30 novembre 2006

Bienvenue à Morve-ville

Tithom a eu droit à plus qu'un sac à surprises au départ de la fête d'amis de dimanche. Il a aussi eu des microbes à surprises! Depuis lundi, il ne cesse de m'épater avec sa production incroyable de morve et de bave. Je n'aurais jamais cru qu'un si petit être puisse produire autant de mucus.

Ça ne me dérange pas de moucher son petit nez qui coule. Ça ne me dérange même pas d'essuyer les coulisses qu'il laisse sur mes épaules après m'avoir fait un gros calin. Mais ça me dérange de me faire prendre pour une idiote par les fabriquants de solution saline. Les instructions: coucher l'enfant, appliquer 1 compte-gouttes plein par narine, nettoyer l'intérieur des narines avec un coton-tige, appliquer de nouveau un compte-gouttes par narine. Ça semble simple, non? D'après moi, ceux qui ont écrit les instructions ont oublié d'indiquer comment assomer l'enfant avant de lui administrer les gouttes. Parce que le mien, il se débat. Pas à peu près. Il ne veut rien savoir d'avoir quelque chose qui entre dans son nez. Si je réussis à lui vider un seul compte-gouttes, c'est la crise. Im-pos-sible de répéter et surtout de nettoyer les narines avec un coton-tige.

Ça a beau être une grippe d'homme pour le moment (le fils et le chum l'ont, mais pas moi), Tithom s'en tire quand même bien, si on oublie les épisodes de folie où maman essaie de lui mettre des gouttes dans le nez. Oh, il fait pitié, il tousse, fait un peu de fièvre, mais sans se plaindre. Il est plus tranquille qu'à l'habitude, sans être de mauvaise humeur. Il joue, il se promène, bref, c'est comme avant, avec de la morve en prime. Beaucoup de morve.

28 novembre 2006

10 mois

Tu es déjà si grand, et pourtant si petit encore. Tu as déjà tant appris et pourtant, il t'en reste tellement à découvrir.

Tu entres dans ton onzième mois debout et enrhumé. Chaque mois est rempli de nouvelles découvertes, de nouveaux exploits.

Tu te tiens debout, tu te dandines, tu tapes dans l'eau du bain comme un petit fou. Tu sais ce que tu veux et tu essaies de nous le communiquer. Tu tends les bras, fais des oooh et des arffrrr, tires sur notre pantalon quand tu veux te faire prendre.

Tu as 10 dents, presque 12. Tu manges de tout, avec appétit. Tu manges des morceaux comme un grand, avec tes doigts, délicatement. Tu aimes tenir ta bouteille, mais tu n'as pas encore assez de force pour la garder penchée longtemps. Tu bois maintenant plus souvent au biberon qu'au sein, mais ça semble bien plus difficile pour maman que pour toi.

Tu t'es fait garder un peu plus souvent ce mois-ci, parce que maman était occupée. Tu as même passé une soirée seul avec papa et une fin de semaine complète seul avec maman.

Tu fouines partout! Maman doit vraiment tout surveiller et ne rien oublier, car tu n'en manques pas une! Si ce n'est pas une croquette de nourriture pour chat, c'est une feuille morte tombée de la plante ou une céréale que tu avais lancée par terre ce matin et que maman n'avait pas vue, cachée sous la chaise haute. Tu te promènes encore sur les fesses, à toute vitesse. Pourquoi ramper quand on peut être assis et avancer en même temps?

Tu es taquin et coquin. Tu joues des tours et fais des mauvais coups. Tu aimes jouer à cache-cache et te faire courir après. Tu touches à tout, tires sur tout ce qui dépasse, mange tout ce qui est petit. Tu aimes les lumières, le téléphone, les interrupteurs, les tiroirs, les bulles, l'eau qui coule de la douche, les papiers, les fermetures-éclair, le bruit du blender, le chat, la vie. Tu glousses de bonheur quand tu trouves ton ukulele qui traîne par terre et tu t'empresses de passer tes doigts sur les cordes pour entendre les étranges plong! que ça produit. Un futur musicien, ton père en est très fier!

Mon grand garçon, mon petit bébé, mon coeur, mon ange, je t'aime. Bon 10 mois.

27 novembre 2006

Un retour attendu

J'avais 11 ans quand j'ai eu mes règles pour la première fois. Je m'en souviens encore. Quand j'avais vu le sang, je m'étais demandé si je m'étais cognée en faisant du vélo. Mais j'ai vite compris ce qu'il m'arrivait... et j'ai pleuré. Ce que j'ignorais à ce moment-là c'est à quel point la signification de mes règles changerait au fil du temps.

À 11 ans, ça voulait dire que je devenais une femme. Ça voulait donc dire que je n'avais plus le droit de jouer à la poupée et de faire parler mes pouliches. Ça voulait aussi dire que j'allais devoir traîner des serviettes avec moi et endurer ce supplice féminin mois après mois. Je ne sais pas si ça a changé depuis, mais dans ce temps-là, il n'y avait pas de petite poubelle dans les cabines des toilettes pour jeter les serviettes. Je devais donc sortir avec mon petit paquet caché dans ma main et le jeter en espérant que personne ne me voit. À 11 ans, c'est humiliant.

Mais à 11 ans, quand je me suis rendue compte que mes règles ne revenaient pas à chaque mois, j'étais plus qu'heureuse. C'est plutôt vers 15 ans, alors que j'aurais aimé pouvoir planifier et ne plus me faire suprendre par des règles monstres qui arrivaient toujours au mauvais moment, que j'ai commencé à espérer être régulière. J'ai commencé à noter quand mes règles arrivaient et combien de temps elles duraient. Ça variait de un an à 2 semaines, pour des durées de 2 à 15 jours. C'était frustrant. Je devais toujours faire attention. Je devais toujours avoir le nécessaire sur moi, au cas où.

Vers 17 ans, j'en ai eu assez de tout ça. J'ai pris le taureau par les cornes et je suis allée consulter, seule, sans ma mère. Mes régles, quand elles se montraient, étaient une torture. J'avais mal, j'étais étourdie, je remplissais mon lit de sang la nuit. J'en avais vraiment assez de me sentir extra-terrestre. Le médecin m'a d'abord fait faire un bilan sanguin, qui a révélé un taux élevé de prolactine. J'ai donc par la suite passé une résonnance magnétique (rien à signaler), un autre bilan sanguin (mon taux était redevenu normal) et été suivie par un endocrinologue. Tout ça pour me faire dire que je n'avais pas de problème. Mon médecin de famille m'a prescrit la pilule et c'en était fini des cycles irréguliers ou inexistants.

Jusqu'à ce qu'on décide d'essayer de faire un bébé. Mes règles étaient alors synonymes d'échec, d'espoir gaspillé. S'en suivirent longs cycles anovulatoires, diagnostic d'ovaires polykystiques, traitements de fertilité, et après 3 ans, Tithom. Depuis l'accouchement, rien. J'ai eu un peu de spotting il y a un peu plus d'un mois, mais je ne considérais pas ça comme un retour de couches. J'allaite encore, donc je peux encore mettre le blâme là-dessus. Je peux encore me dire que mes règles peuvent revenir après et être régulières. Mais je n'y crois plus vraiment. Je ne croyais même pas qu'elles reviendraient d'elles-mêmes...

Il y a deux semaines, j'ai eu de fortes douleurs à l'ovaire droit, ou enfin, aux environs de l'ovaire droit. Et il y a quelques jours, du spotting. Je ne croyais pas un jour être aussi heureuse de tacher une culotte. Je me suis demandé si c'était une coïncidence, les douleurs 2 semaines avant les saignements. Je me suis énervée, me disant que j'avais des règles naturelles, chose qui ne m'était pas arrivée depuis... je ne sais même pas depuis quand! Puis le lendemain, plus rien. Et le sur-lendemain, ça a recommencé. Je me sentais comme une ado, à traîner ce qu'il fallait, juste au cas où. Ça crée des anecdotes cocasses dans un party quand un p'tit tannant fouille dans mon sac à mains et se promène partout dans la maison avec mon sac de tampons, je vous l'accorde. Mais ça me tanne de ne pas avoir un corps normal et prévisible. Ça me frustre de ne pas être comme les autres.

Je ne sais toujours pas si c'est mon retour de couches, mais pour la forme et parce que ça me fait du bien de croire que c'est ça, je vais considérer mes saignements comme tel. Je sais au fond de moi que je ne tomberai jamais enceinte au naturel. Je sais au fond de moi que ça ne me donne rien de croire aux miracles, que ça ne m'arrivera pas à moi. Mais une toute petite voix me dit que même s'il y a une chance microscopique, que c'est déjà ça et que je dois y croire pour l'instant. Dans quelques mois, quand j'aurai arrêté d'allaiter, quand mon corps sera revenu à son état "normal", quand je serai impatiente de revoir mes règles qui n'arriveront pas, là, j'arrêterai d'écouter la petite voix. Pour l'instant, j'aime vivre avec l'illusion qu'il y a une possibilité, si minuscule soit-elle.

Nouvelles brèves

Tithom se lève debout tout seul (avec l'aide de ses amis les meubles) depuis une semaine. Nous avons donc baissé son matelas de bassinette, même s'il n'arrive pas encore à passer de la position couchée à assise. Qu'à cela ne tienne! Hier, je le couche pour sa sieste. Quelques minutes plus tard, il pleure encore, je vais donc le voir. J'ouvre la porte, il est debout dans son lit! Aucune idée des manœuvres utilisées, mais le résultat était là!


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Tithom a mangé des pâtes avec de la sauce tomate pour la première fois cette semaine et il en rafole. Vraiment. Il les déguste, même.


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Nous sommes allés à la parade du Père-Noël samedi. Nous avions hâte de voir la réaction de Tithom. Il a gardé le même air tout le long, c'est à dire bête. Aucune émotion, aucun ooooh ni aaaah. Et il s'est endormi juste avant de voir le Père-Noël. La preuve:



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Le party de bureau s'est bien déroulé. Ce n'était pas vraiment plus amusant qu'à l'habitude, mais au moins je suis sortie de chez moi une soirée, sans le bébé, qui a passé une belle soirée avec ma mère.

Pas de photo.
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Tithom est allé à sa première fête d'amis hier. Il s'est bien amusé, entouré d'enfants de tous âges. Il n'a pas eu droit à un morceau de gâteau, mais à beaucoup de bisous de son ami Nanou.

22 novembre 2006

Faire son bonhomme de chemin

Moi, je suis une bonne fille. J'écoute les consignes. Quand je vois la petite main rouge, je ne traverse pas, j'attends le bonhomme blanc, surtout quand je suis avec Tithom. Parce qu'un automobiliste, ça ne met pas son clignotant, ça tourne à droite sur une rouge et ça se fiche du bonhomme blanc et des piétons. Ça n'écoute pas les consignes, un automobiliste.

Aujourd'hui, en revenant d'acheter mes carottes et galettes de riz bios, je m'arrête à l'intersection, en attendant mon bonhomme blanc. Qui ne vient pas. Je ne sais pas quelle lumière est verte, qui a le droit de tourner où, alors je préfère patienter sur mon coin de trottoir. Mais bon, une fille a ses limites et après 4 changements de lumière, je vois bien que je n'aurai jamais mon bonhomme blanc. Je regarde les lumières comme il faut, les voitures qui attendent... je me lance. La dame au volant de la voiture en face de moi, arrêtée à la lumière rouge, sans clignotant, me fait alors des grands signes de mécontentement. Je n'ai aucune idée quel est son problème. Elle ne tourne pas à la lumière, je ne traversais pas devant elle et sa lumière était rouge. Je ne comprends pas ce qu'elle essaie de me dire et pourtant, je suis fluente en gesticulations. Allez savoir. Elle me disait peut-être que je devais attendre le bonhomme blanc...

Gentils automobilistes, quand vous voyez une jeune maman avec son bébé dans sa poussette, attendre sur le coin d'une rue que le passage soit sécuritaire pour elle et son petit, ayez la patience et la courtoisie d'arrêter et de les laisser traverser. Vous arriverez à la même heure à destination et vous aurez évité un billet de frustration sur un autre mommy-blog.

21 novembre 2006

Ça change pas le monde, sauf que...

Tout le monde s'entend et s'amuse à le répéter à tous les futurs parents: avoir un enfant, ça change une vie.

J'ai toujours dit que notre vie n'avait pas changé tant que ça. Nous n'étions pas sorteux d'avance, ça n'a donc rien changé de ce côté-là. Tithom ayant été un bébé facile, nous l'avons toujours amené où nous allions, que ce soit le resto le dimanche matin, un souper chez des amis ou une coupe de cheveux chez la coiffeuse (oui je sais, je sais, j'ai une vie vraiment palpitante).

Mais aujourd'hui, je me rends compte d'une chose que la venue de Tithom a changée.

À chaque année, à peu près à la même date, a lieu le fameux party de bureau de Hom, auquel je l'accompagne. C'est toujours au même endroit, on mange toujours la même chose, on fait toujours les mêmes petits jeux plates (Ok! le prochain qui m'apporte une paire de bas nylon!! Ok! Tous les patrons se déguisent et font une gigue!), Hom gagne toujours le même prix (une bouteille de vin) et je ris toujours des petites madames super pomponnées qui agissent comme des adolescentes à leur bal de finissantes. Je me dis qu'elles ne doivent pas avoir grand divertissement dans leur vie si le party de bureau les fait tripper autant. Et à chaque année, en bons party animals que nous sommes, nous partons les premiers, vers 23h. Hom a mal à la tête d'avoir trop écouté le DJ insignifiant* et sa musique de disco mobile cheap (YMCA, Celebration et le classique Kung-Fu fighting) et moi j'en ai plus que marre de me faire dire "tu es la blonde de Hom? Mes sympathies! Ahahah!" par des caves qui se pensent drôles. Ça fait 10 ans que mon chum travaille avec le même monde, 'est vieille!

Nous sommes parmis les plus jeunes, la majorité des collègues de Hom ayant au-dessus de 40 ans. Je ne connais pas les femmes de ses collègues. De toutes façon, elles changent à chaque année. Bref, je m'emmerde en essayant de faire du small-talk avec des gens qui ne m'intéressent pas et que je n'intéresse sûrement pas non-plus. J'vous dis, une soirée vraiment capotante.

Mais cette année... je suis gênée de dire ça, mais... j'ai comme presque hâte d'y aller. Je me suis même achetée une belle petite robe avec des brillants. Oui oui, je serai une petite madame super pomponnée qui ne sort tellement pas souvent que le party de bureau de son chum la fait tripper. Oui, un enfant, finalement, ça change une vie...


*Le DJ brillera par son absence cette année. La nouvelle organisatrice a engagé un band à la place. Pas de jeu, pas de YMCA. Cool.

19 novembre 2006

Chantons

Sur l'air de Un éléphant, ça trompe...

Deux pré-molaires
Ça fait mal, ça fait mal
Deux pré-molaires
Ça fait mal à bébé

Quatre pré-molaires
Ça fait mal, ça fait mal
Quatre pré-molaires
Ça fait mal en calvaire

15 novembre 2006

J'ai mal

Hier, je n'ai allaité qu'une fois, au réveil. Ce matin, j'avais mal. Mal aux seins, mais surtout mal à mon coeur de maman. Plus le sevrage complet approche, plus j'ai l'impression de m'être trompée. C'était ma décision, j'y avais pensé et repensé. J'avais tout regardé, de tous les sens, sous tous les angles. J'avais pesé le pour et le contre. J'avais remis bien des choses en question. J'étais certaine d'être prête.

Puis maintenant... je ne sais plus. Pourquoi ai-je tout à coup l'impression de priver mon fils de quelque chose? Pourquoi ai-je tout d'un coup ce gros sentiment de culpabilité? Pourquoi la coupure ne se fait pas aussi facilement pour moi que pour lui?

Quand j'avais pris la décision de sevrer Tithom, j'étais dans une période où je me sentais très prisonnière et brimée. J'étais tannée, je voulais retrouver une certaine liberté. Tithom ne coopérait pas pour les solides, ni pour le lait maternisé. J'étais impatiente et fatiguée. Je voulais peut-être avoir le contrôle sur quelque chose, je ne sais pas... Enfin... le temps que Tithom accepte le biberon, les choses s'étaient replacées. J'étais en paix avec l'allaitement et avec la décision d'arrêter, éventuellement. Le sevrage semblait encore lointain et improbable.

Mais depuis quelques jours, je remets toutes mes raisons en question. Elles semblent tout à coup insignifiantes. Il y a des moments où je me dis que je fais la bonne chose, mais d'autres où je me demande vraiment pourquoi j'ai voulu sevrer Tithom.

Je sais, au fond de moi, que c'est normal d'hésiter, que c'est normal d'avoir peur de regretter. Je sais aussi, au fin fond très loin, que je fais la bonne chose pour moi, pour nous, pour maintenant. Mais je trouve ça très difficile comme coupure... j'espère presque que Tithom coupera de lui-même le dernier boire et prendra la décision finale à ma place.

Je me laisse du temps... le temps que Tithom voudra bien me donner. Mais pas trop longtemps. Je ne veux pas revenir sur ma décision. Je ne veux pas non-plus poursuivre un allaitement mixte, puisque mon but premier était de pouvoir recommencer les essais pour un 2e bébé (et les traitements de fertilité s'il y a lieu) et que je ne dois plus allaiter du tout pour ça.

Je n'arrive pas à faire le grand saut sans sentir mon coeur éclater en miettes et mes yeux se remplir de larmes...

13 novembre 2006

Girouette

J'ai encore changé d'idée. On dirait pesque que je me cherche des excuses. Mais non, c'est Tithom qui mélange les cartes.

Je pensais couper le boire du matin aujourd'hui. J'étais aussi prête que je pouvais l'être. J'avais savouré le boire d'hier matin, on avait même pris des photos. Puis hier soir, Tithom hurlait et pleurait au coucher. Pas moyen de l'endormir. Il a été comme ça toute la semaine. Nous croyions que ses dents le faisaient encore souffrir (eh oui, la numéro 10 a décidé de joindre le party elle aussi), mais le gel n'avait aucun effet hier soir. Il se mangeait les poings. Je lui ai donc offert un biberon après le sein. Il a bu 3 onces et s'est ensuite endormi rapidement.

Il avait été impatient au sein. Il gigottait, lâchait le sein, semblait insatisfait. Est-ce que ma production a déjà trop baissé? Est-ce que mon allaitemet se terminera quand mes seins, et non ma tête, auront décidé? Je le crois bien...

Ce soir, même chose. J'ai dû compléter au biberon pour qu'il s'endorme. C'est donc décidé, demain, je coupe complètement le boire du dodo. Tant qu'à donner un biberon pour compléter, aussi bien faire tout le boire à la bouteille. Mon but est de sevrer, après tout, pas de continuer un allaitement mixte. Je voulais faire un sevrage tout en douceur, mais mon corps, ou Tithom, décidera sûrement du moment. Je dois donc voir chaque boire au sein comme pouvant être le dernier.

Demain, il ne me restera plus que le boire du matin. Pour combien de temps encore? Je l'ignore... mais sûrement pas pour très longtemps. Aussi bien savourer chaque boire qu'il me reste comme un cadeau, une gâterie.


Mes yeux dans tes yeux, je te nourris...

11 novembre 2006

Le biberon l'emportera

J'avais réussi à faire accepter le lait maternisé à Tithom grâce au verre à paille. Quand j'ai coupé le boire du souper, il ne buvait que 2 ou 3 onces de lait et finissait par compenser à la tétée du dodo. Quand j'ai coupé le boire du midi, il buvait encore seulement 3 onces au gobelet. J'ai donc décidé de ré-essayer le biberon, juste pour voir... Eh bien il a calé 6 onces d'une traite la première fois et depuis, il varie entre 6 et 8 onces à la fois! Bref, le gobelet a pris le bord et le biberon a pris toute la place.

On s'installe bien collés sur le divan. Tithom se couche contre moi et je tiens son biberon d'une main. Il place ses deux petites mains sur le biberon ou sur mes bras et tète... tète... tète... Il me regarde, sourit, tète, me flatte le bras... Ce n'est peut-être pas un aussi beau moment qu'un boire au sein, mais ça rend la coupure moins douloureuse lorsqu'elle se fait de si belle façon.

Plus tôt cette semaine, je me demandais quel boire je couperai ensuite. Il ne me reste que celui du réveil et celui du dodo. Je pensais garder celui du réveil, puisque c'est mon préféré. J'adore me réveiller avec Tithom, commencer la journée en l'allaitant. C'est doux comme réveil, c'est complice comme moment.

Drôle de hasard, un soir de cette semaine, Tithom a fait une sieste très tard et a sauté un boire. Comme il était rendu 19h et que je l'allaite habituellement vers 20h30, je l'ai allaité. J'ai dû lui redonner un biberon plus tard. Je croyais ainsi voir l'effet que ça aurait sur lui, de boire au biberon avant le dodo...

Tithom a veillé jusqu'à 22h. Il ne voulait pas dormir. On a tout essayé. Jusqu'à ce que je lui donne le sein. En 5 minutes, il dormait.

Demain, j'allaiterai mon bébé pour la dernière fois en me levant. Ça me déchire d'y penser. Il ne me restera qu'une tétée par jour, celle du dodo... Il boira plus souvent au biberon qu'au sein.

À moins que je décide encore une fois de repousser tout ça d'une journée... et d'une autre... juste une dernière...

9 novembre 2006

Double temps plein

Je rame très fort ces temsp-ci. À contre-courant, ou enfin, c'est l'impression que j'ai. Je n'avance pas vite et pourtant, mes journées sont plus que remplies. Mon gros contrat me demande énormément de temps, temps que je n'ai pas en partant. Tithom dort très peu, veut se coller, veut que je sois toujours à moins d'un pied de lui. Sans parler de sa maudite dent qui n'en finit plus de percer. Les contrats réguliers continuent quand même d'entrer, ce qui fait que je me retrouve à occuper deux emplois à temps plein (celui de maman à la maison et celui qui paie les comptes) en même temps. Donc, disais-je, je rame.

J'ai obtenu la date de tombée pour le gros contrat: le 20 novembre. Ça s'étire habituellement de quelques jours, mais ça me donne une idée de l'échéancier et des coups à donner. J'ai donc fait appel à une nounou, question de reprendre le dessus.

Ma mère vient chez moi s'occuper de Tithom l'avant-midi. Ça me permet de travailler de 8h30 à 13h30 sans arrêt, comparativement à de 11h30 à 13h30 quand le puck roulait pour moi et que Tithom dormait bien.

Ça se passe bien, avec la nounou. La grand-maman est bien contente de passer du temps avec son petit-fils et la maman est bien contente de ne pas devoir aller le porter à la garderie juste parce que pour quelques semaines par année, elle est débordée. Je suis partie à mon compte il y a des années en grosse partie parce que je voulais être là pour mes enfants et ne pas avoir à les domper à la garderie le jour. Il y a des moments où je me trouve idiote d'avoir cru y arriver, mais la plupart du temps, je suis très contente de ma décision. J'ai, en grosse partie, le meilleur des deux mondes: je continue à travailler et à faire des sous, mais je suis là pour voir mon fils grandir en même temps. C'est ça qu'on appelle joindre l'utile à l'agréable, vous croyez?

6 novembre 2006

Numéro 9



Tu fais baver mon gars. Tu lui donnes du fil à retordre. Tu le rends marabout, impatient et irritable. Tu entres dans nos vies sans avertir, sans prendre de précautions. Tu arrives comme ça, sans être invitée. Tu causes douleurs et tourments. Tu es là pour rester, je sais bien, mais tu aurais pu attendre un peu avant d'arriver. Tu rends le sevrage plus difficile et tu prolonges l'effet néfaste qu'a eu le changement d'heure sur les sieste de Tithom. Je n'ai pas le choix de t'accepter parmis nous, mais ce n'est pas de gaieté de coeur. Tu es mieux de te tenir tranquille et de ne plus faire souffrir mon fils, car tu auras affaire à moi. Je te couvrirai de gel au cerise pour te geler, méchante neuvième dent! Considère-toi avertie.

4 novembre 2006

La musique de ma mère

Même si je n'ai jamais vraiment trouvé ma mère cool dans le présent, j'ai toujours su qu'elle l'avait été dans le passé. J'aimais regarder les photos en noir et blanc où on la voyait dans sa chambre aux murs couverts de posters des Beatles et des Stones, où elle arborait fièrement un look très cool, une cigarette au bec et un air blasé un peu forcé. Elle écoutait de la musique cool, quand elle était jeune: Beatles, Stones, Dylan, Santana, Janis, Simon & Garfunkel, Cat Stevens, Lennon... J'avais un tourne-disque dans ma chambre et je faisais jouer ses vieux 33 tours qui grichaient, en fumant une clope, en rêvant aux années 60. J'aurais aimé être une vraie hippie, comme ma mère.

J'ai plus tard acheté toute cette musique en CD, question de faire une drôle de lien entre le passé et le techno. J'écoute encore beaucoup de cette musique "pas de mon âge". C'est celle qui me rejoint le plus, celle dans laquelle je me sens le plus moi.

Ma mère m'a aussi fait découvrir des artistes d'aujourd'hui. J'avais un peu honte de le dire, plus jeune. On n'est pas supposés aimer la même musique que notre mère, quand on a 17 ans.

Grâce à ma mère, j'ai entre autres connu Lhasa de Sela. Une voix veloutée, un son chaleureux et sincère, une musique multi-ethnique. Lire un livre, bien écrasée dans mon sofa, avec la Llorona qui joue en background, c'est pour moi le summun d'un dimanche après-midi relax.

Demain soir, je vais voir Lhasa en spectacle avec ma mère. C'est notre cadeau de fête pour elle, mais aussi un petit cadeau pour moi. Ma première sortie sans mes hommes. La première soirée où Hom sera seul avec Tithom. Ça le rend nerveux, mais moi pas. Je suis contente de lui offrir ça. Je suis contente qu'il passe une soirée avec bébé. Ça nous fera tous du bien, j'en suis certaine.

Ma mère n'est peut-être pas ce que je considère comme étant une personne cool, mais elle a du goût en musique. Et demain soir, je serai bien heureuse d'avoir quand même fouillé dans ses disques, il y a quelques années...

2 novembre 2006

Savoir vraiment

Notre imagination a ses limites. On peut dire à quelqu'un qu'on comprend ce qu'elle vit, même sans avoir vécu la situation. On peut l'imaginer, jusqu'à une certaine limite. On peut se faire une petite idée. Sans plus. Comprendre? Peut-être, mais pas vraiment tout à fait. On sait, sans savoir vraiment.

Toutes les mamans savent la chance qu'elles ont d'avoir un enfant en santé. Mon amie qui a vu sa fille de 3 ans se battre contre le cancer sait vraiment la chance qu'on a, d'avoir un enfant en santé.

Tous les enfants savent que perdre sa mère est une dure épreuve. Mon amie qui a perdu la sienne sait vraiment le vide que ça laisse.

Les futurs parents savent qu'ils sont choyés d'attendre un enfant surprise. Les couples infertiles savent vraiment le privilège qu'ils ont de vivre cette attente.

Toutes les femmes enceintes ont peur de faire une fausse-couche. Mais celles qui l'ont vécu savent vraiment c'est quoi, avoir peur de perdre son bébé.

Les nouvelles mamans savent que les nuits blanches, c'est difficile. La maman qui ne dort pas plus de deux heures en ligne depuis 11 mois le sait vraiment.

Les gens qui nous voient passer, mes hommes et moi, savent que nous sommes une famille heureuse. Hom et moi, nous le savons vraiment.

Tout le monde sait qu'un enfant, c'est ce qu'il y a de plus beau, de plus grand et de plus pur au monde. Quand je regarde Tithom jouer, assis par terre, riant, avec ses petits cheveux blonds droits sur sa tête et une goutte de bave qui pend à sa lèvre, je sais vraiment qu'il n'y a pas plus pur, ni plus beau.

J'ai toujours su que je serais un jour maman. Je savais que ça me comblerait.
Et ça, je peux enfin le comprendre et le savoir vraiment.

1 novembre 2006

Premier Halloween

Même s'il ne s'en souviendra pas, même s'il n'a pas collecté de bonbon, même si c'était une dépense inutile, je n'ai pas pu m'empêcher d'acheter un costume d'Halloween à Tithom. Il a quand même accueilli les quelques enfants qui ont bravé la pluie hier et cogné à ma porte. Il n'a pas pleuré en voyant les petits monstres. Il semblait même intrigué.

Avouez qu'il était mignon, mon petit dragon mauve!