Ayant toujours les bras pleins (et loin de moi l'idée de me plaindre!), je n'arrive plus à trouver le temps pour pianoter sur mon clavier. Écrire me manque, ça me démange, mais je n'y peux rien, mon fils aime écouter mon coeur de près. Et comme j'aime enfouir mon nez dans les multiples plis de son cou, ça m'arrange.
En plus, je sais pas si vous aviez remarqué, mais y fa' beau dehors, alors l'ordi, il est loin dans la liste des priorités ici.
Un mois est passé déjà depuis la naissance de Tilou. Un mois! Comme il a changé en un mois! Comme nos vies ont changé! Mais, bizarrement, j'ai parfois aussi l'impression que ça a toujours été comme ça. Ai-je déjà oublié ce que c'était, la vie à 3? Peut-être pas encore. Mais ça viendra.
Tilou, lui, est à chaque jour plus rond et plus beau. Me croiriez-vous si je vous disais qu'il a pris 5 livres en un mois? Que voulez-vous, maman fait du cristi de bon lait!
Un mois... je n'ai pas eu le temps de vous raconter mon séjour à l'hôpital, où j'ai eu le bonheur (ahem!) de partager ma chambre avec un couple impoli et imbécile pendant 2 longs jours. Vous savez, le genre de couple qui, parce qu'eux ont dormi la nuit, oublient que certaines nouvelles mamans (moi!) ont accouché pendant ce temps et aimeraient bien dormir le jour pour récupérer, plutôt que d'écouter leur récit d'accouchement 72 fois alors que madame appelle tous ceux qu'elle connaît. Vous savez, le genre de couple qui vous demande, vers 5h du matin, alors que ça fait plusieurs heures que vous essayez d'endormir votre fils sans vous-même perdre connaissance, si vous pensez que votre "bébé va bientôt dormir, parce nous aimerions dormir parce qu'on part demain matin pour la maison." Si quelqu'un comprend la logique derrière tout ça qui pourrait excuser l'effronterie, s'il-vous-plaît, faites-m'en part. Mais je n'ai pas le temps de tout vous raconter, ce serait bien trop long et ennuyeux, en fait.
Pas eu le temps non-plus de vous parler de Tithom et des tonnes de bisous qu'il donne quotidiennement à son petit frère, de tous les petits trucs craquants qu'il fait à chaque jour. Il est tellement grand et espiègle, je n'arrive pas à croire qu'il puisse m'étonner encore autant à chaque jour. Quel beau et bon grand frère il fait!
Pas eu le temps de parler de plusieurs articles sur l'infertilité qui ont paru dernièrement, dont un cahier spécial dans La P resse qui m'a fait grincer des dents. Je n'ai presque plus le temps de grimper dans les rideaux et de me battre pour la cause qui me tient à coeur. Mais j'y reviendrai, c'est certain.
Pas eu le temps de commenter la lettre que le gouvernement m'a envoyé pour me féliciter de recevoir de leur congé de maternité. Une belle phrase: En encourageant l'épanouissement des familles, le gouvernement vise à favoriser l'avenir du Québec. En effet, les enfants constituent une richesse personnelle et collective à laquelle vous contribuez et nous vous en félicitons. À laquelle je réponds: Merci, mais ce n'est certainement pas grâce à votre aide.
Pas eu le temps de parler de la vie à 4, de nos projets, des couches pleines, de l'allaitement, de nos attentes, de nos familles, de notre nouvelle vie. Pas eu le temps de tout mémoriser, de tout coucher sur papier (ou clavier) pour ne rien oublier. Pas eu le temps d'en parler, mais j'ai bien pris le temps de savourer chaque seconde. Et ça continue!
22 avril 2008
14 avril 2008
Retour à la réalité
Après 4 semaines en compagnie de mon homme, je reviens ce matin à ma réalité, celle de maman au foyer. Hom est de retour au travail, après un congé parental bien apprécié.
En 4 semaines, nous n'avons pas réussi à établir de routine. Je m'y attendais, puisque la présence de Hom venait tout changer. Je ne pouvais prendre d'habitude avec lui ici, en sachant que dès son départ, j'allais devoir tout ajuster. Nous avons donc pris les choses comme elles venaient, sans se soucier de l'horaire et de la routine. Seules les heures de dodo et de repas sont restées fixes, pour ne pas trop déstabiliser Tithom. Nous nous sommes amusés, Tithom a passé énormément de temps de qualité avec son papa. La coupure sera dure.
Donc, ce matin, je me retrouve seule avec Tilou, Tithom étant à la garderie aujourd'hui. Je commence en douce ma vie de maman de deux garçons. Je vais devoir apprendre les habitudes de mon bébé, apprendre à intégrer tout ça dans mon quotidien avec Tithom, apprendre à jouer avec le plus grand tout en berçant le plus petit. Apprendre à vivre avec une seule paire de bras comme si j'en avais plusieurs.
Tilou est ce qu'on appelle un "bébé à bras". Il ne dort que dans nos bras ou au mieux, dans l'écharpe. Il aime être collé et bien au chaud. J'aime cette proximité, sentir son petit coeur battre contre le mien, mais ce n'est pas toujours évident d'arrêter la terre de tourner pour laisser bébé dormir, surtout lorsqu'on en a un plus vieux. Certaines choses doivent être faites. Et un gamin de deux ans, ça ne sait pas toujours attendre patiemment. Je sais qu'il s'adaptera, qu'il apprendra la patience. Il le fait déjà quand même bien, à quelques petites crises de "je veux toute l'attention maintenant" près.
Aujourd'hui, je suis maman d'un bébé. Demain, je serai maman d'un bébé et d'un terrible-deux. Et prochainement, je rajouterai le travail à l'équation. Tout ça sous le même toit. Et avec une seule paire de bras.
En 4 semaines, nous n'avons pas réussi à établir de routine. Je m'y attendais, puisque la présence de Hom venait tout changer. Je ne pouvais prendre d'habitude avec lui ici, en sachant que dès son départ, j'allais devoir tout ajuster. Nous avons donc pris les choses comme elles venaient, sans se soucier de l'horaire et de la routine. Seules les heures de dodo et de repas sont restées fixes, pour ne pas trop déstabiliser Tithom. Nous nous sommes amusés, Tithom a passé énormément de temps de qualité avec son papa. La coupure sera dure.
Donc, ce matin, je me retrouve seule avec Tilou, Tithom étant à la garderie aujourd'hui. Je commence en douce ma vie de maman de deux garçons. Je vais devoir apprendre les habitudes de mon bébé, apprendre à intégrer tout ça dans mon quotidien avec Tithom, apprendre à jouer avec le plus grand tout en berçant le plus petit. Apprendre à vivre avec une seule paire de bras comme si j'en avais plusieurs.
Tilou est ce qu'on appelle un "bébé à bras". Il ne dort que dans nos bras ou au mieux, dans l'écharpe. Il aime être collé et bien au chaud. J'aime cette proximité, sentir son petit coeur battre contre le mien, mais ce n'est pas toujours évident d'arrêter la terre de tourner pour laisser bébé dormir, surtout lorsqu'on en a un plus vieux. Certaines choses doivent être faites. Et un gamin de deux ans, ça ne sait pas toujours attendre patiemment. Je sais qu'il s'adaptera, qu'il apprendra la patience. Il le fait déjà quand même bien, à quelques petites crises de "je veux toute l'attention maintenant" près.
Aujourd'hui, je suis maman d'un bébé. Demain, je serai maman d'un bébé et d'un terrible-deux. Et prochainement, je rajouterai le travail à l'équation. Tout ça sous le même toit. Et avec une seule paire de bras.
5 avril 2008
Mon petit frère
Quand j'étais en première année et que j'apprenais à lire et écrire, je faisais mes devoirs en compagnie de mon petit frère. Je jouais au professeur avec lui, si bien que deux ans plus tard, lorsqu'il a commencé le primaire, il s'ennuyait en classe. Il avait pris de l'avance, ce qui lui a permis de sauter sa première année. Dans la vie, nous avions moins de deux ans de différence. À l'école, nous n'étions qu'à un niveau d'écart maintenant. Ça nous a rapproché sans qu'on s'en rende vraiment compte.
Alors que moi et mon grand frère avons presque toujours été comme chien et chat, je me suis toujours bien entendue avec mon petit frère. Sans être super proches, nous avons quand même toujours été de bons amis. Nous sommes allés à la même école secondaire, alors que mon grand frère allait à une autre école. Nous avons longtemps joué au badminton ensemble. Nous avons passé plusieurs vacances d'été ensemble au chalet de mes grands-parents, alors que mon grand frère préférait rester à la maison et voir ses amis. Nous avons passé plusieurs soirées à jouer à des jeux de société. La rivalité entre frère et soeur n'existait pas vraiment entre nous. Nous nous engueulions pratiquement jamais.
Étant la seule fille, je me suis quand même souvent sentie exclue, même si mon petit frère n'a pas toujours été proche de mon grand frère. Avec 4 ans de différence, il aura fallu attendre l'âge adulte avant qu'ils se sentent égaux. Deuis quelques années, ils ont une belle relation. De vrais frères.
Bizarrement, ces derniers jours, voir Tithom agir avec son petit frère m'a beaucoup fait réfléchir à ma relation avec mon propre petit frère. Est-ce que j'étais comme ça, moi aussi, à cet âge? Est-ce que j'étais fière de lui, est-ce que je lui donnais des bisous et voulais l'inclure dans mes jeux? Je sais que plus tard, nous avons été de fidèles comparses et compagnons de jeux, mais quand il est né, est-ce que je le regardais avec la même étincelle que Tithom a dans les yeux quand il regarde Tilou?
Mon petit frère s'en va la semaine prochaine. Oh, pas à l'autre bout du monde, mais c'est tout comme. Il déménage en Abitibi, pour suivre sa copine de plusieurs années qui s'est trouvé un emploi là-bas.
Son départ me fait plus de peine que j'aurais imaginé. Ça me fait tout drôle de penser qu'il ne sera plus à tous les soupers de famille, qu'il ne sera plus là les dimanche après-midis où on se réuniait chez mon grand frère pour jouer à des jeux de société et manger de la pizza. Ça m'attriste de penser qu'il ne vera pas ses neveux aussi souvent qu'avant. Je suis heureuse pour lui, pour son nouveau départ, sa nouvelle vie, son nouvel emploi. Mais je suis triste pour notre famille, pour mon coeur de grande soeur.
Demain, ma famille se réunit pour son départ. Un party BBQ avec tout le monde, pour lui dire au revoir en attendant sa prochaine visite. Mais je n'y serai pas et je crois que ÇA, ça me fait encore plus de peine que son départ même. Ma nièce a une pneumonie virale et je ne peux prendre le risque d'y aller avec mes deux garçons, surtout pour Tilou qui n'a que 3 semaines. Et comme c'est mon grand frère qui reçoit, il ne peut pas demander à sa fille de 14 mois d'aller ailleurs pour quelques heures. Encore une fois, je suis exclue. C'est ma nièce qui est malade, mais c'est nous que ça punit. Je n'en veux à personne, après tout, elle n'est pas tombée malade volontairement. Mais ça me noud la gorge de penser que je vais manquer le party d'adieu de mon petit frère.
Même si je sais qu'on se vera quand même à l'occasion, il va me manquer, mon petit frère. J'en ai juste un, après tout.
Alors que moi et mon grand frère avons presque toujours été comme chien et chat, je me suis toujours bien entendue avec mon petit frère. Sans être super proches, nous avons quand même toujours été de bons amis. Nous sommes allés à la même école secondaire, alors que mon grand frère allait à une autre école. Nous avons longtemps joué au badminton ensemble. Nous avons passé plusieurs vacances d'été ensemble au chalet de mes grands-parents, alors que mon grand frère préférait rester à la maison et voir ses amis. Nous avons passé plusieurs soirées à jouer à des jeux de société. La rivalité entre frère et soeur n'existait pas vraiment entre nous. Nous nous engueulions pratiquement jamais.
Étant la seule fille, je me suis quand même souvent sentie exclue, même si mon petit frère n'a pas toujours été proche de mon grand frère. Avec 4 ans de différence, il aura fallu attendre l'âge adulte avant qu'ils se sentent égaux. Deuis quelques années, ils ont une belle relation. De vrais frères.
Bizarrement, ces derniers jours, voir Tithom agir avec son petit frère m'a beaucoup fait réfléchir à ma relation avec mon propre petit frère. Est-ce que j'étais comme ça, moi aussi, à cet âge? Est-ce que j'étais fière de lui, est-ce que je lui donnais des bisous et voulais l'inclure dans mes jeux? Je sais que plus tard, nous avons été de fidèles comparses et compagnons de jeux, mais quand il est né, est-ce que je le regardais avec la même étincelle que Tithom a dans les yeux quand il regarde Tilou?
Mon petit frère s'en va la semaine prochaine. Oh, pas à l'autre bout du monde, mais c'est tout comme. Il déménage en Abitibi, pour suivre sa copine de plusieurs années qui s'est trouvé un emploi là-bas.
Son départ me fait plus de peine que j'aurais imaginé. Ça me fait tout drôle de penser qu'il ne sera plus à tous les soupers de famille, qu'il ne sera plus là les dimanche après-midis où on se réuniait chez mon grand frère pour jouer à des jeux de société et manger de la pizza. Ça m'attriste de penser qu'il ne vera pas ses neveux aussi souvent qu'avant. Je suis heureuse pour lui, pour son nouveau départ, sa nouvelle vie, son nouvel emploi. Mais je suis triste pour notre famille, pour mon coeur de grande soeur.
Demain, ma famille se réunit pour son départ. Un party BBQ avec tout le monde, pour lui dire au revoir en attendant sa prochaine visite. Mais je n'y serai pas et je crois que ÇA, ça me fait encore plus de peine que son départ même. Ma nièce a une pneumonie virale et je ne peux prendre le risque d'y aller avec mes deux garçons, surtout pour Tilou qui n'a que 3 semaines. Et comme c'est mon grand frère qui reçoit, il ne peut pas demander à sa fille de 14 mois d'aller ailleurs pour quelques heures. Encore une fois, je suis exclue. C'est ma nièce qui est malade, mais c'est nous que ça punit. Je n'en veux à personne, après tout, elle n'est pas tombée malade volontairement. Mais ça me noud la gorge de penser que je vais manquer le party d'adieu de mon petit frère.
Même si je sais qu'on se vera quand même à l'occasion, il va me manquer, mon petit frère. J'en ai juste un, après tout.
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