Je déteste la gastro. Je la déteste du plus profond de mon être, avec chacune de mes fibres, chacun de mes battements de coeur. Je. la. hais. En décembre 2008, elle est entrée chez nous sans être invitée. Elle est ensuite revenue affliger ma famille en février 2009. C'est à cause d'elle (entre autres) que je suis intolérante au lactose. C'est à cause d'elle que je suis maintenant paranoïaque.
En septembre dernier, juste avant qu'Hom parte une semaine en voyage d'affaires, il y avait eu une menace de gastro dans notre entourage. Je me disais que vu ma chance légendaire, on l'aurait tous alors que papa serait à l'autre bout du monde. J'ai été malade, mais ce n'était pas la gastro. Enfin, je ne crois pas, car ça a duré plusieurs semaines, jusqu'à ce que je coupe le lactose. Et ce n'était pas pareil. Mais le mal était fait. La peur s'était installée bien solidement. J'avais passé plusieurs nuits à frissonner, à tourner sans arrêt dans mon lit, à boire du bismuth rose nanane et à maudire ce virus contre lequel nous ne pouvons rien faire, sauf le subir et patienter.
Comme il m'arrive encore de temps en temps de consommer du lactose sans le savoir, je me tape régulièrement des nuits d'enfer à trop penser, à trop paranoïer, en attendant que le bismuth fasse effet. Ma paranoïa grandit tranquillement, je m'y perds souvent, aux aurores...
À chaque fois que j'entends le mot gastro, mes entrailles se tordent. À chaque fois que nous sortons, je lave obsessivement les mains des enfants. À répétition. Je ne veux pas de cette foutue gastro dans ma maison. On a donné, allez sonner ailleurs!
En décembre, la fille de l'éducatrice a attrapé la gastro. J'ai gardé mes enfants presqu'une semaine avec moi, juste pour être certaine. Ils ne l'ont pas eue.
Tout l'hiver, j'ai nettoyé, paniqué, observé les signes, lavé les mains à les user. Je nous ai même souvent privé de sorties si les risques étaient trop grands (comme le dépouillement d'arbre de Noël du bureau de Hom qui avait lieu dans un de ces centres de jeux intérieurs où des centaines de morveux mettent leurs mains collantes partout et où les employés ne passent certainement pas de longues heures à tout désinfecter quotidiennement). J'avais hâte que le printemps arrive pour pouvoir respirer et ne plus trop m'en faire avec ça (je sais qu'il y en a à l'année, mais disons que les risques sont moins grands qu'en hiver). C'était aussi une des raisons de mon allaitement prolongé avec Tilou: le protéger encore (il n'a jamais rien choppé, lui).
Je commençais dernièrement à relaxer, mais ça n'a pas duré. J'entends à nouveau ce mot maudit autour de moi. Plus qu'en plein hiver, même. Tout autour de moi, les gens l'attrapent tour à tour. L'éducatrice de Tilou m'a dit mercredi matin que 3 des enfants de la garderie avaient la diarrhée. Je n'ai pas amené Tilou à la garderie depuis lundi. Parano? Peut-être, mais je m'assume. Je préfère paniquer un peu pour rien que regretter ne pas en avoir fait plus et ramasser les dégâts. Une amie avec qui il a passé l'avant-midi mardi est malade depuis hier.
Puis, ce matin, je reçois un courriel du prof de Tithom: elle a la gastro. Super. Nous avons passé toute la journée d'hier avec elle (et ses enfants, et les copains de classe) car c'était la sortie à la cabane à sucre. Nous avons dîné à la même table, partagé la même cruche de sirop.
Merde. Me revoilà partie dans ma paranoïa. Je ne veux pas de cette cochonnerie (qui en veut, en fait?). Je ne veux pas être malade, je ne veux surtout pas que mes enfants le soient. J'en ai vraiment assez de m'en faire avec ça. Je sais que ça a pris des proportions exagérées chez moi, j'en suis consciente. Mais je n'arrive pas à relativiser, à me rappeler que ça ne dure que quelques jours, que ce n'est pas vraiment grave, que ça arrive à chaque hiver...
Oh non. Non non non. Je ne veux pas me taper cette paranoïa à chaque hiver.
Docteur, est-ce que ça se soigne?
19 mars 2010
14 mars 2010
Deux ans
Il fait beau, ces jours-ci. La neige est pratiquement toute fondue dans mon quartier. Pourtant, je sais pertinement que ce n'est pas toujours comme ça, le 14 mars. Je le sais, car je me souviens exactement ce que je faisais, le 14 mars, il y a deux ans. J'étais sur le point d'avoir mon deuxième bébé, mon petit potelé tout rose, mon Tilou. Il neigeait, ventait, grésillait. Les routes étaient glissantes, dans la nuit du 14 au 15, lorsque nous étions en route vers l'hôpital. Il y avait de la poudrerie et une tempête approchait. Quand nous avons marché de la voiture à l'entrée de l'hôpital, le vent glacé m'avait saisie, réveillée, revigorée. Il était passé 3h du matin et dans une demie heure, j'allais tenir mon bébé dans mes bras, le regard brillant, un sentiment immense de puissance et d'amour sortant de chacun de mes pores.
Mon Tilou aura deux ans demain. Lui qui me semble encore si petit, si calineux, si bébé. On dit souvent qu'on aimerait qu'ils restent petits. Je dois avouer que j'ai eu souvent hâte qu'il grandisse, pour qu'il arrête les coliques, puis par la suite pour qu'il prenne de l'assurance et cesse cette foutue anxiété de séparation qui le tenaillait dès qu'il ne me voyait plus. J'ai souvent eu hâte qu'il vieillisse un peu pour qu'il puisse jouer avec son grand frère, pour qu'ils s'amusent ensemble sans (trop) se chamailler. Mais aujourd'hui, juste un petit peu, j'aimerais qu'il reste petit. J'aimerais qu'il continue à vouloir autant se faire prendre, porter, caliner. Juste un petit peu, je voudrais qu'il ne soit pas indépendant trop vite. Juste un petit peu. Qu'il ne soit pas trop pressé de devenir grand.
C'est tout un numéro, mon Tilou. C'est un bambin intense, aux extrêmes, sensible. Il pleure encore souvent, de façon excessive parfois, mais c'est moins pire qu'avant. Il est surtout, la grande majorité du temps, d'une bonne humeur folle et contagieuse. Il est plein d'énergie, d'imagination. Il est à la fois timide et fonceur, rigolo et sérieux, attachant et épuisant. Comme tout bon petit frère, il imite tout ce que son grand frère fait, les bons comme les mauvais coups. Son grand frère lui rend bien son amour et ils sont - la plupart du temps, mais pas toujours - beaux à voir ensemble.
Deux ans, mon Tilou. Déjà. Petit Tilou tout fou, qui parle comme une pie, qui répète et enregistre tout, qui fait bouger et parler ses bonhommes, qui boude avec sa lèvre retroussée et les bras croisés, qui dit NON avec force quand ça ne fait pas son affaire, qui communique énormément avec des mots, des signes et des gestes, qui veut que tout soit à sa place, qui a "un pétard dans le derrière" à la maison et est un ange à l'extérieur (ce qui m'enlève toute crédibilité quand j'affirme qu'il m'en fait voir de toutes les couleurs). Deux ans, ce Tilou qui aime les céréales (ya-yales), les histoires, les blocs, danser, être dans un porte-bébé, dessiner, manger des bleuets, aller à la garderie, jouer au ballon, la trempette, nous apporter chaque petite miette qu'il trouve sur le plancher, promener son bébé dans la poussette, nous jouer des tours, dormir sur le ventre avec les fesses en l'air, courir de long en large dans la maison, sauter dans le lit, se coller contre nous la tête sur notre épaule, faire le cheval sur le dos de papa, porter une tuque, prendre des photos, boire l'eau du bain, se faire brosser les dents. Tilou n'aime toujours pas se faire laver les cheveux (la torture!), se faire changer la couche (autre torture!), se faire laver le visage (finalement, il n'aime pas qu'on le lave), le jus, attendre, se faire dire non, aller dans le coin (quel affront!), se faire couper les cheveux (il hurlait comme un perdu), la peinture à doigt et jouer dans la neige.
Je le vois encore comme un petit bébé, même si je sais qu'il est maintenant plus près d'un petit garçon. Il dort encore dans sa bassinette (parce que nous savons qu'il se lèverait trop tôt et trop souvent, et parce qu'il n'est pas encore nécessaire de le changer de lit). Il est encore allaité (nos moments de douceur, où nous reprenons chacun notre souffle). Il a encore de petits cheveux tout fins. Il est encore potelé et doux, même s'il a des égratignures aux genoux. Il est encore calineux et a encore souvent besoin de nos bras.
Je sais que ça arrive souvent, avec un 2e enfant. On a moins de temps, on peut moins s'arrêter sur chaque petit geste, chaque nouveauté. Mais ça ne veut pas dire qu'on n'apprécie pas et qu'on ne savoure pas, et surtout, qu'on ne s'émerveille pas. Tilou sait m'épater et me charmer, encore et encore. Il sait me surprendre et me rendre extrêmement fière. Il est le 2e que j'ai mis au monde, mais il n'arrive pas 2e pour mon amour. Ça, jamais.
Bonne fête mon coco. Ne grandis pas trop vite.
(photo à venir, problème de transmission)
Mon Tilou aura deux ans demain. Lui qui me semble encore si petit, si calineux, si bébé. On dit souvent qu'on aimerait qu'ils restent petits. Je dois avouer que j'ai eu souvent hâte qu'il grandisse, pour qu'il arrête les coliques, puis par la suite pour qu'il prenne de l'assurance et cesse cette foutue anxiété de séparation qui le tenaillait dès qu'il ne me voyait plus. J'ai souvent eu hâte qu'il vieillisse un peu pour qu'il puisse jouer avec son grand frère, pour qu'ils s'amusent ensemble sans (trop) se chamailler. Mais aujourd'hui, juste un petit peu, j'aimerais qu'il reste petit. J'aimerais qu'il continue à vouloir autant se faire prendre, porter, caliner. Juste un petit peu, je voudrais qu'il ne soit pas indépendant trop vite. Juste un petit peu. Qu'il ne soit pas trop pressé de devenir grand.
C'est tout un numéro, mon Tilou. C'est un bambin intense, aux extrêmes, sensible. Il pleure encore souvent, de façon excessive parfois, mais c'est moins pire qu'avant. Il est surtout, la grande majorité du temps, d'une bonne humeur folle et contagieuse. Il est plein d'énergie, d'imagination. Il est à la fois timide et fonceur, rigolo et sérieux, attachant et épuisant. Comme tout bon petit frère, il imite tout ce que son grand frère fait, les bons comme les mauvais coups. Son grand frère lui rend bien son amour et ils sont - la plupart du temps, mais pas toujours - beaux à voir ensemble.
Deux ans, mon Tilou. Déjà. Petit Tilou tout fou, qui parle comme une pie, qui répète et enregistre tout, qui fait bouger et parler ses bonhommes, qui boude avec sa lèvre retroussée et les bras croisés, qui dit NON avec force quand ça ne fait pas son affaire, qui communique énormément avec des mots, des signes et des gestes, qui veut que tout soit à sa place, qui a "un pétard dans le derrière" à la maison et est un ange à l'extérieur (ce qui m'enlève toute crédibilité quand j'affirme qu'il m'en fait voir de toutes les couleurs). Deux ans, ce Tilou qui aime les céréales (ya-yales), les histoires, les blocs, danser, être dans un porte-bébé, dessiner, manger des bleuets, aller à la garderie, jouer au ballon, la trempette, nous apporter chaque petite miette qu'il trouve sur le plancher, promener son bébé dans la poussette, nous jouer des tours, dormir sur le ventre avec les fesses en l'air, courir de long en large dans la maison, sauter dans le lit, se coller contre nous la tête sur notre épaule, faire le cheval sur le dos de papa, porter une tuque, prendre des photos, boire l'eau du bain, se faire brosser les dents. Tilou n'aime toujours pas se faire laver les cheveux (la torture!), se faire changer la couche (autre torture!), se faire laver le visage (finalement, il n'aime pas qu'on le lave), le jus, attendre, se faire dire non, aller dans le coin (quel affront!), se faire couper les cheveux (il hurlait comme un perdu), la peinture à doigt et jouer dans la neige.
Je le vois encore comme un petit bébé, même si je sais qu'il est maintenant plus près d'un petit garçon. Il dort encore dans sa bassinette (parce que nous savons qu'il se lèverait trop tôt et trop souvent, et parce qu'il n'est pas encore nécessaire de le changer de lit). Il est encore allaité (nos moments de douceur, où nous reprenons chacun notre souffle). Il a encore de petits cheveux tout fins. Il est encore potelé et doux, même s'il a des égratignures aux genoux. Il est encore calineux et a encore souvent besoin de nos bras.
Je sais que ça arrive souvent, avec un 2e enfant. On a moins de temps, on peut moins s'arrêter sur chaque petit geste, chaque nouveauté. Mais ça ne veut pas dire qu'on n'apprécie pas et qu'on ne savoure pas, et surtout, qu'on ne s'émerveille pas. Tilou sait m'épater et me charmer, encore et encore. Il sait me surprendre et me rendre extrêmement fière. Il est le 2e que j'ai mis au monde, mais il n'arrive pas 2e pour mon amour. Ça, jamais.
Bonne fête mon coco. Ne grandis pas trop vite.
(photo à venir, problème de transmission)
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