30 janvier 2006

De retour... et en amour!

Nous sommes revenus de l'hôpital cet après-midi, un gros paquet d'amour dans les bras. Notre fils est né samedi à minuit 46. Nous allons bien, les choses se sont bien passées et notre bonheur ne s'exprime même pas tellement il est immense. Le voici enfin, ce petit Pépin devenu bien grand. Je vous le présente en images, avant de le faire en mots.
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26 janvier 2006

Si près du but

Arrivée à l'hôpital, on m'a installé le monitoring. J'ai été surprise d'apprendre que j'avais des contractions que je ne sentais pas du tout. Après une heure et demie, le médecin est venu m'examiner et a mis le gel sur mon col. Je suis restée couchée une heure, sous monitoring continu. Une machine prenait ma pression à toutes les 15 minutes. Mes contractions ont changé, mais elles ne sont pas devenues douloureuses ni plus régulières. Par contre, je les sentais un peu plus. Au moins ça!

Nous retournons à l'hôpital demain matin. Si mon col n'a pas assez bougé, on me remettra du gel. Si mon col est assez ouvert, rupture des membranes et ce qui vient avec! Il se pourrait aussi que le travail commence par lui-même cette nuit, mais les chances sont minces.

Je crois donc que ça y est enfin! Nous rencontrerons notre fils demain ou samedi! Finalement!

Derniers

Ça me fait tout drôle de penser que la fin d'une époque arrive. L'époque où nous n'étions que deux, l'époque où nous étions un couple, l'époque où devenir parent restait un projet. Nous sommes allés manger au restaurant mardi soir en se disant que ce serait la dernière fois avant un petit bout de temps. Ce matin, Hom m'a embrassée avant de partir travailler, comme il le fait d'habitude, mais il s'est arrêté après, penseur. "C'est le dernier bisou!" qu'il m'a dit. "Mais non, on va encore s'en donner plein, des bisous, voyons!" que je lui ai dit. "Non, le dernier bisou avant de partir au bureau. À partir de demain, je ne partirai plus au bureau, je vais rester avec toi."

J'ai tellement hâte d'être une famille! Hom prend 8 semaines de congé, je suis tellement chanceuse! Nous allons être tous les trois ensemble pour les premiers mois.

Il y a plein de "derniers" ces jours-ci... Le dernier rendez-vous, le dernier repas au resto, le dernier bisou pour le travail, la dernière nuit complète à dormir... La fin d'une époque, oui, mais le début d'une autre...

Je suis un peu nerveuse pour ce soir. Je me sens prête pour l'accouchement, mais je me retrouve devant tellement d'inconnu que ça me fait un peu peur. Nerveuse et très fébrile, car ce sont mes derniers jours, peut-être dernières heures, avant de connaître notre petit garçon!

25 janvier 2006

Un cadeau pour son fils

Hier, Hom a reçu un petit paquet par la poste. Je n'étais pas au courant de rien et il a fait semblant de ne pas savoir ce que c'était. Il avait acheté un cadeau pour son fils, en cachette.

Avouez que c'est mignon quand même?

La fin approche

J'avais un autre rendez-vous de suivi hier. En fait, je crois que c'était mon dernier. J'espérais avoir des bonnes nouvelles, mais encore une fois, je ne me faisais pas d'illusion, n'ayant pas eu de contraction encore. Et encore une fois, j'avais raison. Rien n'a bougé! Enfin, presque rien... Ma hauteur utérine a diminué un peu et bébé est descendu un peu, mais à peine. Mon col est toujours effacé à 50% et pas dilaté. Comme mon doc me considère comme passée date depuis le 21 et que je suis maintenant ouverte à accélérer le processus, on passe à l'action. Demain, je me rends à la maternité de l'hôpital, où ils vont m'appliquer un gel sur le col pour le faire maturer. Selon mon médecin, ça pourrait faire déclancher le travail pendant la nuit, mais ce n'est pas certain. Ça devrait au moins faire bouger le col un peu, quitte à devoir faire autre chose le lendemain pour faire avancer les choses.

La semaine dernière, je n'étais pas très chaude à l'idée de me faire provoquer. J'aurais aimé commencer le travail chez moi, à mon rhytme et me rendre à l'hôpital le plus tard possible. Je sais bien que ça ne se passe pas toujours comme on le voudrait, mais j'avais mon idéal en tête. J'ai dû aller tellement souvent chez le médecin dans les dernières années, juste pour tomber enceinte... Passer toutes sortes de tests, prendre toutes sortes de médicaments, réduire l'acte de conception à la poussée d'une seringue... bref, j'en ai déjà eu mon quota, des interventions médicales. J'espérais diminuer les interventions au minimum pour l'accouchement.

Mais aujourd'hui, je ne suis plus aussi rétiscente à l'idée d'accélérer les choses. Je ne dis pas que ça me tente de faire tout le travail à l'hôpital, sous monitoring continu. Non. Mais je suis prête à faire quelques pas "médicaux" si ça peut me rapprocher du moment ultime.

Bref, en fin de semaine, je devrais tenir mon bébé dans mes bras. Ça m'a semblé si long et pourtant, maintenant que le moment approche, je me dis "pas déjà?" avec un peu de nostalgie...

22 janvier 2006

Le prénom

Depuis que je suis petite, j'ai une liste de prénoms que j'aime. Certains ont été éliminés au fil des années, certains sont revenus, d'autres ne sont jamais partis. Quand cette grossesse-ci nous a parue bien établie, nous avons commencé à parler prénoms, tranquilement, légèrement. J'avais déjà mes idées, mais l'opinion de Hom m'était très importante. Je devais seulement le convaincre...

Un jour, nous sommes allés nous promener à Montréal, comme nous le faisions souvent avant. Un marche sur la rue St-Denis, un détour chez Sara pour un bon pita shishtaouk, puis le retour par la rue St-Laurent et par les coins qui ont déjà été notre chez nous. Comme à l'habitude, nous sommes arrêtés à L'Échange pour bouquiner. J'ai acheté un petit roman québécois et un livre de recettes végétariennes pour bébé.

Sur le chemin du retour, Hom et moi avons eu le même élan en lisant le prénom de l'auteur du roman à voix haute. Le prénom sonnait bien à nos oreilles, on l'aimait bien. Ça tombait bien en plus, il était déjà dans ma liste!

Quand nous avons su que Pépin était un garçon, nous avons discuté un peu plus sérieusement de son prénom. Nous avons pris une liste de 500 prénoms et avons procédé à une première élimination. Nous avons rayé de la liste tous les prénoms composés (je n'aime pas ça), tous les prénoms qui sont déjà dans nos familles, tous ceux à consonnance autre que francophone et tous ceux que nous n'amions simplement pas. Après un premier balayage, il ne restait que 10 noms, sur les 500. De ces 10 noms, nous sommes graduellement passés à 5. Le prénom de l'auteur était toujours dans cette liste.

Puis, nous sommes passés à 3 prénoms. Le premier était mon préféré, mais Hom hésitait pour une drôle de raison. Je connais quelqu'un, un vieil ami de famille, qui porte ce prénom. C'est le mari d'une amie de ma mère et le père d'une de mes amies d'enfance, quelqu'un avec qui j'ai quand même grandi, mais que je ne vois plus vraiment depuis des années. Je n'associais même pas les deux, mais Hom oui et ça le fatiguait. Le deuxième était un autre de mes préférés, que j'avais dans ma liste depuis aussi loin que je me souviens. Hom ne l'aimait pas plus que ça, sans vraiment avoir de raison précise. Le troisièrme prénom était celui de l'auteur, que Hom avait en tête depuis notre promenade à Montréal. Quand il a une idée en tête, il est très difficile de le faire décrocher. Son entêtement m'enrage parfois, car il n'y a même pas moyen pour lui de considérer autre chose que ce qu'il a en tête, même si autre chose pourrait s'avérer mieux.

Pendant des mois, c'en est resté là. On ne parlait pas vraiment du prénom, on se disait que ça se déciderait quand on lui verrait la binette. Pourtant, chacun de notre côté, nous avions notre idée... Il y a quelques semaines, Hom s'est finalement décidé à me dire la vérité: il n'amait pas le prénom numéro 2. En fait, il aimait le numéro 3 depuis le début. Je m'en doutais bien! Même si je penchais plutôt pour le numéro 1, je n'ai pas du tout été difficile à convaincre. En fait, la seule raison qui me faisait en choisir un plutôt que l'autre, c'était la popularité. Je ne voulais pas d'un prénom populaire, je voulais un peu d'originalité. Mais pourquoi exactement?

Donc, depuis quelques semaines, le prénom est dirait-on choisi. Nous ne l'avons pas dit à personne, nous attendons quand même la naissance pour confirmer et l'annoncer aux gens. Au cas où il n'aurait pas un visage à porter ce prénom...

Depuis que nous avons choisi le prénom, nous nous efforçons à appeler le bébé comme ça. Ce n'est pas encore naturel pour nous, nous avions tellement pris l'habitude de l'appeler Pépin. Ça nous fait tout drôle à chaque fois qu'on s'entend dire son prénom. On rigole quand on le dit, les mains devant la bouche, comme si on venait de dévoiler un secret. Le prénom de notre fils sonne bien dans nos bouches, il lui colle bien et pourtant, nous ne l'avons pas rencontré encore.

19 janvier 2006

Les maudites

J'étais tellement fière de ne pas avoir de vergeture. Je me disais que je serais peut-être assez chanceuse pour m'en passer tout au long de la grossesse. Je suis passée proche... mais elles ont décidé de sortir cette semaine. À 38 semaines de grossesse, des lignes luisantes et rosées sont apparues au-dessus de mon nombril et en bas de ma bédaine, bien bien bas...

Ben coudonc! J'aurai une marque permanente de mon bébé, un tatouage personnalisé laissé par son passage. Et une raison de plus d'avoir hâte d'accoucher!

18 janvier 2006

Méli-mélo

Plusieurs choses à dire... sur quelques sujets divers...

1. J'ai eu mon rendez-vous de suivi hier. Avec mon médecin cette fois-ci, heureusement. J'avais un mince espoir que mon col ait bougé un peu, mais n'ayant eu aucune contraction, je n'y croyais pas trop. Je ne me suis pas trompée, rien n'a bougé. Je suis encore effacée à 50%, mais pas du tout dilatée. Pépin n'est même pas descendu encore. J'ai demandé au doc s'il pouvait dire si Pépin allait être un petit ou un gros bébé, étant donné que j'avais entendu dire que les bébés Femara étaient plus petits. Il m'a dit "ce ne sera pas un bébé Femara typique, je prédis un bon bébé de 8 livres!"

2. À la clinique, les infirmières calculent toujours avec la date de mes dernières menstruations, ce qui donnerait une dpa au 21 janvier. Selon mon ovulation et les échos, ma dpa serait plutôt le 27 janvier. Bref, selon la clinique, quand j'y retournerai la semaine prochaine, je serais "passée date". Mon médecin m'a donc parlé de provoquer l'accouchement la semaine d'après, si rien ne se passait. J'espère ne pas avoir à être provoquée, mais je n'y pense pas pour le moment. On vera bien ce que Pépin décidera de faire, je lui fais confiance. Mais j'ai terriblement hâte de le rencontrer!

3. J'avais annoncé ma grossesse et mon congé de maternité à mes clients il y a déjà plusieurs mois. Tout semblait bien, à ce moment-là. Je les avais avertis que je partirais 5 semaines sans remplacement. Je leur avais aussi dit qu'à mon retour, je serais disponible pour la gestion, mais qu'une collègue me remplacerait pour le travail en tant que tel. Bref, tout était clair dès le départ et ils avaient tous l'air de comprendre et d'accepter. Depuis le début de janvier, le travail est au ralenti. En fait, je ne travaille presque plus. Plusieurs contrats étaient en suspens, ce qui faisit mon affaire, puisque ça me laissait le temps de finir les préparatifs pour l'arrivée de bébé. Cette semaine, je me suis mise à avertir mes clients tranquilement que je partais la semaine prochaine. Tout d'un coup, ils se réveillent! Quoi?! Tu pars 5 semaines?! On va faire quoi pendant ce temps-là? Penses-tu finir ce travail avant de partir si je te l'envoie tout de suite? Quand reviens-tu? Ça me frustre! C'est comme si je venais de leur annoncer, alors qu'ils ont eu des mois pour s'y préparer! Je suis catégorique sur mes 5 semaines complètement fermées. Même si je donnais le travail à ma remplaçante dès le départ, je finirais par travailler pendant mon congé quand même. Elle aurait sûrement des questions à me poser, des documents à me faire désarchiver, les clients auraient peut-être des choses à me demander, j'aurais des factures à faire, des fournisseurs à contacter, pusique je suis celle qui a établi les relations avec eux depuis des années... Bref, je n'aurais pas un véritable congé. Je me sens presque coupable de prendre 5 semaines! C'est ridicule, 5 semaines! Mon chum prend plus que ça! J'ai droit à un an, oui, mais ça voudrait dire que je devrais tout recommencer à zéro en revenant de mon congé. Mes clients ne m'attendraient jamais un an. J'ai le droit de prendre congé, je le mérite autant que les autres, je ne devrais pas me sentir coupable de mettre la priorité sur mon bébé plutôt que sur ma business. En fait, je ne suis pas du tout business-woman. Je tiens à garder mes clients et ma compagnie pour des raisons financières avant tout, malheureusement... Sinon, je ne me serais pas du tout cassé la tête et je les aurais tous balancé aux oubliettes depuis longtemps! Enfin bref, ma date officielle de départ est le 27, ils le savent et je ne ferai pas d'exception pour personne. Si je perds des clients en cours de route, eh bien tant pis. J'en trouverai d'autres. J'espère seulement ne pas tous les perdre...

4. J'ai fait une grosse soupe aux légumes, un immense chaudron de sauce spaghetti et 3 lasagnes. Tout ça au congélateur, pour quand nous n'aurons pas trop le goût (et le temps!) de cuisiner. Ça sent bon dans la maison!

5. Le prénom de Pépin est pratiquement choisi. On attend encore de lui voir la binette avant de confirmer, mais notre idée est pas mal faite. Nous le dirons à notre entourage seulement un fois qu'il sera né. Ce sera une petite surprise!

6. Tout est prêt pour son arrivée. La chambre est terminée (il me reste encore des cadres à accrocher, mais ce n'est pas essentiel à sa venue), la valise est prête (il reste seulement les choses de dernière minute à y mettre), les couches de coton sont achetées, lavées et pliées, j'ai lu tout ce que je pouvais lire, nous nous sommes même pratiqués avec une poupée: nous lui avons mis des couches, l'avons habillée, je l'ai allaitée, nous l'avons promenée dans son siège...

7. J'ai finalement acheté mes soutien-gorges d'allaitement. De toute beauté...!

8. Est-ce que j'ai dit que j'avais hâte de rencontrer notre bébé??

16 janvier 2006

Mon premier blog-iversaire!

Il y a un an, j'écrivais mon premier billet! Déjà un an à parler de notre chemin vers la maternité et la paternité! Au moment de commencer mon blog, je ne croyais pas qu'un an plus tard, je serais sur le point de réaliser mon rêve de devenir maman. Il peut s'en passer des choses, en une seule année!

Joyeux blog-iversaire à moi!

Le regard des autres

Le regard des gens autour de nous change tout au long de la grossesse. Et notre propre réaction face à ce regard aussi.

Au tout début de la grossesse, alors que notre ventre n'est pas encore rond, on attend beaucoup du regard des autres. Quand on se regarde dans le miroir, en petites culottes, on la voit bien, la bosse! Oui, nous en sommes certaines, ça commence à paraître! Nous flattons la petite bosse (causée par du ballonnement, on le saura plus tard) avec amour et fierté et nous avons tellement hâte que les autres la devinent! Mais elle passe bien innaperçue...

Après quelques mois, notre petite bosse se transforme en rondeur. Nous n'avons pas encore l'air enceinte, mais notre taille n'est plus ce qu'elle était. Seulement... les autres ne peuvent pas vraiment deviner qu'il s'agit d'un bébé qui grandit et non de trop de chocolat. Deux options s'offrent à nous: nous retenons notre souffle et entrons notre ventre du mieux que nous pouvons, ou nous le sortons un peu plus, pour que ça ait vraiment l'air d'un ventre de femme enceinte. Peu importe, on a surtout l'air d'avoir engraissé, pas de porter la vie...

Mais quand vais-je vraiment avoir l'air enceinte sans avoir à flatter mon ventre ou à le gonfler pour accentuer ce que moi je vois depuis le tout début?

Quand le ventre est vraiment rond, que pour la plupart des gens, ça devient évident que nous sommes enceinte, enfin, nous remarquons le regard des autres. Bien des gens tournent la tête pour nous regarder, comme si nous étions une top modèle. Non, la grossesse ne nous fait pas avoir l'air de Claudia Shiffer, mais un ventre rond attire bien des regards! Des regards souvent attendris, envieux, admirateurs. Quelques fois, des personnes âgées nous regardent d'un air réprobateur, comme si nous étions trop jeunes pour avoir un enfant. Quelques personnes, souvent des femmes ou des nouveaux parents, osent nous aborder, nous demander c'est pour quand, avec un intérêt qui est touchant.

Puis, quand on approche de la fin, comme pour moi en ce moment, les regards changent encore. Les gens me voient comme étant énorme, leurs yeux s'arondissent et je vois bien à leur air moqueur qu'ils se disent que j'en ai pas pour longtemps. Quand je marche lentement, les pieds vers l'extérieur, le dos courbé, leurs yeux me disent de me reposer, d'aller préparer ma valise parce que je vais bientôt accoucher plutôt que de ralentir les gens dans les centres d'achats. On me dit "ouf, tu en as plus pour longtemps!" en se croyant original, alors que c'est la 10e fois qu'on me le dit depuis le matin. On me regarde presqu'avec pitié, comme si c'était une maladie d'être sur le point d'accoucher. Mais il reste encore bien des regards tendres, qui sont encore émerveillés à la pensée que mon ventre si rond renferme un bébé prêt à sortir.

Avec les regards des autres viennent les commentaires. Je ne sais pas trop pourquoi, mais quand on est enceinte et qu'on le paraît, on dirait qu'on devient un peu une attraction touristique. Les gens viennent nous parler, nous posent des questions, fixent notre ventre. Les gens croient que parce que je suis moi-même enceinte, je suis intéressée à parler à des inconnus de mon futur fils. Être enceinte ouvre bien des portes que je ne tenais pas nécessairement à ouvrir. Oui, j'aime bien les regards plein de tendresse et d'émerveillement, ça me fait chaud au coeur. Je sais que beaucoup de gens trouvent belles les femmes enceintes. Mais ça ne veut pas dire que quand je vais au bureau de vote par anticipation, j'ai envie d'entendre vos histoires de belles-soeurs sur le bord d'accoucher.

Regardez-moi, trouvez-moi belle, trouvez-moi grosse, ayez pitié de moi parce que mon ventre semble lourd... mais laissez-moi tranquile!

11 janvier 2006

De drôles d'habitudes

Il y a certaines habitudes qui restent collées à nous, après des années, sans qu'on s'en rende vraiment compte... Oui, l'infertilité m'a changée et m'a donné de drôles d'habitudes. Plusieurs y sont encore, dont la fâcheuse habitude de ressentir tout ce que je ressens, bien involontairement, parfois, à l'idée de la grossesse hyper fertile. Mais il y en a une aussi qui a fait sa place sans que je la remarque...

L'autre jour, je parlais avec ma belle-soeur. J'ai dit "si un jour on a des enfants..." Elle m'a regardée avec un sourire en pointant mon ventre et en disant "vous êtes pas mal proches!" J'ai tellement longtemps pensé au conditionnel que c'est resté. Pendant tout ce temps où j'espérais un jour être enceinte, je ne me permettais même pas d'aller plus loin que le SI.

Je crois qu'il serait temps de me débarasser de cette habitude maintenant... Ce n'est plus une question de SI mais de QUAND... wow...

6 janvier 2006

J'ai peur, mais je suis prête

On dit que toutes les femmes ont peur, à un certain moment, à l'idée de devenir maman. Je sais que j'ai peur, depuis le début de la grossesse. Mes peurs ont changé, évolué avec le bébé. Je n'ai plus peur des mêmes choses qu'à 5, 10 et 20 semaines. Maintenant que l'accouchement approche, que le grand moment est si près, mes peurs sont très palpables. J'ai peur, mais en même temps, je ne me suis jamais sentie aussi prête.

L'accouchement
J'imagine que c'est la peur la plus courante et la plus normale. C'est inconnu et c'est inévitable. Quand je ne connais pas quelque chose et que je ne peux me pratiquer, je me tourne vers l'information. On dit que la connaissance est le pouvoir, donc je lis et je m'informe. J'ai posé des questions, lu des tonnes de témoignages, de textes, de brochures. J'ai bien écouté à mes cours prénataux. J'ai pratiqué la visualisation à tous les soirs. Je fais aller mon imagination de mon mieux, visualisant toute situation possible et impossible, essayant de voir comment je réagirais, comment je vivrais chaque étape. Et je sais concrètement que peu importe à quel point je me préparerai, peu importe à quel point mon imagination se fera aller, une fois le jour J arrivé, ça ne ressemblera à rien de tout ça. J'ai beau essayer de m'imaginer avoir mal comme je n'ai jamais eu mal, je suis convaincue qu'une fois les contractions arrivées, je trouverai que c'est bien loin de ce que je pouvais imaginer!

Au-delà de la douleur, j'ai peur que ça ne se déroule pas comme je l'aurais voulu. J'ai peur que quelque chose ne tourne pas rond, qu'il y ait un problème. J'ai peur de devoir avoir une césarienne. Même si je sais que bien des femmes passent par là et qu'on s'en remet, la césarienne me fait plus peur que l'accouchement naturel. Je tiens à un accouchement le plus naturel possible et je sais que je serais très déçue de devoir passer sur la table d'opération. Oui, le plus important, c'est la santé du bébé et la mienne. Je suis parfaitement d'acord. N'empêche que ce serait un gros rêve que je devrais laisser tomber. Sans compter que c'est une opération, que je n'aurais pas le contrôle, que je ne pourrais pas tenir mon bébé contre mon coeur dès sa naissance...

Mais ma plus grande peur, c'est que bébé ne soit pas en parfaite santé. Et cette peur, je ne peux rien faire pour la minimiser. Il n'y a pas de préparation, pas d'imagination assez forte pour ça.

Devenir maman
Ça ne s'apprend pas dans les livres, c'est bien connu. J'ai quand même beaucoup lu, essayé de me préparer à ça du mieux que je pouvais. Je ne crois pas que le fait d'avoir gardé des enfants pendant mon adolescence m'ait préparé de quelque manière que ce soit. Alors bon, je sais comment donner un bain, comment changer une couche, comment mettre un pyjama. Je sais bien des petits détails techniques. J'ai bien lu mon Mieux Vivre. Malgré tout, j'ai peur de ne pas être une bonne mère, de ne pas savoir quelle décision prendre, de ne pas être capable de gérer tout ça. J'ai peur de faire les mêmes erreurs que ma propre mère, involontairement. J'ai peur que mon enfant ne me trouve pas "cool". Je sais que ce ne sera pas toujours rose, que je serai fatiguée et irritable par moments. Je sais que ce ne sera pas facile. J'ai peur de ne pas être capable d'être maman.

Le couple
Nous sommes ensemble depuis presque 10 ans. Nous avons traversé plusieurs tempêtes ensemble. Les années d'infertilité nous encore plus rapprochés. Je sais que nous sommes forts ensemble. À deux, nous pouvons tout affronter. Un enfant, ça change la dynamique d'un couple, c'est certain. J'ai peur que ça le change trop, mais ce n'est qu'une petite peur. Je sais que nous nous ajusterons. J'ai peur qu'on s'oublie un peu, qu'on ne prenne plus le temps de passer des soirées tous les deux, comme on le faisait si souvent, tout naturellement. Je n'ai pas peur que notre couple se brise, j'ai confiance en nous et en la solidité de notre amour. J'ai seulement peur du changement, car je ne sais pas à quoi m'attendre, tout en sachant que ce sera inévitable.

Mon corps
Tout au long de la grossesse, mon corps a changé. J'ai fait de mon mieux pour le garder en forme, pour ne pas prendre trop de poids et pour rester en santé. J'ai eu la chance d'avoir une grossesse idéale, sans malaise, sans anicroche. Bien sûr, le temps a fini par me rattraper. Mes chevilles sont enflées, mon ventre est lourd, mon dos courbé... Je ne me sens plus du tout sexy. Autant qu'à 6 mois, je ne m'étais jamais senti aussi belle, aussi féminine de toute ma vie qu'aujourd'hui je me sens moche et gonflée. Je sais que mon corps ne sera plus jamais comme avant. J'ai peur de ne pas être capable de perdre les livres en trop, de ne pas être capable de prendre soin de moi et de me sentir sexy à nouveau. C'est peut-être un peu superficiel, mais me sentir bien à l'extérieur me donne confiance et m'aide à aller de l'avant.

La famille
Une peur un peu plus ridicule, celle de la famille. En fait, j'ai peur que la famille, que ce soit la mienne ou celle de Hom, soit toujours ici. J'ai peur qu'on débarque chez nous sans avertir et qu'on colle alors que je veux me reposer ou allaiter mon bébé en paix. J'ai peur de ne pas être capable de leur dire de s'en aller. J'appréhende les conseils non sollicités, les "tu devrais faire ci" et les "tu vas voir..." Je suis consciente que c'est le premier bébé de la famille, qu'ils seront tous heureux de son arrivée. Je ne veux rien leur enlever à leur bonheur de devenir grands-parents ou oncles, tantes... J'ai seulement peur d'avoir de la difficulté à tracer la ligne... Et j'ai surtout peur qu'ils ne fassent pas confiance en nos compétences de parents.


Je peux sembler angoissée comme ça, avec toutes ces peurs. Mais non. Pour moi, être consciente d'une peur, c'est l'apprivoiser et m'y préparer. Ce sont toutes des craintes normales qui viennent et qui passent. Je ne m'empêche pas de dormir avec ça, mais je préfère y faire face maintenant, à tête reposée. Penser à mes peurs, les regarder de tous les côtés, ne fait que m'aider à les affronter. Je suis zen, je suis prête, malgré la peur.

5 janvier 2006

Réponse

Je prends la peine de répondre ici, vu que Marie-Lune ne doit pas être la seule à se poser cette question... Je n'ai jamais dit que je n'étais pas capable d'être heureuse pour une amie enceinte. C'est très difficile d'expliquer pourquoi une annonce de grossesse est si dure pour une infertile... C'est irrationnel comme peine, ça n'a jamais rapport dirrectement avec la personne concernée. C'est quelque chose qui nous retourne à nos douleurs les plus vives, sans le vouloir. C'est quelque chose d'instinctif, on y peut rien, ça fait mal et on a de la misère à le comprendre nous-mêmes. Crois-moi, je suis encore surprise de voir ma réaction quand j'apprends ce genre de nouvelle! Il y a des fois où je réagis bien, d'autres où ça me prend plus de temps à sortir de mon nombril et voir autre chose que ma peine. C'est pour ça qu'un jour, j'ai décidé de demander à mes amies de m'annoncer les grossesses indirectement, vu que je ne pouvais savoir (et contrôler) quelle réaction j'aurais. Une annonce en face me prend par surprise et fait souvent ressortir mes propres émotions par-rapport à mon infertilité et à mon inaptitude à avoir un enfant "normalement" AVANT de faire ressortir ma joie pour mon amie. Ça ravive des blessures, ça ramène bien des choses enfouies à la surface. Mais habituellement, une fois ces émotions passées (et ça ne dure jamais longtemps) je suis très heureuse pour mon amie et j'adore partager ces moments avec elles. Jamais je n'en voudrais à quiconque d'être plus ferile que moi! Mes amies, les vraies, savent qu'elles peuvent compter sur moi et qu'elles peuvent partager leur bonheur avec moi. Elles savent aussi qu'elles doivent me laisser le faire à mon rhytme.

La différence dans cette situation-ci, c'est la façon dont mon amie m'a traitée. Je comprends très bien qu'elle n'ait pas eu le guts et je comprends très bien pourquoi. C'est pas ça qui me fâche! Parce que c'est tout à fait normal... je sais très bien que je suis dure à suivre! Ce qui me fâche, c'est qu'elle n'ait pas eu le guts de me dire qu'elle a manqué de guts! Au lieu d'être honnête avec moi et de me dire "écoute, je ne savais pas comment te le dire, j'avais peur de te blesser, même si je comprends pourquoi ce genre de chose peut te blesser... J'aurais dû te le dire avant, mais je n'en avais pas le courage" elle m'a dit "je n'ai juste pas eu le temps de t'appeler" Franchement! On se connaît depuis qu'on a 8 ans, elle n'avait pas de raison de me mentir et de me prendre pour une tarte. Surtout que... pas le temps??! Qui croit à ce genre d'excuse?? En 3 mois, tu n'as pas eu un seul moment libre de 5 minutes pour m'appeler? Pfff. Si mon amitié ne vaut pas 5 minutes, elle ne vaut pas grand chose...

Je répète donc... ce n'est pas la grossesse en tant que telle qui m'a blessée. Ça, j'en suis revenue assez vite! J'étais (et je le suis encore!) même très contente pour elle en y pensant bien! C'est toute la bullshit autour de son annonce et son manque de tact et de respect envers moi qui m'ont fâchée.

Maintenant, passons à autre chose... Je traînais ce post depuis 2 mois, j'ai finalement eu le temps de le terminer et de le publier, même si dans ma tête ce sujet était déjà clos.

4 janvier 2006

Un petit 5 minutes

Il y a presque deux mois, j'ai reçu un email d'une amie. Nous ne nous étions pas parlé depuis plusieurs mois. Nous passons souvent plusieurs semaines sans se parler, mais je commençais à trouver ce silence doûteux. Bref, je comptais lui écrire le soir même où j'ai reçu son courriel. Elle me disait: "je t'ecris pour savoir comment tu vas et aussi parce que j'ai une bonne nouvelle à t'annoncer. Je voulais savoir si tu es là demain pour que je puisse te donner un coup de fil. Si tout est beau, écris-moi, et on se reparle demain."

Faut pas me prendre pour une nouille. Je suis capable de lire entre les lignes. Son courriel me disait deux choses: elle voulait m'annoncer une grossesse et elle n'avait pas eu le guts avant. Je lui ai répondu que si sa nouvelle avait rapport avec une grossesse quelconque, de me le dire par email, car je préfère recevoir ce genre de nouvelle indirectement. Je n'aime pas le sentiment d'embuscade qu'une annonce de grossesse surprise me donne. Je me sens accolée au mur, forcée de sourire alors que je bouille en dedans. J'ai donc toujours demandé à mes amies proches de m'annoncer ce genre de chose par courriel ou sur le répondeur. Ça me laisse le temps de digérer la nouvelle seule, à mon rhytme, sans faire semblant. Puis une fois les mauvaises émotions contrôlées, je peux féliciter la personne concernée sans me sentir menteuse.

Le lendemain, elle m'a répondu que j'avais effectivement deviné, qu'elle était enceinte de plus de 3 mois. Même si je m'y attendais, ça m'a fait énormément mal. Un peu comme si on me disait qu'on allait me donner une claque au visage. J'ai beau savoir qu'elle s'en vient, quand la claque arrive, elle fait mal quand même. Ce qui m'a fait le plus mal, ce n'est pas tant le fait qu'elle soit enceinte d'un bébé surprise (quoi que juste ça, pour une infertile, c'est dur à avaler), mais plutôt le fait qu'elle ait attendu avant de me le dire. Bon, d'accord, bien des gens attendent 3 mois avant d'annoncer une grossesse. Mais elle et moi avons la même coiffeuse et si elle ne me l'avait pas annoncé par courriel ce jour-là, je l'aurais appris de la coiffeuse le lendemain. Notre coiffeuse le savait depuis le début et elle ne l'avait même pas appris de mon amie directement, mais d'une autre de ses amies! J'étais supposément une de ses meilleures amies. Elle m'a dit un jour que j'étais la seule sur qui elle pouvait toujours compter, à qui elle pouvait tout dire. Je ne le croyais plus.

J'ai jonglé avec tout ça, je me suis demandé comment réagir, quoi lui dire. Ça m'a empêché de dormir, je m'en voulais d'avoir encore mal pour quelque chose que j'avais maintenant. Bien sûr, au fond de moi, j'étais heureuse pour elle. Même si ce bébé n'était pas prévu (elle m'a même avoué que c'était un bébé condom), je sais qu'elle est très heureuse de sa venue et qu'elle voulait des enfants. Mais ce que tout ça a fait ressortir n'a rien de beau et d'heureux. Même si je suis enceinte, même si j'attends notre garçon très bientôt, une telle nouvelle ne fait que rebrasser des choses que je croyais réglées. Ça me rappelle à quel point pour nous ça été difficile, à quel point j'ai eu mal quand j'ai perdu notre premier bébé. Ça me remet aussi au visage le fait que tous nos efforts ne paraissent plus aujourd'hui, que la grossesse m'a ramenée au même niveau que les autres. J'ai beau être la femme la plus heureuse du monde quand je flatte ma bédaine et que je sens mon bébé me donner un coup de pied, ça n'efface pas les larmes et la douleur des années passées et surtout, ça ne me redonne pas tous ces mois perdus à attendre et espérer.

Je sais bien que vu de l'extérieur, ma douleur peut sembler exagérée. Je suis enceinte, après tout, je devrais en revenir, passer à autre chose. Oui, j'ai fait la paix avec bien des choses, avec bien des démons. Mais quand on me redonne une claque au visage, je ne peux faire autrement que d'avoir mal.

Je lui ai répondu et je lui ai expliqué en long et en large comment je me sentais, pourquoi j'étais blessée. Je lui ai par contre dit que je voulais bien avoir les détails de sa progression et continuer à parler avec elle via courriel, le temps que je me replace. Elle voulait qu'on se voit avant les fêtes, mais le temps me manquait (vraiment!) et je lui ai dit. J'ai même écrit "à moins que ma mère ait organisé un shower d'ici-là et que tu sois invitée (tu étais sur la liste!)" Je lui ai écrit un très long courriel sensible, clair et sincère. Je lui ai même posé plein de questions sur sa grossesse et j'ai demandé des nouvelles de sa mère. Je me disais qu'elle comprendrait peut-être, qu'elle me respecterait.

Elle m'a répondu quelques jours plus tard, par un courriel très court et froid. Elle me disait ne pas avoir eu le temps de me l'annoncer avant.

La seule chose qui m'est venue en tête après avoir lu ça est: mon oeil! Je m'excuse, mais elle n'est pas PDG d'une grosse entreprise ni mère au foyer de deux enfants! Pas eu le temps de faire un petit téléphone?? Qui n'a pas ça, un petit 5 minutes pour une amie? Ce qui lui a manqué, ce n'est pas du temps, mais du courage. Elle n'a pas eu le guts de m'appeler, elle a simplement remis à plus tard, encore et encore. Pas avoir le temps, c'est la pire excuse bidon qui existe. Je comprends très bien (et respecte!) le fait de manquer de guts, pas besoin de me mentir.

Je ne sais pas ce qu'elle pensait obtenir avec tout ça. J'ai essayé d'être forte et de passer par-dessus mes blessures pour partager cet événement heureux avec elle. Elle s'est probablement dit qu'en me le disant, elle faisait sa part, pour sa conscience, et que la balle était dans mon camp. Si je ne le prends pas, tant pis, c'est moi la méchante infertile amère qui n'est pas capable d'être heureuse pour les autres.

Elle m'a encore plus blessée avec ce dernier courriel qu'avec quoi que ce soit d'autre. Mes sentiments et mon amitié ne vallaient même pas un petit 5 minutes dans une journée.

Quand mon shower est arrivé, j'ai eu peur. Je ne savais pas trop comment j'allais réagir en la voyant, mais j'étais soulagée, d'une certaine manière. Je me disais qu'en étant ainsi forcée de la revoir, avec d'autres gens présents, ça rendrait les retrouvailles plus aisées. Eh bien! Elle n'est même pas venue! Elle n'a pas pris la peine d'avertir ma mère, qui s'attendait à sa présence. Toutes mes amies m'ont demandé pourquoi elle n'était pas là et moi, je ne sais trop pour quelle raison, je leur disais que je ne savais pas.

Elle ne m'a pas téléphoné, ne m'a pas écrit pour s'excuser de ne pas avoir été là. Je ne lui ai pas ré-écrit non-plus, je ne sais pas quoi lui dire. Je n'ai pas eu l'impression qu'elle avait lu mes autres courriels, alors à quoi bon? Je suis très peinée de laisser tomber cette amitié, mais en même temps, ça me libère.

Je lui ai envoyé une carte pour son anniversaire, qui est demain. Simplement pour lui signifier que je sais qu'elle existe, mais que je ne ferai plus de galipettes pour son amitié. Si elle tient à moi, qu'elle fasse les efforts nécessaires. J'ai assez donné.

----------------EDIT----------------
Je tenais à apporter quelques précisions. Tout d'abord, l'amie en question est une amie de longue date, mais une amie particulière. Elle a tendance à tout virer sur elle, peu importe le sujet (par exemple, quand je lui ai parlé de ma fausse-couche, elle m'a dit que sa collègue machin-couette en avait fait une elle aussi...). Elle a de la difficulté à vraiment écouter, mais elle est toujours très disponible. Je suis amie avec elle depuis longtemps, mais ça n'a jamais été à temps plein. On s'est souvent perdues de vue, pour différentes raisons. C'est ce qu'on pourrait appeler une amitié intermittente.

Ceci dit, je ne suis PAS en maudit après elle parce qu'elle est enceinte. Je finis toujours par passer par-dessus mes émotions contradictoires à l'annonce d'une grossesse et je finis toujours par être heureuse pour la personne concernée. Je l'étais (et le suis encore) pour elle, je lui ai même dit, sincèrement. Je suis fâchée contre elle parce que 1. j'ai été la dernière à l'apprendre (après la coiffeuse!), 2. parce qu'elle m'a donné une excuse bidon comme "je n'ai pas eu le temps" plutôt que de me dire la vérité, que j'aurais très bien comprise et acceptée! 3. Ce qui m'a fait réaliser que mon amitié pour elle ne représentait pas assez pour prendre la peine de prendre le temps et qu'elle ne me faisait pas assez confiance pour être honnête avec moi et finalement 4. parce qu'elle n'est pas venue à mon shower, qu'elle savait très important pour moi, sans compter qu'elle a manqué de respect envers ma mère qui s'est démenée pour tout organiser en ne l'avertissant pas.

Voilà.

2 janvier 2006

Le gazon

n'est pas toujours plus vert chez le voisin

J'ai manqué mon rendez-vous de suivi de 34 semaines à cause de l'accident de voiture. J'ai donc dû reprendre le rendez-vous. Malheureusement, mon médecin n'était pas disponible. J'ai donc été obligée de voir un autre médecin. Ça ne me dérangeait pas plus que ça, bien que mon médecin me connaisse depuis les débuts de nos traitements en fertilité et soit toujours patient avec nous. Maintenant, je sais que j'étais très bien tombée.

Le nouveau médecin ne m'a rien dit et semblait horriblement pressé. Je sais bien que c'est la période des fêtes et ça fait probablement suer bien des gens de devoir travailler, mais je ne crois pas que ça justifie un comportement aussi bête. J'avais l'impression de le déranger! Je ne suis pas juste un numéro, je veux un service humain, c'est la moindre des choses, non? En milieu de grossesse, je n'avais pas de question et les rendez-vous ne me semblaient pas aussi importants que maintenant. Mais là, je suis en fin de grossesse, ma première grossesse, qui a pris 3 ans à obtenir. Je veux des détails.

Il m'a fait le test pour le streptocoque (ouch!!), m'a taponné la bédaine (j'ai dû lui demander ma HU et il m'a répondu "ohf... 36-37 là..." et pourtant sur la feuille, il avait inscrit 35) et a vérifié mon col... tout ça en une minute, sans rien me dire. Il a posé le dopler pour écouter le coeur... un gros 4 secondes, alors qu'avec mon médecin, on peut l'écouter une bonne minute. Il ne voyait pas si la tête était en bas, il m'a donc dit de me rhabiller pour aller à la salle d'échographie. Et il ouvre la porte du bureau! Euh... j'ai les fesses à l'air moi là! Enfin... Je me lève, mets ma culotte, il rouvre la porte et nous dit "dépêchez-vous là!" Seigneur, je l'aurais étrippé! À la salle d'écho, il met du gel, pose la sonde, voit ce qu'il veut voir à l'écran et retire la sonde. Si j'avais cligné des yeux, je n'aurais rien vu! En fait, je n'ai rien vu! Il me dit bêtement que je dois revenir dans 2 semaines et s'en va. Vraiment, le pire médecin que j'ai vu dans ma vie! Et j'avais pourtant eu des bons commentaires sur lui.

J'avais des questions à lui poser. J'aime toujours savoir où j'en suis (col ouvert? Effacé? Qui sait!). Et surtout, j'aime me faire traiter comme une femme, non comme du bétail. Je suis sortie de là frustrée et déçue. Et le pire dans tout ça, c'est que je n'ai pas le choix de le revoir dans 2 semaines... J'espère vraiment que je suis seulement tombée sur une mauvaise journée et qu'il ne filait pas... S'il est comme ça au prochain rendez-vous, je changerai de médecin à nouveau. Tant pis. La fin de ma grossesse est un moment trop important dans ma vie pour le laisser se faire gâcher par un médecin frustré.