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20 avril 2012

Naissance d'un troisième mousquetaire

Ma date prévue d’accouchement est arrivée sans grande surprise. Sans grande surprise non-plus, j’étais encore dilatée seulement à 1,5 cm. Je m’attendais à ne pas accoucher avant, comme pour mes deux autres garçons. Mon docteur ne semblait pas stressé non-plus et n’a pas parlé induction à mon rendez-vous de 40 semaines. Il m’a demandé si j’avais accouché naturellement de mes deux autres, s’ils avaient été en retard et si ça avait été rapide. Il m’a tout de même demandé de revenir deux jours plus tard pour une échographie, question de s’assurer que tout était encore ok pour attendre une semaine de plus.

Je suis donc allée à l’hôpital vendredi le 9 septembre. Une écho de routine, où je n’ai pas pu admirer le profil ou les petites mains de mon bébé. J’ai vu une tête, une jambe (je crois?), sans plus. Le doc a pris des mesures et m’a dit que tout était ok. Je devais prendre un autre rendez-vous pour la semaine suivante. Par curiosité, je lui ai demandé le poids estimé, lui disant que mon deuxième pesait presque 10 livres à la naissance. Il m’a dit que celui-là serait plus petit que ça, puis a regardé ses mesures et rajouté “Autour de 9 livres”.

Nous avons essayé de bouger pas mal la fin de semaine suivante, espérant du coup faire bouger les choses. Avant-midi aux portes ouvertes des fermes, à marcher dehors. Aucune contraction. Niet. Même si je ne me décourageais pas, je commençais à m’impatienter. Je ne voulais pas d’induction, pas d’intervention. Je voulais que bébé décide, mais à chaque jour qui passait, je voyais les chances que cela se produise diminuer un peu.

Le mardi suivant, le 13, j’ai décidé de prendre mon avant-midi pour relaxer et ne rien faire. Mes commandes étaient terminées, j’étais à jour dans tous mes trucs. Je me suis écrasée et j’ai regardé la télé. Et j’ai eu des contractions. Rien de douloureux ni régulier, mais tout de même plus fréquent que les jours précédents. À chaque fois que j’allais à la toilette, je scrutais le papier, à la recherche d’une trace de bouchon, signe que mon col s’ouvrait. Rien. Mais les contractions ont duré, de façon intermittente, toute la journée. Quand je suis allée chercher Tilou à l’école, une autre maman me dit “encore là toi?!” et je lui ai répondu que ça commençait à travailler, enfin. Le soir venu, j’ai dit à Hom que j’avais commencé à avoir des contractions plus fréquentes. Il s’est mis à stresser, certain que ça y était. Je lui ai dit de relaxer, que ça voulait seulement dire que ça approchait. Mais j’étais certaine que c’était encore une question de jours et non d’heures.

Ce soir là, bébé gigottait tellement dans mon ventre, c’était fou! Des grosses bosses qui bougeaient, des pics pointus qui sortaient… j’avais l’impression qu’il essayait de se tourner. Nous regardions la télé en fin de soirée quand Hom a décidé de chronométrer mes contractions (vers 22h20). Il trouvait qu’elles étaient soudainement plus fréquentes. Et moi, secrètement, je les trouvais un peu plus pesantes, mais pas encore douloureuses. J’étais aux 10-12 minutes. On a décidé d’aller nous coucher, espérant faire des réserves d’énergie pour une journée d’accouchement le lendemain ou surlendemain. Comme nous nous trompions! J’étais aux 10 minutes, puis aux 3 minutes, 6 minutes… À chaque fois qu’elles s’espaçaient, je me disais “ouf, c’est arrêté, je vais pouvoir dormir.” J’étais si fatiguée, j’avais mal au coeur, je ne me sentais pas du tout en forme pour accoucher là, là! Mais vers 23h20, elles étaient aux 2 minutes et ça ne changeait plus. C’était rapide, c’était inconfortable, c’était déroutant. Je devais me faire à l’idée: j’allais accoucher. Hom n’avait pas besoin d’un signe de ma part pour savoir quand commençait et se terminait une contraction: il le savait au son que je faisais en soufflant. J’ai essayé de prendre les contractions couchée, avec un oreiller entre les genoux, en soufflant. Ça allait bien, mais je sentais que ça irait en empirant assez rapidement. Hom a donc appelé l’hôpital. L’infirmière voulait me parler directement. Elle m’a demandé si mes contractions étaient douloureuses. Je me disais que ce n’était pas si pire, mais oui, selon moi, ça s’en venait. Elle m’a demandé si j’avais essayé de prendre un bain chaud. Je lui ai répondu que je n’avais pas osé, parce qu’à mon dernier, ça avait beaucoup accéléré les choses. Elle a dit “Viens-t-en, on t’attend.” Nous avons donc appelé mon père. J’arrivais à parler et bien fonctionner entre les contractions. Mon moral était bon, je ne me sentais pas encore dépassée par la douleur ou les changements qui s’opéraient dans mon corps. Je faisais même des blagues entre les contractions. Nous avons terminé les bagages, je me suis habillée. Je suis allée donner un bisou à mes deux grands, qui allaient bientôt accueillir un nouveau petit frère.

La copine de mon père est arrivée et nous sommes partis. Hom avait placé des piqués sur son siège d’auto, au cas où je crèverais mes eaux. Les quelques premières contractions assise étaient plus difficiles à prendre, mais c’était moins pire qu’à Tilou. Je trouvais tout de même la route longue! J’ai regardé l’heure sur la 132, en flattant ma bédaine pour une des dernières fois: 23h55. Mon petit allait donc naître le 14 septembre. J’ai dit à mon ventre que c’était fini, que ça allait bien aller. J’étais nerveuse, mais je n’avais pas peur.

Nous sommes arrivés à l’hôpital vers minuit et dix. Hom m’a laissée à la porte principale, après ma contraction, et est allé stationner la voiture. Je suis donc entrée seule dans l’hôpital qui semblait vide. Deux gardes de sécurité parlaient entre elles. Je leur ai demandé où était l’ascenceur. Elles m’ont demandé si c’était pour accoucher, j’ai dit oui. Elles m’ont offert une chaise roulante, que j’ai refusée en disant que je préférais prendre les contractions debout. Elles semblaient incertaines. Je leur ai dit que mon conjoint s’en venait et je me suis dirigée vers les ascenceurs. La porte s’est ouverte, j’ai appuyé sur le bouton numéro 3 et je suis montée. Ça allait bien, les contractions se prenaient bien en marchant.

Je suis arrivée au comptoir d’accueil. C’était si silencieux! L’infirmière m’attendait et m’a dirrigée au triage. Elle m’a demandé de faire un test d’urine (pourquoi, je l’ignore) et de mettre la chemise d’hôpital. Quand je suis sortie de la salle de bain, Hom était arrivé. Je me suis étendue sur le lit pour que l’infirmière m’examine. Mes contractions étaient toujours aussi fréquentes et pesantes. Mais couchée, c’était plus difficile de les traverser en soufflant. Ça me faisait très mal dans le bas du dos. Ça élançait dans les jambes. J’arrivais à les contrôler en poussant avec mes bras de toutes mes forces. J’étais très inconfortable sur le lit. L’infirmière a installé le moniteur du bébé et celui des contractions. Elle m’a posé toutes sortes de questions. Quand j’avais une contraction, tout mon corps se contractait. C’était ma façon de les traverser. Elle me disait de garder mes fesses molles. Facile à dire! Ça me semblait une éternité. Elle ne m’avait même pas encore examinée! Je voulais me lever, marcher, traverser les contractions en bougeant, pas dans le lit. Après peut-être 30 minutes de gossage, elle a fini par m’examiner le col. C’était insupportable! Surtout lorsque j’ai eu une contraction en même temps. Elle ne semblait pas certaine. Selon elle, j’étais à “7 plus”, mais elle voulait l’avis de sa supérieure. Je devais donc encore rester couchée et attendre. Quand sa supérieure est finalement arrivée, elle a confirmé que j’étais à 7 plus. Elles m’ont donc admises. J’allais accoucher. Et pouvoir me lever!

Une fois les moniteurs enlevés, je me suis levée. Une contraction m’a prise par surprise. Je ne savais plus comment les traverser! J’avais l’impression de soudainement perdre le contrôle. Ce n’était plus pareil. Au lieu d’être dans mon ventre ou mon dos, c’était maintenant dans mon col. Je ne savais plus comment me placer, comment bouger, comment respirer. L’infirmière m’a dirrigée à ma chambre d’accouchement. J’ai eu une contraction en chemin, mais je ne voulais pas arrêter. Je voulais juste me rendre à ma chambre, rapidement. Arrivée dans la chambre, une autre forte contraction m’a surprise. Je ne savais plus comment respirer, j’avais perdu le contrôle, c’était trop intense. Je sentais que ça poussait, très fort. J’étais certaine que ça y était. Je disais “ça pousse, ça pousse!” en m’aggripant aux bras de Hom. Les infirmières étaient un peu incrédules. Elles me disaient de bien respirer, de relaxer, de ne pas serrer les fesses. Je voulais juste pousser! Elles m’ont demandé de m’étendre sur le lit, pour m’examiner. Le lit était tellement haut et personne n’a pensé le baisser pour m’aider. Il a fallu que Hom me prenne (presque) pour que je puisse me coucher. C’était maintenant tellement intense que je criais. J’étais complète, mais ma poche des eaux était encore intacte. À ce que Hom m’a dit, les infirmières avaient l’air paniquées. Le docteur était introuvable. La poche sortait un peu. Elles ne savaient pas quoi faire. Elles me répétaient de ne pas pousser, de bien respirer, de garder les fesses molles. Ne pas pousser! Franchement! Comme si j’avais le contrôle là-dessus! Bébé poussait tout seul, je n’y pouvais rien. Je criais, ça faisait mal, c’était hors de mon contrôle. Je me retenais du mieux que je pouvais, mais je sentais que je n’y arriverais pas très longtemps.

J’ai senti un peu de liquide chaud couler. Mes eaux. Bébé arrivait, docteur ou pas. Heureusement, un docteur qui était en césarienne est venu à la rescousse des pauvres infirmières paniquées. Elle m’a dit “quand tu sens que ça pousse, vas-y, pousse!” Et bizarrement, je me retrouvais entre deux contractions, à reprendre mon souffle, à me recentrer. Puis la poussée s’est faite sentir. J’ai poussé de toutes mes forces, mais je savais que je ne faisais qu’aider bébé qui faisait déjà une bonne partie du travail lui-même. Ça brûlait. Je sentais sa tête passer. Puis tout son corps, d’un seul coup. Une seule poussée et il était là! Il est né à 1h03. J’ai entendu le docteur dire qu’il avait 3 tours de cordon. Hom a dit qu’elle avait dû l’attraper tellement il est sorti rapidement. Elles l’ont déposé sur moi et je l’ai trouvé si beau, mais si petit! J’ai soupiré “seigneur!”, pleine de surprise, n’arrivant pas à croire que ça avait été si rapide encore une fois. J’ai dit à Hom “il est petit!” Il m’a dit que je les trouvais toujours petit. Non, non, il est petit, je te dis! Mais si beau. Si beau!

Quand le temps de la pesée est venu, on a bien vu que j'avais raison: bébé pesait 7 livres 10 onces. Un bébé bien normal, j'en conviens, mais si petit quand on s'attend à un patapouf de 9-10 livres!

Il a par la suite bien pris le sein. J'étais heureuse, fatiguée et euphorique à la fois. J'étais maintenant maman de trois garçons. Moi! Maman trois fois! Qui aurait cru cela possible, il y a 7 ans...

13 avril 2012

Un an

Un an depuis mon dernier billet. Comment reprendre le temps perdu? Comment résumer ces derniers 12 mois sans m'éterniser? Comment raconter tout ce qui a pu arriver, en un an...

En commençant par le début, j'imagine.

Dans mon dernier billet, nous étions sur le point de partir en voyage à Cuba. Un voyage en amoureux, sans les enfants. Dernière chance pour nous, avant la venue de bébé #3 et de l'entrée à l'école de Tithom. Ce voyage a surpassé nos attentes. Nous nous sommes retrouvés, avons dormi comme nous le voulions, quand nous le voulions. Nous avons lu, profité du soleil et de la mer magnifique. Nous avons visité la Havane (un coup de foudre!). Un superbe voyage qu'il nous fallait et qui nous a réellement fait du bien.

À notre retour, nous avions l'échographie où nous allions apprendre le sexe de notre troisième bébé. Les deux grands sont venus avec nous. Tithom voulait une petite soeur, Tilou un petit frère. Un seul a eu ce qu'il voulait: Tilou. Eh oui, un troisième garçon! Bien en santé, avec tous ses morceaux. Nous étions heureux.

Ma grossesse s'est bien déroulée. Je me sentais bien, belle et zen. J'étais en paix avec l'idée que ce serait ma dernière. Mon corps me signalait tout de même que je n'avais plus 20 ans. J'ai commencé à faire des varices sur les molets. Mes canaux carpiens me faisaient souffrir. Et mon taux de sucre était limite. Pas de panique, je prends tout en main et je profite tout de même de chaque jour de cette grossesse. C'est si différent, être enceinte en été! Je peux profiter des piscines, porter des sandales, des jupettes et des camisoles. Par contre, je ne peux être aussi active que je le voudrais avec mes grands garçons.

En juillet arrive le temps des vacances. Je les commence par un petit voyage en Ohio avec mon père, sa conjointe et ma tante, pour le mariage de ma cousine. Nous y allons en voiture. Les paysages sont superbes et les pêches sont délicieuses. Après le mariage (sublime!), je prends l'avion, seule, pour revenir. C'est long et un peu difficile pour mes jambes de devoir rester assise, mais ça se passe bien. Je retrouve mes enfants et mon chum et nos vacances en famille commencent! Baignade, la Ronde, le zoo, les popsicles, le bon temps. De belles vacances, quoi! Le mois de juillet se terminera par un autre mariage, celui de mon petit frère, en Abitibi. Un autre périple! Je trouve la route longue, rendue à 34 semaines de grossesse. Je porte de superbes bas de soutien, pour minimiser les varices ainsi qu'une jolie attèle pour mon poignet. Vraiment, j'ai un beau look! Un autre beau mariage, une courte visite du nouveau chez-soi de mon petit frère et hop, on revient au bercail.

Le mois d'août se passe doucement. Ma mobilité réduite par mon ventre immense m'empêche de jouer dehors autant que je voudrais, mais nous faisons tout de même quelques sorties en famille. J'espère encore secrètement ne pas me rendre à 41 semaines comme pour les autres grossesses, mais je n'y crois plus tellement. Pour la première fois, j'ai un peu de chemin de fait: 1,5 cm! Rien de gros, mais je n'avais jamais eu cela avant et ça m'encourage. Les semaines passent. Rien. Ma date prévue approche. Rien. Je me sens malgré tout bien et je ne suis pas tannée d'être enceinte. Petit bonhomme gigotte beaucoup, me donne des coups dans les côtes et je savoure chaque minute.

L'été tire à sa fin. L'école approche. Tithom avait été déçu de ne pas être pigé pour l'école alternative (et nous de même). J'avais réussi à le convaincre que l'école du quartier (que nous avions pu visiter en juin) était bien et qu'il aimerait ça. Pas deux semaines avant la rentrée, je reçois un coup de fil. "Une place vient de se libérer à l'école alternative. Êtes-vous toujours intéressés?" Quelle joie! Mon grand Tithom entre à la maternelle au début de septembre. C'est une transition un peu difficile pour moi, devoir gérer les horaires différents et l'implication à l'école, mais il adore tellement ça que je prends mon mal en patience.Tilou, lui, entre à la petite école où Tithom était allé. Il s'y sent comme un poisson dans l'eau.

Puis, enfin, le 14 septembre, mon troisième garçon vient au monde (je réserve le récit pour un autre billet). Un beau bébé, un bébé parfait qui fait le bonheur de toute la famille. Les débuts de l'allaitement ne se déroulent pas très bien. Ironique, pour une maman qui en est à son troisième allaitement et qui est marraine d'allaitement depuis 5 ans! Crevasses, gerçures, engorgement. Je souffre à chaque boire, je pleure, j'appréhende chaque tétée. Je vais chercher de l'aide et avec beaucoup de patience et d'onguent, je finis par prendre le dessus. Bébé est tranquille, souriant, joyeux, sautillant et en plus, il est mon premier fils avec mes yeux bruns! C'est un bon bébé. Ses grands frères l'adorent.

En janvier, Tithom a eu 6 ans. En mars, Tithom a eu 4 ans. C'est fou comme la vie peut nous surprendre par son rhytme à la fois lent et rapide! Bébé a maintenant presque 7 mois. La routine s'installe, malgré quelques imprévus par ci, par là. Une vie de famille comme j'en rêvais, ou presque. Trois beaux garçons en santé, que pourrais-je demander de mieux?

7 mars 2011

Une autre rencontre

Nous avons décidé, une fois encore, de faire le test de clarté nucale, donc l'échographie et les deux prises de sang. Malheureusement, je n'ai pas réussi à avoir un rendez-vous une journée où Hom était en ville. De nombreux déplacements (dont un voyage en Floride et un autre à Vancouver) dans les dernières semaines, en plus de la semaine de relâche (donc journées de clinique diminuées) et du fait que notre période pour cette écho était restreinte, tout cela a fait que c'était impossible pour Hom d'y assister. Nous étions déçus, mais ce qui comptait avant tout, c'était la santé du bébé.

Comme Tithom n'avait pas d'école ce jour-là, j'avais décidé de l'amener avec moi. Et comme ma mère m'achale toujours pour assister à mes accouchements (il n'en est PAS QUESTION!), je me disais que ce serait un petit prix de consollation pour elle. Après avoir annoncé notre bonne nouvelle à la famille, je l'ai donc invitée à assister à l'échographie. Elle en était très heureuse.

Donc, mercredi matin dernier, je me rends à la clinique avec mes deux accolytes. J'ai essayé d'expliquer à Tithom qu'on allait voir le bébé, mais que ce ne serait pas très clair sur la télé, que ce serait en gris et que le docteur devait prendre des mesures.

Je m'étends sur la table et dès que le docteur pose la sonde sur mon ventre, on voit le bébé apparaître très clairement à l'écran. Il me semble ne jamais l'avoir vu aussi clairement à ce stade. Tout de suite, on voit très bien sa colonne vertébrale. Le doc s'exclame "tu as pris de l'acide folique, toi!" Tithom voit bien le bébé aussi. Ma mère est hypnotisée par l'écran. Bébé bouge sans arrêt (pas surprenant que j'aie déjà commencé à le/la sentir bouger), croise ses petites jambes, se couche avec les fesses dans les airs, semble nous saluer avec sa petite main... Tithom rigole, il trouve ça très drôle de voir le bébé bouger. Je craque. C'est trop mignon.

Le doc prend ses mesures. Tout semble parfait. Mais on doit aussi bien voir l'os de son nez. Le doc commence donc à brasser mon ventre pour faire bouger bébé. Tithom éclate de rire! Il devient donc le petit helper du docteur et brasse mon ventre à son tour. C'est long, bébé ne veut pas nous montrer son profil. Brasse la bédaine, bouge le bébé... on finit par voir ce qu'on veut voir: un bel os de nez.

Le doc me demande si je veux savoir si c'est un garçon ou une fille. Je lui dis que non. Je ne l'ai jamais su aux autres (à ce stade-ci) et ça ne me démange pas. D'autant plus que la marge d'erreur est trop grande et je ne veux pas me faire de fausses idées. De toute façon, même si on avait voulu savoir, bébé ne nous aurait pas laissé faire. Il/elle a gardé ses jambes croisées tout le long, alors même le doc qui voulait aller voir n'a pas pu.

Un bébé en santé, de belles mesures, une belle écho. Et un sentiment de bien-être qui grandit en moi. Le premier trimestre est terminé. Je respire mieux. Nos familles sont au courant. Les enfants m'en parlent à tous les jours. Je sens le bébé bouger. Voilà, je la sens enfin arriver, la zénitude.

21 février 2011

Sortir du brouillard

Presqu'un mois depuis que nous avons vu notre grain de riz sur un écran. Un mois à quand même angoisser, car voir le coeur si tôt ne garantit pas grand chose. Un mois à vivre nausées, fatigue, malaises digestifs, rhume... Un mois à avoir l'impression de patauger dans un épais brouillard avec l'espoir bien ferme d'entendre ce petit coeur battre à nouveau. Un mois à attendre le rendez-vous suivant en essayant de ne pas tomber endormie n'importe où, n'importe quand. Un mois à garder le secret.

J'avais mon premier rendez-vous de grossesse la semaine dernière. La valse des rendez-vous était alors lancée: prises de sang, clarté nucale, référence pour l'échographie, rendez-vous aux 4 semaines. Ouf. Bien que je l'ai déjà vécu 2 fois, ce côté de la grossesse ne me manquait pas du tout! Surtout que gérer des rendez-vous avec deux enfants qui ont des horaires particuliers, ça demande beaucoup de créativité.

Bref, mon rendez-vous. J'étais nerveuse. Quatre semaines sans entendre le coeur de mon bébé, sans savoir si tout allait toujours bien, ça commençait à me peser. J'aurais tellement voulu être zen, mais c'était plus fort que moi! Après la routine de la pesée, pression, questions, venait le moment tant attendu de l'écoute du coeur. Je m'étends sur la table d'examen. Le doc pose son machin sur la gelée froide, sur mon ventre. Et il cherche. Et cherche. On entend des gargouillis, des murmures, mais rien qui ressemble à un battement de coeur. Le mien commence à battre plus vite. Mes doigts tordent le chandail que je retiens au-dessus de mon nombril. Le doc cherche. Il appuie fort, bouge lentement, ne laisse pas un espace non exploré. Je stresse. Je n'ose plus le regarder, car j'ai vu son air inquiet. J'aurais aimé avoir Hom près de moi pour lui serrer la main. De longues minutes s'écoulent. Puis, comme sorti d'une caverne, on entend un battement rapide. Doucement, presqu'imperceptible. Mais bien là. Le doc me regarde, visiblement soulagé et me demande si je l'entends bien. Je lui réponds oui, laissant du même coup tomber mon stress.

Tout semble bien aller pour le moment. C'est tout ce que je voulais savoir. Quelle libération!

En plus, mes nausées semblent enfin disparues, ou presque. La fatigue y est toujours, mais je sais que ce n'est qu'un question de semaines avant de retrouver la forme. Juste à temps pour le printemps je crois bien!

Nous avons annoncé aux garçons que maman avait un bébé dans son bedon en fin de semaine. Tilou ne semblait pas trop comprendre, Tithom était très curieux. Je lui ai montré des images de ce que bébé a l'air en ce moment et ça l'impressionnait beaucoup. Le lendemain matin, Tilou est entré dans ma chambre alors que je dormais encore et, inquisiteur, il m'a demandé où était le bébé.

Il est juste là, mon coeur. Et maman en est tellement heureuse.

26 janvier 2011

Grain de riz

L'angoisse était palpable. Hom n'arrêtait pas de parler, ce qui n'est pas dans ses habitudes. Je lui ai dit gentiment que je ne l'écoutais pas vraiment, que j'avais trop mal au coeur pour me concentrer. Mal au coeur... nausées, ou stress? Probablement un mélange des deux. J'avais terriblement hâte de savoir et terriblement peur en même temps.

Le médecin est finalement arrivé. Il jette un rapide coup d'oeil à mon dossier et s'exclame: "Bon! Alors tu es enceinte! Ok! Avec 6 folicules, on va aller voir combien il y en a!"

Si j'étais angoissée avant, là, j'étais complètement paniquée. Comment ça, six?? Je croyais que c'était 4, peut-être 5?! Hom semble aussi paniqué que moi, mais tous les deux, nous affichons un faux sourire, essayant de garder notre calme. Le doc me demande quand a eu lieu l'insémination. Je bafouille que nous n'en avons pas fait, que c'est naturel. Il dit: "ah! Alors les chances sont moins grandes!"

Puis, sur l'écran, au milieu de la zone grisâtre, apparaît une bulle noire. Une bulle. Avec une autre bulle à l'intérieur, grise cette fois. Le doc bouge la sonde, cherche partout. Je retiens mon souffle. Hom est blanc comme un drap. "Il n'y en a qu'un!" s'exclame le médecin, bien heureux lui aussi de la nouvelle.


Un seul bébé. Déjà, mes épaules semblent moins tendues. Ce bébé, il est minuscule! Sa forme est plutôt difficile à discerner. On le mesure: 8.5 mm. C'est un grain de riz! Si petit, si fragile! Le doc bouge la sonde, fait un zoom... un petit clignotement, tellement petit... un petit coeur qui bat! Il place la sonde sur le coeur. On l'entend! Si minuscule et déjà, on l'entend! Un grain de riz avec un coeur qui bat! Depuis seulement quelques jours en plus!

Un seul bébé, avec un coeur qui bat. Je ne pouvais demander mieux! Nous gardons encore la nouvelle pour nous. Je préfère attendre mon prochain rendez-vous (vers 11s), pour entendre le coeur à nouveau avant de l'annoncer aux garçons, puis à notre entourage.

Pour l'instant, donc, j'ai un secret bien gardé: mon petit grain de riz au coeur qui bat, bien au creux de mon ventre.

17 janvier 2011

Un, deux, trois... ou quatre?

Un des risques de la procréation médicalement assistée (PMA), c'est la possibilité accrue de vivre une grossesse multiple (ou gemellaire). Dépendament des traitements, le pourcentage peut être plus ou moins élevé.

Je n'ai pas de chiffre précis pour mon cas. Tout ce que je sais, c'est qu'à ma dernière échographie d'ovulation, j'avais 4, peut-être 5 folicules matures. Ce qui donne une possibilité (faible, mais là tout de même) de quintuplés. Mais surtout, de jumeaux.

Vu mes propres statistiques (j'ai eu quelques cycles avec plus d'un folicule qui n'ont donné aucune grossesse, et un cycle avec 4 folicule qui nous a donné Tilou), je serais portée à croire que mes chances de jumeaux ne sont pas si élevées. D'autant plus que je me sens plutôt bien.

Mais il y a une petite voix en moi qui ne veut se taire et qui joue un grand rôle dans cette angoisse qui m'habite. Cette petite voix me répète qu'il y a quand même des chances, que je ne peux les ignorer. Cette voix me dit "et si jamais..." en me laissant imaginer le pire...

Dans toutes mes peurs qui me hantent ces jours-ci, celle d'une grossesse gemellaire prend beaucoup de place. On me souhaite des jumeaux. On me dit en rigolant "ce serait drôle, hein, qu'il y en ait trois?" Je ne vois tellement pas ce qu'il y aurait de drôle là-dedans. Je ne me souhaite pas de jumeaux. Ça peut paraître bizarre, venant de quelqu'un qui doit avoir recours à la PMA pour tomber enceinte, mais voilà. J'espère de tout coeur qu'il n'y a qu'un seul bébé, bien accroché.

Comprenez-moi. Je finirais bien sûr par être heureuse s'il advenait qu'il y en ait deux. Mais le choc serait grand et la période d'adaptation tout autant. Je serais d'abord triste, car ça voudrait dire beaucoup de petits deuils à vivre: entre autres, celui de la possibilité d'accoucher à la maison, chose qui me tient vraiment à coeur. Aussi, le fait que la décision que ce serait ma dernière grossesse se soit prise d'elle-même, sans que j'ai mon mot à dire (ou à peine). Mais surtout, celui d'une grossesse facile, si on tient compte de tous les risques associés à une grossesse multiple.

Je ne sauterais donc pas de joie si on m'apprenait demain que j'attends plus qu'un bébé. Je sais que bien des gens (surtout des couples infertiles) désirent vraiment des jumeaux. Et je peux comprendre pourquoi. Mais moi, dans mon cas, personnellement, à l'endroit où j'en suis aujourd'hui, avec mes deux jeunes enfants, je ne peux désirer des jumeaux. Je ne peux. juste. pas.

Et ça, c'est sans même penser à ce qu'on devrait faire, s'il y en avait 4 ou 5... L'idée de la réduction embryonnaire me fait extrêmement peur et surtout, ça me brise le coeur. De devoir vivre tout ça pour avoir un enfant, et d'ensuite devoir me défaire de ces enfants parce qu'il y en a trop... c'est absurde et injuste. Je ne voudrais pas devoir faire face à ce genre de décision. Je n'y pense pas, je ne veux pas me faire de mal pour rien.

J'en ai assez d'avoir peur, de me poser des questions, d'imaginer le pire (probablement pour rien). J'aimerais tellement pouvoir fermer les yeux et me réveiller sur la table d'échographie, les yeux tournés vers l'écran noir et blanc... et les oreilles remplies du plus beau son au monde: wousha, wousha, wousha...

14 janvier 2011

En attendant la zénitude

Je m'étais juré que cette fois-ci, je resterais zen. Je m'étais promis de ne pas stresser, de respirer, de simplement vivre.

Bon. On peut dire que c'est raté. Je suis stressée, j'ai peur, j'angoisse. Bien sûr, il y a de beaux moments où ça va bien (quand je dors, surtout). Mais il m'arrive encore trop souvent à mon goût de me poser des tas de questions, d'analyser et suranalyser mes symptômes légers. Le pire dans tout ça, c'est que je SAIS ce que tout le monde va me dire. Je le sais, que l'absence de symptôme ne veut rien dire. Je le sais que ce n'est pas bon de stresser. Je le sais que les chances que tout aille bien sont plus grandes que celles où tout pourrait mal virer. Je sais que je devrais profiter. Je le sais.

Mais j'ai peur quand même. Je n'y peux rien. Quand c'est trop beau, quand tout va trop bien, je trouve ça louche. Je me dis que le pot m'attend dans le détour, alors que je serai trop occupée à renifler mes belles fleurs.

Heureusement pour moi (et ma santé mentale), j'ai réussi à avoir un rendez-vous pour une échographie la semaine prochaine. Je serai rendue à presque 7 semaines. J'espère de tout mon être voir un petit coeur scintiller. Qu'on me dise que bébé est à la bonne place et semble bien accroché. Qu'on me confirme que je ne rêve pas.

Je crois que la zénitude pourra venir après, si les nouvelles sont bonnes. En attendant, je remercie la vie à chaque jour qui passe où je suis encore, jusqu'à preuve du contraire, enceinte.

31 décembre 2010

La fin d'une année, le début d'une autre

Je ne ferai pas de bilan de mon année 2010. Elle a été bien, en général. C'est ce que j'en conclus. Une bonne année, dont je retiens surtout nos superbes vacances en famille. Ces souvenirs resteront à jamais gravés dans nos mémoires.

Une bonne année donc. Sans événement marquant? En fait, pas tout à fait. J'aurais pu dire ça jusqu'à il y a quelques jours. Mais l'année se termine sur une belle note, sur une nouvelle merveilleuse qui me fait croire, encore à mon âge, qu'il existe peut-être vraiment un père Noël...

Je termine l'année 2010 avec un tout petit mini bourgeon de vie dans le bedon. Eh oui, contre toute attente (en tout cas, de ma part!), mon premier cycle de traitements a fonctionné. Je suis enceinte. Je suis encore sous le choc (et Hom encore plus). J'espère de tout coeur que tout se déroulera bien.

Et j'espère aussi de tout mon coeur que tous les couples infertiles trouveront la paix, si ce n'est la parenté, en 2011. Que ce début d'année où on se fait si souvent souhaiter un beau bébé en santé et du succès dans nos études en soit un de réjouissance et de sérénité. Que votre amour vous porte et vous aide à réaliser vos plus beaux rêves.

Bonne année 2011 à tous et à toutes!