LES PÉPINS DE KIWI


Réflexions douces-amères d'une infertile maintenant maman.

5 avril 2008

Mon petit frère

Quand j'étais en première année et que j'apprenais à lire et écrire, je faisais mes devoirs en compagnie de mon petit frère. Je jouais au professeur avec lui, si bien que deux ans plus tard, lorsqu'il a commencé le primaire, il s'ennuyait en classe. Il avait pris de l'avance, ce qui lui a permis de sauter sa première année. Dans la vie, nous avions moins de deux ans de différence. À l'école, nous n'étions qu'à un niveau d'écart maintenant. Ça nous a rapproché sans qu'on s'en rende vraiment compte.

Alors que moi et mon grand frère avons presque toujours été comme chien et chat, je me suis toujours bien entendue avec mon petit frère. Sans être super proches, nous avons quand même toujours été de bons amis. Nous sommes allés à la même école secondaire, alors que mon grand frère allait à une autre école. Nous avons longtemps joué au badminton ensemble. Nous avons passé plusieurs vacances d'été ensemble au chalet de mes grands-parents, alors que mon grand frère préférait rester à la maison et voir ses amis. Nous avons passé plusieurs soirées à jouer à des jeux de société. La rivalité entre frère et soeur n'existait pas vraiment entre nous. Nous nous engueulions pratiquement jamais.

Étant la seule fille, je me suis quand même souvent sentie exclue, même si mon petit frère n'a pas toujours été proche de mon grand frère. Avec 4 ans de différence, il aura fallu attendre l'âge adulte avant qu'ils se sentent égaux. Deuis quelques années, ils ont une belle relation. De vrais frères.

Bizarrement, ces derniers jours, voir Tithom agir avec son petit frère m'a beaucoup fait réfléchir à ma relation avec mon propre petit frère. Est-ce que j'étais comme ça, moi aussi, à cet âge? Est-ce que j'étais fière de lui, est-ce que je lui donnais des bisous et voulais l'inclure dans mes jeux? Je sais que plus tard, nous avons été de fidèles comparses et compagnons de jeux, mais quand il est né, est-ce que je le regardais avec la même étincelle que Tithom a dans les yeux quand il regarde Tilou?

Mon petit frère s'en va la semaine prochaine. Oh, pas à l'autre bout du monde, mais c'est tout comme. Il déménage en Abitibi, pour suivre sa copine de plusieurs années qui s'est trouvé un emploi là-bas.

Son départ me fait plus de peine que j'aurais imaginé. Ça me fait tout drôle de penser qu'il ne sera plus à tous les soupers de famille, qu'il ne sera plus là les dimanche après-midis où on se réuniait chez mon grand frère pour jouer à des jeux de société et manger de la pizza. Ça m'attriste de penser qu'il ne vera pas ses neveux aussi souvent qu'avant. Je suis heureuse pour lui, pour son nouveau départ, sa nouvelle vie, son nouvel emploi. Mais je suis triste pour notre famille, pour mon coeur de grande soeur.

Demain, ma famille se réunit pour son départ. Un party BBQ avec tout le monde, pour lui dire au revoir en attendant sa prochaine visite. Mais je n'y serai pas et je crois que ÇA, ça me fait encore plus de peine que son départ même. Ma nièce a une pneumonie virale et je ne peux prendre le risque d'y aller avec mes deux garçons, surtout pour Tilou qui n'a que 3 semaines. Et comme c'est mon grand frère qui reçoit, il ne peut pas demander à sa fille de 14 mois d'aller ailleurs pour quelques heures. Encore une fois, je suis exclue. C'est ma nièce qui est malade, mais c'est nous que ça punit. Je n'en veux à personne, après tout, elle n'est pas tombée malade volontairement. Mais ça me noud la gorge de penser que je vais manquer le party d'adieu de mon petit frère.

Même si je sais qu'on se vera quand même à l'occasion, il va me manquer, mon petit frère. J'en ai juste un, après tout.

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Écrit par kiwi :: 9:01 PM :: 5 pelure(s)

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