LES PÉPINS DE KIWI


Réflexions douces-amères d'une infertile maintenant maman.

6 août 2008

Croire ou ne pas croire

Quand Tithom est né, j'avais lu un livre sur les coliques, parce qu'on me l'avait suggéré. En lisant ce livre, je me suis apperçue que je ne savais pas vraiment ce qu'étaient les coliques (en gros: un bébé de plus de 3 semaines qui pleure un minimum de 3 heures d'affilée, habituellement le soir, au moins 3 soirs par semaine, pendant au moins 3 semaines). Je me suis alors dit que finalement, il ne devait pas y avoir tant de bébé à coliques qu'on pouvait le croire. À lire les mamans, je me suis même mise à penser que les coliques, ça n'existait peut-être même pas. Après tout, un bébé, ça pleure, c'est normal. Le soir, ils sont plus fatigués. Quand on les porte, ils arrêtent. Et quand ça ne dure qu'une semaine ou deux, ça devait simplement être autre chose.

Je ne croyais pas aux coliques. Je croyais que trop de mamans apposaient cette étiquette alors qu'au fond, c'était autre chose que des coliques.

Tithom n'a jamais fait de coliques. Il a eu une période plus difficile vers 3 mois, qui a duré peut-être une semaine ou deux. Je n'ai jamais appelé ça des coliques. Mon jugement est resté.

Aujourd'hui, je crois aux coliques. Oh oui, j'y crois. Je reste convaincue que bien des mamans prennent, à tort, des pleurs normaux ou un malaise passager pour des coliques, mais je sais maintenant qu'un bébé qui est inconsolable de 20h à 23h à tous les soirs pendant 3 mois, ça existe. Un d'eux s'appelle Tilou.

On dit que chaque bébé est différent. C'est vrai. Et qu'on n'a jamais fini d'apprendre. C'est vrai aussi.

Ce qui m'amène à une autre chose à laquelle je ne crois pas. L'expliquer de long en large serait ennuyeux, mais venant d'une famille de scientifiques et de gens pour qui les faits, la logique et les chiffres parlent beaucoup, c'est tout simplement normal que je n'y crois pas. Je parle ici de l'homéopathie. Ne me lancez-moi pas de tomates, ne me racontez surtout pas l'histoire de votre bébé/cousin/voisin/cheval pour qui ça a fonctionné, je ne veux plus les entendre. Je suis ouverte d'esprit, je remets souvent mes convictions en doute, je suis convaincue qu'il existe des produits naturels qui ont des vertues, que la médecine n'a pas réponse à tout, que les médicaments ne sont pas toujours nécessaires, je crois à l'acuponcture, mais l'homéopathie, non, vraiment, j'y crois pas. Je ne veux pas de débat, je n'y crois pas, point.

Je ne compte pas le nombre de fois où je me suis faite proposer d'essayer l'homéopathie pour "soigner" les coliques de Tilou. Je n'ai plus l'énergie pour débattre tout le temps, alors la majorité du temps, je souriais en disant merci.

Le lien entre tout ça? C'est une cousine de Hom qui me l'a offerte sur un plateau d'argent. Elle m'a raconté que son fils aussi avait fait des coliques. Ça avait été l'enfer. Une grosse semaine intense.

Pardon?

Une semaine?

C'est pas des coliques, ça. C'est pas moi qui l'invente, là. Ce ne sont pas des coliques. Ce qui me pousse à me questionner... Et si les gens pour qui l'homéopathie avait bien fonctionné pour arrêter les coliques faisaient partie de ceux dont les bébés ne faisaient pas vraiment des coliques? Et si les bébés avaient arrêté par eux-mêmes les supposées coliques après une semaine? Comment prouver que c'était vraiment les petites granules? Pas moyen de savoir, bien sûr, car rien n'est quantifiable et vérifiable. C'est le plus gros problème de l'homéopathie d'ailleurs: impossible de quantifier pour réellement prouver que ça n'aurait pas donné le même résultat si on n'avait rien donné ou seulement donné de l'eau. L'effet placebo. Les études sont nombreuses pour dénoncer l'homéopathie. Pas une seule n'existe pour prouver hors de tout doute son efficacité. Pas une.

Qu'on me dise que j'ai enduré 3 mois de pleurs pour rien, que ça aurait pu se terminer rapidement si j'avais dépensé pour des petites billes supposément miraculeuses, ça me fait grincer des dents. Bien sûr, ma façon de voir les choses se fait aussi à l'inverse: peut-être Tilou aurait-il arrêté si je lui en avais donné. On ne le saura jamais. Quoi que, permettez-moi d'en douter fortement.

Tilou n'a jamais aimé être déposé. Il voulait être dans les bras ou l'écharpe, il voulait que ça bouge, que ce soit chaud et plein d'amour, à toutes heures du jour et de la nuit (il dormait dans nos bras). De plus, Tilou a le bedon sensible. J'ai remarqué une différence dans son comportement quand je mangeais épicé, trop assaisonné d'ail ou si je consommais de la caféine. Il régurgitait beaucoup, se tortillait, était de moins bonne humeur. Quand j'ai coupé tout ça, son comportement a changé. Quand j'ai changé ma façon de l'allaiter (un seul sein par boire), il a changé aussi.

Aujourd'hui, les coliques sont derrière nous. Tilou est un tout autre bébé. Hyper souriant, toujours de bonne humeur, il ne pleure pratiquement jamais et s'endort facilement. Et il ne passe plus autant de temps dans nos bras (quoi qu'il déteste toujours la poussette).

Est-ce que l'homéopathie aurait vraiment changé mon bébé autant que le temps et nos attentions? Non, vraiment, je n'y crois pas. Je ne crois même pas que ça aurait fait une différence. C'était dans sa personnalité, dans son bedon et seul vieillir pouvait le "guérir".

Chaque maman a sa façon de faire et je sais qu'une n'est pas meilleure qu'une autre, seulement adaptée à chaque bébé. Ma façon de faire: écouter mon bébé et croire en la vertue du temps.

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Écrit par kiwi :: 11:16 AM :: 6 pelure(s)

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27 juin 2008

L'oublié

Il se fait mordre et griffer. Il se fait vomir dessus et reçoit des coups de pied. Il est fatigué, meurtri et lourd. Il est étiré, flasque et mou. Il est fait fort, mais faiblit. Il en porte lourd sur ses épaules, mais ne veut rien laisser tomber. Il se nourrit de moins en moins bien, même si quelqu'un dépend directement de sa santé. Il est oublié, même si irremplaçable. Il est négligé, même s'il a donné la vie. Il a mal au dos, aux reins, aux pieds. Il est mené à bouts. Il a hâte aux vacances.

Mon corps, ce corps que j'ai longtemps détesté, n'est plus ce qu'il était.

J'ai longtemps entretenu une relation d'amour-haine avec mon corps. Petite, je me trouvais grosse et moche. Adolescente, j'aurais voulu être plus grande, plus mince. Adulte, j'aurais voulu être fertile. Maintenant que j'ai porté et donné deux fois la vie, je n'ose plus être aussi exigeante envers mon corps. En fait, je devrais en prendre encore plus soin, pour le remercier de nous avoir fabriqué deux aussi beaux trésors.



C'est encore avec l'excuse du temps qui passe trop vite que je justifie mon manque d'attention envers moi-même. Je voudrais bien m'occuper de moi, mais après avoir pris soin de Tilou et de Tithom, tenu maison et préparé les repas, il me reste juste assez de temps pour prendre une douche et me crèmer sommairement.

Même si j'ai perdu le poids que j'avais pris lors de la grossesse (mais pas encore ce que j'avais pris pendant les traitements de fertilité, même si ça viendra), mon corps n'a vraiment plus la même forme qu'avant. Pas besoin de mentionner que la majorité des changements se situe au niveau du ventre. Si je vous disais que je me suis achetée des culottes de maintien, ça vous donne une idée de l'étendue des dégats?

Ouais. Fatiguée, flasque ET sexy. Pas facile, être maman.

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Écrit par kiwi :: 7:12 AM :: 3 pelure(s)

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18 juin 2008

Ah bon

Je discutais avec ma mère de la différence entre avoir un premier et avoir un deuxième enfant. Elle me dit: "C'est vrai que le deuxième est toujours plus garroché."

Quand même le fun à savoir. C'est moi, son deuxième enfant.

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Écrit par kiwi :: 3:38 PM :: 6 pelure(s)

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16 juin 2008

Une année de plus

Samedi, pour mon anniversaire, ma mère est venue garder les enfants pendant deux heures. Juste assez de temps pour aller manger au resto seule avec Hom. Nous n'avions pas fait ça depuis... je ne me souviens plus quand nous avons été seuls la dernière fois, en fait. Donc trop longtemps, j'imagine.

Bizarre, de se retrouver en couple alors qu'à tous les jours, on oublie presque que nous en formons un tellement nous sommes pris dans la routine et les couches pleines. Bizarre de ne pas avoir à demander de banc d'appoint ni devoir partager son plat avec un petit garçon qui demanderait juste qu'on le laisse courir partout. Bizarre qu'on se soit quand même dépêché à manger, même si au fond, nous avions tout notre temps. Nous sommes tellement habitués maintenant de faire la course contre la patience de Tithom ou de se hâter pour terminer avant que Tilou ne se mette à pleurer. Pour une fois que nous pouvions manger lentement, tranquillement, sans qu'un de nous deux ait un bébé dans les bras et que l'autre doive ramasser une cuillère lancée par terre 34 fois et essuyer le gobelet de lait renversé 8 fois...

Après avoir engoufré les amuse-bouches et la salade en un temps record, j'ai dit à Hom qu'on devait se calmer et prendre notre temps. Prendre son temps. Notion devenue très vague le jour où Tilou est né. Le temps, en fait, n'existe plus tellement ici, sauf celui qui passe trop vite et celui qui me fait vieillir, encore une fois, d'une année.

Bien des choses changent, quand on devient maman. Mais le temps, lui, continue à faire son chemin et les anniversaires s'acumulent encore et encore...

L'an dernier, j'avais trouvé l'arrivée de la trentaine plutôt difficile. Elle avait été adoucie par un cycle qui avait bien fonctionné et qui résulterait, éventuellement, en Tilou. Cette année, ajouter une année à ma trentaine me fait moins d'effet, mais quand même... Je me sens un peu plus vieille et molle, mais je mets ça sur le dos de Tilou. Un nouveau-né, ça ne ramollit pas seulement le ventre (ah, ce mou que j'aime détester!), ça fait entrer la fatigue dans chaque pore, dans chaque nerf. Le fait que je doive travailler (plus pour longtemps, mon contrat tire à sa fin et je pourrai enfin profiter de l'été et de mon congé de maternité) n'aide pas la fatigue, c'est certain. J'ose espérer que dans les prochaines semaines, je reprendrai le dessus et je retrouverai un semblant de forme pour passer un bel été entourée de mes trois hommes.

Car, cette année, je suis peut-être un peu plus vieille, encore, mais je suis aussi, et surtout, encore plus choyée. Juste ça devrait être assez pour me rajeunir de quelques années.

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Écrit par kiwi :: 8:53 AM :: 5 pelure(s)

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28 mai 2008

Contrôler ce que je peux

Avant d'accoucher de Tithom, j'avais fait beaucoup de visualisation. J'avais lu, posé des questions, réfléchi. Je m'étais fait une idée de ce que je voulais comme accouchement. J'avais des attentes, oui, mais je savais que ça ne se déroulerait pas comme je l'imaginais. J'avais envisagé tous les scénarios, pour me préparer. J'étais prête, enfin, je le croyais. J'avais peur, c'est certain, mais ma peur n'avait pas de fondation, puisque je n'avais jamais encore vécu d'accouchement.

Ça ne s'est pas déroulé comme je l'aurais voulu, mais je n'ai jamais eu de regret.

Quand est venu le temps d'accoucher de Tilou, mes peurs avaient changé. J'avais maintenant une expérience personnelle sur laquelle fonder mes peurs. Je pouvais comparer, analyser. Non seulement je visualisais, je me remémorais.

Ça a probablement un peu joué sur mes nerfs. J'avais toujours tendance à retourner à la seule expérice que j'avais vécu. On avait beau me répéter que chaque accouchement est unique, je ne pouvais m'empêcher de retourner à mes propres souvenirs plutôt qu'à ceux des autres.

J'ai quand même fait beaucoup de visualisation. J'ai lu de long en large Une naissance heureuse, relisant plusieurs fois les passages sur la gestion de la douleur, la poussée, le travail. Je voulais à tout prix éviter la péridurale et pour ça, je devais avoir les outils. J'ai presqu'appris les techniques par coeur. J'avais fait des disques de musiques de différents styles, dépendant du mood dans lequel je serais au moment crucial. J'étais plus que prête, même si j'avais encore peur. Peur de revivre la même chose qu'au premier, peur de devoir encore pousser pendant 3 heures, peur de plier devant l'anesthésiste, peur de ne pas avoir un accouchement de rêve encore. Sans regret, comme toujours, mais des peurs, encore. Bien petites, mais bien concrètes.

Mon plan de naissance est resté plié dans ma valise. Pas eu le temps de le donner à l'infirmière. Il n'aurait pas servi de toute façon. Mes CD sont restés dans la valise eux aussi. La seule musique à mes oreilles aura été les premiers pleurs de mon bébé. Rien n'a servi. Ni les techniques, ni les bons mots du livre, ni la musique. Enfin, pas directement. Je sais qu'au fond, ça a beaucoup servi. Ça m'a donné confiance, ça m'a permis de moins stresser avant d'accoucher. Ça m'a permis de ne plus focusser sur les peurs plus profondes, comme celle de devoir subir une césarienne ou pire, celle de perdre mon bébé. Ça m'a permis de croire en mes capacités et pour ça, je crois que les heures de lectures et de méditation en ont largement vallu la peine.

Ma façon à moi de reprendre le contrôle, c'est par l'information. J'ai toujours été comme ça. Pendant nos années de traitements de fertilité, j'ai lu et relu tout ce qui me tombait sur la main qui touchait de près ou de loin ce que nous vivions. En savoir le plus possible me permettait d'éliminer des peurs (causées souvent par l'inconnu) et de prendre des décisions éclairées.

Je fais confiance à mon instinct pour plusieurs choses, mais dans des cas où mon corps ne répond plus à ma raison, je me tourne vers le savoir. Si ma tête en sait assez pour arriver à calmer mon corps qui dérape, il aura accompli son boulot.

Et à mon prochain accouchement, j'aurai maintenant une expérience super positive à me remémorer. Rien de mieux pour donner confiance.

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Écrit par kiwi :: 2:14 PM :: 2 pelure(s)

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5 mai 2008

Tête endormie

La semaine dernière, j'avais écrit un long billet de complainte que je n'ai finalement pas posté. Trop négatif, trop chialeux. Ma semaine avait été difficile. Tilou a eu une bonne poussée de croissance (comme dans les livres, à 6 semaines) et il ne voulait QUE nos bras. Jour et nuit. 24 heures sur 24. C'est bien beau l'écharpe, mais ça limite quand même mes mouvements, un peu comme un gros ventre de 9 mois le faisait.

Ça s'est calmé, même si Tilou est encore demandant. Il est maintenant capable de faire des petites siestes dans son berceau, à condition de le coucher sur le ventre. Et ça n'arrive qu'une fois de temps en temps, pas encore quotidiennement. Il pleure encore beaucoup le soir. J'en suis encore à me demander si ce sont des coliques. Tout ce que je sais, c'est qu'Hom a le poignet bousillé, le dos en compote et les yeux très cernés. Car voyez-vous, Tilou ne s'endort que dans les bras de son papa le soir. La maman, il l'a assez vue.

Hom est parti à Toronto pour deux jours. Bien hâte de voir comment je me débrouillerai ce soir. Je me demande à quelle heure ma tête explosera...

Mais bon, tout ça, c'est assez peu intéressant. C'est la vie d'un bébé de quelques semaines. Le manque de sommeil, c'est le lot de tous les nouveaux parents, alors ça ne me donne rien d'en parler ici pendant des heures.

En fait, c'est un peu la raison de mon absence ici. Je ne trouve pas ça tellement passionnant de parler des couches de mon fils et des nuits qu'il ne fait pas. Oui, mon fils ME fascine, parce que c'est le mien et qu'il est le plus beau, mais je ne m'attends pas à ce que ses petits exploits, qui sont les mêmes que pour la grande majorité des bébés de son âge, fascinent le reste de la terre. Et comme ces jours-ci, ma vie tourne autour de mes deux fils, de mon mal de dos (quand même pas mal atténué par une visite chez le massothérapeute) et de tous les efforts que ça me prend pour ne pas m'endormir n'importe où, je n'arrive pas à écrire un billet qui vaille. D'autant plus que j'utilise souvent l'écriture automatique et que c'est assez difficile à faire quand on n'a qu'une main libre pour taper.

Comme disait mon père, je dormirai à ma retraite. Mais est-ce qu'une maman à temps plein peut prendre sa retraite?

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Écrit par kiwi :: 12:48 PM :: 5 pelure(s)

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22 avril 2008

Pas eu le temps

Ayant toujours les bras pleins (et loin de moi l'idée de me plaindre!), je n'arrive plus à trouver le temps pour pianoter sur mon clavier. Écrire me manque, ça me démange, mais je n'y peux rien, mon fils aime écouter mon coeur de près. Et comme j'aime enfouir mon nez dans les multiples plis de son cou, ça m'arrange.

En plus, je sais pas si vous aviez remarqué, mais y fa' beau dehors, alors l'ordi, il est loin dans la liste des priorités ici.

Un mois est passé déjà depuis la naissance de Tilou. Un mois! Comme il a changé en un mois! Comme nos vies ont changé! Mais, bizarrement, j'ai parfois aussi l'impression que ça a toujours été comme ça. Ai-je déjà oublié ce que c'était, la vie à 3? Peut-être pas encore. Mais ça viendra.

Tilou, lui, est à chaque jour plus rond et plus beau. Me croiriez-vous si je vous disais qu'il a pris 5 livres en un mois? Que voulez-vous, maman fait du cristi de bon lait!

Un mois... je n'ai pas eu le temps de vous raconter mon séjour à l'hôpital, où j'ai eu le bonheur (ahem!) de partager ma chambre avec un couple impoli et imbécile pendant 2 longs jours. Vous savez, le genre de couple qui, parce qu'eux ont dormi la nuit, oublient que certaines nouvelles mamans (moi!) ont accouché pendant ce temps et aimeraient bien dormir le jour pour récupérer, plutôt que d'écouter leur récit d'accouchement 72 fois alors que madame appelle tous ceux qu'elle connaît. Vous savez, le genre de couple qui vous demande, vers 5h du matin, alors que ça fait plusieurs heures que vous essayez d'endormir votre fils sans vous-même perdre connaissance, si vous pensez que votre "bébé va bientôt dormir, parce nous aimerions dormir parce qu'on part demain matin pour la maison." Si quelqu'un comprend la logique derrière tout ça qui pourrait excuser l'effronterie, s'il-vous-plaît, faites-m'en part. Mais je n'ai pas le temps de tout vous raconter, ce serait bien trop long et ennuyeux, en fait.

Pas eu le temps non-plus de vous parler de Tithom et des tonnes de bisous qu'il donne quotidiennement à son petit frère, de tous les petits trucs craquants qu'il fait à chaque jour. Il est tellement grand et espiègle, je n'arrive pas à croire qu'il puisse m'étonner encore autant à chaque jour. Quel beau et bon grand frère il fait!

Pas eu le temps de parler de plusieurs articles sur l'infertilité qui ont paru dernièrement, dont un cahier spécial dans La P resse qui m'a fait grincer des dents. Je n'ai presque plus le temps de grimper dans les rideaux et de me battre pour la cause qui me tient à coeur. Mais j'y reviendrai, c'est certain.

Pas eu le temps de commenter la lettre que le gouvernement m'a envoyé pour me féliciter de recevoir de leur congé de maternité. Une belle phrase: En encourageant l'épanouissement des familles, le gouvernement vise à favoriser l'avenir du Québec. En effet, les enfants constituent une richesse personnelle et collective à laquelle vous contribuez et nous vous en félicitons. À laquelle je réponds: Merci, mais ce n'est certainement pas grâce à votre aide.

Pas eu le temps de parler de la vie à 4, de nos projets, des couches pleines, de l'allaitement, de nos attentes, de nos familles, de notre nouvelle vie. Pas eu le temps de tout mémoriser, de tout coucher sur papier (ou clavier) pour ne rien oublier. Pas eu le temps d'en parler, mais j'ai bien pris le temps de savourer chaque seconde. Et ça continue!

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Écrit par kiwi :: 2:58 PM :: 6 pelure(s)

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14 avril 2008

Retour à la réalité

Après 4 semaines en compagnie de mon homme, je reviens ce matin à ma réalité, celle de maman au foyer. Hom est de retour au travail, après un congé parental bien apprécié.

En 4 semaines, nous n'avons pas réussi à établir de routine. Je m'y attendais, puisque la présence de Hom venait tout changer. Je ne pouvais prendre d'habitude avec lui ici, en sachant que dès son départ, j'allais devoir tout ajuster. Nous avons donc pris les choses comme elles venaient, sans se soucier de l'horaire et de la routine. Seules les heures de dodo et de repas sont restées fixes, pour ne pas trop déstabiliser Tithom. Nous nous sommes amusés, Tithom a passé énormément de temps de qualité avec son papa. La coupure sera dure.

Donc, ce matin, je me retrouve seule avec Tilou, Tithom étant à la garderie aujourd'hui. Je commence en douce ma vie de maman de deux garçons. Je vais devoir apprendre les habitudes de mon bébé, apprendre à intégrer tout ça dans mon quotidien avec Tithom, apprendre à jouer avec le plus grand tout en berçant le plus petit. Apprendre à vivre avec une seule paire de bras comme si j'en avais plusieurs.

Tilou est ce qu'on appelle un "bébé à bras". Il ne dort que dans nos bras ou au mieux, dans l'écharpe. Il aime être collé et bien au chaud. J'aime cette proximité, sentir son petit coeur battre contre le mien, mais ce n'est pas toujours évident d'arrêter la terre de tourner pour laisser bébé dormir, surtout lorsqu'on en a un plus vieux. Certaines choses doivent être faites. Et un gamin de deux ans, ça ne sait pas toujours attendre patiemment. Je sais qu'il s'adaptera, qu'il apprendra la patience. Il le fait déjà quand même bien, à quelques petites crises de "je veux toute l'attention maintenant" près.

Aujourd'hui, je suis maman d'un bébé. Demain, je serai maman d'un bébé et d'un terrible-deux. Et prochainement, je rajouterai le travail à l'équation. Tout ça sous le même toit. Et avec une seule paire de bras.

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Écrit par kiwi :: 11:14 AM :: 5 pelure(s)

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23 janvier 2008

Le métier de maman

Entre les mamans au foyer et les mamans sur le marché du travail, il y a un genre de débat qui, selon moi, n'a pas raison d'être. Les unes veulent de la reconnaissance, les autres veulent qu'on arrête de les traîter d'égoïste. Des préjugés flottent sur les deux camps et je trouve cette bataille complètement inutile.

Il n'y a pas une seule solution bonne pour tout le monde. Bien des experts s'entendent pour dire que la place d'un bébé est avec sa mère, mais la réalité de la société fait en sorte que ce n'est pas toujours possible. Ce ne sont pas toutes les familles qui peuvent se passer d'un salaire. Et ce ne sont pas toutes els femmes qui sont prètes à sacrifier leur vie professionnelle du jour au lendemain. Ça ne fait pas d'elles des égoïstes ou des sans-coeurs qui ne priorisent pas leurs enfants. Ça fait d'elles des femmes d'aujourd'hui, qui vivent avec la réalité d'aujourd'hui.

Jamais je n'irai dire que les unes ou les autres l'ont "facile". Je sais très bien qu'être maman à la maison, c'est très demandant et qu'on attend beaucoup de ces mamans. Je sais aussi que travailler totue la journée et jongler les enfants, la maison, les repas, ce n'est pas plus facile. C'est différent, voilà tout. Être maman, c'est beau, mais c'est difficile, peu importe quelle est notre réalité.

Cela ne m'empêche pas, certains jours, de me sentir inutile. Même si je me démène toute la journée pour amuser et stimuler mon garçon, tout en m'occupant de la maison et des repas, même si par-dessus tout ça, j'essaie autant que possible de poursuivre mes différents projets (personnels et professionnels), il m'arrive souvent de me dire, le soir venu "mais voyons, qu'ai-je fait de ma journée?" Pas parce que j'ai l'impression de ne rien faire, mais parce que j'ai l'impression que ce que je fais est souvent futile (je ne parle pas bien sûr de mon fils). Hom travaille très dur, il arrive crevé le soir. Il doit souvent travailler toute la soirée de la maison. Et son dur labeur se reflète dans notre compte de banque, se chiffre, se calcule. Le mien... il est là, mais invisible, non quantifiable. Je ne demande pas une paie, mais c'est difficile pour quelqu'un comme moi qui, il y a deux ans à peine, travaillait à son compte à temps plein, étais autonome et indépendante.

Est-ce que ça me fait regretter d'avoir laissé tomber une grande partie de ma business pour mon fils? Non, jamais. Ça ne me fait pas non-plus douter de mon choix, de notre choix. Je sais que pour nous, notre façon de vivre nous sied bien. Je ne crois pas non-plus que je sentirais un plus grand sentiment d'accomplissement si je retournais à temps plein sur le marché du travail. Je sais que ce monde n'est pas pour moi, il ne l'a jamais été. Je ne peux avoir autre patron que moi. Bon, et mon fils, maintenant.

Je pense que ma grossesse joue beaucoup sur ces émotions. Le fait que je ne puisse plus autant accomplir maintenant que lorsque je n'avais pas une pastèque accrochée à ma colonne vertébrale mine un peu mon humeur. Je voudrais tellement en faire plus, je voudrais rendre mes journées sans Tithom bien plus productives... mais mon corps ne suit plus. Je me sens lourde et lente. Je m'essouffle, je suis étourdie, je dois m'asseoir souvent. Je me sens mal de devoir demander à Hom d'en faire un peu plus alors qu'il en fait déjà tellement. Je me sens faible et pourtant, je sais au fond de moi que je ne le suis pas. Je suis en train de fignoler notre deuxième fils. Je suis en train de préparer la naissance de notre deuxième enfant. Ce n'est pas de la faiblesse, mais de la force. C'est un autre travail pas tellement quantifiable, mais oh combien important. Et fatigant, à la fin...

Tout comme celui de maman tout court.

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Écrit par kiwi :: 9:11 AM :: 4 pelure(s)

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7 janvier 2008

L'angoisse du deuxième

Il y a quelque temps, sur un forum que je fréquente, une fille avait parlé de ses angoisses à l'idée d'attendre un deuxième enfant. Son sujet m'avait interpellée, puisque j'en étais au début de ma grossesse, dans l'attente du deuxième. Mais, bizarrement, je ne ressentais aucune angoisse, aucune peur. Je me disais, sans la juger, que mon parcours différent changeait peut-être ma façon de voir les choses. Après tout, on a pas tellement le choix de s'assurer que notre décision est réfléchie quand on s'embarque dans des traitements de fertilité. Même si j'ai souvent essayé d'en parler légèrement, la stimulation ovarienne par injections doit être prise au sérieux. On doit être certain de notre affaire. Une fois les dés lancés, on ne peut plus reculer.

J'ai toujours vu les traitements de fertilité comme une façon d'aller jusqu'au bout, de ne pas avoir de regret. Ce sont nos limites à nous. Je sais que pour bien des couples, leurs limites se situent ailleurs et qu'ils ne regretteront pas ne pas avoir pris ce chemin. Je le respecte, même si pour moi, pour nous, je devais tout essayer. Ayant en tête, au moment où l'aiguille perçait ma peau, les conséquences, bonnes et mauvaises, de nos choix, je n'ai jamais rien regretté. Donc, lorsque je suis tombée enceinte de Tipépin, ce n'était pas le cas non-plus.

Puis, quelques mois plus tard, j'ai eu une révélation, comme si on me gifflait. Oui, je savais que j'étais enceinte, j'en étais consciente. Mais en même temps, bizarrement, je n'arrivais pas vraiment à concevoir que j'allais vraiment avoir un deuxième enfant. Et du jour au lendemain, tout m'est apparu très clair. Nos vies allaient changer, notre famille allait changer. Nous n'allions plus jamais être seulement nous trois. J'allais recommencer à allaiter, nous allions recommencer à ne plus dormir, nous allions à nouveau découvrir une petite vie toute neuve au jour le jour.

Et bang! Les angoisses ont commencé. Comment allais-je arriver à m'occuper d'un bébé en même temps que de Tithom? Comment allais-je arriver à dormir, ou du moins, à me reposer? Est-ce que Tithom allait apprécier son nouveau rôle de grand frère? Est-ce qu'il nous en voudrait de lui imposer un petit frère, de lui enlever sa place unique sans lui demander son avis? Est-ce que j'allais m'ennuyer de nos moment seuls tous les trois? Est-ce que j'allais regretter de ne pas m'être contentée d'un enfant?

Toutes des questions que je ne m'étais jamais posées avant. Toutes des questions qui viennent avec le deuxième enfant, j'imagine. Au premier, j'angoissais sur l'accouchement, sur mes capacités de mère, sur l'allaitement, sur des questions finalement sans importance comme comment laver le nombril et quand commencer les céréales. Maintenant, j'angoisse sur l'impact de notre décision sur notre fils aîné. J'angoisse encore sur mes capacités de mère, mais sous un angle différent.

Bon, on s'entend, je n'y pense pas à chaque heure de chaque jour, loin de là. Ça me prend par vagues, quand j'ai quelques secondes pour penser (ce qui n'arrive pas tellement souvent finalement). Puis, je croise le regard de mon chum ou celui de mon fils et tout redevient clair: ça va bien aller, car ils sont avec moi dans cette nouvelle aventure. Je pense aux beaux moment, sans nécessairement oublier les moins beaux (qui peut oublier les nuits blanches, le lait régurgité, la montée laiteuse et les pleurs qui ne semblent jamais finir?). Je me concentre sur le fait que tout ce que j'ai adoré vivre avec Tithom pour la première fois, j'aurai la chance de le revivre, différement, avec mon deuxième fils. J'imagine Tithom donner un bisou à son petit frère. Je les imagine plus vieux, courant dans la maison en riant comme des fous. Je les imagine en train de préparer un mauvais coup. Je les imagine les deux assis dans un bain rempli de mousse, s'éclaboussant. Je les imagine les deux endormis, un à côté de l'autre. Je n'ai pas besoin de penser aux moins beaux côtés de la maternité, je sais qu'ils sont là. Mais les beaux les dépassent largement, et c'est de ça que je dois me rappeler.

Oui, j'aurai le moins beau en double, mais aussi, et surtout, le plus beau.

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Écrit par kiwi :: 9:15 AM :: 5 pelure(s)

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