Oui, oui, je sais. Je SAIS! J'avais fait de belles promesses et puis, bien... je ne les ai pas tenues. Mes doigts ne se posent jamais assez longtemps sur le calvier pour pondre un billet qui se tient. Et ma tête est à 12 endroits différents à la fois. C'est épuisant, je vous le fais pas dire.
Je voulais répondre aux commentaires à mon dernier billet. Je voulais m'expliquer, pas parce que je sentais le besoin de me justifier, mais parce que je voulais clarifier certains trucs. Je n'aime pas quand ma culpabilité est malcomprise, j'imagine!
Dans ce dernier billet, donc, je parlais du genre de deuil que j'ai eu à faire en prenant la décision d'envoyer mes enfants à la garderie. Je parlais de l'idéal de la mère que j'avais, pour MOI. Je parlais de ce que j'aurais espéré être, comme maman, pour mes enfants. Je disais que je n'étais pas celle que les gens pensaient, parce qu'on m'a souvent fait des remarques du type "je ne sais pas comment tu fais tout ça! Tu dois être une wonder-woman!" alors que moi, je me voyais comme une maman archi nulle qui faisait tout à moitié. Je parlais de mon hésitation, le matin de leur début de garderie.
Un mois plus tard, j'en suis pas mal au même point, je dois dire. J'hésite encore, à chaque matin. Le lundi, alors que j'ai seulement Tilou avec moi et qu'on se fait un fun noir, je me dis que je devrais les retirer de la garderie, que c'est bien à la maison et que j'y arriverais. Les mardi, mercredi, jeudi, où les deux sont à la garderie, mon coeur se tord quand je les dépose le matin. Et pourtant, une fois chez moi, dans le silence, dans la liberté, je me dis qu'après tout, ce n'est pas si terrible. J'arrive à faire plein de trucs, même si jamais assez à mon goût. Et le vendredi, alors qu'ils sont tous les deux avec moi, à se chamailler, se faire mal, se faire pleurer, se faire envoyer au coin de réflexion, j'essuie mon front couvert de sueur et je me dis que finalement, non, je n'y arriverais pas si c'était toujours comme ça. Puis vient la fin de semaine et ça recommence le lundi suivant...
Ce que je trouve le plus difficile, en fait, c'est que tout ça a été un choix. Avant de partir ma nouvelle compagnie, je travaillais à mon compte, oui. Mais nous avions décidé, Hom et moi, que je resterais à la maison pour m'occuper des enfants. Je laissais tomber mon travail parce que de toute façon, je ne l'aimais plus et pour le peu de revenus que je générais, ça ne faisait pas grand différence dans le budget. Je ne pouvais plus offrir un bon service à mes clients. Travaillant dans le domaine de l'imprimé, on me demandait souvent des trucs pour avant-hier. Avec deux enfants et des siestes instables, ce n'était plus possible.
Ça m'avait fait un bien fou de laisser tomber tout ça. Je n'ai jamais regretté. Je ne me suis jamais dit que je n'avais pas étudié x années pour me retrouver à changer des couches. J'ai travaillé plus de 12 ans dans mon domaine, dont presque 10 à mon compte. Je crois que mes études étaient rentabilisées. Car je dois préciser qu'arrêter quelques années, dans ce domaine, est presqu'impossible. Ça évolue trop vite, les logiciels changent à vue d'oeil. Je serai vite dépassée. Si je veux un jour recommencer, je devrai fort probablement refaire de brèves études. Ça ne m'a même pas rebutée. Ça ne m'intéresse plus. J'ai pris la décision sans hésiter.
Puis, quelques mois plus tard, je me découvrais une nouvelle passion, je me mettais à coudre, je m'associais à une amie de longue date et notre compagnie naissait. Je n'ai pas créé ce travail parce qu'on avait besoin d'un revenu. Je n'ai pas envoyé mes enfants à la garderie parce que je n'avais "pas le choix de retourner travailler" comme c'est le cas de beaucoup de mamans. J'ai décidé, de mon plein gré, de partir en affaire. J'ai décidé, de mon plein gré, d'envoyer mes enfants à la garderie afin de travailler. Pour moi. C'est ÇA qui me fend le coeur. Je me sens coupable de ces choix, même si je sais très bien que je n'étais plus heureuse, comme maman à temps plein. Je vois plein de mamans autour de moi avoir le coeur brisé de devoir retourner travailler. Je sais qu'elles donneraient beaucoup pour pouvoir rester à la maison avec leurs enfants. Et moi, j'avais cette chance, cette possibilité, et je l'ai laissée tomber. Elle est là, ma culpabilité. Peut-être pas justifiée, je ne sais plus, mais elle est là quand même.
Vous avez été plusieurs à me dire que je mettais la barre haute. C'est probablement vrai. J'ai tendance à être très exigeante envers moi-même. Je suis perfectionniste dans toutes les sphères de ma vie (sauf peut-être le ménage). J'y travaille, mais ce n'est pas évident.
Je veux recommencer à avoir du fun avec mes enfants. Je veux recommencer à apprécier pleinement le temps que je passe avec eux. Ça s'en vient, mais je n'y suis pas encore tout à fait. Comme je disais, ma tête est à 12 endroits différents à la fois. Quand j'arriverai à n'être qu'à un seul endroit, je pourrai dire que j'aurai réussi. Et peut-être qu'à ce moment-là, je reconsidèrerai la proportion garderie et enfants à la maison. Mais pas avant.
Aucun message portant le libellé travail. Afficher tous les messages
Aucun message portant le libellé travail. Afficher tous les messages
29 octobre 2009
26 mai 2009
Liberté sur 4 roues
Il y a depuis un bon bout de temps une bataille en moi, entre la maman-écolo et la maman-femme d'affaires débordée. La première croyait que ce n'était pas nécessaire, que je pouvais très bien me débrouiller avec mes deux jambes, une poussette, un porte-bébé et du nerf. La seconde croyait que, bien que pas vital, c'était devenu assez indispensable.
J'avais besoin d'une voiture.
Hom travaille dans les ventes, donc fait beaucpup de route. Je n'ai donc pas accès à la voiture le jour, la semaine. Ce n'est pas très pratique, quand on est à la maison avec deux enfants et qu'on a plusieurs activités, en plus d'une PME qui prend de l'expansion. J'ai enduré. Je me suis promenée souvent avec le grand dans la poussette, le petit dans le porte-bébé. J'ai marché, oh que j'ai marché! J'en ai perdu tout mon surplus de poids post-grossesse (ça a au moins cet avantage). J'ai ragé contre la neige, la pluie, le froid. J'ai manqué plein de bus. Me suis perdue. Me suis faite ensevellir sous la neige. J'ai acheté une poussette double, ce qui a fait du bien à mon niveau d'énergie à la baisse (porter un bébé de 25 livres, ça fatigue unt tite dame), mais qui ne se transportait pas dans l'autobus. J'ai fait mon temps. J'en avais marre.
De plus, nous manquons de temps en famille. Comme je n'ai pas de voiture le jour, nous devons toujours attendre le soir et la fin de semaine pour faire les courses. Si j'ai des achats ou des envois à faire pour ma PME, je devais attendre le retour de Hom. J'en avais assez de dépendre de lui. Et de passer mes fins de semaine à courailler plutôt qu'à relaxer en famille.
Hier, Hom m'écrit:
-Je t'ai acheté un char.
Quoi?! Comme ça? On spéculait, on rêvait, on se disait "ah, si...!" mais de là à poser le geste, à signer le papier (et ajouter une dette à la liste), y'a une marge! Il est fou?!
Après les 3 secondes de surprise et de pseudo-indignation, j'étais tout de même hyper heureuse. Excitée comme une enfant à Noël. Je vais avoir une voiture! À moi! Une petite auto de fille, plutôt qu'un gros bazou de mononcle. Je vais pouvoir me déplacer, aller faire les courses pendant qu'Hom travaille plutôt que lorsque nous serions bien mieux à passer du temps ensemble qu'à magasiner des bacs de rangement et des fruits et légumes. Je vais pouvoir aller porter et chercher Tithom à la garderie. Je vais pouvoir faire mes trucs de travail. Je vais pouvoir aller voir des amies, aller magasiner, aller faire d'autres activités avec les enfants, qui jusqu'alors étaient plutôt inaccessibles en bus. Je vais pouvoir voyager! Je vais être libre! Liiiiibre!
Ouais, bon. Hum. Faut quand même la payer, cette voiture.
Allez, au boulot!
(Mais quand même: Youppiiii!)
J'avais besoin d'une voiture.
Hom travaille dans les ventes, donc fait beaucpup de route. Je n'ai donc pas accès à la voiture le jour, la semaine. Ce n'est pas très pratique, quand on est à la maison avec deux enfants et qu'on a plusieurs activités, en plus d'une PME qui prend de l'expansion. J'ai enduré. Je me suis promenée souvent avec le grand dans la poussette, le petit dans le porte-bébé. J'ai marché, oh que j'ai marché! J'en ai perdu tout mon surplus de poids post-grossesse (ça a au moins cet avantage). J'ai ragé contre la neige, la pluie, le froid. J'ai manqué plein de bus. Me suis perdue. Me suis faite ensevellir sous la neige. J'ai acheté une poussette double, ce qui a fait du bien à mon niveau d'énergie à la baisse (porter un bébé de 25 livres, ça fatigue unt tite dame), mais qui ne se transportait pas dans l'autobus. J'ai fait mon temps. J'en avais marre.
De plus, nous manquons de temps en famille. Comme je n'ai pas de voiture le jour, nous devons toujours attendre le soir et la fin de semaine pour faire les courses. Si j'ai des achats ou des envois à faire pour ma PME, je devais attendre le retour de Hom. J'en avais assez de dépendre de lui. Et de passer mes fins de semaine à courailler plutôt qu'à relaxer en famille.
Hier, Hom m'écrit:
-Je t'ai acheté un char.
Quoi?! Comme ça? On spéculait, on rêvait, on se disait "ah, si...!" mais de là à poser le geste, à signer le papier (et ajouter une dette à la liste), y'a une marge! Il est fou?!
Après les 3 secondes de surprise et de pseudo-indignation, j'étais tout de même hyper heureuse. Excitée comme une enfant à Noël. Je vais avoir une voiture! À moi! Une petite auto de fille, plutôt qu'un gros bazou de mononcle. Je vais pouvoir me déplacer, aller faire les courses pendant qu'Hom travaille plutôt que lorsque nous serions bien mieux à passer du temps ensemble qu'à magasiner des bacs de rangement et des fruits et légumes. Je vais pouvoir aller porter et chercher Tithom à la garderie. Je vais pouvoir faire mes trucs de travail. Je vais pouvoir aller voir des amies, aller magasiner, aller faire d'autres activités avec les enfants, qui jusqu'alors étaient plutôt inaccessibles en bus. Je vais pouvoir voyager! Je vais être libre! Liiiiibre!
Ouais, bon. Hum. Faut quand même la payer, cette voiture.
Allez, au boulot!
(Mais quand même: Youppiiii!)
25 février 2008
Sacrés clients
On le sait, je suis travailleur autonome. Le congé de maternité payé, ça semble bien beau, mais ma réalité n'est pas si simple. Non seulement mes revenus de l'an dernier sont plutôt minces, mais je dois, comme j'avais fait à Tithom, prévoir revenir sur le marché du travail peu de temps après l'accouchement. Peu de temps, c'est à dire 5 ou 6 semaines. Je ne peux pas dire que je n'ai pas vraiment le choix. Oui, j'ai le choix: je choisis de prendre un an complet de véritable congé et de perdre tous mes clients ou bien je choisis de revenir plus tôt pour m'assurer de garder une certaine clientèle. J'avais fait le choix de revenir tôt à Tithom et je le fais encore cette fois-ci.
Mais une chose aura changée: je n'aurai pratiquement plus de client. En fait, je garde seulement mon gros contrat qui revient aux 6 mois et un autre client qui me donne très peu de travail, donc qui ne vaut pas la peine d'éliminer.
Ça implique donc que les autres, je les laisse tomber. Ce qui inclut un de mes plus gros clients pour qui je travaille depuis 8 ans. Au départ, je l'ai fait pour le dépanner. Puis nous avons aimé l'association, ça fonctionnait bien et j'ai pu partir complètement à mon compte grâce à lui. Il a longtemps été ma plus grosse source de revenus. Ça s'est gâché il y a peut-être 2 ou 3 ans. Les contrats ont commencé à s'espacer, les chèques prenaient de plus en plus de temps à arriver. J'ai continué, en grosse partie parce que j'avais besoin des revenus, même avec le retard.
Dans les 6 derniers mois, les choses se sont vraiment détériorées. J'ai dû énormément réfléchir et peser le pour et le contre. Ce n'est pas évident de laisser tomber un revenu, même s'il n'est plus énorme, quand on ne fait déjà pas tant que ça. Mais ma décision est maintenant prise: je le laisse tomber. Je ne veux pas que les choses se passent mal, mais je ne veux pas non-plus lui laisser de porte ouverte. C'est fini et c'est définitif.
Fini, enfin, pas encore. J'avais un dernier contrat à lui faire et maintenant, j'attends. Ma partie de travail est faite, mais ça niaise de son côté. Il le sait pourtant que je suis dûe dans moins de deux semaines. Ça m'enrage de ne pas pouvoir dire que je suis vraiment en congé parce que mon dernier contrat n'est pas terminé. Ça me frustre et m'épuise de passer chaque heure de sieste et chaque journée que Tithom passe à la garderie devant mon ordi à travailler pour lui plutôt qu'à me reposer. Je suis trop professionnelle pour le flusher tout de suite ou lui dire de s'arranger avec ses troubles, mais je sens que ça s'en vient. Si le contrat n'est pas terminé avant que j'expulse, tant pis, je lui mets tout sur CD et il se démmerdera.
Je crois que le fait de ne pas avoir pu prendre quelque temps pour moi avant la venue du bébé joue beaucoup sur mon impression de ne pas me sentir prête. Ça a beau faire partie du lot du travailleur autonome, je trouve ça frustrant que mon client n'ait pas eu la décence de se dépêcher pour me laisser un peu de temps pour souffler. Il prend ma date prévue d'accouchement comme un deadline, pas comme une date à ne pas atteindre.
Anecdotes montrant à quel point les clients peuvent être imbéciles.
1- Ce client que je laisse tomber me dit "j'aurais une faveur à te demander, pendant ton congé. J'aurais un petit contrat à te faire faire, rien de gros, mais c'est juste pour moi (il est habituellement l'intermédiaire de quelqu'un d'autre.)" Comme si j'allais être en vacances!! Comme si j'allais avoir le temps, entre le nouveau-né, Tithom et la maison, de faire son petit contrat. Je lui ai répondu "écoute, je ne crois même pas que j'aurai le temps de me peigner le matin, alors ton contrat,mets-toi-le où je pense je ne le ferai pas."
2- Un autre client, celui que je garde, me demande la semaine dernière de lui confirmer ma date d'arrêt de travail et celle de retour. Je lui dis que je termine officiellement le 22 février, ce qui était vendredi dernier. Vers 15h30 vendredi, je laisse l'ordinateur pour aller voir mon garçon qui se réveille. J'y retourne seulement en fin de soirée pour y voir un courriel de ce client, envoyé à 16h30, me demandant de lui faire un contrat. J'en suis encore un peu bouche bée.
Je voudrais tout laisser tomber, car mes priorités sont mes enfants. Mais comme je ne sais pas encore si je veux éventuellement continuer ou pas, je préfère pour le moment garder quelques contrats, question de me garder la main (je travaille dans un domaine qui évolue constamment et où on peut facilement être dépassé si on arrête). Pour le moment, je n'aime plus ce que je fais. Peut-être ai-je seulement besoin d'un temps d'arrêt, peut-être suis-je dûe pour me recycler, je ne sais pas vraiment. Mais laisser complètement tomber une carrière, ça me fait trop peur. J'ai étudié dans ce domaine et j'y travaille depuis 11 ans, dont 8 ans à mon compte. Et comme partir à mon compte avait été fait dans le but de pouvoir rester à la maison pour mes enfants, l'idée de tout laisser tomber m'étourdit encore plus.
Alors voilà. Je serai encore travailleur autonome, mais à temps très partiel et sans grandes ambitions pour le moment. On vera ce que le temps me dira de faire.
En attendant, j'ai un fichu contrat à finir, moi.
Mais une chose aura changée: je n'aurai pratiquement plus de client. En fait, je garde seulement mon gros contrat qui revient aux 6 mois et un autre client qui me donne très peu de travail, donc qui ne vaut pas la peine d'éliminer.
Ça implique donc que les autres, je les laisse tomber. Ce qui inclut un de mes plus gros clients pour qui je travaille depuis 8 ans. Au départ, je l'ai fait pour le dépanner. Puis nous avons aimé l'association, ça fonctionnait bien et j'ai pu partir complètement à mon compte grâce à lui. Il a longtemps été ma plus grosse source de revenus. Ça s'est gâché il y a peut-être 2 ou 3 ans. Les contrats ont commencé à s'espacer, les chèques prenaient de plus en plus de temps à arriver. J'ai continué, en grosse partie parce que j'avais besoin des revenus, même avec le retard.
Dans les 6 derniers mois, les choses se sont vraiment détériorées. J'ai dû énormément réfléchir et peser le pour et le contre. Ce n'est pas évident de laisser tomber un revenu, même s'il n'est plus énorme, quand on ne fait déjà pas tant que ça. Mais ma décision est maintenant prise: je le laisse tomber. Je ne veux pas que les choses se passent mal, mais je ne veux pas non-plus lui laisser de porte ouverte. C'est fini et c'est définitif.
Fini, enfin, pas encore. J'avais un dernier contrat à lui faire et maintenant, j'attends. Ma partie de travail est faite, mais ça niaise de son côté. Il le sait pourtant que je suis dûe dans moins de deux semaines. Ça m'enrage de ne pas pouvoir dire que je suis vraiment en congé parce que mon dernier contrat n'est pas terminé. Ça me frustre et m'épuise de passer chaque heure de sieste et chaque journée que Tithom passe à la garderie devant mon ordi à travailler pour lui plutôt qu'à me reposer. Je suis trop professionnelle pour le flusher tout de suite ou lui dire de s'arranger avec ses troubles, mais je sens que ça s'en vient. Si le contrat n'est pas terminé avant que j'expulse, tant pis, je lui mets tout sur CD et il se démmerdera.
Je crois que le fait de ne pas avoir pu prendre quelque temps pour moi avant la venue du bébé joue beaucoup sur mon impression de ne pas me sentir prête. Ça a beau faire partie du lot du travailleur autonome, je trouve ça frustrant que mon client n'ait pas eu la décence de se dépêcher pour me laisser un peu de temps pour souffler. Il prend ma date prévue d'accouchement comme un deadline, pas comme une date à ne pas atteindre.
Anecdotes montrant à quel point les clients peuvent être imbéciles.
1- Ce client que je laisse tomber me dit "j'aurais une faveur à te demander, pendant ton congé. J'aurais un petit contrat à te faire faire, rien de gros, mais c'est juste pour moi (il est habituellement l'intermédiaire de quelqu'un d'autre.)" Comme si j'allais être en vacances!! Comme si j'allais avoir le temps, entre le nouveau-né, Tithom et la maison, de faire son petit contrat. Je lui ai répondu "écoute, je ne crois même pas que j'aurai le temps de me peigner le matin, alors ton contrat,
2- Un autre client, celui que je garde, me demande la semaine dernière de lui confirmer ma date d'arrêt de travail et celle de retour. Je lui dis que je termine officiellement le 22 février, ce qui était vendredi dernier. Vers 15h30 vendredi, je laisse l'ordinateur pour aller voir mon garçon qui se réveille. J'y retourne seulement en fin de soirée pour y voir un courriel de ce client, envoyé à 16h30, me demandant de lui faire un contrat. J'en suis encore un peu bouche bée.
Je voudrais tout laisser tomber, car mes priorités sont mes enfants. Mais comme je ne sais pas encore si je veux éventuellement continuer ou pas, je préfère pour le moment garder quelques contrats, question de me garder la main (je travaille dans un domaine qui évolue constamment et où on peut facilement être dépassé si on arrête). Pour le moment, je n'aime plus ce que je fais. Peut-être ai-je seulement besoin d'un temps d'arrêt, peut-être suis-je dûe pour me recycler, je ne sais pas vraiment. Mais laisser complètement tomber une carrière, ça me fait trop peur. J'ai étudié dans ce domaine et j'y travaille depuis 11 ans, dont 8 ans à mon compte. Et comme partir à mon compte avait été fait dans le but de pouvoir rester à la maison pour mes enfants, l'idée de tout laisser tomber m'étourdit encore plus.
Alors voilà. Je serai encore travailleur autonome, mais à temps très partiel et sans grandes ambitions pour le moment. On vera ce que le temps me dira de faire.
En attendant, j'ai un fichu contrat à finir, moi.
23 janvier 2008
Le métier de maman
Entre les mamans au foyer et les mamans sur le marché du travail, il y a un genre de débat qui, selon moi, n'a pas raison d'être. Les unes veulent de la reconnaissance, les autres veulent qu'on arrête de les traîter d'égoïste. Des préjugés flottent sur les deux camps et je trouve cette bataille complètement inutile.
Il n'y a pas une seule solution bonne pour tout le monde. Bien des experts s'entendent pour dire que la place d'un bébé est avec sa mère, mais la réalité de la société fait en sorte que ce n'est pas toujours possible. Ce ne sont pas toutes les familles qui peuvent se passer d'un salaire. Et ce ne sont pas toutes els femmes qui sont prètes à sacrifier leur vie professionnelle du jour au lendemain. Ça ne fait pas d'elles des égoïstes ou des sans-coeurs qui ne priorisent pas leurs enfants. Ça fait d'elles des femmes d'aujourd'hui, qui vivent avec la réalité d'aujourd'hui.
Jamais je n'irai dire que les unes ou les autres l'ont "facile". Je sais très bien qu'être maman à la maison, c'est très demandant et qu'on attend beaucoup de ces mamans. Je sais aussi que travailler totue la journée et jongler les enfants, la maison, les repas, ce n'est pas plus facile. C'est différent, voilà tout. Être maman, c'est beau, mais c'est difficile, peu importe quelle est notre réalité.
Cela ne m'empêche pas, certains jours, de me sentir inutile. Même si je me démène toute la journée pour amuser et stimuler mon garçon, tout en m'occupant de la maison et des repas, même si par-dessus tout ça, j'essaie autant que possible de poursuivre mes différents projets (personnels et professionnels), il m'arrive souvent de me dire, le soir venu "mais voyons, qu'ai-je fait de ma journée?" Pas parce que j'ai l'impression de ne rien faire, mais parce que j'ai l'impression que ce que je fais est souvent futile (je ne parle pas bien sûr de mon fils). Hom travaille très dur, il arrive crevé le soir. Il doit souvent travailler toute la soirée de la maison. Et son dur labeur se reflète dans notre compte de banque, se chiffre, se calcule. Le mien... il est là, mais invisible, non quantifiable. Je ne demande pas une paie, mais c'est difficile pour quelqu'un comme moi qui, il y a deux ans à peine, travaillait à son compte à temps plein, étais autonome et indépendante.
Est-ce que ça me fait regretter d'avoir laissé tomber une grande partie de ma business pour mon fils? Non, jamais. Ça ne me fait pas non-plus douter de mon choix, de notre choix. Je sais que pour nous, notre façon de vivre nous sied bien. Je ne crois pas non-plus que je sentirais un plus grand sentiment d'accomplissement si je retournais à temps plein sur le marché du travail. Je sais que ce monde n'est pas pour moi, il ne l'a jamais été. Je ne peux avoir autre patron que moi. Bon, et mon fils, maintenant.
Je pense que ma grossesse joue beaucoup sur ces émotions. Le fait que je ne puisse plus autant accomplir maintenant que lorsque je n'avais pas une pastèque accrochée à ma colonne vertébrale mine un peu mon humeur. Je voudrais tellement en faire plus, je voudrais rendre mes journées sans Tithom bien plus productives... mais mon corps ne suit plus. Je me sens lourde et lente. Je m'essouffle, je suis étourdie, je dois m'asseoir souvent. Je me sens mal de devoir demander à Hom d'en faire un peu plus alors qu'il en fait déjà tellement. Je me sens faible et pourtant, je sais au fond de moi que je ne le suis pas. Je suis en train de fignoler notre deuxième fils. Je suis en train de préparer la naissance de notre deuxième enfant. Ce n'est pas de la faiblesse, mais de la force. C'est un autre travail pas tellement quantifiable, mais oh combien important. Et fatigant, à la fin...
Tout comme celui de maman tout court.
Il n'y a pas une seule solution bonne pour tout le monde. Bien des experts s'entendent pour dire que la place d'un bébé est avec sa mère, mais la réalité de la société fait en sorte que ce n'est pas toujours possible. Ce ne sont pas toutes les familles qui peuvent se passer d'un salaire. Et ce ne sont pas toutes els femmes qui sont prètes à sacrifier leur vie professionnelle du jour au lendemain. Ça ne fait pas d'elles des égoïstes ou des sans-coeurs qui ne priorisent pas leurs enfants. Ça fait d'elles des femmes d'aujourd'hui, qui vivent avec la réalité d'aujourd'hui.
Jamais je n'irai dire que les unes ou les autres l'ont "facile". Je sais très bien qu'être maman à la maison, c'est très demandant et qu'on attend beaucoup de ces mamans. Je sais aussi que travailler totue la journée et jongler les enfants, la maison, les repas, ce n'est pas plus facile. C'est différent, voilà tout. Être maman, c'est beau, mais c'est difficile, peu importe quelle est notre réalité.
Cela ne m'empêche pas, certains jours, de me sentir inutile. Même si je me démène toute la journée pour amuser et stimuler mon garçon, tout en m'occupant de la maison et des repas, même si par-dessus tout ça, j'essaie autant que possible de poursuivre mes différents projets (personnels et professionnels), il m'arrive souvent de me dire, le soir venu "mais voyons, qu'ai-je fait de ma journée?" Pas parce que j'ai l'impression de ne rien faire, mais parce que j'ai l'impression que ce que je fais est souvent futile (je ne parle pas bien sûr de mon fils). Hom travaille très dur, il arrive crevé le soir. Il doit souvent travailler toute la soirée de la maison. Et son dur labeur se reflète dans notre compte de banque, se chiffre, se calcule. Le mien... il est là, mais invisible, non quantifiable. Je ne demande pas une paie, mais c'est difficile pour quelqu'un comme moi qui, il y a deux ans à peine, travaillait à son compte à temps plein, étais autonome et indépendante.
Est-ce que ça me fait regretter d'avoir laissé tomber une grande partie de ma business pour mon fils? Non, jamais. Ça ne me fait pas non-plus douter de mon choix, de notre choix. Je sais que pour nous, notre façon de vivre nous sied bien. Je ne crois pas non-plus que je sentirais un plus grand sentiment d'accomplissement si je retournais à temps plein sur le marché du travail. Je sais que ce monde n'est pas pour moi, il ne l'a jamais été. Je ne peux avoir autre patron que moi. Bon, et mon fils, maintenant.
Je pense que ma grossesse joue beaucoup sur ces émotions. Le fait que je ne puisse plus autant accomplir maintenant que lorsque je n'avais pas une pastèque accrochée à ma colonne vertébrale mine un peu mon humeur. Je voudrais tellement en faire plus, je voudrais rendre mes journées sans Tithom bien plus productives... mais mon corps ne suit plus. Je me sens lourde et lente. Je m'essouffle, je suis étourdie, je dois m'asseoir souvent. Je me sens mal de devoir demander à Hom d'en faire un peu plus alors qu'il en fait déjà tellement. Je me sens faible et pourtant, je sais au fond de moi que je ne le suis pas. Je suis en train de fignoler notre deuxième fils. Je suis en train de préparer la naissance de notre deuxième enfant. Ce n'est pas de la faiblesse, mais de la force. C'est un autre travail pas tellement quantifiable, mais oh combien important. Et fatigant, à la fin...
Tout comme celui de maman tout court.
4 novembre 2007
Dépassement
Je tenais à excuser le manque de billets ces derniers temps. Comme à chaque mois d'octobre depuis maintenant 3 ans, je tombe en mode dépassée en replongeant dans mon gros contrat bi-annuel. Un contrat que j'aime encore faire, mais qui, plus Tithom vieillit, me tire de plus en plus d'énergie. Depuis quelques semaines, je cours après ma queue, je remets plein de trucs à plus tard et je n'ai pas le temps de mettre par écrit les tonnes d'idées qui bouillent dans ma tête fatiguée. J'ai beaucoup de difficulté à dormir, parce que j'ai trop de choses sur les épaules et parce que je commence déjà à être inconfortable. Je suis cernée jusqu'au menton (pratique quand même, je n'ai pas eu besoin de me maquiller à l'Halloween pour avoir l'air d'un zombie) et je vois les aiguilles de l'horloge tourner à une vitesse hallucinante. Je sais que le contrat achève dans quelques semaines, mais je vois tout à coup les choses d'une autre façon. Mon corps me parle, je dois l'écouter. Je dois faire face à la réalité.
Je vois bien que je ne suis pas la wonder-woman comme je voudrais parfois le croire. Je vois bien que concilier travail et famille est impossible quand les deux se passent au même endroit et au même moment: chez moi, de jour. Travailler pendant les siestes n'est plus suffisant et je n'arrive pas à reprendre le dessus. Je voudrais bien laisser tomber le travail pour de bon, mais je n'en suis pas là dans mes réflexions. Je ne suis pas prête à faire ce sacrifice, à prendre cette décision. Pas encore. Tithom est un ange qui s'occupe souvent seul, mais je n'ai plus le choix d'admettre que je n'arrive plus, enfin, plus à tous les jours, à le stimuler et à être à 100% avec lui lorsque nous sommes à la maison. J'ai donc commencé les démarches pour trouver une garderie à temps partiel, ce qui n'est pas chose facile de nos jours. Ça me fend le coeur de devoir me séparer de mon crapaud pendant une journée complète, mais en même temps, je vois les quelques heures de solitude comme une nécessité. Pas pour rattraper mon lavage, faire du scrapbooking ou lire. Non, pour reprendre en main mon travail, pour sortir plus que le bout de mon nez de l'eau, pour pouvoir m'enlever du stress et de la fatigue pour cette deuxième moitié de grossesse. Et, j'y pense aussi, pour me permettre de continuer à respirer quand Tipépin sera parmis nous. Je pourrais aussi dire que Tithom a besoin de socialiser, qu'il a besoin de voir des amis, mais j'aurais l'air de me justifier avec des raisons auxquelles je ne crois pas tellement.
Avant de tomber enceinte de Tithom, avant même de commencer les essais, j'étais partie à mon compte dans le but d'être à la maison pour mes enfants et de continuer à travailler en même temps. Un beau rêve, qui a vite dû évoluer. Je me rends bien compte aujourd'hui que je n'ai que deux mains et un cerveau (dont une des moitiés ressemble plutôt à du pudding ces temps-ci) et que je ne peux pas tout faire, peu importe à quel point je le veux et à quel point je suis organisée.
Je fais donc le sacrifice de quelques journées avec mon fils pour cumuler mes heures de travail dans ces journées et pouvoir être à 100% avec lui le reste du temps. Je préfère faire une seule chose à la fois et la faire comme il faut que faire plusieurs choses à moitié en même temps.
Je vois bien que je ne suis pas la wonder-woman comme je voudrais parfois le croire. Je vois bien que concilier travail et famille est impossible quand les deux se passent au même endroit et au même moment: chez moi, de jour. Travailler pendant les siestes n'est plus suffisant et je n'arrive pas à reprendre le dessus. Je voudrais bien laisser tomber le travail pour de bon, mais je n'en suis pas là dans mes réflexions. Je ne suis pas prête à faire ce sacrifice, à prendre cette décision. Pas encore. Tithom est un ange qui s'occupe souvent seul, mais je n'ai plus le choix d'admettre que je n'arrive plus, enfin, plus à tous les jours, à le stimuler et à être à 100% avec lui lorsque nous sommes à la maison. J'ai donc commencé les démarches pour trouver une garderie à temps partiel, ce qui n'est pas chose facile de nos jours. Ça me fend le coeur de devoir me séparer de mon crapaud pendant une journée complète, mais en même temps, je vois les quelques heures de solitude comme une nécessité. Pas pour rattraper mon lavage, faire du scrapbooking ou lire. Non, pour reprendre en main mon travail, pour sortir plus que le bout de mon nez de l'eau, pour pouvoir m'enlever du stress et de la fatigue pour cette deuxième moitié de grossesse. Et, j'y pense aussi, pour me permettre de continuer à respirer quand Tipépin sera parmis nous. Je pourrais aussi dire que Tithom a besoin de socialiser, qu'il a besoin de voir des amis, mais j'aurais l'air de me justifier avec des raisons auxquelles je ne crois pas tellement.
Avant de tomber enceinte de Tithom, avant même de commencer les essais, j'étais partie à mon compte dans le but d'être à la maison pour mes enfants et de continuer à travailler en même temps. Un beau rêve, qui a vite dû évoluer. Je me rends bien compte aujourd'hui que je n'ai que deux mains et un cerveau (dont une des moitiés ressemble plutôt à du pudding ces temps-ci) et que je ne peux pas tout faire, peu importe à quel point je le veux et à quel point je suis organisée.
Je fais donc le sacrifice de quelques journées avec mon fils pour cumuler mes heures de travail dans ces journées et pouvoir être à 100% avec lui le reste du temps. Je préfère faire une seule chose à la fois et la faire comme il faut que faire plusieurs choses à moitié en même temps.
2 mai 2007
Le joli mois de mai
Voilà, c'est reparti, la course folle. Après quoi est-ce que je cours? Après ma queue, bien sûr. Le mois de mai en est toujours un bien rempli. Avec un petit bonhomme qui trottine et qui fait des siestes d'à peine 1h30 (quand je suis chanceuse!), mes journées sont d'avance très remplies. Ajoutez à ça un contrat bi-annuel de pige qui me demande du temps plein pour quelques semaines, plusieurs événements qui arrivent aussi avec le printemps, un nouveau projet bien excitant, des conférences auxquelles je me suis inscrites (en tant que spectatrice, bien entendu), des ateliers de stimulation avec mon bébé et vous obtenez plus de jours qu'il n'y en a dans le mois. Comment vais-je y arriver? Je l'ignore encore...
Avec tout ça, je n'ai pas le temps de penser à mon nouveau cycle qui vient de commencer (je commence le Serophene à plus forte dose ce soir). Bon d'accord, j'ai le temps d'y penser quand même un tout petit peu... mais à peine.
Avec tout ça, je n'ai pas le temps de penser à mon nouveau cycle qui vient de commencer (je commence le Serophene à plus forte dose ce soir). Bon d'accord, j'ai le temps d'y penser quand même un tout petit peu... mais à peine.
19 janvier 2007
Déchirée
On a beau le lire et l'entendre souvent, c'est quand on le vit qu'on le réalise vraiment: être maman au foyer, c'est loin d'être rose à tous les jours. Et je ne parle pas seulement de la quantité de travail que ça comporte, mais du côté émotionnel de la situation surtout. Je ne sais pas si toutes les mamans au foyer passent par là, mais ces temps-ci, je me sens rongée par un mélange de culpabilité et de frustration. C'est peut-être parce que je suis aussi trvailleur au foyer, je ne sais pas...
Tithom ne dort plus beaucoup le jour, ce qui ne me laisse pas beaucoup de temps pour travailler et/ou m'avancer dans plusieurs projets que j'ai listés depuis longtemps sur un petit bout de papier sur le coin de mon bureau. Je m'étais toujours dit que ma priorité était mon fils et j'ai toujours choisi mon fils avant le travail. Quand le travail ne pouvait pas attendre, ma mère est venue ici s'occuper de Tithom pendant que maman gagnait son pain. Il N'a jamais été question de l'envoyer en garderie et j'y tens.
J'aime beaucoup passer du temps avec mon fils, là n'est pas la question. Il veut que je sois près de lui, sans pour autant que je joue avec lui. Je peux donc tout faire (lavage, ménage, cuisine) pendant ce temps. Tout, sauf travailler. Dès que j'entre dans mon bureau, le radar de Tithom sonne et son alarme part. J'ai mis une barrière à ma porte car il m'est impossible de laisser entrer Tithom. À moins de tout surélever de 3 pieds, je ne peux pas le laisser jouer dans mon bureau. Il pitonne sur le télécopieur, jette tous mes papiers par terre, vide et re-vide mon bac à recyclage, éteint mon ordinateur, tire sur les 237 fils divers qui se trouvent derrière mon bureau... bref, il n'est pas tenable. Il a depuis longtemps passé l'âge du parc. Je peux donc être n'importe où, sauf dans mon bureau, ce qui n'est pas très pratique pour travailler. Je n'ai pas la chance d'avoir un portable, alors pour le moment, je ne travaille pratiquement pas. Je fais l'essentiel le soir, mais c'est tout. Mes clients sont patients, mais je commence à vraiment pousser les limites.
Et c'est là que la frustration et la culpabilité entrent en jeu. Le soir, quand je me couche, je pense à ma journée et je me demande "mais, qu'est-ce que j'ai fait aujourd'hui? Bon d'acord, je me suis occupée de Tithom et de la maison, ce qui en soi est très bien, mais à part ça, qu'est-ce que j'ai fait?" Et la réponse, qui est tout le temps "rien", me décourage un peu. Oui, ma maison est propre, le linge sale ne s'accumule pas, je fais de la bouffe, je rigole avec mon garçon. Oui, j'accomplis beaucoup, sous cet angle. Mais d'un autre côté, je n'avance rien. Après Tithom et la maison, il me reste à peine le temps de prendre ma douche, alors on oublie le travail et on oublie les projets. Tout s'accumule. Ma liste s'allonge. Je me sens en retard dans tout. J'ai l'impression parfois de perdre mes journées et ça me frustre. Je suis frustrée contre moi-même de ne pas plus me déniaiser et de ne pas être capable de finir un contrat pendant une sieste-express.
Puis, je me sens coupable. Je m'en veux de trouver que mes journées sont perdues alors qu'elles sont passées à voir mon fils grandir, apprendre, découvrir. Je me sens coupable de penser parfois, alors que je suis assise avec lui à faire un casse-tête "je devrais travailler en ce moment, je dois terminer ceci et celà...". Je m'en veux de ne plus être à 100% avec lui.
Si je ne travaillais pas, peut-être serais-je moins frustrée. Peut-être n'aurais-je pas autant l'impression d'être en retard et de ne rien accomplir. Je sais que j'aurais quand même un peu l'impression de ne rien faire d'autre que m'occuper de Tithom et de la maison, mais ce serait probablement un stress de moins, si je laissais tomber les contrats. Je n'ai jamais vécu pour le travail. Je ne suis pas super ambitieuse. Si je pouvais me permettre de rester seulement maman au foyer, je le ferais. Mais j'aime quand même mon travail et je ne peux me permettre d'arrêter. Pas seulement pour le côté financier, mais parce que c'est un domaine qui évolue trop vite et où tu es vite dépassé si tu ne te tiens pas constamment à jour. Quand je suis partie à mon compte, c'était dans l'idée de pouvoir rester à la maison pour m'occuper des enfants, les accueillir pour leur dîner, être là quand ils rentreront de l'école. Pour ça, je dois rester sur le marché du travail pour quelques années encore. Mais ça ne me tente plus... et je me sens coupable encore une fois...
On nous répète de ne pas nous oublier, de prendre du temps pour nous, quand on devient maman. On nous répète de sortir, de voir des gens, de se garder une vie sociale. Mais après Tithom, après les couches, les repas, le lavage, le ménage, le travail, il ne me reste pas assez de temps pour me coiffer, encore moins pour sortir. Ma vie sociale se résume donc à quelques minutes par jour sur des forums et sur la messagerie.
Comme m'aurait dit mon grand-père, je veux le beurre et l'argent du beurre. Je dois me rendre à l'évidence que je ne peux pas vivre deux vies en une: celle d'une maman au foyer et celle d'un travailleur autonome disponible et professionnel. Je déteste faire les choses à moitié, alors je dois trouver une façon de concillier les deux sans sacrifier quoi que ce soit à Tithom. Et ça presse.
Tithom ne dort plus beaucoup le jour, ce qui ne me laisse pas beaucoup de temps pour travailler et/ou m'avancer dans plusieurs projets que j'ai listés depuis longtemps sur un petit bout de papier sur le coin de mon bureau. Je m'étais toujours dit que ma priorité était mon fils et j'ai toujours choisi mon fils avant le travail. Quand le travail ne pouvait pas attendre, ma mère est venue ici s'occuper de Tithom pendant que maman gagnait son pain. Il N'a jamais été question de l'envoyer en garderie et j'y tens.
J'aime beaucoup passer du temps avec mon fils, là n'est pas la question. Il veut que je sois près de lui, sans pour autant que je joue avec lui. Je peux donc tout faire (lavage, ménage, cuisine) pendant ce temps. Tout, sauf travailler. Dès que j'entre dans mon bureau, le radar de Tithom sonne et son alarme part. J'ai mis une barrière à ma porte car il m'est impossible de laisser entrer Tithom. À moins de tout surélever de 3 pieds, je ne peux pas le laisser jouer dans mon bureau. Il pitonne sur le télécopieur, jette tous mes papiers par terre, vide et re-vide mon bac à recyclage, éteint mon ordinateur, tire sur les 237 fils divers qui se trouvent derrière mon bureau... bref, il n'est pas tenable. Il a depuis longtemps passé l'âge du parc. Je peux donc être n'importe où, sauf dans mon bureau, ce qui n'est pas très pratique pour travailler. Je n'ai pas la chance d'avoir un portable, alors pour le moment, je ne travaille pratiquement pas. Je fais l'essentiel le soir, mais c'est tout. Mes clients sont patients, mais je commence à vraiment pousser les limites.
Et c'est là que la frustration et la culpabilité entrent en jeu. Le soir, quand je me couche, je pense à ma journée et je me demande "mais, qu'est-ce que j'ai fait aujourd'hui? Bon d'acord, je me suis occupée de Tithom et de la maison, ce qui en soi est très bien, mais à part ça, qu'est-ce que j'ai fait?" Et la réponse, qui est tout le temps "rien", me décourage un peu. Oui, ma maison est propre, le linge sale ne s'accumule pas, je fais de la bouffe, je rigole avec mon garçon. Oui, j'accomplis beaucoup, sous cet angle. Mais d'un autre côté, je n'avance rien. Après Tithom et la maison, il me reste à peine le temps de prendre ma douche, alors on oublie le travail et on oublie les projets. Tout s'accumule. Ma liste s'allonge. Je me sens en retard dans tout. J'ai l'impression parfois de perdre mes journées et ça me frustre. Je suis frustrée contre moi-même de ne pas plus me déniaiser et de ne pas être capable de finir un contrat pendant une sieste-express.
Puis, je me sens coupable. Je m'en veux de trouver que mes journées sont perdues alors qu'elles sont passées à voir mon fils grandir, apprendre, découvrir. Je me sens coupable de penser parfois, alors que je suis assise avec lui à faire un casse-tête "je devrais travailler en ce moment, je dois terminer ceci et celà...". Je m'en veux de ne plus être à 100% avec lui.
Si je ne travaillais pas, peut-être serais-je moins frustrée. Peut-être n'aurais-je pas autant l'impression d'être en retard et de ne rien accomplir. Je sais que j'aurais quand même un peu l'impression de ne rien faire d'autre que m'occuper de Tithom et de la maison, mais ce serait probablement un stress de moins, si je laissais tomber les contrats. Je n'ai jamais vécu pour le travail. Je ne suis pas super ambitieuse. Si je pouvais me permettre de rester seulement maman au foyer, je le ferais. Mais j'aime quand même mon travail et je ne peux me permettre d'arrêter. Pas seulement pour le côté financier, mais parce que c'est un domaine qui évolue trop vite et où tu es vite dépassé si tu ne te tiens pas constamment à jour. Quand je suis partie à mon compte, c'était dans l'idée de pouvoir rester à la maison pour m'occuper des enfants, les accueillir pour leur dîner, être là quand ils rentreront de l'école. Pour ça, je dois rester sur le marché du travail pour quelques années encore. Mais ça ne me tente plus... et je me sens coupable encore une fois...
On nous répète de ne pas nous oublier, de prendre du temps pour nous, quand on devient maman. On nous répète de sortir, de voir des gens, de se garder une vie sociale. Mais après Tithom, après les couches, les repas, le lavage, le ménage, le travail, il ne me reste pas assez de temps pour me coiffer, encore moins pour sortir. Ma vie sociale se résume donc à quelques minutes par jour sur des forums et sur la messagerie.
Comme m'aurait dit mon grand-père, je veux le beurre et l'argent du beurre. Je dois me rendre à l'évidence que je ne peux pas vivre deux vies en une: celle d'une maman au foyer et celle d'un travailleur autonome disponible et professionnel. Je déteste faire les choses à moitié, alors je dois trouver une façon de concillier les deux sans sacrifier quoi que ce soit à Tithom. Et ça presse.
9 novembre 2006
Double temps plein
Je rame très fort ces temsp-ci. À contre-courant, ou enfin, c'est l'impression que j'ai. Je n'avance pas vite et pourtant, mes journées sont plus que remplies. Mon gros contrat me demande énormément de temps, temps que je n'ai pas en partant. Tithom dort très peu, veut se coller, veut que je sois toujours à moins d'un pied de lui. Sans parler de sa maudite dent qui n'en finit plus de percer. Les contrats réguliers continuent quand même d'entrer, ce qui fait que je me retrouve à occuper deux emplois à temps plein (celui de maman à la maison et celui qui paie les comptes) en même temps. Donc, disais-je, je rame.
J'ai obtenu la date de tombée pour le gros contrat: le 20 novembre. Ça s'étire habituellement de quelques jours, mais ça me donne une idée de l'échéancier et des coups à donner. J'ai donc fait appel à une nounou, question de reprendre le dessus.
Ma mère vient chez moi s'occuper de Tithom l'avant-midi. Ça me permet de travailler de 8h30 à 13h30 sans arrêt, comparativement à de 11h30 à 13h30 quand le puck roulait pour moi et que Tithom dormait bien.
Ça se passe bien, avec la nounou. La grand-maman est bien contente de passer du temps avec son petit-fils et la maman est bien contente de ne pas devoir aller le porter à la garderie juste parce que pour quelques semaines par année, elle est débordée. Je suis partie à mon compte il y a des années en grosse partie parce que je voulais être là pour mes enfants et ne pas avoir à les domper à la garderie le jour. Il y a des moments où je me trouve idiote d'avoir cru y arriver, mais la plupart du temps, je suis très contente de ma décision. J'ai, en grosse partie, le meilleur des deux mondes: je continue à travailler et à faire des sous, mais je suis là pour voir mon fils grandir en même temps. C'est ça qu'on appelle joindre l'utile à l'agréable, vous croyez?
J'ai obtenu la date de tombée pour le gros contrat: le 20 novembre. Ça s'étire habituellement de quelques jours, mais ça me donne une idée de l'échéancier et des coups à donner. J'ai donc fait appel à une nounou, question de reprendre le dessus.
Ma mère vient chez moi s'occuper de Tithom l'avant-midi. Ça me permet de travailler de 8h30 à 13h30 sans arrêt, comparativement à de 11h30 à 13h30 quand le puck roulait pour moi et que Tithom dormait bien.
Ça se passe bien, avec la nounou. La grand-maman est bien contente de passer du temps avec son petit-fils et la maman est bien contente de ne pas devoir aller le porter à la garderie juste parce que pour quelques semaines par année, elle est débordée. Je suis partie à mon compte il y a des années en grosse partie parce que je voulais être là pour mes enfants et ne pas avoir à les domper à la garderie le jour. Il y a des moments où je me trouve idiote d'avoir cru y arriver, mais la plupart du temps, je suis très contente de ma décision. J'ai, en grosse partie, le meilleur des deux mondes: je continue à travailler et à faire des sous, mais je suis là pour voir mon fils grandir en même temps. C'est ça qu'on appelle joindre l'utile à l'agréable, vous croyez?
26 octobre 2006
Cerveau en compote
J'ai la cervelle empotée, enrhumée. Je n'ai rien à écrire et pourtant, j'aurais plein de choses à dire. Je n'ai pas l'habitude de raconter mon train-train quotidien. De toute façon, ça n'intéresse personne de savoir ce que Tithom a mangé pour déjeuner (de l'avoine et des pommes) ou ce que j'ai sur le dos (t-shirt et jeans). Il ne se passe rien de vraiment palpitant ces temps-ci. Pas que ma vie soit plate, non. J'aime ma vie, je la savoure à chaque jour. Seulement... c'est du banal pour le monde extérieur.
J'aurais pu parler du ridicule derrière la tentative d'adoption de Madonna, mais j'en ai pas envie. On en parle déjà trop comme ça.
J'aurais pu parler de la chargée de projet de mon contrat qui vient de commencer, de ses 75 emails quotidiens, qui se répètent, se contredisent et s'entre-mêlent. J'aurais pu chialer contre son manque d'organisation, son côté broche-à-foin et de tout le temps précieux qu'elle me fait perdre avec son manque de précision maladif. Mais ça intéresse qui, tout ça, au fond?
J'aurais pu vous parler du rhume que Hom a traîné pendant deux semaines et que je me vantais de ne pas avoir attrapé... mais j'aurais parlé trop vite, car depuis avant-hier, j'ai la gorge en feu, le cerveau en compote et le nez comme une framboise.
Je vais aller prendre une Tylenol et lire les 18 courriels qui sont entrés pendant que j'écrivais ce billet...
J'aurais pu parler du ridicule derrière la tentative d'adoption de Madonna, mais j'en ai pas envie. On en parle déjà trop comme ça.
J'aurais pu parler de la chargée de projet de mon contrat qui vient de commencer, de ses 75 emails quotidiens, qui se répètent, se contredisent et s'entre-mêlent. J'aurais pu chialer contre son manque d'organisation, son côté broche-à-foin et de tout le temps précieux qu'elle me fait perdre avec son manque de précision maladif. Mais ça intéresse qui, tout ça, au fond?
J'aurais pu vous parler du rhume que Hom a traîné pendant deux semaines et que je me vantais de ne pas avoir attrapé... mais j'aurais parlé trop vite, car depuis avant-hier, j'ai la gorge en feu, le cerveau en compote et le nez comme une framboise.
Je vais aller prendre une Tylenol et lire les 18 courriels qui sont entrés pendant que j'écrivais ce billet...
20 octobre 2006
Deux se terminent, un débute
Je croyais avoir un peu de répit du côté travail ces temps-ci. Mon contrat qui revient aux 6 mois n'était pas dû, enfin, je ne pensais pas... Je viens de terminer deux gros contrats qui m'ont pris beaucoup de mon temps (dont lundi jusqu'à 23h). Je pensais respirer un peu, au moins quelques jours, avant de commencer l'autre. Eh bien non! Il est déjà commencé, en grande à part ça! Je crois même devoir faire garder Tithom quelques jours quand le rush du deadline sera arrivé. Une grand-maman se fera sûrement un grand plaisir de venir passer la journée ici avec lui pendant que je travaille.
D'ici-là, je dois bosser pendant les siestes et quand Tithom s'occupe seul... ce qui est chose rare ces jours-ci. Il se promène partout (encore sur les fesses, il aime son moyen de transport) et je dois sans cesse le suivre pour ne pas qu'il renverse une plante, tire sur le fil du télécopieur ou mange un soulier. Il a des yeux de lynx et sait repérer chaque petit objet qui a échappé à mon scrupuleux ménage. Il se dirige droit vers sa proie, rapidement, en levant les fesses et en gloussant d'excitation. Je sais facilement quand il a atteint son objectif car il crie de joie et bat des bras. Rapide, mon bébé, mais pas subtil!
Allez hop! Au boulot!
D'ici-là, je dois bosser pendant les siestes et quand Tithom s'occupe seul... ce qui est chose rare ces jours-ci. Il se promène partout (encore sur les fesses, il aime son moyen de transport) et je dois sans cesse le suivre pour ne pas qu'il renverse une plante, tire sur le fil du télécopieur ou mange un soulier. Il a des yeux de lynx et sait repérer chaque petit objet qui a échappé à mon scrupuleux ménage. Il se dirige droit vers sa proie, rapidement, en levant les fesses et en gloussant d'excitation. Je sais facilement quand il a atteint son objectif car il crie de joie et bat des bras. Rapide, mon bébé, mais pas subtil!
Allez hop! Au boulot!
25 septembre 2006
Un lundi matin comme les autres
6h15 Tithom se réveille en pleurs. Nous attendons, pour voir s'il va se rendormir.
6h20 Comme il ne se calme pas, Hom se lève et va le voir. Tithom a la jambe prise entre deux barreaux de la bassinette, encore.
6h22 Hom vient le déposer près de moi, dans notre lit.
6h30 Comme Tithom ne s'endort pas, je me lève et l'allaite.
6h45 Tithom a encore les yeux plein de sommeil, mais il ne veut plus dormir. Nous nous levons.
6h46 Je le dépose sur son tapis avec ses jouets. Il est tout joyeux et lance ses petits plats partout. Je déjeune.
7h00 Je me fais un café.
7h05 Je ramasse les traîneries dans la cuisine.
7h15 Je ramasse les vêtements qui traînent.
7h20 Je réchauffe mon café rendu tiède.
7h21 Je plie la brassée de couches.
7h28 Je prends Tithom, sur le ventre et pas content du tout, et je le replace en position assise, entouré de ses bébelles.
7h29 Je réussis à le convaindre que ses jouets sont bien plus intéressants que les bords de mon pantalon.
7h31 Je passe le balais partout.
7h36 Je plie et range la brassée de vêtements de Tithom.
7h45 Je réchauffe encore mon café.
7h46 Je plie nos vêtements propres.
7h47 Tithom chigne, il en a assez d'être assis par terre.
7h48 Je l'asseois sur le lit pendant que je plie les vêtements.
7h50 Il s'amuse à sortir les vêtements du panier et à déplier ceux que j'avais déjà pliés.
8h00 Il en a assez de jouer avec les bas, il grogne.
8h02 Je l'asseois dans la chaise haute.
8h03 Je jette mon restant de café, rendu froid et pas buvable.
8h04 Je donne un bout de banane fraîche à Tithom.
8h05 Je me demande quoi faire avec les 3 bananes trop mûres.
8h10 Tithom en a assez de la banane.
8h11 Je prépare de la purée de poire avec des céréales de riz.
8h12 J'essaie de faire manger Tithom, mais il ne fait que grogner et faire non de la tête.
8h16 Il baîlle, je réussis à enfiler ma cuillère pleine de purée dans sa bouche.
8h17 Il fait la grimace, mais avale quand même la bouchée.
8h20 Rien à faire, il ne veut plus manger.
8h21 Je mange le restant de purée, trop tannée de gaspiller.
8h22 Je nettoie Tithom et l'asseois sur son tapis.
8h23 Je fais des muffins avec les bananes trop mûres.
8h28 Tithom en a assez d'être par terre.
8h29 Je change sa couche et lui enlève son pyjama. Je l'habille.
8h34 Je le dépose dans son exerciseur, le temps de terminer mes muffins.
8h40 Les muffins sont au four et Tithom en a assez de l'exerciseur.
8h42 Je m'asseois avec lui par terre et je joue avec ses petits cubes et ses anneaux.
9h00 Il en a assez, il a faim.
9h02 Je l'allaite.
9h09 Il s'endort au sein.
9h11 Je le dépose dans son lit.
9h12 Je me fais un autre café et je m'asseois devant l'ordi. Ma journée de travail commence. Jusqu'à ce que Tithom se réveille...
6h20 Comme il ne se calme pas, Hom se lève et va le voir. Tithom a la jambe prise entre deux barreaux de la bassinette, encore.
6h22 Hom vient le déposer près de moi, dans notre lit.
6h30 Comme Tithom ne s'endort pas, je me lève et l'allaite.
6h45 Tithom a encore les yeux plein de sommeil, mais il ne veut plus dormir. Nous nous levons.
6h46 Je le dépose sur son tapis avec ses jouets. Il est tout joyeux et lance ses petits plats partout. Je déjeune.
7h00 Je me fais un café.
7h05 Je ramasse les traîneries dans la cuisine.
7h15 Je ramasse les vêtements qui traînent.
7h20 Je réchauffe mon café rendu tiède.
7h21 Je plie la brassée de couches.
7h28 Je prends Tithom, sur le ventre et pas content du tout, et je le replace en position assise, entouré de ses bébelles.
7h29 Je réussis à le convaindre que ses jouets sont bien plus intéressants que les bords de mon pantalon.
7h31 Je passe le balais partout.
7h36 Je plie et range la brassée de vêtements de Tithom.
7h45 Je réchauffe encore mon café.
7h46 Je plie nos vêtements propres.
7h47 Tithom chigne, il en a assez d'être assis par terre.
7h48 Je l'asseois sur le lit pendant que je plie les vêtements.
7h50 Il s'amuse à sortir les vêtements du panier et à déplier ceux que j'avais déjà pliés.
8h00 Il en a assez de jouer avec les bas, il grogne.
8h02 Je l'asseois dans la chaise haute.
8h03 Je jette mon restant de café, rendu froid et pas buvable.
8h04 Je donne un bout de banane fraîche à Tithom.
8h05 Je me demande quoi faire avec les 3 bananes trop mûres.
8h10 Tithom en a assez de la banane.
8h11 Je prépare de la purée de poire avec des céréales de riz.
8h12 J'essaie de faire manger Tithom, mais il ne fait que grogner et faire non de la tête.
8h16 Il baîlle, je réussis à enfiler ma cuillère pleine de purée dans sa bouche.
8h17 Il fait la grimace, mais avale quand même la bouchée.
8h20 Rien à faire, il ne veut plus manger.
8h21 Je mange le restant de purée, trop tannée de gaspiller.
8h22 Je nettoie Tithom et l'asseois sur son tapis.
8h23 Je fais des muffins avec les bananes trop mûres.
8h28 Tithom en a assez d'être par terre.
8h29 Je change sa couche et lui enlève son pyjama. Je l'habille.
8h34 Je le dépose dans son exerciseur, le temps de terminer mes muffins.
8h40 Les muffins sont au four et Tithom en a assez de l'exerciseur.
8h42 Je m'asseois avec lui par terre et je joue avec ses petits cubes et ses anneaux.
9h00 Il en a assez, il a faim.
9h02 Je l'allaite.
9h09 Il s'endort au sein.
9h11 Je le dépose dans son lit.
9h12 Je me fais un autre café et je m'asseois devant l'ordi. Ma journée de travail commence. Jusqu'à ce que Tithom se réveille...
14 septembre 2006
Yark
Vous vous souvenez de mon client con?
Il vient de partir d'ici. Il a été ici 10 minutes et a dit 3 fois l'expression "le fourrage de chien".
J'ai le goût de vomir.
Il vient de partir d'ici. Il a été ici 10 minutes et a dit 3 fois l'expression "le fourrage de chien".
J'ai le goût de vomir.
7 septembre 2006
C'est terminé
Alors voilà. Après presque 8 mois, le congé de maternité est officiellement terminé. En fait, j'ai recommencé à travailler 5 semaines après l'accouchement, mais comme je travaillais à temps partiel et que je suis travailleur autonome, je continuais quand même à recevoir des prestations. Oh, pas grand chose, mais juste assez. Juste assez pour quand même faire une différence dans le budget quand ça arrête d'entrer aux deux semaines.
C'est fini. Je n'aurai plus de dépôt dans mon compte venant du R Q A P. Je reste à temps partiel, donc nous devons réajuster le budget.
Je ne me plains pas. Je suis chanceuse d'avoir eu droit à un congé payé (le mot congé ne colle pas vraiment à ma situation, mais bon). Je sais que bien des femmes, tout aussi travaillantes que moi, n'auront rien eu. Je sais aussi que bien des femmes ont droit à un an de congé (un vrai congé de travail pour elles) et qu'elles ne le prennent pas.
Le mien se termine. Il m'aura servi à bien plus qu'à payer l'épicerie. Ce nouveau programme parental m'aura servi à boucher des coins de gens qui disent des âneries.
- Ah, il est né en janvier, tu as donc eu le nouveau programme! Alors, c'était calculé!
- Non, ça nous a pris 3 ans, dont 2 ans en fertilité.
- ...
Merci, gouvernement du Québec!
C'est fini. Je n'aurai plus de dépôt dans mon compte venant du R Q A P. Je reste à temps partiel, donc nous devons réajuster le budget.
Je ne me plains pas. Je suis chanceuse d'avoir eu droit à un congé payé (le mot congé ne colle pas vraiment à ma situation, mais bon). Je sais que bien des femmes, tout aussi travaillantes que moi, n'auront rien eu. Je sais aussi que bien des femmes ont droit à un an de congé (un vrai congé de travail pour elles) et qu'elles ne le prennent pas.
Le mien se termine. Il m'aura servi à bien plus qu'à payer l'épicerie. Ce nouveau programme parental m'aura servi à boucher des coins de gens qui disent des âneries.
- Ah, il est né en janvier, tu as donc eu le nouveau programme! Alors, c'était calculé!
- Non, ça nous a pris 3 ans, dont 2 ans en fertilité.
- ...
Merci, gouvernement du Québec!
30 août 2006
Un client con
En tant que travailleur autonome, je dois dealer directement avec mes clients. J'en vois de toutes les couleurs. Un de mes clients réguliers est assez con merci. Vous savez, le genre de con qui ignore qu'il est con. Le con qui vous croit plus con que lui. Exemples...
- Quand je lui ai annoncé ma grossesse, il l'a pris comme une insulte personnelle et m'a demandé, sans même m'avoir félicitée, qui s'occuperait du travail pendant que j'allais accoucher. Pas pendant que je serais en congé, non. Pendant l'accouchement.
- Quelques jours après la naissance de Tithom, il m'a appelée (alors qu'il savait très bien que j'étais en congé de maternité) parce qu'il avait besoin de tel travail sur un CD. Je suis fine, je lui ai préparé et il est passé le chercher. Quand j'ai ouvert la porte, il m'a regardée et m'a dit "tu dois avoir hâte! Ça s'en vient!" Et moi de lui répondre "oh mais il est né, il est là!" en lui pointant bébé qui dort dans son carosse.
- Quand j'ai recommencé à travailler, il m'a demandé si j'avais eu le temps de lui faire un CD spécifique (qui est très long à préparer). Quand je lui ai dit que non, pas encore (ça ne pressait pas de toute façon), il me dit "tu es paresseuse." Va donc chez le diable toi! J'ai un bébé de 5 semaines que j'allaite à la demande, je travaille, je m'occupe de ma maison. Paresseuse mon oeil.
- Il se pointe toujours ici sans appeler avant, alors qu'il sait très bien que c'est ma maison, que j'ai un bébé ici et que mes heures de bureaux sont loin d'être fixes. C'est pas un commerce ici, merde!
- À chaque fois qu'il entre chez moi, il me demande, très fort, si le bébé dort. Oui le cave, et tu es juste à côté.
- Un jour, alors qu'il sonne à ma porte sans avoir appelé avant, je réponds. Je porte une longue jupe blanche, vous savez, les jupes d'été très légères... et un t-shirt. Il me regarde et dit "ah! tu dormais encore!"
- Je n'ai jamais entendu autant de "icitte" et de "si tu pourrais" dans l'espace de 15 minutes. Et c'est sans compter les "égrandir" et les "en d'sourrr". Mes oreilles saignent quand il part.
17 juillet 2006
Ça va mieux
Ma première semaine après les vacances a été difficile et je ne savais pas trop pourquoi. Avant de tomber en vacances, j'étais débordée de travail et Tithom était quand même docile. Il jouait, bien tranquille à côté de moi pendant que je travaillais et il faisait des bonnes siestes pendant la journée. Ça me permettait donc de faire ce que j'avais à faire tout en passant du temps avec lui.
Pendant les vacances, nous étions toute la famille ensemble. Je jouais avec Tithom sans avoir l'impression de voir la pile de linge sale grossir à vue d'oeil, sans voir le travail s'empiler sur mon bureau, sans entendre le tic-tac de l'horloge m'indiquant qu'il n'y avait pas assez d'heures dans une journée. Tout était à jour: le lavage, le ménage, les petits travaux sur la maison.
De retour au travail, lundi dernier, j'ai eu de la difficulté à reprendre le rhytme. Tithom, qui devait s'être habitué d'avoir au moins un des deux parents en tout temps à côté de lui pendant les vacances, était très demandant. Il a été grognon et impatient toute la semaine. Il ne pouvait plus faire la même chose plus que 15 minutes. Ça devait bouger. Je devais l'amuser en tout temps. Bien que mon gros contrat soit terminé, j'avais quand même du travail à faire et je n'y arrivais pas. Le lavage s'est accumulé, les heures de sommeil ont diminué, la maison s'est remise en désordre. Quand je pouvais me permettre de travailler, je manquais de motivation et je procrastinais... Je me sentais prisonnière tout à coup. J'étouffais, en me demandant ce qui avait bien pu changer en si peu de temps.
On prend rapidement des habitudes, quand on est bien. J'ai dû m'habituer à être avec Hom à la maison. Le retour à la routine et au travail a frappé fort. Rien de dramatique, mais je me sentais écrasée un peu. Je sortais dehors quelques minutes pendant le rares siestes, pour respirer, pour avoir chaud, pour voir le soleil. Ce n'était pas assez.
On a beau aimer notre vie de famille de tout notre coeur, ça fait du bien, des fois, de se détacher de la routine. Sans me détacher de Tithom, j'ai quand même pu faire différent samedi et voir du monde. Je suis allée à un pic-nic avec des amies et le soir, j'allais au shower de bébé d'une amie du primaire. Tithom est resté avec moi tout ce temps, mais ça m'a tellement fait de bien de sortir de chez moi, de conduire, de voir des amies. D'autant plus que Hom a fait plein de tâches ménagères en mon absence, sans que j'aie à lui demander quoi que ce soit!
C'est facile à dire, qu'on doit prendre du temps pour soi. Mais ce n'est pas souvent facile à faire! Si j'étais en congé de maternité, ce serait sûrement moins pesant pour moi... mais comme je dois jongler entre le travail à mon compte et mon bonhomme de 5 mois et demi, tous deux de la maison, ça devient parfois lourd. Maintenant que je sais que ça ne prend qu'une journée à l'extérieur pour reprendre mon souffle, je vais essayer de le faire plus souvent... Facile à dire, oui. Essayons de rendre ça facile à faire maintenant...
Pendant les vacances, nous étions toute la famille ensemble. Je jouais avec Tithom sans avoir l'impression de voir la pile de linge sale grossir à vue d'oeil, sans voir le travail s'empiler sur mon bureau, sans entendre le tic-tac de l'horloge m'indiquant qu'il n'y avait pas assez d'heures dans une journée. Tout était à jour: le lavage, le ménage, les petits travaux sur la maison.
De retour au travail, lundi dernier, j'ai eu de la difficulté à reprendre le rhytme. Tithom, qui devait s'être habitué d'avoir au moins un des deux parents en tout temps à côté de lui pendant les vacances, était très demandant. Il a été grognon et impatient toute la semaine. Il ne pouvait plus faire la même chose plus que 15 minutes. Ça devait bouger. Je devais l'amuser en tout temps. Bien que mon gros contrat soit terminé, j'avais quand même du travail à faire et je n'y arrivais pas. Le lavage s'est accumulé, les heures de sommeil ont diminué, la maison s'est remise en désordre. Quand je pouvais me permettre de travailler, je manquais de motivation et je procrastinais... Je me sentais prisonnière tout à coup. J'étouffais, en me demandant ce qui avait bien pu changer en si peu de temps.
On prend rapidement des habitudes, quand on est bien. J'ai dû m'habituer à être avec Hom à la maison. Le retour à la routine et au travail a frappé fort. Rien de dramatique, mais je me sentais écrasée un peu. Je sortais dehors quelques minutes pendant le rares siestes, pour respirer, pour avoir chaud, pour voir le soleil. Ce n'était pas assez.
On a beau aimer notre vie de famille de tout notre coeur, ça fait du bien, des fois, de se détacher de la routine. Sans me détacher de Tithom, j'ai quand même pu faire différent samedi et voir du monde. Je suis allée à un pic-nic avec des amies et le soir, j'allais au shower de bébé d'une amie du primaire. Tithom est resté avec moi tout ce temps, mais ça m'a tellement fait de bien de sortir de chez moi, de conduire, de voir des amies. D'autant plus que Hom a fait plein de tâches ménagères en mon absence, sans que j'aie à lui demander quoi que ce soit!
C'est facile à dire, qu'on doit prendre du temps pour soi. Mais ce n'est pas souvent facile à faire! Si j'étais en congé de maternité, ce serait sûrement moins pesant pour moi... mais comme je dois jongler entre le travail à mon compte et mon bonhomme de 5 mois et demi, tous deux de la maison, ça devient parfois lourd. Maintenant que je sais que ça ne prend qu'une journée à l'extérieur pour reprendre mon souffle, je vais essayer de le faire plus souvent... Facile à dire, oui. Essayons de rendre ça facile à faire maintenant...
14 juillet 2006
Y fait beau
Y fait beau, y fait chaud.
Le soleil m'émerveille.
Vive les abeilles.
Le vent chaud me caresse la peau.
Une abeille qui zézeille essaie de m'piquer l'orteil.
Pépé et sa guitare
La musique de Pépé dans la tête, un verre d'eau à la limette dans la main, les yeux dans les nuages, je me balance dans le hamak. Il fait chaud. C'est étouffant, mais ça fait du bien. J'étais tannée d'être dans la maison. Le retour des vacances me fait filer croche. Je n'ai pas envie de travailler. Je me sens un peu prisonnière dans la maison, mais ça va passer.
Le soleil m'émerveille.
Vive les abeilles.
Le vent chaud me caresse la peau.
Une abeille qui zézeille essaie de m'piquer l'orteil.
Pépé et sa guitare
La musique de Pépé dans la tête, un verre d'eau à la limette dans la main, les yeux dans les nuages, je me balance dans le hamak. Il fait chaud. C'est étouffant, mais ça fait du bien. J'étais tannée d'être dans la maison. Le retour des vacances me fait filer croche. Je n'ai pas envie de travailler. Je me sens un peu prisonnière dans la maison, mais ça va passer.
23 juin 2006
C'est pas trop tôt!
Enfin, les vacances sont arrivées! Mon gros contrat est terminé et je respire!
Nous partons pour une semaine au chalet de ma mère, sur le bord d'un lac. Une grosse semaine à se faire dorer la couène, piquer par des mouches noires, réveiller par le chant des ouaouarons et à jouer avec bébé sans se faire déranger par un deadline ou le télécopieur. Et peut-être ré-initier Tithom aux joies de la baignade, qui sait...
Une première semaine de vacances en famille, j'ai bien hâte de vivre ça!
On se revoit dans une semaine! Et Tithom vous souhaite...
Nous partons pour une semaine au chalet de ma mère, sur le bord d'un lac. Une grosse semaine à se faire dorer la couène, piquer par des mouches noires, réveiller par le chant des ouaouarons et à jouer avec bébé sans se faire déranger par un deadline ou le télécopieur. Et peut-être ré-initier Tithom aux joies de la baignade, qui sait...
Une première semaine de vacances en famille, j'ai bien hâte de vivre ça!
On se revoit dans une semaine! Et Tithom vous souhaite...
13 juin 2006
Wonder-woman
Une amie m'a dit, l'autre jour: "Je ne sais pas comment tu fais! Tu dois être une wonder-woman, pour faire tout ce que tu fais! Moi, je n'y arriverais jamais! Et tu n'as même pas l'air fatiguée!"
Je ne me considère pas du tout wonder-woman. Encore moins ces jours-ci. Je me sens fatiguée et dépassée par tout ce que j'ai à faire. Tithom est de plus en plus réveillé, ce qui occupe une grande partie de mes journées. Il aime jouer, mais pas tout seul. Je dois donc l'amuser, faire bouger ses jouets, danser et chanter. Ça me fait plaisir de faire tout ça, bien entendu! Je ferais ça toute la journée si je le pouvais. Mais quand j'ai un deadline à respecter, quand je sais que les courriel s'accumulent et que je vais devoir mettre les bouchées doubles plus tard, ça m'essoufle et je me sens coupable. Mon contrat bi-annuel tire à sa fin, heureusement. En attendant, je dois faire plusieurs choses à la fois: chanter à mon fils pendant que je corrige une pub, lire mes forums rapidement pendant que je transfers un fichier ou que j'imprime une épreuve, dîner pendant que je fais une brassée de linge, prendre ma douche à la course pendant une sieste de Tithom... vous voyez le genre. Le soir venu, je quitte mon ordi pour souper avec Hom. Puis c'est l'heure du boire, du bain et du dodo de Tithom. Ces temsp-ci, bébé est très long à endormir. Monsieur ne veut rien manquer, alors il se frotte les yeux, se force pour rester éveillé et me regarde en souriant, alors que je le berce d'une main pendant que j'écris dans mon blog de l'autre. Quand il est couché, c'est un petit tour rapide de mon monde internet, quelques minutes pour faire un peu de ménage, plier et ranger les vêtements et si on est chanceux, on peut regarder un peu de télé avant le dodo.
J'en prends peut-être beaucoup sur mes épaules, mais je n'ai pas l'habitude d'en prendre plus que je peux en supporter. Seulement... ces temps-ci, mes épaules sont fatiguées... Mon contrat est long et demandant, Tithom fait ses dents, demande beaucoup d'attention, sans parler des tâches quotidiennes dans la maison... Quand le contrat sera terminé, je pourrai souffler et m'occuper de Tithom à temps plein (ou presque). La maison est propre, nous mangeons bien, les vêtements sont lavés et rangés, je ne prends donc pas de retard là-dessus. Hom en fait beaucoup aussi, même s'il passe ses journées au bureau. Je pourrais laisser tomber mes rares hobbies pour avoir plus de temps pour souffler... mais je n'aime pas non-plus ne rien faire... je ne sais peut-être plus comment!
Plus que 10 jours avant la fin du contrat et mes deux semaines de vacances.
Je ne suis pas une wonder-woman. Je ne veux pas l'être non-plus. Je fais seulement ce que je dois faire...
Je ne me considère pas du tout wonder-woman. Encore moins ces jours-ci. Je me sens fatiguée et dépassée par tout ce que j'ai à faire. Tithom est de plus en plus réveillé, ce qui occupe une grande partie de mes journées. Il aime jouer, mais pas tout seul. Je dois donc l'amuser, faire bouger ses jouets, danser et chanter. Ça me fait plaisir de faire tout ça, bien entendu! Je ferais ça toute la journée si je le pouvais. Mais quand j'ai un deadline à respecter, quand je sais que les courriel s'accumulent et que je vais devoir mettre les bouchées doubles plus tard, ça m'essoufle et je me sens coupable. Mon contrat bi-annuel tire à sa fin, heureusement. En attendant, je dois faire plusieurs choses à la fois: chanter à mon fils pendant que je corrige une pub, lire mes forums rapidement pendant que je transfers un fichier ou que j'imprime une épreuve, dîner pendant que je fais une brassée de linge, prendre ma douche à la course pendant une sieste de Tithom... vous voyez le genre. Le soir venu, je quitte mon ordi pour souper avec Hom. Puis c'est l'heure du boire, du bain et du dodo de Tithom. Ces temsp-ci, bébé est très long à endormir. Monsieur ne veut rien manquer, alors il se frotte les yeux, se force pour rester éveillé et me regarde en souriant, alors que je le berce d'une main pendant que j'écris dans mon blog de l'autre. Quand il est couché, c'est un petit tour rapide de mon monde internet, quelques minutes pour faire un peu de ménage, plier et ranger les vêtements et si on est chanceux, on peut regarder un peu de télé avant le dodo.
J'en prends peut-être beaucoup sur mes épaules, mais je n'ai pas l'habitude d'en prendre plus que je peux en supporter. Seulement... ces temps-ci, mes épaules sont fatiguées... Mon contrat est long et demandant, Tithom fait ses dents, demande beaucoup d'attention, sans parler des tâches quotidiennes dans la maison... Quand le contrat sera terminé, je pourrai souffler et m'occuper de Tithom à temps plein (ou presque). La maison est propre, nous mangeons bien, les vêtements sont lavés et rangés, je ne prends donc pas de retard là-dessus. Hom en fait beaucoup aussi, même s'il passe ses journées au bureau. Je pourrais laisser tomber mes rares hobbies pour avoir plus de temps pour souffler... mais je n'aime pas non-plus ne rien faire... je ne sais peut-être plus comment!
Plus que 10 jours avant la fin du contrat et mes deux semaines de vacances.
Je ne suis pas une wonder-woman. Je ne veux pas l'être non-plus. Je fais seulement ce que je dois faire...
6 avril 2006
Un saut difficile
J'ai un contrat qui revient à tous les 6 mois et c'est bientôt le temps. Dans une semaine ou deux, je recommencerai ce contrat. Je voudrais bien le laisser tomber, mais je ne peux pas (financièrement) et je ne veux pas vraiment (seul contrat que j'aime vraiment). Cette fois-ci, la venue de ce contrat amène des tas de questions et je n'arrive pas à trouver des réponses qui me plaisent.
Si c'était un contrat comme les autres, je ne me poserais pas de question. Je le ferais de la maison, comme les autres, avec bébé près de moi, et ça finirait là. Mais non, pour ce contrat-là, je dois me déplacer et passer plusieurs journées à l'extérieur. La dernière fois, j'ai dû passer 7 jours complets (dans l'espace de 6 semaines) dans leurs bureaux. Cette fois-ci, je voudrais ne pas avoir à me déplacer du tout, mais je n'aurai pas le choix... Juste de penser à faire garder Tithom et le coeur me brise. Mais faire garder Tithom n'est pas si pire comparativement à ce qui fait éclater mon coeur en miettes... ce qui amène des larmes à mes yeux juste à y penser... ce qui peut sembler ridicule et possessif pour d'autres, mais qui est très important pour moi... l'allaitement.
Je tire mon lait de temps en temps depuis ma première montée laiteuse, dans le but justement de faire des réserves pour mes journées de pige. L'idée de donner un biberon à mon fils ne me plaît pas du tout, mais je pourrais me faire à l'idée si c'était moi ou Hom qui le lui donnait. Mais non. Ça devra être une grand-mère et je n'arrive pas à me faire à l'idée. JE le nourris, de MON lait. JE suis sa source de vie. JE suis celle qui le fait grandir, grossir, se développer. J'ai le privilège de vivre cette relation spéciale avec lui, de le tenir près de moi, alors que MON lait coule dans sa bouche, qu'il serre les poings, ferme les yeux et boit. Ça m'appartient. Ça nous appartient. C'est notre petit moment à nous deux, notre terrain privé. Ça me fait mal de penser que quelqu'un d'autre pourrait avoir ce privilège, encore plus si ce n'est pas Hom. Je ne peux pas imaginer Tithom dans les bras de quelqu'un d'autre, buvant mon lait dans une bouteille, sans que je ne sois là. Je ne peux imaginer qu'une simple bouteille puisse changer mon statut d'essentielle.
Je n'ai rien contre le biberon en tant que tel. Bien sûr, si je pouvais m'en passer, je le ferais. Mais je n'aurai pas le choix. Les chances que je puisse passer seulement quelques heures dans les bureaux de mon client sont minces. Ma mère et celle de Hom se sont offertes pour garder Tithom. Une amie et mon père aussi. Je leur fais confiance, le problème n'est pas là. Je dois être trop possessive, je ne sais pas... Déjà que je vais manquer quelques heures de la vie de mon bonhomme, que pendant plusieurs heures, je ne saurai pas ce qu'il fait, s'il est bien, s'il dort, s'il s'amuse... si en plus je dois me demander s'il boit bien... même si au fond je sais qu'il boira bien... mais pas de mon sein...
Je dois me compliquer la vie pour rien, j'imagine... Je n'aurai pas le choix de plonger, même si ça ne me tente pas du tout. Je sais, au fond de moi, qu'un biberon ne lui fera pas de tord. Ce sera mon lait en plus. Je sais qu'il ne m'en voudra pas. Je sais que je continuerai à être sa maman, à être celle qui lui fournit son lait, à être essentielle, malgré le biberon. je sais que je resterai sa maman qui l'aime et qu'il aime. Je sais que ça ne fait pas de moi une mauvaise mère. Je sais que c'est quand même pratique, s'il prend le biberon, si j'ai à sortir d'urgence, par exemple... Je sais que ça ne gâchera pas mon allaitement. Je sais qu'il ne préfèrera pas sa grand-mère à moi. Je sais tout ça! Mais je n'arrive quand même pas à faire la paix avec tout ça...
J'ai encore quelques jours, peut-être semaines, avant de devoir faire le grand saut. Nous allons lui donner le biberon avant, question de l'habituer et de voir s'il le prend bien. Peut-être qu'après avoir vu Hom nourrir bébé, je serai un peu moins possessive... C'est à suivre...
Si c'était un contrat comme les autres, je ne me poserais pas de question. Je le ferais de la maison, comme les autres, avec bébé près de moi, et ça finirait là. Mais non, pour ce contrat-là, je dois me déplacer et passer plusieurs journées à l'extérieur. La dernière fois, j'ai dû passer 7 jours complets (dans l'espace de 6 semaines) dans leurs bureaux. Cette fois-ci, je voudrais ne pas avoir à me déplacer du tout, mais je n'aurai pas le choix... Juste de penser à faire garder Tithom et le coeur me brise. Mais faire garder Tithom n'est pas si pire comparativement à ce qui fait éclater mon coeur en miettes... ce qui amène des larmes à mes yeux juste à y penser... ce qui peut sembler ridicule et possessif pour d'autres, mais qui est très important pour moi... l'allaitement.
Je tire mon lait de temps en temps depuis ma première montée laiteuse, dans le but justement de faire des réserves pour mes journées de pige. L'idée de donner un biberon à mon fils ne me plaît pas du tout, mais je pourrais me faire à l'idée si c'était moi ou Hom qui le lui donnait. Mais non. Ça devra être une grand-mère et je n'arrive pas à me faire à l'idée. JE le nourris, de MON lait. JE suis sa source de vie. JE suis celle qui le fait grandir, grossir, se développer. J'ai le privilège de vivre cette relation spéciale avec lui, de le tenir près de moi, alors que MON lait coule dans sa bouche, qu'il serre les poings, ferme les yeux et boit. Ça m'appartient. Ça nous appartient. C'est notre petit moment à nous deux, notre terrain privé. Ça me fait mal de penser que quelqu'un d'autre pourrait avoir ce privilège, encore plus si ce n'est pas Hom. Je ne peux pas imaginer Tithom dans les bras de quelqu'un d'autre, buvant mon lait dans une bouteille, sans que je ne sois là. Je ne peux imaginer qu'une simple bouteille puisse changer mon statut d'essentielle.
Je n'ai rien contre le biberon en tant que tel. Bien sûr, si je pouvais m'en passer, je le ferais. Mais je n'aurai pas le choix. Les chances que je puisse passer seulement quelques heures dans les bureaux de mon client sont minces. Ma mère et celle de Hom se sont offertes pour garder Tithom. Une amie et mon père aussi. Je leur fais confiance, le problème n'est pas là. Je dois être trop possessive, je ne sais pas... Déjà que je vais manquer quelques heures de la vie de mon bonhomme, que pendant plusieurs heures, je ne saurai pas ce qu'il fait, s'il est bien, s'il dort, s'il s'amuse... si en plus je dois me demander s'il boit bien... même si au fond je sais qu'il boira bien... mais pas de mon sein...
Je dois me compliquer la vie pour rien, j'imagine... Je n'aurai pas le choix de plonger, même si ça ne me tente pas du tout. Je sais, au fond de moi, qu'un biberon ne lui fera pas de tord. Ce sera mon lait en plus. Je sais qu'il ne m'en voudra pas. Je sais que je continuerai à être sa maman, à être celle qui lui fournit son lait, à être essentielle, malgré le biberon. je sais que je resterai sa maman qui l'aime et qu'il aime. Je sais que ça ne fait pas de moi une mauvaise mère. Je sais que c'est quand même pratique, s'il prend le biberon, si j'ai à sortir d'urgence, par exemple... Je sais que ça ne gâchera pas mon allaitement. Je sais qu'il ne préfèrera pas sa grand-mère à moi. Je sais tout ça! Mais je n'arrive quand même pas à faire la paix avec tout ça...
J'ai encore quelques jours, peut-être semaines, avant de devoir faire le grand saut. Nous allons lui donner le biberon avant, question de l'habituer et de voir s'il le prend bien. Peut-être qu'après avoir vu Hom nourrir bébé, je serai un peu moins possessive... C'est à suivre...
26 mars 2006
Papa doit travailler
Il ne reste plus qu'une journée avec Hom à la maison. Déjà 8 semaines d'écoulées depuis la naissance de Tithom. Ça a passé tellement vite! J'ai eu énormément de chance d'avoir mon chum avec moi pour les premières semaines avec le bébé. Nous avons appris ensemble à prendre soin de Tithom. Nous avons appris ensemble ce qu'était notre nouvelle vie de famille.
J'étais habituée à être seule toute la journée, toute la semaine. C'était tout un changement de me retrouver, du jour au lendemain, avec un bébé et un chum à la maison! Mes journées tranquilles et silencieuses se sont transformées en journées animées et parfois épuisantes, mais toujours remplies d'amour. Je n'étais plus seule dans ma maison, devant mon ordi, à travailler. J'étais maintenant avec ma petite famille, bébé se balançant, Hom grattant sa guitare près de nous. Je ne déjeunais plus seule devant une revue. Je déjeunais entre deux boires, avec Hom, avec les nouvelles à la télé en bruit de fond. Toutes les tâches ont été partagées en deux. Hom a fait plus que sa part, même! Il faisait la vaisselle, une partie du lavage, les vidanges, le recyclage, l'épicerie... Il changeait les couches et endormait bébé quand maman avait les nerfs à vif. Il m'a encouragée à ne pas lâcher prise pour l'allaitement. Il m'a appris à me réveiller sur demande, moi qui étais une grande dormeuse. En 10 ans de vie de couple, nous n'avions jamais passé une si longue période, 24 heures sur 24 ensemble. Ça m'a pris un temps d'adaptation. Je devais non seulement m'adapter à ma nouvelle vie de maman, mais je devais aussi m'habituer à bien des petits trucs énervants de Hom. J'ai beau l'aimer de tout mon coeur, mon corps et mon âme, il a certaines manies qui finissent pas me tomber sur les nerfs. Huit semaines, c'est quand même un bon bout de temps!
Il retourne travailler mardi. Il va me manquer sans bon sens. Je vais m'ennuyer de tout, même de ses manies énervantes. J'aimais nos journées, tous les trois ensemble, à ne pas se demander qu'est-ce qu'on ferait aujourd'hui, à ne pas suivre d'horaire, à ne pas nous en faire avec le travail, le souper, le ménage. J'ai adoré découvrir le papa merveilleux qu'est Hom. Et je continue de le découvrir un peu plus à chaque jour. Je vais m'ennuyer de sa présence rassurante quand je doute de mes compétences de maman, de sa façon de me remettre sur la bonne voie quand je déraille. Je vais me retrouver seule avec Tithom pour une grande partie de la journée. J'ai très hâte, mais ça me fait aussi peur. Je vais y arriver, j'en doute pas. Mais le papa va nous manquer. Ça fera sans doute des retrouvailles joyeuses le soir venu. Et nous savourerons chaque petit moment passé en famille.
La routine s'installera à nouveau. Certaines habitudes reviendront, d'autres partiront à jamais. C'est encore une nouvelle vie qui commence. Une vie de famille. MA famille.
J'étais habituée à être seule toute la journée, toute la semaine. C'était tout un changement de me retrouver, du jour au lendemain, avec un bébé et un chum à la maison! Mes journées tranquilles et silencieuses se sont transformées en journées animées et parfois épuisantes, mais toujours remplies d'amour. Je n'étais plus seule dans ma maison, devant mon ordi, à travailler. J'étais maintenant avec ma petite famille, bébé se balançant, Hom grattant sa guitare près de nous. Je ne déjeunais plus seule devant une revue. Je déjeunais entre deux boires, avec Hom, avec les nouvelles à la télé en bruit de fond. Toutes les tâches ont été partagées en deux. Hom a fait plus que sa part, même! Il faisait la vaisselle, une partie du lavage, les vidanges, le recyclage, l'épicerie... Il changeait les couches et endormait bébé quand maman avait les nerfs à vif. Il m'a encouragée à ne pas lâcher prise pour l'allaitement. Il m'a appris à me réveiller sur demande, moi qui étais une grande dormeuse. En 10 ans de vie de couple, nous n'avions jamais passé une si longue période, 24 heures sur 24 ensemble. Ça m'a pris un temps d'adaptation. Je devais non seulement m'adapter à ma nouvelle vie de maman, mais je devais aussi m'habituer à bien des petits trucs énervants de Hom. J'ai beau l'aimer de tout mon coeur, mon corps et mon âme, il a certaines manies qui finissent pas me tomber sur les nerfs. Huit semaines, c'est quand même un bon bout de temps!
Il retourne travailler mardi. Il va me manquer sans bon sens. Je vais m'ennuyer de tout, même de ses manies énervantes. J'aimais nos journées, tous les trois ensemble, à ne pas se demander qu'est-ce qu'on ferait aujourd'hui, à ne pas suivre d'horaire, à ne pas nous en faire avec le travail, le souper, le ménage. J'ai adoré découvrir le papa merveilleux qu'est Hom. Et je continue de le découvrir un peu plus à chaque jour. Je vais m'ennuyer de sa présence rassurante quand je doute de mes compétences de maman, de sa façon de me remettre sur la bonne voie quand je déraille. Je vais me retrouver seule avec Tithom pour une grande partie de la journée. J'ai très hâte, mais ça me fait aussi peur. Je vais y arriver, j'en doute pas. Mais le papa va nous manquer. Ça fera sans doute des retrouvailles joyeuses le soir venu. Et nous savourerons chaque petit moment passé en famille.
La routine s'installera à nouveau. Certaines habitudes reviendront, d'autres partiront à jamais. C'est encore une nouvelle vie qui commence. Une vie de famille. MA famille.
Catégories:
congé de maternité,
famille,
Hom,
nouvelle maman,
travail
S'abonner à :
Messages (Atom)