30 mars 2007

On repart!

Ce matin, à l'aide d'un grand verre d'eau, j'ai avalé le premier comprimé qui donnait le coup d'envoi aux essais pour un deuxième bébé. Ce matin, j'ai recommencé le Metformin.

Mon rendez-vous d'hier s'est bien passé. J'y ai croisé ma bonne amie M, ce qui nous a permis de jaser en personne, chose qui nous arrive trop rarement. Après avoir été appelée, je suis allée m'asseoir avec Hom dans le bureau du médecin. Des murs familliers, les mêmes petits laminés de bébés déguisés en souris et en hibou (je ne comprendrai jamais l'engouement des cliniques de gynéco pour Anne Gedes), la même table et ses étriers. Je revenais où j'avais passé déjà plusieurs matins, à me demander si j'allais avoir un folicule mature, si nous allions changer de protocole, si j'allais un jour être enceinte. J'étais nerveuse, fébrile, et surtout, impatiente. J'avais aussi, après tout, passé plusieurs matins ici à écouter battre en moi le coeur de mon fils.

Malheureusement, le Femara, qui avait finalement eu raison de mes ovaires et grâce auquel j'étais tombée enceinte de Tithom, ne peut plus être prescrit en fertilité pour le moment. Je m'y attendais un peu, quoi que j'avais lu que les médecins avaient recommencé à le prescrire. Pas le mien, apparamment. Comme j'ai quand même un cycle depuis mon retour de couches (respectivement de 36, 23, 33 et 32 jours), ce que je n'avais pas du tout avant, on a déjà un pas de fait. Il me reste à ovuler.

Donc, je reprends le Metformin comme avant (donc à 1500mg par jour, à tous les jours) et on essaie encore le Serophene, qui n'a jamais fonctionné sur moi, à raison de 100mg par jour, du J3 au J7 de mon cycle. Je passe une écho d'ovulation le 13 avril, question de savoir si ça fonctionne, pour ne pas continuer inutilement sur cette recette.

Encouragée, soulagée? Oui. J'ai eu un énorme boost d'énergie. Comme si enfin, j'avais de quoi espérer, comme si enfin, je faisais quelque chose de concret. Je ne crois pas tout à fait que ça fonctionnera, mais je suis prète à tenter le coup. J'y crois quand même un peu, sinon je ferais tout ça pour rien.

Donc voilà, c'est reparti! Mon corps sera à nouveau rempli d'hormones, dans le but qu'un jour, il soit rempli d'amour et de petits coups de pieds.

28 mars 2007

14 mois

Le printemps arrive doucement, avec lui arrive les exploits de grand garçon. Tu grandis à vue d'oeil, mon bonhomme. Tu ne marches pas encore, mais tu te tiens bien debout, sans aide. Tu fais même des squats! Tu as fais un pas quelques fois, mais sans plus. Je sens que le jour où tu décideras de marcher, on ne pourra plus t'arrêter! En attendant, tu clanches à quatre pattes et sur les fesses.

Dans le dernier mois, nous avons terminé notre belle histoire d'allaitement. Tu as aussi commencé à dire dedans, bye, papa et encore, enfin, je crois... ce n'est pas toujours clair... Tu t'es fait garder par tous tes grands-parents, chacun à leur tour. Tu as flatté les mains de tes deux cousines. Tu as même assisté à tes premières funérailles.

Tu as fais les 100 coups, en bon petit monstre que tu es. Tu as ton caractère et tu nous mets déjà au défi. Quand on te dit non, tu nous regarde, l'air espiègle et tu répètes le geste interdit, avec l'air de vouloir nous tester. Tu n'es pas toujours doux, mais c'est seulement parce que tu as une trop grande curiosité.

Tu es allé au Biodôme et tu as adoré regarder les poissons et les pingouins. Tu as pris des marches avec maman, vive le beau temps! Tu es allé à plusieurs haltes d'allaitement avec maman et tu as même assisté à sa formation de marraine! Tu vas en connaître des choses sur l'allaitement, toi!

Tu manges presque toujours comme nous, mais tu n'aimes pas les légumes. J'essaie tant bien que mal de t'en faire manger, mais tu as la tête dure et tu les lances par terre. Oh, ça ne dérange pas maman, elle aime ça laver le plancher!

Après le bain, tu choisis quelques histoires que tu regardes avec papa. Quand vous arrivez à la page du pic-bois, tu tapes trois coups sur la page. Toc-toc-toc! Puis, à la page de la sorcière qui fait un bouillon, tu brasses le potage avec elle en frottant ta main sur le dessin. Tu adores regarder des livres et pointer les dessins en babillant. J'aimerais tellement comprendre les belles histoires que tu racontes.

Nous commençons à croire que tu as vraiment l'oreille musicale comme ton grand-papa m'avait dit à ta naissance, car tu réagis beaucoup à la musique. Dès que tu l'entends, tu te mets à danser et taper des mains. Nous avons donc sorti le petit synthé de ton oncle et tu t'amuses follement avec les beats et le piano. Papa a déjà de gros espoirs de te recruter pour son band!

Bon 14 mois mon amour. Ne grandis pas trop vite.

Je suis allée chercher de l'aide



Bon, le mien ne fait peut-être pas le lavage (de toute façon, je n'ai pas une laveuse à chargement frontal), mais il époussette le plancher. Enfin, presque.

Et pour répondre à Mitzie: oui.

27 mars 2007

J'ai les bleus

Depuis quelque temps, je me sens lasse, déprimée. Je manque d'énergie, de motivation, de pep. Je me sens par moments inadéquate en tant que maman. Quand je répète non pour la centième fois à mon garçon qui lance ses céréales à bout de bras, quand je reste assise là, dans la lune, alors que je pourrais jouer avec lui ou lui apprendre les capitales du monde, quand je regarde les autres bébés plus jeunes que lui qui marchent, parlent, pointent leur nez et dansent la claquette, quand je regarde la pile de vaisselle, le lavage qui s'accumule, le plancher sale, ma liste de choses à faire qui ne diminue jamais, quand je dois faire garder mon fils par ma belle-mère parce que j'ai pris trop de retard au travail... je me sens nulle. Et je me demande comment je ferais avec deux, si je n'arrive même pas à m'occuper adéquatement d'un seul.

Je sais au fond de moi que je fais de mon mieux, que Tithom ne manque de rien et que je suis une bonne maman, à ma manière. Mais cette constante remise en question m'épuise.

Puis y'a les hormones. Bah oui, ces foutues hormones qui ont le dos larges. Je n'arrive pas toujours à contrôler mes humeurs lorsque je suis "au naturel", surtout lorsque le SPM arrive (comme en ce moment). Le problèmes avec mes cycles fuckés et anovulatoires, c'est que j'ai l'impression d'être constamment en SPM. Au moins, je peux me consoler en me disant que mes règles ont attendu juste assez pour mon rendez-vous (si jamais je recommence les médicaments, ça doit être fait au J3 du cycle, donc ça tomberait pile).

Puis il y a toutes ces bédaines qui poussent autour de moi. Le printemps apporte toujours son lot de nouvelles grossesses et bien que je sois contente pour celles à qui ça arrive et que je m'inquiète sincèrement pour celles qui vivent des moments difficiles, je sens un pincement famillier. Je sens le regard de mon coeur se tourner vers mon nombril, vers mon ventre vide, vers mon incapacité à tomber enceinte comme les autres. Je sais que nos essais ne sont pas encore commencés "officiellement", mais le fait de devoir attendre un rendez-vous pour seulement savoir quel sera le plan, plutôt que de simplement devoir faire des galipettes pour tomber enceinte, ça me fait suer.

Et ce qui me fait le plus mal là-dedans, c'est que j'ai l'impression de ne pas pouvoir en parler, puisque j'ai déjà un enfant. Quand c'était le premier, j'avais le droit de chialer, j'avais le droit de demander ma chance. Maintenant, j'ai presque l'impression de me faire dire "au lieu de désespérer sur un bébé que tu n'as pas encore, tu devrais te centrer sur celui que tu as la chance d'avoir. Et pis en plus, ça ne fait que quelques mois que tu as eu ton retour de couches, patiente un peu." Je suis totalement consciente de la chance que j'ai d'avoir Tithom dans ma vie, mais ça n'empêche pas mon coeur d'en vouloir un autre, de vouloir doubler ma chance et mon amour. Ça ne m'empêche pas non-plus d'être là pour mon fils et de l'aimer à pleine capacité.

Pourquoi ai-je l'impression d'être ingrate et avare, d'être une enfant gâtée qui veux tous les jouets? Pourquoi pour une infertile serait-ce de l'égoïsme d'en vouloir un deuxième alors que pour madame-tout-le-monde, c'est juste normal? Pourquoi doit-on justifier notre désir de vouloir un deuxième enfant quand on doit aller chercher de l'aide alors que celles pour qui ça vient naturellement n'ont aucun comptes à rendre?

Voyons, il est où déjà le petit bouton off pour tous les pourquoi?

23 mars 2007

Dans 6 jours

Je ne croyais pas y penser autant, mais je me suis surprise à compter les jours avant mon rendez-vous avec mon doc. Je compte les jours avant notre nouveau départ, notre vrai départ. Depuis novembre que j'ai eu mon retour de couches et que j'y pense, mais ces derniers jours, ce fut plus intensément.

Les premiers jours après le sevrage ont été difficiles. J'avais le coeur gros et une vague impression d'avoir fait une gaffe. Mes seins étaient à peine engorgés une semaine après. J'ai dû à quelques reprises vider des canaux qui se bloquaient et me faisaient mal. Le lait qui s'écoulait dans la douche me brisait le coeur. J'aurais pu le donner à mon fils! Quel gaspillage...

Maintenant que mes seins sont redevenus comme avant – enfin, dans le sens où ils ne fournissent plus de lait, parce qu'en apparence, ils ne seront jamais plus comme avant, mais ça, c'est une autre histoire – je n'ai pas de regret ni de ressentiment par rapport au sevrage. Mon rendez-vous approche et je me concentre là-dessus.

Je dois paraître bizarre d'avoir hâte de recommencer les traitements. Surtout que je sais à quoi m'attendre, côtés physique et émotionnel. Quand nous essayions pour Tithom, au tout début, j'avais très mal pris de devoir me tourner vers la médecine pour concevoir un bébé. Mais ma vision a changé. Je sais que sans ça, je n'ai aucune chance de concevoir un frère ou une soeur à Tithom. Je sais que tant que je ne prendrai pas ma fertilité en mains, je vais perdre mon temps.

J'ai quand même peur. J'ai peur que mon doc nous demande d'attendre encore. J'ai peur qu'il ne veule plus me prescrire le Femara et que je doive recommencer à essayer différents traitements avant de trouver le bon. J'ai peur de devoir retourner aux injections. J'ai peur que ce soit encore très long.

Mais, à travers tout ça, j'ai un espoir, un positivisme différent que pour Tithom. Malgré les apprences, je suis plus zen. Je sais maintenant de façon concrète que ça peut fonctionner. Je sais que mon corps peut fabriquer et mettre au monde un enfant en santé. Alors qu'avant je ne savais pas si j'allais un jour être enceinte, aujourd'hui je pars avec la mentalité du QUAND plutôt que du SI.

En espérant que ça ne se retourne pas contre moi dans quelques mois.

21 mars 2007

Dans mon temps

Tithom a un an seulement, et j'ai pourtant l'impression d'entendre des commentaires commençant par "dans mon temps..." depuis déjà trop longtemps. Quand ce n'est pas ma mère qui les dit, c'est ma belle-mère, la copine de mon père ou encore, ma grand-mère. Et j'avoue que quand ça vient d'elle, c'est encore plus agaçant.

Dans mon temps, nous n'avions pas tout ce que vous avez aujourd'hui... Dans mon temps, on donnait des céréales aux bébés de 3 semaines... Dans mon temps, on n'avait pas de siège d'auto... Dans mon temps, on n'avait pas de congé parental... Dans mon temps, les bébés mangeaient n'importe quoi... Bon, je suis d'acord sur le fait que nous avons bien plus que nos grands-parents, sur bien des niveaux. Notre qualité de vie est meilleure, nous avons accès à beaucoup plus de ressources, d'informations et de choix. Et oui, ils ont survécu! Mais ça ne veut pas dire que ce que nous avons aujourd'hui est inutile, ni que si nous ne l'avions pas, nous ne survivrions pas.

Il y a une petite chose anodine qui s'appelle le PROGRÈS. C'est vrai qu'il s'agit souvent d'un luxe (un ouvre-boîte manuel fait le même travail que l'électrique), mais dans bien des cas, ce que mes grands-parents considèrent un luxe est devenu pour nous une obligation (les sièges d'auto, entre autres).

C'est une chose de me dire "nous n'avions pas ça dans notre temps" en voulant dire "c'est merveilleux le progrès de nos jours! J'aurais aimé avoir ça, ça aurait rendu ma vie plus facile". C'en est une autre de le dire en voulant dire "vous, les jeunes d'aujourd'hui, n'avez plus aucune débrouillardise. Dans notre temps, nous étions bien plus inventifs et intelligents et nous avons survécu sans toutes ces bébelles. Nous sommes donc meilleurs que vous. Gna. Prosternez-vous."

J'admire mes grands-parents pour bien des choses, notamment les temps difficiles qu'ils ont tranversé, le dur travail qu'ils ont fait toute leur vie. Je les envie aussi d'avoir vécu de grands chamboulement historiques, d'avoir connu une vie plus simple, moins rapide, moins stressante, même si plus difficile sur plusieurs points.

Il me semble que je n'en demande pas trop, en leur demandant de respecter mes choix et de ne pas me traiter indirectement d'incapable parce que j'ai besoin d'une poubelle spéciale pour les couches et d'un jouet qui vibre pour calmer les rages de dents de mon fils...

17 mars 2007

Sauvons du temps

Je crois avoir trouvé un truc infaillible pour économiser du temps aux jeunes mamans. Plutôt que de perdre des précieuses minutes dans la cuisine à essayer de nourir un bambin qui n'en a rien à cirer, plutôt que de perdre ensuite de précieuses minutes à ramasser les pâtes, légumes et céréales partout sur le plancher, plutôt que de perdre plusieurs précieuses minutes à tout nettoyer après le repas... pourquoi ne pas carrément sauter l'étape de la chaise haute et tout sacrer directement dans la poubelle? On sauve du temps, pas de nettoyage à faire et le résultat final est le même: un bébé chialeux qui a faim, mais qui ne veut rien manger.

14 mars 2007

Gribouillis sur clavier

À l'école secondaire, dans les cours d'orientation en choix de carrière, je me dirigeais toujours vers ce que je croyais être mon rêve: le journalisme. Les tests correspondaient, j'étais supposément faite pour cet emploi. Puis, quand le temps est venu de véritablement choisir où je m'en allais dans la vie, j'ai changé de vocation, de rêve. Ma participation au comité de l'album de finissants en secondaire 4 et 5, ainsi que la semaine passée dans un camps d'été de graphisme m'ont fait découvrir une nouvelle passion: les arts graphiques. Je sais aujourd'hui que j'ai fait le bon choix.

Je n'ai en réalité jamais été faite pour être journaliste. Ça prend bien plus qu'une passion pour l'écriture et la capacité d'enligner 3 phrases potables pour être journaliste. Il faut être capable d'écrire sur commande, sous pression, avec un deadline souvent assez court. Et je sais très bien que je n'en suis pas capable. Je n'arrive pas à écrire sur mon blogue quand je manque d'inspiration, je me verrais bien mal être obligée de pondre un article sur un rien, pour le lendemain.

Je me répète souvent "je devrais écrire sur mon blogue ce soir". Je m'asseois devant mon écran, à la recherche de l'inspiration ou d'une révélation. Je pitonne, je jette sur le clavier mes pensées inintéressantes et désordonnées. Je me relis et j'efface tout. Je fais ça très souvent, trop souvent.

Bref, ce n'est pas parce que vous ne voyez pas de nouveau texte apparaître sur mon blogue que je ne suis pas ici, à pitonner. C'est seulement que j'utilise un peu plus la touche effacer que la touche publier.

Ce qui n'aurait pas été très bon pour ma carrière de journaliste d'ailleurs.

8 mars 2007

5 mars 2007

Notre belle histoire prend fin

J'avais longtemps rêvé de la grossesse, mais je n'avais jamais osé rêver de l'allaitement. Quand je l'ai vécu, je ne pouvais même pas dire que c'était un rêve devenu réalité, même si c'était tout comme. L'allaitement était pour moi une continuation de la grossesse, qui en soi était, pour moi, un miracle.

Les premiers jours, à l'hôpital, tout allait bien. Bébé buvait les poings fermés, collé contre mon ventre. Il s'abandonnait complètement et j'étais émerveillée de le regarder se remplir le ventre de mon lait. MON lait.

De retour à la maison, les choses se sont corsées. Tithom refusait le sein, ça coulait bien trop vite et fort! Mon coeur se brisait quand je voyais mon fils refuser mon sein. Je tirais mon lait et son papa lui donnait à la seringue. J'étais découragée, déprimée, je lui en voulais presque de ne pas téter. Et je me sentais coupable de lui en vouloir. Trop d'hormones, de fatigue, de pleurs en même temps. J'étais amère, mais déterminée malgré tout. Abandonner ne fait pas partie de ma nature. J'ai été persévérante et j'ai bien fait. Tithom a repris le sein et tout s'est replacé.

On dit que les 6 premières semaines sont difficiles, mais qu'après, tout se place. Et c'était vrai pour nous aussi. Nous avons eu plein de belles petites habitudes, qui ont évolué au rhytme de l'allaitement. Alors qu'au début, je n'arrivais à allaiter que coucher, j'ai vite développé une routine avec le coussin d'allaitement. Dans les premiers mois, j'arrivais même à lire ou à faire un Sudoku pendant un boire!

Tithom s'endormait presque toujours au sein. Je le prenais, saoul de mon lait, le plaçais la joue contre mon épaule pour lui faire faire un rot. Il ronflait, bien repus, les cheveux tout ébourriffés. Il plaçait sa petite main bien au chaud dans ma craque de seins, ou il tenait fermement mon chandail. Cette craque de seins, d'ailleurs, a servi plus souvent qu'à son tour de réceptacle à lait régurgité. Dégueulasse, mais on finit par s'habituer à ça aussi!

Plus Tithom vieillissait, plus notre routine se stabilisait. Il buvait à des heures régulières. Chaque boire durait 15 minutes en tout. Il faisait ses nuits. Il jouait avec mes cheveux, mon dos, mon bras, mon chandail. Il me regardait, rigolait, me souriait avec le sein en bouche.

Puis, il est aussi devenu moins doux, tirait mes cheveux, entrait ses doigts dans mon nez, ma bouche, tirait ma babine, griffait ma joue, me mordait. Allaiter n'était plus un petit moment de détente, de tendresse comme avant. C'était parfois même un bataille. Bébé voulait bouger, voir le monde et n'était pas assez patient pour tenir en place, collé contre maman, même si ça lui donnait du lait.

Le sevrage a été difficile à amorcer, mais une fois les deux premiers boires coupés, le reste a suivi facilement. J'ai gardé le dernier boire, celui du matin, plusieurs mois, n'étant pas prête à faire la coupure définitive.

Hier matin, notre belle histoire a pris fin. J'ai allaité mon fils pour la dernière fois, le coeur serré, mais la tête fière. J'avais les yeux pleins d'eau, le coeur gros et je lui ai caressé les cheveux pendant qu'il buvait de mon lait pour la dernière fois.

Au départ, je disais que je voulais allaiter 3 mois, idéalement 6. Puis, je disais 6 mois... 9 mois ce serait bien, 12 mois ce serait merveilleux, mais je n'y crois pas. Aujourd'hui, je regarde en arrière pour pouvoir conclure tout ça avec fierté. Six mois d'allaitement exclusif, puis 3 autres mois à temps plein avant d'introduire le lait artificiel et faire un allaitement mixte de 9 à 13 mois. Je suis fière de ce que j'ai donné, de ce que nous avons vécu. Je garde précieusement tous les beaux souvenirs d'allaitement que j'ai avec Tithom dans mon coeur. Ce coeur, il a mal aujourd'hui, mais je sais que ça passera.

Allaiter me manquera. J'ose espérer pouvoir revivre une autre belle histoire comme celle-là avec un deuxième bébé. Mais ce ne sera jamais plus avec Tithom.


Le dernier boire...

3 mars 2007

Il n'en reste qu'un

J'y ai pensé souvent, longtemps, sans jamais être capable de faire le grand saut. J'ai revu toutes les raisons, j'ai évalué toutes les possibilités. J'ai pesé le pour, le contre, le moi, le lui. J'ai finalement décidé de me fixer une date précise, sans quoi je n'y arriverais jamais. Cette date, c'est demain.

Demain, je donnerai le sein à mon fils pour la dernière fois. Cette fois c'est vrai. Mon allaitement prendra fin demain matin, après 13 mois.

Mon coeur de maman a mal. Je suis persuadée que cette belle relation, ce moment quotidien si doux me manquera bien plus qu'à mon fils. Il adore le biberon et le lait de vache. Je suis certaine qu'il aura bien moins de difficulté à passer à autre chose que moi. Tant mieux, car je trouverais ça encore plus déchirant si le sevrage lui était difficile.

Après tant de boires, tant de lait, tant d'amour qui coulait directement de mon coeur à son ventre, la séparation sera difficile, mais je trouverai bien vite la paix. Mon fils grandit en beauté, en santé, et je peux être fière des 13 mois que je lui ai donnés.

Après 13 mois, il ne nous reste qu'un boire. Cette aventure prend fin, une autre débutera sous peu.