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LES PÉPINS DE KIWI |
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De::Montréal, Québec, Canada Profil . : dernièrement : .
Quelle idée . : tithom : .
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Allaitement (I) (II) . : depuis le début : .
01.2005 |
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« L'espoir n'est pas une formule, mais une pratique. Nicole Nottat
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Association canadienne de sensibilisation à l'infertilité . : maternité : .
Maman Chérie . : suivi : .
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24 juillet 2008En 30 ansDemain, Louise Brown, le premier bébé conçu grâce à la fécondation in vitro, aura 30 ans. Il s'en est passé des choses en 30 ans. Beaucoup de progrès, beaucoup de nouvelles solutions. Alors que les parents de Louise Brown n'avaient aucune autre option que cette nouvelle technique pas encore éprouvée à l'époque, les couples infertiles d'aujourd'hui ont beaucoup plus de choix. À voir tout ce qu'on a découvert, amélioré et perfectionné depuis 30 ans, on ne peut qu'être optimiste pour les 30 prochaines années à venir. Et pourtant... Inducteurs d'ovulation, échographies de haute précision, injections d'hormones, inséminations, fécondation in vitro, micro-injection de spermatozoïdes... même la médecinde douce s'intéresse à ce marché fleurissant, avec des acuponcteurs spécialisés en fertilité et des ostéopathes qui prétendent pouvoir guérir la stérilité. L'infertilité est maintenant une grosse business. Même si ça touche des gens d'une façon très intime, ça reste bien souvent, maleureusement, une pratique dominée par l'argent. On parle souvent de ce côté financier qui ajoute au fardeau déjà lourd à porter des couples infertiles. On demande souvent des subventions, une reconnaissance. Les cliniques privées, même si elles ont gardé un côté humain, roulent sur l'or. Les couples infertiles sont vulnérables. Ils veulent un enfant plus que tout. Ils sont prêts à tout, ou presque, pour devenir parents. De savoir que les solutions sont là, à notre portée, si seulement on est prêts à emprunter ou réhypothéquer notre maison, nous pousse souvent à faire exploser notre crédit. Comment vivre avec la décision de tout avoir laissé tomber par manque d'argent? Comment laisser des chiffres nous empêcher de vivre notre rêve de maternité? C'est pourtant bien souvent l'argent qui décidera jusqu'où un couple est prêt à aller pour avoir un enfant. Malgré tout le progrès, malgré les découvertes et raffinements des techniques, c'est le porte-feuille qui domine encore. Bien des solutions sont apparues, depuis 30 ans. Mais la douleur reste la même. Le combat reste le même. Tandis que la facture, elle, augmente. Et le compte en banque des cliniques aussi. Libellés : infertilité (IV) 19 juillet 2008Un gène?Ce matin, je buvais tranquilement mon café pendant que Tithom vidait la boîte d'Alphabits, prenant bien soin d'en mettre partout, sauf dans son bol. Je feuilletais le journal tranquilement, profitant d'un des rares moments où je n'ai qu'un garçon avec moi. Tilou faisait encore dodo avec son papa. Qu'il en profite, il est en vacances. J'ai alors lu avec étonnement qu'une équipe Montréalaise aurait découvert un gène lié à l'ovulation. Wow. Bon, nous n'en sommes pas encore aux remèdes miracles, mais chaque petit pas, chaque petite découverte par rapport à l'infertilité souvent dite "inexpliquée" se doit d'être teintée d'espoir. Qui sait si dans quelques années, les couples infertiles n'auront pas à attendre autant qu'aujourd'hui. Qui sait s'ils ne pourront pas trouver facilement une solution à leur problème. Du coup, j'avais oublié Tithom et sa montagne de céréales. J'avais oublié les ronflements venant de la chambre à coucher. J'étais seule devant le journal, seule avec mon infertilité au repos. Je fais partie des chanceuses, malgré tout, côté infertilité. Parce que je suis doublement maman, parce que 3 ans à attendre le premier, ce n'est pas si mal quand on se compare. Parce que j'ai à peine attendu pour le deuxième. Et parce que je n'ai pas vécu de pertes successives déchirantes. Mais, même si je l'ai eu plus facile que d'autres femmes infertiles, ça ne m'empêchera jamais de faire partie de l'équipe et d'encourager mes coéquipières qui n'ont pas encore atteint la ligne d'arrivée. Dès que je lis une nouvelle de ce genre, je suis excitée. Le sujet m'intéresse, il m'interpèle et vient me chercher aux tripes. L'infertilité reste dans mon sang, même après deux accouchements. Peut-être même dans mes gènes, à ce qu'il paraît. La nouvelle en soi ne change rien, pour le moment, au sort de ceux et celles qui se battent aujourd'hui contre l'infertilité. Mais ça risque de changer celui de ceux et celles qui se battront contre l'infertilité demain et après-demain. Juste ça, c'est assez pour me faire oublier un court instant que j'ai un alphabet de farine à ramasser sous ma table à manger. Libellés : infertilité (IV) 10 juin 2008Au frontL'infertilité fait à nouveau la manchette. Le projet de Loi 23, qui limiterait à un seul le nombre d'embryons transférés à la fois dans un cycle de fécondation in vitro, sème la colère chez les couples infertiles. Pas tant par les raisons qui poussent cette limite (diminuer les grossesses multiples), mais par le manque de suite dans les idées du gouvernement. On ne peut pas demander à un couple infertile qui paie des milliers de dollars pour un seul cycle de FIV de se limiter à deux embryons et ne pas le soutenir financièrement. Je t'interdis de transférer plus de deux embryons, mais si ça ne fonctionne pas, à toi de repayer un autre 10 000$ si tu veux ré-essayer. C'est pas logique et surtout, pas sympathique. J'en ai souvent parlé, ça me fout en rogne. Surtout que leur seul argument reste l'argent. Toujours l'argent. Le but de limiter les grossesses multiples n'est pas aussi une façon d'économiser? Car on sait que les grossesses multiples demandent un plus grand suivi et aboutissent souvent (quoi que pas tout le temps) en naissances prématurées, ce qui engendre d'autres coûts. Ces économies, en bout de ligne, pourquoi ne pas les rediriger vers ces couples qui, justement, seront limités dans leurs chances? Je ne comprends vraiment pas l'hésitation du gouvernement. Ce matin, des gens iront manifester contre ce projet de loi devant le Parlement à Québec. Je ne pourrai y être, mais j'y serai en pensée. J'espère vraiment, de tout coeur, que ça fera avancer les choses. Libellés : infertilité (IV) 18 mai 2008Infertiles, sensibilisons!Dimanche dernier, c'était la fête de mères. Puis, commençait la semaine de la famille. Hier, c'était la journée mondiale de la femme enceinte. Et aujourd'hui commence la semaine canadienne de sensibilisation à l'infertilité. Bizarre, le mois de mai, vous ne trouvez pas? Semaine de sensibilisation, ça veut dire qu'on doit en parler. Sensibiliser les gens. Faire connaître une maladie souvent cachée ou ignorée. Faire réaliser que l'infertilité doit être prise au sérieux. S'ouvrir sur un sujet délicat pas toujours facile à expliquer. Avant d'avoir notre premier enfant, nous n'osions pas tellement parler de ce que nous vivions, sauf à des gens qui le vivaient aussi. Je ne sais pas pour Hom, mais moi, j'avais honte. Honte de ne pas réussir à faire ce que toutes les autres femmes semblaient réussir sans devoir même y penser. Honte d'avoir un corps défectueux, même si j'en prenais soin. Honte de ne pas pouvoir contrôler ma fertilité. Honte de me faire juger, de me faire dire que c'est parce que nous ne faisions pas les choses de la bonne façon. Honte que les autres croient que c'était de ma faute, ou que c'était "notre destin". Garder la rage et la douleur cachées, ça n'a pas aidé mon sentiment de solitude. Je me sentais incomprise, mais je n'osais en parler pour mieux me faire comprendre. Un genre de cercle viscieux d'incompréhension. Je n'osais même pas parler de ma fausse-couche à mes amies, sauf quelques exceptions. Ma douleur m'appartenait et je la trouvais trop intime pour la partager. C'était aussi difficile de mettre des mots sur le vide que je ressentais. Sur certains forums, je trouvais du soutien, je pouvais partager avec des filles vivant le même genre de combat. Mais j'avais souvent l'impression de me répéter mois après mois et de déranger. J'avais commencé ce blogue justement dans le but d'avoir un endroit où parler de tout ça librement. Je me disais que si certaines personnes vivant la même chose venaient à passer, ça leur ferait peut-être du bien de voir qu'elles n'étaient pas seules. Mais toujours, je restais dans l'ombre. Je n'en parlais que superficiellement à la plupart de mes amies, à ma famille. Je n'aimais pas en parler ouvertement, de vive voix. Derrière un écran d'ordinateur, je me sentais plus à l'aise. Quand je suis tombée enceinte de Tithom et que la grossesse semblait bien établie, j'ai décidé de m'ouvrir. N'ayant pas trouvé, à l'époque où je le vivais, de plateforme pour partager et faire connaître ce que traversent les couples infertiles, j'ai décidé d'en faire ma cause et d'en parler fièrement. La honte que j'avais eue de ne pas réussir s'était transformée en fierté d'avoir tenu le coup et d'avoir vaincu. C'était donc avec le sourire que je parlais de nos 3 ans d'essais, des traitements, de la fausse-couche et de notre bébé à venir qui était tant attendu. Pas parce que j'étais heureuse de l'avoir vécu, mais parce que j'étais fière d'avoir gardé espoir. Je voulais donner espoir à ceux et celles qui n'étaient pas encore rendus là où nous étions: être parents. Depuis, je parle sans gêne de notre infertilité. Je reprends les gens insensibles sans hésitation, j'explique, je justifie, je m'insurge et je sensibilise. Je suis loin d'être parfaite et j'ignore même si je suis efficace, mais je crois que j'arrive, une personne à la fois, à mieux faire connaître l'infertilité. Quand je reçois des courriels me disant que mon blogue a touché quelqu'un, que grâce à ce que j'ai écrit, on a changé sa façon de voir l'infertilité, que je donne espoir à un couple qui se bat depuis longtemps pour avoir un bébé, je me dis que tout ça aura vallu la peine. Mon blogue est ma plateforme, ma petite contribution à la cause. J'aurais pu le transformer complètement en blogue de maman, mais je n'y arrive pas. Je tiens à garder l'infertilité comme première cause, même si ma vie aujourd'hui ne tourne plus autour de ça. J'y tiens, parce qu'on a encore beaucoup de travail à faire côté sensibilisation. Et qu'une semaine par année, c'est bien, très bien, mais pas assez. Bonne semaine, les infertiles! Libellés : infertilité (IV) 11 mai 2008Fête des (a)mèresAujourd'hui, c'est la journée des mamans. C'est la troisième où, plutôt que de seulement faire de l'introspection sur mon rôle et ma vie de maman, je reviens en arrière vers celle que j'étais avant d'être maman. Celle qui voulait l'être, mais n'y arrivait pas. Pendant mes années d'infertilité, je trouvais la fête des mères difficile. Je la voyais arriver avec amertume et opiniatreté. J'étais frustrée de ne pas faire partie du club. Maintenant que je suis incluse dans la fête, je pense quand même à celles qui ne le sont pas encore et qui le voudraient tant. Oui, je souhaite une belle fête des mères à toutes les mamans du monde. Ce n'est pas tous les jours facile, être maman, alors on mérite bien un bouquet de fleurs et un repas qu'on n'a pas cuisiné. Mais, je souhaite aussi, et surtout, une belle journée à toutes celles qui aimeraient être maman. Ce n'est jamais facile, attendre un bébé qui ne vient pas. Et personne ne leur donne de fleurs à elles. Mesdames, un jour, cette journée ne vous sera plus aussi amère. Croyez-moi. Libellés : infertilité (IV) 6 mars 2008Infertile à vie?Un jour, enceinte de Tithom, je parlais de mon infertilité avec une amie et elle m'avait dit sèchement "mais tu n'es plus infertile, tu es enceinte." Sur le coup, j'avais été très insultée. Dans ma tête, mon coeur, mon corps, ça n'avait pas changé, encore moins comme ça, du jour au lendemain. Mon parcours ne pouvait pas être effacé par l'arrivée d'une deuxième ligne sur un test de grossesse. J'étais encore infertile, malgré les apparences. Je le serais toujours, selon moi. Mais je me rendais bien compte que pour les autres, c'était bien plus simple. Trop simple. Est-ce que l'infertilité se termine lorsqu'on a un bébé? Est-ce seulement un état médical, ou est-en aussi un état d'esprit, un état d'âme? L'infertilité a longtemps fait partie de mon quotidien. C'était une seconde nature. Ça ne me définissait peut-être pas, mais presque. L'infertilité avait toute une emprise sur ma vie, sur mes décisions, sur ma façon de voir les choses. Elle a changé bien des trucs en moi. Certains de façon négative, en les faisant mourir comme une plante qu'on oublie d'arroser, et d'autres de façon positive, comme le courage qui grandit devant l'adversité. L'infertilité a forgé une partie de ce que je suis aujourd'hui et serai pour le restant de mes jours. Elle a rendu bien des choses visibles pour moi et je ne pourrai jamais plus les ignorer. Même une fois maman, j'ai et j'aurai toujours ce regard d'infertile, cette sensibilité accrue aux espoirs des couples qui vivent l'attente du bébé qui tarde à venir. J'ai déjà dit: je ne fais plus tout à fait partie de leur équipe, mais je ne suis pas non-plus dans le camp opposé. Je suis maintenant dans les estrades à les encourager, avec la fougue de celle qui sait car elle est passée par là. J'aurai toujours tendance à me mettre dans la peau des autres, à savoir que bien souvent, les infertiles vivent les émotions de façon irrationnelle pour les autres, mais très vive et crue pour eux. Je ne le vivrai peut-être plus, mais je continuerai à comprendre. Et puis, après avoir eu Tithom, je me considérais toujours infertile parce que je savais que j'aurais recours à la PMA si nous voulions un deuxième enfant. La grossesse ne m'avait pas guérie, elle m'avait seulement donné un break. Et ce serait le cas pour chaque enfant que nous voudrions. Même aujourd'hui, alors que je suis sur le point de donner naissance à mon deuxième enfant, je me sens toujours infertile. Un peu moins qu'avant, mais quand même. Ça fera toujours partie de moi, même si l'infertilité ne sera pas pour toujours une bataille que je mènerai de front. Seulement, aujourd'hui, je ne me sens plus autant à l'aise de me définir ouvertement comme infertile, même si pour moi, je le serai toujours. Pas par honte, ni parce que je crois ne plus l'être, mais par respect pour ceux qui sont encore en plein combat. Quelques personnes m'ont demandé pourquoi je me définissais encore comme étant infertile alors que j'allais avoir deux enfants. Je crois que la définition même de l'infertilité change d'une personne à l'autre, selon son expérience. Pour moi, être infertile, c'est ne pas arriver à concevoir un enfant dans un temps raisonnable (disons un an, comme dans la véritable définition) et/ou sans aide médicale. Mais au-delà de ça, au-delà des termes techniques et des statistiques, être infertile, c'est avoir connu le déchirement, le vide, la douleur que crée l'attente d'un enfant qui ne vient pas. C'est devoir se battre pour quelque chose qui devrait être naturel et ne demander aucun effort. Je ne me sens pas coupable d'être heureuse aujourd'hui. Je souhaite le même bonheur à tous les couples infertiles, même si je sais très bien que malheureusement, plusieurs ne s'en tireront pas aussi bien que nous. Je ne me sens pas non-plus coupable de ne pas toujours tout voir en rose dans la grossesse et la maternité. Un parcours difficile n'enlève pas le droit au découragement. Seulement, je n'oublie pas. Jamais je n'oublierai comment, lorsqu'on est de l'autre côté de la clôture, ça fait mal de voir une femme enceinte. Jamais je n'oublierai les pensées, égoïstes peut-être, mais réelles lorsqu'on le vit, qui traversent notre esprit quand on entend une femme enceinte se plaindre, quand on entend une mère nous offrir de nous vendre son enfant un peu turbulent pour "pas cher". Je n'oublierai pas combien de fois je me suis dit "tais-toi, au moins tu as la chance d'être maman/future-maman alors que moi, j'essaie depuis si longtemps." Jamais je n'oublierai que c'est frustrant de se faire dire "tu n'as pas d'enfant, tu ne peux pas savoir", même si au fond, c'est vrai qu'on ne peut pas savoir... En aucun cas, je ne voudrais insulter les couples qui sont encore aux prises avec l'infertilité au quotidien. Mais jamais je ne me considérerai fertile ou normale du point de vue système reproducteur. C'est donc pourquoi je me considère encore infertile: je ne suis pas fertile et je ne le serai jamais. Voilà tout. Libellés : infertilité (IV) 14 février 2008À mon hommeJe ne fais pas partie de celles qui se font un plaisir de chialer contre la St-Valentin à chaque année, comme quoi c'est une fête commerciale, qu'on ne devrait pas attendre à cette journée pour dire à notre conjoint(e) qu'on l'aime, que l'amour, ça se fête à tous les jours, bref, vous voyez le portrait. Je fais partie de celles qui aiment cette journée de l'amour, qui en profitent pour faire des biscuits en forme de coeur et porter un chandail rouge, qui font une carte avec leur fils pour l'homme de la maison, qui profitent de cette occasion pour crier leur amour haut et fort. Je dis à mon homme que je l'aime à tous les jours, plusieurs fois plutôt qu'une. Mais aujourd'hui, j'ai envie de lui dire autrement... Quand un couple passe par l'infertilité, on entend habituellement le témoignage de la femme plutôt que celui de l'homme. Comme c'est la femme qui n'arrive pas à tomber enceinte (peu importe la raison derrière l'infertilité du couple), on associe trop souvent l'infertilité aux femmes et à leur utérus. C'est un mal de femme, c'est une douleur, un manque, un vide typiquement féminin. C'est chez la femme qui ça se voit, puisqu'elle n'obtient pas la grossesse. Trop souvent, les hommes sont laissés pour compte. Et pourtant, ils souffrent autant que nous. Seulement, ils le font de façon moins hormonale. Pendant nos années d'essai avant d'avoir Tithom, mon chum a toujours été présent pour moi. Il a toujours été patient à travers mes sauts d'humeur (merci les pilules!), il a toujours supporté le poids de notre peine sur ses épaules parce que les miennes fléchissaient trop facilement. Je sais qu'il a souffert autant que moi. Je sais qu'il a espéré et attendu autant que moi. Je sais aussi que bien souvent, il se sentait impuissant devant tout ça parce que le problème était le mien et j'étais celle qui devait prendre les pilules, se piquer, passer les tests. J'étais celle qui lisait tout ce qui me tombait sous la main sur la conception, l'infertilité, les traitements, les alternatives. J'étais celle qui devait prendre les choses en main parce que de son côté, il n'y avait pas de problème. Et il était là, à chaque étape, à chaque fin de cycle, à chaque échec. Il me faisait confiance. Il a peut-être moins pleuré que moi, mais il n'a pas moins eu mal. Le jour où je l'ai appelé en pleurs parce que je sentais que je perdais notre bébé, il a quitté le bureau en un millième de seconde pour accourir à mes côtés. C'est les yeux bouffis et rougis qu'il m'a accompagnée à l'hôpital. Nous étions là en tant que parents, avant même de savoir que notre enfant ne naîtrait jamais. C'était autant une partie de lui que de moi-même qu'on perdait. Dans notre plus grosse douleur de couple, nous nous sommes encore plus soudés. Mon homme m'a toujours soutenue, sans me juger. Il ne m'a jamais dit de moins y penser, de relaxer, ou pire, de laisser tomber. Il m'a laissée y croire, m'y accrocher, m'y perdre. Il y tenait autant que moi et j'en ai jamais doûté. Je sais que ça n'a pas été facile pour lui de me voir passer par toutes ces émotions, de me voir passer des tests, saigner, souffrir physiquement et émotionnellement. Je sais qu'il voulait m'aider, mais comme il ne pouvait prendre les médicaments à ma place, il m'a tenue la main et encouragée. Je sais que même si je ne semble pas en parler souvent, il le sait que je n'ignore pas la peine qu'il a eue. Je ne lui ai probablement pas assez dit, étant trop aveuglée par ma propre peine et le vide dans mon ventre. Mon homme m'a rendue forte, il m'a aidée à tenir le coup sans avoir à dire un mot. Sa présence seule a toujours été pour moi d'un énorme réconfort. Je lui dis souvent que je l'aime, mais j'oublie peut-être parfois de lui dire que j'apprécie tout ce qu'il fait pour moi, pour notre famille. Il travaille toujours très dur, il donne tout ce qu'il a et je lui en suis extrêmement reconnaissante. Il va sans dire que sans lui, je n'aurais pas Tithom. Mais ça ne se limite pas à la semence. Sans lui, je n'aurais jamais survécu à toutes ces années d'attente. Sans lui, sans sa présence et sa force, je ne serais pas celle que je suis aujourd'hui. Et sans lui, ma famille n'existerait pas. Mon homme, mon amour, je t'aime et je te remercie d'être là et d'être toi. À toi, et à tous les hommes qui comme toi supportent et aiment une femme infertile, merci. Libellés : couple, infertilité (IV) 23 octobre 2007Un cauchemar qui n'en est pas unAvant de vouloir tomber enceinte moi-même, la vue d'un ventre rond ne me dérangeait pas. En fait, je ne crois même pas que je les remarquais. J'étais sincèrement heureuse pour mes rares amies qui avaient des bébés et je ne les enviais pas. Pas encore. Quand nous avons commencé les essais, je me suis mise à voir des bédaines partout. Et plus le temps passait, plus leur vue m'était difficile. D'un serrement de gorge plein d'impatience, je suis passée à la boule de rage dans l'estomac et les larmes dans les yeux que je gardais baissés au sol. Ce fut encore pire après ma fausse-couche. Je prenais presque chaque grossesse comme un affront personnel, même si je savais bien que ça n'avait rien à voir avec moi. Ce n'était pas rationnel, mais je sais que c'était normal. Enceinte de Tithom, j'ai continué à avoir un peu de difficulté avec les grossesses de fertiles, malgré que ma propre grossesse rendait les choses moins crues. Je restais moins longtemps dans ma bulle avant de me permettre d'être vraiment heureuse pour les gens concernés. Je ressentais encore un petit quelque chose de triste, mais ça ne durait pas longtemps. Le temps a passé. Les grossesses des autres me dérangeaient plus ou moins. Jusqu'à ce que nous recommencions les essais. Ça me faisait mal, j'étais jalouse et frustrée de l'être, mais c'était bien moins pire que dans le passé. Mon fils avait vraiment mis un baume sur cette plaie et sa guérison était amorcée. Je crois même que mon deuxième fils qui grandit en ce moment en moi en a accéléré la guérison. Je ne dis pas que les annonces de grossesse ne me font plus rien. Non, je crois que ça me fera toujours un petit pincement au coeur, simplement par le fait que les cicatrices laissées par l'infertilité ne disparaîtront jamais complètement. Mais je ne pleure plus, je ne suis plus choquée contre l'univers et je ne crie plus à l'injustice à chaque fois qu'une femme de mon entourage nous annonce la plus belle nouvelle de sa vie. Et c'est tant mieux. Parce que ces temps-ci, les annonces de grossesses pleuvent autour de nous. Il y a même une cousine de Hom qui vient de nous apprendre qu'elle attend des jumeaux. Si j'étais encore l'infertile que j'étais il y a 3 ans, je serais en ce moment cloîtrée dans mon garde-robe avec ma boîte de mouchoirs et du chocolat, en train de pleurnicher "c'est pas juuuuste!" J'aurais juste envie de ne plus jamais sortir et de passer mes soirées à pleurer et maudire la vie. Si je n'étais pas enceinte en ce moment, je trouverais ça extrêmement difficile, surtout à l'idée de passer le temps des fêtes entourée de bédaines. Mais au lieu de ça, je suis ici, en train de flatter mon ventre rond où gigotte mon petit bonhomme et je souris à l'idée qu'il sera plus tard entouré de cousins et cousines de son âge lors des partys de famille. Ce qui aurait été un cauchemar il y a quelques années est aujourd'hui vu comme un avantage. Tout le monde change, non? Libellés : infertilité (IV) 14 septembre 2007Le droit à la reconnaissanceDepuis deux jours, un débat est lancé, au centre duquel on retrouve la fécondation in vitro et autres techniques de procréation médicalement assistée. Débat mis en route par l'émission Ça pourrait nous arriver, diffusée à TVA mercredi soir. Bien entendu, j'ai regardé cette émission avec beaucoup d'intérêt. Je l'attendais avec, je dois l'avouer, plusieurs appréhensions. J'avais peur qu'encore une fois, on ne voit qu'un côté de la médaille, ou qu'on nous montre que des cas extrêmes. De plus, la présence de deux vedettes (ici Céline Dion et Julie Snyder) me faisait craindre que la FIV soit encore associée aux gens riches. J'étais aussi déçue qu'encore une fois il ne soit question que de FIV. Bien qu'importante, c'est une technique parmis tant d'autres et c'est souvent celle gardée en dernier rcours, quand toutes les autres ne fonctionnent pas. Je trouvais donc dommage qu'on laisse encore dans l'ombre tous les couples infertiles qui n'iront pas en FIV, mais qui se battent malgré tout pendant des années pour réaliser leur rêve. Oui, les coûts sont moindres, mais le fardeau financier est là quand même (prenons l'exemple d'un cycle comme j'ai fait, avec injections, rajoutons-y une insémination et nous voilà avec une facture de plus de 1000$). Je dois admettre que j'ai été agréablement surprise par l'émission. J'étais contente qu'enfin on parle d'infertilité sans mettre de gants blancs, sans donner l'impression que ça fonctionne à tout coup et surtout, avec de vrais couples vulnérables et sincères. Bien que j'aurais préféré voir plus de couples "monsieur-madame tout le monde", je saisis l'impact que peuvent avoir les témoignages (très touchants d'ailleurs) des deux vedettes. Au Québec, ça prend souvent des gens connus pour faire avancer une cause. Alors si c'est ce qu'il faut, je trouve que les deux femmes choisies ont très bien raconté leur histoire et je suis persuadée qu'elles ont pu toucher bien des gens qui n'y connaissent rien en PMA et qui ne se sentaient pas concernés lorsqu'il s'agissait de purs inconnus. Bref, je crois qu'il était temps qu'une telle émission se fasse. Oui, je suis un peu déçue qu'on ait à peine parlé des autres traitements de fertilité, mais je peux comprendre qu'en utilisant le plus gros traitement, on a tenté de frapper plus fort. Hier, j'ai regardé Richard Martineau et François Paradis discuter des traitements de fertilité et du fait qu'ils ne soient pas couverts par l'assurance maladie. C'est bien certain que je suis pour le fait que ce soit couvert. C'est bien certain aussi que j'ai été outrée par les mots très mal choisis de M. Couillard. Malgré tout, je suis mal à l'aise devant le débat qui fait rage depuis deux jours, car je crois qu'il ne va pas du tout dans la bonne direction. On s'obstine à savoir si l'infertilité est une pathologie, alors que l'Ordre des gynécologues et obstétriciens l'a reconnue comme étant une maladie depuis des années. Et puis, si le système de santé se limitait aux pathologies, personne ne se ferait vasectomiser ou ligaturer. Dites-moi quelle pathologie, quelle maladie la vasectomie soigne-t-elle? Je ne mets pas en doute l'importance de cette procédure dans le panier de la RAMQ, je mets seulement en doute les excuses du ministre. Puisqu'il était question aussi du fait que les avortements, ligatures des trompes, vasectomies et vasovasectomies sont couverts à 100% par la RAMQ, mais pas les traitements de fertilité, on a eu tendance à centre le débat là-dessus. Plusieurs suggéraient de ne plus payer pour l'avortement, la ligature et/ou la vasectomie pour permettre de payer pour la PMA. Je trouve vraiment désolant qu'on pense que ce soit la bonne solution. L'idée ne devrait pas être de ne plus payer pour un pour pouvoir payer pour l'autre, mais plutôt que si on paye pour un, on devrait aussi payer pour l'autre. L'avortement a déjà eu son procès, le débat a déjà été fait, les batailles nombreuses. Le droit à l'avortement a été gagné et il ne devrait être question de l'enlever pour donner le droit de se procréer. Soyons clair, je suis pour l'aide du gouvernement dans le domaine de la fertilité. Je suis seulement contre le fait qu'on pense que la solution se résume à enlever les droits aux uns pour en donner aux autres. Idéalement, tous devraient être égaux. Selon les dires de M. Couillard, se reproduire n'est pas un droit fondamental. À l'entendre parler, ce n'est qu'un désir, un luxe. C'est bizarre. J'avais toujours eu l'impression que le but premier de l'humanité était de perpétuer sa race. Sans la reproduction, c'est assez difficile. Mais, là où le manque de logique est flagrant, c'est encore par rapport à l'avortement. Parce qu'il fait référence au droit de la femme d'être responsable de sa reproduction. Donc, lorsqu'il est question d'avortement et de contraception, c'est un droit. Mais quand il s'agit d'y aller dans l'autre sens, ce n'est plus un droit. Bref, vous avez le droit de ne pas vouloir d'enfant et on va vous aider, mais si vous en voulez, débrouillez-vous. Je ne suis pas contre l'avortement couvert, je suis contre le manque de suite dans les idées du gouvernement de payer pour un sans payer pour l'autre. Si on disait à une mère droguée qu'elle n'a pas le droit d'avoir d'enfant, on clâmerait haut et fort qu'on brime ses droits. Encore une fois, ça marche dans un sens, mais pas dans l'autre. Totalement illogique. Je suis consciente que couvrir pour tous les traitements de fertilité soulève des questions éthiques et surtout, que ça implique des coûts immenses. Je suis donc consciente que la situation de la France, utilisée en exemple dans le documentaire, où le gouvernement couvre jusqu'à 4 FIV (et 6 inséminations), serait plutôt utopique. Mais un juste milieu serait déjà un bon départ. Une certaine reconnaissance serait la moindre des choses. Couvrir pour les médicaments "de base" comme le Clomid et le Serophene, couvrir les traitements moins gros que la FIV, mais tout aussi importants, ce serait déjà un bon début. Oui, il y a un crédit d'impôts de 30%, mais ce n'est pas de l'argent en poche et ça ne paie pas les prêts souvent nécessaires pour se rendre en FIV. Le ministre Couillard a même parlé duf ait que la FIV amenait des coûts énormes compte tenu qu'il en résulte plus de grossesses multiples et de naissances prématurées (sujet discuté à Enjeux, il y a quelques mois). Pourquoi en faire la promotion, alors? Il n'a rien compris. Si les couples décident souvent de faire transférer cinq ou six embryons, c'est qu'ils n'ont qu'une seule chance. Ils mettent, littéralement, tous leurs oeufs dans le même panier. Ils n'ont qu'une chance, à 10 000$, aussi bien en transférer le plus possible pour augmenter les chances qu'un seul s'implante. Si la FIV était prise en charge par le gouvernement, le nombre d'embryons transférés pourrait (et devrait) être limité, sans que les couples sentent la pression de n'avoir qu'une seule chance. Bref, on diminuerait les grossesses multiples et les naissances prématurées, donc les coûts. Une chaîne facile à faire sur papier, mais qui semble trop compliquée à faire en bureaucratie. On a une très mauvaise perception des couples infertiles ici. Combien de fois ai-je entendu (ou lu) qu'ils "avaient juste à faire des enfants avant" ou que c'est "probablement parce qu'il y a une raison et qu'ils devraient s'y faire et ne pas insister" ou encore "il y a plein d'enfats dans le monde, ils ont juste à adopter." Premièrement, j'ai commencé mes traitements de fertilité à 26 ans, un âge encore considéré fertile. Et même si je les avais commencés à 18 ans, j'aurais eu les mêmes problèmes, puisque j'ai toujours eu les OPK. Deuxièmement, dire que les couples infertiles le sont pour une raison, c'est comme de dire qu'ils ne méritent pas d'avoir des enfants alors que tant d'autres parents en ont et ne devraient jamais en avoir. C'est un manque immense de respect de dire à des gens atteints d'une maladie dont ils n'ont aucune responsabilité qu'ils le méritent. C'est ne pas connaître la douleur et l'attente insupportable. C'est ne jamais avoir été dans une situation hors de notre contrôle. C'est ne pas comprendre que la vie ne fonctionne pas souvent au mérite. Et troisièmement, si on disait à un couple fertile de laisser tomber son rêve d'avoir des enfants biologiques parce qu'il y a déjà plein d'orphelins dans le monde, ils seraient probablement aussi insultés que nous. Pourquoi les infertiles devraient-ils porter le fardeau de sauver les enfants abondonnés du monde? Oui, l'adoption est admirable et je sais que beaucoup de couples, infertiles et fertiles, y trouvent les enfants qu'ils attendaient depuis toujours. Je tiens seulement à souligner que c'est loin d'être une solution facile et que c'est loin de pouvoir, en une seule phrase, effacer la douler de l'infertilité et remplir le vide que le rêve d'un enfant biologique laisse chez bien des couples. Je n'ai pas eu recours à la FIV. Si nous avions eu à nous y rendre, nous aurions probablement dû abandonner notre rêve, parce que nous n'avions pas les moyens. Par contre, j'ai eu recours à divers traitements de fertilité grâce auxquels j'ai eu Tithom et j'attends Tipépin. Je suis infertile, je le serai toujours. J'ai été marquée au fer rouge par cette bataille et ça me rend sensible à ce que les autres couples vivent. Je nous trouve excessivement chanceux d'avoir pu avoir des enfants relativement facilement (si on compare avec d'autres couples infertiles). À chaque jour, quand je regarde dans les yeux bleus de mon fils en santé, les mêmes yeux bleus que son père, je me sens choyée et je suis éternellement reconnaissante d'avoir eu la chance de pouvoir me permettre de faire les traitements. J'ai regardé le documentaire les larmes aux yeux, la gorge nouée, une main sur mon ventre et l'autre dans la main de Hom. C'est dommage qu'il faille souvent passer par là pour comprendre tout ce que ça implique. C'est dommage qu'on ne puisse discuter calmement, sans pointer du doigt, sans essayer de faire sentir les uns ou les autres comme égoïstes et ingrats. Je n'en veux pas aux fertiles de l'avoir facile. Je n'en veux pas non-plus à toutes ces femmes qui prennent la décision difficile de mettre terme à une grossesse non désirée. Je n'en veux pas aux gens qui esaient de comprendre, mais qui sont maladroits et blessants sans le savoir. Par contre, j'en veux à la vie d'être injuste et de ne pas fonctionner au mérite, quand il y a tant de couples qui feraient des parents extraordinaires et qui ne le seront jamais. Un débat est lancé. Il faut en parler, il faut briser les tabous, les préjugés. Il faut donner une reconnaissance aux couples infertiles. Il faut prendre les choses en main. Il faut agir. Il faut que le gouvernement s'assume et se rende compte qu'il ne peut pas payer pour certaines choses sans payer pour les autres. Il faut encourager la famille et soutenir ces gens de couer qui vivent une épreuve difficile et qui ne souhaitent qu'une chose: être comme les autres et avoir des enfants à aimer. Libellés : infertilité (IV), médias 4 juin 2007Nouveau départJe les attendais avec impatience. C'est samedi soir, en faisant la vaisselle, que j'ai senti mes règles commencer et avec elles, mon nouveau cycle. Je connaîtrai les derniers détails de mon protocole demain, mais pour l'instant, je dois commencer le Serophene (à 150mg) ce soir. Les injections suivront dans quelques jours. Je dois avouer que je suis excitée à l'idée d'avoir peut-être enfin une chance. Bon, les effets secondaires du Serophene ne me tentent pas plus qu'il faut, ni ceux des injections, mais je me concentre sur le fait que j'ovulerai peut-être d'ici deux semaines. Ovuler, donc avoir une chance, même petite, de concevoir. Je n'ai pas eu ça depuis... depuis que je suis tombée enceinte de Tithom il y a plus de deux ans. Ovuler, ce que tant de femmes prennent pour acquis, ce que j'ai tant de difficulté à obtenir. Avant d'avoir Tithom, je ne comprenais pas ce que les couples aux prises avec l'infertilité dite secondaire avaient à se plaindre. "Voyons, tu en as un enfant, sois donc reconnaissante de ce que tu as. Nous, on attend encore le premier, alors va te plaindre ailleurs." Aujourd'hui, je le vis. Et je comprends. Je ne me plains pas, loin de là, car je SAIS la chance que nous avons d'avoir Tithom. Ce que je ressens comme peine, comme déception et comme impatience n'a tellement rien à voir avec ce que je ressentais comme rage avant d'avoir Tithom. Ce que je vis aujourd'hui n'est en rien comparable à la douleur des couples qui attendent depuis des années la venue de leur premier enfant. Mais ça n'est pas moins réel et je ne justifierai pas le vide que je ressens, même si la présence de mon fils change beaucoup ma perspective. Je ne minimise pas ce que les couples en essais pour un premier enfant ressentent, pas du tout, mais je tiens à ce qu'on réalise que la peine ne part pas nécessairement complètement après la venue d'un premier enfant. Les couples "normaux" n'ont pas à justifier pourquoi ils veulent un deuxième enfant. On ne leur dit pas de se contenter de un. On ne les fait pas se sentir avares parce qu'ils veulent tenter leur chance une deuxième fois. Pourquoi les couples infertiles doivent-ils justifier leurs décisions, expliquer leurs sacrifices, faire valider leur peine? Pourquoi devraient-ils accepter leur sort sans se battre, sans essayer tout ce qu'il leur est possible d'essayer? Et pourquoi doivent-ils revivre les mêmes déceptions, la même attente, une deuxième fois? Jamais je n'aurai de remords d'avoir voulu recommencer les essais quand on les a recommencés. Jamais je ne regretterai d'avoir sevré Tithom en partie parce que je voulais recommencer les traitements. Jamais je ne me sentirai avare d'en vouloir un deuxième. Mais jamais je n'oublierai la douleur que l'on ressent, quand on attend la venue de notre premier enfant et que tout autour de nous nous rappelle notre échec, mois après mois... On passe au travers, on survit, on guérit, mais on n'oublie pas. Et c'est ça qui me pousse et me motive à revivre les mêmes cycles difficiles que pour Tithom: maintenant, je connais le résultat final et je sais que ça en vaut la peine, malgré tout. Libellés : bébé #2 (II), infertilité (IV) 20 mai 2007Envoyez une margueriteAujourd'hui commence la Semaine canadienne de sensibilisation à l'infertilité. Si vous connaissez un couple aux prises avec des problèmes de fertilité, ayez une bonne pensez pour eux. Et si le coeur vous en dit, vous pouvez leur envoyer une marguerite. À toutes celles qui rêvent, le soir venu, de voir leur ventre s'arrondir de vie, à tous ceux qui rêvent d'un jour jouer à la balle avec leur garçon, à tous les couples qui espèrent, souffrent, peinent, ragent, persévèrent ou lâchent prise, à tous les couples qui subissent l'infertilité, mois après mois, sachez que vous n'êtes pas seuls. ![]() Libellés : infertilité (IV) 16 mai 2007Bonne nouvelleAprès vérification auprès de notre assureur, nous avons su que nous avions une couverture (limitée, mais quand même bien mieux que rien) des traitements de fertilité. En détails: ils couvrent à 90%, jusqu'à 2500$ par année. Le fait que les traitements de fertilité de base (je parle ici du Clomid ou Serophene) ne soient même pas couverts par l'assurance maladie ou la plupart des assurances privées en dit beaucoup sur les priorités de notre société. Faites des enfants, qu'ils disent. Mais ne comptez pas sur nous pour vous aider à les faire. On paiera pour leurs soins, leur garderie, leurs activités sportives, leur éducation, mais ne nous demandez pas de payer pour leur conception. Par contre, si vous en faites un sans le vouloir, venez nous voir, on vous avortera sans frais. Je suis consciente qu'il y a de l'abus et que la reproduction assistée médicalement ne fait pas l'unanimité. Je sais que ça touche bien des questions d'éthiques et des limites que bien des gens ne veulent pas toucher ou traverser. Mais je sais aussi maintenant à quel point le fardeau financier est lourd à porter quand on désire un enfant et que la nature ne coopère pas. On ne choisit pas d'être infertile. Mais pour la société, vouloir un enfant, ça reste un luxe, de l'égoïsme. Enfin, autre débat... Bon... où en étais-je? Ah oui, mes assurances! Donc, nous y allons avec les injections pour le prochain cycle. Un cycle à la fois, voilà comment je dois voir les choses maintenant. Je sais que les injections m'ont toujours faite ovuler. Parfois plus difficilement que d'autres, mais quand même, un ovule est mieux qu'aucun. Je devrais commencer mon prochain cycle autour du 1er juin et ovuler deux semaines plus tard, juste à temps pour mon 30e anniversaire. On s'en reparle donc dans quelques semaines. Libellés : bébé #2 (II), infertilité (IV) 14 mai 2007La tête refroidieJe me suis laissé quelques jours pour me faire à l'idée, pour me laisser être frustrée et déçue. Je le suis encore, mais ça ne me domine plus. Ma détermination a repris le dessus. Les anglophones ont une expression que j'adore: when life gives you lemons, make lemonade (quand la vie vous donne des citrons, faites-en de la limonade). Alors voilà, je vais essayer de faire de la limonade. Elle ne sera peut-être pas très sucrée, mais elle devrait me faire tenir jusqu'au prochain cycle. Mon plan, et ensuite je ne vous parle plus de mes ovaires pour un bon bout de temps. Je dois attendre quelques jours encore avant de recommencer le Megestrol, car mon endomètre est encore trop épais. 10 jours de pilules, 7 jours à attendre mes règles... j'en ai donc pour presque 3 semaines avant d'avoir une décision à prendre. Si nos assurances couvrent les injections, nous y allons. Je demanderai en même temps de ravoir une requête pour une laparoscopie avec drilling ovarien. Sinon, je ne sais pas... c'est là où j'ai de la difficulté. Est-ce que j'appelle Dr Sansflafla pour lui demander un autre traitement (après avoir encore insisté sur le Femara), comme le tamoxiphene? Est-ce que je change de médecin pour essayer d'en trouver un qui me prescrira le Femara? Je n'aime pas l'idée de changer de doc... j'aime mon doc, je lui fais confiance, il nous connaît bien, il a toujours bien répondu à mes questions et il nous voit rapidement. Je sais que nous avons eu de la chance que nos assurances couvrent les traitements de fertilité. Je sais que bien des gens n'ont même pas d'assurances privées et que ceux qui en ont n'ont pas tous la couverture de ces traitements. Les nôtres couvraient jusqu'à 2000$ par année, ce qui est très bien, mais ça s'écoule quand même rapidement à coup de cycles d'injections. Sans les assurances, Tithom ne serait pas ici. Et sans les assurances, nous ne pourrons pas continuer les essais si les injections restent notre seule option. Je dois donc faire des appels: tout d'abord les pharmacies, pour comparer les prix et ensuite appeler les assurances. Espérons que ces 3 semaines passeront rapidement et que la décision qui nous attend au bout sera facile à prendre. Libellés : bébé #2 (II), infertilité (IV) 11 mai 2007J'aurais aimé me tromperNous n'avons pas réussi à trouver une gardienne pour Tithom, le temps de mon rendez-vous. Nous avons donc dû l'amener avec nous. Nous n'aimons pas faire ça, car nous savons que dans la salle se trouvent des couples sans enfants, qui espèrent, qui essaient, qui ont mal. Nous sommes passés par là et ce n'était pas toujours plaisant de voir des bébés lors de mes rendez-vous. Heureusement, il n'y avait pas grand monde et nous avons pu être assez discrets. Une fois allongée sur la table d'échographie, Dr Sansflafla m'a demandé si je croyais que ça avait fonctionné. «Non», que je lui ai répondu, simplement et honnêtement. «Je ne suis pas pessimiste, mais le Serophene n'a jamais marché sur moi, donc je n'y crois pas.» Il m'a demandé si je ressentais de quoi, ce à quoi j'ai aussi répondu non. Un coup d'oeil rapide à l'écran et il me dit, désolé: «Tu as bien raison...» J'ai essayé, j'ai insisté pour le Femara, mais il n'y a rien à faire. Il ne peut le prescrire, il doit se protéger. S'il arrivait quelque chose, il serait tenu responsable et perdrait sa licence. Même s'il me dit que le Femara devrait bientôt à nouveau être permis, ça n'avance pas ma cause. Nous sommes donc de retour aux injections, combinées au Serophene et au Metformin. Je ne voulais pas retourner là, je ne voulais pas revivre ces cycles archi médicamentés et suivis. Je voulais juste prendre les pilules qui fonctionnent pour moi et essayer de façon presque normale. Mais non, ça ne peut jamais être simple on dirait bien... Je ne sais même pas si nos assurances couvrent les injections, car nous avons changé d'assureur depuis la dernière fois. Si elles ne sont pas couvertes, nous allons devoir laisser tomber les essais pour le moment, car nous n'avons pas les moyens de dépenser 800$ par cycle. Je suis frustrée, déçue et écoeurée. Je ne trouve aucun mot pour m'encourager pour le moment. Ça viendra peut-être, mais ce soir, j'ai mal et je me sens vide. Libellés : bébé #2, infertilité (IV) 6 mai 2007Deux ansJe trouve cette semaine difficile, ou plutôt, ce début de cycle difficile. Cette période de l'année, cette date... Il y a deux ans, jour pour jour, je pondais le petit ovule qui deviendrait la moitié de Tithom. Il y a deux ans, le cours de nos vies prenait déjà une tournure différente. Mais en début de cycle comme ça, tout ce que je pense c'est... Il y a deux ans jour pour jour, j'ai ovulé pour la dernière fois. Ça fait deux ans que je n'ai pas ovulé, calvaire. Je sais que je disais ne pas trop y penser, mais j'y arrive pas. Je repasse sans arrêt les moments de bonheur du début de ma grossesse, le printemps 2005 où tout était beau, tout sentait bon, où j'avais les yeux brillants et le ventre plein de vie. Je revis ces moments avec une énorme envie, une impatience et un tiraillement déchirants. Les satanées pilules me font perdre la tête, j'ai les hormones à spin et je me balance entre une envie de mordre, une envie de pleurer ou une envie de tout foutre en l'air. Je passe mon écho vendredi. J'attends le verdict avec un plan. On verra bien ce que ça donnera, mais je ne suis pas prête à lâcher prise. Pas cette fois-ci. Fini le niaisage. Ça fait deux ans que je n'ai pas ovulé, calvaire! Libellés : bébé #2, infertilité (IV) 23 avril 2007FrustrationLes hormones, c'est connu, ont le don de jouer avec nos nerfs. Ces jours-ci, je ne suis pas du monde. J'aurais juste le goût de me rouler en boule dans le garde-robe, avec une doudou et une boîte de beignes. J'ai pris mon dernier comprimé de Megestrol ce midi et j'ai l'impression que ça fait des mois que je le prends (seulement 10 jours pourtant). Je sens un noeud en moi, un mélange de rage, de frustration, de fatigue et d'écoeurement. Les hormones, ou autres raisons? Je ne sais pas. Je n'arrive pas vraiment à savoir si ma frustration des derniers jours est vraiment reliée au médicament ou à ma situation. Une chose est sûre, les hormones n'aident certainement pas. Je disais être déçue, mais pas surprise, du résultat de mon écho. J'ai peut-être omis de dire que j'étais aussi profondément frustrée. Je suis frustrée de savoir qu'il y a quelque chose qui fonctionne, qui m'a même permis de tomber enceinte deux fois, mais que je ne peux pas le prendre parce qu'une étude (par la suite jugée bidon) a donné de mauvais résultats. Je suis frustrée de devoir encore recommencer les essais et erreurs alors que je sais très bien ce qui pourrait fonctionner. Je suis frustrée de perdre mon temps parce que des gens, chez Santé Canada, ont décidé à ma place que je ne pouvais prendre certains risques. Je suis frustrée d'avoir lu ceci. Je suis frustrée parce que je m'étais fait croire que pour le deuxième bébé, ça ne niaiserait pas autant que pour le premier, qu'on savait la recette gagnante, on avait donc un bout de chemin de fait déjà. Mais non! Je dois repartir à zéro, avec comme différence la notion concrète de ce qui fonctionne pour moi. Auparavant, je pouvais me dire qu'il me restait telle ou telle solution, ça m'encourageait et ça me permettait de penser que si celle du moment ne fonctionnait pas, il en restait encore. Aujourd'hui, je sais d'avance que ce que j'essaie ne fonctionnera pas, mais je dois continuer sur des illusions. Je suis frustrée de voir tout le monde autour de moi tomber enceinte. Je suis frustrée d'être la dernière encore une fois. Je suis frustrée d'être frustrée. Et je suis frustrée parce qu'une fois l'écho d'ovulation passée, une fois le verdict de "pas d'ovule" tombé, je ne pouvais pas simplement passer à autre chose. Ce cycle anovulatoire est interminable, ces pilules ont pris une éternité à s'écouler et j'ignore encore combien de temps ça prendra avant de voir le nouveau cycle se pointer. Quand on sait que ça ne fonctionne pas, c'est presqu'une torture de ne pas pouvoir immédiatement sauter au prochain cycle. Si vous ne me voyez plus pour quelques jours, ne me cherchez pas. Je serai dans le garde-robe, avec ma boîte de beignes, à m'appitoyer sur mon sort. Foutues hormones. Libellés : bébé #2, infertilité (IV) 3 avril 2007Du sirop?C'est en discutant hier avec une autre maman qui avait eu recours à des traitements de fertilité que quelque chose m'a frappée. On parlait de vitamines et de suppléments, puis elle a mentionné le sirop contre la toux. Je me suis alors souvenue qu'avant de tomber enceinte de Tithom, j'avais tout essayé ce que je pouvais. J'avais mâché du blé, pris du sirop, bu du thé vert. Je ne savais plus vers quoi me tourner, j'étais prète à tout essayer. Cette fois-ci, je n'y avais même pas encore pensé. J'y ai pensé un quart de seconde hier, pour finalement me dire "mais non, pas tout de suite, je ne suis pas si désespérée." Ahem. Pardon? Désespérée? Si l'infertile que j'étais avant Tithom m'entendait aujourd'hui, elle me foutrait une baffe. Ce n'était pas du désespoir, ni de la folie. Je croyais aux traitements, je croyais à la science, mais je n'avais pas vraiment le contrôle là-dessus. Je ne pouvais prédire les effets, je ne pouvais savoir si ça fonctionnait ou pas avant d'aller voir le médecin. Je sentais mon destin entre les mains gantées du doc en fertilité et ça, ça énervait pas mal la control freak en moi. J'avais donc décidé d'essayer des choses, par moi-même. J'avais le contrôle là-dessus, au moins. Ridicule? Peut-être pour celles qui n'ont pas attendu des années, en essayant des tas de traitements, en espérant, en pleurant mois après mois. Mais pas pour celles qui savent que lorsque l'infertilité prend notre corps en otage, on a bien souvent l'impression de n'être que témoin, et non joueur, de cette game. Non, pour le moment, je ne prendrai pas de sirop, je ne boirai pas de thé vert non-plus, je déteste ça. Je prends mes petites pilules, je note ma température et j'attends, le sourire fendu jusqu'aux oreilles comme une madame-tout-le-monde qui vient d'arrêter la pilule et qui se voit déjà enceinte dans 3 semaines. Eh oui... on apprend, mais on oublie parfois... Libellés : bébé #2, infertilité (IV) 27 mars 2007J'ai les bleusDepuis quelque temps, je me sens lasse, déprimée. Je manque d'énergie, de motivation, de pep. Je me sens par moments inadéquate en tant que maman. Quand je répète non pour la centième fois à mon garçon qui lance ses céréales à bout de bras, quand je reste assise là, dans la lune, alors que je pourrais jouer avec lui ou lui apprendre les capitales du monde, quand je regarde les autres bébés plus jeunes que lui qui marchent, parlent, pointent leur nez et dansent la claquette, quand je regarde la pile de vaisselle, le lavage qui s'accumule, le plancher sale, ma liste de choses à faire qui ne diminue jamais, quand je dois faire garder mon fils par ma belle-mère parce que j'ai pris trop de retard au travail... je me sens nulle. Et je me demande comment je ferais avec deux, si je n'arrive même pas à m'occuper adéquatement d'un seul. Je sais au fond de moi que je fais de mon mieux, que Tithom ne manque de rien et que je suis une bonne maman, à ma manière. Mais cette constante remise en question m'épuise. Puis y'a les hormones. Bah oui, ces foutues hormones qui ont le dos larges. Je n'arrive pas toujours à contrôler mes humeurs lorsque je suis "au naturel", surtout lorsque le SPM arrive (comme en ce moment). Le problèmes avec mes cycles fuckés et anovulatoires, c'est que j'ai l'impression d'être constamment en SPM. Au moins, je peux me consoler en me disant que mes règles ont attendu juste assez pour mon rendez-vous (si jamais je recommence les médicaments, ça doit être fait au J3 du cycle, donc ça tomberait pile). Puis il y a toutes ces bédaines qui poussent autour de moi. Le printemps apporte toujours son lot de nouvelles grossesses et bien que je sois contente pour celles à qui ça arrive et que je m'inquiète sincèrement pour celles qui vivent des moments difficiles, je sens un pincement famillier. Je sens le regard de mon coeur se tourner vers mon nombril, vers mon ventre vide, vers mon incapacité à tomber enceinte comme les autres. Je sais que nos essais ne sont pas encore commencés "officiellement", mais le fait de devoir attendre un rendez-vous pour seulement savoir quel sera le plan, plutôt que de simplement devoir faire des galipettes pour tomber enceinte, ça me fait suer. Et ce qui me fait le plus mal là-dedans, c'est que j'ai l'impression de ne pas pouvoir en parler, puisque j'ai déjà un enfant. Quand c'était le premier, j'avais le droit de chialer, j'avais le droit de demander ma chance. Maintenant, j'ai presque l'impression de me faire dire "au lieu de désespérer sur un bébé que tu n'as pas encore, tu devrais te centrer sur celui que tu as la chance d'avoir. Et pis en plus, ça ne fait que quelques mois que tu as eu ton retour de couches, patiente un peu." Je suis totalement consciente de la chance que j'ai d'avoir Tithom dans ma vie, mais ça n'empêche pas mon coeur d'en vouloir un autre, de vouloir doubler ma chance et mon amour. Ça ne m'empêche pas non-plus d'être là pour mon fils et de l'aimer à pleine capacité. Pourquoi ai-je l'impression d'être ingrate et avare, d'être une enfant gâtée qui veux tous les jouets? Pourquoi pour une infertile serait-ce de l'égoïsme d'en vouloir un deuxième alors que pour madame-tout-le-monde, c'est juste normal? Pourquoi doit-on justifier notre désir de vouloir un deuxième enfant quand on doit aller chercher de l'aide alors que celles pour qui ça vient naturellement n'ont aucun comptes à rendre? Voyons, il est où déjà le petit bouton off pour tous les pourquoi? Libellés : bébé #2, infertilité (IV) 11 janvier 2007Déçue, mais pas surpriseAprès avoir finalement eu mon retour de couches, j'avais recommencé à prendre ma température, question de savoir ce que mon corps avait décidé de faire. Je ne m'attendais pas à un cycle exemplaire, mais j'avais quand même un mince espoir d'ovuler toute seule. Ça ne coûte rien de rêver, non? Aujourd'hui je me sens idiote d'y avoir cru. Je me trouve tellement nulle d'avoir pensé même une seconde que mon corps serait devenu normal après une grossesse. Le 29 décembre, j'ai commencé à avoir du spotting. Cycle anovulatoire, températures en dents de scie, vague impression de déjà-vu. Je suis déçue, mais pas surprise. Ça fait maintenant 14 jours que les spotting/saignements sont là et je commence à en avoir plein mon casque. Ça faisait tellement longtemps que mon corps n'avait pas été "au naturel", j'avais presqu'oublié ce que c'était. Puis ça m'est revenu: les crampes, les saignements à n'en plus finir, quand j'en ai, sinon ce sont les longs mois sans qu'il ne se passe rien, les boutons, les sautes d'humeur, les ballonnements... J'ai beau essayer de me dire que je dois rester positive, qu'il y a des solutions, que ça a fonctionné une fois, ça va fonctionner encore... je ne sais pas, je suis frustrée quand même... Et le fait d'être frustrée me frustre encore plus, parce que je m'étais juré de prendre ça plus à la légère cette fois-ci. C'est raté. Je le savais que ça arriverait. Je le savais que je ne devais pas écouter les petites voix qui me disaient de croire que ça pouvait arriver au naturel maintenant. Je savais que je ne serais jamais normale... pourquoi suis-je déçue alors, si je le savais? Libellés : bébé #2, infertilité (IV) 27 novembre 2006Un retour attenduJ'avais 11 ans quand j'ai eu mes règles pour la première fois. Je m'en souviens encore. Quand j'avais vu le sang, je m'étais demandé si je m'étais cognée en faisant du vélo. Mais j'ai vite compris ce qu'il m'arrivait... et j'ai pleuré. Ce que j'ignorais à ce moment-là c'est à quel point la signification de mes règles changerait au fil du temps. À 11 ans, ça voulait dire que je devenais une femme. Ça voulait donc dire que je n'avais plus le droit de jouer à la poupée et de faire parler mes pouliches. Ça voulait aussi dire que j'allais devoir traîner des serviettes avec moi et endurer ce supplice féminin mois après mois. Je ne sais pas si ça a changé depuis, mais dans ce temps-là, il n'y avait pas de petite poubelle dans les cabines des toilettes pour jeter les serviettes. Je devais donc sortir avec mon petit paquet caché dans ma main et le jeter en espérant que personne ne me voit. À 11 ans, c'est humiliant. Mais à 11 ans, quand je me suis rendue compte que mes règles ne revenaient pas à chaque mois, j'étais plus qu'heureuse. C'est plutôt vers 15 ans, alors que j'aurais aimé pouvoir planifier et ne plus me faire suprendre par des règles monstres qui arrivaient toujours au mauvais moment, que j'ai commencé à espérer être régulière. J'ai commencé à noter quand mes règles arrivaient et combien de temps elles duraient. Ça variait de un an à 2 semaines, pour des durées de 2 à 15 jours. C'était frustrant. Je devais toujours faire attention. Je devais toujours avoir le nécessaire sur moi, au cas où. Vers 17 ans, j'en ai eu assez de tout ça. J'ai pris le taureau par les cornes et je suis allée consulter, seule, sans ma mère. Mes régles, quand elles se montraient, étaient une torture. J'avais mal, j'étais étourdie, je remplissais mon lit de sang la nuit. J'en avais vraiment assez de me sentir extra-terrestre. Le médecin m'a d'abord fait faire un bilan sanguin, qui a révélé un taux élevé de prolactine. J'ai donc par la suite passé une résonnance magnétique (rien à signaler), un autre bilan sanguin (mon taux était redevenu normal) et été suivie par un endocrinologue. Tout ça pour me faire dire que je n'avais pas de problème. Mon médecin de famille m'a prescrit la pilule et c'en était fini des cycles irréguliers ou inexistants. Jusqu'à ce qu'on décide d'essayer de faire un bébé. Mes règles étaient alors synonymes d'échec, d'espoir gaspillé. S'en suivirent longs cycles anovulatoires, diagnostic d'ovaires polykystiques, traitements de fertilité, et après 3 ans, Tithom. Depuis l'accouchement, rien. J'ai eu un peu de spotting il y a un peu plus d'un mois, mais je ne considérais pas ça comme un retour de couches. J'allaite encore, donc je peux encore mettre le blâme là-dessus. Je peux encore me dire que mes règles peuvent revenir après et être régulières. Mais je n'y crois plus vraiment. Je ne croyais même pas qu'elles reviendraient d'elles-mêmes... Il y a deux semaines, j'ai eu de fortes douleurs à l'ovaire droit, ou enfin, aux environs de l'ovaire droit. Et il y a quelques jours, du spotting. Je ne croyais pas un jour être aussi heureuse de tacher une culotte. Je me suis demandé si c'était une coïncidence, les douleurs 2 semaines avant les saignements. Je me suis énervée, me disant que j'avais des règles naturelles, chose qui ne m'était pas arrivée depuis... je ne sais même pas depuis quand! Puis le lendemain, plus rien. Et le sur-lendemain, ça a recommencé. Je me sentais comme une ado, à traîner ce qu'il fallait, juste au cas où. Ça crée des anecdotes cocasses dans un party quand un p'tit tannant fouille dans mon sac à mains et se promène partout dans la maison avec mon sac de tampons, je vous l'accorde. Mais ça me tanne de ne pas avoir un corps normal et prévisible. Ça me frustre de ne pas être comme les autres. Je ne sais toujours pas si c'est mon retour de couches, mais pour la forme et parce que ça me fait du bien de croire que c'est ça, je vais considérer mes saignements comme tel. Je sais au fond de moi que je ne tomberai jamais enceinte au naturel. Je sais au fond de moi que ça ne me donne rien de croire aux miracles, que ça ne m'arrivera pas à moi. Mais une toute petite voix me dit que même s'il y a une chance microscopique, que c'est déjà ça et que je dois y croire pour l'instant. Dans quelques mois, quand j'aurai arrêté d'allaiter, quand mon corps sera revenu à son état "normal", quand je serai impatiente de revoir mes règles qui n'arriveront pas, là, j'arrêterai d'écouter la petite voix. Pour l'instant, j'aime vivre avec l'illusion qu'il y a une possibilité, si minuscule soit-elle. Libellés : infertilité (IV), postpartum
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