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LES PÉPINS DE KIWI |
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De::Montréal, Québec, Canada Profil . : dernièrement : .
Quelle idée . : tithom : .
Courbe gagnante . : catégories : .
Allaitement (I) (II) . : depuis le début : .
01.2005 |
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« L'espoir n'est pas une formule, mais une pratique. Nicole Nottat
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Association canadienne de sensibilisation à l'infertilité . : maternité : .
Maman Chérie . : suivi : .
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27 septembre 2006RéactionDimanche dernier, à l'émission Découverte, on parlait de fécondation in vitro. Bien entendu, j'ai regardé le tout, deux fois plutôt qu'une. Je ne pensais pas en parler ici, puisque selon moi, le documentaire était assez complet, même si de courte durée. Le reportage était clair, concis et faisait le tour, quoi que sommaire, de la question des naissances prématurées liées à la FIV. Mais après avoir lu quelques réactions, je sens le besoin d'en parler. Premièrement, je veux me débarasser de quelque chose qui m'énerve au plus haut point. Ça revient souvent et c'est revenu à plusieurs reprises dans le documentaire. Lorsqu'on parle de FIV, on dit souvent, à tord, qu'on "implante" des embryons. Hors, le vrai terme est "transférer" des embryons. Si les médecins avaient le pouvoir de les implanter, le taux de succès de la FIV serait bien plus élevé, croyez-moi! On les transfert donc. Qu'ils s'implantent ou non dans la paroie utérine, ça reste un jeu de dés, comme pour la conception "naturelle". En résumé, le topo parlait du nombre croissant de naissances prématurées provenant de grossesses obtenues à l'aide de la FIV. Ces naissances prématurées surviennent en grande majorité lors de grossesses multiples. On parlait donc de ces grossesses gemellaires obtenues grâce au transfert de plusieurs embryons. On a aussi abordé la question de la réduction embryonnaire. Il est clair que ce ne sont pas toutes les grossesses multiples qui proviennent de la FIV et qui se terminent en naissances prématurées. Il était seulement question de parler du nombre grandissant de naissances prématurées par rapport au nombre d'embryons transférés. Les médecins ne jettent pas le blâme sur les patients, mais je peux très bien comprendre pourquoi ces couples décident de tenter leur chance avec 2 ou 3 embryons (ils ont parlé d'un couple en ayant transféré 6, ce qui est très rare). Je me mets dans leurs souliers... Je suis infertile, j'essaie depuis des années d'avoir un enfant. Ça ne fonctionne pas, malgré les hormones, les tests, les injections, les inséminations. Tout cela coûte très cher, déjà. Et c'est très difficile. Je vieillis, je sens l'urgence me gagner, je me sens à court de solutions. Après plusieurs années d'échecs et de déception, on se tourne vers la FIV. On fait le protocole, on a quelques ovules fécondés. À 6000$ par cycle, je ne nous vois pas faire ça 4 ou 5 fois avec un seul embryon à la fois. Surtout qu'un cycle de FIV est loin d'être facile et agréable comme une conception naturelle! Mon raisonnement: si on en transfert 3, il y a 3 fois plus de chances qu'un seul s'accroche. Plutôt que de répéter 3 cycles avec un seul embryon et peu de chances, on triple nos chances en un seul cycle. Un seul paiement, une seule intervention. Oui, il y a les risques que les 3 s'implantent, mais soyons réalistes! En tant d'années, tant de traitements, jamais un bébé ne s'est accroché. Pourquoi là, les 3 s'accrocheraient? C'est impensable. C'est vraiment, en premier lieu, une question monétaire. Si le gouvernement se déniaisait (et ne vous gênez pas d'écrire à votre député sur le sujet!), ils paieraient, au moins en partie, les traitements de fertilité, ce qui enlèverait le sentiment d'urgence des couples. Ils se sentiraient probablement moins pris à la gorge, ils auraient sûrement moins l'impression d'avoir une seule chance à tenter. Du même coup, ça réduirait les coûts liés aux naissances prématurées venant des FIV. Mais non, le gouvernement préfère payer pour autres choses, notamment les avortements. Il rembourse même celles qui ont dû aller au privé pour le faire... Enfin, autre débat... Bref, je comprends pourquoi ces couples prennent cette décision. Je sais que les médecins ne sont pas tout blancs et qu'ils ont leur tord. Je ne vois pas, par contre, quel est leur avantage à pousser les couples à transférer plus d'un embryon car s'ils les poussaient à en transférr un seul à la fois, les clients reviendraient plus souvent, donc plus de sous dans leurs poches... Ce qui m'a fait pleurer pendant le reportage est bien sûr la question de réduction embryonnaire. Heureusement, comme le disait le médecin qui la pratique, elle n'a eu qu'à le faire une dizaine de fois. Ce n'est pas chose courante et je vois très bien pourquoi. Quand un couple se bat contre l'infertilité pendant des années, qu'il croit que jamais, ils ne seront parents et que tout à coup, ils se retrouvent portant 3 enfants, la décision vient à l'encontre de tout ce pourquoi ils se sont battus. Tout ce temps à vouloir un enfant et maintenatn qu'ils sont si près du but, ils doivent en tuer un... Quand ils considèrent les risques pour les autres bébés, quand ils sont au courant des risques de la grossesse multiple (et ils parlaient de triplés et quadruplés), ça doit entrer en ligne de compte pour leur décision. Une décision horrible à prendre et dont les parents ne se remmettent probablement jamais complètement. Mettons les choses au clair: les couples ne transfèrent pas 6 embryons en se disant "s'il y en a 3 ou 4 qui s'implantent, c'est pas grave, on les éléminera." Bref... Problème: trop de naissances pématurées. Cause: trop d'embryons transférés lors de FIV. Cause: coûts trop élevés des traitements de fertilité. Solution: subventionner les traitements de fertilité. Ça semble tellement simple... trop simple peut-être? Libellés : infertilité (III), médias 23 août 2006J'en veux un autreJ'essaie de me raisonner, de ne plus y penser, de patienter. J'essaie, mais ça ne fonctionne pas. Je veux un autre bébé. Il y a une bataille en moi, car je ne peux pas simplement dire "je veux un bébé" et le réaliser. Pour nous, vouloir un autre bébé, ça veut dire arrêter l'allaitement et recommencer les traitements de fertilité. Pour les gens "ordinaires", vouloir un deuxième, c'est une grande décision, mais une fois qu'elle est prise, il n'y a plus grand chose à faire qu'essayer. Ils peuvent dire "je veux que mes enfants soient rapprochés" et le faire. Pour nous, c'est moins simple. Oui, je sais, on connaît tous quelqu'un pour qui ça a fonctionné rapidement pour le 2e alors que ça avait été long pour le premier. J'aimerais que ce soit mon cas, mais ça me surprendrait. Je ne suis pas pessimiste, mais réaliste. Les ovaires polykystiques ne se guérissent pas avec une grossesse. Bon d'accord, j'ose espérer que ça ne prendra pas 3 ans. Mais je ne crois pas faire partie des chanceuses qui retombent enceinte en quelques mois. Quand on est infertile et qu'on a finalement un bébé, les gens autour de nous nous regardent bizarrement quand on se dit encore infertile. "Mais non, tu n'es pas infertile, tu as un bébé." Il y a une (méchante) différence entre stérile et infertile. Je ne suis pas stérile, mais je suis infertile. On me dit aussi, indirectement, d'en revenir. Je ne fais plus partie des infertiles, je n'ai plus le droit de chialer, puisque j'ai Tithom. Oui, je suis très choyée d'avoir eu mon fils alors que bien des couples se battent encore contre l'infertilité. Mais notre bataille sera à recommencer. Si on veut un deuxième enfant, il faudra refaire une bonne partie du chemin qu'on avait fait pour Tithom. Ils appelent ça l'infertilité secondaire. Appelez ça comme vous voulez, ça m'est égal. Ça me fait suer, point. Je veux un deuxième bébé. Maintenant plutôt que plus tard. Je suis pressée, oui. J'ai hâte. Je veux commencer tout de suite parce que je sais que ce sera long. Mais je ne veux pas arrêter d'allaiter Tithom seulement pour ça. Je suis donc déchirée entre les deux. Et je me sens coupable en même temps de penser à ça, de rêver à un autre enfant alors que j'en ai un près de moi, qui me fait rire, qui me comple de bonheur et fait battre mon coeur au rhytme de ses sourires. Je me sens coupable de ne pas être 100% complète avec lui. Je l'aime de tout mon coeur, et même plus. Mais ma famille n'est pas terminée, je veux lui donner une frère ou une soeur. Mon ventre hurle de porter la vie à nouveau. Quand une amie me raconte comment elle se réveille le matin en entendant ses deux enfants rigoler doucement dans leur chambre, alors qu'ils la croient encore endormie, mon coeur se fend un peu. Quand je vois un grand frère donner un bisou baveux sur le front de son petit frère nouveau-né, mes ovaires me font mal. Je veux un autre enfant et ça me fait mal partout d'y penser. N'allez pas croire que je me rends malheureuse avec ça. Je sais vraiment à qul point je suis choyée d'avoir Tithom et d'avoir pu vivre la grossesse et l'allaitement de façon heureuse avec lui. Seulement... l'impatience, l'urgence même, du rêve est revenue. La satanée horloge biologique, sur laquelle j'avais pu faire snooze, a re-sonné. Je veux un autre bébé. Là, maintenant, tout de suite. Je me suis fixé un échéancier, en bonne petite femme organisée que je suis. Je voulais allaiter Tithom 6 mois, mais maintenant que j'y suis, je n'ai pas du tout le goût d'arrêter. Je me dis donc 9 mois. Quand j'aurai arrêté d'allaiter, je devrai attendre 3 mois avant d'aller voir mon médecin (j'ai le pressentiment que je devrai aller le voir parce que mes règles ne seront pas revenues). Disons que ça prend ensuite un an avant de retomber enceinte... je suis optimiste là! Plus la grossesse... Tithom aurait presque 3 ans quand son petit frère ou sa petite soeur naîtrait! Je trouve ça tellement loin! Pendant nos 3 ans d'essais pour Tithom, on a essayé des tas de recettes différentes avant de trouver celle qui fonctionnait. J'espère pouvoir repartir où j'avais laissé les traitements et ne pas avoir à essayer encore différentes hormones. J'ai même essayé d'aider la nature un peu en perdant du poids. On dit que pour les femmes souffrant d'opk, perdre du poids (on parle souvent de 10%) aide souvent à rétablir le cycle. Je suis rendue à 15 livres sous mon poids d'avant grossesse, j'ai dépassé le 10% et je compte bien en perdre encore un peu. Je veux un autre bébé. Je suis motivée et très, très impatiente. Faut le faire, j'ai presque hâte de prendre ma température, d'endurer le deux semaines d'attente... Bon je dis ça, mais je n'ai pas du tout hâte aux rendez-vous chez le doc, pour aller chercher mes prescriptions, pour voir où on en est, pour passer des échos d'ovulation... Je n'ai pas non-plus hâte de prendre des hormones, de devenir un monstre de sautes d'humeur, de pleurer à chaque cycle qui se termine mal... J'ai peur de trop y penser et de négliger ma relation avec Tithom à cause de ça. J'ai peur de ne pas être capable de rester zen et de laisser le temps et la nature (ahah!) suivre leur cours. J'ai peur que ça ne marche pas. Mes deux belle-soeurs sont enceintes, ma meilleure amie du secondaire aussi... ça me rend très vulnérable. J'ai l'impression de me retrouver un peu dans les souliers que je portais il y a quelques années. Et ils ne sont pas confortables. Même si je les connais très bien. Libellés : allaitement, bébé #2, infertilité (III) 17 août 2006Des souvenirsEn faisant le ménage de mes armoires de salle de bains, je suis tombée sur de drôles de souvenirs... ![]() Je ne sais pas vraiment pourquoi j'ai gardé tout ça... Mes boîtes de médicaments, mes bouteilles de liquide à injecter, mes seringues, mes aiguilles, mon crayon pour les injections... Des trucs qui m'ont donné espoir, qui m'ont faite ovuler, qui m'ont rapprochée du rêve de devenir maman, un peu plus à chaque mois. Tout ça est vide et inutile maintenant. Je n'ose pourtant rien jeter de tout ça. Comme si ça faisait partie de moi maintenant. Comme si en jetant tout ça, j'effaçais une partie de notre parcours qui autrement passerait innaperçue. Je suis depuis plusieurs mois passée à autre chose. Après avoir observé un moment de silence devant tant ces bouts de plastique, de verre et de métal ayant jadis été bourrés d'hormones, j'ai placé le tout dans une boîte à souliers, dans le fond d'une armoire... jusqu'au prochain grand ménage... Libellés : infertilité (III), souvenirs 16 août 2006Autour de nousAvant de vivre l'infertilité, je ne pensais pas vraiment à ça. Oui, bien sûr, j'avais entendu parler des fécondations In vitro. Comme madame tout le monde, j'avais entendu les histoires des quintuplés et des quadruplés conçus avec l'aide des traitements de fertilité. Mes connaissances s'arrêtaient pas mal là. Puis, je suis tombée dans ce monde, bien malgré moi. J'ai commencé à tout lire, tout rechercher, tout questionner. Comme je ne pouvais contrôler mon système reproducteur, ça me donnait une certaine impression de pouvoir au moins contrôler ce que je savais et les choix qu'on faisait. Et j'ai ouvert les yeux. Autour de moi, plusieurs femmes avaient souffert en silence. Je n'étais ni la première, ni la dernière. Ma tante, la soeur de mon père, n'a jamais eu d'enfant. Mon père m'avait confié, il y a plusieurs années, qu'elle ne pouvait pas en avoir. Ma tante n'est pas infertile. Elle est stérile. Alors qu'elle avait environ 25 ans, elle habitait au Pérou. Elle était tombée enceinte et en était heureuse. Malheureusement, son bébé s'était logé dans une de ses trompes, qui a éclaté. Comme les hôpitaux n'étaient pas très bien équipés, ils ont tout enlevé pour stopper l'hémorragie. Tout. enlevé. À 25 ans, elle se retrouvait complètement stérile. Le choix de ne pas avoir d'enfant biologique avait été fait pour elle. J'ignore pourquoi elle a décidé de ne pas adopter. Elle a beaucoup voyagé, eu plusieurs compagnons dans sa vie. Je ne sais pas si elle regrète, je ne sais pas si elle est encore amère. Je sais seulement qu'elle était heureuse pour moi et qu'elle a beaucoup aimé voir Tithom. Elle lui a même donné un cadeau. Elle n'a pas agi comme une infertile amère. Je sais ce que c'est, j'en étais une y'a pas si longtemps. La copine de mon oncle, le frère de ma mère, n'a jamais eu d'enfant elle non-plus. Je ne connais pas la version officielle, mais je crois que le choix a aussi été fait pour elle, d'une certaine façon. Mon oncle avait deux enfants, il n'en voulait plus. Elle a donc décidé de rester avec lui, avec ses conditions. Quand elle a vu Tithom pour la première fois, j'ai été estomaquée par sa froideur. Elle ne le regardait pas, ne me parlait pas. Je voyais bien que ça brassait quelque chose en elle et ça me faisait de la peine. J'étais triste parce qu'elle balayait mon fils du revers de la main, mais aussi parce que je connaissais la douleur qu'elle devait ressentir et je ne pouvais rien y faire. Je ne pouvais pas m'en aller, ou laisser mon fils chez moi. Je ne voulais pas non-plus faire comme si rien n'était. J'ai trimé dur pour l'avoir, mon bébé d'amour. J'en suis fière. Je ne pouvais pas dire "reviens-en", mais je ne pouvais pas non-plus cacher mon bébé pour ménager ses émotions. Être une infertile en rémission a ses bons et mauvais côtés. Les bons, évidement, sont de voir enfin notre rêve se réaliser, de savourer les sourires et les larmes d'un bébé qu'on a si longtemps imaginé vaguement, les yeux fermés, les coudes sur la table. Les mauvais... je connais ce que c'est, d'être infertile. Je suis peut-être trop consciente de la douleur que ça amène. Je pense souvent à ce que les autres peuvent vivre, car je me dis qu'on ne sait jamais qui passe par là. Quand je me promène avec mon fils, je ne sais pas si la dame que je croise est infertile, si elle a traversé des années de traitements de fertilité, si elle a décidé malgré elle de tout laisser tomber. Peut-être que la fille dans l'abribus est en train de faire une fausse-couche ou que son dernier cycle n'a pas fonctionné et qu'elle est découragée. En tant qu'infertile en rémission, je suis malheureusement consciente que la vue de mon bébé ne procure pas joie et bonheur à tous ceux qui le voient. Ce n'est rien de personnel. C'est juste comme ça. Libellés : famille (II), fausse-couche, infertilité (III) 14 juillet 2006SouffrirJe souffre, tu souffres, tout le monde souffre ou a souffert à un moment de sa vie. Que ce soit physiquement ou phsychologiquement. On ne peut quantifier la souffrance. On ne peut mettre toutes nos douleurs sur une échelle et dire qu'une est pire ou moindre qu'une autre. Ça ne marche pas comme ça. En infertilité, on passe beaucoup de temps à se regarder le nombril. Et pas juste lorsqu'on doit se donner des injections. L'infertilité nous ramène vers nous-même, vers notre souffrance, vers notre manque. On a beau lire des histoires super inspirantes et encourageantes, ça ne nous avance pas. On sait très bien que si un traitement a fonctionné pour une femme, ça ne veut en rien dire que ça va aussi fonctionner pour nous. Mais ça ne nous empêche pas de nous comparer. Et la comparaison, ce n'est pas vraiment bon... ni très constructif. Quand on compare deux cas, on peut se dire que l'autre a plus souffert, ou moins attendu, ou que 2 ans avant de tomber enceinte c'est moins pire que 1 an de traitements... Mais en réalité, on ne peut pas comparer. On ne devrait pas. Si on établissait un système de point pour voir qui a le plus souffert et qui a droit à plus de sympathie que qui, on verrait bien le ridicule dans tout ça. Par exemple... Calculez 500 points pour un an d'essai sans grossesse Ajoutez 100 points pour chaque année supplémentaire Ajoutez 1000 points par fausse-couche Ajoutez100 points par cycle sous médicaments oraux Ajoutez 200 points par cycle sous injections Enlevez 300 points si vous ovulez naturellement Ajoutez 200 points par cycle avec insémination Ajoutez 1000 points par cycle FIV Enlevez 1000 points si vous avez déjà un enfant Ajoutez 50 points par belle-soeur, amie, soeur, cousine, collègue qui est tombée enceinte pendant vos essais Ajoutez 10 points pour chaque fois qu'on vous a dit de relaxer et de ne plus y penser Ajoutez 50 points par test négatif Ajoutez 100 points par test faussement positif Ajoutez 300 points si vous prenez votre température Enlevez 100 points si vous ne calculez rien, mais que vous vous plaignez quand même que c'est long Je pourrais continuer longtemps comme ça... Ça n'a aucun sens! C'est complètement ridicule! Comment peut-on quantifier ce genre de douleur? Comment peut-on comparer deux histories complètement différentes? J'ai pris 3 ans à tomber enceinte de Tithom. Deux ans de suivi en fertilité, des tonnes de pilules, une fausse-couche et deux inséminations... Ça, on le sait. Pour certaines, mon histoire est triste, si on ne compte pas le superbe dénouement. Pour d'autres, il n'y a rien là, elles ont vu pire. Il y a sûrement des gens qui se disent que je devrais en revenir, que j'exagère. Et pour d'autres, c'est inspirant, de voir qu'après tout ça, j'ai enfin mon garçon avec moi. Qui suis-je pour demander la pitié ou l'envie? Je n'en veux pas de toute façon. Je voudrais seulement qu'on arrête de comparer notre douleur avec celle des autres. Chaque individu vit la douleur à sa façon, avec son intensité, sa force et ses faiblesses. C'est pareil pour l'infertilité et les essais bébé. Si on ne peut mettre un pointage sur la souffrance et déterminer qui a souffert plus que qui, on peut quand même essayer de supporter les gens qui ont mal. En reconnaissant leur douleur, même si elle nous semble petite par rapport à la nôtre, on fait déjà un très grand pas. Je souffre, tu souffres aussi. Je me fous de savoir qui souffre plus que qui, je veux juste que tu saches que je sais que tu souffres aussi. Et je t'appuie, peu importe depuis combien de temps tu attends le passage de la cigogne. Libellés : essais bébé (III), infertilité (III) 17 mai 2006Au revoir, JessicaDepuis plus d'un an, je lis plusieurs blogs, la plupart ayant un point en commun avec moi: l'infertilité. Indirectement, j'y ai à plusieurs reprises trouvé réconfort et solidarité. Quand une des femmes vit une dure épreuve, comme une FIV qui échoue ou une fausse-couche, la communauté des infertiles blogueuses ne se fait jamais prier pour offrir son soutien. Elles répondent aussi à l'appel lorsqu'une d'entre nous réussit et réalise son rêve de devenir maman. Même si ça reste au niveau virtuel pour la plupart, c'est un réconfort qu'on ne trouve nulle part ailleurs. On en vient à pleurer quand une d'entre elles perd son bébé. On pleure aussi de joie quand l'une accouche ou l'autre apprend qu'elle attend des jumeaux. On s'attache à des gens qu'on ne connaît même pas. L'histoire de Cancerbaby m'avait particulièrement touchée. Infertile, elle avait dû laisser tomber son rêve de porter un enfant quand elle a su qu'elle était atteinte du cancer des ovaires. Alors qu'elle était en rémission, elle avait commencé le processus d'adoption. Une rechute de son cancer l'a forcée à abandoner ce rêve aussi. Son combat a été dur, courageux, déchirant. Le cancer l'a finalement emporté. Elle est partie vendredi. Elle s'appelait Jessica. Elle avait 33 ans. Elle ne sera jamais maman. Libellés : amis, infertilité (III) 7 mai 2006Ma placeQuand j'ai commencé mon blog, il y a plus d'un an, je cherchais un endroit où je pouvais parler de mon infertilité en toute liberté. Je pouvais en parler sur des forums, avec des amies, mais pour moi, ça manquait de franchise. En fait, je retenais certaines paroles, de peur de ne pas être bien comprise ou de blesser des gens par mon amertume. Ici, dans mon espace, je pouvais dire ce que bon me semblait. C'était mon exutoire, ma façon à moi de libérer ma rage. L'infertilité a occupé une grande place dans ma vie. Certains jours, elle occupait même toute la place. Pendant près de 3 ans, mon rêve de devenir maman l'emportait sur tous les autres. Pendant 2 ans, les traitements et cycles hyper-analysés étaient presqu'une priorité. Comme j'avais souvent l'impression que les gens près de moi trouvaient que je ne parlais que de ça, j'ai voulu me trouver un endroit pour recueillir mes pensées sur le sujet, sans ennuyer les gens. Si quelqu'un pouvait se sentir moins seul en me lisant, si je pouvais donner ne serait-ce qu'une particule d'espoir à une femme aux prises avec l'infertilité, je trouvais mon blog utile. À ma grande surprise, mon blog m'a aidée bien plus que je ne l'aurais crû. Ça m'a aidé à valider mes sentiments, à les apprivoiser et à les accepter. Je m'en voulais d'être enragée, je m'en voulais d'être jalouse et frustrée. Je n'osais pas le montrer ailleurs, mais ici, je me le permettais. Au diable les gants blancs! Si on n'aimait pas ce que j'avais à dire, on n'avait qu'à ne pas me lire! Écrire ici m'a aidée à classer mes pensées, à faire du ménage et à libérer bien des douleurs accumulées. J'ai réussi à dire ce que je voulais dire depuis longtemps, sans avoir l'impression d'ennuyer les autres avec mes problèmes. Puis, je suis tombée enceinte. Ayant été éprouvée une fois, j'ai vécu la grossesse avec une vision d'infertile, avec la sensibilité de quelqu'un qui sait ce qu'elle peut perdre. Il y a une différence, quand on a déjà perdu une bébé et quand on ne l'a jamais vécu. Quand on n'a jamais eu de fausse-couche, on a peur de perdre notre bébé, bien sûr. C'est normal et je crois que c'est le cas de toutes les femmes, fertiles et infertiles. Mais la peur reste raisonnable. On se dit inconsciement que ça n'arrivera pas, que tout ira bien. On est capable de continuer à sourire en caressant notre ventre. On peut quand même déjà rêver à la chambre du bébé, au prénom, à la couleur des pyjamas. Mais quand on en a perdu un, tout change. On sait concrètement ce que c'est, de perdre notre bébé. On connaît la douleur de l'intérieur. On n'ose plus voir trop loin, de peur de se faire encore une fois dérober notre rêve. J'ai donc vécu ma grossesse avec ce petit nuage au-dessus de ma tête. J'en ai profité, c'est certain! J'ai savouré chaque seconde avec mon Pépin. Mais je l'ai vécu à ma façon, et mon blog m'a servi à parler de tout ça alors que je ne me sentais pas toujours à l'aise de le faire ailleurs. Ici, c'est chez moi. Je suis libre de penser comme je le veux, même si parfois ça peut sembler insensé. Je me sentais prise entre deux camps. D'un côté, les infertiles qui devaient se dire "arrête de jouer les martyres! Tu es enceinte maintenant! Tu as ce que nous rêvons d'avoir." D'un autre côté, les femmes enceintes et les mères, avec qui je ne me trouvais rien en commun et qui devaient se dire "reviens-en!" sans comprendre. Le camps des ex-infertiles-enceintes-et-fort-probablement-bientôt-mamans était assez petit... Je n'étais plus tout à fait dans le premier camps, mais je ne me sentais pas du tout à ma place dans le deuxième. Maintenant que je suis maman, je ne sais plus trop où est ma place. Je pourrais bien essayer de continuer à écrire sur ma maternité vue par les yeux d'une infertile. Mais je ne me sentirais pas honnête. D'un côté, je me considère encore infertile, mais d'un autre... je n'ai pas le droit de me considérer infertile. Tant de femmes se battent encore contre l'infertilité. Tant de couples n'ont pas encore réalisé leur rêve de devenir parents. Je ne me sens pas le droit de me considérer une des leurs, puisque moi, j'ai mon bébé. Moi, j'ai réalisé mon rêve. Oui, dans mon coeur, l'infertilité a laissé une très grosse cicatrice. Mais je ne peux plus passer mon temps à regarder en arrière, à soupirer en pensant à tous ces mois décevants et douloureux. Je suis maman. J'ai ce qu'il y a de plus précieux au monde: un enfant. Pendant tout ce temps, j'ai lu, recherché, questionné sur l'infertilité et la conception. C'était un domaine qui me faisait mal, mais que je connaissais bien. Je m'y sentais comme chez moi. Pendant ma grossesse, je me suis toujours sentie plus à l'aise dans le monde de la conception que dans celui de la grossesse. Je me permettais encore d'appuyer des filles en essais en les considérant comme des consoeurs. Depuis que je suis mère, je me retiens. J'aime aider les gens, surtout quand ça a rapport avec l'infertilité. Si tout ça peut me servir à aider d'autres personnes, ce sera ça de gagné. J'ai longtemps fait partie de cette équipe, c'est juste normal maintenant pour moi d'être dans l'estrade et de les encourager. Mais peut-être ne veulent-elles pas d'une maman dans les estrades? Peut-être que les femmes faisant encore partie de ce monde ne me considèrent plus des leurs? Je ne veux surtout pas offusquer des gens, alors que ce genre de choses m'agaçait quand j'étais dans leurs souliers. Bref... Je voulais parler de la maternité vue par les yeux d'une ex-infertile, mais ça me semble très peu intéressant vu de l'extérieur. J'ai beau m'émerveiller devant les bulles de bave que fait mon fils, j'ai beau pleurer de fierté parce qu'il a tenu son jouet 4 secondes dans sa petite main, j'ai bien l'impression que ça n'intéresse que moi. Je n'en suis pas insultée, c'est simplement normal... Les histoires de bébés doivent finir par toutes se ressembler... Même si chaque respiration de mon fils m'émerveille, même si le fait de le voir me sourire, en ouvrant les yeux le matin, me rappelle à chaque fois à quel point je suis choyée, même si pour moi, Tithom est le plus beau cadeau que la vie ait pu me faire, je ne dois pas oublier par où je suis passée et qu'il y a encore bien des gens sur ce chemin. Ma place? Je ne sais plus où elle est, si j'en ai encore une... Je vais tenter de m'en tailler une à ma mesure... la place d'une nouvelle maman, ex-infertile, ex-amère, qui s'épate devant le visage bien rond de son bébé tout en gardant en tête que ce rêve n'est malheureusement pas accessible à tous. Ma place, celle de la maman de Tithom, celle de la blonde de Hom celle de Kiwi, auteure de ce blog en constante évolution. Libellés : infertilité (III), nouvelle maman 12 avril 2006ChiffresEntre l'arrêt de la pilule et Tithom... 41 mois 70 pilules de Provera 45 pilules de Serophene 1800 pilules de Metformin 100 pilules de Femara 2615 ui de gonadotropine en 28 injections 6 injections de hcg 11 recettes différentes 10 ovulations 31 tests négatifs 9 échographies d'ovulation 2 inséminations artificielles 1 hystérosonographie 2 grossesses 1 fausse-couche 1 plus beau bébé du monde 0 regret Libellés : essais bébé (III), fausse-couche, grossesse (IV), infertilité (III) 13 mars 2006Un deuxièmeComme la conception de Tithom n'a pas été de tout repos, je me suis toujours interrogée sur l'éventualité d'avoir un deuxième enfant. Déjà pendant la grossesse, je me posais des questions... Est-ce que ce serait aussi long? Quand allions-nous essayer? Après l'allaitement j'imagine... Quelques jours après la naissance de Tithom, j'ai lu dans le journal un article qui disait que le Femara était dangereux et causait des malformations chez certains foetus. En lisant l'article, j'avais regardé Tithom, les larmes aux yeux, en remerciant le ciel qu'il soit parfait. Mais en même temps, j'étais triste en pensant que le combat serait à recommencer. Ce qui avait été long pour notre premier enfant, ça avait été de trouver la formule qui fonctionnait pour moi. Une fois cette formule trouvée, ça avait après tout été rapide. Comme le Femara a été la pilule miracle pour nous (les deux fois où je suis tombée enceinte), le fait que les médecins ne doivent plus le prescrire en fertilité me cause un problème. Je ne suis pas prête à prendre le risque maintenant que je le connais. Nous voulons un deuxième enfant, ça c'est clair. Si ce n'était que de moi, je retomberais enceinte aujourd'hui. Mais ça ne fonctionne pas comme ça, et c'est sûrement mieux ainsi, d'une certaine façon. Nous ne pouvons par contre planifier comme la plupart des couples: quand Tithom aura 9 mois, on essaiera pour un deuxième, comme ça ils auront moins de 2 ans de différence... Comme je n'ovule pas sans médicament, essayer voudra dire retourner consulter en fertilité. Prendre des médicaments voudra dire que je n'allaiterai plus. Comme j'ai l'intention d'allaiter le plus longtemps possible, ce sera peut-être long avant qu'on puisse essayer. Et comme le médicament qui me faisait ovuler n'est plus prescrit par mon médecin, je devrai probablement recommencer à y aller à tâtons, en essayant diverses formules, jusqu'à ce qu'on trouve la bonne. Tout ce qui avait fonctionné pour Tithom ne pourra probablement pas être répété. Le Femara est hors de question. Le Metformin, pas tant que j'allaite. Prendre ma température? Pas tant qu'il ne fait pas ses nuits. Un changement de propriété au travail de Hom changera peut-être ses assurances, ce qui pourrait nous enlever le privilège d'être couverts pour les traitements de fertilité. Ce qui voudrait dire: injections à nos frais. Tout ça me paraît bien incertain et surtout, ardu. Une vague impression de déjà vu me décourage un peu aussi... J'ai essayé de vivre ma grossesse en me disant que je ne pourrais peut-être plus revivre tout ça. J'ai essayé de me faire à l'idée que nous aurions peut-être seulement un enfant. Je semblais accepter tout ça. Mais maintenant que la bédaine est partie et que Tithom est avec nous, je ne peux pas croire que je ne revivrai plus de grossesse, que je ne revivrai pas un autre accouchement et surtout, que je n'aurai plus le bonheur de voir notre enfant naître et grandir avec nous. Je suis comblée avec Tithom, vraiment. Je ne veux surtout pas sembler ingrate... Après tout, bien des couples n'ont même pas un enfant et moi je suis là à m'en faire pour le deuxième dont les essais ne sont même pas commencés. Ce qui me fait surtout peur, en fait, c'est ma propre force. J'ai eu la force et le courage de vivre tout ça une fois, pour Tithom. Mais je ne crois pas en avoir assez en réserve pour le revivre une seconde fois... c'est trop me demander... À l'hôpital, le lendemain de mon accouchement, le médecin de garde m'avait demandé si je voulais qu'il me prescrive la pilule. Ma réponse avait été sèche et directe: "pourquoi?!" Lui, condescendant, m'avait répondu "pour ne pas que tu retombes enceinte." J'avais failli lui rire en pleine face. Je lui ai dit que ça avait pris 3 ans pour celui-ci, que ça m'étonnerai vraiment que ça fonctionne si rapidement et miraculeusement pour le 2e. "Ça peut arriver vous savez" qu'il m'a répondu. "Vous en parlerez à votre médecin." J'y compte bien! Je revois mon médecin demain, pour mon suivi post-accouchement. J'avais l'intention de lui parler de notre désir d'en avoir un deuxième, mais j'ai peur qu'il me trouve trop pressée. En fait, nous n'en voulons pas un deuxième tout de suite! Mais j'aimerais savoir un peu comment on devrait s'y prendre, pour pouvoir planifier éventuellement et aussi pour arrêter de me poser des tas de questions. Ça calmera un peu mes inquiétudes et me permettra de mettre tout ça sur une tablette, en attente du moment propice... Chaque chose en son temps, n'est-ce pas? Libellés : bébé #2, grossesse (IV), infertilité (III) 11 janvier 2006De drôles d'habitudesIl y a certaines habitudes qui restent collées à nous, après des années, sans qu'on s'en rende vraiment compte... Oui, l'infertilité m'a changée et m'a donné de drôles d'habitudes. Plusieurs y sont encore, dont la fâcheuse habitude de ressentir tout ce que je ressens, bien involontairement, parfois, à l'idée de la grossesse hyper fertile. Mais il y en a une aussi qui a fait sa place sans que je la remarque... L'autre jour, je parlais avec ma belle-soeur. J'ai dit "si un jour on a des enfants..." Elle m'a regardée avec un sourire en pointant mon ventre et en disant "vous êtes pas mal proches!" J'ai tellement longtemps pensé au conditionnel que c'est resté. Pendant tout ce temps où j'espérais un jour être enceinte, je ne me permettais même pas d'aller plus loin que le SI. Je crois qu'il serait temps de me débarasser de cette habitude maintenant... Ce n'est plus une question de SI mais de QUAND... wow... Libellés : grossesse (IV), infertilité (III) 5 janvier 2006RéponseJe prends la peine de répondre ici, vu que Marie-Lune ne doit pas être la seule à se poser cette question... Je n'ai jamais dit que je n'étais pas capable d'être heureuse pour une amie enceinte. C'est très difficile d'expliquer pourquoi une annonce de grossesse est si dure pour une infertile... C'est irrationnel comme peine, ça n'a jamais rapport dirrectement avec la personne concernée. C'est quelque chose qui nous retourne à nos douleurs les plus vives, sans le vouloir. C'est quelque chose d'instinctif, on y peut rien, ça fait mal et on a de la misère à le comprendre nous-mêmes. Crois-moi, je suis encore surprise de voir ma réaction quand j'apprends ce genre de nouvelle! Il y a des fois où je réagis bien, d'autres où ça me prend plus de temps à sortir de mon nombril et voir autre chose que ma peine. C'est pour ça qu'un jour, j'ai décidé de demander à mes amies de m'annoncer les grossesses indirectement, vu que je ne pouvais savoir (et contrôler) quelle réaction j'aurais. Une annonce en face me prend par surprise et fait souvent ressortir mes propres émotions par-rapport à mon infertilité et à mon inaptitude à avoir un enfant "normalement" AVANT de faire ressortir ma joie pour mon amie. Ça ravive des blessures, ça ramène bien des choses enfouies à la surface. Mais habituellement, une fois ces émotions passées (et ça ne dure jamais longtemps) je suis très heureuse pour mon amie et j'adore partager ces moments avec elles. Jamais je n'en voudrais à quiconque d'être plus ferile que moi! Mes amies, les vraies, savent qu'elles peuvent compter sur moi et qu'elles peuvent partager leur bonheur avec moi. Elles savent aussi qu'elles doivent me laisser le faire à mon rhytme. La différence dans cette situation-ci, c'est la façon dont mon amie m'a traitée. Je comprends très bien qu'elle n'ait pas eu le guts et je comprends très bien pourquoi. C'est pas ça qui me fâche! Parce que c'est tout à fait normal... je sais très bien que je suis dure à suivre! Ce qui me fâche, c'est qu'elle n'ait pas eu le guts de me dire qu'elle a manqué de guts! Au lieu d'être honnête avec moi et de me dire "écoute, je ne savais pas comment te le dire, j'avais peur de te blesser, même si je comprends pourquoi ce genre de chose peut te blesser... J'aurais dû te le dire avant, mais je n'en avais pas le courage" elle m'a dit "je n'ai juste pas eu le temps de t'appeler" Franchement! On se connaît depuis qu'on a 8 ans, elle n'avait pas de raison de me mentir et de me prendre pour une tarte. Surtout que... pas le temps??! Qui croit à ce genre d'excuse?? En 3 mois, tu n'as pas eu un seul moment libre de 5 minutes pour m'appeler? Pfff. Si mon amitié ne vaut pas 5 minutes, elle ne vaut pas grand chose... Je répète donc... ce n'est pas la grossesse en tant que telle qui m'a blessée. Ça, j'en suis revenue assez vite! J'étais (et je le suis encore!) même très contente pour elle en y pensant bien! C'est toute la bullshit autour de son annonce et son manque de tact et de respect envers moi qui m'ont fâchée. Maintenant, passons à autre chose... Je traînais ce post depuis 2 mois, j'ai finalement eu le temps de le terminer et de le publier, même si dans ma tête ce sujet était déjà clos. Libellés : amis, infertilité (III) 4 janvier 2006Un petit 5 minutesIl y a presque deux mois, j'ai reçu un email d'une amie. Nous ne nous étions pas parlé depuis plusieurs mois. Nous passons souvent plusieurs semaines sans se parler, mais je commençais à trouver ce silence doûteux. Bref, je comptais lui écrire le soir même où j'ai reçu son courriel. Elle me disait: "je t'ecris pour savoir comment tu vas et aussi parce que j'ai une bonne nouvelle à t'annoncer. Je voulais savoir si tu es là demain pour que je puisse te donner un coup de fil. Si tout est beau, écris-moi, et on se reparle demain." Faut pas me prendre pour une nouille. Je suis capable de lire entre les lignes. Son courriel me disait deux choses: elle voulait m'annoncer une grossesse et elle n'avait pas eu le guts avant. Je lui ai répondu que si sa nouvelle avait rapport avec une grossesse quelconque, de me le dire par email, car je préfère recevoir ce genre de nouvelle indirectement. Je n'aime pas le sentiment d'embuscade qu'une annonce de grossesse surprise me donne. Je me sens accolée au mur, forcée de sourire alors que je bouille en dedans. J'ai donc toujours demandé à mes amies proches de m'annoncer ce genre de chose par courriel ou sur le répondeur. Ça me laisse le temps de digérer la nouvelle seule, à mon rhytme, sans faire semblant. Puis une fois les mauvaises émotions contrôlées, je peux féliciter la personne concernée sans me sentir menteuse. Le lendemain, elle m'a répondu que j'avais effectivement deviné, qu'elle était enceinte de plus de 3 mois. Même si je m'y attendais, ça m'a fait énormément mal. Un peu comme si on me disait qu'on allait me donner une claque au visage. J'ai beau savoir qu'elle s'en vient, quand la claque arrive, elle fait mal quand même. Ce qui m'a fait le plus mal, ce n'est pas tant le fait qu'elle soit enceinte d'un bébé surprise (quoi que juste ça, pour une infertile, c'est dur à avaler), mais plutôt le fait qu'elle ait attendu avant de me le dire. Bon, d'accord, bien des gens attendent 3 mois avant d'annoncer une grossesse. Mais elle et moi avons la même coiffeuse et si elle ne me l'avait pas annoncé par courriel ce jour-là, je l'aurais appris de la coiffeuse le lendemain. Notre coiffeuse le savait depuis le début et elle ne l'avait même pas appris de mon amie directement, mais d'une autre de ses amies! J'étais supposément une de ses meilleures amies. Elle m'a dit un jour que j'étais la seule sur qui elle pouvait toujours compter, à qui elle pouvait tout dire. Je ne le croyais plus. J'ai jonglé avec tout ça, je me suis demandé comment réagir, quoi lui dire. Ça m'a empêché de dormir, je m'en voulais d'avoir encore mal pour quelque chose que j'avais maintenant. Bien sûr, au fond de moi, j'étais heureuse pour elle. Même si ce bébé n'était pas prévu (elle m'a même avoué que c'était un bébé condom), je sais qu'elle est très heureuse de sa venue et qu'elle voulait des enfants. Mais ce que tout ça a fait ressortir n'a rien de beau et d'heureux. Même si je suis enceinte, même si j'attends notre garçon très bientôt, une telle nouvelle ne fait que rebrasser des choses que je croyais réglées. Ça me rappelle à quel point pour nous ça été difficile, à quel point j'ai eu mal quand j'ai perdu notre premier bébé. Ça me remet aussi au visage le fait que tous nos efforts ne paraissent plus aujourd'hui, que la grossesse m'a ramenée au même niveau que les autres. J'ai beau être la femme la plus heureuse du monde quand je flatte ma bédaine et que je sens mon bébé me donner un coup de pied, ça n'efface pas les larmes et la douleur des années passées et surtout, ça ne me redonne pas tous ces mois perdus à attendre et espérer. Je sais bien que vu de l'extérieur, ma douleur peut sembler exagérée. Je suis enceinte, après tout, je devrais en revenir, passer à autre chose. Oui, j'ai fait la paix avec bien des choses, avec bien des démons. Mais quand on me redonne une claque au visage, je ne peux faire autrement que d'avoir mal. Je lui ai répondu et je lui ai expliqué en long et en large comment je me sentais, pourquoi j'étais blessée. Je lui ai par contre dit que je voulais bien avoir les détails de sa progression et continuer à parler avec elle via courriel, le temps que je me replace. Elle voulait qu'on se voit avant les fêtes, mais le temps me manquait (vraiment!) et je lui ai dit. J'ai même écrit "à moins que ma mère ait organisé un shower d'ici-là et que tu sois invitée (tu étais sur la liste!)" Je lui ai écrit un très long courriel sensible, clair et sincère. Je lui ai même posé plein de questions sur sa grossesse et j'ai demandé des nouvelles de sa mère. Je me disais qu'elle comprendrait peut-être, qu'elle me respecterait. Elle m'a répondu quelques jours plus tard, par un courriel très court et froid. Elle me disait ne pas avoir eu le temps de me l'annoncer avant. La seule chose qui m'est venue en tête après avoir lu ça est: mon oeil! Je m'excuse, mais elle n'est pas PDG d'une grosse entreprise ni mère au foyer de deux enfants! Pas eu le temps de faire un petit téléphone?? Qui n'a pas ça, un petit 5 minutes pour une amie? Ce qui lui a manqué, ce n'est pas du temps, mais du courage. Elle n'a pas eu le guts de m'appeler, elle a simplement remis à plus tard, encore et encore. Pas avoir le temps, c'est la pire excuse bidon qui existe. Je comprends très bien (et respecte!) le fait de manquer de guts, pas besoin de me mentir. Je ne sais pas ce qu'elle pensait obtenir avec tout ça. J'ai essayé d'être forte et de passer par-dessus mes blessures pour partager cet événement heureux avec elle. Elle s'est probablement dit qu'en me le disant, elle faisait sa part, pour sa conscience, et que la balle était dans mon camp. Si je ne le prends pas, tant pis, c'est moi la méchante infertile amère qui n'est pas capable d'être heureuse pour les autres. Elle m'a encore plus blessée avec ce dernier courriel qu'avec quoi que ce soit d'autre. Mes sentiments et mon amitié ne vallaient même pas un petit 5 minutes dans une journée. Quand mon shower est arrivé, j'ai eu peur. Je ne savais pas trop comment j'allais réagir en la voyant, mais j'étais soulagée, d'une certaine manière. Je me disais qu'en étant ainsi forcée de la revoir, avec d'autres gens présents, ça rendrait les retrouvailles plus aisées. Eh bien! Elle n'est même pas venue! Elle n'a pas pris la peine d'avertir ma mère, qui s'attendait à sa présence. Toutes mes amies m'ont demandé pourquoi elle n'était pas là et moi, je ne sais trop pour quelle raison, je leur disais que je ne savais pas. Elle ne m'a pas téléphoné, ne m'a pas écrit pour s'excuser de ne pas avoir été là. Je ne lui ai pas ré-écrit non-plus, je ne sais pas quoi lui dire. Je n'ai pas eu l'impression qu'elle avait lu mes autres courriels, alors à quoi bon? Je suis très peinée de laisser tomber cette amitié, mais en même temps, ça me libère. Je lui ai envoyé une carte pour son anniversaire, qui est demain. Simplement pour lui signifier que je sais qu'elle existe, mais que je ne ferai plus de galipettes pour son amitié. Si elle tient à moi, qu'elle fasse les efforts nécessaires. J'ai assez donné. ----------------EDIT---------------- Je tenais à apporter quelques précisions. Tout d'abord, l'amie en question est une amie de longue date, mais une amie particulière. Elle a tendance à tout virer sur elle, peu importe le sujet (par exemple, quand je lui ai parlé de ma fausse-couche, elle m'a dit que sa collègue machin-couette en avait fait une elle aussi...). Elle a de la difficulté à vraiment écouter, mais elle est toujours très disponible. Je suis amie avec elle depuis longtemps, mais ça n'a jamais été à temps plein. On s'est souvent perdues de vue, pour différentes raisons. C'est ce qu'on pourrait appeler une amitié intermittente. Ceci dit, je ne suis PAS en maudit après elle parce qu'elle est enceinte. Je finis toujours par passer par-dessus mes émotions contradictoires à l'annonce d'une grossesse et je finis toujours par être heureuse pour la personne concernée. Je l'étais (et le suis encore) pour elle, je lui ai même dit, sincèrement. Je suis fâchée contre elle parce que 1. j'ai été la dernière à l'apprendre (après la coiffeuse!), 2. parce qu'elle m'a donné une excuse bidon comme "je n'ai pas eu le temps" plutôt que de me dire la vérité, que j'aurais très bien comprise et acceptée! 3. Ce qui m'a fait réaliser que mon amitié pour elle ne représentait pas assez pour prendre la peine de prendre le temps et qu'elle ne me faisait pas assez confiance pour être honnête avec moi et finalement 4. parce qu'elle n'est pas venue à mon shower, qu'elle savait très important pour moi, sans compter qu'elle a manqué de respect envers ma mère qui s'est démenée pour tout organiser en ne l'avertissant pas. Voilà. Libellés : amis, infertilité (III) 29 décembre 2005Les fêtesLe temps des fêtes est une période très occupée chez nous, surtout depuis que je suis avec Hom. À mes partys de famille habituels (en double car mes parents sont séparés) se sont ajoutés ceux de sa famille (heureusement, ses parents sont encore ensemble). Nous avons donc eu droit à 4 partys en autant de jours, du 24 au 27. Beaucoup de bouffe, beaucoup de cadeaux, beaucoup de fatigue cette année pour moi. Et c'était seulement pour Noël! Le temps des fêtes est aussi une période très difficile pour les infertiles. Plusieurs fêtes, comme Noël, le Jour de l'an, la fête des mères et notre anniversaire nous ramènent toujours vers ce qu'il nous manque le plus: un enfant. Ce sont des jours difficiles à passer, où on se sent très seuls, abandonnés. Noël, c'est une fête magique quand il y a des enfants autour de nous. On imagine ce que ce pourrait être si on avait un bébé, qui regarderait le sapin avec des yeux qui brillent, qui ouvrirait ses cadeaux en riant. On se sent tellement vide quand on ne peut pas vivre ce bonheur. Il manque un gros morceau à notre vie et on ne sait pas où ni comment le trouver. À chaque Jour de l'an, on se fait souhaiter la même chose. On se dit que cette année sera la bonne, que l'an prochain, nous serons trois. Et quand le Jour de l'an suivant arrive et que nous sommes toujours au même point, c'est horrible. L'impression d'avoir perdu une année est déchirante. Encore une fois, la chance nous a abandonnés. J'ai passé 3 ans comme ça. Trois Jours de l'an à me faire souhaiter un bébé, à me faire dire "tu verras, l'an prochain tu fêteras avec ton bébé!", à me faire croire que ça nous arriverait bientôt. L'an dernier a été plus dur que les autres, puisque je venais de perdre mon bébé tant désiré. J'ai même par moment détesté le temps des fêtes. Mais je n'aurais jamais cru que le prochain serait si différent. Cette année, c'est tout à fait le contraire. Je n'ai pas encore d'enfant avec moi, nous ne sommes pas encore tout à fait trois, mais tout a déjà changé. Je vois ce Noël comme étant vraiment le dernier que nous passons seuls. Ce n'est plus un souhait, c'est presqu'une réalité. L'année 2006 me semble si belle déjà, si remplie de surprises et de découvertes. Le Jour de l'an ne me fait plus peur. Notre rêve de devenir parents est si proche, notre douleur d'autrefois si loin... L'an prochain, nous aurons un petit tannant qui sera impresionné par les lumières et les cadeaux. Toute la dynamique des partys de Noël sera changée, puisque le premier bébé de la famille (des deux côtés) sera maintenant là. L'an prochain, Hom et moi serons une famille à part entière. Enfin! Libellés : famille, infertilité (III) 21 octobre 2005Début de contratJ'ai un contrat qui revient aux 6 mois. Ce matin recommençait le contrat. Je suis donc allée au centre-ville afin de ramasser le travail à faire. Je prends l'autobus pour m'y rendre, c'est bien plus simple et plus rapide que prendre la voiture. Je suis en fin de trajet, donc je dois habituellement rester debout. Ce matin ne faisait pas exception. Sauf qu'après même pas 2 minutes, une dame s'est levée pour m'offrir sa place. J'étais très émue de son beau geste et surtout, je l'avoue, très fière que ça paraisse enfin. Je ne vois les gens du bureau qu'aux 6 mois. Donc, ils ne m'avaient pas vue depuis le début de ma grossesse. En fait, personne n'était au courant, j'avais volontairement gardé le secret pour leur voir l'air quand ils me verraient arriver avec mon ventre. Ça n'a pas été long que toutes les filles étaient énervées et rigolaient et me posaient des tas de questions. J'ai été très surprise de me sentir tout à fait à l'aise et heureuse de parler de tout ça. Quand une collègue m'a demandé si c'était une surprise ou si c'était planifié, je ne me suis pas gênée de lui dire que ça nous avait pris 3 ans. Elle a répondu "Oh! Alors vous devez être encore plus heureux! Il a tellement été attendu!" avec un grand sourire. Quand la patronne m'a posé la même question et que je lui ai donné la même réponse, elle m'a demandé si j'avais pris des hormones. Je lui ai répondu que oui et elle a dit "aah... tu avais de la difficulté à tomber enceinte..." avec un air sincèrement désolé. Wow, je ne m'attendais tellement pas à ça! Quand on essayait d'avoir un enfant, je n'aimais pas vraiment qu'on me pose des questions sur nos démarches. C'est pourquoi je préférais ne pas en parler du tout. Maintenant que Pépin grandit bien dans mon ventre, on dirait que je tiens à en parler. Je tiens à ne pas passer pour une fertile, même si ça n'a rien de mal en soi. Je tiens à préciser que ça n'a pas été facile. Pas pour nous faire prendre en pitié, loin de là, mais plutôt parce que c'est ce que nous sommes, ça fait partie de nous et même si ça a été énormément difficile, c'est important pour moi. Aussi, on ne peut jamais vraiment deviner qui est infertile et qui ne l'est pas. Je me dis que si quelqu'un avec un problème d'infertilité m'entend raconter nos 3 ans d'essais et nos traitements et me voit avec mon ventre rond, elle pourra peut-être y trouver un peu d'espoir. Je sais qu'avant de tomber enceinte, je détestais voir toute bédaine ronde. Avoir su, en les voyant, que certaines de ces bédaines avaient été très attendues et désirées, je les aurais peut-être moins foudroyées du regard... Libellés : grossesse (III), infertilité (III), travail 6 octobre 2005Encore difficileJe parlais à ma mère ce matin et elle m'annonce tout bonnement que mon frère (celui qui s'est marié cet été, le plus vieux) et sa femme veulent une maison et un bébé. En blague, je réponds qu'il copie sur moi. Elle me dit que ma belle-soeur a arrêté la pilule et "qu'il était temps." Ce genre de remarque n'est vraiment pas nécessaire, mais ce n'est pas ce qui m'a le plus dérangée. Je ne croyais pas que ça me dérangerait encore à ce point, mais je me rends bien compte qu'il y a encore plusieurs blessures non cicatrisées sur mon coeur. Ça me fait quelque chose de savoir que mon frère et sa femme essaient d'avoir un enfant. Ça me fait quelque chose et pas de la bonne façon, mais je n'arrive pas à comprendre pourquoi exactment. Bien sûr, quand j'étais en essais, je redoutais le jour où mon frère nous annoncerait que je serais tante avant d'être mère. C'était une de mes plus grandes peurs. Maintenant que je suis enceinte, je croyais que je pourrais m'en sortir sans trop m'en faire. Bon, d'accord, je serais heureuse pour eux, y'a aucun doute là-dessus. Mais ça me fatigue quand même de savoir que dans quelques mois, peut-être, ils auront réussi ce que nous avons mis tant de temps à accomplir. Je ne leur souhaite pas que ce soit long, loin de là. Je ne souhaite ça à personne. J'aurais peut-être seulement aimé qu'ils attendent encore un tout petit peu... C'est égoïste, je le sais et ça me fâche de me sentir comme ça. Encore la foutue compétition avec mon frère, qui a tout eu facilement alors que moi j'ai toujours dû me battre. Je sais que je ne devrais pas mettre la charrue devant les boeufs, après tout, elle n'est pas encore enceinte... Libellés : famille, grossesse (III), infertilité (III) 3 octobre 2005InconcevableLa nouvelle série Inconceivable, diffusée à NBC depuis deux semaines, suscite beaucoup de réactions. En gros, c'est l'histoire de médecins et patients dans une clinique de fertilité. J'ai regardé les 2 épisodes et franchement... je suis complètement dégoûtée. C'est tellement ridicule et mal fait et plein d'histoires impossibles. Ils prennent les pires peurs et cauchemars de couples vulnérables aux prises avec l'infertilité et ils en font des banalités. Des scénarios extrémistes ridicules (ils se trompent d'embryon, l'infirmière switche un échantillon de sperme avec celui du docteur auquel elle vient de faire une pipe, une mère-porteuse donne naissance à un bébé noir alors qu'elle portait supposément l'embryon d'un couple blanc, etc.), des détails tout à fait faux, une clinique complètement irréelle, aucune crédibilité du tout... Mais bon, je sais qu'il ne s'agit que d'une émission de télé. Après tout, les médecins nous diront tous que ce n'est jamais comme dans ER, les profs nous diront tous que Virgine c'est complètement exagéré. Ce n'est pas vraiment ça qui me dérange. Ce qui me dérange, c'est qu'on en parle jamais de l'infertilité de nos jours. C'est encore un sujet tabou. Tout ce qu'on entend ce sont les cas extrèmes, comme la mère-porteuse qui donne naissance à des quintuplés, ou la dame de 60 ans qui tombe enceinte grâce au in vitro. On n'entend jamais parler des milliers de couples qui essaient pendant des années, qui font traitement par-dessus traitement et qui ne réussissent jamais. On entend jamais parler de ceux qui, après plusieurs cycles de FIV laissent tomber leur rêve. On entend jamais parler de ceux qui réussissent, après plusieurs années, à finalement tomber enceinte avec du Clomid et une insémination. On entend juste parler des cas extraordinaires et ça nourrit le mythe de l'infertilité. Ça fait passer les couples infertiles qui décident d'aller de l'avant avec les traitements pour des freaks désespérés, des gens qui ne savent pas quand arrêter ou qui ne savent pas qu'il faut "juste relaxer"... Et cette nouvelle série vient juste amplifier tous ces mythes et ces peurs. Il y a plein de filles comme moi qui essaient de parler de leur infertilité, d'éduquer un peu les gens autour, puisqu'on ne parle jamais de ces choses-là. Et une série comme ça vient juste nous compliquer la vie et rendre notre quête encore plus difficile. Il ne devrait pas y avoir de série sur des médecins assoiffés de pouvoir (ils disent dans le premier épisode qu'ils "jouent à Dieu") dans une clinique de fertilité, mais une série sur des couples qui le vivent, jour après jour, année après année. C'est de ça dont on devrait parler. Ils essaient de faire passer les médecins pour des héros alors qu'au fond, ce sont les couples qui poursuivent leur rêve qui sont les vrais héros. Si vous avez vu l'émission et que vous voulez dire votre façon de penser à NBC, vous pouvez le faire ici. Libellés : infertilité (III), médias 15 septembre 2005DéfinitionQuand je parle de femmes "pas comme moi", je parle de celles qui n'ont pas eu à attendre pour avoir un bébé. Je parle de celles qui ont essayé un mois ou deux avant de voir la ligne rose apparaître et qui ne se sont jamais demandé si celui-là allait rester accroché. Je parle de celles qui ne savent pas que d'autres femmes, comme moi, comme toi CR, et comme des milliers d'autres, doivent attendre des mois, des années mêmes, et vivre déception par-dessus déception, test par-dessus test, tout ça dans le but d'avoir ce qu'elles, elles ont eu sans avoir à attendre. Qu'on ait pris des hormones ou non, qu'on ait laissé tomber l'espoir de devenir maman ou qu'on ait essayé tout ce qu'il nous était humainement possible, pour moi, ça ne change rien. Ce qui différencie les femmes comme moi des autres, c'est l'attente et la déception, c'est l'effort que nous devons faire, à chaque cycle, pour nous relever et continuer. Qu'on attende 9 mois ou 3 ans, c'est difficile, point. Bien sûr, l'attente change, les émotions deviennent plus vives, les douleurs plus amères, plus le temps avance. Mais à la base, l'attente dans le désir et l'impatience, dans l'injustice et la déception, reste une attente bien trop longue. Je ne me considère en aucun point meilleure ou supérieure ou plus forte ou plus sensible ou plus intelligente ou plus intéressante que tout autre femme ayant réussi du premier coup. Non. Nous sommes seulement différentes, c'est tout. Pas mieux, pas pires, juste différentes. J'ai lu des témoignages de dizaines de femmes ayant fait face à divers combats. Pour une, ce fût 6 FIV, des jumeaux nés prématurément qui ne survivront pas, puis encore une grossesse, d'autre jumeaux, qui eux survivent et vivent, en santé et heureux. Pour une autre, c'est un mari avec un problème de spermatos, il subit plusieurs opérations, ils font plusieurs FIV et réussissent à leur dernier essai. Malheureusement, ça se termine en fausse-couche. Ils se tournent maintenant vers l'adoption. Une autre n'a jamais eu d'espoir, considérée stérile à cause du DES. Elle a eu le plus grand don qui existe: une mère-porteuse a porté l'embryon venant d'elle et son mari et leur fils est né il y a quelques mois. Une autre femme a attendu, sans savoir la cause de son infertilité, pendant plus de deux ans, avant d'avoir la visite de la cigogne, au naturel. Je pourrais continuer longtemps comme ça. Ce sont toutes ces femmes qui me donnent espoir, qui me gardent les pieds sur terre et la tête froide. Ce sont des femmes commes elles qui me font me rendre compte, jour après jour, de la chance que j'ai, malgré tout ce que ça aura pris pour m'y rendre. Oui, je me considère encore infertile, même si ce petit bout d'homme qui me donne des coups de pieds essaie de me contredire. Je me considère infertile, en rémission si vous voulez, parce que je sais qu'un jour, si nous voulons donner un petit frère ou une petite soeur à Pépin, nous devrons recommencer le même combat. Tout comme toi, CR, ça me fait peur. Je te souhaite de tout coeur que bébé #2 se pointe bien plus rapidement que le premier. Ton combat est peut-être différent, mais tu fais partie de ces femmes qui m'ont donné l'espoir et la force de continuer. J'espère te rendre la pareille un jour. Libellés : infertilité (III) 14 septembre 2005Des baleinesCe soir, j'ai mon premier cours d'aquaforme prénatal. Ce soir, je passerai une heure en compagnie de plusieurs fertiles enceintes, volontairement, pour la première fois. Je fais un plat avec un rien? Peut-être, mais c'est mon seul moyen de défense. Je ne connais pas ces femmes. Je ne connais pas leur background, l'histoire de leur grossesse. Je sais par contre qu'un couple sur 10 vit des problèmes de fertilité et qu'une femme sur 4 vivra une fausse-couche (consciemment ou non) au cours de sa vie. Si nous sommes 10 dans le cours, ça voudrait dire que je serais la seule infertile et qu'il y aurait 1,5 autre femme ayant vécu une fausse-couche. Bref, je serai entourée de fertiles, que je le veuille ou non. Qu'on ne le prenne pas mal, je n'ai RIEN contre les femmes fertiles. Qui suis-je pour les détester d'avoir seulement eu plus de chance que moi? Ce n'est rien de volontaire. Ce que je déteste, c'est ce que je ressens quand je suis en leur compagnie. Je me sens moins bonne, moins spéciale, parce que moi, je n'ai pas réussi rapidement, parce que moi, je ne suis pas capable de sauter dans les airs en tapant des mains et en pleurant quand j'apprends une nouvelle grossesse, que je connaisse la femme ou non. Je me sens plus endurcie, plus consciente de ma chance, mais ça, tout le monde s'en fout, au fond. Ça ne se voit pas. Pour elles, je serai une autre femme enceinte dans leur cours d'aquaforme. Que ça m'ait pris 3 ans à tomber enceinte, que j'aie eu à subir tous ces traitements et examens, que j'aie eu à vivre toute cette peine, cette rage et cette jalousie, ça ne change en rien le résultat: je suis enceinte, comme elles. Pour elles, je suis une des leurs. Pour moi, je suis une minorité, peu importe à quel point je voudrais être une des leurs. Ce que j'appréhende de leur présence, c'est leur insouciance, leur façon de voir la vie en rose, de ne connaître que le beau côté de la reproduction. Je les envie pour ça, j'envie leur belle naïveté et leur aisance à se croire enceinte et maman dès le début. Je ne crois pas avoir droit ce soir à des commentaires insensibles (même si involontaires) qui viendront chercher l'infertile enragée endormie en moi. Mais je serai sur mes gardes, au cas où. Malgré tout, j'ai hâte à ce soir. J'ai hâte de me mêler (oui oui!) à d'autres baleines, de pouvoir flatter ma bédaine sans me faire regarder de travers, de faire une activité pour moi et Pépin. J'ai hâte de prendre ce temps pour m'ocuper de moi et de ma bédaine, de partager ce qu'il y a de beau (et c'est fou comme il y en a du beau!) dans cette grossesse, de vivre une expérience de future-maman. Ce soir, nous serons plusieurs baleines à la picine du quartier, flottant gaiement, notre bédaine sortant de l'eau comme un iceberg. Et je serai des leurs, même si ce n'est que pour une heure. Libellés : grossesse (III), infertilité (III) 13 septembre 2005DifférenteQuand j'étais jeune, je voulais être tout, sauf ordinaire. Je voulais être différente des autres, pas nécessairement pour me faire remarquer, mais plutôt pour renforcer mon sentiment d'être unique, d'avoir ma propre valeur. Ce côté rebelle, ou original, m'est un peu resté. Quand j'étais aux prises avec mon infertilité et notre désir ardent de fonder une famille, je savais que je n'étais pas normale. Enfin, la normalité est relative... J'étais anormale côté physique, côté fertilité, mais si je comparais mes émotions et épreuves avec celles d'autres infertiles, j'étais tout à fait normale. Dans la masse, je me sentais exclue, je sentais que j'avais quelque chose de moins que les autres femmes "normales". Quand je suis tombée enceinte, je me suis dit que maintenant, je serais normale, comme les autres. J'ai essayé de comparer mes symptômes, mes sentiments et mes espoirs avec ceux d'autres mamans "comme moi", pour me sentir des leurs, en vain. Je ne suis pas comme les autres, je crois que mon parcours fait que je ne le serai jamais. Peut-être suis-je plus tolérante à cause de ce que j'ai traversé. Peut-être suis-je seulement moins portée à parler de chaque petite chose qui ne va pas comme elle devrait. Peut-être ai-je aujourd'hui une différente vision de ce qui est un problème et de ce qui n'en est pas vraiment un. Je ne sais pas trop ce qui fait que je ne me sens pas "dans la gang", mais je sais que je n'y tiens pas plus que ça non-plus. Je n'ai pas eu de nausée, je ne suis pas étourdie, je n'ai pas les jambes enflées, je ne marche pas les pattes écartées, je n'ai ni essoufflement, ni reflux gastrique, ni perte d'équilibre, je n'ai pas les nerfs à vif ni les émotions à fleur de peau, je n'ai ni saute d'humeur, ni douleurs... Je me sens bien, je suis bien depuis le début. Oh bien sûr, j'ai eu quelques petits désagréments. J'ai eu des maux de tête pendant près de 4 semaines. Je souffre encore de constipation. J'ai souvent des brûlements d'estomac. Mon nerf sciatique me fait mal dès que je bouge d'une position que je tenais depuis un bout de temps. Jamais je ne m'en plains et ça ne risque pas de changer. Je ne dis pas ça en voulant dire que je trouve les autres femmes qui décident d'en parler plaignardes ou "petite nature". Pas du tout! Le seuil de tolérance est unique à chacune. Je ne jugerai jamais quelqu'un de vouloir partager ce qu'elle vit, sans vouloir se plaindre, si c'est pour trouver du réconfort chez d'autres femmes comme elle. Je dis seulement que moi, je ne ressens pas du tout le besoin de partager cette facette de ma grossesse. Je balaie du revers de la main ces petits inconvénients et je continue, les yeux rivés vers l'avant plutôt que vers mon nombril. J'ai longtemps partagé les choses désagréables que me faisait vivre mon infertilité. J'ai parlé des effets secondaires des médicaments, des commentaires blessants, de la perte d'espoir, de la rage, du sentiment d'injustice, de ma difficulté à me relever à chaque cycle, des larmes, de notre volonté de continuer malgré tout. Je suis pourtant consciente que plusieurs femmes qui sont passées par un chemin semblable au mien n'ont probablement pas partagé tout ça. Certaines femmes n'iront jamais en clinique de fertilité. D'autres ne tomberont pas dans le désespoir ou la rage comme je l'ai fait. C'est personnel, tout comme la grossesse. Ce que nous avons vécu physiquement et émotionnellement pendant les années d'infertilité a été, pour Hom et moi, bien plus difficile que tout ce que nous avons pu vivre depuis le début de la grossesse. Plusieurs amis ont pensé bon d'avertir Hom que j'aurais un caractère de cochon pendant la grossesse. Hom souriait, en sachant très bien que rien ne peut être pire que l'humeur d'une femme sur Metformin, Clomid et Puregon tous ensemble. Nos années d'infertilité et de traitements hormonaux nous ont préparé, de bien plus de façons qu'on ne l'aurait cru, à vivre la grossesse de façon sereine. Par contre, je crois que le fait d'avoir tant attendu notre enfant, d'avoir tant traversé pour arriver où nous en sommes nous donne une certaine pression que les autres n'ont peut-être pas. J'ai tellement rushé, j'ai tellement voulu tomber enceinte, je ne me vois juste pas en train de me plaindre à chaque petit malaise. Ce serait presque mal vu de me plaindre. J'entends déjà une petite voix dire "tu l'as voulu, maintenant, endure!" Le hic, c'est que pour l'instant, je n'ai pas l'impression d'endurer quoi que ce soit. Je le vis, point. J'ai toujours dit que je prendrais tout ce qu'il faudrait pour avoir mon enfant, c'est ce que je fais. Même si je m'enlève cette pression, que je juge inutile de toute façon, je ne ressens ni l'envie ni le besoin de parler de ce qui est moins agréable. Je ne m'en prive pas, je crois que je me sentirais libre d'en parler si j'en avais envie. Je ne crois pas que le fait de dire qu'on a mal enlève quoi que ce soit à notre volonté de prendre tout ce que la grossesse met sur notre chemin -bien et mal- si ça veut dire avoir un enfant en santé. C'est seulement une question de désir de partager ou non ces expériences, désir que je n'ai pas, voilà tout. J'aime bien lire les témoignages d'autres femmes qui vivent plein de choses que je ne vis pas. Je ne suis certainement pas jalouse, après tout, j'ai la chance de vivre une grossesse quasi exemplaire. Je ne me sens pas tant anormale, seulement différente. Et il n'y a rien de mal à être différente, après tout. Libellés : grossesse (III), infertilité (III) |