30 mai 2007

Rush de sucre

Juste parce que je le trouve craquant et parce que je n'ai pas assez de temps pour composer un billet de plus de 3 lignes sans que ma tête explose. De retour à la programmation normale sous peu.


Rush de sucre après avoir mangé de la crème-glacée-molle-deux-couleurs.

28 mai 2007

16 mois

Il y a déjà un mois, tu débutais de façon incertaine ta vie de bipède. Aujourd'hui à 16 mois, tu marches de façon très déterminée et tu n'as presque plus recours à tes 4 pattes pour avancer. Bon, tu tombes encore, mais c'est plus parce que tu veux trop tout voir, tout explorer en même temps que parce que tu manques d'assurances. La vie t'excite, t'intéresse et te fascine. Tu regardes tout avec attention et curiosité. Tu dévores les fleurs des yeux, tu touches leurs pétales, leurs couleurs, avec tes doigts plein de sable. Tu cries de joie quand tu découvres un insecte, quand on te court après, quand tu attrapes une balle. Tu es maintenant un véritable explorateur.

Le dernier mois a passé plus rapidement qu'une journée peut sembler le faire. Dans ce dernier mois, tu as perfectionné ta technique de marche, tu as eu un vaccin, tu as découvert les légumineuses, tu as commencé des ateliers d'activités au centre communautaire avec maman et d'autres amis, tu as donné des bisous avec tes mains à maman. Que demander de mieux comme cadeau de fête des mères? Tu as aussi appris à te lever debout sans appui et à boire seul au verre ordinaire. Tu en renverses encore un peu, mais tu es tellement fier de boire comme nous que ça vaut bien un peu de nettoyage. Tu adores jouer au ballon, tu en a de toutes les grosseurs et couleurs.

Tu grandis à vue d'oeil mon petit garçon. C'est un bonheur et même un privilège de te voir aller. Toujours curieux, toujours prêt à essayer de nouvelles choses, toujours attachant et affectueux. On ne peut faire autrement que t'aimer, surtout quand tu nous regardes avec tes grands yeux bleus et que tu nous fais un de tes sourires taquins. Irrésistible!

On a fait du vélo, on a mangé de la crème glacée, on a fait de la peinture, du bricolage, la cuisine, le jardin. On a profité du beau temps et grogné quand il pleuvait. Nous avons pris notre première marche en famille, tous les trois, main dans la main. C'était lent, mais oh combien agréable!

J'aimerais tellement avoir une caméra dans la tête pour pouvoir y prendre des photos de chaque petit moment, chaque petit geste que tu poses, chaque seconde qui passe, parce que j'ai l'impression d'en oublier tellement. Le temps passe si vite, tu vieillis et j'adore notre relation, notre complicité, notre interaction et tes calins si doux.

Je t'aime, ma petite tornade de 16 mois.

23 mai 2007

Le stress des solides

L'introduction des solides est un moment crucial dans la vie d'un bébé et de sa maman. Moi, ça me stressait au plus haut point. J'avais peur de me tromper, de ne pas savoir reconnaître les signes. J'angoissais à l'idée de ne plus être sa seule source nourricière. Et puis finalement, avec le recul, je me rends bien compte que je me suis donné beaucoup de trouble pour rien. Si j'avais su, j'aurais patienté encore un mois (ou même deux!), puisque Tithom n'a vraiment mangé qu'à 8 mois.

Mais j'avais aussi très peur que mon fils développe des allergies.

Parce qu'une bonne amie à moi a un fils aux prises avec de grosses allergies alimentaires, parce que Hom a beaucoup d'intolérances alimentaires et parce qu'il y a des allergies dans ma famille (aux noix et arachides entre autres), j'avais pris la décision de faire l'intro des solides de manière à réduire les risques d'allergies. Mon amie m'a renseignée, a répondu à mes innombrables questions. Elle m'a fait prendre conscience du poids d'une allergie alimentaire. Je sais que je ne comprends pas vraiment, puisque mon fils n'a pas d'allergie (on cogne du bois), mais grâce à elle, je peux en être témoin et prendre des mesures concrètes pour diminuer les risques que ça ne nous arrive.

J'ai donc tenu mordicus à allaiter Tithom exclusivement jusqu'à 6 mois. Allaiter exclusivement, ça veut dire qu'il n'y a rien d'autre qui est entré dans son bedon durant ces 6 mois: pas d'eau, pas de lait commercial, pas de céréales, rien, juste le bon lait de maman. Je n'ai pas consommé d'arachide tout le temps qu'a duré mon allaitement, donc pendant 13 mois. Pas une diète restrictive sévère, j'avais de la chance.

Puis, j'ai introduit les aliments de façon très graduelle, en excluant les allergènes les plus répandus. Pour moi, réduire les risques, c'était la moindre des choses. Mais ça demeure un choix personnel et je ne juge pas celles qui ont fait un choix différent, même si le poil me dresse sur les bras quand j'entends parler d'un bébé de 18 mois qui mange du beurre d'arachide ou que je vois un petit pot pour bébé avec des kiwis dedans.

J'ai été quand même étonnée de voir à quel point les gens ignoraient presque tout des allergies. J'en connais moi-même très peu, mais je trouve dommage qu'on ne prenne pas cela plus au sérieux, malgré l'augmentation du nombre d'allergies chez les enfants.

Je me suis faite achaler par ma mère, ma grand-mère, des amies, parce que je ne donnais pas de légumineuses, d'ananas, de petits fruits. Je ne crois sincèrement pas que mon fils restera traumatisé parce qu'il n'aura pas mangé de poisson avant ses 2 ans ou de beurre d'arachide avant 4 ans. Je m'attends par contre à ce que mon entourage respecte mes choix de mère pour mon enfant.

Au tout début, j'étais très assidue. Je notais tout ce qu'il avait goûté, j'introduisais un aliment 4 jours avant d'en introduire un autre. J'ai especté tout ce qu'on m'avait dit de faire. Mais quand Tithom a commencé à manger ce que nous mangions, je me suis donné un peu plus de lousse. J'ai arrêté de tout noter, mais j'ai continué d'introduire graduellement. Puis, vers 14 mois, j'ai plié un peu et lui ai offert certaines choses qui étaient dans ma colonne "pas avant 18 mois".

Finalement, tout se passe bien, aucune réaction, aucune rougeur. Je ne prends pas les allergies à la légère, mais disons que je me casse un peu moins la tête. Tithom n'aime pas tout, loin de là, mais il aura la chance, comme j'ai eu étant jeune, de manger très varié et santé. Ma mère nous faisait des plats marocains, libanais, mexicains, péruviens. Mes amies qui venaient manger chez nous trouvaient qu'on mangeait "bizarre". J'imagine que la table était moins internationale qu'aujourd'hui. Nous ne mangions jamais de friture, il y avait très peu de dessert chez nous, aucune boisson gazeuse ni croustilles, seulement des vrais jus de fruits, beaucoup de légumes et de fruits... bref, tout ce que j'essaie de reproduire avec Tithom.

Aujourd'hui, à la veille de ses 16 mois, il ne reste plus grand chose à introduire. Les ananas sont les prochains sur ma liste. Les petits fruits, je le ferai dès qu'ils sortiront ici (tant qu'à lui faire goûter des fraises, aussi bien être celles du Québec). Il restera ensuite les gros allergènes: le poisson, les fruits de mer, les kiwis, les noix et les arachides. Tout ça attendra encore une bon bout de temps.

Je me suis faite traiter de radicale, mais pour moi, la santé de mon fils passe avant tout. Ça vaut bien quelques petits sacrifices.

-----------------------------------------

Quelques liens sur les allergies...
Déjouer les allergies alimentaires
Association québécoise des allergies alimentaires
Un gros paquet de liens utiles

20 mai 2007

Envoyez une marguerite

Aujourd'hui commence la Semaine canadienne de sensibilisation à l'infertilité. Si vous connaissez un couple aux prises avec des problèmes de fertilité, ayez une bonne pensez pour eux. Et si le coeur vous en dit, vous pouvez leur envoyer une marguerite.

À toutes celles qui rêvent, le soir venu, de voir leur ventre s'arrondir de vie, à tous ceux qui rêvent d'un jour jouer à la balle avec leur garçon, à tous les couples qui espèrent, souffrent, peinent, ragent, persévèrent ou lâchent prise, à tous les couples qui subissent l'infertilité, mois après mois, sachez que vous n'êtes pas seuls.

Photo Sharing and Video Hosting at Photobucket

18 mai 2007

La trentaine

Dans moins d'un mois, je quitterai la vingtaine. Finie la jeunesse, finis le teint radieux et la peau lisse. Dans moins d'un mois, je deviens une dame.

Vieillir ne m'avait jamais vraiment fait peur, parce que je m'étais toujours sentie jeune. J'ai depuis 5 ans l'impression de m'être arrêtée à 25 ans. Mais les chiffres ne mentent pas et quoi que je fasse, dans moins d'un mois, j'aurai 30 ans.

Tout à coup, vieillir me fait peur. Tout à coup, je vois mon corps changer, ma peau s'étirer, mes yeux se plisser. Je ne me sens pas vieille, mais je me vois vieille. J'ai parfois l'impression d'avoir l'air d'une vieille qui essaie de paraître jeune. Je ne sais pas vraiment pourquoi, mais avoir 30 ans, ça me donne des frissons. Et pas les bons frissons.

Ma mère m'a dit, quand elle a eu 50 ans, qu'elle ne le prenait pas mal du tout. Qu'elle n'avait pas mal pris la cinquantaine, ni même la quarantaine. Mais la trentaine par contre avait fessé fort. Ça doit être de famille.

Plus jeune, quand je m'imaginais à 30 ans, je m'imaginais très madame, avec des talons hauts, du parfum et une jupe droite. Je me voyais maman de plusieurs enfants, avec une maison, un conjoint, une voiture, une tondeuse. Je me voyais très banlieusarde, casée et autonome. Je me voyais aussi très mature. Je me voyais ennuyante, en fait.

Pour moi, 30 ans, c'était l'âge des crèmes de nuit, du rouge à lèvres, des jaquettes en flanelle et du fer à friser. Pour moi, 30 ans, c'était l'âge où on devient comme nos parents. Quand j'avais 20 ans, les gens de 30 ans me paraissaient si différents, si rangés. J'avais l'impression qu'à 30 ans, on a soudainement plus le droit de s'amuser, de faire des folies, de rêver. Il faut se caser, être sérieux et responsable. Il faut être adulte.

Et pourtant, à la veille de mes 30 ans, je vois bien que je ne suis pas plate, ni sérieuse et que je me permets encore de rêver et de faire des folies. Je possède quelques paires de talons hauts, mais c'est plus souvent mes espadrilles que je chausse. J'ai un enfant, un conjoint, une maison, une voiture, une tondeuse. J'ai même une plate-bande et un jardin, où je m'agenouille avec mes petits gants en tissus rouge carreauté pour arracher les mauvaises herbes. On ne fait pas plus banlieusarde que ça! Malgré tout, je ne me sens pas plus adulte qu'il y a 5 ans. Juste un peu moins ferme et avec quelques cheveux blancs (sous la teinture, bien sûr!) en plus.

Je ne peux pas l'éviter. Même si je fais tout en mon pouvoir pour paraître plus jeune, je n'ai pas encore trouvé comment arrêter et reculer le temps. Peu importe ce que je ferai, dans moins d'un mois, j'aurai 30 ans, que je le veuille ou non. Aussi bien m'y préparer tout de suite.

17 mai 2007

Il y a des jours comme ça

Il y a des jours, comme aujourd'hui, où je me demande vraiment pourquoi j'en veux un deuxième. Alors que Tithom est grognon, que rien ne le satisfait, qu'il passe plus de 3 heures à émettre un petit cri strident qui vient détruire une partie jusqu'alors inutilisée de mon cerveau, je m'interroge. Pourquoi est-ce que j'en veux un autre exactement?

Il y a des jours comme aujourd'hui où ma patience est inexistante, où je ne tolère pas les cris, les pleurs, les bébés qui se tortillent. Tithom ne me lâche pas d'un pouce, il se promène entre mes jambes sans arrêt, même lorsque je suis aux toilettes. Je me retrouve assise par terre dans le salon, couettée, une main en train d'étrangler un Monsieur Patate qui n'a plus d'yeux, l'autre main sur la tempe, essayant en vain de faire partir ce marteau-piqueur dans ma tête. C'est dans des moments comme ça que je me demande ce qu'il m'arriverait avec un deuxième. Je dois être folle d'en vouloir deux alors que je me sens dépassée par un! En tout cas, je virerais certainement folle avec deux tornades comme ça!

Puis, le silence s'installe. Ça me fait mal aux oreilles tellement je n'y suis plus habituée. Tithom s'approche, son visage au niveau du mien. Il me regarde, me sourit, puis me saute au cou. Il frotte son petit nez sur le mien avant de me flanquer un gros bec dégoulinant de bave sur la joue.

Et tout me revient. C'est pour ça que j'en veux un autre. Pour les gros bec mouillés et tout le reste.

16 mai 2007

Bonne nouvelle

Après vérification auprès de notre assureur, nous avons su que nous avions une couverture (limitée, mais quand même bien mieux que rien) des traitements de fertilité. En détails: ils couvrent à 90%, jusqu'à 2500$ par année.

Le fait que les traitements de fertilité de base (je parle ici du Clomid ou Serophene) ne soient même pas couverts par l'assurance maladie ou la plupart des assurances privées en dit beaucoup sur les priorités de notre société. Faites des enfants, qu'ils disent. Mais ne comptez pas sur nous pour vous aider à les faire. On paiera pour leurs soins, leur garderie, leurs activités sportives, leur éducation, mais ne nous demandez pas de payer pour leur conception. Par contre, si vous en faites un sans le vouloir, venez nous voir, on vous avortera sans frais.

Je suis consciente qu'il y a de l'abus et que la reproduction assistée médicalement ne fait pas l'unanimité. Je sais que ça touche bien des questions d'éthiques et des limites que bien des gens ne veulent pas toucher ou traverser. Mais je sais aussi maintenant à quel point le fardeau financier est lourd à porter quand on désire un enfant et que la nature ne coopère pas. On ne choisit pas d'être infertile. Mais pour la société, vouloir un enfant, ça reste un luxe, de l'égoïsme. Enfin, autre débat...

Bon... où en étais-je? Ah oui, mes assurances! Donc, nous y allons avec les injections pour le prochain cycle. Un cycle à la fois, voilà comment je dois voir les choses maintenant. Je sais que les injections m'ont toujours faite ovuler. Parfois plus difficilement que d'autres, mais quand même, un ovule est mieux qu'aucun. Je devrais commencer mon prochain cycle autour du 1er juin et ovuler deux semaines plus tard, juste à temps pour mon 30e anniversaire.

On s'en reparle donc dans quelques semaines.

14 mai 2007

La tête refroidie

Je me suis laissé quelques jours pour me faire à l'idée, pour me laisser être frustrée et déçue. Je le suis encore, mais ça ne me domine plus. Ma détermination a repris le dessus. Les anglophones ont une expression que j'adore: when life gives you lemons, make lemonade (quand la vie vous donne des citrons, faites-en de la limonade). Alors voilà, je vais essayer de faire de la limonade. Elle ne sera peut-être pas très sucrée, mais elle devrait me faire tenir jusqu'au prochain cycle.

Mon plan, et ensuite je ne vous parle plus de mes ovaires pour un bon bout de temps. Je dois attendre quelques jours encore avant de recommencer le Megestrol, car mon endomètre est encore trop épais. 10 jours de pilules, 7 jours à attendre mes règles... j'en ai donc pour presque 3 semaines avant d'avoir une décision à prendre. Si nos assurances couvrent les injections, nous y allons. Je demanderai en même temps de ravoir une requête pour une laparoscopie avec drilling ovarien. Sinon, je ne sais pas... c'est là où j'ai de la difficulté. Est-ce que j'appelle Dr Sansflafla pour lui demander un autre traitement (après avoir encore insisté sur le Femara), comme le tamoxiphene? Est-ce que je change de médecin pour essayer d'en trouver un qui me prescrira le Femara? Je n'aime pas l'idée de changer de doc... j'aime mon doc, je lui fais confiance, il nous connaît bien, il a toujours bien répondu à mes questions et il nous voit rapidement.

Je sais que nous avons eu de la chance que nos assurances couvrent les traitements de fertilité. Je sais que bien des gens n'ont même pas d'assurances privées et que ceux qui en ont n'ont pas tous la couverture de ces traitements. Les nôtres couvraient jusqu'à 2000$ par année, ce qui est très bien, mais ça s'écoule quand même rapidement à coup de cycles d'injections. Sans les assurances, Tithom ne serait pas ici. Et sans les assurances, nous ne pourrons pas continuer les essais si les injections restent notre seule option.

Je dois donc faire des appels: tout d'abord les pharmacies, pour comparer les prix et ensuite appeler les assurances.

Espérons que ces 3 semaines passeront rapidement et que la décision qui nous attend au bout sera facile à prendre.

11 mai 2007

J'aurais aimé me tromper

Nous n'avons pas réussi à trouver une gardienne pour Tithom, le temps de mon rendez-vous. Nous avons donc dû l'amener avec nous. Nous n'aimons pas faire ça, car nous savons que dans la salle se trouvent des couples sans enfants, qui espèrent, qui essaient, qui ont mal. Nous sommes passés par là et ce n'était pas toujours plaisant de voir des bébés lors de mes rendez-vous. Heureusement, il n'y avait pas grand monde et nous avons pu être assez discrets.

Une fois allongée sur la table d'échographie, Dr Sansflafla m'a demandé si je croyais que ça avait fonctionné. «Non», que je lui ai répondu, simplement et honnêtement. «Je ne suis pas pessimiste, mais le Serophene n'a jamais marché sur moi, donc je n'y crois pas.» Il m'a demandé si je ressentais de quoi, ce à quoi j'ai aussi répondu non.

Un coup d'oeil rapide à l'écran et il me dit, désolé: «Tu as bien raison...»

J'ai essayé, j'ai insisté pour le Femara, mais il n'y a rien à faire. Il ne peut le prescrire, il doit se protéger. S'il arrivait quelque chose, il serait tenu responsable et perdrait sa licence. Même s'il me dit que le Femara devrait bientôt à nouveau être permis, ça n'avance pas ma cause.

Nous sommes donc de retour aux injections, combinées au Serophene et au Metformin. Je ne voulais pas retourner là, je ne voulais pas revivre ces cycles archi médicamentés et suivis. Je voulais juste prendre les pilules qui fonctionnent pour moi et essayer de façon presque normale. Mais non, ça ne peut jamais être simple on dirait bien...

Je ne sais même pas si nos assurances couvrent les injections, car nous avons changé d'assureur depuis la dernière fois. Si elles ne sont pas couvertes, nous allons devoir laisser tomber les essais pour le moment, car nous n'avons pas les moyens de dépenser 800$ par cycle.

Je suis frustrée, déçue et écoeurée. Je ne trouve aucun mot pour m'encourager pour le moment. Ça viendra peut-être, mais ce soir, j'ai mal et je me sens vide.

8 mai 2007

Avant d'être maman

Toute maman branchée a reçu une bonne dizaine de fois dans sa boîte à courriels le texte "Avant d'être maman". La fête des Mères approchant, le courriel est ressorti et refait le tour de la terre. Il est bien mignon, mais je tenais à rajouter mes propres réflexions.

Avant d'être maman...
Je ne savais pas à quel point ça faisait mal de piler, pied nu, sur un Lego.
Je ne savais pas ce que c'était d'avoir constamment des grains de riz collés sous les bas.
Je ne savais pas qu'un biberon oublié sous le fauteuil attirait les fourmis.
Avant d'être maman, je ne pensais pas être capable de sortir sans me maquiller.
Je pensais encore moins être capable de sortir sans me laver les cheveux.
Avant d'être maman, j'avais le temps de mettre de la crème, de faire mes jambes, de m'épiler les sourcils.
Avant d'être maman, je n'avais jamais eu de trace de morve sur un chandail.
Avant d'être maman, je n'avais jamais mal au dos.
Avant d'être maman, je n'avais jamais fait de biscuits avec des céréales pour bébé.
Je n'avais jamais pensé que la toilette pouvait devenir un terrain de jeux.
J'ignorais la quantité de bébelles qui pouvaient entrer derrière le réfrigérateur.
Avant d'être maman, je ne savais pas à quel âge un bébé fait ses nuits, tient sa tête, se tient assis, boit seul, marche, parle, donne un bisou.
Avant d'être maman, je n'avais jamais parlé de mes seins à qui voulait bien l'entendre.
Je n'avais jamais eu de gerçure, d'ampoule de lait ni de mastite.

Mais surtout,
Avant d'être maman...
J'ignorais tout ce qu'un enfant peut donner, tout ce qu'un regard bleu peut guérir, tout ce qu'un rire peut effacer.
J'ignorais combien tous les petits désagréments perdent leur importance juste avec un sourire.
Avant d'être maman, j'avais mal, je me sentais vide. Il manquait quelque chose à ma vie.
Avant d'être maman, je n'étais pas moi-même.
La fête des mères était très difficile et je maudissais toutes les mamans car je n'étais pas des leurs.
Avant d'être maman, tout ce que je voulais, tout ce que mon âme désirait, c'était d'être une maman.
Maintenant que j'en suis une, jamais au grand jamais je ne retournerais à celle que j'étais,
avant d'être maman...

6 mai 2007

Deux ans

Je trouve cette semaine difficile, ou plutôt, ce début de cycle difficile. Cette période de l'année, cette date... Il y a deux ans, jour pour jour, je pondais le petit ovule qui deviendrait la moitié de Tithom. Il y a deux ans, le cours de nos vies prenait déjà une tournure différente. Mais en début de cycle comme ça, tout ce que je pense c'est... Il y a deux ans jour pour jour, j'ai ovulé pour la dernière fois.

Ça fait deux ans que je n'ai pas ovulé, calvaire.

Je sais que je disais ne pas trop y penser, mais j'y arrive pas. Je repasse sans arrêt les moments de bonheur du début de ma grossesse, le printemps 2005 où tout était beau, tout sentait bon, où j'avais les yeux brillants et le ventre plein de vie. Je revis ces moments avec une énorme envie, une impatience et un tiraillement déchirants. Les satanées pilules me font perdre la tête, j'ai les hormones à spin et je me balance entre une envie de mordre, une envie de pleurer ou une envie de tout foutre en l'air.

Je passe mon écho vendredi. J'attends le verdict avec un plan. On verra bien ce que ça donnera, mais je ne suis pas prête à lâcher prise. Pas cette fois-ci. Fini le niaisage. Ça fait deux ans que je n'ai pas ovulé, calvaire!

4 mai 2007

Pas encore?

Se remettre en question et douter de ses capacités de parent fait partie de l'apprentissage normal d'une nouvelle maman. On a beau savoir qu'il ne faut pas comparer, que chaque bébé a son rhytme, que les chiffres ne sont là qu'à titre de référence... la pression sociale est là quand même. Sans nécessairement s'inquiéter, on se compare presqu'involontairement à la famille machin dont le petit a parlé à 6 mois et marché à 8 mois. On se dit "peut-être ne l'ai-je pas assez stimulé? Ou peut-être ne l'ai-je pas assez laissé explorer de façon autonome?" La marge entre le pas assez et le trop ne semble pas très large.

Mon fils a commencé à marcher pour de bon la veille de ses 15 mois. Jusqu'à ce jour, je ne comptais plus les fois où je me suis faite dire "quoi, il ne marche pas encore?!" avec un air de surprise et de dédain. Puis, on me regardait de haut "quoi, il ne parle pas encore non-plus?!" Ça y est, je me sens nulle. Peut-être mon fils a-t-il un retard, peut-être aura-t-il un problème de langage... je m'inquiète, je me questionne sur mes capacités, sur la stimulation, encore et toujours.

Puis, je me rends compte, en parlant avec d'autres mamans, que mon fils est tout à fait normal. Bien sûr, il y a des bébés plus rapides qui marchent à 8 mois. Il y en a aussi des moins rapides qui marchent seulement à 20 mois et qui pourtant sont tout aussi intelligents. Comme on entend surtout parler de ceux qui sont plus rapides et qu'on ne vante jamais ceux qui l'ont fait plus tard, c'est facile de se laisser prendre par cette satanée pression sociale et de se faire croire qu'on a manqué notre coup et raté l'éducation de notre bébé. On a tous peur que notre enfant ne soit pas "normal", qu'il ne soit pas en santé, physique et mentale. On veut tous le meilleur pour nos enfants, ce qui inclut une enfance loin des tracas médicaux. La foutue pression sociale vient donc animer le feu de cette peur, à tord.

Mon fils est costaud et grand. En apparence, il a souvent passé pour plus vieux que son âge, ce qui n'aidait jamais la pression. Il avait l'air de 13 mois à 9 mois, on s'attendait donc à ce qu'il soit plus habile, plus solide sur ses pattes. J'ai fait tout mon possible pour ne pas me laisser atteindre par les commentaires plates, mais il y a des jours, surtout dans le dernier mois, où c'était plus difficile.

Il n'y a pas de garantie. On ne sait jamais à 100% si on fait la bonne affaire, si on stimule comme il faut, assez ou trop. On doute beaucoup et je crois que ce doute est en quelque sorte sain. Ça prouve qu'on s'inquiète, qu'on a à coeur le développement de notre enfant. Ça prouve qu'on veut ce qu'il y a de meilleur pour lui en donnant ce qu'on a de meilleur, sans que ce soit parfait.

2 mai 2007

Le joli mois de mai

Voilà, c'est reparti, la course folle. Après quoi est-ce que je cours? Après ma queue, bien sûr. Le mois de mai en est toujours un bien rempli. Avec un petit bonhomme qui trottine et qui fait des siestes d'à peine 1h30 (quand je suis chanceuse!), mes journées sont d'avance très remplies. Ajoutez à ça un contrat bi-annuel de pige qui me demande du temps plein pour quelques semaines, plusieurs événements qui arrivent aussi avec le printemps, un nouveau projet bien excitant, des conférences auxquelles je me suis inscrites (en tant que spectatrice, bien entendu), des ateliers de stimulation avec mon bébé et vous obtenez plus de jours qu'il n'y en a dans le mois. Comment vais-je y arriver? Je l'ignore encore...

Avec tout ça, je n'ai pas le temps de penser à mon nouveau cycle qui vient de commencer (je commence le Serophene à plus forte dose ce soir). Bon d'accord, j'ai le temps d'y penser quand même un tout petit peu... mais à peine.