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LES PÉPINS DE KIWI |
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De::Montréal, Québec, Canada Profil . : dernièrement : .
Quelle idée . : tithom : .
Courbe gagnante . : catégories : .
Allaitement (I) (II) . : depuis le début : .
01.2005 |
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« L'espoir n'est pas une formule, mais une pratique. Nicole Nottat
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Association canadienne de sensibilisation à l'infertilité . : maternité : .
Maman Chérie . : suivi : .
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29 août 2005Enfin!Nous sommes arrivés en avance à l'hôpital, trop énervés de revoir notre bébé. J'ai mis la superbe jaquette bleue et me suis assise, les jambes croisées. Les 3 verres d'eau commençaient à se faire sentir, quoi que ce n'était pas du tout pénible comme on me l'avait dit (j'ai une bonne vessie). Après quelques minutes d'attente, on m'appelle enfin. Je m'installe sur la table et relève la jaquette pour découvrir mon ventre. La technicienne me couvre le ventre de gelée froide et place la sonde sur mon ventre. Ça n'a l'air de rien, mais après toutes les échos que j'ai eues, c'est la première fois que j'en ai une sur le ventre! On voit bien Pépin à l'écran, mais elle ne nous dit rien, trop concentrée par toutes les mesures à prendre. Je reconnais certains bouts, d'autres non. Je vois le visage, les mains, les orteils, les jambes. Elle mesure la tête dans tous les sens. Elle me fait tourner sur mon côté gauche pour avoir un autre angle. Hom regarde l'écran, parfois avec le sourire, d'autres fois avec un gros point d'interrogation dans les yeux. Après un bon 10 minutes sans rien dire, la technicienne nous montre enfin le bébé. Sa tête, avec son petit nez retroussé, sa petite bouche, ses oreilles... Ses bras, ses mains, ses doigts... Pépin bouge les mains beaucoup, puis se gratte le nez! C'est tellement mignon! Elle nous montre ensuite son petit coeur qui bat, ses reins, son foie, sa vessie, ses côtes, sa colonne, ses jambes, ses pieds, ses petits oreils... Tout est là, tout est parfait! Elle nous demande ensuite si on désire connaître le sexe du bébé. Oui oui! Bien sûr! Elle place la sonde, mais Pépin est gêné et se cache. Il branle les fesses, mais ne se tourne pas. Bouge la sonde, essaie de trouver un angle plus révélateur... La technicienne me demande de gonfler mon ventre le plus que je peux et de le dégonfler lentement. Je le fais 2 ou 3 fois avant d'enfin pouvoir apprendre un petit bout sur Pépin. Et par petit bout, je veux parler de ce qu'on a vu, tout petit, qui dépassait entre les jambes. Pépin est un garçon! Un beau grand garçon taquin! La tech est sorti de la salle pour aller chercher le médecin. Je l'ai entendue lui dire que tout semblait parfait, mais que ça mesurait "seulement 18 semaines". J'ai beau leur avoir expliqué de ne pas se fier à la date de mes dernières règles car j'ai eu un cycle long, ils n'ont jamais rien voulu entendre. Alors pour eux, je devrais avoir une semaine de plus, mais j'étais vraiment à 18 semaines. Mon médecin le sait, ça été prouvé avec mes deux autres échos, mais eux ne veulent rien savoir. Bien tant pis! Ça ne m'inquiète pas du tout! Le médecin entre dans la salle et place la sonde sur mon ventre. On voit d'abord seulement le placenta, comme une petite montagne grise à l'écran. Puis, derrière la montagne apparaît une petite main qui nous salue. "Il nous fait des tatas!" nous dit le médecin. Pépin est trop mignon, mon coeur va exploser! On le revoit très bien, il n'est plus gêné de tout de se montrer! Tout est parfait, Pépin est parfait et en santé. Hom m'essuie le ventre et je cours à la toilette. Puis nous partons, le coeur léger, avec des nouvelles photos de notre petit homme dans les mains. Le voici, celui pour qui mon coeur bat si fort depuis 4 mois! Voici notre petit Prince tant attendu! ![]() Nous avons franchi plusieurs étapes en quelques jours seulement. Après l'échographie, nous sommes allés magasiner. J'ai acheté mes premiers morceaux de vêtements de maternité. Je me sentais encore un peu comme une fraude en entrant dans ces magasins... Je n'ai pas vraiment de ventre encore, mais mes vêtements ordinaires commencent à être inconfortables. Puis, samedi, j'ai commencé à sentir Pépin bouger sans être couchée sur le dos, Hom appuyant sur mon ventre. J'étais assise tranquilement et je l'ai senti clairement! Je crois qu'on n'appuyait plus au bon endroit, c'est pourquoi je croyais ne plus le sentir. Maintenant que je sais exactement où il est placé, je le sens facilement et souvent. Je suis tellement heureuse de sentir ces petites bulles sous mon nombril! J'ai tellement hâte qu'Hom puisse les sentir à son tour, sous sa main! Et hier, j'ai acheté mes premiers morceaux de vêtements de bébé. Je ne peux m'empâcher de les regarder et d'avoir hâte de les lui enfiler. C'est fou, ça commence à vraiment entrer: je vais être maman. Je dois encore me pincer de temps en temps, pour être certaine que je ne rêve pas. Bébé bouge, il est vraiment là, il a même une identité: c'est notre fils. C'est tellement plus concret de penser à lui en tant que garçon qu'en tant que pépin de kiwi. C'est une petite personne, un petit homme en devenir. C'est incroyable. Je regarde la photo de Pépin et mes yeux se remplissent d'eau. Nous allons avoir un enfant. Nous! Après tant de temps, ça va arriver, c'est vrai, il est bien là! Libellés : grossesse (II), Pépin 25 août 2005Fille ou garçon?On me demande si j'ai une préférence et je réponds, en toute honnêteté, que non. Je veux autant un garçon qu'une fille, je veux les deux. On me demande si j'ai un pressentiment. Je disais non, mais je n'en suis plus si sûre. Je me suis apperçue que depuis le début, sans que ce soit très clair, je pense à Pépin comme à un petit garçon. Depuis quelques jours, si j'y pense bien, si j'essaie d'imaginer mon enfant, je vois un petit garçon. Hom est convaincu depuis le début que Pépin est un petit homme. Pas parce qu'il veut plus un garçon qu'une fille, à ce qu'il dit, mais seulement parce que c'est comme ça qu'il le voit. Je suis très impatiente de savoir. J'aimais bien parler de Pépin de façon vague, de façon asexuée. Je crois par contre que de pouvoir connaîte un petit bout de son identité rendra son existence plus concrète. Ce ne sera plus qu'un fœtus (même si, bien entendu, il/elle est déjà bien plus que ça pour nous), mais ce sera un petit garçon, ou une petite fille. Pépin ne sera plus un pépin de kiwi qui grandit, mais une petite personne en devenir. De connaître son sexe changera la vision que j'ai de Pépin. Pas en mieux ni en pire, seulement différent. Bien sûr, avant tout, je veux un bébé en santé, cela va sans dire. Je ne veux pas me faire d'idée trop en avance. Je ne pourrai pas dire, que ce soit un ou l'autre: ah! je le savais! Je sais que peu importe le sexe de Pépin, je serai extrêmement heureuse. Mais je sais qu'une partie de mon coeur sera déçue aussi, tout doucement, parce que de jeter le sort sur un des deux sexes laisse imanquablement tomber l'autre. Je ne serai pas déçue longtemps, peut-être une seule fraction de seconde, seulement le temps de dire un rapide au revoir à ce que je n'aurai pas pour l'instant, avant de me concentrer sur ce que j'aurai. Petit fait cocasse... Onze ans jour pour jour avant l'écho, Hom et moi faisions connaissance. Le 26 août 1994, je commençais le Cégep. Hom était dans mon cours d'anglais, premier cours de la première session de ma première année. Nous ne sommes pas devenus amis tout de suite, mais nos chemins se croisaient déjà. Qui auraient cru à ce moment là que, onze ans plus tard, nous nous retrouverions ensemble à regarder notre bébé sur un écran noir et blanc... Libellés : grossesse (II), Pépin 24 août 2005L'attenteJ'ai l'impression d'attendre depuis des années. Parfois avec impatience, d'autres fois en appréciant l'attente. J'ai attendu longtemps mes règles. Puis j'ai attendu les résultats des tests, le diagnostic et la solution. J'ai attendu, à chaque cycle, la venue de l'ovulation (ou pas) puis celle des règles (ou pas). J'ai attendu qu'un petit pépin fasse son nid dans mon ventre. J'ai souvent attendu quelques minutes qui semblaient si longues, en espérant très fort, le temps que le test de grossesse sur le comptoir de la salle de bains me donne son verdict. J'ai attendu des heures à l'urgence, en espérant de tout mon coeur que les saignements cessent, que ce ne soit qu'une fausse alerte. J'ai attendu de ne plus pleurer, de ne plus avoir mal, en vain. J'ai attendu un interminable cycle anovulatoire afin de recommencer les essais. J'ai attendu encore quelques mois avant de devoir attendre, encore une fois, pour que la deuxième petite ligne rose apparaisse sur mon test. J'avais tellement attendu ce moment, je n'y croyais presque plus. Et depuis que je sais que Pépin a fait de mon ventre sa maison, j'attends autres choses. J'attendais au début mon premier rendez-vous, ma première écho, question de me faire rassurer et de me faire dire que je ne rêvais pas. Puis j'ai attendu ma 2e écho, pour revoir ce petit être avec qui j'étais déjà en amour. J'ai attendu d'avoir traversé le premier trimestre avant de me sentir un peu plus confiante. Et depuis ce temps, je suis dans l'attente de bien des choses. On dirait que je reste là, à ne rien faire d'autre qu'attendre. Je ne m'en plains pas, j'aime cette attente. J'attends mon échographie pour mettre une identité sur Pépin. J'attends mon échographie pour vraiment y croire à 100% et rendre cet être flou plus concret. J'attends de le sentir bouger pour ne plus avoir à m'inquiéter de sa vigueur. J'attends que mon ventre arrondisse assez pour ne plus avoir l'impression de seulement avoir un bourrelet. J'attends de savoir ce qui se cache dans mon ventre avant de prendre des décisions pour la chambre, les objets, les vêtements. J'attends la naissance, sans être pressée, pour enfin rencontrer cet petit bonhomme ou cette petite poupoune qui a mis tant de temps à entrer dans nos vies. J'attends, avec beaucoup de patience et de hâte, tout ce qui me semblait si impossible auparavant. Libellés : grossesse (II), infertilité (II) 23 août 20054 moisHier, je franchissais le cap du 4 mois de grossesse. Déjà 4 mois, c'est fou comme ça passe vite! Je suis dûe pour un petit résumé... Mon corps Je ne peux plus nier que mon ventre s'arrondit. Les gens commencent à le remarquer, quoi que je me trouve encore petite. J'entre encore dans plusieurs vêtements, mais je sens le gros magasinage de linge de maternité approcher. J'ai eu mal à la tête pendant presque 4 semaines, on and off. Ça semble réglé depuis quelques jours. J'ai encore des problèmes de constipation et de brûlements d'estomac, mais rien de dramatique. Ma fatigue semble disparue, mais je manque encore un peu d'énergie et de motivation. On me dit que je respendis, que la grossesse me va bien. Sincèrement, je ne vois pas de différence dans mon visage quand je me regarde dans le miroir. Mon coeur Il est gonflé d'amour pour ce petit être qui grandit en moi. Je me permets d'être heureuse, sans être naïve. Je ne laisse plus les inquiétudes l'emporter sur mon bonheur, mais je garde les deux pieds sur terre. Mon coeur bat vite et fort quand je pense que dans quelques mois, je serrerai notre enfant contre moi. Ma tête Ma tête est difficile à arrêter, elle l'a toujours été. Je pense sans arrêt, à plein de choses différentes. Ces temps-ci, je pense surtout à mon écho de vendredi et au fait que nous apprendront (espérons-le) le sexe de Pépin. Je pense aussi à la chambre, aux nombreuses choses à acheter, à tout ce que je ne sais pas et devrai apprendre "sur le tas", au prénom, à l'allaitement, à tout ce qui changera dans nos vies et celles de notre entourage. Je ne stresse pas, non, je me permets de penser à certaines choses auxquelles je m'étais interdit de penser auparavant. J'ouvre tranquillement certaines portes, j'essaie de regarder plus loin. Mon pépin Je l'ai senti quelques fois bouger, toujours lorsque je suis couchée sur le dos et que Hom appuie sur mon ventre. J'ai très hâte de le sentir bouger sans aide extérieure. J'ai surtout hâte de le revoir vendredi, de voir à quel point il a changé depuis 6 semaines. Et d'en savoir un peu plus sur son identité. Il mesure environ 18 cm de la tête aux talons. Son pied mesure 2,5 cm et le diamètre de sa tête est de 4 cm. Encore tout petit, mais tellement grand pourtant! Mon chum Il me masse et crème le ventre à tous les soirs. Il se renseigne sur les objets à acheter, il s'intéresse à plein de choses. Je sens qu'il se pose les mêmes questions que moi (est-ce que je vais réussir? Est-ce que je vais savoir quoi faire?), mais je suis persuadée qu'il sera un papa merveilleux, patient, drôle, joueur, attentionné et fier. Je crois qu'il pense que son rôle de père commencera à la naissance, mais moi je sais qu'il est débuté depuis longtemps et qu'il le joue déjà avec beaucoup d'amour. Notre monde Pas mal tout le monde autour de nous est maintenant au courant. Les grands-parents, entre autres, semblent très excités. Les gens sont en général très gentils avec nous. Plusieurs amies m'offrent leurs conseils, sans que je me sente ignorante. Je suis bien entourée et, même si je suis quelqu'un de solitaire, je sais que ça m'apportera beaucoup et je leur en suis très reconnaissante à l'avance. Libellés : grossesse (II) La fin de semaine s'est relativement bien déroulée. Je dois même dire que j'ai été agréablement surprise. Bon, il a plu toute la journée samedi et une partie de la matinée de dimanche. J'ai eu droit à quelques commentaires ou conseils du genre "tu vas voir...", mais rien de vraiment dramatique. Très peu de gens ont essayé de me taponner le ventre, mais pratiquement tout le monde m'a regardé la bédaine avant de me regarder dans les yeux pour me saluer. Je n'ai pas eu à dormir dans la tente, être enceinte a ses avantages! Le blé d'inde était bon. Et surtout, je n'ai pas chanté au karaoke. Je n'ai même pas eu à aller me cacher dans le bois! Le taux de participation a été pas mal bas cette année, ce qui a découragé les animateurs de forcer ceux qui n'avaient pas chanté à monter sur scène. Les seules choses qui m'ont vraiment achalée sont les questions qui commençaient pas "as-tu pensé?" comme "as-tu pensé que l'an prochain vous allez venir ici avec un bébé?" ou bien "as-tu pensé qu'à Noël tu vas avoir une grosse bédaine?" Je me demande si les gens croient sérieusement que je n'ai pas pensé à tout ça... Enfin, ce n'est pas pour mal faire, je crois que la question se dirige plutôt vers eux. Ils se rendent tout à coup compte de certaines choses qui changeront d'ici quelques mois et se demandent tout haut si j'ai déjà moi-même fait ces conclusions. Oui, j'ai pensé à tout ça. Et même bien plus. Libellés : famille, grossesse (II), sorties 19 août 2005On va s'amuser!En fin de semaine, c'est le pic-nic/épluchette/party annuel de la famille de la mère de Hom. Un beau gros 2 jours avec la belle-famille étendue. J'ai même droit à une nuit bonus puisqu'Hom et moi y allons dès ce soir pour aider les beaux-parents à préparer tout ça. Tout le monde y sera, ce qui veut dire beaucoup de monde, puisque ma b-m a 5 soeurs et un frère et qu'ils ont tous des enfants, dont certains ont des enfants aussi. Un gros party de cousins, cousines, oncles, tantes, frères, soeurs, où tout le monde dort sur place, soit dans une roulotte ou dans une tente et où tout le monde chante le soir autour du feu de camp. Ça semble amusant comme ça, non? Non. Depuis l'an dernier, le bivouac a évolué, question de suivre les technologies modernes. Nous sommes maintenant à l'ère du... karaoke! Joie! L'an dernier, j'ai eu la chance immense de faire une laryngite (vraiment involontaire, juré!) cette fin de semaine là, ce qui m'a sauvée Pour ajouter insulte à l'injure, ils annoncent de la pluie à partir de ce soir jusqu'à dimanche matin. Vraiment le temps idéal pour une fête en plein air! Même si on instale une grande toile et qu'on s'arme de parapluies, ça enlève beaucoup de spontanéité et de liberté à cette fête. Pas le choix de rester sous la toile, près de la machine à karaoke! Moins facile d'aller se cacher dans le bois jusqu'à ce que tout le monde soit couché! On va passer au cash, coûte que coûte! Je chiale, mais au fond, je vais sûrement m'amuser quand même. Ok, peut-être pas en chantant, mais en écoutant les autres Blé d'inde... Blé d'inde... Pensons fort au blé d'inde... Y'est mieux d'être bon! 18 août 20053e rendez-vousCe matin, j'avais mon rendez-vous de suivi. J'avais très hâte. Je trouve ça long, 4 semaines sans entendre battre le petit coeur de Pépin. Je ne le sens pas encore assez bouger pour me rassurer. Je le sens seulement des fois, quand je suis couchée sur le dos et que Hom appuie sur un endroit précis de mon ventre, mais pas tout le temps. L'infirmière qui m'a appelée et dirigée vers la salle de consultation en était une qui m'a beaucoup aidée quand j'étais suivie en fertilité. Pas celle sortie de l'enfer, non! Une autre, qui s'est toujours souvenu de mon nom et des raisons qui m'amenaient à la clinique. Elle ma donné quelques injections, m'a montré comment les faire, bref, elle a été d'un bon soutien. Lorsqu'elle m'a vue arriver aujourd'hui, elle m'a reconnue, puis a regardé deux fois dans mon dossier, surprise. "Oh wow! Je ne savais pas que tu étais enceinte! Wow! Félicitations! Ça a marché!" Ça m'a beaucoup touchée qu'elle se souvienne de nos difficultés et qu'elle soit si contente pour nous. Ma pression est belle. Test pipi aussi. Mes résultats du prénatest sont tous négatifs (1 chance sur 110 000!). Je n'ai pas pris de poids, j'en ai même encore perdu. Même si le médecin ne semblait pas inquiet, il avait quand même l'air agacé. Bien que ce soit normal de perdre du poids en début de grossesse, rendue à 17 semaines, je devrais commencer à en prendre. Ce n'est rien de grave ni d'inquiétant, seulement quelque chose à surveiller. Je mange bien, je mange même plus qu'avant, je n'ai pas été malade du tout, je dois seulement avoir un bébé gloûton! Il m'a dit que ma bédaine grossissait bien (hauteur utérine de 16). Nous avons aussi entendu le petit coeur battre vite et fort. Je ne me tannerai jamais d'entendre ce son! Je lui ai demandé si c'était normal d'avoir autant mal à la tête (j'ai mal à la tête pratiquement tous les jours depuis 3 semaines). C'est intermittent, des fois très fort et d'autres non, des fois en me levant et d'autres le soir... Je sais que je peux prendre des Tylenol, mais je n'aime vraiment pas ça en prendre souvent. Le doc m'a dit d'en prendre normalement, pour briser le cycle des maux de tête. Il a vérifié mes taux d'hormones et ça ne semblait pas venir de là. Donc, tout est beau! Nous voyons Pépin la semaine prochaine, avec l'espoir de dévoiler un peu plus de son identité. Libellés : grossesse (II) 16 août 2005SondageDans 10 jours, je passe mon échographie et nous espérons connaître le sexe de notre bébé. Je me suis donc amusée à placer un petit sondage dans la barre de droite. Pépin est-il un pépin ou devra-t-on l'appeler Pépine? Ou est-ce un petit kiwi avec des pattes? Allez-y, votez! Les paris sont ouverts! Libellés : Pépin 15 août 2005Un beau mariageSamedi matin, je suis allée me faire coiffer. Après près de deux heures à me faire friser et placer les couettes, je suis retournée chez moi. Hom et moi nous sommes préparés et sommes partis pour aller rejoindre ma famille chez mon frère. Toute la famille y était: ma mère et son copain, mon père et sa copine, mes frère et les garçons d'honneur. Tout le monde était beau, en tuxedo ou en belle robe, les cheveux bien coiffés, les yeux brillants et le sourire aux lèvres. Je n'avais jamais vu mes frères aussi beaux! Et de voir ma mère et mon père dans la même pièce, à rire ensemble, avec leurs conjoints, c'était... unique. Mes parents ne s'étaient pas laissés en mauvais termes, mais ne s'étaient pas vraiment reparlé non-plus, une fois le divorce finalisé. Ça me faisait drôle de constater que je pouvais encore avoir une famille, quand ça comptait. Déjà là, on me couvrait de compliments sur ma robe, mes cheveux, mon petit ventre qui pointait discrètement et mon décoleté qui n'avait jamais été si plein! J'aimais bien mon bedon ce matin-là, il avait poussé un petit peu, comme si Pépin voulait lui aussi participer à cette belle journée. Nous sommes partis vers 13h15, en direction de l'église. Les gens se sont mis à arriver tranquilement. De tous les mariages où je suis allée, c'était le premier où je connaissais tant de gens, où notre famille était à l'honneur. Nous avons finalement pris place, fébriles, en attendant l'arrivée de la future-mariée. Mon père et ma mère ont mené mon frère à l'avant. Je pleurais déjà. Puis les cloches ont sonné. Les demoiselles d'honneur sont entrées, suivies de la future-mariée, accompagnée de ses parents (eux aussi divorcés). Quelle belle occasion qu'un mariage pour réunir, pour un instant, des familles brisées. Ma belle-soeur était magnifique, souriante et radieuse. Ma gorge était nouée et mes yeux pleins de larmes. La cérémonie fut belle, les mariés se regardaient avec des yeux scintillants. Il faisait terriblement chaud dans l'église. Mon autre belle-soeur était assise derrière moi et me faisait du vent dans le cou de temps en temps avec un évantail chinois. Heureusement, sinon je serais bien tombée dans les pommes! J'étais assise avec ma grand-mère, qui n'a pas cessé de parler tout au long du mariage. Ma politesse m'empêchait de lui demander de se taire, mais ce n'était pas l'envie qui manquait! Elle m'a même dit: "tu as engraissé!" Ce à quoi j'ai répondu "non grand-maman, je n'ai pas engraissé, ce n'est pas de la graisse." "Bah! Engraissé, grossit, c'est la même chose!" "Non grand-maman, ce n'est pas pareil. Je n'ai pas engraissé, c'est mon bébé qui grandit." Quel manque de tact! Après la cérémonie et les quelques photos sur le pas de l'église, nous avont suivi le cortège de limousines jusqu'au parc où ils prendraient plusieurs photos. L'endroit était superbe, avec des jardins et des décors idéaux pour les mariages. D'ailleurs, il devait y avoit au moins 6 gangs de mariages différents avec leur photographe sur place. Après avoir pris quelques photos, nous sommes repartis, en direction de la salle de réception. Dans le hall, où nous prenions un verre (de jus, bien sûr!) en attendant l'ouverture de la salle, j'ai eu droit à différents commentaires. Les plus flatteurs étant "tu es belle!", "Ça te va tellement bien!" ou "Tu as une belle petite bédaine!" et les moins flatteurs du genre "ouin, ça paraît déjà tant que ça!" ou "juste 4 mois??" Plusieurs mains se sont aventurées vers mon ventre, mais j'ai réussi à pas mal toutes les repousser. J'ai eu droit à beaucoup de "bonne chance!" et de récits de grossesse (non sollicités de ma part, je précise). Bien des gens ont quand même respecté mes limites et ça m'a soulagée. On m'a posé quelques questions, si la grossesse allait bien, si j'avais des nausées, si nous savions le sexe, si nous avions choisi un prénom... Je trouvais ça correct, mais à la longue, je me tannais un peu de me faire poser des questions que sur ça. Je suis heureuse d'être enceinte, je suis heureuse de le partager, mais je suis plus qu'une femme enceinte. Enfin... La soirée a été très belle, amusante et remplie de sourires. La bouffe était bonne, quoi que très abondante. Je dois préciser que nous avions affaire à un réception grecque. Résumé du souper: amuse-gueules avec les drinks (bar-open toute la soirée), puis entrée (artichauts, taramosalata, feta, spanakopita, etc.), 2e entrée de pâtes (penne et caneloni farci, sauce tomates), salade avec fromage feta et olives, repas principal (veau avec pommes de terre et légumes), plateau de fruits de mer pannés (crevettes, pétoncles, calmars et langoustines), puis le dessert, une crèpe farcie de crème glacée. À tout ça, s'ajoute la table de desserts (et quand je dis table, je veux dire 4 tables pleines) avec le gâteau de mariage. Bref, assez pour tous nous faire exploser! J'ai eu droit à plusieurs moments touchants qui sont venus me serrer la gorge. Mon grand frère serrant très fort mon petit frère dans ses bras, le marié dansant avec ma mère, mon petit frère faisant un beau discours, très touchant et sincère, les mariés dansant leur première danse, mes grands-parents dansant le cha-cha... Et tout le monde si beau, si souriant, c'était très émouvant. Hom était tellement beau dans son habit et sa belle chemise. J'adore quand il s'habille "en monsieur". Nous sommes partis vers 1h30 du matin et nous n'étions pas les derniers. Nous avons dansé sur des airs américains, grecs et italiens. Nous avons entendu des discours en anglais, en français et en grec. Nous avons eu un apperçu d'un mariage grec, ce que nous ne connaissions pas. J'ai vu toute ma famille réunie, ce qui n'arrive pratiquement jamais. J'ai vu mon père et mes frères en tuxedo. Il y avait une caméra jettable à chacune des tables. À chaque place, il y avait une flûte à champagne avec un fraise au fond, pour le premier toast aux mariés. Nous avons reçu, en guise de remerciement, un beau plat à olives. Ma mère avait peint un magnifique coffre pour mettre les cartes pour les mariés. Ma belle-soeur fêtait aussi ses 30 ans hier, elle a donc eu un beau bouquet de ballons et un autre gâteau pour souligner l'événement. Le gars du télégramme chanté était par contre très pénible... Les jeux qui habituellement nous tombent sur les nerfs dans un mariage n'ont pas été nombreux. Je n'ai pas attrapé le bouquet et Hom n'a pas attrapé la jaretière. Les chansons énervantes qui reviennent toujours (YMCA, Celebration, etc.) n'ont pas joué. J'ai enlevé mes sandales et dansé comme une folle avec ma cousine. Bref, en tout et partout, une soirée mémorable. Hier, Hom et moi n'avons pratiquement rien mangé de la journée, trop bourrés que nous étions de notre soirée. Ce matin, mon frère et sa femme (ça fait drôle de dire ça!) sont venus me porter un morceau du gâteau de mariage (que je n'avais pas goûté) et un morceau du gâteau de fête. Ils avaient l'air reposés et heureux. Leur voyage de noces est la semaine prochaine, d'ici là, ils se la coulent douce, entre nouvaux-mariés. Hom avait peur que cette soirée me donne envie de me marier. Non, ce n'est pas le cas. J'ai bien aimé la soirée, j'en garde de très bons souvenirs. Mais j'étais très contente de ne pas être le centre de cette journée. Je ne me sens pas plus attirée par une telle journée pour nous. Je préfère encore le vivre pour les autres. ............................................. Si vous voulez voir quelques photos, envoyez-moi un email et ça me fera plaisir de vous les montrer. Je préfère ne pas mettre l'album ici, parce qu'il y a des photos d'autres personnes que moi. Libellés : famille, grossesse (II), sorties 12 août 2005ÉnervementEh bien je crois que ma danse du soleil et vos incantations ont fonctionné! Ils n'annoncent plus de pluie pour demain! Ce n'est pas mon mariage et je suis toute énervée. Je trouve que j'ai beaucoup de choses à faire d'ici demain et pourtant, je ne fais même pas partie du cortège! Bien non, je n'ai aucun rôle dans le mariage de mon frère. Ma belle-soeur a une soeur, qui sera sa demoiselle d'honneur, avec ses deux meilleures amies. Mon frère a choisi notre petit frère comme garçon d'honneur, avec ses deux meilleurs amis. Bref, Hom et moi ne sommes que spectateurs. Ça ne me dérange pas vraiment, j'avais dit à mon frère de ne pas se sentir mal si je n'avais rien à faire. Hom devra passer la quête. Il a au moins un petit rôle à tenir. Ce qui me déçoit, et peut-être que c'est enfantin, je ne sais pas, c'est ma place dans toute la journée. Ma place, qui aurait dû être celle de la soeur du marié, passe complètement dans le beurre. Je ne demande pas d'être mise à l'honneur, je ne demande pas qu'on me place sur un trône. Je suis très consciente qu'il s'agit de leur journée et non de la mienne. Mais j'aurais aimé avoir la place d'une soeur et non celle d'une simple invitée. Je suis assise sur une table quelconque, avec deux cousines et un couple d'amis de ma mère et leur fils. Aussi bien dire que je suis dans le coin avec la gang d'inconnus sortis du garde-robe. Je sais, je suis bébé, mais j'aurais aimé, faute de faire partie du cortège ou d'avoir un rôle, au moins faire partie d'une table "famille proche". Comme c'est là, aux yeux de mon frère et de sa blonde, j'ai l'impression d'être au même niveau qu'une cousine (qu'on ne voit qu'une fois par année). Je trouve ça décevant, presque blessant. Mais bon, ce n'est pas une journée où mes propres sentiments sont importants. C'est leur journée, la célébration de leur amour, je suis une fille et je suis capable de passer par-dessus mes petites déceptions. Si je suis énervée pour demain, je n'ose même pas imaginer comment se sent ma belle-soeur. Je dois repasser ma robe, aller chez la coiffeuse, refaire mon manucure pour la 3e fois (première fois avec les guides de papier, très laid. Deuxième fois à main levée, mieux, mais pas parfait), faire mon pédicure, et surtout, me pratiquer à marcher avec des talons hauts. J'ai cherché des sandales qui allaient avec ma robe pendant des jours. J'en ai trouvé une seule paire, dotée de talons hauts de 3 pouces et demi. Je suis très maladroite sur des talons. J'ai beau avoir passé le balais et fait la cuisine avec mes sandales dans les pieds, j'ai encore l'air d'un robot quand je marche. Espérons que d'ici demain, je trouverai le truc... Libellés : famille 11 août 200580% PDPSamedi, mon grand frère se marie. Ce sera le premier mariage de la famille et probablement le dernier. Je sais à quel point cette journée est importante pour lui et sa copine. Je ne connais pas la danse du soleil, mais si on me la montrait, je la ferais sans arrêt jusqu'à samedi pour que la pluie qui menace leur journée parte bredouille. Je suis allée à plusieurs mariages dans ma vie. C'est arrivé que le temps ne soit pas parfait, un peu venteux ou frais, mais je n'ai jamais eu de mariage sous la pluie. Je dis que ce sera probablement le dernier mariage... Hom et moi n'avons pas l'intention de nous marier, en tout cas, pas de gros mariage et surtout pas à l'église. Mon petit frère, je crois que c'est loin d'être une priorité pour lui. Je n'ai absolument rien contre le mariage. J'aime bien aller au mariage des autres. Je crois tout simplement que ce n'est pas pour Hom et moi. Ce n'est pas nous. Nous ne trippons pas du tout sur les réunions de famille. Nous ne nous reconnaissons pas du tout dans les cérémonies et traditions du mariage. Aussi, si nous avions cet argent-là à dépenser, on le mettrait ailleurs que dans une seule journée. Je respecte le choix des autres, mais ce choix ne fait pas du tout partie de notre futur. Mais pour mon frère, pour sa blonde et pour les parents, samedi sera une journée unique dans leur vie. Aidez-moi à souffler sur les nuages s'il-vous-plaît! Libellés : famille 10 août 2005Malheureux hasardJe lis beaucoup de blogs, tous différents les uns des autres. La plupart sont écrits par des filles vivant ou ayant vécu l'infertilité, sous toutes ses formes. Une fille qui a eu recours à une mère porteuse, une autre qui attend que son dossier soit envoyé en Chine pour l'adoption de sa fille, une qui a recours à un don d'ovule, une autre qui ne prend pas encore de médicaments, une qui a eu des jumeaux après un long parcours et plusieurs FIV, une qui vient de commencer le Metformin... et j'en passe! Ce sont toutes des filles extraordinaires qui sont d'un soutien incroyable envers les autres. J'en suis venue à m'attacher à plusieurs d'entre elles et à suivre leur histoire comme s'il s'agissait d'une amie proche. Quand je suis tombée enceinte, j'étais heureuse de partager ma grossesse et mes sentiments contradictoires avec quelques filles. Une en particulier, Callista, avait seulement 2 jours de plus que moi dans sa grossesse. Tout comme moi, elle avait des craintes, mais aussi beaucoup d'espoir. Elle avait vu son bébé quelques fois par échographie. Elle avait entendu son coeur, elle avait enfin décidé d'y croire. Jeudi dernier, à 15 semaines et 1 jour, elle apprenait que son bébé était mort depuis quelques semaines, depuis le lendemain du jour où elle l'avait entendu pour la dernière fois. Callista n'avait pas plus de risques qu'une autre de perdre son bébé. Elle n'avait eu aucun signe avant-coureur. Elle avait vu et entendu son coeur battre, ce qui supposément rend les risques de fausse-couche très minimes. Il n'y a aucune raison valable pour expliquer ce qui lui est arrivé. Depuis des mois, j'ai lu avec tristesse les témoignages de plusieurs filles qui perdaient leur bébé, la plupart du temps au premier trimestre. À chaque fois, mon coeur se brisait pour elles. Mais cette fois-ci, je ressens la peine d'une façon différente, d'une façon presque personnelle. Ça aurait pu être moi. Ça pourrait être moi. Quand j'ai lu sa terrible nouvelle, j'ai essayé d'imaginer la déchirure qu'elle a dû ressentir. Je sais que mon imagination ne peut pas arriver près de la réalité, mais ce que j'imaginais était déjà intolérable. Il n'y a rien que je puisse faire pour Callista. Rien, sauf de lui dire à quel point je pense à elle et que je lui souhaite de tout coeur de trouver la paix, un jour, avec tout ça. J'ai posé ma main sur mon ventre, je suis allée voir Hom et je lui ai demandé, la gorge nouée, si Pépin était correct. Même si je sais qu'il n'a aucun moyen de savoir, même si je sais qu'on ne peut rien y faire, j'avais besoin de réconfort. Il m'a regardée et m'a dit "oui, Pépin est correct. Il ne s'en ira pas." Quand j'ai senti Pépin bouger samedi soir, c'est comme si on m'enlevait une tonne de briques de sur les épaules. Ce qui est arrivé à Callista et son bébé, ce n'est qu'un malheureux hasard. Ça aurait pu être n'importe qui, ça pourrait être n'importe qui. Mais ce n'est pas tout le monde. Libellés : amis, fausse-couche, infertilité (II) 8 août 2005Mon morceau d'étoileDepuis des mois, j'avais peur du 8 août. Depuis des mois, je redoutais sa venue, j'avais peur de ma réaction. Ce jour est là et je suis surprise par la paix que je ressens. Mon premier petit pépin, celui qui n'est pas resté accroché longtemps dans mon ventre, avait comme date d'arrivée le 8 août. J'ai longtemps eu peur de me retrouver aujourd'hui le ventre vide et le coeur brisé. J'avais peur de me laisser emporter par le passé et ce qui aurait pu arriver SI... mais ce n'est pas le cas. Je regarde aujourd'hui le passé d'un oeil triste, oui, mais résigné aussi, et surtout, je ne le vois plus comme un ennemie à vaincre, mais comme un défi que j'ai surmonté. Le bébé qui grandit en moi y est pour quelque chose, c'est certain. Si je n'avais pas ce petit Pépin en moi, je ne crois pas que je verrais une journée comme aujourd'hui de le même façon. Ça n'efface pas la cicatrice qu'a laissé cette perte, mais ça l'estompe un petit peu. Mon petit pépin, mon petit morceau d'étoile que j'ai pu garder au creux de mon ventre pour quelques jours, je ne t'oublierai jamais. Tu nous a donné, le temps d'un battement de coeur, plus de joie et d'espoir que nous croyions possible. Je n'ai plus de regret aujourd'hui. Je ne me retournerai plus vers ce qui aurait pu arriver, mais vers ce qui sera. Un extrait du petit Prince, qui me fait penser à toi quand je regarde les étoiles... Quand tu regarderas le ciel, la nuit, puisque j'habiterai dans l'une d'elles, puisque je rirai dans l'une d'elles, alors ce sera pour toi comme si riaient toutes les étoiles. Tu auras, toi, des étoiles qui savent rire! Libellés : fausse-couche 7 août 2005Étoiles filantesNous avons passé la fin de semaine au chalet, seuls. Des petites vacances qui nous ont fait un bien énorme. Le temps était superbe, un beau soleil, une petite brise, un ciel sans nuage... Nous nous sommes baignés samedi. Nous avons fait une belle grande marche, puis un feu de camp alors que le soleil se couchait. J'étais si bien, seule avec mon amour. Les choses sont si simples avec lui, je n'ai pas besoin de parler. Quand le soleil était complètement disparu du ciel et qu'il ne restait que la lueur des milliers d'étoiles, nous nous sommes étendus sur une couverture pour regarder le ciel. On se sent si petits devant tant d'infini! Nous avons vu plusieurs étoiles filantes, mais je n'ai pas eu le temps de faire un voeux. Hier soir, comme tous les autres soirs depuis 3 semaines, j'ai tenté de sentir Pépin bouger dans mon ventre. J'appuyais sur le bas de mon ventre et me concentrais. J'ai senti, il y a deux semaines, quelque chose qui me semblait bien être autre chose que mes intestins ou mon ventre qui gargouille. J'ai senti, l'espace de quelques secondes, quelques petites bulles éclater, très creux dans mon ventre. C'était minuscule, à peine perceptible, mais différent... Aussi fort que je le désirais, je n'ai pas réussi à ressentir ces petites bulles à nouveau. Hier soir, j'essayais encore, en vain, quand Hom a décidé de placer sa main sur mon ventre et d'appuyer. Presqu'immédiatement, j'ai senti quelque chose d'absolument unique et clair. Je sentais Pépin bouger, je n'avais aucun doute. Il semblait gigotter, me donner de minuscules coups, comme un poisson qui se débat dans trop peu d'eau. Je n'osais y croire au début, mais c'était clair que je sentais bel et bien Pépin et non mon sytème digestif! Quand Hom a enlevé sa main, je ne sentais plus rien. Je lui ai demandé "encore! Encore!" et il a replacé sa main au même endroit. Les petits coups sont revenus, pour mon plus grand plaisir. Hom a même senti quelques petits mouvements sous sa main. Nous l'avons fait plusieurs fois, je ne pouvais me tanner de sentir ce petit être bouger en moi. Je ne sens rien si je ne suis pas couchée sur le dos et que Hom n'appuie pas sur mon ventre. Mais je l'ai senti! Plus d'une fois! C'est tellement dur à croire... Pendant des années je voyais ça comme un rêve presqu'impossible à atteindre et là, je le sens, en moi, si vrai et si fort... Je n'ai peut-être pas eu le temps de formuler un souhait en voyant l'étoile filante, mais je crois bien qu'elle, elle a eu le temps de lire ce que mon coeur souhaitait... Libellés : grossesse (II), Pépin 4 août 2005DistraiteHom trouvait qu'il n'avait pas beaucoup de sous-vêtements dans son tiroir. Je lui disais "le linge propre est sûrement encore dans la sécheuse..." car ça m'arrive de l'oublier là quand la brassée est finie. Après quelques jours, il avait épuisé le contenu de la sécheuse et trouvait encore qu'il manquait de sous-vêtements. Ce matin, il a eu la brillante idée de regarder dans la laveuse. Eh oui! J'avais oublié la brassée propre là, dimanche soir... Pas besoin de vous dire que c'était rendu sec et très malodorant! Mais où ai-je donc la tête...? Libellés : grossesse (II) 3 août 20053 ansIl y a 3 ans, je ne recommençais pas une nouvelle plaquette de pilules. Il y a 3 ans, on commençait notre aventure vers la parenté, sans nous douter que ce serait si difficile et couvert d'obstacles. J'avais 25 ans, Hom en avait 27, nous étions prêts. En août 2002, nous avions décidé de commencer les essais et de laisser la nature décider. Je savais que j'avais des problèmes de fertilité, je les ai toujours eu. Mais jamais je n'aurai pu imaginer le chemin que nous aurions à traverser. En août 2002, je voyais déjà notre enfant naître, grandir et rire dans notre appartement. Je voyais déjà notre avenir tracé, j'avais confiance. En août 2002, j'étais naïve. Les premiers mois ont été décevants. Je ne croyais pas vraiment pouvoir concevoir tout de suite en partant, mais j'osais espérer quand même. Si j'étais tombée enceinte au départ, notre enfant aurait aujourd'hui plus de 2 ans. Nos vies seraient complètement différentes. Je n'aurais pas eu à essayer tous ces traitements, à vivre les épreuves de l'infertilité et à me forcer, mois après mois, année après année, à garder espoir malgré tout. Ça aurait été simple, comme ce l'est pour tellement de gens. On a beau dire que nos efforts ont porté fruit, que tout ça vallait la peine puisqu'aujourd'hui je porte un enfant, je grince un peu des dents en entendant ça. Oui, nos efforts ont finalement été récompensés. Valloir la peine? Je ne sais pas. Je ne dis pas que la vie de notre enfant n'aura pas vallu l'attente, non. Je sais qu'on ne peut mettre une valeur sur cette vie, puisqu'elle vaut tellement plus qu'on ne peut l'imaginer. Mais d'un autre sens, dire que tout ça vallait la peine, ce serait comme dire que je devais passer tous ces tests, vivre toutes ces déceptions, perdre mon premier bébé, pour pouvoir en arriver là. Que c'était le prix que je devais payer, alors que tant d'autres femmes n'ont pas à débourser quoi que ce soit pour en arriver au même résultat. J'ai beau me répéter que Pépin vaut tous les efforts et tous les désespoirs, je ne suis pas toujours convaincue. Je suis convaincue de sa valeur, je ne suis pas convaincue qu'on puisse la calculer en souffrance et en temps. Je ne comprends pas pourquoi nous avons eu à vivre tout ça pour avoir exactement la même chose que les autres. Ce n'est pas vrai que cet enfant-là sera plus aimé ou plus apprécié parce qu'il a été attendu et désiré si longtemps. Oui, nous l'aimerons de toutes nos forces, de tout notre coeur. Mais de dire ça voudrait dire que les autres femmes qui n'ont pas eu à traverser les mêmes épreuves n'aiment pas leurs enfants tout autant. Si nous avions conçu en août 2002, nous aurions aimé notre enfant avec la même force, avec la même fierté. Personne ne saura, en regardant notre enfant, qu'il a été désiré et espéré si longtemps. Il ne sera pas différent, il ne sera pas plus spécial qu'un autre, sauf dans nos coeurs. Nous n'avons, aujourd'hui, rien de plus que les couples qui ont conçu en criant ciseau. Nous sommes comme eux, aux yeux de tous. Mais nous sommes très différents. Nous avons en nous des cicatrices qui ne disaparaîtront jamais vraiment. Les épreuves ont changé beaucoup de choses en nous et, même si ce n'est pas toujours visible, c'est permanent. Au-delà de la force que ça nous a donné, de mon caractère que j'ai développé, de notre couple qui a été solidifié, des connaissances que nous avons acquises, de l'ouverture d'esprit et de la compassion que nous avons gagnées, bien des petites choses ont changé en moi. Je ne serai jamais capable d'être heureuse spontanément en apprenant une grossesse chez des fertiles. Je ne serai jamais capable d'entendre une femme se plaindre pendant sa grossesse, peu importe ce qu'elle a traversé. Je ne serai non-plus jamais capable de sauter de joie sans m'inquièter en passant un test de grossesse positif. Je ne serai jamais à l'aise avec les gens qui ignorent tout de l'infertilité. Je n'endurerai jamais les femmes enceintes qui voient la vie à travers des lunettes roses. Je ne tolèrerai jamais les commentaires imbéciles comme "arrête d'y penser" ou "c'est tellement le fun la pratique!". Je ne serai plus jamais la même femme qui, il y a 3 ans, arrêtait la pilule en pensant être enceinte dans les mois qui suivent. Je ne serai plus jamais innocente, je ne serai plus jamais naïve. Mais je serai forte et je serai remplie d'espoir, ça m'a menée ici, après tout. Libellés : essais bébé (III), infertilité (II), souvenirs 2 août 2005Pas toucheJe n'aime pas me faire toucher, je n'ai jamais vraiment aimé ça. Ma bulle est très importante, je ne laisse pas beaucoup de gens dépasser mes limites de contact. Le toucher est pour moi très intime, je réserve ça pour les grandes occasions ou les gens très, très près de moi. Je savais qu'en annonçant ma grossesse, ça ouvrirait des portes. Je sais que les gens ont tendance à vouloir toucher. Le fait qu'il y ait un bébé dans mon ventre ne leur donne pourtant pas la permission de me flatter la bédaine. Est-ce que je leur joue dans le nombril moi? Pourquoi est-ce que parce que je porte un enfant, ça leur donnerait le droit d'outre-passer mes limites et me taponner comme si j'étais une poupée? Je me préparais d'avance à l'éventualité de protéger mon ventre tel un trésor privé. Je comptais bien repousser les mains sans gêne et rebuter les caresses non solicitées. Mais je ne me préparais pas à le faire si tôt, alors que ça ne paraît même pas encore. Hier soir, je suis allée rendre une petite visite à mon père et sa copine. Elle ne m'avait pas vue depuis quelques semaines. Dès que nous sommes arrivés, plutôt que de m'embrasser sur les joues comme elle le fait habituellement, elle pose sa main sur mon ventre et le flatte. Je lui ai pris la main, l'ai enlevée de mon ventre et lui ai dit que quand le bébé bougera, elle pourra toucher la bédaine. J'ai trouvé ça très difficile de la repousser, mais je suis restée prise avec un sentiment de malaise et l'impression qu'on avait violé mon intimité. C'était presque comme si elle m'avait vue toute nue. Elle n'est pas une matante à qui je n'aurai aucune misère à dire bas les pattes. C'est quelqu'un de proche, que j'aime et qui surtout ne voulait pas mal faire. Je ne suis vraiment pas prête pour ce genre de contact. Je ne comprends pas pourquoi les gens pensent qu'ils ont soudainement le droit de me toucher. Quand je n'étais pas enceinte, personne ne me touchait le ventre, personne n'aurait osé. Pourquoi tout d'un coup, ils croient que tout leur est permis, que mon corps n'est plus qu'une usine qui fabrique un bébé? Le ventre fait encore partie de mon corps, à ce que je sache. Et la peau sous tes doigts, quand tu penses toucher le bébé, c'est ma peau. C'est moi qui sens ton toucher, pas le bébé. Et crois-moi, si JE ne peux pas sentir le bébé bouger, c'est certain que tu ne le sentiras pas. Ce que tu flattes pour le moment ce n'est que du gras et ce n'est vraiment pas apprécié. Ouste! Sors de ma bulle! Libellés : grossesse (II)
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