Ma date prévue d’accouchement est arrivée sans grande
surprise. Sans grande surprise non-plus, j’étais encore dilatée seulement à 1,5
cm. Je m’attendais à ne pas accoucher avant, comme pour mes deux autres
garçons. Mon docteur ne semblait pas stressé non-plus et n’a pas parlé
induction à mon rendez-vous de 40 semaines. Il m’a demandé si j’avais accouché
naturellement de mes deux autres, s’ils avaient été en retard et si ça avait
été rapide. Il m’a tout de même demandé de revenir deux jours plus tard pour
une échographie, question de s’assurer que tout était encore ok pour attendre
une semaine de plus.
Je suis donc allée à l’hôpital vendredi le 9 septembre. Une
écho de routine, où je n’ai pas pu admirer le profil ou les petites mains de
mon bébé. J’ai vu une tête, une jambe (je crois?), sans plus. Le doc a pris des
mesures et m’a dit que tout était ok. Je devais prendre un autre rendez-vous
pour la semaine suivante. Par curiosité, je lui ai demandé le poids estimé, lui
disant que mon deuxième pesait presque 10 livres à la naissance. Il m’a dit que
celui-là serait plus petit que ça, puis a regardé ses mesures et rajouté
“Autour de 9 livres”.
Nous avons essayé de bouger pas mal la fin de semaine
suivante, espérant du coup faire bouger les choses. Avant-midi aux portes
ouvertes des fermes, à marcher dehors. Aucune contraction. Niet. Même si je ne
me décourageais pas, je commençais à m’impatienter. Je ne voulais pas
d’induction, pas d’intervention. Je voulais que bébé décide, mais à chaque jour
qui passait, je voyais les chances que cela se produise diminuer un peu.
Le mardi suivant, le 13, j’ai décidé de prendre mon avant-midi pour
relaxer et ne rien faire. Mes commandes étaient terminées, j’étais à jour dans
tous mes trucs. Je me suis écrasée et j’ai regardé la télé. Et j’ai eu des
contractions. Rien de douloureux ni régulier, mais tout de même plus fréquent
que les jours précédents. À chaque fois que j’allais à la toilette, je scrutais
le papier, à la recherche d’une trace de bouchon, signe que mon col s’ouvrait.
Rien. Mais les contractions ont duré, de façon intermittente, toute la journée.
Quand je suis allée chercher Tilou à l’école, une autre maman me dit “encore là
toi?!” et je lui ai répondu que ça commençait à travailler, enfin. Le soir
venu, j’ai dit à Hom que j’avais commencé à avoir des contractions plus
fréquentes. Il s’est mis à stresser, certain que ça y était. Je lui ai dit de
relaxer, que ça voulait seulement dire que ça approchait. Mais j’étais certaine
que c’était encore une question de jours et non d’heures.
Ce soir là, bébé gigottait tellement dans mon ventre,
c’était fou! Des grosses bosses qui bougeaient, des pics pointus qui sortaient…
j’avais l’impression qu’il essayait de se tourner. Nous regardions la télé en
fin de soirée quand Hom a décidé de chronométrer mes contractions (vers 22h20).
Il trouvait qu’elles étaient soudainement plus fréquentes. Et moi, secrètement,
je les trouvais un peu plus pesantes, mais pas encore douloureuses. J’étais aux
10-12 minutes. On a décidé d’aller nous coucher, espérant faire des réserves
d’énergie pour une journée d’accouchement le lendemain ou surlendemain. Comme
nous nous trompions! J’étais aux 10 minutes, puis aux 3 minutes, 6 minutes… À
chaque fois qu’elles s’espaçaient, je me disais “ouf, c’est arrêté, je vais
pouvoir dormir.” J’étais si fatiguée, j’avais mal au coeur, je ne me sentais
pas du tout en forme pour accoucher là, là! Mais vers 23h20, elles étaient aux
2 minutes et ça ne changeait plus. C’était rapide, c’était inconfortable,
c’était déroutant. Je devais me faire à l’idée: j’allais accoucher. Hom n’avait pas
besoin d’un signe de ma part pour savoir quand commençait et se terminait une
contraction: il le savait au son que je faisais en soufflant. J’ai essayé de
prendre les contractions couchée, avec un oreiller entre les genoux, en
soufflant. Ça allait bien, mais je sentais que ça irait en empirant assez
rapidement. Hom a donc appelé l’hôpital. L’infirmière voulait me parler
directement. Elle m’a demandé si mes contractions étaient douloureuses. Je me
disais que ce n’était pas si pire, mais oui, selon moi, ça s’en venait. Elle
m’a demandé si j’avais essayé de prendre un bain chaud. Je lui ai répondu que
je n’avais pas osé, parce qu’à mon dernier, ça avait beaucoup accéléré les
choses. Elle a dit “Viens-t-en, on t’attend.” Nous avons donc appelé mon père.
J’arrivais à parler et bien fonctionner entre les contractions. Mon moral était
bon, je ne me sentais pas encore dépassée par la douleur ou les changements qui
s’opéraient dans mon corps. Je faisais même des blagues entre les contractions.
Nous avons terminé les bagages, je me suis habillée. Je suis allée donner un
bisou à mes deux grands, qui allaient bientôt accueillir un nouveau petit frère.
La copine de mon père est arrivée et nous sommes partis. Hom
avait placé des piqués sur son siège d’auto, au cas où je crèverais mes eaux.
Les quelques premières contractions assise étaient plus difficiles à prendre,
mais c’était moins pire qu’à Tilou. Je trouvais tout de même la route longue!
J’ai regardé l’heure sur la 132, en flattant ma bédaine pour une des dernières
fois: 23h55. Mon petit allait donc naître le 14 septembre. J’ai dit à mon
ventre que c’était fini, que ça allait bien aller. J’étais nerveuse, mais je
n’avais pas peur.
Nous sommes arrivés à l’hôpital vers minuit et dix. Hom m’a
laissée à la porte principale, après ma contraction, et est allé stationner la
voiture. Je suis donc entrée seule dans l’hôpital qui semblait vide. Deux
gardes de sécurité parlaient entre elles. Je leur ai demandé où était
l’ascenceur. Elles m’ont demandé si c’était pour accoucher, j’ai dit oui. Elles
m’ont offert une chaise roulante, que j’ai refusée en disant que je préférais
prendre les contractions debout. Elles semblaient incertaines. Je leur ai dit
que mon conjoint s’en venait et je me suis dirigée vers les ascenceurs. La
porte s’est ouverte, j’ai appuyé sur le bouton numéro 3 et je suis montée. Ça
allait bien, les contractions se prenaient bien en marchant.
Je suis arrivée au comptoir d’accueil. C’était si
silencieux! L’infirmière m’attendait et m’a dirrigée au triage. Elle m’a
demandé de faire un test d’urine (pourquoi, je l’ignore) et de mettre la
chemise d’hôpital. Quand je suis sortie de la salle de bain, Hom était arrivé.
Je me suis étendue sur le lit pour que l’infirmière m’examine. Mes contractions
étaient toujours aussi fréquentes et pesantes. Mais couchée, c’était plus
difficile de les traverser en soufflant. Ça me faisait très mal dans le bas du
dos. Ça élançait dans les jambes. J’arrivais à les contrôler en poussant avec
mes bras de toutes mes forces. J’étais très inconfortable sur le lit.
L’infirmière a installé le moniteur du bébé et celui des contractions. Elle m’a
posé toutes sortes de questions. Quand j’avais une contraction, tout mon corps
se contractait. C’était ma façon de les traverser. Elle me disait de garder mes
fesses molles. Facile à dire! Ça me semblait une éternité. Elle ne m’avait même
pas encore examinée! Je voulais me lever, marcher, traverser les contractions
en bougeant, pas dans le lit. Après peut-être 30 minutes de gossage, elle a
fini par m’examiner le col. C’était insupportable! Surtout lorsque j’ai eu une
contraction en même temps. Elle ne semblait pas certaine. Selon elle, j’étais à
“7 plus”, mais elle voulait l’avis de sa supérieure. Je devais donc encore
rester couchée et attendre. Quand sa supérieure est finalement arrivée, elle a
confirmé que j’étais à 7 plus. Elles m’ont donc admises. J’allais accoucher. Et
pouvoir me lever!
Une fois les moniteurs enlevés, je me suis levée. Une
contraction m’a prise par surprise. Je ne savais plus comment les traverser!
J’avais l’impression de soudainement perdre le contrôle. Ce n’était plus
pareil. Au lieu d’être dans mon ventre ou mon dos, c’était maintenant dans mon
col. Je ne savais plus comment me placer, comment bouger, comment respirer.
L’infirmière m’a dirrigée à ma chambre d’accouchement. J’ai eu une contraction
en chemin, mais je ne voulais pas arrêter. Je voulais juste me rendre à ma
chambre, rapidement. Arrivée dans la chambre, une autre forte contraction m’a
surprise. Je ne savais plus comment respirer, j’avais perdu le contrôle,
c’était trop intense. Je sentais que ça poussait, très fort. J’étais certaine
que ça y était. Je disais “ça pousse, ça pousse!” en m’aggripant aux bras de Hom.
Les infirmières étaient un peu incrédules. Elles me disaient de bien respirer,
de relaxer, de ne pas serrer les fesses. Je voulais juste pousser! Elles m’ont
demandé de m’étendre sur le lit, pour m’examiner. Le lit était tellement haut
et personne n’a pensé le baisser pour m’aider. Il a fallu que Hom me prenne
(presque) pour que je puisse me coucher. C’était maintenant tellement intense
que je criais. J’étais complète, mais ma poche des eaux était encore intacte. À
ce que Hom m’a dit, les infirmières avaient l’air paniquées. Le docteur était
introuvable. La poche sortait un peu. Elles ne savaient pas quoi faire. Elles
me répétaient de ne pas pousser, de bien respirer, de garder les fesses molles.
Ne pas pousser! Franchement! Comme si j’avais le contrôle là-dessus! Bébé
poussait tout seul, je n’y pouvais rien. Je criais, ça faisait mal, c’était
hors de mon contrôle. Je me retenais du mieux que je pouvais, mais je sentais
que je n’y arriverais pas très longtemps.
J’ai senti un peu de liquide chaud couler. Mes eaux. Bébé
arrivait, docteur ou pas. Heureusement, un docteur qui était en césarienne est
venu à la rescousse des pauvres infirmières paniquées. Elle m’a dit “quand tu
sens que ça pousse, vas-y, pousse!” Et bizarrement, je me retrouvais entre deux
contractions, à reprendre mon souffle, à me recentrer. Puis la poussée s’est
faite sentir. J’ai poussé de toutes mes forces, mais je savais que je ne
faisais qu’aider bébé qui faisait déjà une bonne partie du travail lui-même. Ça
brûlait. Je sentais sa tête passer. Puis tout son corps, d’un seul coup. Une
seule poussée et il était là! Il est né à 1h03. J’ai entendu le docteur dire qu’il avait 3 tours
de cordon. Hom a dit qu’elle avait dû l’attraper tellement il est sorti
rapidement. Elles l’ont déposé sur moi et je l’ai trouvé si beau, mais si
petit! J’ai soupiré “seigneur!”, pleine de surprise, n’arrivant pas à croire
que ça avait été si rapide encore une fois. J’ai dit à Hom “il est petit!” Il
m’a dit que je les trouvais toujours petit. Non, non, il est petit, je te dis! Mais si beau. Si beau!
Quand le temps de la pesée est venu, on a bien vu que j'avais raison: bébé pesait 7 livres 10 onces. Un bébé bien normal, j'en conviens, mais si petit quand on s'attend à un patapouf de 9-10 livres!
Il a par la suite bien pris le sein. J'étais heureuse, fatiguée et euphorique à la fois. J'étais maintenant maman de trois garçons. Moi! Maman trois fois! Qui aurait cru cela possible, il y a 7 ans...
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20 avril 2012
13 avril 2012
Un an
Un an depuis mon dernier billet. Comment reprendre le temps perdu? Comment résumer ces derniers 12 mois sans m'éterniser? Comment raconter tout ce qui a pu arriver, en un an...
En commençant par le début, j'imagine.
Dans mon dernier billet, nous étions sur le point de partir en voyage à Cuba. Un voyage en amoureux, sans les enfants. Dernière chance pour nous, avant la venue de bébé #3 et de l'entrée à l'école de Tithom. Ce voyage a surpassé nos attentes. Nous nous sommes retrouvés, avons dormi comme nous le voulions, quand nous le voulions. Nous avons lu, profité du soleil et de la mer magnifique. Nous avons visité la Havane (un coup de foudre!). Un superbe voyage qu'il nous fallait et qui nous a réellement fait du bien.
À notre retour, nous avions l'échographie où nous allions apprendre le sexe de notre troisième bébé. Les deux grands sont venus avec nous. Tithom voulait une petite soeur, Tilou un petit frère. Un seul a eu ce qu'il voulait: Tilou. Eh oui, un troisième garçon! Bien en santé, avec tous ses morceaux. Nous étions heureux.
Ma grossesse s'est bien déroulée. Je me sentais bien, belle et zen. J'étais en paix avec l'idée que ce serait ma dernière. Mon corps me signalait tout de même que je n'avais plus 20 ans. J'ai commencé à faire des varices sur les molets. Mes canaux carpiens me faisaient souffrir. Et mon taux de sucre était limite. Pas de panique, je prends tout en main et je profite tout de même de chaque jour de cette grossesse. C'est si différent, être enceinte en été! Je peux profiter des piscines, porter des sandales, des jupettes et des camisoles. Par contre, je ne peux être aussi active que je le voudrais avec mes grands garçons.
En juillet arrive le temps des vacances. Je les commence par un petit voyage en Ohio avec mon père, sa conjointe et ma tante, pour le mariage de ma cousine. Nous y allons en voiture. Les paysages sont superbes et les pêches sont délicieuses. Après le mariage (sublime!), je prends l'avion, seule, pour revenir. C'est long et un peu difficile pour mes jambes de devoir rester assise, mais ça se passe bien. Je retrouve mes enfants et mon chum et nos vacances en famille commencent! Baignade, la Ronde, le zoo, les popsicles, le bon temps. De belles vacances, quoi! Le mois de juillet se terminera par un autre mariage, celui de mon petit frère, en Abitibi. Un autre périple! Je trouve la route longue, rendue à 34 semaines de grossesse. Je porte de superbes bas de soutien, pour minimiser les varices ainsi qu'une jolie attèle pour mon poignet. Vraiment, j'ai un beau look! Un autre beau mariage, une courte visite du nouveau chez-soi de mon petit frère et hop, on revient au bercail.
Le mois d'août se passe doucement. Ma mobilité réduite par mon ventre immense m'empêche de jouer dehors autant que je voudrais, mais nous faisons tout de même quelques sorties en famille. J'espère encore secrètement ne pas me rendre à 41 semaines comme pour les autres grossesses, mais je n'y crois plus tellement. Pour la première fois, j'ai un peu de chemin de fait: 1,5 cm! Rien de gros, mais je n'avais jamais eu cela avant et ça m'encourage. Les semaines passent. Rien. Ma date prévue approche. Rien. Je me sens malgré tout bien et je ne suis pas tannée d'être enceinte. Petit bonhomme gigotte beaucoup, me donne des coups dans les côtes et je savoure chaque minute.
L'été tire à sa fin. L'école approche. Tithom avait été déçu de ne pas être pigé pour l'école alternative (et nous de même). J'avais réussi à le convaincre que l'école du quartier (que nous avions pu visiter en juin) était bien et qu'il aimerait ça. Pas deux semaines avant la rentrée, je reçois un coup de fil. "Une place vient de se libérer à l'école alternative. Êtes-vous toujours intéressés?" Quelle joie! Mon grand Tithom entre à la maternelle au début de septembre. C'est une transition un peu difficile pour moi, devoir gérer les horaires différents et l'implication à l'école, mais il adore tellement ça que je prends mon mal en patience.Tilou, lui, entre à la petite école où Tithom était allé. Il s'y sent comme un poisson dans l'eau.
Puis, enfin, le 14 septembre, mon troisième garçon vient au monde (je réserve le récit pour un autre billet). Un beau bébé, un bébé parfait qui fait le bonheur de toute la famille. Les débuts de l'allaitement ne se déroulent pas très bien. Ironique, pour une maman qui en est à son troisième allaitement et qui est marraine d'allaitement depuis 5 ans! Crevasses, gerçures, engorgement. Je souffre à chaque boire, je pleure, j'appréhende chaque tétée. Je vais chercher de l'aide et avec beaucoup de patience et d'onguent, je finis par prendre le dessus. Bébé est tranquille, souriant, joyeux, sautillant et en plus, il est mon premier fils avec mes yeux bruns! C'est un bon bébé. Ses grands frères l'adorent.
En janvier, Tithom a eu 6 ans. En mars, Tithom a eu 4 ans. C'est fou comme la vie peut nous surprendre par son rhytme à la fois lent et rapide! Bébé a maintenant presque 7 mois. La routine s'installe, malgré quelques imprévus par ci, par là. Une vie de famille comme j'en rêvais, ou presque. Trois beaux garçons en santé, que pourrais-je demander de mieux?
En commençant par le début, j'imagine.
Dans mon dernier billet, nous étions sur le point de partir en voyage à Cuba. Un voyage en amoureux, sans les enfants. Dernière chance pour nous, avant la venue de bébé #3 et de l'entrée à l'école de Tithom. Ce voyage a surpassé nos attentes. Nous nous sommes retrouvés, avons dormi comme nous le voulions, quand nous le voulions. Nous avons lu, profité du soleil et de la mer magnifique. Nous avons visité la Havane (un coup de foudre!). Un superbe voyage qu'il nous fallait et qui nous a réellement fait du bien.
À notre retour, nous avions l'échographie où nous allions apprendre le sexe de notre troisième bébé. Les deux grands sont venus avec nous. Tithom voulait une petite soeur, Tilou un petit frère. Un seul a eu ce qu'il voulait: Tilou. Eh oui, un troisième garçon! Bien en santé, avec tous ses morceaux. Nous étions heureux.
Ma grossesse s'est bien déroulée. Je me sentais bien, belle et zen. J'étais en paix avec l'idée que ce serait ma dernière. Mon corps me signalait tout de même que je n'avais plus 20 ans. J'ai commencé à faire des varices sur les molets. Mes canaux carpiens me faisaient souffrir. Et mon taux de sucre était limite. Pas de panique, je prends tout en main et je profite tout de même de chaque jour de cette grossesse. C'est si différent, être enceinte en été! Je peux profiter des piscines, porter des sandales, des jupettes et des camisoles. Par contre, je ne peux être aussi active que je le voudrais avec mes grands garçons.
En juillet arrive le temps des vacances. Je les commence par un petit voyage en Ohio avec mon père, sa conjointe et ma tante, pour le mariage de ma cousine. Nous y allons en voiture. Les paysages sont superbes et les pêches sont délicieuses. Après le mariage (sublime!), je prends l'avion, seule, pour revenir. C'est long et un peu difficile pour mes jambes de devoir rester assise, mais ça se passe bien. Je retrouve mes enfants et mon chum et nos vacances en famille commencent! Baignade, la Ronde, le zoo, les popsicles, le bon temps. De belles vacances, quoi! Le mois de juillet se terminera par un autre mariage, celui de mon petit frère, en Abitibi. Un autre périple! Je trouve la route longue, rendue à 34 semaines de grossesse. Je porte de superbes bas de soutien, pour minimiser les varices ainsi qu'une jolie attèle pour mon poignet. Vraiment, j'ai un beau look! Un autre beau mariage, une courte visite du nouveau chez-soi de mon petit frère et hop, on revient au bercail.
Le mois d'août se passe doucement. Ma mobilité réduite par mon ventre immense m'empêche de jouer dehors autant que je voudrais, mais nous faisons tout de même quelques sorties en famille. J'espère encore secrètement ne pas me rendre à 41 semaines comme pour les autres grossesses, mais je n'y crois plus tellement. Pour la première fois, j'ai un peu de chemin de fait: 1,5 cm! Rien de gros, mais je n'avais jamais eu cela avant et ça m'encourage. Les semaines passent. Rien. Ma date prévue approche. Rien. Je me sens malgré tout bien et je ne suis pas tannée d'être enceinte. Petit bonhomme gigotte beaucoup, me donne des coups dans les côtes et je savoure chaque minute.
L'été tire à sa fin. L'école approche. Tithom avait été déçu de ne pas être pigé pour l'école alternative (et nous de même). J'avais réussi à le convaincre que l'école du quartier (que nous avions pu visiter en juin) était bien et qu'il aimerait ça. Pas deux semaines avant la rentrée, je reçois un coup de fil. "Une place vient de se libérer à l'école alternative. Êtes-vous toujours intéressés?" Quelle joie! Mon grand Tithom entre à la maternelle au début de septembre. C'est une transition un peu difficile pour moi, devoir gérer les horaires différents et l'implication à l'école, mais il adore tellement ça que je prends mon mal en patience.Tilou, lui, entre à la petite école où Tithom était allé. Il s'y sent comme un poisson dans l'eau.
Puis, enfin, le 14 septembre, mon troisième garçon vient au monde (je réserve le récit pour un autre billet). Un beau bébé, un bébé parfait qui fait le bonheur de toute la famille. Les débuts de l'allaitement ne se déroulent pas très bien. Ironique, pour une maman qui en est à son troisième allaitement et qui est marraine d'allaitement depuis 5 ans! Crevasses, gerçures, engorgement. Je souffre à chaque boire, je pleure, j'appréhende chaque tétée. Je vais chercher de l'aide et avec beaucoup de patience et d'onguent, je finis par prendre le dessus. Bébé est tranquille, souriant, joyeux, sautillant et en plus, il est mon premier fils avec mes yeux bruns! C'est un bon bébé. Ses grands frères l'adorent.
En janvier, Tithom a eu 6 ans. En mars, Tithom a eu 4 ans. C'est fou comme la vie peut nous surprendre par son rhytme à la fois lent et rapide! Bébé a maintenant presque 7 mois. La routine s'installe, malgré quelques imprévus par ci, par là. Une vie de famille comme j'en rêvais, ou presque. Trois beaux garçons en santé, que pourrais-je demander de mieux?
6 août 2008
Croire ou ne pas croire
Quand Tithom est né, j'avais lu un livre sur les coliques, parce qu'on me l'avait suggéré. En lisant ce livre, je me suis apperçue que je ne savais pas vraiment ce qu'étaient les coliques (en gros: un bébé de plus de 3 semaines qui pleure un minimum de 3 heures d'affilée, habituellement le soir, au moins 3 soirs par semaine, pendant au moins 3 semaines). Je me suis alors dit que finalement, il ne devait pas y avoir tant de bébé à coliques qu'on pouvait le croire. À lire les mamans, je me suis même mise à penser que les coliques, ça n'existait peut-être même pas. Après tout, un bébé, ça pleure, c'est normal. Le soir, ils sont plus fatigués. Quand on les porte, ils arrêtent. Et quand ça ne dure qu'une semaine ou deux, ça devait simplement être autre chose.
Je ne croyais pas aux coliques. Je croyais que trop de mamans apposaient cette étiquette alors qu'au fond, c'était autre chose que des coliques.
Tithom n'a jamais fait de coliques. Il a eu une période plus difficile vers 3 mois, qui a duré peut-être une semaine ou deux. Je n'ai jamais appelé ça des coliques. Mon jugement est resté.
Aujourd'hui, je crois aux coliques. Oh oui, j'y crois. Je reste convaincue que bien des mamans prennent, à tort, des pleurs normaux ou un malaise passager pour des coliques, mais je sais maintenant qu'un bébé qui est inconsolable de 20h à 23h à tous les soirs pendant 3 mois, ça existe. Un d'eux s'appelle Tilou.
On dit que chaque bébé est différent. C'est vrai. Et qu'on n'a jamais fini d'apprendre. C'est vrai aussi.
Ce qui m'amène à une autre chose à laquelle je ne crois pas. L'expliquer de long en large serait ennuyeux, mais venant d'une famille de scientifiques et de gens pour qui les faits, la logique et les chiffres parlent beaucoup, c'est tout simplement normal que je n'y crois pas. Je parle ici de l'homéopathie. Ne me lancez-moi pas de tomates, ne me racontez surtout pas l'histoire de votre bébé/cousin/voisin/cheval pour qui ça a fonctionné, je ne veux plus les entendre. Je suis ouverte d'esprit, je remets souvent mes convictions en doute, je suis convaincue qu'il existe des produits naturels qui ont des vertues, que la médecine n'a pas réponse à tout, que les médicaments ne sont pas toujours nécessaires, je crois à l'acuponcture, mais l'homéopathie, non, vraiment, j'y crois pas. Je ne veux pas de débat, je n'y crois pas, point.
Je ne compte pas le nombre de fois où je me suis faite proposer d'essayer l'homéopathie pour "soigner" les coliques de Tilou. Je n'ai plus l'énergie pour débattre tout le temps, alors la majorité du temps, je souriais en disant merci.
Le lien entre tout ça? C'est une cousine de Hom qui me l'a offerte sur un plateau d'argent. Elle m'a raconté que son fils aussi avait fait des coliques. Ça avait été l'enfer. Une grosse semaine intense.
Pardon?
Une semaine?
C'est pas des coliques, ça. C'est pas moi qui l'invente, là. Ce ne sont pas des coliques. Ce qui me pousse à me questionner... Et si les gens pour qui l'homéopathie avait bien fonctionné pour arrêter les coliques faisaient partie de ceux dont les bébés ne faisaient pas vraiment des coliques? Et si les bébés avaient arrêté par eux-mêmes les supposées coliques après une semaine? Comment prouver que c'était vraiment les petites granules? Pas moyen de savoir, bien sûr, car rien n'est quantifiable et vérifiable. C'est le plus gros problème de l'homéopathie d'ailleurs: impossible de quantifier pour réellement prouver que ça n'aurait pas donné le même résultat si on n'avait rien donné ou seulement donné de l'eau. L'effet placebo. Les études sont nombreuses pour dénoncer l'homéopathie. Pas une seule n'existe pour prouver hors de tout doute son efficacité. Pas une.
Qu'on me dise que j'ai enduré 3 mois de pleurs pour rien, que ça aurait pu se terminer rapidement si j'avais dépensé pour des petites billes supposément miraculeuses, ça me fait grincer des dents. Bien sûr, ma façon de voir les choses se fait aussi à l'inverse: peut-être Tilou aurait-il arrêté si je lui en avais donné. On ne le saura jamais. Quoi que, permettez-moi d'en douter fortement.
Tilou n'a jamais aimé être déposé. Il voulait être dans les bras ou l'écharpe, il voulait que ça bouge, que ce soit chaud et plein d'amour, à toutes heures du jour et de la nuit (il dormait dans nos bras). De plus, Tilou a le bedon sensible. J'ai remarqué une différence dans son comportement quand je mangeais épicé, trop assaisonné d'ail ou si je consommais de la caféine. Il régurgitait beaucoup, se tortillait, était de moins bonne humeur. Quand j'ai coupé tout ça, son comportement a changé. Quand j'ai changé ma façon de l'allaiter (un seul sein par boire), il a changé aussi.
Aujourd'hui, les coliques sont derrière nous. Tilou est un tout autre bébé. Hyper souriant, toujours de bonne humeur, il ne pleure pratiquement jamais et s'endort facilement. Et il ne passe plus autant de temps dans nos bras (quoi qu'il déteste toujours la poussette).
Est-ce que l'homéopathie aurait vraiment changé mon bébé autant que le temps et nos attentions? Non, vraiment, je n'y crois pas. Je ne crois même pas que ça aurait fait une différence. C'était dans sa personnalité, dans son bedon et seul vieillir pouvait le "guérir".
Chaque maman a sa façon de faire et je sais qu'une n'est pas meilleure qu'une autre, seulement adaptée à chaque bébé. Ma façon de faire: écouter mon bébé et croire en la vertue du temps.
Je ne croyais pas aux coliques. Je croyais que trop de mamans apposaient cette étiquette alors qu'au fond, c'était autre chose que des coliques.
Tithom n'a jamais fait de coliques. Il a eu une période plus difficile vers 3 mois, qui a duré peut-être une semaine ou deux. Je n'ai jamais appelé ça des coliques. Mon jugement est resté.
Aujourd'hui, je crois aux coliques. Oh oui, j'y crois. Je reste convaincue que bien des mamans prennent, à tort, des pleurs normaux ou un malaise passager pour des coliques, mais je sais maintenant qu'un bébé qui est inconsolable de 20h à 23h à tous les soirs pendant 3 mois, ça existe. Un d'eux s'appelle Tilou.
On dit que chaque bébé est différent. C'est vrai. Et qu'on n'a jamais fini d'apprendre. C'est vrai aussi.
Ce qui m'amène à une autre chose à laquelle je ne crois pas. L'expliquer de long en large serait ennuyeux, mais venant d'une famille de scientifiques et de gens pour qui les faits, la logique et les chiffres parlent beaucoup, c'est tout simplement normal que je n'y crois pas. Je parle ici de l'homéopathie. Ne me lancez-moi pas de tomates, ne me racontez surtout pas l'histoire de votre bébé/cousin/voisin/cheval pour qui ça a fonctionné, je ne veux plus les entendre. Je suis ouverte d'esprit, je remets souvent mes convictions en doute, je suis convaincue qu'il existe des produits naturels qui ont des vertues, que la médecine n'a pas réponse à tout, que les médicaments ne sont pas toujours nécessaires, je crois à l'acuponcture, mais l'homéopathie, non, vraiment, j'y crois pas. Je ne veux pas de débat, je n'y crois pas, point.
Je ne compte pas le nombre de fois où je me suis faite proposer d'essayer l'homéopathie pour "soigner" les coliques de Tilou. Je n'ai plus l'énergie pour débattre tout le temps, alors la majorité du temps, je souriais en disant merci.
Le lien entre tout ça? C'est une cousine de Hom qui me l'a offerte sur un plateau d'argent. Elle m'a raconté que son fils aussi avait fait des coliques. Ça avait été l'enfer. Une grosse semaine intense.
Pardon?
Une semaine?
C'est pas des coliques, ça. C'est pas moi qui l'invente, là. Ce ne sont pas des coliques. Ce qui me pousse à me questionner... Et si les gens pour qui l'homéopathie avait bien fonctionné pour arrêter les coliques faisaient partie de ceux dont les bébés ne faisaient pas vraiment des coliques? Et si les bébés avaient arrêté par eux-mêmes les supposées coliques après une semaine? Comment prouver que c'était vraiment les petites granules? Pas moyen de savoir, bien sûr, car rien n'est quantifiable et vérifiable. C'est le plus gros problème de l'homéopathie d'ailleurs: impossible de quantifier pour réellement prouver que ça n'aurait pas donné le même résultat si on n'avait rien donné ou seulement donné de l'eau. L'effet placebo. Les études sont nombreuses pour dénoncer l'homéopathie. Pas une seule n'existe pour prouver hors de tout doute son efficacité. Pas une.
Qu'on me dise que j'ai enduré 3 mois de pleurs pour rien, que ça aurait pu se terminer rapidement si j'avais dépensé pour des petites billes supposément miraculeuses, ça me fait grincer des dents. Bien sûr, ma façon de voir les choses se fait aussi à l'inverse: peut-être Tilou aurait-il arrêté si je lui en avais donné. On ne le saura jamais. Quoi que, permettez-moi d'en douter fortement.
Tilou n'a jamais aimé être déposé. Il voulait être dans les bras ou l'écharpe, il voulait que ça bouge, que ce soit chaud et plein d'amour, à toutes heures du jour et de la nuit (il dormait dans nos bras). De plus, Tilou a le bedon sensible. J'ai remarqué une différence dans son comportement quand je mangeais épicé, trop assaisonné d'ail ou si je consommais de la caféine. Il régurgitait beaucoup, se tortillait, était de moins bonne humeur. Quand j'ai coupé tout ça, son comportement a changé. Quand j'ai changé ma façon de l'allaiter (un seul sein par boire), il a changé aussi.
Aujourd'hui, les coliques sont derrière nous. Tilou est un tout autre bébé. Hyper souriant, toujours de bonne humeur, il ne pleure pratiquement jamais et s'endort facilement. Et il ne passe plus autant de temps dans nos bras (quoi qu'il déteste toujours la poussette).
Est-ce que l'homéopathie aurait vraiment changé mon bébé autant que le temps et nos attentions? Non, vraiment, je n'y crois pas. Je ne crois même pas que ça aurait fait une différence. C'était dans sa personnalité, dans son bedon et seul vieillir pouvait le "guérir".
Chaque maman a sa façon de faire et je sais qu'une n'est pas meilleure qu'une autre, seulement adaptée à chaque bébé. Ma façon de faire: écouter mon bébé et croire en la vertue du temps.
27 juin 2008
L'oublié
Il se fait mordre et griffer. Il se fait vomir dessus et reçoit des coups de pied. Il est fatigué, meurtri et lourd. Il est étiré, flasque et mou. Il est fait fort, mais faiblit. Il en porte lourd sur ses épaules, mais ne veut rien laisser tomber. Il se nourrit de moins en moins bien, même si quelqu'un dépend directement de sa santé. Il est oublié, même si irremplaçable. Il est négligé, même s'il a donné la vie. Il a mal au dos, aux reins, aux pieds. Il est mené à bouts. Il a hâte aux vacances.
Mon corps, ce corps que j'ai longtemps détesté, n'est plus ce qu'il était.
J'ai longtemps entretenu une relation d'amour-haine avec mon corps. Petite, je me trouvais grosse et moche. Adolescente, j'aurais voulu être plus grande, plus mince. Adulte, j'aurais voulu être fertile. Maintenant que j'ai porté et donné deux fois la vie, je n'ose plus être aussi exigeante envers mon corps. En fait, je devrais en prendre encore plus soin, pour le remercier de nous avoir fabriqué deux aussi beaux trésors.

C'est encore avec l'excuse du temps qui passe trop vite que je justifie mon manque d'attention envers moi-même. Je voudrais bien m'occuper de moi, mais après avoir pris soin de Tilou et de Tithom, tenu maison et préparé les repas, il me reste juste assez de temps pour prendre une douche et me crèmer sommairement.
Même si j'ai perdu le poids que j'avais pris lors de la grossesse (mais pas encore ce que j'avais pris pendant les traitements de fertilité, même si ça viendra), mon corps n'a vraiment plus la même forme qu'avant. Pas besoin de mentionner que la majorité des changements se situe au niveau du ventre. Si je vous disais que je me suis achetée des culottes de maintien, ça vous donne une idée de l'étendue des dégats?
Ouais. Fatiguée, flasque ET sexy. Pas facile, être maman.
Mon corps, ce corps que j'ai longtemps détesté, n'est plus ce qu'il était.
J'ai longtemps entretenu une relation d'amour-haine avec mon corps. Petite, je me trouvais grosse et moche. Adolescente, j'aurais voulu être plus grande, plus mince. Adulte, j'aurais voulu être fertile. Maintenant que j'ai porté et donné deux fois la vie, je n'ose plus être aussi exigeante envers mon corps. En fait, je devrais en prendre encore plus soin, pour le remercier de nous avoir fabriqué deux aussi beaux trésors.

C'est encore avec l'excuse du temps qui passe trop vite que je justifie mon manque d'attention envers moi-même. Je voudrais bien m'occuper de moi, mais après avoir pris soin de Tilou et de Tithom, tenu maison et préparé les repas, il me reste juste assez de temps pour prendre une douche et me crèmer sommairement.
Même si j'ai perdu le poids que j'avais pris lors de la grossesse (mais pas encore ce que j'avais pris pendant les traitements de fertilité, même si ça viendra), mon corps n'a vraiment plus la même forme qu'avant. Pas besoin de mentionner que la majorité des changements se situe au niveau du ventre. Si je vous disais que je me suis achetée des culottes de maintien, ça vous donne une idée de l'étendue des dégats?
Ouais. Fatiguée, flasque ET sexy. Pas facile, être maman.
18 juin 2008
Ah bon
Je discutais avec ma mère de la différence entre avoir un premier et avoir un deuxième enfant. Elle me dit: "C'est vrai que le deuxième est toujours plus garroché."
Quand même le fun à savoir. C'est moi, son deuxième enfant.
Quand même le fun à savoir. C'est moi, son deuxième enfant.
16 juin 2008
Une année de plus
Samedi, pour mon anniversaire, ma mère est venue garder les enfants pendant deux heures. Juste assez de temps pour aller manger au resto seule avec Hom. Nous n'avions pas fait ça depuis... je ne me souviens plus quand nous avons été seuls la dernière fois, en fait. Donc trop longtemps, j'imagine.
Bizarre, de se retrouver en couple alors qu'à tous les jours, on oublie presque que nous en formons un tellement nous sommes pris dans la routine et les couches pleines. Bizarre de ne pas avoir à demander de banc d'appoint ni devoir partager son plat avec un petit garçon qui demanderait juste qu'on le laisse courir partout. Bizarre qu'on se soit quand même dépêché à manger, même si au fond, nous avions tout notre temps. Nous sommes tellement habitués maintenant de faire la course contre la patience de Tithom ou de se hâter pour terminer avant que Tilou ne se mette à pleurer. Pour une fois que nous pouvions manger lentement, tranquillement, sans qu'un de nous deux ait un bébé dans les bras et que l'autre doive ramasser une cuillère lancée par terre 34 fois et essuyer le gobelet de lait renversé 8 fois...
Après avoir engoufré les amuse-bouches et la salade en un temps record, j'ai dit à Hom qu'on devait se calmer et prendre notre temps. Prendre son temps. Notion devenue très vague le jour où Tilou est né. Le temps, en fait, n'existe plus tellement ici, sauf celui qui passe trop vite et celui qui me fait vieillir, encore une fois, d'une année.
Bien des choses changent, quand on devient maman. Mais le temps, lui, continue à faire son chemin et les anniversaires s'acumulent encore et encore...
L'an dernier, j'avais trouvé l'arrivée de la trentaine plutôt difficile. Elle avait été adoucie par un cycle qui avait bien fonctionné et qui résulterait, éventuellement, en Tilou. Cette année, ajouter une année à ma trentaine me fait moins d'effet, mais quand même... Je me sens un peu plus vieille et molle, mais je mets ça sur le dos de Tilou. Un nouveau-né, ça ne ramollit pas seulement le ventre (ah, ce mou que j'aime détester!), ça fait entrer la fatigue dans chaque pore, dans chaque nerf. Le fait que je doive travailler (plus pour longtemps, mon contrat tire à sa fin et je pourrai enfin profiter de l'été et de mon congé de maternité) n'aide pas la fatigue, c'est certain. J'ose espérer que dans les prochaines semaines, je reprendrai le dessus et je retrouverai un semblant de forme pour passer un bel été entourée de mes trois hommes.
Car, cette année, je suis peut-être un peu plus vieille, encore, mais je suis aussi, et surtout, encore plus choyée. Juste ça devrait être assez pour me rajeunir de quelques années.
Bizarre, de se retrouver en couple alors qu'à tous les jours, on oublie presque que nous en formons un tellement nous sommes pris dans la routine et les couches pleines. Bizarre de ne pas avoir à demander de banc d'appoint ni devoir partager son plat avec un petit garçon qui demanderait juste qu'on le laisse courir partout. Bizarre qu'on se soit quand même dépêché à manger, même si au fond, nous avions tout notre temps. Nous sommes tellement habitués maintenant de faire la course contre la patience de Tithom ou de se hâter pour terminer avant que Tilou ne se mette à pleurer. Pour une fois que nous pouvions manger lentement, tranquillement, sans qu'un de nous deux ait un bébé dans les bras et que l'autre doive ramasser une cuillère lancée par terre 34 fois et essuyer le gobelet de lait renversé 8 fois...
Après avoir engoufré les amuse-bouches et la salade en un temps record, j'ai dit à Hom qu'on devait se calmer et prendre notre temps. Prendre son temps. Notion devenue très vague le jour où Tilou est né. Le temps, en fait, n'existe plus tellement ici, sauf celui qui passe trop vite et celui qui me fait vieillir, encore une fois, d'une année.
Bien des choses changent, quand on devient maman. Mais le temps, lui, continue à faire son chemin et les anniversaires s'acumulent encore et encore...
L'an dernier, j'avais trouvé l'arrivée de la trentaine plutôt difficile. Elle avait été adoucie par un cycle qui avait bien fonctionné et qui résulterait, éventuellement, en Tilou. Cette année, ajouter une année à ma trentaine me fait moins d'effet, mais quand même... Je me sens un peu plus vieille et molle, mais je mets ça sur le dos de Tilou. Un nouveau-né, ça ne ramollit pas seulement le ventre (ah, ce mou que j'aime détester!), ça fait entrer la fatigue dans chaque pore, dans chaque nerf. Le fait que je doive travailler (plus pour longtemps, mon contrat tire à sa fin et je pourrai enfin profiter de l'été et de mon congé de maternité) n'aide pas la fatigue, c'est certain. J'ose espérer que dans les prochaines semaines, je reprendrai le dessus et je retrouverai un semblant de forme pour passer un bel été entourée de mes trois hommes.
Car, cette année, je suis peut-être un peu plus vieille, encore, mais je suis aussi, et surtout, encore plus choyée. Juste ça devrait être assez pour me rajeunir de quelques années.
28 mai 2008
Contrôler ce que je peux
Avant d'accoucher de Tithom, j'avais fait beaucoup de visualisation. J'avais lu, posé des questions, réfléchi. Je m'étais fait une idée de ce que je voulais comme accouchement. J'avais des attentes, oui, mais je savais que ça ne se déroulerait pas comme je l'imaginais. J'avais envisagé tous les scénarios, pour me préparer. J'étais prête, enfin, je le croyais. J'avais peur, c'est certain, mais ma peur n'avait pas de fondation, puisque je n'avais jamais encore vécu d'accouchement.
Ça ne s'est pas déroulé comme je l'aurais voulu, mais je n'ai jamais eu de regret.
Quand est venu le temps d'accoucher de Tilou, mes peurs avaient changé. J'avais maintenant une expérience personnelle sur laquelle fonder mes peurs. Je pouvais comparer, analyser. Non seulement je visualisais, je me remémorais.
Ça a probablement un peu joué sur mes nerfs. J'avais toujours tendance à retourner à la seule expérice que j'avais vécu. On avait beau me répéter que chaque accouchement est unique, je ne pouvais m'empêcher de retourner à mes propres souvenirs plutôt qu'à ceux des autres.
J'ai quand même fait beaucoup de visualisation. J'ai lu de long en large Une naissance heureuse, relisant plusieurs fois les passages sur la gestion de la douleur, la poussée, le travail. Je voulais à tout prix éviter la péridurale et pour ça, je devais avoir les outils. J'ai presqu'appris les techniques par coeur. J'avais fait des disques de musiques de différents styles, dépendant du mood dans lequel je serais au moment crucial. J'étais plus que prête, même si j'avais encore peur. Peur de revivre la même chose qu'au premier, peur de devoir encore pousser pendant 3 heures, peur de plier devant l'anesthésiste, peur de ne pas avoir un accouchement de rêve encore. Sans regret, comme toujours, mais des peurs, encore. Bien petites, mais bien concrètes.
Mon plan de naissance est resté plié dans ma valise. Pas eu le temps de le donner à l'infirmière. Il n'aurait pas servi de toute façon. Mes CD sont restés dans la valise eux aussi. La seule musique à mes oreilles aura été les premiers pleurs de mon bébé. Rien n'a servi. Ni les techniques, ni les bons mots du livre, ni la musique. Enfin, pas directement. Je sais qu'au fond, ça a beaucoup servi. Ça m'a donné confiance, ça m'a permis de moins stresser avant d'accoucher. Ça m'a permis de ne plus focusser sur les peurs plus profondes, comme celle de devoir subir une césarienne ou pire, celle de perdre mon bébé. Ça m'a permis de croire en mes capacités et pour ça, je crois que les heures de lectures et de méditation en ont largement vallu la peine.
Ma façon à moi de reprendre le contrôle, c'est par l'information. J'ai toujours été comme ça. Pendant nos années de traitements de fertilité, j'ai lu et relu tout ce qui me tombait sur la main qui touchait de près ou de loin ce que nous vivions. En savoir le plus possible me permettait d'éliminer des peurs (causées souvent par l'inconnu) et de prendre des décisions éclairées.
Je fais confiance à mon instinct pour plusieurs choses, mais dans des cas où mon corps ne répond plus à ma raison, je me tourne vers le savoir. Si ma tête en sait assez pour arriver à calmer mon corps qui dérape, il aura accompli son boulot.
Et à mon prochain accouchement, j'aurai maintenant une expérience super positive à me remémorer. Rien de mieux pour donner confiance.
Ça ne s'est pas déroulé comme je l'aurais voulu, mais je n'ai jamais eu de regret.
Quand est venu le temps d'accoucher de Tilou, mes peurs avaient changé. J'avais maintenant une expérience personnelle sur laquelle fonder mes peurs. Je pouvais comparer, analyser. Non seulement je visualisais, je me remémorais.
Ça a probablement un peu joué sur mes nerfs. J'avais toujours tendance à retourner à la seule expérice que j'avais vécu. On avait beau me répéter que chaque accouchement est unique, je ne pouvais m'empêcher de retourner à mes propres souvenirs plutôt qu'à ceux des autres.
J'ai quand même fait beaucoup de visualisation. J'ai lu de long en large Une naissance heureuse, relisant plusieurs fois les passages sur la gestion de la douleur, la poussée, le travail. Je voulais à tout prix éviter la péridurale et pour ça, je devais avoir les outils. J'ai presqu'appris les techniques par coeur. J'avais fait des disques de musiques de différents styles, dépendant du mood dans lequel je serais au moment crucial. J'étais plus que prête, même si j'avais encore peur. Peur de revivre la même chose qu'au premier, peur de devoir encore pousser pendant 3 heures, peur de plier devant l'anesthésiste, peur de ne pas avoir un accouchement de rêve encore. Sans regret, comme toujours, mais des peurs, encore. Bien petites, mais bien concrètes.
Mon plan de naissance est resté plié dans ma valise. Pas eu le temps de le donner à l'infirmière. Il n'aurait pas servi de toute façon. Mes CD sont restés dans la valise eux aussi. La seule musique à mes oreilles aura été les premiers pleurs de mon bébé. Rien n'a servi. Ni les techniques, ni les bons mots du livre, ni la musique. Enfin, pas directement. Je sais qu'au fond, ça a beaucoup servi. Ça m'a donné confiance, ça m'a permis de moins stresser avant d'accoucher. Ça m'a permis de ne plus focusser sur les peurs plus profondes, comme celle de devoir subir une césarienne ou pire, celle de perdre mon bébé. Ça m'a permis de croire en mes capacités et pour ça, je crois que les heures de lectures et de méditation en ont largement vallu la peine.
Ma façon à moi de reprendre le contrôle, c'est par l'information. J'ai toujours été comme ça. Pendant nos années de traitements de fertilité, j'ai lu et relu tout ce qui me tombait sur la main qui touchait de près ou de loin ce que nous vivions. En savoir le plus possible me permettait d'éliminer des peurs (causées souvent par l'inconnu) et de prendre des décisions éclairées.
Je fais confiance à mon instinct pour plusieurs choses, mais dans des cas où mon corps ne répond plus à ma raison, je me tourne vers le savoir. Si ma tête en sait assez pour arriver à calmer mon corps qui dérape, il aura accompli son boulot.
Et à mon prochain accouchement, j'aurai maintenant une expérience super positive à me remémorer. Rien de mieux pour donner confiance.
5 mai 2008
Tête endormie
La semaine dernière, j'avais écrit un long billet de complainte que je n'ai finalement pas posté. Trop négatif, trop chialeux. Ma semaine avait été difficile. Tilou a eu une bonne poussée de croissance (comme dans les livres, à 6 semaines) et il ne voulait QUE nos bras. Jour et nuit. 24 heures sur 24. C'est bien beau l'écharpe, mais ça limite quand même mes mouvements, un peu comme un gros ventre de 9 mois le faisait.
Ça s'est calmé, même si Tilou est encore demandant. Il est maintenant capable de faire des petites siestes dans son berceau, à condition de le coucher sur le ventre. Et ça n'arrive qu'une fois de temps en temps, pas encore quotidiennement. Il pleure encore beaucoup le soir. J'en suis encore à me demander si ce sont des coliques. Tout ce que je sais, c'est qu'Hom a le poignet bousillé, le dos en compote et les yeux très cernés. Car voyez-vous, Tilou ne s'endort que dans les bras de son papa le soir. La maman, il l'a assez vue.
Hom est parti à Toronto pour deux jours. Bien hâte de voir comment je me débrouillerai ce soir. Je me demande à quelle heure ma tête explosera...
Mais bon, tout ça, c'est assez peu intéressant. C'est la vie d'un bébé de quelques semaines. Le manque de sommeil, c'est le lot de tous les nouveaux parents, alors ça ne me donne rien d'en parler ici pendant des heures.
En fait, c'est un peu la raison de mon absence ici. Je ne trouve pas ça tellement passionnant de parler des couches de mon fils et des nuits qu'il ne fait pas. Oui, mon fils ME fascine, parce que c'est le mien et qu'il est le plus beau, mais je ne m'attends pas à ce que ses petits exploits, qui sont les mêmes que pour la grande majorité des bébés de son âge, fascinent le reste de la terre. Et comme ces jours-ci, ma vie tourne autour de mes deux fils, de mon mal de dos (quand même pas mal atténué par une visite chez le massothérapeute) et de tous les efforts que ça me prend pour ne pas m'endormir n'importe où, je n'arrive pas à écrire un billet qui vaille. D'autant plus que j'utilise souvent l'écriture automatique et que c'est assez difficile à faire quand on n'a qu'une main libre pour taper.
Comme disait mon père, je dormirai à ma retraite. Mais est-ce qu'une maman à temps plein peut prendre sa retraite?
Ça s'est calmé, même si Tilou est encore demandant. Il est maintenant capable de faire des petites siestes dans son berceau, à condition de le coucher sur le ventre. Et ça n'arrive qu'une fois de temps en temps, pas encore quotidiennement. Il pleure encore beaucoup le soir. J'en suis encore à me demander si ce sont des coliques. Tout ce que je sais, c'est qu'Hom a le poignet bousillé, le dos en compote et les yeux très cernés. Car voyez-vous, Tilou ne s'endort que dans les bras de son papa le soir. La maman, il l'a assez vue.
Hom est parti à Toronto pour deux jours. Bien hâte de voir comment je me débrouillerai ce soir. Je me demande à quelle heure ma tête explosera...
Mais bon, tout ça, c'est assez peu intéressant. C'est la vie d'un bébé de quelques semaines. Le manque de sommeil, c'est le lot de tous les nouveaux parents, alors ça ne me donne rien d'en parler ici pendant des heures.
En fait, c'est un peu la raison de mon absence ici. Je ne trouve pas ça tellement passionnant de parler des couches de mon fils et des nuits qu'il ne fait pas. Oui, mon fils ME fascine, parce que c'est le mien et qu'il est le plus beau, mais je ne m'attends pas à ce que ses petits exploits, qui sont les mêmes que pour la grande majorité des bébés de son âge, fascinent le reste de la terre. Et comme ces jours-ci, ma vie tourne autour de mes deux fils, de mon mal de dos (quand même pas mal atténué par une visite chez le massothérapeute) et de tous les efforts que ça me prend pour ne pas m'endormir n'importe où, je n'arrive pas à écrire un billet qui vaille. D'autant plus que j'utilise souvent l'écriture automatique et que c'est assez difficile à faire quand on n'a qu'une main libre pour taper.
Comme disait mon père, je dormirai à ma retraite. Mais est-ce qu'une maman à temps plein peut prendre sa retraite?
22 avril 2008
Pas eu le temps
Ayant toujours les bras pleins (et loin de moi l'idée de me plaindre!), je n'arrive plus à trouver le temps pour pianoter sur mon clavier. Écrire me manque, ça me démange, mais je n'y peux rien, mon fils aime écouter mon coeur de près. Et comme j'aime enfouir mon nez dans les multiples plis de son cou, ça m'arrange.
En plus, je sais pas si vous aviez remarqué, mais y fa' beau dehors, alors l'ordi, il est loin dans la liste des priorités ici.
Un mois est passé déjà depuis la naissance de Tilou. Un mois! Comme il a changé en un mois! Comme nos vies ont changé! Mais, bizarrement, j'ai parfois aussi l'impression que ça a toujours été comme ça. Ai-je déjà oublié ce que c'était, la vie à 3? Peut-être pas encore. Mais ça viendra.
Tilou, lui, est à chaque jour plus rond et plus beau. Me croiriez-vous si je vous disais qu'il a pris 5 livres en un mois? Que voulez-vous, maman fait du cristi de bon lait!
Un mois... je n'ai pas eu le temps de vous raconter mon séjour à l'hôpital, où j'ai eu le bonheur (ahem!) de partager ma chambre avec un couple impoli et imbécile pendant 2 longs jours. Vous savez, le genre de couple qui, parce qu'eux ont dormi la nuit, oublient que certaines nouvelles mamans (moi!) ont accouché pendant ce temps et aimeraient bien dormir le jour pour récupérer, plutôt que d'écouter leur récit d'accouchement 72 fois alors que madame appelle tous ceux qu'elle connaît. Vous savez, le genre de couple qui vous demande, vers 5h du matin, alors que ça fait plusieurs heures que vous essayez d'endormir votre fils sans vous-même perdre connaissance, si vous pensez que votre "bébé va bientôt dormir, parce nous aimerions dormir parce qu'on part demain matin pour la maison." Si quelqu'un comprend la logique derrière tout ça qui pourrait excuser l'effronterie, s'il-vous-plaît, faites-m'en part. Mais je n'ai pas le temps de tout vous raconter, ce serait bien trop long et ennuyeux, en fait.
Pas eu le temps non-plus de vous parler de Tithom et des tonnes de bisous qu'il donne quotidiennement à son petit frère, de tous les petits trucs craquants qu'il fait à chaque jour. Il est tellement grand et espiègle, je n'arrive pas à croire qu'il puisse m'étonner encore autant à chaque jour. Quel beau et bon grand frère il fait!
Pas eu le temps de parler de plusieurs articles sur l'infertilité qui ont paru dernièrement, dont un cahier spécial dans La P resse qui m'a fait grincer des dents. Je n'ai presque plus le temps de grimper dans les rideaux et de me battre pour la cause qui me tient à coeur. Mais j'y reviendrai, c'est certain.
Pas eu le temps de commenter la lettre que le gouvernement m'a envoyé pour me féliciter de recevoir de leur congé de maternité. Une belle phrase: En encourageant l'épanouissement des familles, le gouvernement vise à favoriser l'avenir du Québec. En effet, les enfants constituent une richesse personnelle et collective à laquelle vous contribuez et nous vous en félicitons. À laquelle je réponds: Merci, mais ce n'est certainement pas grâce à votre aide.
Pas eu le temps de parler de la vie à 4, de nos projets, des couches pleines, de l'allaitement, de nos attentes, de nos familles, de notre nouvelle vie. Pas eu le temps de tout mémoriser, de tout coucher sur papier (ou clavier) pour ne rien oublier. Pas eu le temps d'en parler, mais j'ai bien pris le temps de savourer chaque seconde. Et ça continue!
En plus, je sais pas si vous aviez remarqué, mais y fa' beau dehors, alors l'ordi, il est loin dans la liste des priorités ici.
Un mois est passé déjà depuis la naissance de Tilou. Un mois! Comme il a changé en un mois! Comme nos vies ont changé! Mais, bizarrement, j'ai parfois aussi l'impression que ça a toujours été comme ça. Ai-je déjà oublié ce que c'était, la vie à 3? Peut-être pas encore. Mais ça viendra.
Tilou, lui, est à chaque jour plus rond et plus beau. Me croiriez-vous si je vous disais qu'il a pris 5 livres en un mois? Que voulez-vous, maman fait du cristi de bon lait!
Un mois... je n'ai pas eu le temps de vous raconter mon séjour à l'hôpital, où j'ai eu le bonheur (ahem!) de partager ma chambre avec un couple impoli et imbécile pendant 2 longs jours. Vous savez, le genre de couple qui, parce qu'eux ont dormi la nuit, oublient que certaines nouvelles mamans (moi!) ont accouché pendant ce temps et aimeraient bien dormir le jour pour récupérer, plutôt que d'écouter leur récit d'accouchement 72 fois alors que madame appelle tous ceux qu'elle connaît. Vous savez, le genre de couple qui vous demande, vers 5h du matin, alors que ça fait plusieurs heures que vous essayez d'endormir votre fils sans vous-même perdre connaissance, si vous pensez que votre "bébé va bientôt dormir, parce nous aimerions dormir parce qu'on part demain matin pour la maison." Si quelqu'un comprend la logique derrière tout ça qui pourrait excuser l'effronterie, s'il-vous-plaît, faites-m'en part. Mais je n'ai pas le temps de tout vous raconter, ce serait bien trop long et ennuyeux, en fait.
Pas eu le temps non-plus de vous parler de Tithom et des tonnes de bisous qu'il donne quotidiennement à son petit frère, de tous les petits trucs craquants qu'il fait à chaque jour. Il est tellement grand et espiègle, je n'arrive pas à croire qu'il puisse m'étonner encore autant à chaque jour. Quel beau et bon grand frère il fait!
Pas eu le temps de parler de plusieurs articles sur l'infertilité qui ont paru dernièrement, dont un cahier spécial dans La P resse qui m'a fait grincer des dents. Je n'ai presque plus le temps de grimper dans les rideaux et de me battre pour la cause qui me tient à coeur. Mais j'y reviendrai, c'est certain.
Pas eu le temps de commenter la lettre que le gouvernement m'a envoyé pour me féliciter de recevoir de leur congé de maternité. Une belle phrase: En encourageant l'épanouissement des familles, le gouvernement vise à favoriser l'avenir du Québec. En effet, les enfants constituent une richesse personnelle et collective à laquelle vous contribuez et nous vous en félicitons. À laquelle je réponds: Merci, mais ce n'est certainement pas grâce à votre aide.
Pas eu le temps de parler de la vie à 4, de nos projets, des couches pleines, de l'allaitement, de nos attentes, de nos familles, de notre nouvelle vie. Pas eu le temps de tout mémoriser, de tout coucher sur papier (ou clavier) pour ne rien oublier. Pas eu le temps d'en parler, mais j'ai bien pris le temps de savourer chaque seconde. Et ça continue!
14 avril 2008
Retour à la réalité
Après 4 semaines en compagnie de mon homme, je reviens ce matin à ma réalité, celle de maman au foyer. Hom est de retour au travail, après un congé parental bien apprécié.
En 4 semaines, nous n'avons pas réussi à établir de routine. Je m'y attendais, puisque la présence de Hom venait tout changer. Je ne pouvais prendre d'habitude avec lui ici, en sachant que dès son départ, j'allais devoir tout ajuster. Nous avons donc pris les choses comme elles venaient, sans se soucier de l'horaire et de la routine. Seules les heures de dodo et de repas sont restées fixes, pour ne pas trop déstabiliser Tithom. Nous nous sommes amusés, Tithom a passé énormément de temps de qualité avec son papa. La coupure sera dure.
Donc, ce matin, je me retrouve seule avec Tilou, Tithom étant à la garderie aujourd'hui. Je commence en douce ma vie de maman de deux garçons. Je vais devoir apprendre les habitudes de mon bébé, apprendre à intégrer tout ça dans mon quotidien avec Tithom, apprendre à jouer avec le plus grand tout en berçant le plus petit. Apprendre à vivre avec une seule paire de bras comme si j'en avais plusieurs.
Tilou est ce qu'on appelle un "bébé à bras". Il ne dort que dans nos bras ou au mieux, dans l'écharpe. Il aime être collé et bien au chaud. J'aime cette proximité, sentir son petit coeur battre contre le mien, mais ce n'est pas toujours évident d'arrêter la terre de tourner pour laisser bébé dormir, surtout lorsqu'on en a un plus vieux. Certaines choses doivent être faites. Et un gamin de deux ans, ça ne sait pas toujours attendre patiemment. Je sais qu'il s'adaptera, qu'il apprendra la patience. Il le fait déjà quand même bien, à quelques petites crises de "je veux toute l'attention maintenant" près.
Aujourd'hui, je suis maman d'un bébé. Demain, je serai maman d'un bébé et d'un terrible-deux. Et prochainement, je rajouterai le travail à l'équation. Tout ça sous le même toit. Et avec une seule paire de bras.
En 4 semaines, nous n'avons pas réussi à établir de routine. Je m'y attendais, puisque la présence de Hom venait tout changer. Je ne pouvais prendre d'habitude avec lui ici, en sachant que dès son départ, j'allais devoir tout ajuster. Nous avons donc pris les choses comme elles venaient, sans se soucier de l'horaire et de la routine. Seules les heures de dodo et de repas sont restées fixes, pour ne pas trop déstabiliser Tithom. Nous nous sommes amusés, Tithom a passé énormément de temps de qualité avec son papa. La coupure sera dure.
Donc, ce matin, je me retrouve seule avec Tilou, Tithom étant à la garderie aujourd'hui. Je commence en douce ma vie de maman de deux garçons. Je vais devoir apprendre les habitudes de mon bébé, apprendre à intégrer tout ça dans mon quotidien avec Tithom, apprendre à jouer avec le plus grand tout en berçant le plus petit. Apprendre à vivre avec une seule paire de bras comme si j'en avais plusieurs.
Tilou est ce qu'on appelle un "bébé à bras". Il ne dort que dans nos bras ou au mieux, dans l'écharpe. Il aime être collé et bien au chaud. J'aime cette proximité, sentir son petit coeur battre contre le mien, mais ce n'est pas toujours évident d'arrêter la terre de tourner pour laisser bébé dormir, surtout lorsqu'on en a un plus vieux. Certaines choses doivent être faites. Et un gamin de deux ans, ça ne sait pas toujours attendre patiemment. Je sais qu'il s'adaptera, qu'il apprendra la patience. Il le fait déjà quand même bien, à quelques petites crises de "je veux toute l'attention maintenant" près.
Aujourd'hui, je suis maman d'un bébé. Demain, je serai maman d'un bébé et d'un terrible-deux. Et prochainement, je rajouterai le travail à l'équation. Tout ça sous le même toit. Et avec une seule paire de bras.
23 janvier 2008
Le métier de maman
Entre les mamans au foyer et les mamans sur le marché du travail, il y a un genre de débat qui, selon moi, n'a pas raison d'être. Les unes veulent de la reconnaissance, les autres veulent qu'on arrête de les traîter d'égoïste. Des préjugés flottent sur les deux camps et je trouve cette bataille complètement inutile.
Il n'y a pas une seule solution bonne pour tout le monde. Bien des experts s'entendent pour dire que la place d'un bébé est avec sa mère, mais la réalité de la société fait en sorte que ce n'est pas toujours possible. Ce ne sont pas toutes les familles qui peuvent se passer d'un salaire. Et ce ne sont pas toutes els femmes qui sont prètes à sacrifier leur vie professionnelle du jour au lendemain. Ça ne fait pas d'elles des égoïstes ou des sans-coeurs qui ne priorisent pas leurs enfants. Ça fait d'elles des femmes d'aujourd'hui, qui vivent avec la réalité d'aujourd'hui.
Jamais je n'irai dire que les unes ou les autres l'ont "facile". Je sais très bien qu'être maman à la maison, c'est très demandant et qu'on attend beaucoup de ces mamans. Je sais aussi que travailler totue la journée et jongler les enfants, la maison, les repas, ce n'est pas plus facile. C'est différent, voilà tout. Être maman, c'est beau, mais c'est difficile, peu importe quelle est notre réalité.
Cela ne m'empêche pas, certains jours, de me sentir inutile. Même si je me démène toute la journée pour amuser et stimuler mon garçon, tout en m'occupant de la maison et des repas, même si par-dessus tout ça, j'essaie autant que possible de poursuivre mes différents projets (personnels et professionnels), il m'arrive souvent de me dire, le soir venu "mais voyons, qu'ai-je fait de ma journée?" Pas parce que j'ai l'impression de ne rien faire, mais parce que j'ai l'impression que ce que je fais est souvent futile (je ne parle pas bien sûr de mon fils). Hom travaille très dur, il arrive crevé le soir. Il doit souvent travailler toute la soirée de la maison. Et son dur labeur se reflète dans notre compte de banque, se chiffre, se calcule. Le mien... il est là, mais invisible, non quantifiable. Je ne demande pas une paie, mais c'est difficile pour quelqu'un comme moi qui, il y a deux ans à peine, travaillait à son compte à temps plein, étais autonome et indépendante.
Est-ce que ça me fait regretter d'avoir laissé tomber une grande partie de ma business pour mon fils? Non, jamais. Ça ne me fait pas non-plus douter de mon choix, de notre choix. Je sais que pour nous, notre façon de vivre nous sied bien. Je ne crois pas non-plus que je sentirais un plus grand sentiment d'accomplissement si je retournais à temps plein sur le marché du travail. Je sais que ce monde n'est pas pour moi, il ne l'a jamais été. Je ne peux avoir autre patron que moi. Bon, et mon fils, maintenant.
Je pense que ma grossesse joue beaucoup sur ces émotions. Le fait que je ne puisse plus autant accomplir maintenant que lorsque je n'avais pas une pastèque accrochée à ma colonne vertébrale mine un peu mon humeur. Je voudrais tellement en faire plus, je voudrais rendre mes journées sans Tithom bien plus productives... mais mon corps ne suit plus. Je me sens lourde et lente. Je m'essouffle, je suis étourdie, je dois m'asseoir souvent. Je me sens mal de devoir demander à Hom d'en faire un peu plus alors qu'il en fait déjà tellement. Je me sens faible et pourtant, je sais au fond de moi que je ne le suis pas. Je suis en train de fignoler notre deuxième fils. Je suis en train de préparer la naissance de notre deuxième enfant. Ce n'est pas de la faiblesse, mais de la force. C'est un autre travail pas tellement quantifiable, mais oh combien important. Et fatigant, à la fin...
Tout comme celui de maman tout court.
Il n'y a pas une seule solution bonne pour tout le monde. Bien des experts s'entendent pour dire que la place d'un bébé est avec sa mère, mais la réalité de la société fait en sorte que ce n'est pas toujours possible. Ce ne sont pas toutes les familles qui peuvent se passer d'un salaire. Et ce ne sont pas toutes els femmes qui sont prètes à sacrifier leur vie professionnelle du jour au lendemain. Ça ne fait pas d'elles des égoïstes ou des sans-coeurs qui ne priorisent pas leurs enfants. Ça fait d'elles des femmes d'aujourd'hui, qui vivent avec la réalité d'aujourd'hui.
Jamais je n'irai dire que les unes ou les autres l'ont "facile". Je sais très bien qu'être maman à la maison, c'est très demandant et qu'on attend beaucoup de ces mamans. Je sais aussi que travailler totue la journée et jongler les enfants, la maison, les repas, ce n'est pas plus facile. C'est différent, voilà tout. Être maman, c'est beau, mais c'est difficile, peu importe quelle est notre réalité.
Cela ne m'empêche pas, certains jours, de me sentir inutile. Même si je me démène toute la journée pour amuser et stimuler mon garçon, tout en m'occupant de la maison et des repas, même si par-dessus tout ça, j'essaie autant que possible de poursuivre mes différents projets (personnels et professionnels), il m'arrive souvent de me dire, le soir venu "mais voyons, qu'ai-je fait de ma journée?" Pas parce que j'ai l'impression de ne rien faire, mais parce que j'ai l'impression que ce que je fais est souvent futile (je ne parle pas bien sûr de mon fils). Hom travaille très dur, il arrive crevé le soir. Il doit souvent travailler toute la soirée de la maison. Et son dur labeur se reflète dans notre compte de banque, se chiffre, se calcule. Le mien... il est là, mais invisible, non quantifiable. Je ne demande pas une paie, mais c'est difficile pour quelqu'un comme moi qui, il y a deux ans à peine, travaillait à son compte à temps plein, étais autonome et indépendante.
Est-ce que ça me fait regretter d'avoir laissé tomber une grande partie de ma business pour mon fils? Non, jamais. Ça ne me fait pas non-plus douter de mon choix, de notre choix. Je sais que pour nous, notre façon de vivre nous sied bien. Je ne crois pas non-plus que je sentirais un plus grand sentiment d'accomplissement si je retournais à temps plein sur le marché du travail. Je sais que ce monde n'est pas pour moi, il ne l'a jamais été. Je ne peux avoir autre patron que moi. Bon, et mon fils, maintenant.
Je pense que ma grossesse joue beaucoup sur ces émotions. Le fait que je ne puisse plus autant accomplir maintenant que lorsque je n'avais pas une pastèque accrochée à ma colonne vertébrale mine un peu mon humeur. Je voudrais tellement en faire plus, je voudrais rendre mes journées sans Tithom bien plus productives... mais mon corps ne suit plus. Je me sens lourde et lente. Je m'essouffle, je suis étourdie, je dois m'asseoir souvent. Je me sens mal de devoir demander à Hom d'en faire un peu plus alors qu'il en fait déjà tellement. Je me sens faible et pourtant, je sais au fond de moi que je ne le suis pas. Je suis en train de fignoler notre deuxième fils. Je suis en train de préparer la naissance de notre deuxième enfant. Ce n'est pas de la faiblesse, mais de la force. C'est un autre travail pas tellement quantifiable, mais oh combien important. Et fatigant, à la fin...
Tout comme celui de maman tout court.
7 janvier 2008
L'angoisse du deuxième
Il y a quelque temps, sur un forum que je fréquente, une fille avait parlé de ses angoisses à l'idée d'attendre un deuxième enfant. Son sujet m'avait interpellée, puisque j'en étais au début de ma grossesse, dans l'attente du deuxième. Mais, bizarrement, je ne ressentais aucune angoisse, aucune peur. Je me disais, sans la juger, que mon parcours différent changeait peut-être ma façon de voir les choses. Après tout, on a pas tellement le choix de s'assurer que notre décision est réfléchie quand on s'embarque dans des traitements de fertilité. Même si j'ai souvent essayé d'en parler légèrement, la stimulation ovarienne par injections doit être prise au sérieux. On doit être certain de notre affaire. Une fois les dés lancés, on ne peut plus reculer.
J'ai toujours vu les traitements de fertilité comme une façon d'aller jusqu'au bout, de ne pas avoir de regret. Ce sont nos limites à nous. Je sais que pour bien des couples, leurs limites se situent ailleurs et qu'ils ne regretteront pas ne pas avoir pris ce chemin. Je le respecte, même si pour moi, pour nous, je devais tout essayer. Ayant en tête, au moment où l'aiguille perçait ma peau, les conséquences, bonnes et mauvaises, de nos choix, je n'ai jamais rien regretté. Donc, lorsque je suis tombée enceinte de Tipépin, ce n'était pas le cas non-plus.
Puis, quelques mois plus tard, j'ai eu une révélation, comme si on me gifflait. Oui, je savais que j'étais enceinte, j'en étais consciente. Mais en même temps, bizarrement, je n'arrivais pas vraiment à concevoir que j'allais vraiment avoir un deuxième enfant. Et du jour au lendemain, tout m'est apparu très clair. Nos vies allaient changer, notre famille allait changer. Nous n'allions plus jamais être seulement nous trois. J'allais recommencer à allaiter, nous allions recommencer à ne plus dormir, nous allions à nouveau découvrir une petite vie toute neuve au jour le jour.
Et bang! Les angoisses ont commencé. Comment allais-je arriver à m'occuper d'un bébé en même temps que de Tithom? Comment allais-je arriver à dormir, ou du moins, à me reposer? Est-ce que Tithom allait apprécier son nouveau rôle de grand frère? Est-ce qu'il nous en voudrait de lui imposer un petit frère, de lui enlever sa place unique sans lui demander son avis? Est-ce que j'allais m'ennuyer de nos moment seuls tous les trois? Est-ce que j'allais regretter de ne pas m'être contentée d'un enfant?
Toutes des questions que je ne m'étais jamais posées avant. Toutes des questions qui viennent avec le deuxième enfant, j'imagine. Au premier, j'angoissais sur l'accouchement, sur mes capacités de mère, sur l'allaitement, sur des questions finalement sans importance comme comment laver le nombril et quand commencer les céréales. Maintenant, j'angoisse sur l'impact de notre décision sur notre fils aîné. J'angoisse encore sur mes capacités de mère, mais sous un angle différent.
Bon, on s'entend, je n'y pense pas à chaque heure de chaque jour, loin de là. Ça me prend par vagues, quand j'ai quelques secondes pour penser (ce qui n'arrive pas tellement souvent finalement). Puis, je croise le regard de mon chum ou celui de mon fils et tout redevient clair: ça va bien aller, car ils sont avec moi dans cette nouvelle aventure. Je pense aux beaux moment, sans nécessairement oublier les moins beaux (qui peut oublier les nuits blanches, le lait régurgité, la montée laiteuse et les pleurs qui ne semblent jamais finir?). Je me concentre sur le fait que tout ce que j'ai adoré vivre avec Tithom pour la première fois, j'aurai la chance de le revivre, différement, avec mon deuxième fils. J'imagine Tithom donner un bisou à son petit frère. Je les imagine plus vieux, courant dans la maison en riant comme des fous. Je les imagine en train de préparer un mauvais coup. Je les imagine les deux assis dans un bain rempli de mousse, s'éclaboussant. Je les imagine les deux endormis, un à côté de l'autre. Je n'ai pas besoin de penser aux moins beaux côtés de la maternité, je sais qu'ils sont là. Mais les beaux les dépassent largement, et c'est de ça que je dois me rappeler.
Oui, j'aurai le moins beau en double, mais aussi, et surtout, le plus beau.
J'ai toujours vu les traitements de fertilité comme une façon d'aller jusqu'au bout, de ne pas avoir de regret. Ce sont nos limites à nous. Je sais que pour bien des couples, leurs limites se situent ailleurs et qu'ils ne regretteront pas ne pas avoir pris ce chemin. Je le respecte, même si pour moi, pour nous, je devais tout essayer. Ayant en tête, au moment où l'aiguille perçait ma peau, les conséquences, bonnes et mauvaises, de nos choix, je n'ai jamais rien regretté. Donc, lorsque je suis tombée enceinte de Tipépin, ce n'était pas le cas non-plus.
Puis, quelques mois plus tard, j'ai eu une révélation, comme si on me gifflait. Oui, je savais que j'étais enceinte, j'en étais consciente. Mais en même temps, bizarrement, je n'arrivais pas vraiment à concevoir que j'allais vraiment avoir un deuxième enfant. Et du jour au lendemain, tout m'est apparu très clair. Nos vies allaient changer, notre famille allait changer. Nous n'allions plus jamais être seulement nous trois. J'allais recommencer à allaiter, nous allions recommencer à ne plus dormir, nous allions à nouveau découvrir une petite vie toute neuve au jour le jour.
Et bang! Les angoisses ont commencé. Comment allais-je arriver à m'occuper d'un bébé en même temps que de Tithom? Comment allais-je arriver à dormir, ou du moins, à me reposer? Est-ce que Tithom allait apprécier son nouveau rôle de grand frère? Est-ce qu'il nous en voudrait de lui imposer un petit frère, de lui enlever sa place unique sans lui demander son avis? Est-ce que j'allais m'ennuyer de nos moment seuls tous les trois? Est-ce que j'allais regretter de ne pas m'être contentée d'un enfant?
Toutes des questions que je ne m'étais jamais posées avant. Toutes des questions qui viennent avec le deuxième enfant, j'imagine. Au premier, j'angoissais sur l'accouchement, sur mes capacités de mère, sur l'allaitement, sur des questions finalement sans importance comme comment laver le nombril et quand commencer les céréales. Maintenant, j'angoisse sur l'impact de notre décision sur notre fils aîné. J'angoisse encore sur mes capacités de mère, mais sous un angle différent.
Bon, on s'entend, je n'y pense pas à chaque heure de chaque jour, loin de là. Ça me prend par vagues, quand j'ai quelques secondes pour penser (ce qui n'arrive pas tellement souvent finalement). Puis, je croise le regard de mon chum ou celui de mon fils et tout redevient clair: ça va bien aller, car ils sont avec moi dans cette nouvelle aventure. Je pense aux beaux moment, sans nécessairement oublier les moins beaux (qui peut oublier les nuits blanches, le lait régurgité, la montée laiteuse et les pleurs qui ne semblent jamais finir?). Je me concentre sur le fait que tout ce que j'ai adoré vivre avec Tithom pour la première fois, j'aurai la chance de le revivre, différement, avec mon deuxième fils. J'imagine Tithom donner un bisou à son petit frère. Je les imagine plus vieux, courant dans la maison en riant comme des fous. Je les imagine en train de préparer un mauvais coup. Je les imagine les deux assis dans un bain rempli de mousse, s'éclaboussant. Je les imagine les deux endormis, un à côté de l'autre. Je n'ai pas besoin de penser aux moins beaux côtés de la maternité, je sais qu'ils sont là. Mais les beaux les dépassent largement, et c'est de ça que je dois me rappeler.
Oui, j'aurai le moins beau en double, mais aussi, et surtout, le plus beau.
12 décembre 2007
Le chat est parti, les souris toussent
Hom est en formation depuis trois jours au New Hampshire. Vous me voyez venir? Bien sûr, Tithom a le rhume et moi aussi. C'est immanquable. J'ai même décidé que tant qu'à me torturer, aussi bien me taper une indigestion et deux nuits d'insomnie en plus de la gorge qui brûle et du nez qui coule. Non mais, faut pas faire les choses à moitié...
Entre un Tithom qui morve et ne veut pas dormir et mon estomac qui ne se gêne pas pour me rappeler qu'il est mécontent, je trouve le temps long. Mis à part les maux physiques, je dois dire que Tithom est quand même gentil et ne me demande pas trop souvent où est papa (quoi que mon coeur se fende à chaque fois qu'il répond lui-même à sa question en disant tatiiii d'un air triste).
Je commençais presque à avoir hâte que Hom parte dimanche. Il m'énerve tellement quand il a le rhume, le pauvre! Je sais que c'est hors de son contrôle, mais l'entendre à tout bout de champs tousser, renifler, se moucher, geindre, ronfler, soupirer... c'était rendu insuportable. Mais quelques heures après son départ, tous ses bruits irritants me manquaient déjà.
Même si je suis habituée de passer mes journées avec Tithom, on dirait que le fait de savoir qu'Hom serait là avec nous quelques heures plus tard rendait les journées plus légères. Je savais que, peu importe à quel point la journée pouvait mal aller, ça finirait bientôt, quand Hom entrerait du travail. Là, c'est comme si je vivais une grosse journées de 96 heures entre-coupée de quelques siestes. Je commence à avoir hâte qu'elle finisse... même si je sais qu'elle ne sera pas suivie d'une nuit de sommeil de 21 heures.... Ah, ce serait bien trop beau...
Entre un Tithom qui morve et ne veut pas dormir et mon estomac qui ne se gêne pas pour me rappeler qu'il est mécontent, je trouve le temps long. Mis à part les maux physiques, je dois dire que Tithom est quand même gentil et ne me demande pas trop souvent où est papa (quoi que mon coeur se fende à chaque fois qu'il répond lui-même à sa question en disant tatiiii d'un air triste).
Je commençais presque à avoir hâte que Hom parte dimanche. Il m'énerve tellement quand il a le rhume, le pauvre! Je sais que c'est hors de son contrôle, mais l'entendre à tout bout de champs tousser, renifler, se moucher, geindre, ronfler, soupirer... c'était rendu insuportable. Mais quelques heures après son départ, tous ses bruits irritants me manquaient déjà.
Même si je suis habituée de passer mes journées avec Tithom, on dirait que le fait de savoir qu'Hom serait là avec nous quelques heures plus tard rendait les journées plus légères. Je savais que, peu importe à quel point la journée pouvait mal aller, ça finirait bientôt, quand Hom entrerait du travail. Là, c'est comme si je vivais une grosse journées de 96 heures entre-coupée de quelques siestes. Je commence à avoir hâte qu'elle finisse... même si je sais qu'elle ne sera pas suivie d'une nuit de sommeil de 21 heures.... Ah, ce serait bien trop beau...
25 septembre 2007
Maman invisible
Tithom avait un peu plus de 11 mois. Il se promenait (sur les fesses) dans la cuisine, à la recherche de son prochain mauvais coup, en marmonant. En m'approchant, j'ai entendu le plus beau son à mon oreille: maman. J'ai ensuite dû sortir un linge pour essuyer la flaque qu'avait laissé mon coeur fondu sur le plancher.
Tithom a eu maman comme seul mot pendant longtemps. Il avait fini par l'associer à moi, et c'était encore plus craquant.
Puis, il y a quelques mois, est venu le mot papa, qu'il a rapidement associé à son père. C'était très franc, très clair: PA-PA! Exit le mot maman, il n'en avait plus que pour son papa.
Ça fait des mois que ça dure, que je n'entends plus Tithom dire maman. C'est enfantin, mais ça me fait de la peine. Quand je le regarde en lui disant "maman!", il me sourit et répond "papa!" C,est qu'il est drôle le taquin. Tout est papa autour de lui. Son univers est papa. Quand son père arrive de travailler, il reconnaît le bruit de la voiture (en fait, le bruit du système de son au max) et s'écrit PAPA! en courant vers la porte. Il est toujours heureux de le voir. Il lui sourit toujours.
Pendant ce temps, je disparais doucement. Ça fait partie du contrat de la maman à temps plein: on se fait un peu prendre pour acquise. Je deviens invisible. Je trouve ça très dur, par moment. Tithom ne s'ennuie jamais de moi, il n'en a jamais l'occasion: je suis toujours là! Je suis là quand il se couche, là quand il se réveille, là quand papa n'y est pas. Il a confiance, peut compter sur moi. C'est une de ses certitudes: maman sera là. Jamais je ne lui enlèverai non-plus.
N'empêche, j'aimerais ça, moi aussi, l'entendre s'écrier maman et courir vers moi. J'aimerais ça moi aussi qu'on me montre (même si je le sais) que je compte et que je suis importante. J'ai droit à plein de trucs mignons, à des tonnes de bisous, à des jeux complices, mais plus jamais je n'entends maman et ça me manque.
Tithom a eu maman comme seul mot pendant longtemps. Il avait fini par l'associer à moi, et c'était encore plus craquant.
Puis, il y a quelques mois, est venu le mot papa, qu'il a rapidement associé à son père. C'était très franc, très clair: PA-PA! Exit le mot maman, il n'en avait plus que pour son papa.
Ça fait des mois que ça dure, que je n'entends plus Tithom dire maman. C'est enfantin, mais ça me fait de la peine. Quand je le regarde en lui disant "maman!", il me sourit et répond "papa!" C,est qu'il est drôle le taquin. Tout est papa autour de lui. Son univers est papa. Quand son père arrive de travailler, il reconnaît le bruit de la voiture (en fait, le bruit du système de son au max) et s'écrit PAPA! en courant vers la porte. Il est toujours heureux de le voir. Il lui sourit toujours.
Pendant ce temps, je disparais doucement. Ça fait partie du contrat de la maman à temps plein: on se fait un peu prendre pour acquise. Je deviens invisible. Je trouve ça très dur, par moment. Tithom ne s'ennuie jamais de moi, il n'en a jamais l'occasion: je suis toujours là! Je suis là quand il se couche, là quand il se réveille, là quand papa n'y est pas. Il a confiance, peut compter sur moi. C'est une de ses certitudes: maman sera là. Jamais je ne lui enlèverai non-plus.
N'empêche, j'aimerais ça, moi aussi, l'entendre s'écrier maman et courir vers moi. J'aimerais ça moi aussi qu'on me montre (même si je le sais) que je compte et que je suis importante. J'ai droit à plein de trucs mignons, à des tonnes de bisous, à des jeux complices, mais plus jamais je n'entends maman et ça me manque.
18 septembre 2007
Sensualité nouvelle
En devenant maman, on découvre plein de facettes de notre personnalité qui nous étaient jusqu'alors inconnues. Nous faisons face à des situations et émotions complètement nouvelles. Nous utilisons pour la première fois une partie de notre cerveau qui dormait jusqu'à l'accouchement. Nous découvrons une autre personne en nous: après la fille, la soeur, la blonde, voici la mère.
Dans ces nouvelles facettes, je me suis découvert une sensualité que je ne me connaissais pas.
Jamais auparavant je n'avais caressé la joue d'une autre personne pendant des heures, sans autre but que de sentir la peau douce sous mon doigt. Jamais je n'avais enfoui mon nez dans les cheveux de quelqu'un d'autre. Jamais je n'avais mordillé des orteils, jamais je n'avais chuchotté des je t'aime aussi doux à l'oreille de quelqu'un, jamais je n'avais chanté de berceuse de ma voix la plus douce en santant mon unique auditeur s'endormir tranquilement dans mes bras. Jamais je ne m'étais perdue autant dans un regard, jamais je n'avais autant travaillé pour un simple sourire, jamais un rire ne m'avait autant touchée.
Jamais je ne me serais crue capable d'autant de sensualité et de douceur. Jamais je n'aurais pensé mon coeur de maman aussi paisible.
Dans ces nouvelles facettes, je me suis découvert une sensualité que je ne me connaissais pas.
Jamais auparavant je n'avais caressé la joue d'une autre personne pendant des heures, sans autre but que de sentir la peau douce sous mon doigt. Jamais je n'avais enfoui mon nez dans les cheveux de quelqu'un d'autre. Jamais je n'avais mordillé des orteils, jamais je n'avais chuchotté des je t'aime aussi doux à l'oreille de quelqu'un, jamais je n'avais chanté de berceuse de ma voix la plus douce en santant mon unique auditeur s'endormir tranquilement dans mes bras. Jamais je ne m'étais perdue autant dans un regard, jamais je n'avais autant travaillé pour un simple sourire, jamais un rire ne m'avait autant touchée.
Jamais je ne me serais crue capable d'autant de sensualité et de douceur. Jamais je n'aurais pensé mon coeur de maman aussi paisible.
20 juin 2007
Le temps qui passe
J'essaie d'imaginer Tithom quand il aura 5 ans, 10 ans, 20 ans... je n'y arrive pas vraiment. Je ne sais pas de quoi il aura l'air, quel genre de garçon il sera. Je peux imaginer un peu, à partir de ses traits de caractère qui se développent déjà, mais ça reste flou.
Et moi, dans 20 ans, je m'imagine comment? Pas tellement différente qu'aujourd'hui, avec quelques rides et cheveux blancs (teints, bien sûr) en plus... Même chose pour Hom (sauf peut-être la teinture). C'est plus facile de nous imaginer dans 20 ans que d'imaginer Tithom en adulte. Peut-être parce que j'ai le modèle de mes parents à suivre. Entre mes souvenirs d'il y a 20 ans et ce qu'ils ont l'air aujourd'hui, il y a en effet que quelques rides et cheveux blancs de plus. Mais entre la petite fille que j'étais il y a 20 ans et la femme que je suis aujourd'hui, il y a un univers.
On répète souvent, quand on a des enfants, que le temps passe vite. Est-ce parce que le temps qui passe semble avoir beaucoup plus d'effets sur les jeunes que sur les moins jeunes? Est-ce parce que rendus à un certain point, les changements deviennent très subtils et lents? Ou bien est-ce parce qu'en voyant nos enfants vieillir, on se sent vieillir aussi?
Et moi, dans 20 ans, je m'imagine comment? Pas tellement différente qu'aujourd'hui, avec quelques rides et cheveux blancs (teints, bien sûr) en plus... Même chose pour Hom (sauf peut-être la teinture). C'est plus facile de nous imaginer dans 20 ans que d'imaginer Tithom en adulte. Peut-être parce que j'ai le modèle de mes parents à suivre. Entre mes souvenirs d'il y a 20 ans et ce qu'ils ont l'air aujourd'hui, il y a en effet que quelques rides et cheveux blancs de plus. Mais entre la petite fille que j'étais il y a 20 ans et la femme que je suis aujourd'hui, il y a un univers.
On répète souvent, quand on a des enfants, que le temps passe vite. Est-ce parce que le temps qui passe semble avoir beaucoup plus d'effets sur les jeunes que sur les moins jeunes? Est-ce parce que rendus à un certain point, les changements deviennent très subtils et lents? Ou bien est-ce parce qu'en voyant nos enfants vieillir, on se sent vieillir aussi?
17 mai 2007
Il y a des jours comme ça
Il y a des jours, comme aujourd'hui, où je me demande vraiment pourquoi j'en veux un deuxième. Alors que Tithom est grognon, que rien ne le satisfait, qu'il passe plus de 3 heures à émettre un petit cri strident qui vient détruire une partie jusqu'alors inutilisée de mon cerveau, je m'interroge. Pourquoi est-ce que j'en veux un autre exactement?
Il y a des jours comme aujourd'hui où ma patience est inexistante, où je ne tolère pas les cris, les pleurs, les bébés qui se tortillent. Tithom ne me lâche pas d'un pouce, il se promène entre mes jambes sans arrêt, même lorsque je suis aux toilettes. Je me retrouve assise par terre dans le salon, couettée, une main en train d'étrangler un Monsieur Patate qui n'a plus d'yeux, l'autre main sur la tempe, essayant en vain de faire partir ce marteau-piqueur dans ma tête. C'est dans des moments comme ça que je me demande ce qu'il m'arriverait avec un deuxième. Je dois être folle d'en vouloir deux alors que je me sens dépassée par un! En tout cas, je virerais certainement folle avec deux tornades comme ça!
Puis, le silence s'installe. Ça me fait mal aux oreilles tellement je n'y suis plus habituée. Tithom s'approche, son visage au niveau du mien. Il me regarde, me sourit, puis me saute au cou. Il frotte son petit nez sur le mien avant de me flanquer un gros bec dégoulinant de bave sur la joue.
Et tout me revient. C'est pour ça que j'en veux un autre. Pour les gros bec mouillés et tout le reste.
Il y a des jours comme aujourd'hui où ma patience est inexistante, où je ne tolère pas les cris, les pleurs, les bébés qui se tortillent. Tithom ne me lâche pas d'un pouce, il se promène entre mes jambes sans arrêt, même lorsque je suis aux toilettes. Je me retrouve assise par terre dans le salon, couettée, une main en train d'étrangler un Monsieur Patate qui n'a plus d'yeux, l'autre main sur la tempe, essayant en vain de faire partir ce marteau-piqueur dans ma tête. C'est dans des moments comme ça que je me demande ce qu'il m'arriverait avec un deuxième. Je dois être folle d'en vouloir deux alors que je me sens dépassée par un! En tout cas, je virerais certainement folle avec deux tornades comme ça!
Puis, le silence s'installe. Ça me fait mal aux oreilles tellement je n'y suis plus habituée. Tithom s'approche, son visage au niveau du mien. Il me regarde, me sourit, puis me saute au cou. Il frotte son petit nez sur le mien avant de me flanquer un gros bec dégoulinant de bave sur la joue.
Et tout me revient. C'est pour ça que j'en veux un autre. Pour les gros bec mouillés et tout le reste.
8 mai 2007
Avant d'être maman
Toute maman branchée a reçu une bonne dizaine de fois dans sa boîte à courriels le texte "Avant d'être maman". La fête des Mères approchant, le courriel est ressorti et refait le tour de la terre. Il est bien mignon, mais je tenais à rajouter mes propres réflexions.
Avant d'être maman...
Je ne savais pas à quel point ça faisait mal de piler, pied nu, sur un Lego.
Je ne savais pas ce que c'était d'avoir constamment des grains de riz collés sous les bas.
Je ne savais pas qu'un biberon oublié sous le fauteuil attirait les fourmis.
Avant d'être maman, je ne pensais pas être capable de sortir sans me maquiller.
Je pensais encore moins être capable de sortir sans me laver les cheveux.
Avant d'être maman, j'avais le temps de mettre de la crème, de faire mes jambes, de m'épiler les sourcils.
Avant d'être maman, je n'avais jamais eu de trace de morve sur un chandail.
Avant d'être maman, je n'avais jamais mal au dos.
Avant d'être maman, je n'avais jamais fait de biscuits avec des céréales pour bébé.
Je n'avais jamais pensé que la toilette pouvait devenir un terrain de jeux.
J'ignorais la quantité de bébelles qui pouvaient entrer derrière le réfrigérateur.
Avant d'être maman, je ne savais pas à quel âge un bébé fait ses nuits, tient sa tête, se tient assis, boit seul, marche, parle, donne un bisou.
Avant d'être maman, je n'avais jamais parlé de mes seins à qui voulait bien l'entendre.
Je n'avais jamais eu de gerçure, d'ampoule de lait ni de mastite.
Mais surtout,
Avant d'être maman...
J'ignorais tout ce qu'un enfant peut donner, tout ce qu'un regard bleu peut guérir, tout ce qu'un rire peut effacer.
J'ignorais combien tous les petits désagréments perdent leur importance juste avec un sourire.
Avant d'être maman, j'avais mal, je me sentais vide. Il manquait quelque chose à ma vie.
Avant d'être maman, je n'étais pas moi-même.
La fête des mères était très difficile et je maudissais toutes les mamans car je n'étais pas des leurs.
Avant d'être maman, tout ce que je voulais, tout ce que mon âme désirait, c'était d'être une maman.
Maintenant que j'en suis une, jamais au grand jamais je ne retournerais à celle que j'étais,
avant d'être maman...
Avant d'être maman...
Je ne savais pas à quel point ça faisait mal de piler, pied nu, sur un Lego.
Je ne savais pas ce que c'était d'avoir constamment des grains de riz collés sous les bas.
Je ne savais pas qu'un biberon oublié sous le fauteuil attirait les fourmis.
Avant d'être maman, je ne pensais pas être capable de sortir sans me maquiller.
Je pensais encore moins être capable de sortir sans me laver les cheveux.
Avant d'être maman, j'avais le temps de mettre de la crème, de faire mes jambes, de m'épiler les sourcils.
Avant d'être maman, je n'avais jamais eu de trace de morve sur un chandail.
Avant d'être maman, je n'avais jamais mal au dos.
Avant d'être maman, je n'avais jamais fait de biscuits avec des céréales pour bébé.
Je n'avais jamais pensé que la toilette pouvait devenir un terrain de jeux.
J'ignorais la quantité de bébelles qui pouvaient entrer derrière le réfrigérateur.
Avant d'être maman, je ne savais pas à quel âge un bébé fait ses nuits, tient sa tête, se tient assis, boit seul, marche, parle, donne un bisou.
Avant d'être maman, je n'avais jamais parlé de mes seins à qui voulait bien l'entendre.
Je n'avais jamais eu de gerçure, d'ampoule de lait ni de mastite.
Mais surtout,
Avant d'être maman...
J'ignorais tout ce qu'un enfant peut donner, tout ce qu'un regard bleu peut guérir, tout ce qu'un rire peut effacer.
J'ignorais combien tous les petits désagréments perdent leur importance juste avec un sourire.
Avant d'être maman, j'avais mal, je me sentais vide. Il manquait quelque chose à ma vie.
Avant d'être maman, je n'étais pas moi-même.
La fête des mères était très difficile et je maudissais toutes les mamans car je n'étais pas des leurs.
Avant d'être maman, tout ce que je voulais, tout ce que mon âme désirait, c'était d'être une maman.
Maintenant que j'en suis une, jamais au grand jamais je ne retournerais à celle que j'étais,
avant d'être maman...
4 mai 2007
Pas encore?
Se remettre en question et douter de ses capacités de parent fait partie de l'apprentissage normal d'une nouvelle maman. On a beau savoir qu'il ne faut pas comparer, que chaque bébé a son rhytme, que les chiffres ne sont là qu'à titre de référence... la pression sociale est là quand même. Sans nécessairement s'inquiéter, on se compare presqu'involontairement à la famille machin dont le petit a parlé à 6 mois et marché à 8 mois. On se dit "peut-être ne l'ai-je pas assez stimulé? Ou peut-être ne l'ai-je pas assez laissé explorer de façon autonome?" La marge entre le pas assez et le trop ne semble pas très large.
Mon fils a commencé à marcher pour de bon la veille de ses 15 mois. Jusqu'à ce jour, je ne comptais plus les fois où je me suis faite dire "quoi, il ne marche pas encore?!" avec un air de surprise et de dédain. Puis, on me regardait de haut "quoi, il ne parle pas encore non-plus?!" Ça y est, je me sens nulle. Peut-être mon fils a-t-il un retard, peut-être aura-t-il un problème de langage... je m'inquiète, je me questionne sur mes capacités, sur la stimulation, encore et toujours.
Puis, je me rends compte, en parlant avec d'autres mamans, que mon fils est tout à fait normal. Bien sûr, il y a des bébés plus rapides qui marchent à 8 mois. Il y en a aussi des moins rapides qui marchent seulement à 20 mois et qui pourtant sont tout aussi intelligents. Comme on entend surtout parler de ceux qui sont plus rapides et qu'on ne vante jamais ceux qui l'ont fait plus tard, c'est facile de se laisser prendre par cette satanée pression sociale et de se faire croire qu'on a manqué notre coup et raté l'éducation de notre bébé. On a tous peur que notre enfant ne soit pas "normal", qu'il ne soit pas en santé, physique et mentale. On veut tous le meilleur pour nos enfants, ce qui inclut une enfance loin des tracas médicaux. La foutue pression sociale vient donc animer le feu de cette peur, à tord.
Mon fils est costaud et grand. En apparence, il a souvent passé pour plus vieux que son âge, ce qui n'aidait jamais la pression. Il avait l'air de 13 mois à 9 mois, on s'attendait donc à ce qu'il soit plus habile, plus solide sur ses pattes. J'ai fait tout mon possible pour ne pas me laisser atteindre par les commentaires plates, mais il y a des jours, surtout dans le dernier mois, où c'était plus difficile.
Il n'y a pas de garantie. On ne sait jamais à 100% si on fait la bonne affaire, si on stimule comme il faut, assez ou trop. On doute beaucoup et je crois que ce doute est en quelque sorte sain. Ça prouve qu'on s'inquiète, qu'on a à coeur le développement de notre enfant. Ça prouve qu'on veut ce qu'il y a de meilleur pour lui en donnant ce qu'on a de meilleur, sans que ce soit parfait.
Mon fils a commencé à marcher pour de bon la veille de ses 15 mois. Jusqu'à ce jour, je ne comptais plus les fois où je me suis faite dire "quoi, il ne marche pas encore?!" avec un air de surprise et de dédain. Puis, on me regardait de haut "quoi, il ne parle pas encore non-plus?!" Ça y est, je me sens nulle. Peut-être mon fils a-t-il un retard, peut-être aura-t-il un problème de langage... je m'inquiète, je me questionne sur mes capacités, sur la stimulation, encore et toujours.
Puis, je me rends compte, en parlant avec d'autres mamans, que mon fils est tout à fait normal. Bien sûr, il y a des bébés plus rapides qui marchent à 8 mois. Il y en a aussi des moins rapides qui marchent seulement à 20 mois et qui pourtant sont tout aussi intelligents. Comme on entend surtout parler de ceux qui sont plus rapides et qu'on ne vante jamais ceux qui l'ont fait plus tard, c'est facile de se laisser prendre par cette satanée pression sociale et de se faire croire qu'on a manqué notre coup et raté l'éducation de notre bébé. On a tous peur que notre enfant ne soit pas "normal", qu'il ne soit pas en santé, physique et mentale. On veut tous le meilleur pour nos enfants, ce qui inclut une enfance loin des tracas médicaux. La foutue pression sociale vient donc animer le feu de cette peur, à tord.
Mon fils est costaud et grand. En apparence, il a souvent passé pour plus vieux que son âge, ce qui n'aidait jamais la pression. Il avait l'air de 13 mois à 9 mois, on s'attendait donc à ce qu'il soit plus habile, plus solide sur ses pattes. J'ai fait tout mon possible pour ne pas me laisser atteindre par les commentaires plates, mais il y a des jours, surtout dans le dernier mois, où c'était plus difficile.
Il n'y a pas de garantie. On ne sait jamais à 100% si on fait la bonne affaire, si on stimule comme il faut, assez ou trop. On doute beaucoup et je crois que ce doute est en quelque sorte sain. Ça prouve qu'on s'inquiète, qu'on a à coeur le développement de notre enfant. Ça prouve qu'on veut ce qu'il y a de meilleur pour lui en donnant ce qu'on a de meilleur, sans que ce soit parfait.
16 avril 2007
Ne m'oublie pas
Dans les émissions de style "makeover", on voit souvent des femmes, plus précisément des mamans, qui ont négligé leur look depuis l'arrivée des enfants. Manque de temps, manque d'intérêt, manque de ressources, le look des mamans en prend souvent pour son rhume. On fait passer les enfants avant nous. Quand on magasine, on sort des boutiques avec plusieurs morceaux pour les enfants et rien pour nous. Pas le temps d'aller chez la coiffeuse. De toute façon, on n'a pas le temps de se coiffer le matin. On attache nos cheveux et hop, la journée doit commencer! Se maquiller? Si on a le temps de mettre un peu de mascara et de camoufler rapido ces cernes sous nos yeux, c'est déjà bon. On use nos vêtements au maximum, question de les rentabiliser et de ne pas avoir à dépenser pour nous.
Je n'ai jamais eu l'air aussi délabrée. Mes cheveux sont horribles, je ne me souviens même pas de ma dernière visite chez la coiffeuse. Ma peau est terne, je suis cernée, j'aurais sérieusement besoin d'un pédicure et Hom est content que je recommence à voir le doc, car ça veut dire que je vais faire mes jambes au moins une fois par mois. Je ne me suis pas acheté de nouveaux vêtements depuis des mois et ceux que j'ai sont démodés et déformés. Mais ils me font et ne sont pas troués. Ou presque pas.
Travailler à temps partiel, ça paraît sur un budget, d'autant plus qu'un bébé, ça vide un compte de banque aussi vite qu'un biberon. Bref, une fois les besoins de mon fils comblés, il ne reste plus grand chose pour moi.
Je ne sais pas pourquoi je me suis autant négligée. Je m'étais juré de ne pas m'oublier, mais j'ai échoué. Je ne suis pas superficielle, mais ça devient grave. Je dois m'occuper de moi-même car mon physique abandonné commence à déteindre sur mon esprit. Je ne prends plus de temps pour moi, je ne me bichonne plus, je ne me vois plus. En fait si, je me vois et je déteste ce que je vois. J'ai l'air fatiguée, négligée, molle et sans entrain. Voir ce que je suis vraiment me déprime. J'ai de plus en plus de misère à aimer celle que je suis devenue. C'est un cercle viscieux qui m'étourdit et dont je voudrais bien sortir.
Je ne suis pourtant pas du genre à me laisser aller, mais il y a toujours quelque chose de plus pressant, de plus important au haut de ma liste. Je prends aujourd'hui, maintenant, la décision de faire à chaque jour un petit quelque chose pour moi, moi seulement. Je veux à nouveau me sentir belle, me trouver belle. Je veux à nouveau aimer m'habiller, me pomponner. Je veux prendre le temps de lire, d'écrire, de faire de l'artisanat comme avant.
Je veux prendre le temps d'être autre chose qu'une maman, de temps en temps.
Je n'ai jamais eu l'air aussi délabrée. Mes cheveux sont horribles, je ne me souviens même pas de ma dernière visite chez la coiffeuse. Ma peau est terne, je suis cernée, j'aurais sérieusement besoin d'un pédicure et Hom est content que je recommence à voir le doc, car ça veut dire que je vais faire mes jambes au moins une fois par mois. Je ne me suis pas acheté de nouveaux vêtements depuis des mois et ceux que j'ai sont démodés et déformés. Mais ils me font et ne sont pas troués. Ou presque pas.
Travailler à temps partiel, ça paraît sur un budget, d'autant plus qu'un bébé, ça vide un compte de banque aussi vite qu'un biberon. Bref, une fois les besoins de mon fils comblés, il ne reste plus grand chose pour moi.
Je ne sais pas pourquoi je me suis autant négligée. Je m'étais juré de ne pas m'oublier, mais j'ai échoué. Je ne suis pas superficielle, mais ça devient grave. Je dois m'occuper de moi-même car mon physique abandonné commence à déteindre sur mon esprit. Je ne prends plus de temps pour moi, je ne me bichonne plus, je ne me vois plus. En fait si, je me vois et je déteste ce que je vois. J'ai l'air fatiguée, négligée, molle et sans entrain. Voir ce que je suis vraiment me déprime. J'ai de plus en plus de misère à aimer celle que je suis devenue. C'est un cercle viscieux qui m'étourdit et dont je voudrais bien sortir.
Je ne suis pourtant pas du genre à me laisser aller, mais il y a toujours quelque chose de plus pressant, de plus important au haut de ma liste. Je prends aujourd'hui, maintenant, la décision de faire à chaque jour un petit quelque chose pour moi, moi seulement. Je veux à nouveau me sentir belle, me trouver belle. Je veux à nouveau aimer m'habiller, me pomponner. Je veux prendre le temps de lire, d'écrire, de faire de l'artisanat comme avant.
Je veux prendre le temps d'être autre chose qu'une maman, de temps en temps.
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