28 janvier 2008

2 ans

Comment décrire les deux dernières années de ma vie? Comment décrire les deux premières de la tienne? Les mots me manquent ou me semblent faibles pour résumer toute la joie que tu nous apportes, tout le bonheur que tu nous donnes, tout ce que tu as changé dans nos vies depuis deux ans. Et tout ce que ça me fait de réaliser que tu as maintenant 2 ans.

J'ai de la difficulté à croire que ça fait déjà deux ans que tu es avec nous. J'ai l'impression que c'était hier que je poussais, que je sentais ta présence en moi pour la dernière fois avant de te tenir dans mes bras. J'ai l'impression que c'est hier que je te prenais, tout minuscule et chaud, et que je te donnais le sein pour la première fois. Il me semble que c'est hier que je t'applaudissais parce que tu tenais ta tête fièrement, parce que tu te tenais assis, puis que tu avançais sur les foufounes, puis que tu faisais tes premiers pas. Il s'en est tellement passé de choses en deux ans... et pourtant, j'ai encore l'impression que tout ça s'est passé si rapidement...

Juste dans la dernière année, tu as fait tes premiers pas, dit tes premiers mots, goûté des tas de nouveaux aliments, eu le rhume à quelques reprises, participé à des ateliers d'activités avec maman, découvert le sable et le vélo, joué dans le lac, fait du pédalo, cueilli des fraises, des bleuets et des pommes, commencé la garderie, arrêté de boire au sein, puis arrêté de boire au biberon, tu t'es fait piquer par une guêpe et tu t'es fait des tas de petits bobos et égratignures pour montrer à maman que tu deviens vraiment un p'tit gars. Tout ça et des millions d'autres trucs.

Rieur, moqueur, espiègle, curieux, entêté, en quête d'autonomie, attachant, colleux, intelligent, vif, énergique, créatif, charmeur, calme et attentif... ce ne sont que quelques mots pour te décrire. À deux ans, tu aimes regarder des livres encore et encore, tu aimes la pâte à modeler, les jeux de mémoire, les camions et autos, la chatte (et elle n'apprécie toujours pas tes caresses un peu trop intenses), jouer dans la neige, courir, aller au Biodôme, donner des bisous, faire des blagues, jouer à la cachette, parler, nourir tes jouets, regarder D ora, manger des pâtes et boire du jus de pomme avec une paille, te regarder sur la caméra, te cacher dans l'armoire à serviettes de bain, nager comme un poisson dans le bain ("nage tasson", comme tu dis), faire des calins à tes cousines, comparer nos nombrils, nommer les parties de ton visage, dormir avec ton tracteur vert, faire la vaisselle avec papa, cuisiner avec maman ("t'aider", comme tu dis en plaçant la chaise contre la table), te sauver de la salle de bains tout nu juste avant le bain, jouer avec des blocs, effacer les dessins de papa sur ton tableau, manger des fruits, te promener en poussette, aller à la garderie, donner des bisous à tes vrais poissons avec tes poissons en bois, te faire courir après.

Mais à deux ans, tu as aussi ton petit caractère. Le Terrible Two qui commence? Probablement. Ça t'arrive parfois de te choquer lorsqu'on te dit non. Tu cries un peu, te couches par terre sur le dos, puis ça passe. Tu n'aimes pas qu'on te dise non ou qu'on t'enlève un objet des mains. Tu n'aimes pas non-plus te faire brosser les dents, te faire laver les cheveux, manger des légumes ("pas ça"), te faire changer ta couche, les trop grosses foules, les très gros poissons du Biodôme, quand maman regarde les nouvelles à la télé ("pas ça", encore une fois), quand papa s'en va travailler, quand le vent souffle fort. Bref, tu n'aimes pas quand les choses ne sont pas faites à TA façon.

Moi qui avais peur il y a quelques mois de ne jamais t'entendre parler, je dois dire qu'aujourd'hui, tu es une vraie mémère. Tu jases sans arrêt, ajoutant de nouveaux mots à ton vocabulaire quotidiennement. Tu en dis maintenant au-delà d'une centaine et je commence à perdre le compte. Je n'ose pas te reprendre quand tu appelles les singes "babou". Je trouve ça bien trop mignon.

Tu as deux ans mon bonheur sur deux pattes, mon crapaud, mon tannant, mon p'tit tabarouette. Je ne dirai plus ton âge en mois, mais en années maintenant. Je ne ferai plus de résumé mensuel ici sur toi, mais je continuerai à tenir mon journal Tithom dans mon grand cahier bleu.

Tu as deux ans et tu as été fêté hier. Tes grands-parents y étaient, tes arrière-grands-parents aussi, ainsi que deux oncles, une tante et une cousine. Ta famille qui t'adore est venue pour ton anniversaire, pour te regarder te bourrer la figure de gâteau au chocolat.

Bon deux ans mon amour. Bonne fête! Que la vie continue à te sourire comme tu nous souris depuis deux ans.

25 janvier 2008

Trois joies

Ça ne prend pas grand chose pour me remonter le moral ces temps-ci... Aujourd'hui, trois petits bonheurs:

1- Un appel du magasin de meuble me demandant si je suis libre lundi dans la journée pour la livraison. Très certainement! Je suis euphorique à l'idée de pouvoir enfin finaliser les chambres de mes garçons! (ouhlà, mes garçons, ça fait drôle de dire ça)

2- La même dame qui me dit qu'à cause de la baisse de TPS de 2008, ça me coûtera quelques dollars de moins finalement. Tant mieux, ça me donne quelques dollars de plus pour mon bonheur #3...

3- Ils sont arrivés!!!


Tant qu'à me faire dire que j'ai un gros ventre, aussi bien en profiter pour le remplir de cochonnerie sucrée!

23 janvier 2008

Le métier de maman

Entre les mamans au foyer et les mamans sur le marché du travail, il y a un genre de débat qui, selon moi, n'a pas raison d'être. Les unes veulent de la reconnaissance, les autres veulent qu'on arrête de les traîter d'égoïste. Des préjugés flottent sur les deux camps et je trouve cette bataille complètement inutile.

Il n'y a pas une seule solution bonne pour tout le monde. Bien des experts s'entendent pour dire que la place d'un bébé est avec sa mère, mais la réalité de la société fait en sorte que ce n'est pas toujours possible. Ce ne sont pas toutes les familles qui peuvent se passer d'un salaire. Et ce ne sont pas toutes els femmes qui sont prètes à sacrifier leur vie professionnelle du jour au lendemain. Ça ne fait pas d'elles des égoïstes ou des sans-coeurs qui ne priorisent pas leurs enfants. Ça fait d'elles des femmes d'aujourd'hui, qui vivent avec la réalité d'aujourd'hui.

Jamais je n'irai dire que les unes ou les autres l'ont "facile". Je sais très bien qu'être maman à la maison, c'est très demandant et qu'on attend beaucoup de ces mamans. Je sais aussi que travailler totue la journée et jongler les enfants, la maison, les repas, ce n'est pas plus facile. C'est différent, voilà tout. Être maman, c'est beau, mais c'est difficile, peu importe quelle est notre réalité.

Cela ne m'empêche pas, certains jours, de me sentir inutile. Même si je me démène toute la journée pour amuser et stimuler mon garçon, tout en m'occupant de la maison et des repas, même si par-dessus tout ça, j'essaie autant que possible de poursuivre mes différents projets (personnels et professionnels), il m'arrive souvent de me dire, le soir venu "mais voyons, qu'ai-je fait de ma journée?" Pas parce que j'ai l'impression de ne rien faire, mais parce que j'ai l'impression que ce que je fais est souvent futile (je ne parle pas bien sûr de mon fils). Hom travaille très dur, il arrive crevé le soir. Il doit souvent travailler toute la soirée de la maison. Et son dur labeur se reflète dans notre compte de banque, se chiffre, se calcule. Le mien... il est là, mais invisible, non quantifiable. Je ne demande pas une paie, mais c'est difficile pour quelqu'un comme moi qui, il y a deux ans à peine, travaillait à son compte à temps plein, étais autonome et indépendante.

Est-ce que ça me fait regretter d'avoir laissé tomber une grande partie de ma business pour mon fils? Non, jamais. Ça ne me fait pas non-plus douter de mon choix, de notre choix. Je sais que pour nous, notre façon de vivre nous sied bien. Je ne crois pas non-plus que je sentirais un plus grand sentiment d'accomplissement si je retournais à temps plein sur le marché du travail. Je sais que ce monde n'est pas pour moi, il ne l'a jamais été. Je ne peux avoir autre patron que moi. Bon, et mon fils, maintenant.

Je pense que ma grossesse joue beaucoup sur ces émotions. Le fait que je ne puisse plus autant accomplir maintenant que lorsque je n'avais pas une pastèque accrochée à ma colonne vertébrale mine un peu mon humeur. Je voudrais tellement en faire plus, je voudrais rendre mes journées sans Tithom bien plus productives... mais mon corps ne suit plus. Je me sens lourde et lente. Je m'essouffle, je suis étourdie, je dois m'asseoir souvent. Je me sens mal de devoir demander à Hom d'en faire un peu plus alors qu'il en fait déjà tellement. Je me sens faible et pourtant, je sais au fond de moi que je ne le suis pas. Je suis en train de fignoler notre deuxième fils. Je suis en train de préparer la naissance de notre deuxième enfant. Ce n'est pas de la faiblesse, mais de la force. C'est un autre travail pas tellement quantifiable, mais oh combien important. Et fatigant, à la fin...

Tout comme celui de maman tout court.

15 janvier 2008

Préparation

En novembre, nous avons acheté le set de chambre de Tithom. Un lit de grand. Je ne voyais pas l'utilité de lui acheter un lit de transition. Je ne voulais rien savoir de la mélamine. Pus capable de la mélamine. J'ai vécu dans des appartements faits entièrement de mélamine: bibliothèque en mélamine, armoires de cuisine en mélamine, table en mélamine, bureau en mélamine, siège de toilette en mélamine. Pu-ca-pa-ble.

Nous avons donc regardé pour des meubles en bois qui offraient aussi du rangement (tiroirs ou tête de lit bibliothèque, ou les deux). Pas facile. Nous avons fait tous les grands et petits magasins de meubles. Nous avons enduré les pitchs de vente de leurs vendeurs. Nous avons comparé, évalué, réfléchi, budgetté. Puis nous avons fait notre choix et passé notre commande. Livré dans "4 à 8 semaines", assemblage requis.

Ça fait deux mois et nous n'avons toujours rien reçu. J'appelle le service de livraison hier et la gentille dame me dit que pour ce fabriquant, la date de livraison qu'elle a est la mi-février. Pardon?? Ça va avoir pris 3 mois pour recevoir un lit et une commode? Je sais bien qu'elle ne peut rien faire, que ce n'est pas de sa faute à elle, pauvre 'tite madame. Mais bon, j'ai pas tellement été capable de ne pas lui dire ma façon de penser et de lui dire de passer le message aux vendeurs qu'ils disent donc aux clients que ça prend 3 mois et non "4 à 8 semaines". Ça joue sur la décision d'achat, ça. Elle me dit "ça peut être un peu avant ou un peu après." Comme mon accouchement, que je lui ai répondu.

Bien sûr, si on avait acheté une cochonnerie en mélamine, on l'aurait eue la semaine suivante. Ça nous apprendra à vouloir de la qualité.

Mais bon, ce n'est rien de dramatique en soi. C'est juste frustrant de se faire niaiser et de rien pouvoir faire de mieux qu'attendre. En fait, ce qui me frustre le plus, c'est que pendant ce temps, je ne peux pas finir de préparer la chambre de Tipépin. Je sais qu'il me reste 8 semaines (si je me rends là), mais j'aurais aimé avoir une chambre prête pour lui, pouvoir m'y bercer en flattant ma bédaine. J'aurais aimé vivre le processus de préparer l'arrivée du bébé de cette façon, puisque je n'ai pas eu à le faire via le magasinage.

Aussi, le fait que Tithom n'aura peut-être pas beaucoup de temps pour s'adapter à ses nouveaux meubles de grands avant que bébé arrive me fatigue. J'aurais aimé que la routine soit établie, qu'il se soit adapté à ses nouveaux meubles. Je ne voulais pas que l'arrivée de son petit frère coïncide avec la fin de son lit de bébé et de sa chambre telle qu'il la connaît. Je trouve que c'est beaucoup de changements en peu de temps.

Mais bon, on ne sait jamais. Peut-être Tipépin se présentera plus tard, ou bien les meubles arriveront plus tôt (I wish). Et comme nous avons l'intention de le faire dormir avec nous pendant quelque temps au début, peut-être que la transition de Tithom se fera doucement quand même.

En attendant, je n'ai pas le choix d'aller me préparer en magasinant. Y faut c'qu'y faut.

7 janvier 2008

L'angoisse du deuxième

Il y a quelque temps, sur un forum que je fréquente, une fille avait parlé de ses angoisses à l'idée d'attendre un deuxième enfant. Son sujet m'avait interpellée, puisque j'en étais au début de ma grossesse, dans l'attente du deuxième. Mais, bizarrement, je ne ressentais aucune angoisse, aucune peur. Je me disais, sans la juger, que mon parcours différent changeait peut-être ma façon de voir les choses. Après tout, on a pas tellement le choix de s'assurer que notre décision est réfléchie quand on s'embarque dans des traitements de fertilité. Même si j'ai souvent essayé d'en parler légèrement, la stimulation ovarienne par injections doit être prise au sérieux. On doit être certain de notre affaire. Une fois les dés lancés, on ne peut plus reculer.

J'ai toujours vu les traitements de fertilité comme une façon d'aller jusqu'au bout, de ne pas avoir de regret. Ce sont nos limites à nous. Je sais que pour bien des couples, leurs limites se situent ailleurs et qu'ils ne regretteront pas ne pas avoir pris ce chemin. Je le respecte, même si pour moi, pour nous, je devais tout essayer. Ayant en tête, au moment où l'aiguille perçait ma peau, les conséquences, bonnes et mauvaises, de nos choix, je n'ai jamais rien regretté. Donc, lorsque je suis tombée enceinte de Tipépin, ce n'était pas le cas non-plus.

Puis, quelques mois plus tard, j'ai eu une révélation, comme si on me gifflait. Oui, je savais que j'étais enceinte, j'en étais consciente. Mais en même temps, bizarrement, je n'arrivais pas vraiment à concevoir que j'allais vraiment avoir un deuxième enfant. Et du jour au lendemain, tout m'est apparu très clair. Nos vies allaient changer, notre famille allait changer. Nous n'allions plus jamais être seulement nous trois. J'allais recommencer à allaiter, nous allions recommencer à ne plus dormir, nous allions à nouveau découvrir une petite vie toute neuve au jour le jour.

Et bang! Les angoisses ont commencé. Comment allais-je arriver à m'occuper d'un bébé en même temps que de Tithom? Comment allais-je arriver à dormir, ou du moins, à me reposer? Est-ce que Tithom allait apprécier son nouveau rôle de grand frère? Est-ce qu'il nous en voudrait de lui imposer un petit frère, de lui enlever sa place unique sans lui demander son avis? Est-ce que j'allais m'ennuyer de nos moment seuls tous les trois? Est-ce que j'allais regretter de ne pas m'être contentée d'un enfant?

Toutes des questions que je ne m'étais jamais posées avant. Toutes des questions qui viennent avec le deuxième enfant, j'imagine. Au premier, j'angoissais sur l'accouchement, sur mes capacités de mère, sur l'allaitement, sur des questions finalement sans importance comme comment laver le nombril et quand commencer les céréales. Maintenant, j'angoisse sur l'impact de notre décision sur notre fils aîné. J'angoisse encore sur mes capacités de mère, mais sous un angle différent.

Bon, on s'entend, je n'y pense pas à chaque heure de chaque jour, loin de là. Ça me prend par vagues, quand j'ai quelques secondes pour penser (ce qui n'arrive pas tellement souvent finalement). Puis, je croise le regard de mon chum ou celui de mon fils et tout redevient clair: ça va bien aller, car ils sont avec moi dans cette nouvelle aventure. Je pense aux beaux moment, sans nécessairement oublier les moins beaux (qui peut oublier les nuits blanches, le lait régurgité, la montée laiteuse et les pleurs qui ne semblent jamais finir?). Je me concentre sur le fait que tout ce que j'ai adoré vivre avec Tithom pour la première fois, j'aurai la chance de le revivre, différement, avec mon deuxième fils. J'imagine Tithom donner un bisou à son petit frère. Je les imagine plus vieux, courant dans la maison en riant comme des fous. Je les imagine en train de préparer un mauvais coup. Je les imagine les deux assis dans un bain rempli de mousse, s'éclaboussant. Je les imagine les deux endormis, un à côté de l'autre. Je n'ai pas besoin de penser aux moins beaux côtés de la maternité, je sais qu'ils sont là. Mais les beaux les dépassent largement, et c'est de ça que je dois me rappeler.

Oui, j'aurai le moins beau en double, mais aussi, et surtout, le plus beau.