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LES PÉPINS DE KIWI |
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De::Montréal, Québec, Canada Profil . : dernièrement : .
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Allaitement (I) (II) . : depuis le début : .
01.2005 |
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« L'espoir n'est pas une formule, mais une pratique. Nicole Nottat
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Association canadienne de sensibilisation à l'infertilité . : maternité : .
Maman Chérie . : suivi : .
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24 août 2005L'attenteJ'ai l'impression d'attendre depuis des années. Parfois avec impatience, d'autres fois en appréciant l'attente. J'ai attendu longtemps mes règles. Puis j'ai attendu les résultats des tests, le diagnostic et la solution. J'ai attendu, à chaque cycle, la venue de l'ovulation (ou pas) puis celle des règles (ou pas). J'ai attendu qu'un petit pépin fasse son nid dans mon ventre. J'ai souvent attendu quelques minutes qui semblaient si longues, en espérant très fort, le temps que le test de grossesse sur le comptoir de la salle de bains me donne son verdict. J'ai attendu des heures à l'urgence, en espérant de tout mon coeur que les saignements cessent, que ce ne soit qu'une fausse alerte. J'ai attendu de ne plus pleurer, de ne plus avoir mal, en vain. J'ai attendu un interminable cycle anovulatoire afin de recommencer les essais. J'ai attendu encore quelques mois avant de devoir attendre, encore une fois, pour que la deuxième petite ligne rose apparaisse sur mon test. J'avais tellement attendu ce moment, je n'y croyais presque plus. Et depuis que je sais que Pépin a fait de mon ventre sa maison, j'attends autres choses. J'attendais au début mon premier rendez-vous, ma première écho, question de me faire rassurer et de me faire dire que je ne rêvais pas. Puis j'ai attendu ma 2e écho, pour revoir ce petit être avec qui j'étais déjà en amour. J'ai attendu d'avoir traversé le premier trimestre avant de me sentir un peu plus confiante. Et depuis ce temps, je suis dans l'attente de bien des choses. On dirait que je reste là, à ne rien faire d'autre qu'attendre. Je ne m'en plains pas, j'aime cette attente. J'attends mon échographie pour mettre une identité sur Pépin. J'attends mon échographie pour vraiment y croire à 100% et rendre cet être flou plus concret. J'attends de le sentir bouger pour ne plus avoir à m'inquiéter de sa vigueur. J'attends que mon ventre arrondisse assez pour ne plus avoir l'impression de seulement avoir un bourrelet. J'attends de savoir ce qui se cache dans mon ventre avant de prendre des décisions pour la chambre, les objets, les vêtements. J'attends la naissance, sans être pressée, pour enfin rencontrer cet petit bonhomme ou cette petite poupoune qui a mis tant de temps à entrer dans nos vies. J'attends, avec beaucoup de patience et de hâte, tout ce qui me semblait si impossible auparavant. Libellés : grossesse (II), infertilité (II) 10 août 2005Malheureux hasardJe lis beaucoup de blogs, tous différents les uns des autres. La plupart sont écrits par des filles vivant ou ayant vécu l'infertilité, sous toutes ses formes. Une fille qui a eu recours à une mère porteuse, une autre qui attend que son dossier soit envoyé en Chine pour l'adoption de sa fille, une qui a recours à un don d'ovule, une autre qui ne prend pas encore de médicaments, une qui a eu des jumeaux après un long parcours et plusieurs FIV, une qui vient de commencer le Metformin... et j'en passe! Ce sont toutes des filles extraordinaires qui sont d'un soutien incroyable envers les autres. J'en suis venue à m'attacher à plusieurs d'entre elles et à suivre leur histoire comme s'il s'agissait d'une amie proche. Quand je suis tombée enceinte, j'étais heureuse de partager ma grossesse et mes sentiments contradictoires avec quelques filles. Une en particulier, Callista, avait seulement 2 jours de plus que moi dans sa grossesse. Tout comme moi, elle avait des craintes, mais aussi beaucoup d'espoir. Elle avait vu son bébé quelques fois par échographie. Elle avait entendu son coeur, elle avait enfin décidé d'y croire. Jeudi dernier, à 15 semaines et 1 jour, elle apprenait que son bébé était mort depuis quelques semaines, depuis le lendemain du jour où elle l'avait entendu pour la dernière fois. Callista n'avait pas plus de risques qu'une autre de perdre son bébé. Elle n'avait eu aucun signe avant-coureur. Elle avait vu et entendu son coeur battre, ce qui supposément rend les risques de fausse-couche très minimes. Il n'y a aucune raison valable pour expliquer ce qui lui est arrivé. Depuis des mois, j'ai lu avec tristesse les témoignages de plusieurs filles qui perdaient leur bébé, la plupart du temps au premier trimestre. À chaque fois, mon coeur se brisait pour elles. Mais cette fois-ci, je ressens la peine d'une façon différente, d'une façon presque personnelle. Ça aurait pu être moi. Ça pourrait être moi. Quand j'ai lu sa terrible nouvelle, j'ai essayé d'imaginer la déchirure qu'elle a dû ressentir. Je sais que mon imagination ne peut pas arriver près de la réalité, mais ce que j'imaginais était déjà intolérable. Il n'y a rien que je puisse faire pour Callista. Rien, sauf de lui dire à quel point je pense à elle et que je lui souhaite de tout coeur de trouver la paix, un jour, avec tout ça. J'ai posé ma main sur mon ventre, je suis allée voir Hom et je lui ai demandé, la gorge nouée, si Pépin était correct. Même si je sais qu'il n'a aucun moyen de savoir, même si je sais qu'on ne peut rien y faire, j'avais besoin de réconfort. Il m'a regardée et m'a dit "oui, Pépin est correct. Il ne s'en ira pas." Quand j'ai senti Pépin bouger samedi soir, c'est comme si on m'enlevait une tonne de briques de sur les épaules. Ce qui est arrivé à Callista et son bébé, ce n'est qu'un malheureux hasard. Ça aurait pu être n'importe qui, ça pourrait être n'importe qui. Mais ce n'est pas tout le monde. Libellés : amis, fausse-couche, infertilité (II) 3 août 20053 ansIl y a 3 ans, je ne recommençais pas une nouvelle plaquette de pilules. Il y a 3 ans, on commençait notre aventure vers la parenté, sans nous douter que ce serait si difficile et couvert d'obstacles. J'avais 25 ans, Hom en avait 27, nous étions prêts. En août 2002, nous avions décidé de commencer les essais et de laisser la nature décider. Je savais que j'avais des problèmes de fertilité, je les ai toujours eu. Mais jamais je n'aurai pu imaginer le chemin que nous aurions à traverser. En août 2002, je voyais déjà notre enfant naître, grandir et rire dans notre appartement. Je voyais déjà notre avenir tracé, j'avais confiance. En août 2002, j'étais naïve. Les premiers mois ont été décevants. Je ne croyais pas vraiment pouvoir concevoir tout de suite en partant, mais j'osais espérer quand même. Si j'étais tombée enceinte au départ, notre enfant aurait aujourd'hui plus de 2 ans. Nos vies seraient complètement différentes. Je n'aurais pas eu à essayer tous ces traitements, à vivre les épreuves de l'infertilité et à me forcer, mois après mois, année après année, à garder espoir malgré tout. Ça aurait été simple, comme ce l'est pour tellement de gens. On a beau dire que nos efforts ont porté fruit, que tout ça vallait la peine puisqu'aujourd'hui je porte un enfant, je grince un peu des dents en entendant ça. Oui, nos efforts ont finalement été récompensés. Valloir la peine? Je ne sais pas. Je ne dis pas que la vie de notre enfant n'aura pas vallu l'attente, non. Je sais qu'on ne peut mettre une valeur sur cette vie, puisqu'elle vaut tellement plus qu'on ne peut l'imaginer. Mais d'un autre sens, dire que tout ça vallait la peine, ce serait comme dire que je devais passer tous ces tests, vivre toutes ces déceptions, perdre mon premier bébé, pour pouvoir en arriver là. Que c'était le prix que je devais payer, alors que tant d'autres femmes n'ont pas à débourser quoi que ce soit pour en arriver au même résultat. J'ai beau me répéter que Pépin vaut tous les efforts et tous les désespoirs, je ne suis pas toujours convaincue. Je suis convaincue de sa valeur, je ne suis pas convaincue qu'on puisse la calculer en souffrance et en temps. Je ne comprends pas pourquoi nous avons eu à vivre tout ça pour avoir exactement la même chose que les autres. Ce n'est pas vrai que cet enfant-là sera plus aimé ou plus apprécié parce qu'il a été attendu et désiré si longtemps. Oui, nous l'aimerons de toutes nos forces, de tout notre coeur. Mais de dire ça voudrait dire que les autres femmes qui n'ont pas eu à traverser les mêmes épreuves n'aiment pas leurs enfants tout autant. Si nous avions conçu en août 2002, nous aurions aimé notre enfant avec la même force, avec la même fierté. Personne ne saura, en regardant notre enfant, qu'il a été désiré et espéré si longtemps. Il ne sera pas différent, il ne sera pas plus spécial qu'un autre, sauf dans nos coeurs. Nous n'avons, aujourd'hui, rien de plus que les couples qui ont conçu en criant ciseau. Nous sommes comme eux, aux yeux de tous. Mais nous sommes très différents. Nous avons en nous des cicatrices qui ne disaparaîtront jamais vraiment. Les épreuves ont changé beaucoup de choses en nous et, même si ce n'est pas toujours visible, c'est permanent. Au-delà de la force que ça nous a donné, de mon caractère que j'ai développé, de notre couple qui a été solidifié, des connaissances que nous avons acquises, de l'ouverture d'esprit et de la compassion que nous avons gagnées, bien des petites choses ont changé en moi. Je ne serai jamais capable d'être heureuse spontanément en apprenant une grossesse chez des fertiles. Je ne serai jamais capable d'entendre une femme se plaindre pendant sa grossesse, peu importe ce qu'elle a traversé. Je ne serai non-plus jamais capable de sauter de joie sans m'inquièter en passant un test de grossesse positif. Je ne serai jamais à l'aise avec les gens qui ignorent tout de l'infertilité. Je n'endurerai jamais les femmes enceintes qui voient la vie à travers des lunettes roses. Je ne tolèrerai jamais les commentaires imbéciles comme "arrête d'y penser" ou "c'est tellement le fun la pratique!". Je ne serai plus jamais la même femme qui, il y a 3 ans, arrêtait la pilule en pensant être enceinte dans les mois qui suivent. Je ne serai plus jamais innocente, je ne serai plus jamais naïve. Mais je serai forte et je serai remplie d'espoir, ça m'a menée ici, après tout. Libellés : essais bébé (III), infertilité (II), souvenirs 28 juillet 2005Nos rêvesOn a tous des rêves. Ils changent et évoluent tout au long de notre vie. Il y a certains rêves qu'on laisse tomber en cours de route, d'autres qui prennent de l'importance. Certains rêves nous suivent depuis notre enfance, d'autres s'accrochent à nous à l'âge adulte. J'ai eu beaucoup de rêves dans ma vie. Je suis une grande rêveuse, je pouvais passer des heures à fixer le vide, bien perdue dans mes pensées, à imaginer toutes sortes de choses. J'ai laissé tomber beaucoup de rêves dans ma vie. J'en ai aussi modifié plusieurs, pour ne pas avoir à les abandonner. Peu importe mon âge, peu importe le rêve qui a priorité à ce moment-là, ce sont toujours mes rêves qui m'ont motivée. Quand j'étais petite, j'avais, comme tout le monde, des rêves un peu farfelus. Je voulais être une princesse, avec les grandes robes à crinoline comme Sissi. Les revues National Geographic de mon père me passionnaient, alors je rêvais de devenir archéologue, comme Indiana Jones. J'aimais dessiner, je voulais donc devenir caricaturiste. Je rêvais d'être enfant unique, je rêvais de ne pas avoir de parents, je rêvais d'être riche, je rêvais à tout ce qui était impossible. Mais un des plus grands rêves que j'ai eu, pendant mon enfance et une partie de mon adolesence, c'était de devenir danseuse professionnelle. Je suivais des cours de danse depuis mes 5 ans. J'adorais danser, me laisser aller au son de la musique, suivre les pas, le rhytme. J'oubliais tout quand je dansais. J'ai fait de la danse folklorique, du ballet jazz, de la danse moderne et du Flashdance. Le seul obstacle à mon beau rêve, je n'avais aucun talent. Je n'ai pas le sens du rhytme, je ne suis pas souple, je ne bouge pas bien. J'ai dû me rendre à l'évidence et j'ai tout abandonné. J'ai rêvé de plusieurs métiers. Certains de façon plus légère, comme archéologue ou caricaturiste, mais d'autres de façon plus sérieuse. Pendant des années, je considérais sérieusement devenir journaliste. J'ai toujours aimé écrire et je me disais que c'était la bonne façon de gagner sa vie avec sa plume. J'ai basé toutes mes recherches en Choix de carrière à l'école vers le journalisme. Les études me disaient que c'était un bon métier pour moi, mais au fond de moi, quelque chose me disait que je n'avais pas ce qu'il fallait. Je ne suis pas curieuse au point de faire des recherches, poser des tas de questions, achaler les gens. J'aime apprendre, j'aime lire sur des sujets qui m'intéressent, mais sans entrer dans la vie des gens. J'ai donc abandonné ce rêve aussi. Un rêve, le seul qui me suit vraiment depuis toujours, est celui d'écrire. J'ai des tas de cahiers remplis de poèmes et de nouvelles. J'ai plusieurs synopsis de romans et de scénarios, j'ai une boîte pleine de journaux, gribouillages sur ma vie depuis que j'ai 10 ans. Je n'ai jamais arrêté d'écrire. Je tiens un journal depuis près de 20 ans. Je n'ai jamais trouvé meilleure façon de m'exprimer, de vider mon coeur, d'alimenter mes rêves. Je poursuis ce rêve à tous les jours, je le garde au creux de mon coeur, comme un secret honteux. Je ne tiens pas à être lue, je ne tiens pas du tout à être publiée. Tout ce que je veux, c'est écrire. Que mes mots tombent dans le vide, ça m'importe peu, je veux seulement les sortir de ma tête. Écrire est pour moi un rêve permanent, que je concrétise à tous les jours. Depuis ce temps, plusieurs rêves sont venus faire leur tour dans ma vie. Je rêvais d'avoir ma compagnie, je travaille à mon compte. Je rêvais d'avoir une maison avec un jardin, je les ai. Je rêvais d'être grande et mince... bon, on ne peut pas tout avoir! Quand j'ai rencontré Hom, plusieurs nouveaux rêves sont apparus. Je voulais vivre avec lui, faire ma vie avec lui, avoir des enfants. Nous avons réalisé plusieurs de ces rêves assez rapidement, mais les enfants ont pris plus de temps. Quand j'avais 17 ans, je disais que si je n'avais pas de chum à 20 ans, je me ferais inséminer parce que je voulais avoir mes enfants jeune. J'étais donc naïve! Heureusement, Hom a changé ma vision. Je voulais encore mes enfants jeune, mais je me suis rendue compte que j'avais bien d'autres choses à vivre avant d'être rendue là. J'avais donc retardé mon rêve, disant que je voulais 3 enfants avant 25 ans, comme ma mère. Quand j'ai eu 24 ans, je savais bien que mon rêve ne se réaliserait pas. J'ai modifié le rêve, on aura nos 3 enfants avant 30 ans. Mon infertilité a tout changé, bien malgré nous. J'ai eu beaucoup de difficulté à modifier ce rêve. Je n'ai jamais pensé l'abandonner, il était bien trop important pour moi. Chaque changement que j'y apportais me faisait un pincement au coeur. Je modifiais une partie de moi. Aujourd'hui, je rêve d'avoir l'enfant que je porte. Je rêve de le voir naître, de le voir grandir, de le voir rêver. Si nous en avons d'autres, tant mieux! Mais si nous devons nous arrêter à un, je ne regretterai pas. Oui, du rêve original d'avoir 3 enfants avant 25 ans, je suis rendue à avoir au moins un enfant avant 30 ans... Ça été dur à encaisser, mais je sais que de garder ce rêve en vie, même si boitteux, m'a permis de continuer. On me dit que je suis forte, que j'ai du courage. Non, je suis entêtée et je crois en mes rêves. Ce sont mes rêves qui sont forts. Libellés : grossesse (II), infertilité (II), souvenirs 22 juillet 2005La dernière![]() Hier soir, j'ai pris ma dernière pilule de Metformin. Je délaisse ma petite béquille d'infertile. Pépin et moi sommes seuls devant l'avenir. Je suis très soulagée de ne plus avoir à prendre de médicament. Mais d'un autre côté, ça me fait drôle, même un peu peur, de me retrouver comme ça, sans aucune aide. Je ne suis plus habituée, après tout, je prenais le Metformin depuis plus d'un an et demi, 3 fois par jour, à tous les jours. J'avais arrêté une seule fois: quand je suis tombée enceinte la première fois. L'infirmière m'avait dit d'arrêter. J'ai fait une fausse-couche. Le doc m'a par la suite dit que je devrais continuer jusqu'à la 10e semaine minimum. J'ai toujours, au fond de moi, blâmé l'arrêt du Met pour la fausse-couche, même si ça n'a probablement même pas de rapport. Enfin bref, cette fois-ci, je tenais à continuer les pilules, au moins le temps de me rassurer. J'atteins aujourd'hui la marque du 13 semaines, 3 mois... Le premier trimestre se termine, j'ai déjà le tiers de fait! J'ai vu Pépin deux fois, je n'ai plus de raison de m'inquiéter et de tenir mordicus à prendre des pilules rendues inutiles. Moi qui n'ose même pas prendre un Tums ou une Tylenol, je suis heureuse, au fond, de me retrouver "au naturel". Ce n'est qu'un au revoir Metformin! Je sais qu'on se reverra un jour... Libellés : grossesse (II), infertilité (II) 15 juin 2005Quand on se compare...Je n'arrive pas à me débarasser de cet espèce de mauvais présentiment. Je ne suis pas négative, ni pessimiste, mais j'ai une drôle d'impression. C'est peut-être mes années d'infertilité, d'échecs et de déceptions qui m'ont amenée à toujours être sur la défensive et à me préparer au pire. J'avais l'habitude de bien connaître les signes de mon coprs, j'analysais tout et prenais tout en note. Depuis que l'infertilité n'est plus un problème quotidien pour moi, je me suis laissée aller et ce manque de contrôle me fait peur. Je ne sais pas ce qui m'attend, je ne connais pas du tout ce monde où je m'embarque. Pour connaître un peu le chemin à venir et ce que je dois prévoir, je lis des témoignages d'autres femmes ayant passé par là. Seulement, j'ai tendance à me comparer, même si je suis tout à fait consciente que les grossesses changent d'une femme à l'autre. Je suis presque rendue à 8 semaines. Je n'ai pratiquement pas de symptômes, à part la fatigue et les seins douloureux (et même ça, c'est intermittent). Quand je lis les autres femmes, ça m'inquiète. La plupart ont déjà des nausées, elles passent leur temps à uriner, ont des crampes ou des tiraillements, certaines ont même un ventre alors qu'elles en sont à 6-7 semaines de grossesse! Et moi je n'ai rien de tout ça! J'ai beau me dire que ça arrive très souvent de ne rien ressentir pour plusieurs semaines, je trouverais ça réconfortant d'avoir un signe clair que la grossesse avance. Comme c'est là, je ne me sens pas tellement différente d'il y a 4 semaines et ça, c'est inquiétant. Je trouvais mon résultat de prise de sang bas, même si amplement suffisant, pas assez pour me calmer. Pour le moment, les symptômes et ce que je ressens sont les seuls signes que j'ai de l'existence de pépin. L'absence de symptôme ne m'aide pas à me réconforter en attendant le rendez-vous chez le médecin. Je ne veux surtout pas avoir l'air de me plaindre. Je sais très bien que si pépin va bien, je serais alors très chanceuse de ne pas vivre les symptômes désagréables que plusieurs filles vivent. Est-ce parce que je me suis empêchée de vivre tous les symptômes à chaque cycle d'essai, de peur de me faire des idées, pendant si longtemps, que maintenant j'arrive si bien à les ignorer? Est-ce parce que les autres filles ne vivent pas avec la peur quasi constante de perdre leur bébé qu'elles sont libres de sentir tous les symptômes qu'elles veulent, qu'ils soient véritables ou non? Je me suis si souvent imaginé des choses qui n'étaient pas réellement là, et maintenant qu'elles devraient y être, je n'arrive pas à les imaginer, si ce n'est de les vivre. Je ne doute pas d'être enceinte. Je doute seulement que la grossesse avance comme elle le devrait. Je n'ai pas l'impression d'avoir fait du progrès dans mes symptômes et ça me porte à penser que pépin n'a pas progressé non-plus. C'est sûrement normal. Je m'en fais peut-être pour rien, mais je m'en fais quand même. J'essaie de ne pas me stresser avec ça. Je limite donc mes visites sur les sites de maternité et les forums de grossesse, visites qui m'amènent plus d'inquiétudes que de réconfort. Je me disais que je saurais à quoi m'en tenir quand j'aurai vu mon médecin la semaine prochaine. Je n'en suis plus trop certaine. Je n'aurai pas d'écho à ce rendez-vous et il est encore tôt pour entendre le coeur. Ce n'est pas impossible, mais si nous ne l'entendons pas, je ne serai pas tellement rassurée non-plus. Je me désole en me comparant, car je trouve encore plein de choses à envier aux autres. Pendant des années, j'aurais voulu être normale et tomber enceinte comme les autres. Maintenant que c'est fait, je croyais vouloir être différente, vivre ma grossesse à ma façon, éloignée des troupeaux de femmes au ventre arrondi qui font des ooooh! et des aaaah! en comparant leur images d'échographies. Cette image rose bonbon et trop joyeuse de la maternité m'agace. Je ne suis pas comme elles. Mais pour aujourd'hui, j'aimerais l'être. J'aimerais pouvoir être toute contente de voir mon ventre s'arrondir et sauter de joie le matin parce que j'ai mal au coeur. J'aimerais pouvoir avoir la conviction que pépin se rendra jusqu'au bout. J'aimerais être capable de dire que je vais être maman, mais je n'y arrive pas encore. Pour le moment, je suis enceinte. La suite, je ne la connais pas... ----------------------------------- Un gros merci à toutes celles qui m'ont écrit, ici ou en privé. Vos beaux mots me font très chaud au coeur. Libellés : grossesse, infertilité (II) 31 mai 2005Plus ça change,plus c'est pareil. J'avais toujours cru que le jour où je serais enceinte, je pourrais enfin respirer et dire adieu aux sentiments désagréables qui viennent avec l'infertilité. J'ai toujours pensé qu'une fois cette bataille gagnée, je ne ressentirais plus d'amertume, de jalousie, d'envie et de rage. Je me rends bien compte que je suis loin d'avoir fait la paix avec notre lutte. Même si je suis aujourd'hui enceinte et que j'en suis vraiment heureuse, je ne suis pas à l'abris de mes propres émotions contradictoires. Autour de moi, plein de femmes tombent enceinte une après l'autre. Même si, comme avant, je leur souhaite le plus beau des bonheurs, il y a comme une boule qui se forme en moi et qui grossit. Cette boule de rage, d'injustice et de jalousie me fait bouillir. Le simple fait de me sentir comme ça me fait encore plus bouillir, ce qui crée un cercle viscieux très déstabilisant. Je croyais que maintenant que j'avais ce que je leur enviais, je me ficherais bien de ce qui arrive aux autres, que je serais heureuse d'avoir enfin ce que je désirais tant et de ne plus subir la foutue injustice qui m'a fait si mal, si longtemps. Mais non! Je me retrouve au même point, avec les mêmes sentiments! Pourquoi suis-je jalouse de femmes qui ont la même chose que moi? Pourquoi suis-je enragée, alors que moi aussi j'ai la chance d'être enceinte? Parce que même si j'ai mon petit pépin qui pousse en moi, ça ne change en rien le chemin que nous avons dû parcourir pour y arriver. Et c'est ce chemin-là, c'est ce qu'il a laissé comme trace et comme cicatrices qui fait toute la différence. Oui, je suis enceinte, mais je n'y suis pas arrivée en un ou deux mois. Les femmes qui tombent enceintes autour de moi ces temps-ci ne font que me rappeler que ce que j'ai mis tant de temps et d'efforts à obtenir est encore facile pour la grande majorité des gens. Ce qui pour moi est si unique et tient presque du miracle, devient presque banal lorsque je regarde autour de moi. Je n'ai rien d'exceptionnel. Je n'ai rien d'unique et de spécial. Maintenant que je suis enceinte, je suis "comme les autres." Et ça, je n'en suis pas capable. Je ne tiens pas à être différente. Je ne tiens vraiment pas à avoir le spotlight. Mais j'aurais aimé pouvoir mieux reconnaître le côté spécial de cette grossesse parmi tant d'autres. Non, tout ce que ces grossesses faciles me rapellent, c'est que pour moi, ça a été difficile et que pour le reste du monde, ça été facile. Je n'ai pas plus de mérite que les autres. Je n'aurai pas plus de récompense en bout de ligne. J'aurai exactement la même chose que toutes celles qui n'ont mis aucun effort à tomber enceinte. Mes efforts m'ont menée ici, mais ce n'était que pour me rendre au même point que toutes les autres. Au point où j'en suis, les efforts et le temps passé à désirer, espérer, pleurer, me décourager, me resaisir, combattre la jalousie et la rage ne représentent plus rien. Ce que l'infertilité a fait ne pourra jamais être effacé, mais ça, personne ne le verra. Pour tout le reste du monde, je ne suis qu'une femme normale qui attend un enfant. Même si c'est une des choses les plus merveilleuses du monde, ça reste une chose banale pour trop de gens. On ne se pose même pas de question sur ce que ce bébé représente. C'est seulement normal qu'il soit là. Un couple s'aime. Ils vivent ensemble. Ils ont un enfant. C'est le cours normal des choses, c'est comme ça que la plupart des gens croit que ça fonctionne pour la terre entière. En fait, c'est comme ça que ça fonctionne réellement pour la majorité. Oui, je suis amère. Oui, je suis jalouse. Je déteste me sentir comme ça, mais je ne peux rien y faire. Je sais trop bien, après 3 ans à essayer de les taire, que ces sentiments ont leur place et doivent être vécus. Je suis frustrée de voir que mon pépin ne sera qu'un parmis tant d'autres, que trop peu de gens sauront à quel point il a été désiré et attendu. Je ne veux pas de médaille. Je ne veux pas l'admiration des gens et encore moins leur pitié. Je voudrais seulement avoir le mérite qui nous revient. Je ne veux pas que tout ce que j'ai pris la peine de partager, tous les morceaux de mon coeur que j'ai étalés au grand public tombent dans l'oubli maintenant que j'ai une partie de notre rêve qui grandit en moi. Libellés : grossesse, infertilité (II) 26 mai 2005EnvieJ'ai attendu ce moment si longtemps, j'ai espéré voir cette deuxième ligne rose apparaître si souvent. Pourquoi est-ce que je suis déçue aujourd'hui? Ce n'est pas comme je l'avais imaginé des dizaines et des dizaines de fois. Cette maudite fausse-couche a tout gâché. Cette maudite fausse-couche a imprégné en moi des sentiments que je croyais pouvoir effacer une fois l'infertilité battue. J'envie les femmes qui, le jour où elles passent leur premier test de grossesse positif, pleurent de bonheur et ne sont pas capable de contrôler leur fou-rire et leur bonne humeur toute la journée, toute la semaine. J'envie les femmes qui n'attendent pas avant de l'annoncer à tous ceux et celles qui veulent bien l'entendre et qui partagent leur bonheur librement. J'envie les femmes qui peuvent imaginer plein de symtômes sans culpabiliser ou avoir peur de se tromper. J'envie les femmes qui peuvent choisir le moment où elles tombent enceinte et planifier leur prochaine année d'un seul coup. J'envie les femmes qui, une fois la grossesse confirmée, courent s'acheter du linge de maternité. J'envie les femmes qui croient avoir un ventre à 5 semaines de grossesse. J'envie les femmes qui pensent à la décoration de la chambre du bébé alors que le test de grossesse sur le comptoir de la salle de bains n'est pas encore sec. J'envie les femmes qui n'ont pas peur, qui n'associent pas grossesse à fausse-couche et fausse-couche à infertilité. J'envie les femmes qui peuvent goûter chaque minute de leur bonheur d'être future maman. J'envie les femmes qui réussissent à transmettre leur belle naïveté à leur chum, qui vivra dans la même allégresse et jubilation pendant 9 mois. J'envie les femmes qui, lorsqu'on leur annonce qu'une telle est enceinte, la première question qui leur vient à l'esprit n'est pas "combien de temps ont-ils essayé" ou "quel traitement a-t-elle pris" J'envie les couples qui sautent à pieds joints dans la belle aventure qu'est la grossesse et la parenté, sans penser à la fragilité du petit être en devenir. J'envie les femmes qui vivront leur maternité sans jamais avoir connu le désespoir et la douleur d'une perte. J'envie les femmes qui ignorent tout de l'infertilité et qui croient que les bébés se font facilement pour tout le monde. J'envie les femmes qui n'ont pas besoin de 10 tests de grossesse positifs pour commencer à un peu croire qu'il y a de la vie qui pousse dans leur ventre. J'envie les femmes qui croient, dès le premier jour, que leur bébé est en sécurité dans leur ventre. J'envie les femmes enceintes qui voient loin. Mais je sais que bien des femmes m'envient pour ce que j'ai aujourd'hui. Je sais que je suis privilégiée et fortunée d'avoir un petit pépin dans mon ventre. Je ne cesse de le répéter, mais j'ai peur de passer pour une ingrate ou une enfant gâtée. Je suis heureuse. Je suis énormément reconnaissante d'avoir la chance d'être porteuse de cette petite vie. Je suis seulement très déçue d'être déçue. Je suis triste de ne pas sentir le même bien-être naïf que j'avais senti en décembre. Je suis désolée de voir que notre perte nous a à jamais changés et nous empêche aujourd'hui d'avoir pleine confiance en la vie. J'ai envie de voir loin, de penser à quand on l'annoncera à notre famille, de trouver des idées de décoration pour la chambre, de penser aux prénoms, de préparer l'arrivée du bébé, de m'acheter du linge de grossesse parce que je crois que mon ventre a grossi. J'ai envie de profiter pleinement de cette grossesse, de chaque seconde où pépin grandit en moi. J'ai envie d'être heureuse et de ne plus angoisser. J'ai envie de vie. Libellés : fausse-couche, grossesse, infertilité (II) 23 mai 2005Infertile un jour...Quatre tests positifs en quatre jours, ça devrait me convaincre que c'est bien vrai, non? Au fond, dans mon coeur, je le sais que c'est vrai, qu'il y a bien un petit pépin niché dans mon ventre. Je le sens et je le vis. Mais j'ai besoin que quelqu'un d'autre me le confirme, que ce soit une infirmière avec une donnée claire comme un chiffre de b-hCG ou un médecin avec une écho. J'en demande peut-être beaucoup, je ne sais pas, mais j'ai tellement peur de rêver tout ça ou d'être la pauvre victime d'une grosse batch de mauvais tests. Ma logique et ma raison ont foutu le camp. Mon coeur pense avant tout le reste de mon corps et il a besoin d'une preuve concrète autre qu'une petite ligne rose sur un test. Je suis immensément heureuse, il n'y a pas de doute. Je suis consciente de ma chance et de ma bonne fortune. Je ne suis pas loin de ce que j'étais encore il y a quelques jours, c'est à dire une fille qui essayait d'avoir un premier bébé depuis des années. Je le suis encore, en fait, car je ne tiens toujours pas mon bébé dans mes bras. C'est ce qui fait que je suis ambivalente et hésitante à parler de ma grossesse... Je sais, en tant qu'infertile, comment on se sent par rapport aux grossesses des autres. Même si ces personnes se sont battues pendant des années et qu'on est sincèrement contents pour eux, ça nous rapporte toujours à notre propre malheur, à l'injustice que nous vivons et au sentiment d'envie si difficile à contrôler. Je veux être délicate et sensible à mes consoeurs, je ne veux pas "achaler" personne avec mon bonheur. Je n'ai pas envie de leur donner l'impression de leur remettre leur malchance en plein visage. Ce n'est pas du tout mon intention. Alors je vous demande, en toute honnêteté, de me le dire si jamais je vous blesse. Je ferai tout en mon possible pour éviter cette situation. Écrire ce blog m'a permis de me sentir moins seule dans notre bataille et de parler d'une chose encore peu connue à des gens qui n'ont ou n'avaient aucune idée de ce qu'est l'infertilité. Mais le but de toutes nos démarches était d'abord et avant tout de tomber enceinte. La grossesse fait encore partie de notre bataille. Rien n'est gagné, rien n'est garanti. Je veux pouvoir continuer de partager mes craintes et mes frustrations en toute liberté, mais je veux aussi pouvoir parler de ma joie et de cet immense chance que nous vivons. Je sais que certaines femmes infertiles arrêtent de lire les blogs d'infertiles devenues mamans. Je ne leur en voudrai pas, car je le faisais moi aussi. Je veux par contre qu'elles sachent que jamais je n'oublierai ce que nous avons vécu. Jamais je ne me considèrerai comme normale, comme fertile. Ça fait partie de moi pour toujours. La conclusion n'efface pas le parcours. Mes pensées sont à jamais vers les femmes comme moi qui se battent pour réaliser leur rêve. Je continuerai de penser à ces couples qui vivent une injustice et une frustration mois après mois et je continuerai de croire qu'eux aussi, un jour, vivrons ce que nous vivons. Et je peux vous promettre une chose: jamais je ne dirai que c'est quand on y pense pas et qu'on relaxe que ça arrive. Je suis la preuve vivante du contraire, car nous y avons pensé à tous les jours. J'ai fait des tests d'ovulation, pris ma température tous les matins, vérifié ma glaire et analysé mes symptômes. Nous avons fait des calins quand il le fallait, pas seulement quand on en avait envie. Nous avons fait tout ce que nous pouvions pour que ça fonctionne. Alors je dis HA! à tous ceux qui m'ont dit de relaxer. Au fil des mois d'échecs, de traitements, de déceptions et de frustration, je me suis construit une carapace pour me protéger. Je me suis habituée à m'attendre au pire en pensant amoindrir les chocs. J'ai de la difficulté à laisser tomber cette carapace et à me laisser profiter pleinement de notre bonheur. Je ne veux pas penser au pire, je ne veux surtout pas l'anticiper, mais c'est maintenant un réflexe de survie. Il faut me laisser le temps de bien digérer et de bien tâter le terrain avant que je baisse un peu les armes et me laisse attendrir par l'existence de ce petit pépin de kiwi dans mon ventre. Je suis heureuse, je suis chanceuse, je sais. Je ne suis pas ingrate ni gâtée, je suis seulement comme un petit animal qui a eu peur et mal souvent. Il faut laisser le temps à mon coeur de rebâtir sa confiance en la vie. C'est si fragile. Libellés : grossesse, infertilité (II) 21 mai 2005Le positivismeJe me disais que si j’en parlais, ça porterait malheur. Je me disais que d’en parler, c’était briser le charme et sortir du rêve. J’avais peur, encore une fois, de me faire des idées. J’avais peur de me tromper. Depuis une dizaine de jours, je me sens différente. Pas physiquement, mais dans mon coeur. J’avais une allégresse et un positivisme qui ressortaient de je ne sais trop où et qui me faisaient croire toutes sortes de choses. J’avais un feeling, comme on dit. Je n’osais pas en parler. Pas à Hom, pas ici, pas à mes amies, seulement à mon journal. J’avais peur de mettre en mots des sentiments si peu concrets. Oui, vraiment, j’avais peur de me tromper. Cette semaine, tout me portait pourtant à croire que j’avais raison, que je ne me trompais pas. Non seulement j’avais un feeling, mais j’étais convaincue. J’en ai finalement parlé à Hom et à une amie jeudi. Ça bouillonnait en moi, j’avais besoin d’en parler, de me faire dire que je n’étais pas folle. Hom m’a dit que j’étais différente, qu’il le sentait lui aussi, mais qu’il n’osait pas me le dire. Je ne peux pas toujours contrôler mon imagination frivole, mais quand quelqu’un de l’extérieur me confirme mes doutes, c’en est trop. Hier matin, vendredi le 20 mai, j’ai fait un test de grossesse. La deuxième ligne a pris du temps à apparaître, mais elle était bien là. Je ne me trompais pas. J’étais bel et bien enceinte! Hom et moi ne sautions pas au plafond. Nous avions encore peur, peur de le perdre, peur de nous faire une fausse joie, peur de perdre la face. Nous avons déjà vécu la perte, nous ne pouvons l’oublier, nous ne pouvons nous en séparer. Sans devenir fatalistes ou négatifs, nous sommes seulement plus conscients des risques. Nous pensons positif, nous prenons une journée à la fois, mais la possibilité nous hante quand même. Nous ne sommes plus naïfs comme avant, nous ne prenons plus les choses pour acquises. J’ai refait un test ce matin, qui était positif lui aussi. Je crois que je pourrai me réjouir seulement lorsque j’aurai entendu le coeur de pépin battre. Je suis heureuse, croyez-moi. J’ai un bonheur immense qui gonfle mon coeur et fait rougir mes joues. Je suis encore un peu indrédule à tout ça, ce n’est pas vraiment concret encore, mais je suis heureuse, très heureuse. Je me considère encore infertile. Ça fera toujours partie de moi, de nous, de ce que nous sommes devenus. Peu importe le dénouement de cette histoire, le chemin que j’ai pris pour m’y rendre ne change pas. Ça restera en moi, comme une grosse cicatrice sur mon coeur. La douleur s’estompera, mais la cicatrice restera. Libellés : grossesse, infertilité (II) En effet, dans mon dernier post, je disais clairement ce que je ne voulais pas entendre en tant qu'infertile. Jamais je ne pense de mal des gens qui me content des histoires. Jamais je ne leur en veux de le faire. Ils essaient, tant bien que mal, de m'encourager, et c'est bien plus que ce que la majorité des gens font (ou ne font pas). Je suis très sincère en disant que j'apprécie tous les mots d'encouragement que je reçois, peu importe leur forme. Ce n'est pas de l'ignorance ou du manque de respect de la part de ces gens. Je vois ça seulement comme de la maladresse avec de bonnes intentions. Et je les remercie de simplement vouloir m'aider. Mais bon, si je dis ce que je n'aime pas entendre, je devrais aussi dire ce que j'aime entendre. Quoi dire à une infertile? Quoi faire pour encourager un couple qui se bat pour avoir un enfant? Malheureusement, je n'ai pas de formule magique ou de phrase miracle. J'ai peut-être quelques petites conseils par contre...
Libellés : infertilité (II) 18 mai 2005La soeur de ma coiffeuse...Une amie, appelons-la N, est vaguement au courant de ce que nous traversons. Elle ne connaît pas tous les détails (i.e. la fausse-couche, les inséminations, l'état de mes ovaires), mais elle sait que je suis infertile. Elle est habituellement assez sensible à tout ça, mais ça lui arrive d'avoir des rechutes. Elle m'appelle le semaine dernière pour me dire qu'une de ses amies, nommons-la M, est allée voir un médecin parce qu'elle n'avait pas de règle. Le médecin lui a dit "madame, vous êtes stérile." (Premièrement, je me suis dit wow quel imbécile! Comme si ça se voyait en une seule visite, sans passer toute la batterie de tests disponibles! Change de médecin, M!) M a décidé d'aller voir un acuponcteur. Et oh miracle! elle est redevenue régulière. N me dit "tu devrais aller voir un acuponcteur." Tout le monde connaît, de près ou de loin, quelqu'un ayant eu à faire, peu importe le niveau, avec l'infertilité. Tout le monde peut te raconter l'histoire de la cousine qui avait été déclarée "stérile" par le médecin et qui deux ans plus tard est tombée enceinte naturellement. Tout le monde a un témoignage pour essayer de remonter le moral d'une petite infertile comme moi. Mais toutes les infertiles comme moi détestent ces histoires!!! J'en ai vraiment assez d'entendre parler de la tante du beau-frère qui a fait 4 fausses-couche et qui a maintenant 3 enfants, ou la soeur de la coiffeuse qui a pris 3 ans à tomber enceinte et qui y est arrivée (oh seigneur!) quand elle a arreté d'y penser. Je SAIS que les intentions derrière ces témoignages ne sont jamais mauvaises. Je suis tout à fait consciente que les gens qui me racontent ça ne se disent pas dans leur tête "ahahah! Je vais l'écoeurer avec mon histoire d'infertile devenue fertile! Elle va se fâcher, ça va être rigolo!" Je sais que c'est souvent par gentillesse et par malaise qu'on me conte ces histoires. On ne sait pas trop quoi me dire pour m'encourager, alors on me sort l'histoire de celle pour qui ça a fonctionné. L'intention est bonne, on veut m'encourager. Le résultat n'est pourtant pas celui escompté. J'ai souvent et longtemps essayé d'expliquer pourquoi de telles histoires ne m'encourageaient pas. C'est difficile de faire comprendre que ces témoignages ne m'apportent absolument rien. Oui, ok, je suis bien contente pour la personne concernée. Tant mieux si ça a finalement fonctionné pour elle. Mais en quoi est-ce que ça change ma propre situation? Les médicaments ne fonctionnent pas de la même façon sur chaque femme. Les formes d'infertilité sont nombreuses, variées et en partie méconnues. Comme mon médecin en fertilité m'a déjà dit, il y a autant de recettes (de traitements) qu'il y a de patientes. Bref, si ça a fonctionné pour une, ça ne veut vraiment pas dire que ça va fonctionner pour l'autre. J'ai finalement trouvé une comparaison, un peu vague, mais qui fait l'affaire. Admettons que je participe à la loto à chaque semaine depuis des années, en espérant devenir milionnaire. Je ne gagne jamais. Puis, quelqu'un vient me dire "tu sais, l'oncle de mon facteur vient de gagner le gros lot avec telle combinaison. Tu devrais prendre ces numéros-là, tu gagnerais, vu que lui a gagné." C'est ridicule, non? Ça ne fonctionne pas comme ça, right? J'espère que la leçon est claire. Ceci dit, j'apprécie énormément tous les mots d'encouragement que je reçois, peu importe la forme. Je sais voir les intentions derrière des mots parfois malhabiles. Et je vous en remercie du fond du coeur. Libellés : amis, infertilité (II) 10 mai 2005Soyons positifsAuparavant, j'étais une personne assez positive. J'essayais de voir la vie du bon côté et de trouver un point positif à tout ce qui m'arrivait. Oui, j'étais découragée et triste à chaque fois que j'avais mes règles et que mes espoirs retombaient à zéro, mais je me remettais vite sur pied. J'avais une bonne attitude et je fonçais. Jusqu'à ce que je fasse une fausse-couche. Mon positivisme et mon optimisme ont pris un sale coup. J'ai eu beaucoup de difficulté à ramasser mes miettes, me recoller et me relever. Je sais qu'il y a quelque chose qui est à jamais brisé en moi. Je sais que je ne retrouverai plus jamais mon attitude positive et pleine d'espoir d'avant. Les choses ont changé et je ne suis plus la même. Est-ce vraiment une raison de tout voir en noir? Je me suis rendue compte que depuis quelque temps, je suis plutôt déprimante dans mes propos et je veux y remédier. Je ne veux pas me faire de fausses idées, je ne veux pas tomber de haut, c'est pourquoi j'ai maintenant tendance à voir le négatif en premier, pour me protéger. Pourtant, en y pensant bien, même si je me répète sans arrêt que le pire va arriver, rien ne peut faire taire la petite voix dans mon coeur qui me dit "oui, mais ça peut aussi fonctionner!" Après tout, si je n'avais pas une petite mini étincelle d'espoir en moi, pourquoi est-ce que je continuerais encore? À quoi ça me servirait de faire tout ce que je fais si je n'y croyais plus? Alors, au lieu de la taire, je vais essayer d'écouter cette petite voix d'espoir. Sans me faire croire que je suis enceinte quand je ne le suis pas, je peux quand même penser positif et espérer. Ce n'est pas nécessaire d'être tout ou rien. Je peux trouver un équilibre entre la réalité et les faux-espoirs. Je ne serai pas moins déçue si j'espère, je m'en rends compte maintenant. Que j'espère ouvertement ou en privé dans mon coeur, le résultat reste le même et la déception fait aussi mal. Alors pourquoi me priver d'être optimiste? J'ai longtemps eu une bataille intérieure entre mon côté positif et mon côté réaliste. Sans oublier la réalité, je décide aujourd'hui de faire ressortir mon espoir. Voilà, je veux y croire encore. Je veux m'imaginer encore que ça se peut, qu'un jour nous serons parents. Le bon point de ce cycle-ci, peu importe sa conclusion? J'ai ovulé au J20 pour le 2e cycle consécutif, sous Femara et Metformin seulement. Pour la première fois depuis 3 ans, j'ai ovulé deux fois de suite au même jour, sous les mêmes conditions. Ce que ça veut dire? Je n'ai peut-être pas besoin des injections autant qu'on le croyait. Si le drilling ovarien ne donne pas le résutat escompté (va-t-en, mauvais oeil!) et si nous décidons de ne plus faire les injections et inséminations, je sais mainteant que j'ai un plan B. C'est peut-être moins efficace que les traitements plus forts, mais le simple fait d'avoir un semblant de régularité et le fait de ne pas avoir à aller voir le médecin aussi souvent pour une session de dildocam, ça vaut très cher. Libellés : essais bébé (III), infertilité (II) 8 mai 2005La fête des mèresJ'ai hésité longuement avant de posté ceci, car je sais que plusieurs mamans (ou futures-mamans) me lisent. Je ne veux pas insulter les mamans. Je ne veux rien enlever à tout ce qu'elles sont, font et donnent quotidiennement. Je sais que la fête des mères est là pour une bonne raison. Je sais que ça souligne le travail autrement ignoré de ces femmes extraordinaires. Je sais que c'est pour dire merci à ma mère, c'est pour dire je t'aime à ma grand-mère. Le problème est que je ne sens ni le besoin ni la sincérité de leur dire. J'ai longtemps eu une mauvaise relation avec ma mère. Bon d'accord, depuis quelques années, c'est une relation potable. Je ne suis pas proche d'elle, mais je lui parle quand même souvent. Ma grand-mère ne m'a pas élevée, mais a quand même trouvé le moyen de me critiquer tout au long de ma vie (et je dois préciser ici que ça ne s'arrêtait pas à moi, elle critique tout le monde avec froideur et envie). Elle s'est par contre améliorée depuis quelques mois et ne juge plus aussi rapidement qu'auparavant. Tout ça pour dire que je ne me sens pas du tout à l'aise et acceptée COMME JE SUIS quand je suis avec ma mère et/ou ma grand-mère. Je dois être quelqu'un d'autre, quelqu'un de mieux, si je veux leur amour inconditionnel. J'ai arrêté il y a quelques années de le rechercher, j'en ai assez de faire semblant d'être ce que je ne suis pas. Je les reçois tous pour souper ce soir. Je sais déjà que ma mère va faire plusieurs commentaires sur ma façon de faire les choses ("mais non, il fallait mettre du compost dans ton jardin!" "tu n'as pas frotté ton bain?" "pis?? pas encore enceinte??!"). Elle ne peut s'en empêcher. Si je dramatisais un peu, je pourrais dire que je ne fais jamais rien de correct selon elle. Mais je sais, en mon for intérieur, que ce n'est pas le cas. Je sais que je fais plein de choses correctement et que je n'ai pas besoin, à mon âge, de son approbation et de sa fierté. Je ne sais pas si la fête des mères est pour célébrer l'ensemble de son œuvre, la mère qu'elle a été dans ma jeunesse ou celle qu'elle est maintenant. Je ne peux pas dire qu'elle a été une mauvaise mère. Elle a fait beaucoup d'erreurs, oui, elle m'a souvent traîtée de façon méchante, elle s'est trop souvent fait un malin plaisir à relever les fautes que je commettais, toutes les choses qu'elle aurait mieux faites. Mais une mauvaise mère? Non. Je ne crois pas. Bien sûr, comment puis-je savoir, après tout, je ne sais pas ce que c'est, être une mère. Mais elle a quand même toujours été là aux moments importants (spectacles de danse, graduations, etc.). Elle a bien pris soin de nous, a été à la maison jusqu'à ce qu'on soit tous entrés au secondaire. Elle a fait de son mieux, même si dans les yeux d'une ado, ça ne vallait pas grand chose. Je ne lui enlève rien de ce qu'elle a fait de bien, même si souvent, je me souviens plus de ce qu'elle a raté. Ça doit me venir d'elle. Je déteste la fête des mères, encore un peu plus à chaque année. Pendant des semaines, nous sommes bombardés d'images sirupeuse de maternité, de bébés, de phrases pré-mâchées Hallmark et de glorification de la mère. Pendant des semaines on dit aux milliers de femmes infertiles se battent pour réaliser leur rêve qu'elles ne font pas partie de la clique, qu'elles doivent encore une fois passer leur tour. Je ne sais pas ce que je dois célébrer ce soir. Est-ce la relation plate que j'entretiens avec ma mère? Est-ce celle avec ma grand-mère? Est-ce leur sens de la critique injuste et inutile dont j'ai hérité? Est-ce le fait que je ne suis pas une mère? Est-ce le fait que je crois de plus en plus ne jamais devenir une mère? Est-ce le fait que de façon de plus en plus fréquente, je suis rappelée par différents éléments que je ne sais pas ce que c'est? Que je m'éloigne de mes amies qui sont mères parce que je ne sais pas de quoi leur parler? Que je vois un rappel de mon infertilité dans toutes les fêtes, dans toutes les occasions? Je n'ai vraiment pas le goût de célébrer ce soir. Je n'ai pas le goût de souligner la grandeur et la beauté de la maternité. À quand la fête des infertiles? Libellés : famille, infertilité (II) 5 mai 2005Pot-pourriJe n'ai pas beaucoup d'inspiration pour blogger ces temps-ci. Peut-être parce qu'il ne se passe rien d'intéressant dans ma vie. Enfin, j'ai ramassé quelques petits bouts, pas assez intéressants individuellement, mais assez pour me donner un prétexte de raconter n'importe quoi. 1. Hom pense que ses petits soldats sont niaiseux et ne sont pas capables de trouver le chemin. Je lui ai dit que si ses soldats sont comme les gars, plus ils sont nombreux, plus ils agissent en imbéciles, on est mal partis... Il m'a dit qu'il devrait peut-être "mieux viser". 2. Je suis encore persuadée que le bon Dieu m'en veut et se fout de ma gueule. Ce n'est pas la première fois qu'il m'arrive des choses qui me contrarient et me font croire qu'à quelque part, en haut, quelqu'un se bidonne sur mon cas. À un souper avec des collègues de bureau de Hom, une femme (enceinte, bien sûr!) se plante à côté de moi. Elle est debout, je suis assise, j'ai donc son ventre au niveau des yeux. Et elle parle et parle de sa grossesse à la dame à côté d'elle, pendant un bon 10 minutes. Cette semaine, on va manger au St-Hubert. Qu'est-ce qu'il y a d'imprimé sur le napperon devant moi? Le ventre rond d'une femme enceinte.Vraiment, toi en haut, as-tu fini?! 3. Avez-vous remarqué que le monde de la publicité semble avoir créé une nouvelle mode? Il y a au moins 4 publicités à la télévision en ce moment dans lesquelles on voit une (ou plusieurs!) femme enceinte: St-Hubert, Subway, Activia (PUS CAPABLE!!), IGA et j'en passe sûrement. J'aimerais bien pouvoir suivre la mode moi aussi, mais comme d'habitude, j'ai dû manquer le train... 4. Une amie va bientôt commencer son premier cycle de FIV. Je suis très jalouse et je n'ose même pas me l'avouer. Elle est américaine et ses assurances couvrent la FIV. J'aimerais tellement pouvoir passer à la FIV sans avoir à m'en faire pour l'argent. J'aimerais au moins avoir la possibilité, l'option. 5. La fête des mères approche, apportant avec elle tous les emails insignifiants que les gens s'amusent à transmettre à tous ceux qui ont la malchance d'être dans leur carnet d'adresse. Je ne suis pas une mère, je ne me considère même pas comme une future-mère, alors arrêtez de m'envoyer vos cochonneries. 6. J'ai faim. Libellés : essais bébé (III), infertilité (II) 3 mai 2005Coup de PouceIl y a plusieurs mois, j'ai écrit un courriel à la revue Coup de Pouce. Je leur parlais de mon infertilité et du fait qu'on ne parlait jamais de ça dans les magazines comme le leur. J'ai décrit mes expériences et j'ai demandé qu'on parle plus de l'infertilité car elle touche beaucoup de couples. Je n'ai jamais eu de réponse. Quand j'ai reçu le numéro de février, quelle ne fut pas ma surprise de voir un article sur la fertilité. Je me suis empressée de le lire. Et j'ai été tellement déçue! On ne parlait pratiquement que de la fertilité décroissante des femmes vieillissantes. Comme si l'infertilité était un problème unique aux femmes de 35 ans et plus! J'étais frustrée et insultée! Non seulement on rendait encore une image faussée de l'infertilité, mais on ridiculisait du même coup les femmes comme moi qui dovient se battre pour réaliser leur rêve de devenir maman. Si on se fie à leur article, la meilleure façon de ne pas avoir de problème de fertilité, c'est de commencer à faire des enfants tôt. Même si tout ce qu'ils disent est vrai, l'infertilité est loin de se limiter à une question d'âge. Je connais des dizaines de femmes atteintes d'infertilité. Je pourrais dire, sans précision scientifique bien sûr, que 70% de ces femmes ont moins que 30 ans. Bien sûr, je suis de cette tranche d'âge (moins de 30 ans), donc je suis portée à connaître surtout des femmes de mon âge. La grande majorité des femmes avec qui j'ai eu la chance d'échanger ont un problème précis, comme ce l'est pour moi : ovaires polykystiques, endométriose, trompes bouchées, etc. Rien à voir avec l'âge ni même le poids! Oui, l'âge joue un grand rôle sur la fertilité. Oui, le poids a aussi sa part de responsabilités. Mais de généraliser en attribuant la fertilité en hausse de notre génération à ces deux seuls critères, ça n'a pas de sens. Je sais que l'âge est un des plus grands facteurs d'infertilité. Je sais aussi que se faire dire "tu aurais dû commencer plus tôt aussi!" ce n'est pas constructif du tout. Le problème est là. Elles auraient pu l'éviter, mais maintenant il est trop tard. Qu'est-ce qu'elles peuvent faire? Je suis consciente que la revue Coup de Pouce n'est pas une revue scientifique ou médicale. C'est une revue qui s'adresse à madame-tout-le-monde, probablement âgée entre 30 et 45 ans et qui a pour but de les informer en surface, quite à les inciter à aller chercher plus d'informations par elles-mêmes (ils ont quand même pris soin de laisser quelques adresses internet utiles pour celles qui veulent en savoir plus sur l'infertilité). J'aurais quand même préféré lire des témoignages de femmes vivant l'infertilité. Des femmes différentes, avec différentes expériences (certaines ayant obtenu une grossesse, d'autres non, certaines ayant passé par la fécondation in vitro, les inséminations avec donneur, le choix de vivre sans enfant, l'adoption, les traitements invasifs, des femmes de différents groupes d'âge, avec différents problèmes, vivant l'infertilité masculine, etc.) auraient pu donner tellement de points de vue intéressants et constructifs sur la matière, bien plus que de simples citations choisies de quelques docteurs. J'ai souvent dit qu'on ne prenait pas l'infertilité au sérieux. Cet article est pour moi un bon exemple. Voici l'article, vous en jugerez par vous-mêmes... Serez-vous toujours fertile dans 5 ans? Libellés : infertilité (II), médias 18 avril 2005La familleJ'ai deux frères, un plus jeune et un plus vieux que moi. Ils sont tous les deux dans une relation avec une femme et sont heureux. Ils ont toujours eu les choses plus facilement que moi. Que ce soit les permissions des parents, les notes à l'école, les amis, tout leur semblait facile. J'ai eu à me battre toute ma vie. J'étais bonne à l'école, oui, mais je devais étudier très fort pour obtenir des notes moins bonnes que les leurs, obtenues sans ouvrir un livre. Je n'avais pas de droits vis-à-vis mes parents. J'étais une fille, j'étais rebelle, je n'avais aucune liberté et surtout, aucune confiance. Je me suis longtemps forcée pour prouver à mes parents que j'avais autant de mérite que mes frères. Je n'étais peut-être pas aussi forte en maths et en sciences, mais j'étais plus autonome et responsable. Je n'étais peut-être pas aussi sociable et joviale que mes frères, mais j'avais beaucoup de débrouillardise et de créativité. J'ai toujours eu l'impression que je devais faire le double des efforts pour arriver au même résultat que mes frères, celui de plaire à mes parents. Quand je suis partie en appartement, j'étais fière d'être la première à quitter le nid familial. J'étais fière d'être la première dans quelque chose, peu importe dans quoi. J'étais la première autonome, avec un diplôme et le métier qui venait avec, en appartement avec mon copain et libre du joug de mes parents. Je voulais aussi qu'on soit fier de moi. Aujourd'hui, mes frères sont autonomes aussi, ils ont un bon emploi, une conjointe et un appartement. Je suis maintenant à mon compte depuis près de 5 ans et je sais que mes parents sont fiers de moi. Pas parce qu'ils me l'ont dit, mais parce que j'ai réussi à me convaincre qu'ils le sont. Je suis aussi la première à avoir acheté une maison. C'est un gros accomplissement pour moi. Mon grand frère se marie cet été, il sera le premier de la famille à se marier. Je m'en fous de cette première place, je lui cède volontiers. Ce n'est pas pour nous, le mariage. Mais une première place que je convoite, qui est très importante pour moi, c'est celle de la première à donner un petit-enfant à mes parents. Mes frères n'ont pas encore d'enfant et selon leurs dires, ce n'est pas encore pour quelques années. Ça me soulage de penser ça, mais j'ai tout de même peur des bébés surprises. Quand un de mes frères dit "il faudrait qu'on fasse un souper de famille", je m'attends toujours au pire (pire pour moi, mais sûrement pas pour eux). Je me monte des scénarios dans ma tête où l'un des deux (ou les deux, l'horreur!) nous annonce qu'il sera papa. Je m'imagine essayer de sourire et de le féliciter alors que tout ce que j'entends et sens est mon coeur qui se brise en mille miettes. J'ai très peur de ce jour. J'ai très peur de voir tout le monde autour de nous avoir des enfants avant nous. Je sais que c'est ridicule et enfantin de tenir à la première place comme ça. Mais pour moi, c'est très important. Les amis autour de nous ont déjà commencé à faire des enfants avant nous. Certains en ont eu plus qu'un le temps qu'on essaie. Ça me fait de quoi, bien sûr, mais ce n'est pas pareil. Mes parents n'ont toujours pas de petit-enfant. Hom, lui, n'a qu'un frère, plus jeune. La simple idée que ma belle-soeur tombe enceinte avant moi me fend le coeur. Si elle arrivait un jour et nous annonçait "c'est une surprise, mais je suis enceinte!" je crois que je tomberais dans les pommes. C'est peut-être de l'orgueil, je ne sais pas. Je ne veux pas qu'elle ne tombe jamais enceinte, loin de là. Je veux seulement qu'elle tombe enceinte après moi. À Noël, elle nous a dit qu'ils commenceraient à essayer d'ici un an ou deux. Mon coeur a poussé un soupir de soulagement, se disant qu'on avait encore du temps. |