L'angoisse était palpable. Hom n'arrêtait pas de parler, ce qui n'est pas dans ses habitudes. Je lui ai dit gentiment que je ne l'écoutais pas vraiment, que j'avais trop mal au coeur pour me concentrer. Mal au coeur... nausées, ou stress? Probablement un mélange des deux. J'avais terriblement hâte de savoir et terriblement peur en même temps.
Le médecin est finalement arrivé. Il jette un rapide coup d'oeil à mon dossier et s'exclame: "Bon! Alors tu es enceinte! Ok! Avec 6 folicules, on va aller voir combien il y en a!"
Si j'étais angoissée avant, là, j'étais complètement paniquée. Comment ça, six?? Je croyais que c'était 4, peut-être 5?! Hom semble aussi paniqué que moi, mais tous les deux, nous affichons un faux sourire, essayant de garder notre calme. Le doc me demande quand a eu lieu l'insémination. Je bafouille que nous n'en avons pas fait, que c'est naturel. Il dit: "ah! Alors les chances sont moins grandes!"
Puis, sur l'écran, au milieu de la zone grisâtre, apparaît une bulle noire. Une bulle. Avec une autre bulle à l'intérieur, grise cette fois. Le doc bouge la sonde, cherche partout. Je retiens mon souffle. Hom est blanc comme un drap. "Il n'y en a qu'un!" s'exclame le médecin, bien heureux lui aussi de la nouvelle.
Un seul bébé. Déjà, mes épaules semblent moins tendues. Ce bébé, il est minuscule! Sa forme est plutôt difficile à discerner. On le mesure: 8.5 mm. C'est un grain de riz! Si petit, si fragile! Le doc bouge la sonde, fait un zoom... un petit clignotement, tellement petit... un petit coeur qui bat! Il place la sonde sur le coeur. On l'entend! Si minuscule et déjà, on l'entend! Un grain de riz avec un coeur qui bat! Depuis seulement quelques jours en plus!
Un seul bébé, avec un coeur qui bat. Je ne pouvais demander mieux! Nous gardons encore la nouvelle pour nous. Je préfère attendre mon prochain rendez-vous (vers 11s), pour entendre le coeur à nouveau avant de l'annoncer aux garçons, puis à notre entourage.
Pour l'instant, donc, j'ai un secret bien gardé: mon petit grain de riz au coeur qui bat, bien au creux de mon ventre.
26 janvier 2011
17 janvier 2011
Un, deux, trois... ou quatre?
Un des risques de la procréation médicalement assistée (PMA), c'est la possibilité accrue de vivre une grossesse multiple (ou gemellaire). Dépendament des traitements, le pourcentage peut être plus ou moins élevé.
Je n'ai pas de chiffre précis pour mon cas. Tout ce que je sais, c'est qu'à ma dernière échographie d'ovulation, j'avais 4, peut-être 5 folicules matures. Ce qui donne une possibilité (faible, mais là tout de même) de quintuplés. Mais surtout, de jumeaux.
Vu mes propres statistiques (j'ai eu quelques cycles avec plus d'un folicule qui n'ont donné aucune grossesse, et un cycle avec 4 folicule qui nous a donné Tilou), je serais portée à croire que mes chances de jumeaux ne sont pas si élevées. D'autant plus que je me sens plutôt bien.
Mais il y a une petite voix en moi qui ne veut se taire et qui joue un grand rôle dans cette angoisse qui m'habite. Cette petite voix me répète qu'il y a quand même des chances, que je ne peux les ignorer. Cette voix me dit "et si jamais..." en me laissant imaginer le pire...
Dans toutes mes peurs qui me hantent ces jours-ci, celle d'une grossesse gemellaire prend beaucoup de place. On me souhaite des jumeaux. On me dit en rigolant "ce serait drôle, hein, qu'il y en ait trois?" Je ne vois tellement pas ce qu'il y aurait de drôle là-dedans. Je ne me souhaite pas de jumeaux. Ça peut paraître bizarre, venant de quelqu'un qui doit avoir recours à la PMA pour tomber enceinte, mais voilà. J'espère de tout coeur qu'il n'y a qu'un seul bébé, bien accroché.
Comprenez-moi. Je finirais bien sûr par être heureuse s'il advenait qu'il y en ait deux. Mais le choc serait grand et la période d'adaptation tout autant. Je serais d'abord triste, car ça voudrait dire beaucoup de petits deuils à vivre: entre autres, celui de la possibilité d'accoucher à la maison, chose qui me tient vraiment à coeur. Aussi, le fait que la décision que ce serait ma dernière grossesse se soit prise d'elle-même, sans que j'ai mon mot à dire (ou à peine). Mais surtout, celui d'une grossesse facile, si on tient compte de tous les risques associés à une grossesse multiple.
Je ne sauterais donc pas de joie si on m'apprenait demain que j'attends plus qu'un bébé. Je sais que bien des gens (surtout des couples infertiles) désirent vraiment des jumeaux. Et je peux comprendre pourquoi. Mais moi, dans mon cas, personnellement, à l'endroit où j'en suis aujourd'hui, avec mes deux jeunes enfants, je ne peux désirer des jumeaux. Je ne peux. juste. pas.
Et ça, c'est sans même penser à ce qu'on devrait faire, s'il y en avait 4 ou 5... L'idée de la réduction embryonnaire me fait extrêmement peur et surtout, ça me brise le coeur. De devoir vivre tout ça pour avoir un enfant, et d'ensuite devoir me défaire de ces enfants parce qu'il y en a trop... c'est absurde et injuste. Je ne voudrais pas devoir faire face à ce genre de décision. Je n'y pense pas, je ne veux pas me faire de mal pour rien.
J'en ai assez d'avoir peur, de me poser des questions, d'imaginer le pire (probablement pour rien). J'aimerais tellement pouvoir fermer les yeux et me réveiller sur la table d'échographie, les yeux tournés vers l'écran noir et blanc... et les oreilles remplies du plus beau son au monde: wousha, wousha, wousha...
Je n'ai pas de chiffre précis pour mon cas. Tout ce que je sais, c'est qu'à ma dernière échographie d'ovulation, j'avais 4, peut-être 5 folicules matures. Ce qui donne une possibilité (faible, mais là tout de même) de quintuplés. Mais surtout, de jumeaux.
Vu mes propres statistiques (j'ai eu quelques cycles avec plus d'un folicule qui n'ont donné aucune grossesse, et un cycle avec 4 folicule qui nous a donné Tilou), je serais portée à croire que mes chances de jumeaux ne sont pas si élevées. D'autant plus que je me sens plutôt bien.
Mais il y a une petite voix en moi qui ne veut se taire et qui joue un grand rôle dans cette angoisse qui m'habite. Cette petite voix me répète qu'il y a quand même des chances, que je ne peux les ignorer. Cette voix me dit "et si jamais..." en me laissant imaginer le pire...
Dans toutes mes peurs qui me hantent ces jours-ci, celle d'une grossesse gemellaire prend beaucoup de place. On me souhaite des jumeaux. On me dit en rigolant "ce serait drôle, hein, qu'il y en ait trois?" Je ne vois tellement pas ce qu'il y aurait de drôle là-dedans. Je ne me souhaite pas de jumeaux. Ça peut paraître bizarre, venant de quelqu'un qui doit avoir recours à la PMA pour tomber enceinte, mais voilà. J'espère de tout coeur qu'il n'y a qu'un seul bébé, bien accroché.
Comprenez-moi. Je finirais bien sûr par être heureuse s'il advenait qu'il y en ait deux. Mais le choc serait grand et la période d'adaptation tout autant. Je serais d'abord triste, car ça voudrait dire beaucoup de petits deuils à vivre: entre autres, celui de la possibilité d'accoucher à la maison, chose qui me tient vraiment à coeur. Aussi, le fait que la décision que ce serait ma dernière grossesse se soit prise d'elle-même, sans que j'ai mon mot à dire (ou à peine). Mais surtout, celui d'une grossesse facile, si on tient compte de tous les risques associés à une grossesse multiple.
Je ne sauterais donc pas de joie si on m'apprenait demain que j'attends plus qu'un bébé. Je sais que bien des gens (surtout des couples infertiles) désirent vraiment des jumeaux. Et je peux comprendre pourquoi. Mais moi, dans mon cas, personnellement, à l'endroit où j'en suis aujourd'hui, avec mes deux jeunes enfants, je ne peux désirer des jumeaux. Je ne peux. juste. pas.
Et ça, c'est sans même penser à ce qu'on devrait faire, s'il y en avait 4 ou 5... L'idée de la réduction embryonnaire me fait extrêmement peur et surtout, ça me brise le coeur. De devoir vivre tout ça pour avoir un enfant, et d'ensuite devoir me défaire de ces enfants parce qu'il y en a trop... c'est absurde et injuste. Je ne voudrais pas devoir faire face à ce genre de décision. Je n'y pense pas, je ne veux pas me faire de mal pour rien.
J'en ai assez d'avoir peur, de me poser des questions, d'imaginer le pire (probablement pour rien). J'aimerais tellement pouvoir fermer les yeux et me réveiller sur la table d'échographie, les yeux tournés vers l'écran noir et blanc... et les oreilles remplies du plus beau son au monde: wousha, wousha, wousha...
14 janvier 2011
En attendant la zénitude
Je m'étais juré que cette fois-ci, je resterais zen. Je m'étais promis de ne pas stresser, de respirer, de simplement vivre.
Bon. On peut dire que c'est raté. Je suis stressée, j'ai peur, j'angoisse. Bien sûr, il y a de beaux moments où ça va bien (quand je dors, surtout). Mais il m'arrive encore trop souvent à mon goût de me poser des tas de questions, d'analyser et suranalyser mes symptômes légers. Le pire dans tout ça, c'est que je SAIS ce que tout le monde va me dire. Je le sais, que l'absence de symptôme ne veut rien dire. Je le sais que ce n'est pas bon de stresser. Je le sais que les chances que tout aille bien sont plus grandes que celles où tout pourrait mal virer. Je sais que je devrais profiter. Je le sais.
Mais j'ai peur quand même. Je n'y peux rien. Quand c'est trop beau, quand tout va trop bien, je trouve ça louche. Je me dis que le pot m'attend dans le détour, alors que je serai trop occupée à renifler mes belles fleurs.
Heureusement pour moi (et ma santé mentale), j'ai réussi à avoir un rendez-vous pour une échographie la semaine prochaine. Je serai rendue à presque 7 semaines. J'espère de tout mon être voir un petit coeur scintiller. Qu'on me dise que bébé est à la bonne place et semble bien accroché. Qu'on me confirme que je ne rêve pas.
Je crois que la zénitude pourra venir après, si les nouvelles sont bonnes. En attendant, je remercie la vie à chaque jour qui passe où je suis encore, jusqu'à preuve du contraire, enceinte.
Bon. On peut dire que c'est raté. Je suis stressée, j'ai peur, j'angoisse. Bien sûr, il y a de beaux moments où ça va bien (quand je dors, surtout). Mais il m'arrive encore trop souvent à mon goût de me poser des tas de questions, d'analyser et suranalyser mes symptômes légers. Le pire dans tout ça, c'est que je SAIS ce que tout le monde va me dire. Je le sais, que l'absence de symptôme ne veut rien dire. Je le sais que ce n'est pas bon de stresser. Je le sais que les chances que tout aille bien sont plus grandes que celles où tout pourrait mal virer. Je sais que je devrais profiter. Je le sais.
Mais j'ai peur quand même. Je n'y peux rien. Quand c'est trop beau, quand tout va trop bien, je trouve ça louche. Je me dis que le pot m'attend dans le détour, alors que je serai trop occupée à renifler mes belles fleurs.
Heureusement pour moi (et ma santé mentale), j'ai réussi à avoir un rendez-vous pour une échographie la semaine prochaine. Je serai rendue à presque 7 semaines. J'espère de tout mon être voir un petit coeur scintiller. Qu'on me dise que bébé est à la bonne place et semble bien accroché. Qu'on me confirme que je ne rêve pas.
Je crois que la zénitude pourra venir après, si les nouvelles sont bonnes. En attendant, je remercie la vie à chaque jour qui passe où je suis encore, jusqu'à preuve du contraire, enceinte.
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