15 novembre 2006

J'ai mal

Hier, je n'ai allaité qu'une fois, au réveil. Ce matin, j'avais mal. Mal aux seins, mais surtout mal à mon coeur de maman. Plus le sevrage complet approche, plus j'ai l'impression de m'être trompée. C'était ma décision, j'y avais pensé et repensé. J'avais tout regardé, de tous les sens, sous tous les angles. J'avais pesé le pour et le contre. J'avais remis bien des choses en question. J'étais certaine d'être prête.

Puis maintenant... je ne sais plus. Pourquoi ai-je tout à coup l'impression de priver mon fils de quelque chose? Pourquoi ai-je tout d'un coup ce gros sentiment de culpabilité? Pourquoi la coupure ne se fait pas aussi facilement pour moi que pour lui?

Quand j'avais pris la décision de sevrer Tithom, j'étais dans une période où je me sentais très prisonnière et brimée. J'étais tannée, je voulais retrouver une certaine liberté. Tithom ne coopérait pas pour les solides, ni pour le lait maternisé. J'étais impatiente et fatiguée. Je voulais peut-être avoir le contrôle sur quelque chose, je ne sais pas... Enfin... le temps que Tithom accepte le biberon, les choses s'étaient replacées. J'étais en paix avec l'allaitement et avec la décision d'arrêter, éventuellement. Le sevrage semblait encore lointain et improbable.

Mais depuis quelques jours, je remets toutes mes raisons en question. Elles semblent tout à coup insignifiantes. Il y a des moments où je me dis que je fais la bonne chose, mais d'autres où je me demande vraiment pourquoi j'ai voulu sevrer Tithom.

Je sais, au fond de moi, que c'est normal d'hésiter, que c'est normal d'avoir peur de regretter. Je sais aussi, au fin fond très loin, que je fais la bonne chose pour moi, pour nous, pour maintenant. Mais je trouve ça très difficile comme coupure... j'espère presque que Tithom coupera de lui-même le dernier boire et prendra la décision finale à ma place.

Je me laisse du temps... le temps que Tithom voudra bien me donner. Mais pas trop longtemps. Je ne veux pas revenir sur ma décision. Je ne veux pas non-plus poursuivre un allaitement mixte, puisque mon but premier était de pouvoir recommencer les essais pour un 2e bébé (et les traitements de fertilité s'il y a lieu) et que je ne dois plus allaiter du tout pour ça.

Je n'arrive pas à faire le grand saut sans sentir mon coeur éclater en miettes et mes yeux se remplir de larmes...

10 commentaires:

  1. Quand je lis des messages comme ça, je suis donc contente que mon babe se soit sevré de lui même. J'ai pleuré toutes les larmes de mon corps, mais c'était SA décision et elle était sans appel, alors pas de culpabitlité, ni de questionnements­.

    Gros câlins pour toi

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  2. je ne t'aiderai pas vraiment en te disant ça, mais il n'est pas trop tard pour reprendre les têtées :)

    Grosse colle

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  3. je vis exactement la même chose que toi présentement. Je suis obligé de compléter avec le biberon. J'ai moi-même pris la décision de la sevrer comme toi et même si c'est difficile je crois que l'on doit se féliciter d'avoir allaité tout ce temps. Notre bébé grandit et il y aura d'autres occasions de connecter, par les yeux, le toucher, les rires...
    Je suis très contente d'avoir vécu ce lien avec mon fils et en même temps aussi je suis très contente de retrouver mon corps, mes seins.
    Ah que ce n'est pas facile mais je te souhaite, bon courage ma belle!

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  4. câline...je te lis et j'ai les larmes aux yeux rien que de penser que moi aussi cette coupure se fera un jour... prends un jour a la fois ma belle et savoure ces derniers instants avec tithom, pour ensuite pouvoir faire place a une autre étape de votre vie a tous les 2...!
    je pense fort a toi et a ton coeur de maman
    xxx

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  5. Ne pourrais-tu pas continuer l'allaitement mixte, pour un bout, pour te donner une chance de mieux l'accepter? J'imagine que ce n'est pas idéal avec les traitements de fertilité, mais tu peux ravoir ton cycle si tu n'as que peu de boire. Je pense à toi, je sais que ce n'est pas facile, mais tu as donné le meilleur de toi-même, ne l'oublie pas!

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  6. Je crois qu'on est jamais prête complètement pour ce genre de choses...Je ne peux pas comprendre, étant loin d'être rendue la, mais je te fais une grosse colle, ma belle Kiwi xxxxx

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  7. Je ne sais pas ce que tu vis parce que je l'ai jamais vécu, mais je tenvois plein d'ondes positives pour passer au travers xxxxxxxxxxxxxxxx

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  8. Merci pour vos bons mots. Ça me fait du bien de voir que mes sentiments ont raison d'être...

    C'est ce que j'ai décidé de faire, continuer le dernier boire pour un bout de temps encore. À moins que mes seins ou Tithom décident autrement. Je continuerai jusqu'à ce que la décision me semble moins pénible à prendre. Mais je ne reviendrai pas en arrière en reprenant des boires.

    @Dr Maman: je sais qu'il est possible de ravoir un cycle même avec un boire, mais je ne compte pas vraiment là-dessus. Je n'ai habituellement pas de cycle, n'ovulant pas naturellement. Mais bon, seul le temps me dira si la grossesse a changé mon corps à ce point ou non... on ne sait jamais!

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  9. Depuis que j'ai lu ton message je cherche des mots qui pourraient t'aider, apaiser un peu cette douleur et je ne trouve juste pas...

    Même si tu désirais ce sevrage au départ, je crois tout de même que tous ces sentiments font surface parce qu'il s'agit d'une coupure...

    Et une coupure, qu'elle soit désirée ou non, ça fait toujours mal et ça engendre des remises en questions...

    À défaut d'avoir une baguette magique, je te fais une grosse colle xxx

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  10. Pour ma part, j'ai allaité 8 mois à temps complet et 5 mois de façon mixte, pour un total de 13 mois. J'ai savouré chaque moment, c'est unique comme sensation, on se sent tellement femme en allaitant! Pourtant, quand ça a été terminé, c'était correct aussi. Il y a tellement d'autres beaux moments qui s'en viennent avec ton petit trésor! Les premiers mots,le développement de sa personnalité, les câlins, les apprentissages. Je crois d'ailleurs que c'est ça qu'on apprend le plus en étant maman, savoir faire le deuil de ce qui est terminé pour mieux accueillir ce qui s'en vient. Je te souhaite en tout cas beaucoup de sérénité dans cette étape de transition.

    Stéphanie

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