28 février 2006

Un mois

Ça fait déjà un mois que Tithom est dans nos vies. Un mois à le regarder, le cajoler, le bécotter. Un mois à nous pincer en nous disant "nous, parents?" Un mois à vivre la plus belle aventure.

Pendant des années, je voyais tout ça comme un rêve lointain et inaccessible. J'y croyais, oui, mais seulement à moitié la plupart du temps. Je voulais y croire, je voulais me convaincre qu'un jour, je serais maman, mais je n'y arrivais pas toujours. En fait, j'y arrivais de moins en moins avec le temps qui passait...

Pendant des années, j'ai quand même tout fait en mon pouvoir pour réaliser ce rêve. Je voulais faire mentir ceux qui me disaient que je devais arrêter d'y penser. Je voulais faire taire ceux qui disaient que nous n'étions "pas dûs" et que c'était notre destin. Je voulais être maman plus que tout.

Déjà un mois à vivre ce beau rêve. Depuis un mois, j'ai découvert des facettes de ma personnalité et de notre couple que je ne connaissais pas avant. J'ai appris à faire plusieurs choses en même temps, avec un bébé dans les bras. J'ai appris à fonctionner avec moins d'heures de sommeil. J'ai appris qu'allaiter n'est pas toujours facile, mais toujours gratifiant. J'ai appris à aimer comme je n'avais jamais aimé avant. J'ai appris à changer la couche d'un bébé qui gigotte, à donner un bain à un bébé qui hurle, à dormir n'importe quand dans la journée, à tolérer les visites de dernière minute, à endurer les commentaires et conseils non solicités (et non fondés la plupart du temps)... J'ai appris et ce n'est que le début!

Dans le dernier mois, mon fils a bu à la seringue, bu au sein, eu un rhume (qu'il m'a gentiement refilé), été tenu par des grands-parents gagas, des arrières-grands-parents impressionnés, des oncles et tantes fous de lui, des amis et des cousines. Dans le dernier mois, Tithom a pris des douches avec ses parents, fait pipi sur la table du CLSC, régurgité dans le chandail de son papa, sur tous les t-shirts de ses deux parents, fait pipi sur maman, fait caca sur la table à langer. Il est allé magasiner, a visité sa grand-maman, a pris des marches en poussette, a regardé son premier SuperBowl avec son papa et a reçu du courrier. Pour fêter son 1er mois, il a fait une sieste dans son lit et une dans son berceau aujourd'hui. À 1 mois, il pèse maintenant 11 livres 5 onces (5,17 kg), soit presque 3 livres et demi de plus qu'à sa naissance! Comme quoi l'allaitement va très bien maintenant!

Bon 1 mois mon petit homme! Je t'aime déjà si fort!

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25 février 2006

Retour en arrière

J'ai raconté mon accouchement, mais je n'ai pas vraiment donné mes impressions. En fait, mes impressions ont changé depuis. Plusieurs fois même. Peu de temps après l'accouchement, je me sentais triste en repensant au déroulement de la naissance de Tithom. J'avais fait un plan de naissance et plusieurs choses n'avaient pas été suivies. Pas par manque de respect, mais parce que les circonstances ont rendu ces demandes impossibles à remplir. Par exemple, nous voulions que Hom sorte bébé de moi et le dépose sur mon ventre, mais à cause des forceps, ce n'était pas possible. Je voulais l'allaiter dans la première heure, mais il était loin de moi... Bref, des petites choses, certes, mais des choses importantes à mes yeux. J'avais bâti cette image de mon accouchement idéal dans ma tête... J'étais consciente que ça ne se déroulerait pas comme ça, mais j'osais espérer que ce qui comptait le plus à mes yeux arriverait.

Bref, dès le départ, quelques petits deuils à faire. Rien de dramatique, rien qui n'a laissé de trace permanente. Les hormones des premiers jours ont rendu mes émotions plus grandes que nature et difficiles à gérer. Je voyais tout pire que ce ne l'était et je pleurais pour des petits détails qui au fond n'étaient pas si importants en bout de ligne.

Je ne suis pas du genre à regretter. Je regarde de temps en temps en arrière, peut-être, mais c'est pour mieux faire la paix et pouvoir avancer sans retenue. Lors de mon retour à la maison, j'étais très déçue d'avoir manqué les premiers moments de vie de Tithom. J'étais déçue de ne pas avoir de photo de sa naissance, de Hom en train de couper le cordon... J'étais déçue de ne pas avoir pu profiter plus de notre séjour à l'hôpital... J'aurais aimé, les premiers jours, me concentrer sur Tithom, me reposer, couchée près de lui, en paix. Mais avec toutes les vistes des infirmières pour moi et pour Tithom, les repas, les rencontres, les visites de la famille, les traitements pour les divers maux, il ne nous restait plus grand temps à nous... J'ai eu l'impression que les premiers jours m'ont glissé entre les doigts et que je ne pourrais plus jamais les ratraper... J'avais l'impression que j'avais manqué quelque chose de primordial.

Puis, une semaine après la naissance de Tithom, tout ça était effacé. Même les moins beaux moments m'étaient maintenant très chers et j'y tenais autant qu'aux plus beaux. Le baby-blues m'avait quittée et je pouvais maintenant revenir en arrière sans avoir une boule dans la gorge.

Et aujourd'hui, quatre semaines après mon accouchement, j'ai le coeur gonflé de fierté en pensant aux premiers moments avec notre garçon. Peu importe si ça ne s'est pas passé comme j'en rêvais. Après tout, sa conception ne s'est pas passée de façon idéale non-plus! Les choses les plus importantes (accouchement naturel, péridurale à ma demande, bébé en santé, allaitement, etc.) s'étaient déroulées de façon assez fidèle à mes attentes pour que je n'en ressente aucune amertume.

Je suis très fière d'avoir enduré la douleur si longtemps (à mes yeux). Je suis fière de ne pas avoir perdu les pédales, d'avoir gardé mon calme et mon enthousiasme malgré tout. Je suis fière d'avoir travaillé si fort, sans trop me plaindre. Je suis fière de Hom, de son support extraordinaire et de sa présence si rassurante et forte. Je suis fière de notre positivisme. Je suis fière de notre force et de notre unité. Je suis fière de la naissance de notre fils. Je suis fière du chemin que nous avons parcouru pour nous y rendre, même s'il a été difficile et que je m'en serais sincèrement passée. Je suis fière de notre histoire.

La naissance de Tithom est unique. C'est le souvenir le plus précieux que j'ai et je compte bien le chérir très longtemps.

22 février 2006

Un petit rhume

Depuis 3 jours, Tithom a un petit rhume. Rien de bien grave, mais juste assez pour chambouler nos habitudes si nouvelles et précaires. Il ne tousse pas vraiment, n'a pas le nez qui coule. Il est seulement un peu congestionné, ce qui rend son sommeil très fragile. Et rare. Dès qu'on le couche, il râle, il chigne, il gigotte, se tortille... On a essayé tous les endroits possibles: son lit, son berceau, notre lit, le siège d'auto (dans lequel il dormait très bien jusque là), la balançoire, la chaise vibrante... Ce n'est que dans nos bras qu'il réussit à trouver le sommeil. Dans une position verticale, les sécretions ne lui obstruent pas la gorge et le nez et il respire bien. C'est bien beau, mais ce n'est pas toujours évident de dormir avec un bébé dans nos bras, à la verticale. Nous avons donc passé les deux dernières nuits avec bébé sur nous, dans le porte-bébé, chacun notre tour. Pour quelques heures, l'un de nous deux dormait assis, sur le sofa du sous-sol, avec bébé dans le prote-bébé ventral. Pas confortable pour papa et maman, mais eficace pour bébé. Dès l'heure du boire, nous échangeons les rôles et permettons à l'autre de dormir un peu. C'est dur sur le dos et le cou, surtout, mais c'est aussi dur sur le couple. Quand on manque de sommeil, on devient bougons, on a la mèche courte et peu de patience. En plus, Hom est aussi enrhumé, ce qui n'aide pas notre cause...

Enfin, des petits problèmes ordinaires qui semblent gros quand on manque de sommeil... Et qui sembleront sûrement très insignifiants dans quelques jours...

Tithom n'a qu'un petit rhume et mon coeur de maman a mal. Je ne peux imaginer ce que les parents d'enfants très malades ont à traverser... Quelles images déchirantes doivent-ils tenter d'effacer de leur mémoire... Je mets des gouttes dans le nez de mon fils, il pleure et me regarde, comme s'il me suppliait d'arrêter... et mon coeur vole en miettes... Son petit regard rempli de larmes me hante... Déjà la phrase "c'est pour ton bien, mon amour" me semble ridicule, même si vraie.

Si petit, sans défense et déjà il découvre les mauvais côtés de l'hiver québécois...

18 février 2006

L'allaitement

J'ai eu ma montée de lait en revenant de l'hôpital. Bébé ne voulait plus prendre le sein, c'était bien trop gros et dur pour lui! Je le comprends, pauvre lui, j'avais des seins jusque dans le cou et sous les bras! Je réussissais à moitié à lui donner le sein couchée, mais il n'avalait pas grand chose. Nous avons passé la première nuit collés juste nous deux. Hom a dormi sur le divan, il avait trop peur d'écraser bébé dans son sommeil. Je le nourrissais de peine et de misère, mais mes seins étaient durs comme de la roche. J'avais beau extraire du lait avant, Tithom ne voulait pas garder le sein dans sa bouche, ça coulait trop vite pour lui. J'étais découragée, je trouvais ça très demandant en partant et là, ça ne fonctionnait même pas...

Le lendemain a été pareil. La seule chose que j'arrivais à faire, c'était de remplir sa bouche de lait pour qu'il l'avale... Je me sentais tellement incompétente, tellement nulle... pas capable de nourrir son enfant! Mes seins défiaient la gravité et auraient rendu jalouse n'importe quelle call-girl. C'était immense et dur sans bon sens! J'avais, pour la première fois de ma vie, une vraie craque! Mes seins se touchaient, c'est pas peu dire... Et ça commençait à faire vraiment mal...

Ma mère est venue nous rendre visite et une amie aussi. Bébé a dormi tout ce temps et nous avons regretté par la suite de ne pas avoir mis mon amie dehors plus tôt pour en profiter pour nous reposer. J'avais les émotions à fleur de peau, avec toute l'accumulation de fatigue, d'émotions fortes et d'hormones des derniers jours... Je pleurais à rien, à chaudes larmes. Tout me semblait gros et noir. Tithom n'avait presque rien bu de la journée. Ma marraine d'allaitement m'avait suggéré de mettre des feuilles de chou sur mes seins pour soulager la douleur et de les compresser pour les désengorger un peu. C'est ce que j'ai fait. Dans la nuit, Hom est allé à la pharmacie acheter des couches et il m'a acheté un tire-lait. Nous avons nourri bébé avec un compte-gouttes, ne sachant plus quoi faire.

Les feuilles de chou ont fait effet, je n'avais plus trop mal. Je sentais peut-être la soupe au chou et je n'étais peut-être pas du tout chic avec mes feuilles de chou dans mon soutien-gorge, mais au moins, je ne souffrais plus.

Le matin venu, j'ai rappelé ma marraine d'allaitement, en détresse. Bébé ne boit pas, il ne fait plus de selle, qu'est-ce que je fais? Je ne veux pas lui donner de biberon, mais je ne veux pas qu'il soit malade non-plus! Pourquoi est-ce que je suis si pourrie pour le nourrir? C'est supposé être naturel! Suis-je une si mauvaise mère? Ce n'était peut-être pas fait pour moi...

Hom est allé chercher une seringue de plastique à la pharmacie et nous l'avons nourri ainsi, avec le lait que je tirais. Nous sommes allés à la halte d'allaitement avec ma marraine, question de voir si c'était un problème de position ou de réflexe d'éjection ou seulement un caprice. L'infirmière de la halte m'a complètement dégoûtée. Elle était en train de manger sa salade quand elle m'a pris le sein et l'a placé de force dans la bouche de mon gars. Excuse-moi, ça ne te tenterait pas d'avaler ta bouchée avant de me tripotter? Je trippe juste pas de me faire mâcher dans les oreilles pendant que tu pinces mon mamelon pour nourrir mon fils. Vraiment, aucune classe...

Nous avons pu en conclure par contre que ce n'était pas un problème de position. C'était juste trop gros, trop dur et ça coulait trop vite. Nous devions nous armer de patience et ne pas nous battre avec bébé pour le nourrir de force. Il finirait bien par revenir au sein.

De retour chez nous, ça ne fonctionnait toujours pas. Je pleurais, je ne savais plus quoi faire, je ne comprenais rien. J'avais tout lu sur l'allaitement, j'avais les ressources, le support... Pourquoi est-ce que ça ne marchait pas? Étais-je folle d'y tenir autant? Pour moi, c'était hors de question de lui donner un biberon. L'allaitement était bien trop important pour moi et je suis très entêtée. Ça faisait près de 24h que bébé n'avait pas fait de selle, ça commençait à nous inquiéter. Il buvait pas mal à la seringue, mais ça ne remplaçait pas le sein maternel...

Puis, enfin, il a fait une selle. Je crois que nous ne serons jamais aussi heureux de changer une couche que nous l'étions à ce moment-là. S'il y avait quelque chose qui sortait, c'était qu'il y avait bien quelque chose qui entrait. C'était bon signe et ça nous enlevait un poids de sur les épaules, même si l'allaitement n'était pas réglé.

Le jour suivant, le jeudi, bébé buvait toujours à la serignue. Nous prenions tout en note: les heures, la quantité, les couches... Les choses semblaient se placer, mais Tithom se choquait encore quand je lui mettais le mamelon dans la bouche. On m'a parlé de muguet, on m'a donné des conseils, des nouvelles positions... Je ne voulais vraiment pas aller à la clinique d'urgence avec un bébé de 5 jours, entre les madames qui toussent et les vieux qui éternuent... J'ai donc parlé à l'infirmière du CLSC qui devait passer chez nous le lendemain. Elle m'a dit d'attendre, qu'elle verrait s'il y avait raison de consulter. Nous avons donc encore patienté. Et j'ai encore pleuré. Foutues hormones.

Le vendredi matin, l'infirmière est venue faire son tour, peser bébé, poser des questions... Je lui ai demandé si elle pouvait vérifier si c'était la position d'allaitement qui n'était pas correcte. Je me suis donc installée et après quelques secondes et une pincée de mamelon, bébé tétait, comme s'il n'avait jamais arrêté. Il tétait, enfin! Je le nourrissais directement, j'étais tellement fière et soulagée! Exit la seringue, mon bébé boit maintenant collé sur moi, les petits poings serrés et sa petite tête sur mon bras. Il est tout chaud, tout beau et s'abandonne enfin!

Depuis ce vendredi, Tithom a toujours bien pris le sein droit. Il avait par contre encore de la difficulté avec le sein gauche. Il ne le prenait que si j'étais couchée. Sans être dramatique, c'était quand même fatigant de ne pas pouvoir lui donner le sein seule. En position couchée, j'avais toujours besoin de Hom pour m'aider. Je n'arrivais pas à placer mon sein et à placer bébé en même temps... Hom devait donc pousser la tête de bébé pendant que moi, je lui plaçais le sein dans la bouche. J'essayais quand même régulièrement de lui donner en position assise, au cas où il le prendrait. C'est arrivé quelques fois, mais c'était rare.

Hier, c'était ma première journée seule avec Tithom. Hom devait aller aider au travail. J'avais peur de ne pas arriver à le nourrir comme il faut. Je ne savais pas ce que je ferais pour le faire boire du sein gauche. Mais je n'ai pas eu à me poser la question trop longtemps: il a pris le sein gauche sans se choquer ou se débattre. Il l'a pris et l'a repris depuis, sans problème. Une autre étape de franchie!

Cette semaine, j'ai aussi eu comme une deuxième montée laiteuse. Mes seins sont redevenus durs et gros, quoi que pas autant qu'à mon retour de l'hôpital. Je sens maintenant le lait arriver aux deux heures environ. Ça picotte et ça m'élance, m'annonçant que bébé se réveillera bientôt pour son boire. On m'a dit que ça annonçait une poussée de croissance. J'avais lu et entendu toutes sortes d'histoires sur les poussées de croissance, je craignais donc le pire. Dans la nuit de mercredi à jeudi, Tithom a bu sans arrêt de 1h am à 8h am. Nous étions épuisés. Il a ensuite fait plusieurs tétées groupées dans la journées, mais il dormait entre chacune, heureusement. Puis ça s'est replacé le lendemain. Si c'était vraiment une poussée de croissance, j'ai été chanceuse... cette fois!

Je n'avais pas vraiment d'attente face à l'allaitement... Je savais que ce n'était pas tous les jours faciles, mais que ça vallait vraiment la peine de persévérer. Les premiers jours, il y a plusieurs moments où je me disais "wow... maintenant je comprends les femmes qui décident d'arrêter... c'est vraiment difficile!" Mais je ne voulais pas lâcher, je tenais trop à l'allaitement. Je me disais que c'était peut-être difficile là, mais qu'éventuellement, ce serait plus facile. J'ai de bonnes amies qui allaitent ou ont allaité qui m'ont encouragée et comprise. Ma mère nous a allaités et elle m'a soutenue elle aussi. Je sais que bien des femmes se demandent pourquoi se causer autant de peine pour l'allaitement et je respecte leur choix. Mais pour moi, il n'y avait qu'un seul choix et c'était celui de donner mon lait à mon enfant. Abandonner n'a jamais été dans ma nature.

Je sais que je ne fais que commencer. Après tout, Tithom n'a que 3 semaines. Peut-être que d'autres temps durs m'attendent encore. Mais pour l'instant, l'allaitement me convient et je suis convaincue d'avoir fait le bon choix et d'avoir raison de m'être entêtée. Oui, c'est demandant. Ça ne peut être que moi qui lui donne le sein, que ce soit à 1h du matin ou en plein après-midi. Ça fait mal parfois, quand bébé est affamé ou que mes seins sont engorgés parce qu'il a trop dormi, mais ce n'est rien d'insuportable. Je ne pourrai pas sortir très longtemps, à moins de lui donner un biberon (de mon lait, bien sûr). Malgré tout, je suis encore persuadée que ça en vaut la peine. C'est ce qu'il y a de meilleur pour lui et c'est même bon pour moi. C'est toujours prêt, toujours disponible et à la bonne température. Un seul regard dans les beaux grands yeux bleus de Tithom et je SAIS que ça en vaut la peine.

7 février 2006

Petite demande

J'ai toujours fait attention sur mon blog de ne pas révéler mon prénom, ni celui de Hom et celui de Pépin. J'aimerais que ça reste ainsi. Aux gens qui me connaissent en dehors de ce blog, je demanderais de ne pas écrire ici nos prénoms. Merci!

6 février 2006

La naissance d'un Pépin

Jeudi le 26, je suis allée à l’hôpital en fin d’après-midi pour me faire mettre un gel de prostaglandine sur le col, question de le faire maturer un peu. J’étais en retard et rien ne se passait de ce côté... Après m’avoir mis le gel, on m’a dit de revenir le lendemain matin. On verrait à ce moment-là ce qu’on ferait. Le gel m’a donné des contractions, mais elles n’étaient pas douloureuses. Je n’ai par contre pas bien dormi cette nuit-là. Mes bras engourdissaient très vite, les contractions rendaient mon sommeil inconfortable, je pensais trop, j’étais fébrile et nerveuse... Je n’ai presque pas dormi alors que j’aurais dû récupérer pour la grosse journée qui m’attendait.

Je suis donc retournée à l’hôpital vendredi matin. Rien n’avait bougé. J’avais de la chance, c’était mon docteur qui était de garde. Il savait que je ne voulais pas me faire provoquer plus qu’avec le gel. Il m’a examinée et m’a dit “tu n’es pas encore dilatée. Ton col a ramolli un peu, mais c’est tout. On va te remettre du gel et on va attendre encore un peu. Reviens me voir mardi au bureau. On ne te provoquera pas plus que ça.” J’étais bien d’accord. Il a posé le gel, d’une façon bien différente que le médecin de la veille, ce qui m’a encore fait penser que mon médecin est le seul à faire les choses comme il faut. Il était 9h. Les contractions ont commencé presqu’aussitôt à être plus douloureuses. Je les sentais bien, elles faisaient un peu mal, comme une bonne crampe de menstruation. Après plus d’une heure de monitoring, nous sommes retournés chez nous.

Nous avons pris un petit dîner. Les contractions continuaient toujours. À partir de 11h30, je les comptais aux 3 minutes. J’ai pris un bon bain chaud, mais ça n’a rien changé. Je me suis couchée sur le côté gauche sur le sofa du salon, en écoutant de la musique. Ça n’a rien changé non-plus. Mes contractions étaient encore aux 3 minutes, mais ça pouvait être seulement l’effet du gel. On m’avait dit d’attendre 6 heures avant que le gel cesse de faire effet, pour voir si mes contractions étaient vraies ou non. Je devais donc prendre mon mal en patience.

Vers 14h, je me lève de ma chaise et je sens quelque chose “couler”. Je cours donc à la toilette pour découvrir, déçue, seulement une toute petite trace de gélatine sur le papier. Je dis quand même à Hom que c’est bon signe, car un morceau de bouchon, ça veut dire que le col travaille... enfin! En me relevant, j’apperçois dans la toilette le fameux bouchon. Il est là, intact, gros comme mon pouce. Aucun doute là-dessus, j’avais perdu mon bouchon! Enfin un pas en avant! Je demande à Hom de venir voir. Nous sommes tous les deux dégoûtés et excités à la fois. Ça avance!

On décide de regarder un film, pour passer le temps. À peine 15 minutes après le début du film, je sens ma culotte et mon pantalon se mouiller subitement. Je coule comme un robinet et je ne peux l’arrêter. Chéri, je crève mes eaux! Chéri, je couuuuule! Je ris comme une folle, Hom court partout à la recherche de quelque chose pour absorber la piscine qui se vide. Je ne peux m’empêcher de rire. Je rêvais de pouvoir faire comme dans les films et de dire à mon chum “Chéri, je crois que ça y est!” et voilà que je le vivais! Hom m’apporte une serviette de bain que je place entre mes jambes, le temps de me rendre à la salle de bains. Dans le bain, j’enlève mes pantalons. Après quelques minutes de dégoulinage, ça semble terminé. Hom appele la maternité, pour les avertir. Je mets une serviette, change de pantalons et nous voilà partis! C’est bien vrai, je vais enfin accoucher!

Hom a mis un piqué sur le siège d’auto, au cas où. Il a bien fait, car à chaque contraction, la piscine continue de se vider! J’essaie de retenir, de me placer de façon à ce que ça coule dans ma serviette, mais il n’y a rien à faire, c’est le déluge! Nous arrivons finalement à l’hôpital. Mes jeans sont complètement trempés. Dehors, il fait un beau soleil, mais très froid. Le vent glacé sur mes jeans mouillés vient me geler les cuisses. Je dois m’arrêter à chaque contraction pour prendre mon souffle. Elles deviennent de plus en plus douloureuses. L’ascenceur prend une éternité à partir. Je sens les regards des gens se poser sur moi, certains devinant très bien ce qui est en train de m’arriver. Je m’en fous, je suis trop excitée à l’idée de rencontrer bientôt mon petit garçon!

Arrivée dans la salle de triage de la maternité, on m’examine. Je suis dilatée à 3 cm. Enfin! Je suis admise. On me donne une belle jaquette bleue et on m’amène à ma salle d’accouchement. Il est 15h15. Je ne calcule plus mes contractions, mais je sais qu’elles sont longues, douloureuses et rapprochées. On me branche sur soluté et antibiotique, puisque j’ai testé positive au stretocoque B. J’endure encore bien les contractions, mais elles font mal dans mes reins. Je cherche une position qui les fera mieux passer. J’essaie couchée, assise, en marchant... C’est pendue au cou de Hom que j’arrive le mieux à relaxer. Il me masse le dos et m’encourage à bien respirer. J’arrive à bien faire mes respirations profondes, heureusement. Je trouve mes contractions longues. Dès que je crois qu’une finit, une autre recommence, sans repos entre les deux. Ça doit être dans ma tête...

Hom me flatte, me donne des gorgées d’eau, me supporte, me tient quand je souffre. Il est très patient et calme, ce qui m’aide à ne pas perdre la tête.

Vers 17h, on essaie le bain tourbillon. Je croyais vraiment que ça me ferait du bien, mais non, pas du tout. Je flotte, je suis trop petite pour le bain, je ne suis pas confortable... Sans parler des contractions! Après 20 minutes, je sors. L’infirmière m’examine: je suis encore à 3 cm. Je suis un peu découragée. On décide d’essayer le ballon. Pendant plus d’une heure, je me tortille sur le ballon, faisant des rotations de bassin pendant que Hom me fait des points de pression dans le dos. Plusieurs fois, je répète à Hom que je n’en peux plus, que j’ai trop mal, que je suis épuisée et que je ne tiendrai pas le coup jusqu’ à la fin. À chaque fois, il me dit calmement que si c’est ce que je veux, qu’on le demandera, mais qu’on peut essayer encore un peu plus longtemps... “Essaie une heure mon amour. Juste une heure. L’infirmière va revenir à ce moment-là et on verra rendus là.” Je suis d’accord, j’endure. J'essaie de prendre ça une contraction à la fois. Je tourne sur le ballon, je gémis, je chiale, mes yeux ferment tout seuls, ma tête est lourde... J’ai des nausées à chaque contraction. Je sens mon endurance et ma volonté me lâcher tranquilement.

Quand j’ai mal et que je veux tout abandonner, je pense à tout ce que nous avons fait pour en arriver là. Je pense à tous les tests, tous les médicaments, toutes les déceptions. Je pense à toutes les femmes qui n’ont pas (encore) eu la chance de vivre ce que je vis. Je suis forte pour vous, consoeurs infertiles. Je réalise le rêve que nous avons en commun. Je n’ai pas le droit de vouloir abandonner. Je pense à notre bébé et un peu de force me revient.

Quand l’infirmière vient m’examiner vers 18h30, je suis à 4 cm plus. Pas un gros progrès depuis que je suis arrivée à l’hôpital... On continue le ballon un peu, mais mon idée est faite. Si je veux être capable de continuer, si je veux avoir la force de pousser, je dois demander la péridurale. Je n’y arriverai pas autrement, je connais mes limites... Je suis déçue, j’aurais aimé ne pas en avoir besoin, mais j’avais décidé de ne pas m’en vouloir pour ça et c’est ce que j’ai fait. On sonne l’infirmière et on lui demande comment on doit fonctionner. Elle me dit “si tu veux l’épidurale, tu dois la demander tout de suite, car l’anesthésiste en fait une en ce moment, puis il va faire une césarienne et tu ne pourras plus l’avoir après...” Je lui donne mon accord, signe les papiers et prends une respiration. Tant pis!

Je m’assieds en indien sur le lit, le dos courbé. Je tiens mes chevilles fermement, je ne dois pas bouger. L’anesthésiste est très gentil, il m’explique tout, prend son temps. Il me dit de l’avertir quand j’ai une contraction, mais de ne pas bouger et de la respirer. J’en ai une qui arrive... Je respire très fort, très profondément, très longtemps. L’anesthésiste et l’infirmière se regardent et trouvent mes contractions très longues. C’est difficile de ne pas bouger, mais j’y arrive. Il me pique, me joue dans le dos, je contracte, je respire, j’ai hâte que ça finisse, je sers le bras de Hom très fort. Par chance, je ne sens pratiquement rien de l’intervention, sauf une drôle de pression dans le dos. Je me couche, on m’installe le monitoring. Deux contractions plus tard, je suis délivrée de la douleur. Je sens bien les contractions, mais pas la douleur. Ouf! Je peux me reposer un peu. Sur le moniteur, on s’apperçoit que mes contractions sont en fait jumellées. J’ai une grosse contraction qui dure près d’une minute, elle ne descend qu’un petit peu avant de remonter et de faire une deuxième contraction collée. J’ai ensuite une petite pose et ça recommence. Ce n’était donc pas dans ma tête finalement!

Mon médecin vient m’examiner. Je suis à 5 cm. Il est 19h15. Je lui demande si la péridurale peut ralentir le travail. Il me dit que ça arrive, mais que quand c’est fait au bon moment, ça ne le ralentit pas. Il se peut même que ça aille plus rapidement, étant donné que je suis plus détendue maintenant. Il me dit être très surpris de me voir là, qu’il croyait vraiment seulement nous revoir mardi à la clinique. Nous aussi! Il est très content pour nous.

À 20h15, on me ré-examine. Je suis à 8 cm! Wow, ça avance vite et ça ne me fait plus mal! J’en profite pour me reposer, boire un peu de jus, rigoler avec Hom. L’effet de la péridurale est vraiment bizarre... C’est un peu comme quand on se gèle un orteil en ski... On le sent avec nos doigts, mais pas sur notre pied... Sauf que cette fois-ci, ce sont toutes mes jambes et mes fesses que je ne sens plus. Je les touche avec ma main et j’ai l’impression de toucher quelqu’un d’autre... Je suis pourtant capable de les bouger un peu...

Mon médecin revient me voir vers 20h50. À sa grande surprise, je suis complète! L’infirmière m’explique comment me placer pour pousser, me donne des suggestions. Je pose des questions sur certains côtés plutôt gênants, elle me rassure. Pas de place pour l’humilité quand on accouche! On doit laisser tomber les inhibitions et pousser! Je pousse donc. Après quelques poussées, mon médecin décide qu’on doit attendre encore une heure car le bébé est encore haut. Je commence à vraiment sentir le bébé pousser dans mon bassin. On me donne donc un petit bonus de péridurale. On me donne une couverture chaude, ça fait vraiment du bien!

À 22h, c’est enfin le temps de pousser pour de bon! Je dis un dernier adieu à ma bédaine et je me prépare. Hom me tient le bras, me flatte, m’encourage doucement. Je pousse avec force, mais mes contractions sont éloignées l’une de l’autre. Ce que je force à une se perd dans l’espace entre deux. On me donne donc du pitocin pour essayer d’augmenter mes contractions. Je pousse, je pousse. L’infirmière me dit que je pousse très bien, mais rien ne se passe... Je suis en train de me faire une belle collection d’hémorroïdes à ce qu’elle me dit. Mon médecin revient me voir vers 22h45, me dit que ce sera un autre médecin qui m’accouchera et que je pousserai encore peut-être une heure. Il nous félicite, nous sert la main. Nous le remercions de tout coeur. Après tout, il nous a suivis 2 ans en fertilité, puis pendant toute la grossesse. Nous sommes là un peu grâce à lui!

Je suis épuisée de pousser. Ma bouche est sèche, je grelotte, je ne me sens pas bien. Ma température est haute, je commence à faire de la fièvre. Le coeur de bébé monte en flèche. On lui place une sonde sur la tête pour bien capter son pouls. Je demande à Hom de me parler pendant que je pousse, parce que je m’accroche à sa voix. Les encouragements de l’infirmière ne sont qu’un bruit de fond pour moi. La voix de mon amour m’aide à me concentrer, à ne pas perdre la raison. Il me parle, me mouille le visage et les lèvres avec une débarbouillette mouillée entre les poussées. Il me donne des gorgées d’eau, me regarde, change la débarbouillette froide que j’ai dans le cou. Il est mon ancre, sans lui je partirais à la dérive...

On arrête le pitocin car au lieu d’augmenter le nombre de contractions, ça a augmenté leur durée. J’ai maintenant des contractions de 4 minutes avec 5 minutes entre chaque.

Quand le nouveau médecin arrive, vers minuit 30, je suis crevée. On me dit qu’il y a du méconium dans le liquide, que bébé est un peu en détresse. Le médecin me parle gentiement, nous dit ce qu’il en est. Bébé n’est pas loin, en fait, il est vraiment sur le bord, mais n’arrive pas à sortir. Deux options s’offrent à nous: les forceps ou la césarienne. Selon lui, la césarienne serait ridicule, étant donné que bébé est si près du but. Mais moi, les forceps me font peur. Je n’ai qu’une image en tête, celle des histoires de grands-mères, des grosses pinces avec lesquelles on tirait bébé du ventre. Il m’explique qu’il ne tirera pas bébé, qu’il va simplement placer les forceps pour le guider. C’est seulement une aide. Je lui demande s’il y a des risques pour le bébé. Il me dit que non, sauf peut-être des marques sur la tête qui partiront dans quelques jours. Hom et moi nous regardons. D’accord, allez-y. Je ne veux rien savoir d’une césarienne, surtout si l’autre option est aussi simple qu’on me le dit.

Le médecin place la première partie des forceps, qui ressemble à une grosse cuillère. Je sens une très grosse pression dans mon bassin. Il place ensuite la deuxième partie, une autre grosse cuillère. C’est vraiment très désagréable comme sensation. J’ai l’impression que le bassin va m’exploser. On me demande de pousser, mais j’ai tellement mal que je pense seulement à faire passer la douleur avec des grandes respirations. Je suis dans un brouillard, j’ai mal, je suis fatiguée... Puis j’entends la voix de mon amour me dire de pousser comme je faisais tout à l’heure, en retenant mon souffle. Oui, je pousse! Je pousse! Et cette fois-ci, je sens vraiment qu’il se passe quelque chose. Je ne vois rien, je suis comme dans un rêve, mais Hom m’a décrit ce qu’il se passait. Le médecin lui a montré la tête, tout content. Puis il l’a vu dérouler deux tours de cordon autour du cou de bébé. Bébé est ensuite sorti d’un coup. Je n’ai pas crié, j’ai seulement soupiré de délivrance. Hom n’a pas pu sortir le bébé de mon ventre comme on l’avait demandé, mais nous comprenions. Les infirmières le placent sur moi. Je soupire un petit “enfin!...” et les mots me manquent. On me demande de le tenir, de le frotter. Il ne pleure pas, il a une drôle de couleur... Hom coupe le cordon et les infirmières l’apportent tout de suite plus loin dans la chambre pour aspirer le liquide qu’il a dans les poumons. Pendant ce temps, je continue à pousser pour expulser le palcenta. Je regarde Hom regarder bébé, mais je ne vois pas bébé. Je l’entends pleurer, ça me fait du bien. Continue mon amour, accroche-toi! Je demande silencieusement à Hom, à l’autre bout de la pièce, s’il a tous ses morceaux. Il me fait signe que oui. Est-il beau? Il me fait signe que oui. C’est bien un petit gars? Oui oui. Mon coeur est plus léger pour quelques secondes...

Il est né à minuit 46, samedi le 28 janvier 2006. Il pèse 7 livres et 11 (3495 g) et mesure 52 cm (20,5 pouces).

On me recoud pendant que Hom et les infirmière s’occupent de notre bébé. Elles l’amènent sous observation, Hom les suit. Je reste seule avec une infirmière et le médecin qui me fait du petit point entre les jambes. Quand le médecin a terminé et s’en va, l’infirmière me nettoie et me donne un petit drap. Je n’ai pas droit à la couverture chaude cette fois-ci car je fais encore de la fièvre. Elle me donne un jus d’orange, puis elle me laisse seule. Je suis là, couchée dans mon lit, seule. Plus de bébé, plus de chum, plus de bédaine. Je pleure. J’ai mal, je m’inquiète, personne ne vient me donner de nouvelle. Où est mon bébé? Est-ce qu’il est correct? Quand vais-je le voir? Les larmes coulent sans que je puisse les arrêter. J’ai tellement peur. Je veux mon bébé, je veux mon chum! Les pires scénarios me traversent l'esprit. Je veux mon bébé! Je me sens seule, vide, perdue. Je regarde les aiguilles tourner sur l'horloge... Tout ce temps sans voir mon bébé... je suis déchirée et impatiente.

L’infirmière revient me voir et m’apporte deux verres d’eau. Elle me voit en larmes et me demande si je suis triste parce que je m’ennuie de mon bébé. Bien évidement! Elle me demande si je veux que mon chum vienne me donner des nouvelles. Oui, oui, s’il-vous-plaît!! Elle repart. Mon chum arrive quelques minutes plus tard. Il me dit que tout est correct, qu’il est juste sous observation parce que sa coloration n’était pas super belle et que ses poumons “tiraient” un peu au début. Il prend la caméra et retourne auprès de lui. Il revient me voir quelque temps plus tard, me donne la caméra et me dit que je peux le regarder là-dessus en attendant. Sur le petit écran de la caméra, je vois mon petit bébé bouger, les yeux grands ouverts vers son papa. Je pleure, il est si beau, si petit!

Environ 1h30 après sa naissance, Hom m’apporte enfin notre bébé. Ça été la plus longue heure et demie de ma vie. Il le place sur moi, je l’embrasse partout. Qu’il est beau! Qu’il est petit! Qu’il est beau!! J’essaie de lui donner le sein, mais ça ne fonctionne pas. On nous transfert enfin dans une chambre. Malheureusement, même si nous avions demandé une chambre privée, nous devons nous contenter d’une chambre semi-privée. Il est 3h30. Je réussis enfin à l’allaiter, couchée. C’est magique, ça me donne des frissons. Il est tout chaud collé sur moi. Il sert les poings, boit mon lait, s’abandonne à moi, à nous. Notre fils, enfin, notre petit Pépin est là.

Comme j’ai accouché après 21h, j’ai dû passer 3 nuits à l’hôpital. La première nuit a été plutôt courte. Entre les visites des infirmières pour vérifier mes signes vitaux et ceux de bébé, vérifier mes points, mes saignements, mon derrière (je l’ai bien dit, adieu l’humilité!), me poser des questions, me faire uriner dans un pot et les pleurs du bébé de notre voisine (notre bébé a dormi dur comme fer) et le passage incessant d’infrimière à l’extérieur de la chambre, le sommeil s’est fait rare. Hom a essayé de dormir dans son petit lit de camp, à côté de moi. La journée s’est déroulée pas mal de la même façon. J’avais très mal au derrière, j’avais peine à bouger. Les voisins étaient très bruyants et énervants. Je ne pouvais pas dormir. Une gentille infrimière m’a suggéré de prendre une douche et m’a donné des médicaments pour la douleur ainsi que des compresses pour mes fesses. Quel bien ça m’a fait! J’ai fait des appels, dormi un peu, mangé. Ma mère est venue nous voir en soirée, les parents de Hom aussi. Des grands-parents fiers et heureux de rencontrer leur petit-fils.

La deuxième nuit a été plus mouvementée. Bébé ne voulait pas dormir dans son petit lit. Dès que Hom le prenait, il dormait, mais s’il le déposait, il se remettait à pleurer. De minuit à 6h, Hom a déambulé dans les corridors, somnolent, avec bébé dans les bras. Les infirmière lui avaient dit que c’était probablement des sécrétions. Il essayait de lui tapotter le dos, rien ne sortait. Jusqu’à ce qu’une d’elle dise que bébé recherchait probablement juste la chaleur et le battement du coeur de papa. Nous l’avons donc couché près de moi dans mon lit et hop! Un bébé qui dort! Et une maman si heureuse de dormir collée sur son petit homme!

Nous avons finalement eu notre chambre privée pour la dernière journée et nuit. Enfin! Quelle différence, plus de voisins bruyants, une douche directement dans la chambre, la paix quoi! Mon père et sa copine sont venus nous visiter. Ils avaient apporté un gâteau aux carottes et des fraises. Nous nous sommes litéralement jettés dans les fraises! La bouffe d’hôpital, vraiment pas de la haute gastronomie! De la viande sèche, des patates pilées, des petits légumes coupés en cubes... Toujours la même formule! Et ce n’est vraiment pas dans mes habitudes de manger de la viande et des patates, encore moins à tous les repas. La journée s’est bien déroulée. Le frère de Hom et sa blonde sont venus nous voir. Les visites des infirmières se faisaient plus rares. J’ai par contre failli envoyer promener celle qui est venue nous réveiller à 3h du matin (alors que nous dormions quelques heures d’affilée pour la premier fois depuis 3 jours). Quand je lui ai demandé pourquoi elle nous réveillait (d’un ton très sec, je l’avoue... je ne suis pas des plus cordiales à 3h du matin), elle m’a répondu “ben, pour le faire boire! Ça fait 5 heures qu’il n’a pas bu!” Bébé dormait bien dur, tout collé sur moi. On me l’a enlevé quelques instants et de nouvelles infirmières sont venues prendre ma pression. Elles m’ont alors expliqué qu’un bébé né aux forceps est plus dormeur et que le médecin a demandé qu’il soit nourri aux 5 heures. Drôle qu’on me dise ça lors de ma dernière nuit à l’hôpital... Enfin bref, je l’ai nourri. On m’a dit qu’il était un peu chaud, probablement parce qu’il dormait tout collé sur moi. Je devais moins le coller. Pff, comme si j’allais moins coller mon fils que j’ai tant attendu parce qu’une infirmière en formation le trouve chaud!

Le lendemain matin, nous avons eu une rencontre où on nous a remis toutes sortes de papiers et formulaires. J’ai ensuite suivi un petit cours donné par une physiothérapeute pour une remise en forme pour les nouvelles mamans. Je croyais avoir mon congé suite à ça, nous avons donc tout fait nos valises. Le pédiatre est venu signer le congé de bébé, il ne me restait qu’à attendre le mien. L’infirmière est venue me voir peu de temps après pour me dire que mon congé m’était donné, mais que le pédiatre revenait sur sa décision et préférait garder bébé jusqu’à la fin de l’après-midi parce qu’il était chaud cette nuit. Et voilà, je payais finalement pour avoir collé mon bébé! Nous avons encore patienté et mangé un dernier repas dégueulasse d’hôpital en attendant de pouvoir partir. Vers 14h30, l’infirmière est venue prendre la température de bébé. Tout était beau, nous pouvions enfin partir!

Bébé bien emmitoufflé dans son siège d’auto, nous sommes partis de l’hôpital où il était né. Il faisait encore beau et froid. Notre vie de nouveaux parents commençait enfin réellement.