30 juin 2007

Jamais

Jamais je n'aurais cru que ça fonctionnerait aussi vite. Jamais je ne m'étais imaginée que ce genre de chance pouvait m'arriver, à moi.

Je me voyais refaire le même protocole plusieurs cycles. Je me voyais redevenir amère et frustrée comme vers la fin de mes essais pour Tithom. Je me voyais devoir continuer à prendre ma température, avaler des pilules, m'injecter des hormones dans le gras du ventre. Je me voyais être infertile encore et encore. Je disais que si ça prenait en bas d'un an, je serais heureuse. Ça nous aura pris 8 mois entre mon retour de couches et le test positif, 7 cycles dont seulement 3 avec suivi en fertilité et un seul sous injections avec ovulation.

Je ne me voyais pas enceinte après une seule ovulation. Jamais. C'était bien trop beau! Surtout avec les coïcidences mignonnes (Tithom a été conçu à la fête des mères, Tipépin à la fête des pères, après avoir eu l'écho d'ovulation le jour de mes 30 ans). Quand j'ai vu la 2e ligne apparaître, je ne pouvais y croire.

Mais aujourd'hui, j'y crois. Mon coeur y croit et ma tête essaie de ne pas trop penser aux possibilités. Je me concentre sur l'énorme chance que nous avons d'avoir réussi à concevoir sans devoir refaire un long trajet pénible comme pour Tithom.

Et je tiens à vous remercier, vous qui me lisez, pour vos bons mots, vos encouragements et votre soutien. Vous n'avez pas idée combien ce fut important pour moi. Merci.

29 juin 2007

Si tout va bien



Vers mars 2008...

28 juin 2007

17 mois

Ce fut un mois très occupé pour maman. J'ai dû travailler beaucoup et je m'en excuse. J'ai été là pour toi, mais parfois un peu moins "avec" toi. Comme tu as commencé à t'occuper seul avec tes jouets et tes livres, ça m'a permis de travailler un peu sans te faire garder.

Tu fais plein de petits trucs rigolos, comme essayer de te mettre un crayon dans le nombril quand je te dis de te dessiner la bédaine, ou bien faire des pets avec ta bouche sur le bord du bain pendant un bon 15 minutes. Tu comprends très bien les consignes maintenant, même si tu ne les écoutes pas toujours. Quand je te demande si tu veux du lait, tu vas t'asseoir dans ta chaise et tu attends. Quand je te dis "on va dehors" tu vas chercher tes souliers et me les apportes. Quand je te demande de pointer l'auto dans le livre, tu la pointes. Quand je te dis de faire ton lit, bon d'accord, tu ne le fais pas, mais ça viendra. Mais quand je te dis de ne pas aller dans le jardin et de ne pas t'asseoir sur mon basilic, tu ne m'écoutes pas.

Tu fais ton difficile côté bouffe en refusant catégoriquement de manger des légumes, sauf le concombre et les carottes crues. Tu développes ton petit caractère, me donnant un apperçu de la petite adolescence qui s'en vient. Mais malgré tout, tu me fais tellement rire à chaque jour que j'en oublie tes petites sautes d'humeur.

Tu t'es baigné, tu as fait un peu de fièvre et eu des boutons, tu as eu un petit rhume, tu as perdu ta sandale dans le Toys R Us, tu es allé au chalet, tu as vu ton premier feu de camps, tu t'es fait piquer pour la première fois par des mouches noires.

Tu es grand, tu es taquin, rigolo et farceur. Tu es très curieux et observateur, tu analyses tout ce que tu vois. Je croise parfois dans ton regard le garçon que tu seras plus tard et je le vois bien dégourdi.

Ne grandis pas trop vite mon amour. Bon 17 mois.

27 juin 2007

Pas de tout repos

Notre fin de semaine au chalet n'a pas été de tout repos. Je filais mieux, au moins. Plus de migraine, rhume volatilisé et ovaires presque redevenus normaux. Ce qui a été fatigant, c'est Tithom. Il a été de bonne humeur et très gentil tous les jours, sauf quand venait le temps de dormir. Monsieur est douillet, monsieur veut dormir dans ses affaires et monsieur veut tout voir, tout découvrir en une journée. Pas question de dormir, c'est une perte de temps! Pourquoi faire une sieste quand je peux passer une heure à lancer des caillous dans la rivière, à regarder un papillon voler ou à me balancer à la branche du sapin?

Tithom n'aime pas le parc, sans parler du fait qu'il n'était pas dans sa chambre, qu'il faisait noir (honte à nous d'avoir oublié son toutou qui brille) et qu'il n'avait pas ses affaires. Première journée, il n'a pas fait de sieste du tout. Tannés, nous sommes allés en ville, question qu'il dorme dans la voiture. Un gros succès... de 30 minutes. Le soir venu, rien ne fonctionnait pour le faire dormir. Il criait au meutre dès qu'on le déposait dans le parc. Il pleurait si on essayait de le coucher entre nous. Il se débattait si on le berçait. Nous avons dû attendre que le soleil se couche pour qu'il se calme assez pour que je puisse le bercer en lui chantant des berceuses, face à la fenêtre qui donnait sur le lac. Après avoir fait le tour de mon répertoire 3 fois, il était enfin mou et endormi dans mes bras.

Deuxième journée, il s'est endormi assez vite pour la sieste. Probablement parce qu'il avait du sommeil à reprendre. Mais le soir, rien à faire. Nous avions décidé de lui montrer son premier feu de camp. Il était bien trop excité par toutes ces nouveautés pour aller dormir. C'est Hom qui l'a endormi, en le promenant tranquillement dans le chalet pendant une bonne heure.

En plus de tout cela, comme Tithom dormait dans notre chambre, je me réveillais à chaque petit son qu'il faisait. Donc, très souvent. Et à 7h, quand il avait décidé que sa nuit était terminée, nous n'avions pas le choix de nous lever.

Bref, nos belles illusions de repos et de sommeil ont fait pouf! Nous sommes revenus de là plus fatigués, mais quand même revigorés par le soleil, l'air pur et le calme de la campagne.

C'était notre test avant les vacances. Nous avons pu voir ce que nous n'avions pas pensé apporter, ce que nous n'avions pas envisagé comme possibilités. En espérant que d'ici août, Tithom apprenne à s'endormir n'importe où... ou que je me trouve des bouchons pour les oreilles.

22 juin 2007

Dix roues

Nous partons pour 3 jours au chalet de ma mère sur le bord de l'eau. Trois jours pour décrocher, relaxer et soigner mes maux. Je dois dire que ce cycle-ci m'a complètement mise sur le carreau. J'ai très mal aux ovaires depuis une semaine, comme si j'avais deux roches dans le bas du ventre. Quand je ris, ça fait mal. Quand je tousse, ça fait mal. Quand ma vessie est pleine, ça fait mal. Quand je marche, quand je m'asseois, quand je me lève, quand je me couche, ça fait mal. Et hier je me suis tapée ma première migraine à vie. En plus du rhume de mon chum que j'ai fini par attraper. J'étais tellement maganée. Pour reprendre l'expression d'une copinaute, j'avais l'impression qu'un 10 roues m'était passé sur le corps. J'étais fiévreuse ce matin et pas tellement en forme. Mais là, ça va un peu mieux. L'idée d'aller me prélasser au chalet a un effet guérisseur je crois.

Je m'en vais donc me reposer, couver mes oeufs et fêter la Fête Nationale en famille. Je vous en souhaite d'ailleurs une bonne!

20 juin 2007

Le temps qui passe

J'essaie d'imaginer Tithom quand il aura 5 ans, 10 ans, 20 ans... je n'y arrive pas vraiment. Je ne sais pas de quoi il aura l'air, quel genre de garçon il sera. Je peux imaginer un peu, à partir de ses traits de caractère qui se développent déjà, mais ça reste flou.

Et moi, dans 20 ans, je m'imagine comment? Pas tellement différente qu'aujourd'hui, avec quelques rides et cheveux blancs (teints, bien sûr) en plus... Même chose pour Hom (sauf peut-être la teinture). C'est plus facile de nous imaginer dans 20 ans que d'imaginer Tithom en adulte. Peut-être parce que j'ai le modèle de mes parents à suivre. Entre mes souvenirs d'il y a 20 ans et ce qu'ils ont l'air aujourd'hui, il y a en effet que quelques rides et cheveux blancs de plus. Mais entre la petite fille que j'étais il y a 20 ans et la femme que je suis aujourd'hui, il y a un univers.

On répète souvent, quand on a des enfants, que le temps passe vite. Est-ce parce que le temps qui passe semble avoir beaucoup plus d'effets sur les jeunes que sur les moins jeunes? Est-ce parce que rendus à un certain point, les changements deviennent très subtils et lents? Ou bien est-ce parce qu'en voyant nos enfants vieillir, on se sent vieillir aussi?

16 juin 2007

Tests du jour



Celui du haut, le vert, c'est un test d'ovulation. Quand la ligne de gauche est aussi foncée ou plus foncée que celle de droite, l'ovulation est imminente. Je n'avais jamais eu de test positif avant, même le cycle où je suis tombée enceinte de Tithom (donc certaine d'avoir ovulé).

Celui du bas, c'est un test de grossesse. Il est positif parce qu'hier soir, je me suis injectée du hcg pour provoquer mon ovulation. C'est d'ailleurs probablement ce même hcg qui rend mon test d'ovulation aussi foncé. Mais je m'en fiche! Je suis trop contente de voir des paires de lignes roses. Ridicule, je sais. Mais je m'assume en tant que tests-pipi-addict.

15 juin 2007

Mon cadeau

J'avais ma deuxième échographie d'ovulation hier. Cette fois-ci, je n'étais ni stressée, ni appeurée. J'avais seulement très hâte de savoir combien j'aurais de folicules et s'ils étaient prêts à éclore.

Je n'ai pas été déçue. J'avais un folicule à 19 et 3 autres un peu plus petits. J'ai donc continué les injections jusqu'à aujourd'hui pour leur donner un dernier boost, puis je dois me donner l'injection de hcg ce soir pour provoquer l'ovulation dans les 36h suivantes. Selon Dr Sansflafla, j'aurai 3 ou 4 ovules. Je n'aurais jamais osé espérer tel résultat. Un magnifique cadeau pour mon anniversaire.

C'est certain que j'ai bon espoir pour ce cycle-ci. Mais je sais que si ça ne fonctionne pas, la peine ne sera pas difficile à oublier, puisque je sais que nous avons trouvé une recette efficace et que ce n'est qu'une question de mois. Bon, bien sûr, la réaliste à tendance pessimiste en moi me dit de ne pas grimper trop haut sur mon nuage, car rien ne garantit que ça fonctionnera vraiment dans les prochains mois. Tant de choses peuvent arriver... mais en même temps, je préfère y croire, au risque d'y avoir cru pour rien. Je me réajusterai en temps et lieux. Pour le désespoir, la rage et l'envie, j'ai donné. J'essaie autre chose maintenant: le positivisme et l'espoir.

Tithom avait été conçu à la fête des mères il y a plus de deux ans. Cette fois-ci, j'ovulerai à la fête des pères. Sait-on jamais... Ça ne veut rien dire, je sais, mais je trouve ça mignon comme idée...

13 juin 2007

Dernière journée

Voilà, elle se termine déjà, ma dernière journée dans la vingtaine. Cette nuit, à 1h36 précisément, je change de dizaine. Trois-zéro. Outch.

Dur constat que celui de la fin de notre jeunesse. Mais le temps ensoleillé, les bonnes nouvelles, mon gros contrat qui se termine et les belles preuves d'amour qu'on me fait m'aident énormément à faire la transition de jeune femme à madame sans trop de douleur.

Vendredi dernier, j'ai reçu par la poste un paquet, dans lequel il y avait un superbe album de scrapbooking fait par ma copine Minipuce, en l'honneur de Tithom. C'est les larmes aux yeux que je l'ai regardé, tournant délicatement chaque page, excitée de découvrir la suivante. Tant de travail, tant d'amour, venant d'une amie que j'ai connue en ligne et que je vois bien trop rarement.

Et dimanche, ma mère m'avait organisé un surprise party dans un grand parc avec toute ma famille et des amis de longue date. Une magnifique journée entourée de ceux que j'aime et qui m'aiment. J'ai reçu des sous pour m'acheter un nouveau vélo (celui que j'ai date de la guerre des boers) et une superbe toile peinte par ma mère, faite à partir d'une photo de moi allaitant Tithom.

Puis, les bonnes nouvelles d'hier.

Tout ça pour me faire rendre compte qu'avoir 30 ans, finalement, ce n'est peut-être pas aussi pire que je le croyais. Enfin, je crois... Je vous en reparlerai dans quelques jours, quand j'aurai eu le temps d'y mariner un peu.

12 juin 2007

Une réponse

J'étais tellement stressée ce matin avant d'aller à mon échographie d'ovulation que j'en avais l'estomac noué. Les cycles précédents, je savais d'avance que ça ne fonctionnait pas, je ne tombais donc pas de haut. Déçue, mais jamais surprise. Mais cette fois-ci, j'avais laissé la porte entr'ouverte à l'espoir. J'ai baissé mes gardes et tourné la tête, le temps qu'il entre et vienne me donner la trouille. J'avais peur d'être déçue encore une fois, mais surtout, peur d'avoir espéré pour rien. C'est plus frustrant de tomber quand on se croit solide que quand on se sait chambranlant.

Nous sommes arrivés en avance à la clinique. Nous avions prévu du temps pour aller porter Tithom chez mon père, mais nous l'avons finalement amené avec nous. Après un rapide coup d'oeil aux femmes dans la salle d'attente, je savais que je ne froisserais personne: elles avaient toutes de grosses bedaines.

Ils m'ont appelée presqu'aussitôt. C'est bien la première fois que je passe en avance. Je m'installe sur la table d'écho, les mains moites, le coeur dans la gorge. S'il-vous-plaît, s'il-vous-plaît, faites que ça ait marché!

On examine d'abord mon endomètre. Dr Sansflafla s'énonce: "Il est bien beau et épais. C'est sûr qu'il y a des folicules" et il dirige la sonde vers mon ovaire gauche. Là, sur l'écran, je vois bien un gros rond noir, plus gros que les autres. Je sais les reconnaître, ils me sont si rares. Il mesure, tasse la sonde à droite, mesure, tasse la sonde à gauche, mesure encore... Conclusion: j'ai 4 folicules plus gros que les autres, allant de 12 à 14 (alors qu'ils sont à maturité autour de 20). Le docteur semble très satisfait du résultat et me dit que je réponds très bien aux traitements.

Je dois continuer les injections pour 3 jours supplémentaires (déjà une de faite!), question de faire encore grossir les folicules, et je retourne faire une écho jeudi matin. On saura à ce moment-là quand nous provoquerons l'ovulation. Meilleur scénario possible: les 4 folicules seront à maturité. Pire scénario: il n'y en aura qu'un seul. Même le pire des scénarios me plaît, autant dire que peu importe ce qu'il arrive, je serai heureuse, puisqu'il est clair que je VAIS ovuler ce cycle-ci. Enfin!!

Le docteur semblait très optimiste, me disant que je tomberais très bientôt enceinte. J'avoue que je me suis laissée gagner par son optimisme. Pas que je sois pessimiste, mais j'aime pouvoir prévoir ce que je ferai si ça ne fonctionne pas. Ça me donne une impression que tout n'est pas perdu. Mais je ne perds rien à espérer et surtout, à y croire.

J'arrive à peine à croire que là, sous ma main, dans mon ventre, il y a enfin une possibilité, une chance. Vais-je avoir un beau cadeau pour mes 30 ans? En tout cas, ce sera une journée bien remplie et, espérons-le, mémorable.

11 juin 2007

À mon tour

Je n'adore pas remplir ce genre de petit questionnaire sur mon blogue, mais comme il y a un manque flagrant de billets intéressants ici, en attendant mon écho de demain, je me plie à la demande de Claude-Anne. J'ai rempli à plusieurs reprises un tag de ce genre (voir la catégorie Kiwi), alors essayons d'être originale. Voici donc 7 choses que vous ignoriez (ou pas) de moi...

1- Je me secoue toujours les pieds en sortant de la douche. Cette habitude me vient du temps où j'habitais chez mes parents. Le drain du bain bouchait tout le temps (il faut dire qu'on était parfois 7 à prendre notre douche le matin). Je finissais donc toujours ma douche avec les pieds dans 5 pouces d'eau. En sortant, je me secouais les pieds... Aujourd'hui, mon drain fonctionne bien, mais le tic est resté.

2- Quand j'ai le rhume, la peau sous mon ongle de pouce droit (tout le monde me suit?) devient très dure et craque. Mon ongle devient épais et cassant. Ça fait très mal et c'est surtout très, très bizarre.

3- (ah flute, seulement rendue à 3?) Je rafole de Sudoku. J'en fais au moins deux par jour: le matin, je fais celui de mon calendrier et le soir avant de dormir, j'en fais un dans mon livre. Je ne peux pas dire que je suis très bonne, même si je me trompe rarement. J'ai seulement une drôle de façon de les faire et ils sont souvent très gribouillés une fois terminés.

4- Depuis que Tithom est né, je ne m'intéresse plus du tout à mon chat. Je ne fais pas exprès, on dirait que toute mon affection se dirige vers mon fils et qu'il n'en reste simplement plus pour elle. Pourtant, j'ai toujours aimé mes chats. Celle-ci, Patchouli, une siamoise de 8 ans, a traversé avec moi plusieurs épreuves.

5- Je n'aime pas parler au téléphone. Adolescente, je pouvais passer des soirées entières au téléphone, mais aujourd'hui, juste entendre le téléphone sonner me donne des frissons. Je préfère, de loin, les courriels, parce qu'ils sont simples, efficaces, et ne prennent pas une heure à écrire. Impersonnels? Peut-être un peu, mais quand on a un travail et un bébé, le temps qu'on a est compté, alors si on peut se sauver de 45 minutes de blabla avec un petit courriel, je suis prète à sacrifier un peu de chaleur humaine.

6- Je n'utilise que des produits d'hygiène féminine lavables et je vous en parlerai dans un prochain billet.

7- (ouf, enfin!) Nous sommes allés à D i s n e y en Floride quand j'avais 10 ans. Ce fut un voyage génial, mais ce dont je me souviens le plus, c'est quand mon grand frère m'a frappée dans la voiture en y allant (3 enfants assis pendant des heures, ça fait des flamèches) et que j'ai perdu ma dent. Sur toutes les photos du voyage, il me manque une dent en avant. Très chic, surtout avec les ensembles fluorescents que je portais à l'époque.

8 juin 2007

Nerveuse

Je l'ai fait souvent, pourtant... Je ne comprends pas pourquoi je suis si nerveuse à l'idée de me piquer. Mon kit attend dans le réfrigérateur, le temps que je me décide enfin à le faire.

Je ne sais pas ce qui me rend si nerveuse. Je n'ai pourtant pas de difficulté avec les piqûres. La toute première avait été plus difficile, et celles par la suite faites avec des seringues plutôt qu'avec le stylo aussi, mais en général, rien de sorcier.

Je pense que la peur me rend nerveuse. Je n'ai pas peur de me piquer, ni des effets secondaires, mais du résultat. J'ai peur de faire tout ça pour rien, peur que ça ne fonctionne pas, peur d'être encore une fois déçue. Je n'ose même pas espérer avoir plus qu'un folicule, déjà un, ce serait beau. J'ai peur de m'être fait trop de faux espoirs, d'être montée trop haut sur mon petit nuage. Je sais qu'être pessimiste ne changerait rien au résultat et surtout, que ça ne m'empêcherait pas de tomber de haut quand même. Je reste donc positive, je ne focusse pas sur la possibilité de ne pas avoir de folicule, même si je ne peux l'ignorer. J'ai toujours aimé pouvoir prévoir mes coups à l'avance, comme aux échecs, mais là, c'est impossible. Je continue à croire, c'est tout.

J'ai hâte, très hâte même, de savoir si ça fonctionne. J'ai hâte d'avoir une chance, de vraiment devoir attendre deux semaines pour un verdict. Mais je ne dois pas sauter d'étape. Prenons donc les choses douement, une à la fois. Aujourd'hui, focussons sur la première piqûre. Oublions les 3 autres, oublions l'écho, le résultat et tout le reste. Focussons sur la petite aiguille et les 100ui de liquide que je dois injecter dans mon ventre.



Bon, voilà, c'est fait. Plus de peur que de mal. Déjà le quart de passé, ça va vite, non?

7 juin 2007

Grande gastronomie

Quand maman travaille sur un gros contrat à tous les soirs, il arrive parfois qu'elle n'ait pas envie de cuisiner. Papa, pour lui rendre service, va chercher du poulet BBQ pour toute la famille. Tithom a donc pu découvrir un des délices de la gastronomie québécoise: la sauce St-Hubert!


5 juin 2007

Le plan

Après avoir parlé à la secrétaire de mon médecin, je sais maintenant où on s'en va. Le nouveau plan: ajouter une journée au Serophene, donc en prendre 6 jours plutôt que 5. Ensuite, je commence les injections vendredi, pour 4 jours au lieu de 3 comme nous avions prévu. J'ai mon écho d'ovulation le 12.

En gros, ce que ça veut dire, c'est que nous étirons le protocole un peu, donc plus de médicaments, ce qui résulte en plus de journées où je sens que je vais exploser par en dedans et où la terre entière semble me chercher. On teste la patience et l'amour de mon chum, mais c'est correct, il est capable d'en prendre. Ça fait 11 ans aujourd'hui qu'on est ensemble, il devrait être capable de m'endurer une couple de semaines de plus.

Ce que ça veut aussi dire: si tout va bien, j'ovulerais le jour de mon 30e anniversaire finalement. Ce serait chouette comme date de conception, non?

Espérons que ça me porte chance!

4 juin 2007

Nouveau départ

Je les attendais avec impatience. C'est samedi soir, en faisant la vaisselle, que j'ai senti mes règles commencer et avec elles, mon nouveau cycle. Je connaîtrai les derniers détails de mon protocole demain, mais pour l'instant, je dois commencer le Serophene (à 150mg) ce soir. Les injections suivront dans quelques jours.

Je dois avouer que je suis excitée à l'idée d'avoir peut-être enfin une chance. Bon, les effets secondaires du Serophene ne me tentent pas plus qu'il faut, ni ceux des injections, mais je me concentre sur le fait que j'ovulerai peut-être d'ici deux semaines. Ovuler, donc avoir une chance, même petite, de concevoir. Je n'ai pas eu ça depuis... depuis que je suis tombée enceinte de Tithom il y a plus de deux ans. Ovuler, ce que tant de femmes prennent pour acquis, ce que j'ai tant de difficulté à obtenir.

Avant d'avoir Tithom, je ne comprenais pas ce que les couples aux prises avec l'infertilité dite secondaire avaient à se plaindre. "Voyons, tu en as un enfant, sois donc reconnaissante de ce que tu as. Nous, on attend encore le premier, alors va te plaindre ailleurs."

Aujourd'hui, je le vis. Et je comprends. Je ne me plains pas, loin de là, car je SAIS la chance que nous avons d'avoir Tithom. Ce que je ressens comme peine, comme déception et comme impatience n'a tellement rien à voir avec ce que je ressentais comme rage avant d'avoir Tithom. Ce que je vis aujourd'hui n'est en rien comparable à la douleur des couples qui attendent depuis des années la venue de leur premier enfant. Mais ça n'est pas moins réel et je ne justifierai pas le vide que je ressens, même si la présence de mon fils change beaucoup ma perspective. Je ne minimise pas ce que les couples en essais pour un premier enfant ressentent, pas du tout, mais je tiens à ce qu'on réalise que la peine ne part pas nécessairement complètement après la venue d'un premier enfant.

Les couples "normaux" n'ont pas à justifier pourquoi ils veulent un deuxième enfant. On ne leur dit pas de se contenter de un. On ne les fait pas se sentir avares parce qu'ils veulent tenter leur chance une deuxième fois.

Pourquoi les couples infertiles doivent-ils justifier leurs décisions, expliquer leurs sacrifices, faire valider leur peine? Pourquoi devraient-ils accepter leur sort sans se battre, sans essayer tout ce qu'il leur est possible d'essayer? Et pourquoi doivent-ils revivre les mêmes déceptions, la même attente, une deuxième fois?

Jamais je n'aurai de remords d'avoir voulu recommencer les essais quand on les a recommencés. Jamais je ne regretterai d'avoir sevré Tithom en partie parce que je voulais recommencer les traitements. Jamais je ne me sentirai avare d'en vouloir un deuxième. Mais jamais je n'oublierai la douleur que l'on ressent, quand on attend la venue de notre premier enfant et que tout autour de nous nous rappelle notre échec, mois après mois...

On passe au travers, on survit, on guérit, mais on n'oublie pas. Et c'est ça qui me pousse et me motive à revivre les mêmes cycles difficiles que pour Tithom: maintenant, je connais le résultat final et je sais que ça en vaut la peine, malgré tout.