21 mai 2005

Le positivisme

Je me disais que si j’en parlais, ça porterait malheur. Je me disais que d’en parler, c’était briser le charme et sortir du rêve. J’avais peur, encore une fois, de me faire des idées. J’avais peur de me tromper.

Depuis une dizaine de jours, je me sens différente. Pas physiquement, mais dans mon coeur. J’avais une allégresse et un positivisme qui ressortaient de je ne sais trop où et qui me faisaient croire toutes sortes de choses. J’avais un feeling, comme on dit. Je n’osais pas en parler. Pas à Hom, pas ici, pas à mes amies, seulement à mon journal. J’avais peur de mettre en mots des sentiments si peu concrets. Oui, vraiment, j’avais peur de me tromper.

Cette semaine, tout me portait pourtant à croire que j’avais raison, que je ne me trompais pas. Non seulement j’avais un feeling, mais j’étais convaincue. J’en ai finalement parlé à Hom et à une amie jeudi. Ça bouillonnait en moi, j’avais besoin d’en parler, de me faire dire que je n’étais pas folle.

Hom m’a dit que j’étais différente, qu’il le sentait lui aussi, mais qu’il n’osait pas me le dire. Je ne peux pas toujours contrôler mon imagination frivole, mais quand quelqu’un de l’extérieur me confirme mes doutes, c’en est trop.

Hier matin, vendredi le 20 mai, j’ai fait un test de grossesse. La deuxième ligne a pris du temps à apparaître, mais elle était bien là. Je ne me trompais pas. J’étais bel et bien enceinte! Hom et moi ne sautions pas au plafond. Nous avions encore peur, peur de le perdre, peur de nous faire une fausse joie, peur de perdre la face. Nous avons déjà vécu la perte, nous ne pouvons l’oublier, nous ne pouvons nous en séparer. Sans devenir fatalistes ou négatifs, nous sommes seulement plus conscients des risques. Nous pensons positif, nous prenons une journée à la fois, mais la possibilité nous hante quand même. Nous ne sommes plus naïfs comme avant, nous ne prenons plus les choses pour acquises.

J’ai refait un test ce matin, qui était positif lui aussi. Je crois que je pourrai me réjouir seulement lorsque j’aurai entendu le coeur de pépin battre. Je suis heureuse, croyez-moi. J’ai un bonheur immense qui gonfle mon coeur et fait rougir mes joues. Je suis encore un peu indrédule à tout ça, ce n’est pas vraiment concret encore, mais je suis heureuse, très heureuse.

Je me considère encore infertile. Ça fera toujours partie de moi, de nous, de ce que nous sommes devenus. Peu importe le dénouement de cette histoire, le chemin que j’ai pris pour m’y rendre ne change pas. Ça restera en moi, comme une grosse cicatrice sur mon coeur. La douleur s’estompera, mais la cicatrice restera.

1 commentaire:

  1. Christy (C13)23 mai, 2005 02:20

    coucou!!
    felicitation!
    je viens regulierement lire tes news et j'attendais une tres bonne nouvelle! et la voila! j'espere que ca va rester dans ton ventre! je te le souhaite de tout mon coeur! (de mon coté ca ne marche tjrs pas et ce mois ci je ss sans ttt donc j'espere que ca va marcher comme toi!)
    je te fais d'enorme bisous et je croise les doigts!

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