Oui, oui, je sais. Je SAIS! J'avais fait de belles promesses et puis, bien... je ne les ai pas tenues. Mes doigts ne se posent jamais assez longtemps sur le calvier pour pondre un billet qui se tient. Et ma tête est à 12 endroits différents à la fois. C'est épuisant, je vous le fais pas dire.
Je voulais répondre aux commentaires à mon dernier billet. Je voulais m'expliquer, pas parce que je sentais le besoin de me justifier, mais parce que je voulais clarifier certains trucs. Je n'aime pas quand ma culpabilité est malcomprise, j'imagine!
Dans ce dernier billet, donc, je parlais du genre de deuil que j'ai eu à faire en prenant la décision d'envoyer mes enfants à la garderie. Je parlais de l'idéal de la mère que j'avais, pour MOI. Je parlais de ce que j'aurais espéré être, comme maman, pour mes enfants. Je disais que je n'étais pas celle que les gens pensaient, parce qu'on m'a souvent fait des remarques du type "je ne sais pas comment tu fais tout ça! Tu dois être une wonder-woman!" alors que moi, je me voyais comme une maman archi nulle qui faisait tout à moitié. Je parlais de mon hésitation, le matin de leur début de garderie.
Un mois plus tard, j'en suis pas mal au même point, je dois dire. J'hésite encore, à chaque matin. Le lundi, alors que j'ai seulement Tilou avec moi et qu'on se fait un fun noir, je me dis que je devrais les retirer de la garderie, que c'est bien à la maison et que j'y arriverais. Les mardi, mercredi, jeudi, où les deux sont à la garderie, mon coeur se tord quand je les dépose le matin. Et pourtant, une fois chez moi, dans le silence, dans la liberté, je me dis qu'après tout, ce n'est pas si terrible. J'arrive à faire plein de trucs, même si jamais assez à mon goût. Et le vendredi, alors qu'ils sont tous les deux avec moi, à se chamailler, se faire mal, se faire pleurer, se faire envoyer au coin de réflexion, j'essuie mon front couvert de sueur et je me dis que finalement, non, je n'y arriverais pas si c'était toujours comme ça. Puis vient la fin de semaine et ça recommence le lundi suivant...
Ce que je trouve le plus difficile, en fait, c'est que tout ça a été un choix. Avant de partir ma nouvelle compagnie, je travaillais à mon compte, oui. Mais nous avions décidé, Hom et moi, que je resterais à la maison pour m'occuper des enfants. Je laissais tomber mon travail parce que de toute façon, je ne l'aimais plus et pour le peu de revenus que je générais, ça ne faisait pas grand différence dans le budget. Je ne pouvais plus offrir un bon service à mes clients. Travaillant dans le domaine de l'imprimé, on me demandait souvent des trucs pour avant-hier. Avec deux enfants et des siestes instables, ce n'était plus possible.
Ça m'avait fait un bien fou de laisser tomber tout ça. Je n'ai jamais regretté. Je ne me suis jamais dit que je n'avais pas étudié x années pour me retrouver à changer des couches. J'ai travaillé plus de 12 ans dans mon domaine, dont presque 10 à mon compte. Je crois que mes études étaient rentabilisées. Car je dois préciser qu'arrêter quelques années, dans ce domaine, est presqu'impossible. Ça évolue trop vite, les logiciels changent à vue d'oeil. Je serai vite dépassée. Si je veux un jour recommencer, je devrai fort probablement refaire de brèves études. Ça ne m'a même pas rebutée. Ça ne m'intéresse plus. J'ai pris la décision sans hésiter.
Puis, quelques mois plus tard, je me découvrais une nouvelle passion, je me mettais à coudre, je m'associais à une amie de longue date et notre compagnie naissait. Je n'ai pas créé ce travail parce qu'on avait besoin d'un revenu. Je n'ai pas envoyé mes enfants à la garderie parce que je n'avais "pas le choix de retourner travailler" comme c'est le cas de beaucoup de mamans. J'ai décidé, de mon plein gré, de partir en affaire. J'ai décidé, de mon plein gré, d'envoyer mes enfants à la garderie afin de travailler. Pour moi. C'est ÇA qui me fend le coeur. Je me sens coupable de ces choix, même si je sais très bien que je n'étais plus heureuse, comme maman à temps plein. Je vois plein de mamans autour de moi avoir le coeur brisé de devoir retourner travailler. Je sais qu'elles donneraient beaucoup pour pouvoir rester à la maison avec leurs enfants. Et moi, j'avais cette chance, cette possibilité, et je l'ai laissée tomber. Elle est là, ma culpabilité. Peut-être pas justifiée, je ne sais plus, mais elle est là quand même.
Vous avez été plusieurs à me dire que je mettais la barre haute. C'est probablement vrai. J'ai tendance à être très exigeante envers moi-même. Je suis perfectionniste dans toutes les sphères de ma vie (sauf peut-être le ménage). J'y travaille, mais ce n'est pas évident.
Je veux recommencer à avoir du fun avec mes enfants. Je veux recommencer à apprécier pleinement le temps que je passe avec eux. Ça s'en vient, mais je n'y suis pas encore tout à fait. Comme je disais, ma tête est à 12 endroits différents à la fois. Quand j'arriverai à n'être qu'à un seul endroit, je pourrai dire que j'aurai réussi. Et peut-être qu'à ce moment-là, je reconsidèrerai la proportion garderie et enfants à la maison. Mais pas avant.
29 octobre 2009
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