Enfin! Je suis admise. On me donne une belle jaquette bleue et on m’amène à ma salle d’accouchement. Il est 15h15. Je ne calcule plus mes contractions, mais je sais qu’elles sont longues, douloureuses et rapprochées. On me branche sur soluté et antibiotique, puisque j’ai testé positive au stretocoque B. J’endure encore bien les contractions, mais elles font mal dans mes reins. Je cherche une position qui les fera mieux passer. J’essaie couchée, assise, en marchant... C’est pendue au cou de Hom que j’arrive le mieux à relaxer. Il me masse le dos et m’encourage à bien respirer. J’arrive à bien faire mes respirations profondes, heureusement. Je trouve mes contractions longues. Dès que je crois qu’une finit, une autre recommence, sans repos entre les deux. Ça doit être dans ma tête... Hom me flatte, me donne des gorgées d’eau, me supporte, me tient quand je souffre. Il est très patient et calme, ce qui m’aide à ne pas perdre la tête. Vers 17h, on essaie le bain tourbillon. Je croyais vraiment que ça me ferait du bien, mais non, pas du tout. Je flotte, je suis trop petite pour le bain, je ne suis pas confortable... Sans parler des contractions! Après 20 minutes, je sors. L’infirmière m’examine: je suis encore à 3 cm. Je suis un peu découragée. On décide d’essayer le ballon. Pendant plus d’une heure, je me tortille sur le ballon, faisant des rotations de bassin pendant que Hom me fait des points de pression dans le dos. Plusieurs fois, je répète à Hom que je n’en peux plus, que j’ai trop mal, que je suis épuisée et que je ne tiendrai pas le coup jusqu’ à la fin. À chaque fois, il me dit calmement que si c’est ce que je veux, qu’on le demandera, mais qu’on peut essayer encore un peu plus longtemps... “Essaie une heure mon amour. Juste une heure. L’infirmière va revenir à ce moment-là et on verra rendus là.” Je suis d’accord, j’endure. J'essaie de prendre ça une contraction à la fois. Je tourne sur le ballon, je gémis, je chiale, mes yeux ferment tout seuls, ma tête est lourde... J’ai des nausées à chaque contraction. Je sens mon endurance et ma volonté me lâcher tranquilement. Quand j’ai mal et que je veux tout abandonner, je pense à tout ce que nous avons fait pour en arriver là. Je pense à tous les tests, tous les médicaments, toutes les déceptions. Je pense à toutes les femmes qui n’ont pas (encore) eu la chance de vivre ce que je vis. Je suis forte pour vous, consoeurs infertiles. Je réalise le rêve que nous avons en commun. Je n’ai pas le droit de vouloir abandonner. Je pense à notre bébé et un peu de force me revient. Quand l’infirmière vient m’examiner vers 18h30, je suis à 4 cm plus. Pas un gros progrès depuis que je suis arrivée à l’hôpital... On continue le ballon un peu, mais mon idée est faite. Si je veux être capable de continuer, si je veux avoir la force de pousser, je dois demander la péridurale. Je n’y arriverai pas autrement, je connais mes limites... Je suis déçue, j’aurais aimé ne pas en avoir besoin, mais j’avais décidé de ne pas m’en vouloir pour ça et c’est ce que j’ai fait. On sonne l’infirmière et on lui demande comment on doit fonctionner. Elle me dit “si tu veux l’épidurale, tu dois la demander tout de suite, car l’anesthésiste en fait une en ce moment, puis il va faire une césarienne et tu ne pourras plus l’avoir après...” Je lui donne mon accord, signe les papiers et prends une respiration. Tant pis! Je m’assieds en indien sur le lit, le dos courbé. Je tiens mes chevilles fermement, je ne dois pas bouger. L’anesthésiste est très gentil, il m’explique tout, prend son temps. Il me dit de l’avertir quand j’ai une contraction, mais de ne pas bouger et de la respirer. J’en ai une qui arrive... Je respire très fort, très profondément, très longtemps. L’anesthésiste et l’infirmière se regardent et trouvent mes contractions très longues. C’est difficile de ne pas bouger, mais j’y arrive. Il me pique, me joue dans le dos, je contracte, je respire, j’ai hâte que ça finisse, je sers le bras de Hom très fort. Par chance, je ne sens pratiquement rien de l’intervention, sauf une drôle de pression dans le dos. Je me couche, on m’installe le monitoring. Deux contractions plus tard, je suis délivrée de la douleur. Je sens bien les contractions, mais pas la douleur. Ouf! Je peux me reposer un peu. Sur le moniteur, on s’apperçoit que mes contractions sont en fait jumellées. J’ai une grosse contraction qui dure près d’une minute, elle ne descend qu’un petit peu avant de remonter et de faire une deuxième contraction collée. J’ai ensuite une petite pose et ça recommence. Ce n’était donc pas dans ma tête finalement! Mon médecin vient m’examiner. Je suis à 5 cm. Il est 19h15. Je lui demande si la péridurale peut ralentir le travail. Il me dit que ça arrive, mais que quand c’est fait au bon moment, ça ne le ralentit pas. Il se peut même que ça aille plus rapidement, étant donné que je suis plus détendue maintenant. Il me dit être très surpris de me voir là, qu’il croyait vraiment seulement nous revoir mardi à la clinique. Nous aussi! Il est très content pour nous. À 20h15, on me ré-examine. Je suis à 8 cm! Wow, ça avance vite et ça ne me fait plus mal! J’en profite pour me reposer, boire un peu de jus, rigoler avec Hom. L’effet de la péridurale est vraiment bizarre... C’est un peu comme quand on se gèle un orteil en ski... On le sent avec nos doigts, mais pas sur notre pied... Sauf que cette fois-ci, ce sont toutes mes jambes et mes fesses que je ne sens plus. Je les touche avec ma main et j’ai l’impression de toucher quelqu’un d’autre... Je suis pourtant capable de les bouger un peu... Mon médecin revient me voir vers 20h50. À sa grande surprise, je suis complète! L’infirmière m’explique comment me placer pour pousser, me donne des suggestions. Je pose des questions sur certains côtés plutôt gênants, elle me rassure. Pas de place pour l’humilité quand on accouche! On doit laisser tomber les inhibitions et pousser! Je pousse donc. Après quelques poussées, mon médecin décide qu’on doit attendre encore une heure car le bébé est encore haut. Je commence à vraiment sentir le bébé pousser dans mon bassin. On me donne donc un petit bonus de péridurale. On me donne une couverture chaude, ça fait vraiment du bien! À 22h, c’est enfin le temps de pousser pour de bon! Je dis un dernier adieu à ma bédaine et je me prépare. Hom me tient le bras, me flatte, m’encourage doucement. Je pousse avec force, mais mes contractions sont éloignées l’une de l’autre. Ce que je force à une se perd dans l’espace entre deux. On me donne donc du pitocin pour essayer d’augmenter mes contractions. Je pousse, je pousse. L’infirmière me dit que je pousse très bien, mais rien ne se passe... Je suis en train de me faire une belle collection d’hémorroïdes à ce qu’elle me dit. Mon médecin revient me voir vers 22h45, me dit que ce sera un autre médecin qui m’accouchera et que je pousserai encore peut-être une heure. Il nous félicite, nous sert la main. Nous le remercions de tout coeur. Après tout, il nous a suivis 2 ans en fertilité, puis pendant toute la grossesse. Nous sommes là un peu grâce à lui! Je suis épuisée de pousser. Ma bouche est sèche, je grelotte, je ne me sens pas bien. Ma température est haute, je commence à faire de la fièvre. Le coeur de bébé monte en flèche. On lui place une sonde sur la tête pour bien capter son pouls. Je demande à Hom de me parler pendant que je pousse, parce que je m’accroche à sa voix. Les encouragements de l’infirmière ne sont qu’un bruit de fond pour moi. La voix de mon amour m’aide à me concentrer, à ne pas perdre la raison. Il me parle, me mouille le visage et les lèvres avec une débarbouillette mouillée entre les poussées. Il me donne des gorgées d’eau, me regarde, change la débarbouillette froide que j’ai dans le cou. Il est mon ancre, sans lui je partirais à la dérive... On arrête le pitocin car au lieu d’augmenter le nombre de contractions, ça a augmenté leur durée. J’ai maintenant des contractions de 4 minutes avec 5 minutes entre chaque. Quand le nouveau médecin arrive, vers minuit 30, je suis crevée. On me dit qu’il y a du méconium dans le liquide, que bébé est un peu en détresse. Le médecin me parle gentiement, nous dit ce qu’il en est. Bébé n’est pas loin, en fait, il est vraiment sur le bord, mais n’arrive pas à sortir. Deux options s’offrent à nous: les forceps ou la césarienne. Selon lui, la césarienne serait ridicule, étant donné que bébé est si près du but. Mais moi, les forceps me font peur. Je n’ai qu’une image en tête, celle des histoires de grands-mères, des grosses pinces avec lesquelles on tirait bébé du ventre. Il m’explique qu’il ne tirera pas bébé, qu’il va simplement placer les forceps pour le guider. C’est seulement une aide. Je lui demande s’il y a des risques pour le bébé. Il me dit que non, sauf peut-être des marques sur la tête qui partiront dans quelques jours. Hom et moi nous regardons. D’accord, allez-y. Je ne veux rien savoir d’une césarienne, surtout si l’autre option est aussi simple qu’on me le dit. Le médecin place la première partie des forceps, qui ressemble à une grosse cuillère. Je sens une très grosse pression dans mon bassin. Il place ensuite la deuxième partie, une autre grosse cuillère. C’est vraiment très désagréable comme sensation. J’ai l’impression que le bassin va m’exploser. On me demande de pousser, mais j’ai tellement mal que je pense seulement à faire passer la douleur avec des grandes respirations. Je suis dans un brouillard, j’ai mal, je suis fatiguée... Puis j’entends la voix de mon amour me dire de pousser comme je faisais tout à l’heure, en retenant mon souffle. Oui, je pousse! Je pousse! Et cette fois-ci, je sens vraiment qu’il se passe quelque chose. Je ne vois rien, je suis comme dans un rêve, mais Hom m’a décrit ce qu’il se passait. Le médecin lui a montré la tête, tout content. Puis il l’a vu dérouler deux tours de cordon autour du cou de bébé. Bébé est ensuite sorti d’un coup. Je n’ai pas crié, j’ai seulement soupiré de délivrance. Hom n’a pas pu sortir le bébé de mon ventre comme on l’avait demandé, mais nous comprenions. Les infirmières le placent sur moi. Je soupire un petit “enfin!...” et les mots me manquent. On me demande de le tenir, de le frotter. Il ne pleure pas, il a une drôle de couleur... Hom coupe le cordon et les infirmières l’apportent tout de suite plus loin dans la chambre pour aspirer le liquide qu’il a dans les poumons. Pendant ce temps, je continue à pousser pour expulser le palcenta. Je regarde Hom regarder bébé, mais je ne vois pas bébé. Je l’entends pleurer, ça me fait du bien. Continue mon amour, accroche-toi! Je demande silencieusement à Hom, à l’autre bout de la pièce, s’il a tous ses morceaux. Il me fait signe que oui. Est-il beau? Il me fait signe que oui. C’est bien un petit gars? Oui oui. Mon coeur est plus léger pour quelques secondes... Il est né à minuit 46, samedi le 28 janvier 2006. Il pèse 7 livres et 11 (3495 g) et mesure 52 cm (20,5 pouces). On me recoud pendant que Hom et les infirmière s’occupent de notre bébé. Elles l’amènent sous observation, Hom les suit. Je reste seule avec une infirmière et le médecin qui me fait du petit point entre les jambes. Quand le médecin a terminé et s’en va, l’infirmière me nettoie et me donne un petit drap. Je n’ai pas droit à la couverture chaude cette fois-ci car je fais encore de la fièvre. Elle me donne un jus d’orange, puis elle me laisse seule. Je suis là, couchée dans mon lit, seule. Plus de bébé, plus de chum, plus de bédaine. Je pleure. J’ai mal, je m’inquiète, personne ne vient me donner de nouvelle. Où est mon bébé? Est-ce qu’il est correct? Quand vais-je le voir? Les larmes coulent sans que je puisse les arrêter. J’ai tellement peur. Je veux mon bébé, je veux mon chum! Les pires scénarios me traversent l'esprit. Je veux mon bébé! Je me sens seule, vide, perdue. Je regarde les aiguilles tourner sur l'horloge... Tout ce temps sans voir mon bébé... je suis déchirée et impatiente. L’infirmière revient me voir et m’apporte deux verres d’eau. Elle me voit en larmes et me demande si je suis triste parce que je m’ennuie de mon bébé. Bien évidement! Elle me demande si je veux que mon chum vienne me donner des nouvelles. Oui, oui, s’il-vous-plaît!! Elle repart. Mon chum arrive quelques minutes plus tard. Il me dit que tout est correct, qu’il est juste sous observation parce que sa coloration n’était pas super belle et que ses poumons “tiraient” un peu au début. Il prend la caméra et retourne auprès de lui. Il revient me voir quelque temps plus tard, me donne la caméra et me dit que je peux le regarder là-dessus en attendant. Sur le petit écran de la caméra, je vois mon petit bébé bouger, les yeux grands ouverts vers son papa. Je pleure, il est si beau, si petit! Environ 1h30 après sa naissance, Hom m’apporte enfin notre bébé. Ça été la plus longue heure et demie de ma vie. Il le place sur moi, je l’embrasse partout. Qu’il est beau! Qu’il est petit! Qu’il est beau!! J’essaie de lui donner le sein, mais ça ne fonctionne pas. On nous transfert enfin dans une chambre. Malheureusement, même si nous avions demandé une chambre privée, nous devons nous contenter d’une chambre semi-privée. Il est 3h30. Je réussis enfin à l’allaiter, couchée. C’est magique, ça me donne des frissons. Il est tout chaud collé sur moi. Il sert les poings, boit mon lait, s’abandonne à moi, à nous. Notre fils, enfin, notre petit Pépin est là. Comme j’ai accouché après 21h, j’ai dû passer 3 nuits à l’hôpital. La première nuit a été plutôt courte. Entre les visites des infirmières pour vérifier mes signes vitaux et ceux de bébé, vérifier mes points, mes saignements, mon derrière (je l’ai bien dit, adieu l’humilité!), me poser des questions, me faire uriner dans un pot et les pleurs du bébé de notre voisine (notre bébé a dormi dur comme fer) et le passage incessant d’infrimière à l’extérieur de la chambre, le sommeil s’est fait rare. Hom a essayé de dormir dans son petit lit de camp, à côté de moi. La journée s’est déroulée pas mal de la même façon. J’avais très mal au derrière, j’avais peine à bouger. Les voisins étaient très bruyants et énervants. Je ne pouvais pas dormir. Une gentille infrimière m’a suggéré de prendre une douche et m’a donné des médicaments pour la douleur ainsi que des compresses pour mes fesses. Quel bien ça m’a fait! J’ai fait des appels, dormi un peu, mangé. Ma mère est venue nous voir en soirée, les parents de Hom aussi. Des grands-parents fiers et heureux de rencontrer leur petit-fils. La deuxième nuit a été plus mouvementée. Bébé ne voulait pas dormir dans son petit lit. Dès que Hom le prenait, il dormait, mais s’il le déposait, il se remettait à pleurer. De minuit à 6h, Hom a déambulé dans les corridors, somnolent, avec bébé dans les bras. Les infirmière lui avaient dit que c’était probablement des sécrétions. Il essayait de lui tapotter le dos, rien ne sortait. Jusqu’à ce qu’une d’elle dise que bébé recherchait probablement juste la chaleur et le battement du coeur de papa. Nous l’avons donc couché près de moi dans mon lit et hop! Un bébé qui dort! Et une maman si heureuse de dormir collée sur son petit homme! Nous avons finalement eu notre chambre privée pour la dernière journée et nuit. Enfin! Quelle différence, plus de voisins bruyants, une douche directement dans la chambre, la paix quoi! Mon père et sa copine sont venus nous visiter. Ils avaient apporté un gâteau aux carottes et des fraises. Nous nous sommes litéralement jettés dans les fraises! La bouffe d’hôpital, vraiment pas de la haute gastronomie! De la viande sèche, des patates pilées, des petits légumes coupés en cubes... Toujours la même formule! Et ce n’est vraiment pas dans mes habitudes de manger de la viande et des patates, encore moins à tous les repas. La journée s’est bien déroulée. Le frère de Hom et sa blonde sont venus nous voir. Les visites des infirmières se faisaient plus rares. J’ai par contre failli envoyer promener celle qui est venue nous réveiller à 3h du matin (alors que nous dormions quelques heures d’affilée pour la premier fois depuis 3 jours). Quand je lui ai demandé pourquoi elle nous réveillait (d’un ton très sec, je l’avoue... je ne suis pas des plus cordiales à 3h du matin), elle m’a répondu “ben, pour le faire boire! Ça fait 5 heures qu’il n’a pas bu!” Bébé dormait bien dur, tout collé sur moi. On me l’a enlevé quelques instants et de nouvelles infirmières sont venues prendre ma pression. Elles m’ont alors expliqué qu’un bébé né aux forceps est plus dormeur et que le médecin a demandé qu’il soit nourri aux 5 heures. Drôle qu’on me dise ça lors de ma dernière nuit à l’hôpital... Enfin bref, je l’ai nourri. On m’a dit qu’il était un peu chaud, probablement parce qu’il dormait tout collé sur moi. Je devais moins le coller. Pff, comme si j’allais moins coller mon fils que j’ai tant attendu parce qu’une infirmière en formation le trouve chaud! Le lendemain matin, nous avons eu une rencontre où on nous a remis toutes sortes de papiers et formulaires. J’ai ensuite suivi un petit cours donné par une physiothérapeute pour une remise en forme pour les nouvelles mamans. Je croyais avoir mon congé suite à ça, nous avons donc tout fait nos valises. Le pédiatre est venu signer le congé de bébé, il ne me restait qu’à attendre le mien. L’infirmière est venue me voir peu de temps après pour me dire que mon congé m’était donné, mais que le pédiatre revenait sur sa décision et préférait garder bébé jusqu’à la fin de l’après-midi parce qu’il était chaud cette nuit. Et voilà, je payais finalement pour avoir collé mon bébé! Nous avons encore patienté et mangé un dernier repas dégueulasse d’hôpital en attendant de pouvoir partir. Vers 14h30, l’infirmière est venue prendre la température de bébé. Tout était beau, nous pouvions enfin partir! Bébé bien emmitoufflé dans son siège d’auto, nous sommes partis de l’hôpital où il était né. Il faisait encore beau et froid. Notre vie de nouveaux parents commençait enfin réellement. Libellés : allaitement, famille, grossesse (IV), nouvelle maman, postpartum, Tithom 29 décembre 2005Les fêtesLe temps des fêtes est une période très occupée chez nous, surtout depuis que je suis avec Hom. À mes partys de famille habituels (en double car mes parents sont séparés) se sont ajoutés ceux de sa famille (heureusement, ses parents sont encore ensemble). Nous avons donc eu droit à 4 partys en autant de jours, du 24 au 27. Beaucoup de bouffe, beaucoup de cadeaux, beaucoup de fatigue cette année pour moi. Et c'était seulement pour Noël! Le temps des fêtes est aussi une période très difficile pour les infertiles. Plusieurs fêtes, comme Noël, le Jour de l'an, la fête des mères et notre anniversaire nous ramènent toujours vers ce qu'il nous manque le plus: un enfant. Ce sont des jours difficiles à passer, où on se sent très seuls, abandonnés. Noël, c'est une fête magique quand il y a des enfants autour de nous. On imagine ce que ce pourrait être si on avait un bébé, qui regarderait le sapin avec des yeux qui brillent, qui ouvrirait ses cadeaux en riant. On se sent tellement vide quand on ne peut pas vivre ce bonheur. Il manque un gros morceau à notre vie et on ne sait pas où ni comment le trouver. À chaque Jour de l'an, on se fait souhaiter la même chose. On se dit que cette année sera la bonne, que l'an prochain, nous serons trois. Et quand le Jour de l'an suivant arrive et que nous sommes toujours au même point, c'est horrible. L'impression d'avoir perdu une année est déchirante. Encore une fois, la chance nous a abandonnés. J'ai passé 3 ans comme ça. Trois Jours de l'an à me faire souhaiter un bébé, à me faire dire "tu verras, l'an prochain tu fêteras avec ton bébé!", à me faire croire que ça nous arriverait bientôt. L'an dernier a été plus dur que les autres, puisque je venais de perdre mon bébé tant désiré. J'ai même par moment détesté le temps des fêtes. Mais je n'aurais jamais cru que le prochain serait si différent. Cette année, c'est tout à fait le contraire. Je n'ai pas encore d'enfant avec moi, nous ne sommes pas encore tout à fait trois, mais tout a déjà changé. Je vois ce Noël comme étant vraiment le dernier que nous passons seuls. Ce n'est plus un souhait, c'est presqu'une réalité. L'année 2006 me semble si belle déjà, si remplie de surprises et de découvertes. Le Jour de l'an ne me fait plus peur. Notre rêve de devenir parents est si proche, notre douleur d'autrefois si loin... L'an prochain, nous aurons un petit tannant qui sera impresionné par les lumières et les cadeaux. Toute la dynamique des partys de Noël sera changée, puisque le premier bébé de la famille (des deux côtés) sera maintenant là. L'an prochain, Hom et moi serons une famille à part entière. Enfin! Libellés : famille, infertilité (III) 18 décembre 2005Surprise (finalement!)Dimanche le 4, comme prévu, Hom m'amène au restaurant pour Je n'ai pas eu à faire semblant, j'ai vraiment été surprise. Oui, je savais que ce serait mon shower, mais je ne m'attendais pas du tout à ce que j'ai vu quand il a ouvert la porte. Une grande salle, toute décorée, remplie de gens (plus qu'une cinquantaine!) qui souriaient et qui semblaient heureux de nous voir arriver. Tant de gens, tant d'amour dans une même salle, je n'en reviens pas encore... Il y avait là mes ami(e)s, ma famille, celle de Hom, des ami(e)s de la famille... Tous venus pour célébrer l'heureux événement qu'est l'arrivée prochaine de notre garçon. Nous avons fait le tour, embrassé tout le monde. Puis ma mère m'a prise par la main et ma amenée vers le mur où était posée une banderole. Sous la banderole, une courtepointe accrochée sur une corde à linge. Le souffle m'a presque manqué! La chambre de bébé a pour thême le Petit Prince. Sur cette courtepointe, 15 carreaux sont brodés à la main. Ces carreaux, tous représentant un dessin différent du Petit Prince, ont été brodés par 15 personnes différentes, à leur façon. Des amies d'enfance, ma tante, ma grand-mère, ma mère, des amies de ma mère, ma cousine, mes belles-soeurs... 15 femmes ont brodé pour mon petit garçon à naître. Quel cadeau unique et extraordinaire! Quelle bonne idée! La soirée a été très amusante, remplie de surprises. Plusieurs jeux avaient été organisés, dont un où les gens devaient estimer la grosseur de ma bédaine à l'aide d'une corde. J'ai alors vu que les gens me croyaient bien plus grosse que je ne le suis en réalité! Hom et moi avons eu droit à une dégustation de purées de bébé (vraiment mauvais!) et Hom a dû compétitionner avec d'autres gars en mitaines pour changer une couche. Nous avons été ensevellis de cadeaux, allant du matelas au pyjama, en passant par les piqués, débarbouilettes et couvertures. Une amie avait fait les emballages, dont un en forme de gâteau de noces. Des étages de couches roulées, entourées de couvertures et parsemées de jouets, produits pour le bébé, pantoufles... La soirée a été super agréable et a passé très vite. Je n'ai pas eu le temps de parler à tout le monde tellement il y avait de gens et tellement je me faisais demander d'un bord et de l'autre. Mais de voir tous ces gens autour de nous, souriants, heureux de célébrer avec nous cet événement, a gonflé mon coeur. J'ai passé la soirée à sourire, à parler, à rire et rien n'était forcé. Les mains se sont succédées sur mon ventre et ça ne me dérangeait pas le moins du monde! Je n'ai pas pleuré de la soirée tellement j'étais à la fois dépassée par les événements et heureuse d'être autant couverte d'amour. Une fois le party terminé, les cadeaux embarqués dans la voiture et la portière fermée, je n'ai pas pu retenir les larmes. J'ai pleuré et pleuré, de bonheur, d'incrédulité, d'un mélange d'émotions... Je me demandais bien ce que j'avais fait, moi, pour mériter autant d'attention et d'amour. Je ne suis pas toujours une bonne amie, ni une bonne fille. Malgré tout, tant de gens se sont déplacés pour nous, pour nous montrer qu'ils partagent notre bonheur. J'ai pleuré aussi de remords. Je n'avais pas laissé le bénifice du doute à ma mère. Je ne croyais pas qu'elle ferait quelque chose comme ça. Je n'y avais pas cru, je partais avec l'idée que ce serait ordinaire. Je m'en voulais d'avoir pensé ça alors qu'elle et mes amies se sont donné beaucoup de mal pour faire de cette soirée notre soirée. J'ai pleuré en déballant les cadeaux chez moi, en imaginant la venue de notre garçon. J'ai pleuré en regardant la courtepointe, en voyant la broderie de ma mère et celle de ma grand-mère... Pépin aura toujours un petit morceau de sa grand-mère et de son arrière-grand-mère dans ses souvenirs. Et j'ai pleuré parce qu'enfin, sa venue éminente se concrétisait dans la maison sous forme d'objets. J'ai pleuré en pensant qu'après tout ce temps, c'était vrai, on allait devenir parents dans très peu de temps. Je suis énormément reconnaissante pour cette belle soirée. Je m'en souviendrai toute ma vie. Libellés : amis, famille, grossesse (III) 6 octobre 2005Encore difficileJe parlais à ma mère ce matin et elle m'annonce tout bonnement que mon frère (celui qui s'est marié cet été, le plus vieux) et sa femme veulent une maison et un bébé. En blague, je réponds qu'il copie sur moi. Elle me dit que ma belle-soeur a arrêté la pilule et "qu'il était temps." Ce genre de remarque n'est vraiment pas nécessaire, mais ce n'est pas ce qui m'a le plus dérangée. Je ne croyais pas que ça me dérangerait encore à ce point, mais je me rends bien compte qu'il y a encore plusieurs blessures non cicatrisées sur mon coeur. Ça me fait quelque chose de savoir que mon frère et sa femme essaient d'avoir un enfant. Ça me fait quelque chose et pas de la bonne façon, mais je n'arrive pas à comprendre pourquoi exactment. Bien sûr, quand j'étais en essais, je redoutais le jour où mon frère nous annoncerait que je serais tante avant d'être mère. C'était une de mes plus grandes peurs. Maintenant que je suis enceinte, je croyais que je pourrais m'en sortir sans trop m'en faire. Bon, d'accord, je serais heureuse pour eux, y'a aucun doute là-dessus. Mais ça me fatigue quand même de savoir que dans quelques mois, peut-être, ils auront réussi ce que nous avons mis tant de temps à accomplir. Je ne leur souhaite pas que ce soit long, loin de là. Je ne souhaite ça à personne. J'aurais peut-être seulement aimé qu'ils attendent encore un tout petit peu... C'est égoïste, je le sais et ça me fâche de me sentir comme ça. Encore la foutue compétition avec mon frère, qui a tout eu facilement alors que moi j'ai toujours dû me battre. Je sais que je ne devrais pas mettre la charrue devant les boeufs, après tout, elle n'est pas encore enceinte... Libellés : famille, grossesse (III), infertilité (III) 4 octobre 2005Pas si idiotsJe savais, en apprenant que j'étais enceinte, que j'allais faire face, pendant des mois, à des commentaires commençant par "tu vas voir..." et "un p'tit conseil". Je savais que les gens voudraient nous transmettre leur savoir, nous éduquer, nous, pauvre petit couple sans enfant. Pendant mes années d'infertilité, j'ai tellement entendu souvent des imbécilités du genre "vous êtes chanceux de ne pas avoir d'enfant, vous êtes bien comme ça". Pendant des années, je me suis fait dire, indirectement, que je ne connaissais rien si je ne connaissais pas ce qu'était qu'élever un enfant. Je SAIS qu'il y a bien des choses que je ne connais pas. Je SAIS que nous ne saurons ces choses qu'une fois plongés dedans. Je sais aussi que ces gens veulent bien faire, veulent partager leur expérience en espérant nous être utiles. Quand nous avons commencé les essais, je ne connaissais pas grand chose sur la conception, encore moins sur l'infertilité. Je ne me suis jamais gênée pour lire, pour poser des questions et faire des recherches. Je n'ai jamais eu honte de demander, jamais eu honte d'avouer ne pas savoir quelque chose. J'ai fait face à beaucoup d'ignorance et d'insensibilité, mais j'ai su m'entourer de gens qui savaient m'écouter et me respecter. Les choses n'ont pas changées depuis que je suis enceinte. Je suis encore entourée des mêmes personnes patientes et sensibles. Plusieurs de mes amies ont des enfants elles-mêmes et sont maintenant heureuses de répondre à mes nombreuses questions. Car oui, j'en pose, puisque je ne connais rien aux bébés. Je n'ai pas honte de poser des questions ou de chercher les réponses dans des livres ou sur le net. Je ne me sens pas idiote de ne pas tout savoir et mes amies me respectent. Mais il y a encore certaines personnes qui croient que c'est de leur devoir de m'éduquer. Il n'y a rien que je déteste plus qu'un conseil non sollicité. Si je ne pose pas de question ou si je ne demande pas conseil, c'est que j'en ai pas besoin. On dirait que les gens ne font pas confiance en notre jugement. "Oh, ils n'ont jamais eu d'enfant, comment peuvent-ils savoir?" se disent-ils. Je sais très bien que nous avons des tonnes de trucs à apprendre et que nous les apprendrons probablement "sur le tas". Ça fait bien notre affaire, on est du genre indépendant. J'apprécie l'aide de mes amies, leurs conseils et réponses me sont très précieux. Mais de me faire dire "tu devrais faire ci ou ça" alors que je n'ai rien demandé, je n'apprécie pas. Ma mère, entre autres, ne nous fait pas confiance. On a acheté notre ensemble poussette et siège d'auto et elle nous a longuement interrogés à savoir si c'était vraiment sécuritaire, si on avait bien regardé, parce que ça a l'air plutôt mal fait comme truc... On venait de discuter avec des policiers sur la sécurité des bébés dans la voiture et sur les nouveaux sièges d'auto. Ils nous avaient remis des dépliants que nous avons pris la peine de lire. Nous avons comparé plusieurs modèles, interrogé les gens autour de nous, fait des recherches sur le net. Sommes-nous si idiots qu'on ne peut pas choisir un bon siège d'auto pour notre enfant? Un autre exemple... un amie à moi a des enfants qui vont à l'école. Elle ne leur a jamais fait porter de couches de coton, mais elle prend la peine de me faire un discours (alors que je ne lui ai rien demandé) sur les couches de coton, le travail supplémentaire que ça représente, le trouble, etc. Quelle crédibilité a-t-elle, dites-moi? J'ai discuté avec des femmes qui avaient utilisé les couches de coton et n'avaient que des bons commentaires. J'ai lu des témoignages, questionné une amie à moi qui les utilise en ce moment... bref, je n'ai pas besoin de l'opinion non fondé et non sollicité d'une maman de pré-ados qui n'ont jamais porté de couches de coton. Nous n'avons peut-être jamais eu d'enfant, nous sommes peut-être encore au stade amateur dans la discipline Parents. Je crois quand même que nous avons assez de jugeotte et de ressources pour faire les bons choix et poser les bonnes questions lorsque nécessaire. Je sais très bien que les gens ne veulent pas mal faire, exactement comme quand ils nous conseillaient de relaxer pour pouvoir tomber enceinte. L'intention est bonne, le message ne l'est pas. Libellés : famille, grossesse (III) 23 août 2005Et puis?La fin de semaine s'est relativement bien déroulée. Je dois même dire que j'ai été agréablement surprise. Bon, il a plu toute la journée samedi et une partie de la matinée de dimanche. J'ai eu droit à quelques commentaires ou conseils du genre "tu vas voir...", mais rien de vraiment dramatique. Très peu de gens ont essayé de me taponner le ventre, mais pratiquement tout le monde m'a regardé la bédaine avant de me regarder dans les yeux pour me saluer. Je n'ai pas eu à dormir dans la tente, être enceinte a ses avantages! Le blé d'inde était bon. Et surtout, je n'ai pas chanté au karaoke. Je n'ai même pas eu à aller me cacher dans le bois! Le taux de participation a été pas mal bas cette année, ce qui a découragé les animateurs de forcer ceux qui n'avaient pas chanté à monter sur scène. Les seules choses qui m'ont vraiment achalée sont les questions qui commençaient pas "as-tu pensé?" comme "as-tu pensé que l'an prochain vous allez venir ici avec un bébé?" ou bien "as-tu pensé qu'à Noël tu vas avoir une grosse bédaine?" Je me demande si les gens croient sérieusement que je n'ai pas pensé à tout ça... Enfin, ce n'est pas pour mal faire, je crois que la question se dirige plutôt vers eux. Ils se rendent tout à coup compte de certaines choses qui changeront d'ici quelques mois et se demandent tout haut si j'ai déjà moi-même fait ces conclusions. Oui, j'ai pensé à tout ça. Et même bien plus. Libellés : famille, grossesse (II), sorties 19 août 2005On va s'amuser!En fin de semaine, c'est le pic-nic/épluchette/party annuel de la famille de la mère de Hom. Un beau gros 2 jours avec la belle-famille étendue. J'ai même droit à une nuit bonus puisqu'Hom et moi y allons dès ce soir pour aider les beaux-parents à préparer tout ça. Tout le monde y sera, ce qui veut dire beaucoup de monde, puisque ma b-m a 5 soeurs et un frère et qu'ils ont tous des enfants, dont certains ont des enfants aussi. Un gros party de cousins, cousines, oncles, tantes, frères, soeurs, où tout le monde dort sur place, soit dans une roulotte ou dans une tente et où tout le monde chante le soir autour du feu de camp. Ça semble amusant comme ça, non? Non. Depuis l'an dernier, le bivouac a évolué, question de suivre les technologies modernes. Nous sommes maintenant à l'ère du... karaoke! Joie! L'an dernier, j'ai eu la chance immense de faire une laryngite (vraiment involontaire, juré!) cette fin de semaine là, ce qui m'a sauvée Pour ajouter insulte à l'injure, ils annoncent de la pluie à partir de ce soir jusqu'à dimanche matin. Vraiment le temps idéal pour une fête en plein air! Même si on instale une grande toile et qu'on s'arme de parapluies, ça enlève beaucoup de spontanéité et de liberté à cette fête. Pas le choix de rester sous la toile, près de la machine à karaoke! Moins facile d'aller se cacher dans le bois jusqu'à ce que tout le monde soit couché! On va passer au cash, coûte que coûte! Je chiale, mais au fond, je vais sûrement m'amuser quand même. Ok, peut-être pas en chantant, mais en écoutant les autres Blé d'inde... Blé d'inde... Pensons fort au blé d'inde... Y'est mieux d'être bon! 15 août 2005Un beau mariageSamedi matin, je suis allée me faire coiffer. Après près de deux heures à me faire friser et placer les couettes, je suis retournée chez moi. Hom et moi nous sommes préparés et sommes partis pour aller rejoindre ma famille chez mon frère. Toute la famille y était: ma mère et son copain, mon père et sa copine, mes frère et les garçons d'honneur. Tout le monde était beau, en tuxedo ou en belle robe, les cheveux bien coiffés, les yeux brillants et le sourire aux lèvres. Je n'avais jamais vu mes frères aussi beaux! Et de voir ma mère et mon père dans la même pièce, à rire ensemble, avec leurs conjoints, c'était... unique. Mes parents ne s'étaient pas laissés en mauvais termes, mais ne s'étaient pas vraiment reparlé non-plus, une fois le divorce finalisé. Ça me faisait drôle de constater que je pouvais encore avoir une famille, quand ça comptait. Déjà là, on me couvrait de compliments sur ma robe, mes cheveux, mon petit ventre qui pointait discrètement et mon décoleté qui n'avait jamais été si plein! J'aimais bien mon bedon ce matin-là, il avait poussé un petit peu, comme si Pépin voulait lui aussi participer à cette belle journée. Nous sommes partis vers 13h15, en direction de l'église. Les gens se sont mis à arriver tranquilement. De tous les mariages où je suis allée, c'était le premier où je connaissais tant de gens, où notre famille était à l'honneur. Nous avons finalement pris place, fébriles, en attendant l'arrivée de la future-mariée. Mon père et ma mère ont mené mon frère à l'avant. Je pleurais déjà. Puis les cloches ont sonné. Les demoiselles d'honneur sont entrées, suivies de la future-mariée, accompagnée de ses parents (eux aussi divorcés). Quelle belle occasion qu'un mariage pour réunir, pour un instant, des familles brisées. Ma belle-soeur était magnifique, souriante et radieuse. Ma gorge était nouée et mes yeux pleins de larmes. La cérémonie fut belle, les mariés se regardaient avec des yeux scintillants. Il faisait terriblement chaud dans l'église. Mon autre belle-soeur était assise derrière moi et me faisait du vent dans le cou de temps en temps avec un évantail chinois. Heureusement, sinon je serais bien tombée dans les pommes! J'étais assise avec ma grand-mère, qui n'a pas cessé de parler tout au long du mariage. Ma politesse m'empêchait de lui demander de se taire, mais ce n'était pas l'envie qui manquait! Elle m'a même dit: "tu as engraissé!" Ce à quoi j'ai répondu "non grand-maman, je n'ai pas engraissé, ce n'est pas de la graisse." "Bah! Engraissé, grossit, c'est la même chose!" "Non grand-maman, ce n'est pas pareil. Je n'ai pas engraissé, c'est mon bébé qui grandit." Quel manque de tact! Après la cérémonie et les quelques photos sur le pas de l'église, nous avont suivi le cortège de limousines jusqu'au parc où ils prendraient plusieurs photos. L'endroit était superbe, avec des jardins et des décors idéaux pour les mariages. D'ailleurs, il devait y avoit au moins 6 gangs de mariages différents avec leur photographe sur place. Après avoir pris quelques photos, nous sommes repartis, en direction de la salle de réception. Dans le hall, où nous prenions un verre (de jus, bien sûr!) en attendant l'ouverture de la salle, j'ai eu droit à différents commentaires. Les plus flatteurs étant "tu es belle!", "Ça te va tellement bien!" ou "Tu as une belle petite bédaine!" et les moins flatteurs du genre "ouin, ça paraît déjà tant que ça!" ou "juste 4 mois??" Plusieurs mains se sont aventurées vers mon ventre, mais j'ai réussi à pas mal toutes les repousser. J'ai eu droit à beaucoup de "bonne chance!" et de récits de grossesse (non sollicités de ma part, je précise). Bien des gens ont quand même respecté mes limites et ça m'a soulagée. On m'a posé quelques questions, si la grossesse allait bien, si j'avais des nausées, si nous savions le sexe, si nous avions choisi un prénom... Je trouvais ça correct, mais à la longue, je me tannais un peu de me faire poser des questions que sur ça. Je suis heureuse d'être enceinte, je suis heureuse de le partager, mais je suis plus qu'une femme enceinte. Enfin... La soirée a été très belle, amusante et remplie de sourires. La bouffe était bonne, quoi que très abondante. Je dois préciser que nous avions affaire à un réception grecque. Résumé du souper: amuse-gueules avec les drinks (bar-open toute la soirée), puis entrée (artichauts, taramosalata, feta, spanakopita, etc.), 2e entrée de pâtes (penne et caneloni farci, sauce tomates), salade avec fromage feta et olives, repas principal (veau avec pommes de terre et légumes), plateau de fruits de mer pannés (crevettes, pétoncles, calmars et langoustines), puis le dessert, une crèpe farcie de crème glacée. À tout ça, s'ajoute la table de desserts (et quand je dis table, je veux dire 4 tables pleines) avec le gâteau de mariage. Bref, assez pour tous nous faire exploser! J'ai eu droit à plusieurs moments touchants qui sont venus me serrer la gorge. Mon grand frère serrant très fort mon petit frère dans ses bras, le marié dansant avec ma mère, mon petit frère faisant un beau discours, très touchant et sincère, les mariés dansant leur première danse, mes grands-parents dansant le cha-cha... Et tout le monde si beau, si souriant, c'était très émouvant. Hom était tellement beau dans son habit et sa belle chemise. J'adore quand il s'habille "en monsieur". Nous sommes partis vers 1h30 du matin et nous n'étions pas les derniers. Nous avons dansé sur des airs américains, grecs et italiens. Nous avons entendu des discours en anglais, en français et en grec. Nous avons eu un apperçu d'un mariage grec, ce que nous ne connaissions pas. J'ai vu toute ma famille réunie, ce qui n'arrive pratiquement jamais. J'ai vu mon père et mes frères en tuxedo. Il y avait une caméra jettable à chacune des tables. À chaque place, il y avait une flûte à champagne avec un fraise au fond, pour le premier toast aux mariés. Nous avons reçu, en guise de remerciement, un beau plat à olives. Ma mère avait peint un magnifique coffre pour mettre les cartes pour les mariés. Ma belle-soeur fêtait aussi ses 30 ans hier, elle a donc eu un beau bouquet de ballons et un autre gâteau pour souligner l'événement. Le gars du télégramme chanté était par contre très pénible... Les jeux qui habituellement nous tombent sur les nerfs dans un mariage n'ont pas été nombreux. Je n'ai pas attrapé le bouquet et Hom n'a pas attrapé la jaretière. Les chansons énervantes qui reviennent toujours (YMCA, Celebration, etc.) n'ont pas joué. J'ai enlevé mes sandales et dansé comme une folle avec ma cousine. Bref, en tout et partout, une soirée mémorable. Hier, Hom et moi n'avons pratiquement rien mangé de la journée, trop bourrés que nous étions de notre soirée. Ce matin, mon frère et sa femme (ça fait drôle de dire ça!) sont venus me porter un morceau du gâteau de mariage (que je n'avais pas goûté) et un morceau du gâteau de fête. Ils avaient l'air reposés et heureux. Leur voyage de noces est la semaine prochaine, d'ici là, ils se la coulent douce, entre nouvaux-mariés. Hom avait peur que cette soirée me donne envie de me marier. Non, ce n'est pas le cas. J'ai bien aimé la soirée, j'en garde de très bons souvenirs. Mais j'étais très contente de ne pas être le centre de cette journée. Je ne me sens pas plus attirée par une telle journée pour nous. Je préfère encore le vivre pour les autres. ............................................. Si vous voulez voir quelques photos, envoyez-moi un email et ça me fera plaisir de vous les montrer. Je préfère ne pas mettre l'album ici, parce qu'il y a des photos d'autres personnes que moi. Libellés : famille, grossesse (II), sorties 12 août 2005ÉnervementEh bien je crois que ma danse du soleil et vos incantations ont fonctionné! Ils n'annoncent plus de pluie pour demain! Ce n'est pas mon mariage et je suis toute énervée. Je trouve que j'ai beaucoup de choses à faire d'ici demain et pourtant, je ne fais même pas partie du cortège! Bien non, je n'ai aucun rôle dans le mariage de mon frère. Ma belle-soeur a une soeur, qui sera sa demoiselle d'honneur, avec ses deux meilleures amies. Mon frère a choisi notre petit frère comme garçon d'honneur, avec ses deux meilleurs amis. Bref, Hom et moi ne sommes que spectateurs. Ça ne me dérange pas vraiment, j'avais dit à mon frère de ne pas se sentir mal si je n'avais rien à faire. Hom devra passer la quête. Il a au moins un petit rôle à tenir. Ce qui me déçoit, et peut-être que c'est enfantin, je ne sais pas, c'est ma place dans toute la journée. Ma place, qui aurait dû être celle de la soeur du marié, passe complètement dans le beurre. Je ne demande pas d'être mise à l'honneur, je ne demande pas qu'on me place sur un trône. Je suis très consciente qu'il s'agit de leur journée et non de la mienne. Mais j'aurais aimé avoir la place d'une soeur et non celle d'une simple invitée. Je suis assise sur une table quelconque, avec deux cousines et un couple d'amis de ma mère et leur fils. Aussi bien dire que je suis dans le coin avec la gang d'inconnus sortis du garde-robe. Je sais, je suis bébé, mais j'aurais aimé, faute de faire partie du cortège ou d'avoir un rôle, au moins faire partie d'une table "famille proche". Comme c'est là, aux yeux de mon frère et de sa blonde, j'ai l'impression d'être au même niveau qu'une cousine (qu'on ne voit qu'une fois par année). Je trouve ça décevant, presque blessant. Mais bon, ce n'est pas une journée où mes propres sentiments sont importants. C'est leur journée, la célébration de leur amour, je suis une fille et je suis capable de passer par-dessus mes petites déceptions. Si je suis énervée pour demain, je n'ose même pas imaginer comment se sent ma belle-soeur. Je dois repasser ma robe, aller chez la coiffeuse, refaire mon manucure pour la 3e fois (première fois avec les guides de papier, très laid. Deuxième fois à main levée, mieux, mais pas parfait), faire mon pédicure, et surtout, me pratiquer à marcher avec des talons hauts. J'ai cherché des sandales qui allaient avec ma robe pendant des jours. J'en ai trouvé une seule paire, dotée de talons hauts de 3 pouces et demi. Je suis très maladroite sur des talons. J'ai beau avoir passé le balais et fait la cuisine avec mes sandales dans les pieds, j'ai encore l'air d'un robot quand je marche. Espérons que d'ici demain, je trouverai le truc... Libellés : famille 11 août 200580% PDPSamedi, mon grand frère se marie. Ce sera le premier mariage de la famille et probablement le dernier. Je sais à quel point cette journée est importante pour lui et sa copine. Je ne connais pas la danse du soleil, mais si on me la montrait, je la ferais sans arrêt jusqu'à samedi pour que la pluie qui menace leur journée parte bredouille. Je suis allée à plusieurs mariages dans ma vie. C'est arrivé que le temps ne soit pas parfait, un peu venteux ou frais, mais je n'ai jamais eu de mariage sous la pluie. Je dis que ce sera probablement le dernier mariage... Hom et moi n'avons pas l'intention de nous marier, en tout cas, pas de gros mariage et surtout pas à l'église. Mon petit frère, je crois que c'est loin d'être une priorité pour lui. Je n'ai absolument rien contre le mariage. J'aime bien aller au mariage des autres. Je crois tout simplement que ce n'est pas pour Hom et moi. Ce n'est pas nous. Nous ne trippons pas du tout sur les réunions de famille. Nous ne nous reconnaissons pas du tout dans les cérémonies et traditions du mariage. Aussi, si nous avions cet argent-là à dépenser, on le mettrait ailleurs que dans une seule journée. Je respecte le choix des autres, mais ce choix ne fait pas du tout partie de notre futur. Mais pour mon frère, pour sa blonde et pour les parents, samedi sera une journée unique dans leur vie. Aidez-moi à souffler sur les nuages s'il-vous-plaît! Libellés : famille 20 juillet 2005Nos vacancesElles sont déjà terminées, trop courtes, comme toujours. Des vacances très tranquilles, mais surtout, très reposantes. Petit récapitulatif... Jeudi le 30 juin, nous avons reçu à souper la belle-famille pour leur annoncer la nouvelle. Le beau-père a lancé un tabarnak bien sonnant, le beau-frère avant la bouche grande ouverte et les yeux ronds comme des 2$ et la belle-soeur sautait de joie. La belle-mère, elle, souriait calmement, disant qu'elle l'avait deviné. Vendredi le 1er juillet, nous sommes partis au matin pour le chalet de ma mère. Une belle journée ensoleillée et chaude ouvrait nos vacances. Samedi le 2, nous sommes allés faire une randonnée à la piste de la Matawinie. Cinq kilomètres en montagne, entourés d'arbres, d'oiseaux et de feuilles qui craquent, pour arriver au sommet et voir le lac Ouareau dans toute sa splendeur. Dimanche le 3, ma mère et moi sommes retournées à Montréal pour le shower de mariage de me belle-soeur. Le soir, lorsque nous étions revenues au chalet, Hom et moi avons annoncé la nouvelle à ma mère. J'avais décidé d'attendre après le shower pour être certaine qu'elle ne s'échappe pas là-bas. Elle était bien contente et m'a dit qu'elle trouvait aussi que j'avais des gros seins. J'ai essayé de lui faire comprendre qu'elle devait garder le secret, que c'était très important pour nous. Lundi le 4, des amis sont venus passer la journée au chalet. Une belle journée chaude et agréable, si ce n'avait été des satanées mouches noires! Ça m'a fait drôle de voir ma mère et mon amie parler bébé et surtout, de voir ma mère déjà si intéressée et investie dans ma grossesse. Mardi le 5, première journée de pluie. Nous sommes allés magasiner aux Factory outlets de St-Sauveur. J'ai trouvé ma robe pour le mariage de mon frère, enfin! Le soir, mon petit frère est arrivé avec sa copine. Mercredi le 6, ma mère et son conjoint sont partis pour la journée. Une journée tranquille en compagnie de mon frère et sa copine, au soleil et dans le lac. Jeudi et vendredi, deux journées relax à dormir, lire, se baigner et marcher. J'ai appris que ma mère n'avait pas pu se retenir et avait déjà parlé de ma grossesse à son cours de peinture (ok, honnêtement, ça ne me dérange pas, je ne les connais pas) et à deux de ses collègues qui étaient venus visiter. J'étais vraiment fâchée qu'elle agisse ainsi. Quand je lui ai dit que j'étais sérieuse quand je lui avais demandé de ne pas le dire, elle m'a répondu "oui, mais je ne comprends pas pourquoi!" Je ne te demande pas de comprendre, mais de me respecter et de garder le secret! Ce n'est pas sorcier il me semble! Je lui ai expliqué à nouveau que si quelque chose tournait mal, ça ne me tenterait vraiment pas de devoir répéter à tous ceux que je rencontre et qui me demandent comment va la grossesse "ah, je l'ai perdu." Je n'ai pas envie de faire face aux regards remplis de pitié et aux "comment ça va?" trop curieux de gens à qui je ne me confierais jamais. Elle m'a dit qu'il n'arriverait rien. Et son amie, encore présente, me dit "de toute façon, ça voudrait dire que c'était mieux comme ça. Il serait né avec des défauts." Je n'en revenais juste pas. Tu es qui toi pour me dire une niaiserie pareille? De quoi tu te mêles? Je ne vous demande pas de comprendre, encore une fois, mais de RESPECTER ce que je demande. Enfin bref, Hom et moi sommes sortis prendre l'air parce que nous allions exploser. Samedi le 9, nous sommes partis de bonne heure du chalet. Arrivés chez nous, après avoir cajolé la chatte et pris une bonne douche, nous sommes allés magasiner. Devant une boutique de décoration, Hom apperçoit un toutou en forme de mouton qui fait Bêêêh! quand on appuie dessus. Il me dit "on l'achète! Pour Pépin!" Comment résister? Ça me faisait tout drôle d'acheter quelque chose pour le bébé, même si c'est seulement un toutou. Dimanche, journée tranquille à la maison. Lundi, nous sommes allés voir le film War of the Worlds. Même si c'est avec Tom Cruise, j'ai vraiment adoré le film. Très très bien fait. Mardi le 12, nous sommes allés nous promener en vélo aux Îles de Boucherville. C'est magnifique, même s'il manque un peu d'ombrage sur les pistes. Nous avions apporté notre lunch et avons fait un petit pic-nic. Mercredi le 13, j'avais mon échographie. Nous sommes ensuite allés souper au resto pour fêter la belle rencontre. Soirée DVD, collés sous la doudou (on gèle dans le sous-sol!). Jeudi matin, j'ai eu mes prises de sang à l'hôpital, puis nous avons passé la journée et la soirée chez des amis. Encore une fois, une journée très agréable en bonne compagnie. Vendredi, nous sommes allés faire du vélo sur la Piste des Soulanges, dans le coin de Des Cèdres. Très beau coin, très belle randonnée couronnée par un pic-nic sur le bord de l'eau. Samedi, tranquille. Dimanche, nous devions aller faire du kayak, mais la température a décidé de nous condamner à rester chez nous. Les vacances sont terminées, malheureusement! Nous en avons bien profité, nous nous sommes reposés, c'est ce qui compte. Beaucoup de lecture, de sommeil, de soleil, de films, de vélo et de marche nous ont fait un très grand bien. Je n'étais pas prête à retourner travailler, mais puisqu'il le faut... Libellés : famille, grossesse (II), sorties 19 juillet 2005Mon grand frèreJe n'ai pas une relation fantastique avec mon grand frère, mais on s'entend bien, correctement, je dirais. Ça n'a pas toujours été le cas, mais bon, c'est normal quand un frère et une soeur font leur crise d'adolescence en même temps. Quand on lui a annoncé la grossesse, il était très heureux pour nous. Il m'avait demandé si j'allais avoir une bédaine à son mariage, en août. Je lui avais dit "je ne sais pas, peut-être". Puis, je suis partie en vacances. Quand je suis revenue et que j'ai finalement eu un peu de temps pour me brancher sur MSN, mon frère m'écrit. Il me dit "je n'ai rien à dire en fait... je voulais des nouvelles de mon neveu/ma nièce." J'étais tellement touchée! C'était la première fois qu'il m'écrivait sans avoir quelque chose à me demander ou une niaserie à m'envoyer. Je lui ai envoyé les photos de l'écho et il était tout énervé. Il m'a demandé quand je saurais le sexe, puis quand je lui ai dit la date de mon écho, il m'a demandé si j'allais avoir une bédaine rendue là. Je lui ai dit "probablement, un petite en tout cas." Il a dit "Et au mariage? Tu vas avoir une bédaine?" Quand je lui ai répondu que j'en aurais une petite, il m'a écrit "yey! tu vas avoir une bédaine sur les photos!" J'avoue que je suis surprise de son intérêt, mais en même temps je suis vraiment émue. Il a l'air sincèrement content pour nous et ça me touche. Je ne me rendais pas encore compte que notre bonheur était aussi partagé par nos familles. Tout d'un coup je m'apperçois que notre bulle de joie est bien plus grande que je l'aurais cru. Je suis à la fois émue et surprise, car pendant si longtemps tout ça a tourné autour de Hom et moi seulement. Pendant tous nos essais, nous étions les deux seuls combattants. Et maintenant que notre bataille est gagnée, la victoire est partagée par tous ceux qui nous entourent. Je ne suis pas habituée de partager avec ma famille, que ce soit les bonnes ou les mauvaises nouvelles. C'est tout nouveau pour moi. Je suis encore un peu mal à l'aise dans tout ça, mais je commence à m'y plaire! J'espère vraiment avoir une bédaine au mois d'août maintenant, je ne voudrais pas les décevoir! ;) Libellés : famille, grossesse (II) 26 juin 2005Le scoop est sortiNous allions souper chez m |