LES PÉPINS DE KIWI


Réflexions douces-amères d'une infertile maintenant maman.

20 septembre 2006

Choix déchirant

Je n'ai pas l'habitude de me censurer, mais quand je sais qu'un sujet est délicat, je préfère éviter une polémique... Seulement, j'ai besoin d'en parler. Pas pour partir un débat sur la question, mais bien pour écrire ce qui pèse sur mon coeur.

La triste histoire de ma copine K a fait remonter toutes sortes de choses en moi. En fait, bien des questions auxquelles je n'avais jamais pris vraiment la peine de répondre. Je n'ai jamais eu à faire face à cette situation, j'avais donc quelque peu balayé du revers de la main cette possibilité, ne voulant simplement pas y penser. Ça n'arrive qu'aux autres? Je ne le crois plus, si c'était ce que je pensais.

Enceinte de Tithom, j'ai passé le test de clarté nucale. À ce moment-là, nous avions décidé de le passer parce que ça nous donnait l'occasion de voir le bébé une fois de plus et parce que ça nous rassurerait. Bien sûr, j'appréciais aussi le fait que le test pouvait dépister certaines malformations, mais pour moi, c'était presque secondaire. Je n'ai donc pas passé des heures à me demander ce que je ferais si les résultats étaient mauvais. Je ne voulais pas y penser, je ne voulais pas m'en faire pour rien. Je me disais attendons les résultats, nous verrons ensuite.

Les résultats étaient bons et on sait aujourd'hui que Tithom est en super santé. Mais si ça n'avait pas été le cas? Si Pépin avait été très malade? Qu'est-ce que nous aurions fait? Pour Hom et moi, la décision semblait claire: nous mettrions un terme à la grossesse. Je sais que bien des gens sont contre ces interventions. Mais je crois que c'est un choix très personnel, qui revient à chaque couple de faire. Ce n'est pas tout blanc, ni tout noir, il n'y a pas de bonne ni de mauvaise réponse. Seulement des choix différents et personnels. Selon moi, peu importe si on décide de garder le bébé ou de ne pas le garder, il y a des pours et des contres, des regrets et de la paix des deux côtés.

Pourquoi ce choix? Pourquoi détruire ce qui aurait pris des années à construire? Croyez-moi, ça n'aurait pas été facile à faire. J'en aurais eu le coeur en miettes, en bouillie même. J'aurais probablement eu beaucoup de difficulté à m'en remettre. Mais au bout du compte, je crois que nous aurions pris la bonne décision, pour nous. Un choix égoïste? Peut-être. Oui, le choix est fait, entre autres raisons, pour notre bien-être, notre zone de confort, notre vie d'adulte. Il est fait en fonction de ce que nous sommes prêts à donner en tant que parent, ce que nous sommes prêts à sacrifier, à laisser tomber, à abandonner comme rêve. Mais il est fait aussi en fonction de la qualité de vie, de ce que nous voulons donner à nos enfants. Tout le monde veut un enfant en santé, avec ce qu'il y a de meilleur. Le meilleur environnement, les meilleures conditions, le meilleur avenir. Il y a un deuil à faire, qu'on garde le bébé ou non.

Malgré tout, je suis persuadée que si nous avions eu un enfant trisomique sans le savoir auparavant, nous l'aurions aimé de tout notre coeur. Nous l'aurions accepté et accueilli, là n'est pas la question. Et je ne doute pas non-plus qu'au fond, l'enfant aurait été heureux. Mais moi, personnellement, je ne crois pas être une maman assez forte pour être mère d'un enfant de 8 ans toute ma vie. Je ne crois pas avoir la force de le faire sans un jour me sentir prisonnière, me sentir mauvaise mère, sans lui en vouloir un tout petit peu.

Même si le choix semble clair, je ne le ferais jamais facilement, je le regretterais longtemps, même si au fond de moi, je saurais que pour nous, ça aurait été le meilleur choix. Je ne juge pas les gens qui décident de garder le bébé après une tells nouvelle. Je les admire même, car je ne crois pas avoir cette fibre maternelle spéciale. C'est un amour très fort qui nous lie à nos enfants, et quand ils ont besoin de nous comme ça, toute leur vie, ça doit prendre un amour encore plus solide. Je ne juge pas non-plus les couples qui décident de mettre fin à la grossesse, car je sais que le choix est fait à reculons, que ce n'est pas un choix léger.

Ce n'est pas un choix qu'un parent devrait avoir à faire, dans un sens comme dans l'autre. Quand on décide de mettre un terme à la grossesse, c'est le deuil d'un bébé, le deuil d'une grossesse, le deuil d'un rêve qu'on doit faire. Un peu comme une fausse-couche, mais avec notre mot à dire. Et personne ne déciderait de faire une fausse-couche volontairement. Perdre un bébé, ce n'est jamais facile. Ça laisse un trou dans le coeur et le ventre bien vide. Perdre un bébé, ça détruit aussi notre naïveté, notre vision rose de la vie, notre confiance en la nature, en notre corps. Le perdre par choix, je n'ose même pas imaginer le grand trou que ça fait...

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Écrit par kiwi :: 9:03 AM :: 5 pelure(s)

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20 mai 2006

Ce matin-là...

Ce matin-là, j'étais debout très tôt. Je n'avais plus envie de dormir. J'étais nerveuse, anxieuse et impatiente. J'avais pensé à mon réveil toute la nuit. Je n'avais qu'une idée en tête: connaître la réponse. Ce matin-là, j'ai su que je portais la vie pour une deuxième fois.

Ça fait maintenant un an que je suis consciente de ta présence. Dès que j'ai vu la deuxième ligne appraître sur le test, je me suis dit que je n'étais plus seule. Partout où j'allais, tu me suivais. Même si tu étais encore minuscule et imperceptible, je te savais là et je t'aimais déjà tellement fort. J'ai flatté mon ventre, je t'ai parlé, je t'ai supplié de rester avec nous. Depuis un an, je ne suis plus jamais seule. Tu fais partie de ma vie, de nos vies, et je remercie le ciel à chaque jour de t'avoir près de moi. En l'espace d'un matin, je suis passée d'infertile à future-maman. Ma vie a changé ce matin-là.

À partir de ce moment, tu es devenu le centre de mon univers. Et ce soir, en te regardant, je me dis qu'il n'y a pas plus bel univers que celui qui se trouve dans tes yeux bleus.

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Écrit par kiwi :: 9:37 PM :: 1 pelure(s)

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6 mai 2006

Évolution

Il y a un an aujourd'hui, un petit spermato, plus fort ou plus rapide (ou les deux!) que les autres fusionnait avec mon ovule et ensemble ils créaient Tithom. Donc, même si lui n'a que 3 mois de vie, ses cellules, elles, fêtent leur aniversaire aujourd'hui! Un an depuis ma dernière ovulation! Un an de congé pour mes ovaires. J'aimerais bien qu'il reviennent de leur congé, mais ils semblent bien là où ils sont...

Je parlais il n'y a pas si longtemps de mon désir d'un deuxième enfant. Ce désir me semblait pressant il y a quelques semaines. Aujourd'hui, bien que le désir soit encore très fort, l'urgence a un peu diminué. Oui, j'ai très hâte de retomber enceinte (si ça devait m'arriver). J'ai très hâte de revivre la grossesse et l'accouchement même. J'espère de tout coeur avoir un autre enfant un jour. Mais je me doute bien que la conception du deuxième risque de ne pas être beaucoup plus facile que celle du premier. Et ça, ça ne me manque pas du tout. Je ne m'ennuie pas de prendre ma température, de prendre des médicaments, d'espérer pour rien, d'être déçue, le coeur en miettes à la fin d'un cycle... Je ne m'ennuie pas de l'attente, des espoirs, de la jalousie...

Non seulement ça, mais je ne m'ennuie pas encore des premières semaines avec bébé. Non, laissez-moi reformuler... je ne m'ennuie pas encore de certaines choses de nos débuts avec bébé. Oh bien sûr, c'était magique, avoir un bébé tout neuf dans la maison. C'était merveilleux de découvrir ce petit être, de commencer une nouvelle vie avec lui. Bien des aspects de cette époque me manquent, bien entendu. Mais je ne m'ennuie pas encore des nuits à nous réveiller aux 2-3 heures, de la montée laiteuse, des douleurs post-accouchement... maintenant que tout ça est derrière nous. J'aime la vie que nous avons en ce moment avec Tithom. Elle change et évolue avec lui et j'adore ce constant renouvellement. Je veux profiter de notre vie à trois encore. Je veux profiter de notre petite famille sans penser à mon cycle, sans pleurer en cachette parce que mes règles sont arrivées.

Je ne veux pas sembler ingrate ou même avare. Je suis consciente de l'immense chance que j'ai d'avoir Tithom alors que tant de gens attendent encore leur premier enfant. Je suis aussi consciente de la possibilité que Tithom soit notre seul enfant biologique. Je ne peux tout de même pas encore laisser tomber mon désir d'agrandir la famille.

L'idée d'un deuxième enfant occupera mes pensées souvent, je n'en doute pas et je ne peux rien y faire. Mais je sais maintenant que ce sera classé du côté des rêves pour un bout de temps, plutôt que du côté des priorités. Un rêve que je sortirai de temps en temps, que je caresserai du bout des doigts, en imaginant la vie à 4, les yeux levés vers le ciel... et que je rangerai bien soigneusement, pour ne pas l'abîmer, en attendant de le transférer du côté des priorités...

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Écrit par kiwi :: 6:07 PM :: 0 pelure(s)

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12 avril 2006

Chiffres

Entre l'arrêt de la pilule et Tithom...

41 mois
70 pilules de Provera
45 pilules de Serophene
1800 pilules de Metformin
100 pilules de Femara
2615 ui de gonadotropine en
28 injections
6 injections de hcg
11 recettes différentes
10 ovulations
31 tests négatifs
9 échographies d'ovulation
2 inséminations artificielles
1 hystérosonographie
2 grossesses
1 fausse-couche
1 plus beau bébé du monde
0 regret

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Écrit par kiwi :: 10:59 AM :: 5 pelure(s)

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21 mars 2006

La bédaine

Tout au long de ma grossesse, on m'a répété plus d'une fois de profiter de ma bédaine, que j'allais m'en ennuyer. Flatte-la, qu'on me disait. Elle va te manquer une fois le bébé arrivé! Et sincèrement, je me suis toujours demandé comment une bédaine pourrait me manquer alors que j'aurais un bébé dans mes bras...

Depuis l'accouchement, je ne m'ennuie pas de mon ventre rond. J'ai adoré être enceinte, j'ai adoré mon ventre jusqu'à la toute fin. Je l'ai flatté à le rendre luisant, je l'ai admiré, aimé et chouchouté. Je me suis répété que ça pourrait être ma seule grossesse et de bien profiter de cette bédaine. J'ai savouré chaque coup de pied, chaque hoquet, chaque mouvement du bébé qui grandissait en moi. Mais une fois ce bébé né, mon ventre ne m'a pas manqué une seconde. Je peux par contre comprendre ce que certaines femmes voulaient dire...

La bédaine ne me manque pas, non, mais la grossesse oui. Je ne m'ennuie pas du ventre rond, mais plutôt de comment je me sentais quand j'étais enceinte. Le sentiment qu'on a quand on voit le test positif, la première échographie, le premier coup de pied. L'anticipation, l'attente... Est-ce que ce sera un garçon ou une fille? De quoi aura-t-il l'air? Préparer son arrivée... Entendre son petit coeur battre à chaque rendez-vous... Voir son corps changer, savoir que le bébé grandit en nous, de nous. Mais plus que ça, une chose qui fait frissonner l'infertile en moi, je m'ennuie des essais... Eh oui! Je m'ennuie de l'excitation que j'avais eue à mon dernier cycle, en attendant la supposée venue de mes règles, en espérant de tout coeur. Je m'ennuie de cet espoir, même s'il était toujours accompagné de peur, d'angoisse et, pour tous les cycles sauf le dernier, de découragement et de peine. On s'entend, je ne m'ennuie pas de la déception des cycles qui ne fonctionnaient pas. Mais le renouveau, l'espoir qui renaîssait à chaque mois, ça me manque un peu... C'est fou, hein? La force de l'émotion quand on apprend qu'on attend un bébé, ça crée une dépendance. Une fois qu'on y a goûté, on veut le revivre, encore et encore!

Mais bon, j'avoue, je m'ennuie de ma bédaine un tout petit peu aussi. Et en l'honneur de cette bédaine, de la maison de mon Pépin, j'ai rajouté un lien à droite sur son évolution. Wow, j'étais immense...

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Écrit par kiwi :: 9:39 PM :: 3 pelure(s)

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13 mars 2006

Un deuxième

Comme la conception de Tithom n'a pas été de tout repos, je me suis toujours interrogée sur l'éventualité d'avoir un deuxième enfant. Déjà pendant la grossesse, je me posais des questions... Est-ce que ce serait aussi long? Quand allions-nous essayer? Après l'allaitement j'imagine... Quelques jours après la naissance de Tithom, j'ai lu dans le journal un article qui disait que le Femara était dangereux et causait des malformations chez certains foetus. En lisant l'article, j'avais regardé Tithom, les larmes aux yeux, en remerciant le ciel qu'il soit parfait. Mais en même temps, j'étais triste en pensant que le combat serait à recommencer. Ce qui avait été long pour notre premier enfant, ça avait été de trouver la formule qui fonctionnait pour moi. Une fois cette formule trouvée, ça avait après tout été rapide. Comme le Femara a été la pilule miracle pour nous (les deux fois où je suis tombée enceinte), le fait que les médecins ne doivent plus le prescrire en fertilité me cause un problème. Je ne suis pas prête à prendre le risque maintenant que je le connais.

Nous voulons un deuxième enfant, ça c'est clair. Si ce n'était que de moi, je retomberais enceinte aujourd'hui. Mais ça ne fonctionne pas comme ça, et c'est sûrement mieux ainsi, d'une certaine façon. Nous ne pouvons par contre planifier comme la plupart des couples: quand Tithom aura 9 mois, on essaiera pour un deuxième, comme ça ils auront moins de 2 ans de différence... Comme je n'ovule pas sans médicament, essayer voudra dire retourner consulter en fertilité. Prendre des médicaments voudra dire que je n'allaiterai plus. Comme j'ai l'intention d'allaiter le plus longtemps possible, ce sera peut-être long avant qu'on puisse essayer. Et comme le médicament qui me faisait ovuler n'est plus prescrit par mon médecin, je devrai probablement recommencer à y aller à tâtons, en essayant diverses formules, jusqu'à ce qu'on trouve la bonne. Tout ce qui avait fonctionné pour Tithom ne pourra probablement pas être répété. Le Femara est hors de question. Le Metformin, pas tant que j'allaite. Prendre ma température? Pas tant qu'il ne fait pas ses nuits. Un changement de propriété au travail de Hom changera peut-être ses assurances, ce qui pourrait nous enlever le privilège d'être couverts pour les traitements de fertilité. Ce qui voudrait dire: injections à nos frais. Tout ça me paraît bien incertain et surtout, ardu. Une vague impression de déjà vu me décourage un peu aussi...

J'ai essayé de vivre ma grossesse en me disant que je ne pourrais peut-être plus revivre tout ça. J'ai essayé de me faire à l'idée que nous aurions peut-être seulement un enfant. Je semblais accepter tout ça. Mais maintenant que la bédaine est partie et que Tithom est avec nous, je ne peux pas croire que je ne revivrai plus de grossesse, que je ne revivrai pas un autre accouchement et surtout, que je n'aurai plus le bonheur de voir notre enfant naître et grandir avec nous. Je suis comblée avec Tithom, vraiment. Je ne veux surtout pas sembler ingrate... Après tout, bien des couples n'ont même pas un enfant et moi je suis là à m'en faire pour le deuxième dont les essais ne sont même pas commencés. Ce qui me fait surtout peur, en fait, c'est ma propre force. J'ai eu la force et le courage de vivre tout ça une fois, pour Tithom. Mais je ne crois pas en avoir assez en réserve pour le revivre une seconde fois... c'est trop me demander...

À l'hôpital, le lendemain de mon accouchement, le médecin de garde m'avait demandé si je voulais qu'il me prescrive la pilule. Ma réponse avait été sèche et directe: "pourquoi?!" Lui, condescendant, m'avait répondu "pour ne pas que tu retombes enceinte." J'avais failli lui rire en pleine face. Je lui ai dit que ça avait pris 3 ans pour celui-ci, que ça m'étonnerai vraiment que ça fonctionne si rapidement et miraculeusement pour le 2e. "Ça peut arriver vous savez" qu'il m'a répondu. "Vous en parlerez à votre médecin." J'y compte bien!

Je revois mon médecin demain, pour mon suivi post-accouchement. J'avais l'intention de lui parler de notre désir d'en avoir un deuxième, mais j'ai peur qu'il me trouve trop pressée. En fait, nous n'en voulons pas un deuxième tout de suite! Mais j'aimerais savoir un peu comment on devrait s'y prendre, pour pouvoir planifier éventuellement et aussi pour arrêter de me poser des tas de questions. Ça calmera un peu mes inquiétudes et me permettra de mettre tout ça sur une tablette, en attente du moment propice...

Chaque chose en son temps, n'est-ce pas?

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Écrit par kiwi :: 11:40 AM :: 1 pelure(s)

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6 février 2006

La naissance d'un Pépin

Jeudi le 26, je suis allée à l’hôpital en fin d’après-midi pour me faire mettre un gel de prostaglandine sur le col, question de le faire maturer un peu. J’étais en retard et rien ne se passait de ce côté... Après m’avoir mis le gel, on m’a dit de revenir le lendemain matin. On verrait à ce moment-là ce qu’on ferait. Le gel m’a donné des contractions, mais elles n’étaient pas douloureuses. Je n’ai par contre pas bien dormi cette nuit-là. Mes bras engourdissaient très vite, les contractions rendaient mon sommeil inconfortable, je pensais trop, j’étais fébrile et nerveuse... Je n’ai presque pas dormi alors que j’aurais dû récupérer pour la grosse journée qui m’attendait.

Je suis donc retournée à l’hôpital vendredi matin. Rien n’avait bougé. J’avais de la chance, c’était mon docteur qui était de garde. Il savait que je ne voulais pas me faire provoquer plus qu’avec le gel. Il m’a examinée et m’a dit “tu n’es pas encore dilatée. Ton col a ramolli un peu, mais c’est tout. On va te remettre du gel et on va attendre encore un peu. Reviens me voir mardi au bureau. On ne te provoquera pas plus que ça.” J’étais bien d’accord. Il a posé le gel, d’une façon bien différente que le médecin de la veille, ce qui m’a encore fait penser que mon médecin est le seul à faire les choses comme il faut. Il était 9h. Les contractions ont commencé presqu’aussitôt à être plus douloureuses. Je les sentais bien, elles faisaient un peu mal, comme une bonne crampe de menstruation. Après plus d’une heure de monitoring, nous sommes retournés chez nous.

Nous avons pris un petit dîner. Les contractions continuaient toujours. À partir de 11h30, je les comptais aux 3 minutes. J’ai pris un bon bain chaud, mais ça n’a rien changé. Je me suis couchée sur le côté gauche sur le sofa du salon, en écoutant de la musique. Ça n’a rien changé non-plus. Mes contractions étaient encore aux 3 minutes, mais ça pouvait être seulement l’effet du gel. On m’avait dit d’attendre 6 heures avant que le gel cesse de faire effet, pour voir si mes contractions étaient vraies ou non. Je devais donc prendre mon mal en patience.

Vers 14h, je me lève de ma chaise et je sens quelque chose “couler”. Je cours donc à la toilette pour découvrir, déçue, seulement une toute petite trace de gélatine sur le papier. Je dis quand même à Hom que c’est bon signe, car un morceau de bouchon, ça veut dire que le col travaille... enfin! En me relevant, j’apperçois dans la toilette le fameux bouchon. Il est là, intact, gros comme mon pouce. Aucun doute là-dessus, j’avais perdu mon bouchon! Enfin un pas en avant! Je demande à Hom de venir voir. Nous sommes tous les deux dégoûtés et excités à la fois. Ça avance!

On décide de regarder un film, pour passer le temps. À peine 15 minutes après le début du film, je sens ma culotte et mon pantalon se mouiller subitement. Je coule comme un robinet et je ne peux l’arrêter. Chéri, je crève mes eaux! Chéri, je couuuuule! Je ris comme une folle, Hom court partout à la recherche de quelque chose pour absorber la piscine qui se vide. Je ne peux m’empêcher de rire. Je rêvais de pouvoir faire comme dans les films et de dire à mon chum “Chéri, je crois que ça y est!” et voilà que je le vivais! Hom m’apporte une serviette de bain que je place entre mes jambes, le temps de me rendre à la salle de bains. Dans le bain, j’enlève mes pantalons. Après quelques minutes de dégoulinage, ça semble terminé. Hom appele la maternité, pour les avertir. Je mets une serviette, change de pantalons et nous voilà partis! C’est bien vrai, je vais enfin accoucher!

Hom a mis un piqué sur le siège d’auto, au cas où. Il a bien fait, car à chaque contraction, la piscine continue de se vider! J’essaie de retenir, de me placer de façon à ce que ça coule dans ma serviette, mais il n’y a rien à faire, c’est le déluge! Nous arrivons finalement à l’hôpital. Mes jeans sont complètement trempés. Dehors, il fait un beau soleil, mais très froid. Le vent glacé sur mes jeans mouillés vient me geler les cuisses. Je dois m’arrêter à chaque contraction pour prendre mon souffle. Elles deviennent de plus en plus douloureuses. L’ascenceur prend une éternité à partir. Je sens les regards des gens se poser sur moi, certains devinant très bien ce qui est en train de m’arriver. Je m’en fous, je suis trop excitée à l’idée de rencontrer bientôt mon petit garçon!

Arrivée dans la salle de triage de la maternité, on m’examine. Je suis dilatée à 3 cm. Enfin! Je suis admise. On me donne une belle jaquette bleue et on m’amène à ma salle d’accouchement. Il est 15h15. Je ne calcule plus mes contractions, mais je sais qu’elles sont longues, douloureuses et rapprochées. On me branche sur soluté et antibiotique, puisque j’ai testé positive au stretocoque B. J’endure encore bien les contractions, mais elles font mal dans mes reins. Je cherche une position qui les fera mieux passer. J’essaie couchée, assise, en marchant... C’est pendue au cou de Hom que j’arrive le mieux à relaxer. Il me masse le dos et m’encourage à bien respirer. J’arrive à bien faire mes respirations profondes, heureusement. Je trouve mes contractions longues. Dès que je crois qu’une finit, une autre recommence, sans repos entre les deux. Ça doit être dans ma tête...

Hom me flatte, me donne des gorgées d’eau, me supporte, me tient quand je souffre. Il est très patient et calme, ce qui m’aide à ne pas perdre la tête.

Vers 17h, on essaie le bain tourbillon. Je croyais vraiment que ça me ferait du bien, mais non, pas du tout. Je flotte, je suis trop petite pour le bain, je ne suis pas confortable... Sans parler des contractions! Après 20 minutes, je sors. L’infirmière m’examine: je suis encore à 3 cm. Je suis un peu découragée. On décide d’essayer le ballon. Pendant plus d’une heure, je me tortille sur le ballon, faisant des rotations de bassin pendant que Hom me fait des points de pression dans le dos. Plusieurs fois, je répète à Hom que je n’en peux plus, que j’ai trop mal, que je suis épuisée et que je ne tiendrai pas le coup jusqu’ à la fin. À chaque fois, il me dit calmement que si c’est ce que je veux, qu’on le demandera, mais qu’on peut essayer encore un peu plus longtemps... “Essaie une heure mon amour. Juste une heure. L’infirmière va revenir à ce moment-là et on verra rendus là.” Je suis d’accord, j’endure. J'essaie de prendre ça une contraction à la fois. Je tourne sur le ballon, je gémis, je chiale, mes yeux ferment tout seuls, ma tête est lourde... J’ai des nausées à chaque contraction. Je sens mon endurance et ma volonté me lâcher tranquilement.

Quand j’ai mal et que je veux tout abandonner, je pense à tout ce que nous avons fait pour en arriver là. Je pense à tous les tests, tous les médicaments, toutes les déceptions. Je pense à toutes les femmes qui n’ont pas (encore) eu la chance de vivre ce que je vis. Je suis forte pour vous, consoeurs infertiles. Je réalise le rêve que nous avons en commun. Je n’ai pas le droit de vouloir abandonner. Je pense à notre bébé et un peu de force me revient.

Quand l’infirmière vient m’examiner vers 18h30, je suis à 4 cm plus. Pas un gros progrès depuis que je suis arrivée à l’hôpital... On continue le ballon un peu, mais mon idée est faite. Si je veux être capable de continuer, si je veux avoir la force de pousser, je dois demander la péridurale. Je n’y arriverai pas autrement, je connais mes limites... Je suis déçue, j’aurais aimé ne pas en avoir besoin, mais j’avais décidé de ne pas m’en vouloir pour ça et c’est ce que j’ai fait. On sonne l’infirmière et on lui demande comment on doit fonctionner. Elle me dit “si tu veux l’épidurale, tu dois la demander tout de suite, car l’anesthésiste en fait une en ce moment, puis il va faire une césarienne et tu ne pourras plus l’avoir après...” Je lui donne mon accord, signe les papiers et prends une respiration. Tant pis!

Je m’assieds en indien sur le lit, le dos courbé. Je tiens mes chevilles fermement, je ne dois pas bouger. L’anesthésiste est très gentil, il m’explique tout, prend son temps. Il me dit de l’avertir quand j’ai une contraction, mais de ne pas bouger et de la respirer. J’en ai une qui arrive... Je respire très fort, très profondément, très longtemps. L’anesthésiste et l’infirmière se regardent et trouvent mes contractions très longues. C’est difficile de ne pas bouger, mais j’y arrive. Il me pique, me joue dans le dos, je contracte, je respire, j’ai hâte que ça finisse, je sers le bras de Hom très fort. Par chance, je ne sens pratiquement rien de l’intervention, sauf une drôle de pression dans le dos. Je me couche, on m’installe le monitoring. Deux contractions plus tard, je suis délivrée de la douleur. Je sens bien les contractions, mais pas la douleur. Ouf! Je peux me reposer un peu. Sur le moniteur, on s’apperçoit que mes contractions sont en fait jumellées. J’ai une grosse contraction qui dure près d’une minute, elle ne descend qu’un petit peu avant de remonter et de faire une deuxième contraction collée. J’ai ensuite une petite pose et ça recommence. Ce n’était donc pas dans ma tête finalement!

Mon médecin vient m’examiner. Je suis à 5 cm. Il est 19h15. Je lui demande si la péridurale peut ralentir le travail. Il me dit que ça arrive, mais que quand c’est fait au bon moment, ça ne le ralentit pas. Il se peut même que ça aille plus rapidement, étant donné que je suis plus détendue maintenant. Il me dit être très surpris de me voir là, qu’il croyait vraiment seulement nous revoir mardi à la clinique. Nous aussi! Il est très content pour nous.

À 20h15, on me ré-examine. Je suis à 8 cm! Wow, ça avance vite et ça ne me fait plus mal! J’en profite pour me reposer, boire un peu de jus, rigoler avec Hom. L’effet de la péridurale est vraiment bizarre... C’est un peu comme quand on se gèle un orteil en ski... On le sent avec nos doigts, mais pas sur notre pied... Sauf que cette fois-ci, ce sont toutes mes jambes et mes fesses que je ne sens plus. Je les touche avec ma main et j’ai l’impression de toucher quelqu’un d’autre... Je suis pourtant capable de les bouger un peu...

Mon médecin revient me voir vers 20h50. À sa grande surprise, je suis complète! L’infirmière m’explique comment me placer pour pousser, me donne des suggestions. Je pose des questions sur certains côtés plutôt gênants, elle me rassure. Pas de place pour l’humilité quand on accouche! On doit laisser tomber les inhibitions et pousser! Je pousse donc. Après quelques poussées, mon médecin décide qu’on doit attendre encore une heure car le bébé est encore haut. Je commence à vraiment sentir le bébé pousser dans mon bassin. On me donne donc un petit bonus de péridurale. On me donne une couverture chaude, ça fait vraiment du bien!

À 22h, c’est enfin le temps de pousser pour de bon! Je dis un dernier adieu à ma bédaine et je me prépare. Hom me tient le bras, me flatte, m’encourage doucement. Je pousse avec force, mais mes contractions sont éloignées l’une de l’autre. Ce que je force à une se perd dans l’espace entre deux. On me donne donc du pitocin pour essayer d’augmenter mes contractions. Je pousse, je pousse. L’infirmière me dit que je pousse très bien, mais rien ne se passe... Je suis en train de me faire une belle collection d’hémorroïdes à ce qu’elle me dit. Mon médecin revient me voir vers 22h45, me dit que ce sera un autre médecin qui m’accouchera et que je pousserai encore peut-être une heure. Il nous félicite, nous sert la main. Nous le remercions de tout coeur. Après tout, il nous a suivis 2 ans en fertilité, puis pendant toute la grossesse. Nous sommes là un peu grâce à lui!

Je suis épuisée de pousser. Ma bouche est sèche, je grelotte, je ne me sens pas bien. Ma température est haute, je commence à faire de la fièvre. Le coeur de bébé monte en flèche. On lui place une sonde sur la tête pour bien capter son pouls. Je demande à Hom de me parler pendant que je pousse, parce que je m’accroche à sa voix. Les encouragements de l’infirmière ne sont qu’un bruit de fond pour moi. La voix de mon amour m’aide à me concentrer, à ne pas perdre la raison. Il me parle, me mouille le visage et les lèvres avec une débarbouillette mouillée entre les poussées. Il me donne des gorgées d’eau, me regarde, change la débarbouillette froide que j’ai dans le cou. Il est mon ancre, sans lui je partirais à la dérive...

On arrête le pitocin car au lieu d’augmenter le nombre de contractions, ça a augmenté leur durée. J’ai maintenant des contractions de 4 minutes avec 5 minutes entre chaque.

Quand le nouveau médecin arrive, vers minuit 30, je suis crevée. On me dit qu’il y a du méconium dans le liquide, que bébé est un peu en détresse. Le médecin me parle gentiement, nous dit ce qu’il en est. Bébé n’est pas loin, en fait, il est vraiment sur le bord, mais n’arrive pas à sortir. Deux options s’offrent à nous: les forceps ou la césarienne. Selon lui, la césarienne serait ridicule, étant donné que bébé est si près du but. Mais moi, les forceps me font peur. Je n’ai qu’une image en tête, celle des histoires de grands-mères, des grosses pinces avec lesquelles on tirait bébé du ventre. Il m’explique qu’il ne tirera pas bébé, qu’il va simplement placer les forceps pour le guider. C’est seulement une aide. Je lui demande s’il y a des risques pour le bébé. Il me dit que non, sauf peut-être des marques sur la tête qui partiront dans quelques jours. Hom et moi nous regardons. D’accord, allez-y. Je ne veux rien savoir d’une césarienne, surtout si l’autre option est aussi simple qu’on me le dit.

Le médecin place la première partie des forceps, qui ressemble à une grosse cuillère. Je sens une très grosse pression dans mon bassin. Il place ensuite la deuxième partie, une autre grosse cuillère. C’est vraiment très désagréable comme sensation. J’ai l’impression que le bassin va m’exploser. On me demande de pousser, mais j’ai tellement mal que je pense seulement à faire passer la douleur avec des grandes respirations. Je suis dans un brouillard, j’ai mal, je suis fatiguée... Puis j’entends la voix de mon amour me dire de pousser comme je faisais tout à l’heure, en retenant mon souffle. Oui, je pousse! Je pousse! Et cette fois-ci, je sens vraiment qu’il se passe quelque chose. Je ne vois rien, je suis comme dans un rêve, mais Hom m’a décrit ce qu’il se passait. Le médecin lui a montré la tête, tout content. Puis il l’a vu dérouler deux tours de cordon autour du cou de bébé. Bébé est ensuite sorti d’un coup. Je n’ai pas crié, j’ai seulement soupiré de délivrance. Hom n’a pas pu sortir le bébé de mon ventre comme on l’avait demandé, mais nous comprenions. Les infirmières le placent sur moi. Je soupire un petit “enfin!...” et les mots me manquent. On me demande de le tenir, de le frotter. Il ne pleure pas, il a une drôle de couleur... Hom coupe le cordon et les infirmières l’apportent tout de suite plus loin dans la chambre pour aspirer le liquide qu’il a dans les poumons. Pendant ce temps, je continue à pousser pour expulser le palcenta. Je regarde Hom regarder bébé, mais je ne vois pas bébé. Je l’entends pleurer, ça me fait du bien. Continue mon amour, accroche-toi! Je demande silencieusement à Hom, à l’autre bout de la pièce, s’il a tous ses morceaux. Il me fait signe que oui. Est-il beau? Il me fait signe que oui. C’est bien un petit gars? Oui oui. Mon coeur est plus léger pour quelques secondes...

Il est né à minuit 46, samedi le 28 janvier 2006. Il pèse 7 livres et 11 (3495 g) et mesure 52 cm (20,5 pouces).

On me recoud pendant que Hom et les infirmière s’occupent de notre bébé. Elles l’amènent sous observation, Hom les suit. Je reste seule avec une infirmière et le médecin qui me fait du petit point entre les jambes. Quand le médecin a terminé et s’en va, l’infirmière me nettoie et me donne un petit drap. Je n’ai pas droit à la couverture chaude cette fois-ci car je fais encore de la fièvre. Elle me donne un jus d’orange, puis elle me laisse seule. Je suis là, couchée dans mon lit, seule. Plus de bébé, plus de chum, plus de bédaine. Je pleure. J’ai mal, je m’inquiète, personne ne vient me donner de nouvelle. Où est mon bébé? Est-ce qu’il est correct? Quand vais-je le voir? Les larmes coulent sans que je puisse les arrêter. J’ai tellement peur. Je veux mon bébé, je veux mon chum! Les pires scénarios me traversent l'esprit. Je veux mon bébé! Je me sens seule, vide, perdue. Je regarde les aiguilles tourner sur l'horloge... Tout ce temps sans voir mon bébé... je suis déchirée et impatiente.

L’infirmière revient me voir et m’apporte deux verres d’eau. Elle me voit en larmes et me demande si je suis triste parce que je m’ennuie de mon bébé. Bien évidement! Elle me demande si je veux que mon chum vienne me donner des nouvelles. Oui, oui, s’il-vous-plaît!! Elle repart. Mon chum arrive quelques minutes plus tard. Il me dit que tout est correct, qu’il est juste sous observation parce que sa coloration n’était pas super belle et que ses poumons “tiraient” un peu au début. Il prend la caméra et retourne auprès de lui. Il revient me voir quelque temps plus tard, me donne la caméra et me dit que je peux le regarder là-dessus en attendant. Sur le petit écran de la caméra, je vois mon petit bébé bouger, les yeux grands ouverts vers son papa. Je pleure, il est si beau, si petit!

Environ 1h30 après sa naissance, Hom m’apporte enfin notre bébé. Ça été la plus longue heure et demie de ma vie. Il le place sur moi, je l’embrasse partout. Qu’il est beau! Qu’il est petit! Qu’il est beau!! J’essaie de lui donner le sein, mais ça ne fonctionne pas. On nous transfert enfin dans une chambre. Malheureusement, même si nous avions demandé une chambre privée, nous devons nous contenter d’une chambre semi-privée. Il est 3h30. Je réussis enfin à l’allaiter, couchée. C’est magique, ça me donne des frissons. Il est tout chaud collé sur moi. Il sert les poings, boit mon lait, s’abandonne à moi, à nous. Notre fils, enfin, notre petit Pépin est là.

Comme j’ai accouché après 21h, j’ai dû passer 3 nuits à l’hôpital. La première nuit a été plutôt courte. Entre les visites des infirmières pour vérifier mes signes vitaux et ceux de bébé, vérifier mes points, mes saignements, mon derrière (je l’ai bien dit, adieu l’humilité!), me poser des questions, me faire uriner dans un pot et les pleurs du bébé de notre voisine (notre bébé a dormi dur comme fer) et le passage incessant d’infrimière à l’extérieur de la chambre, le sommeil s’est fait rare. Hom a essayé de dormir dans son petit lit de camp, à côté de moi. La journée s’est déroulée pas mal de la même façon. J’avais très mal au derrière, j’avais peine à bouger. Les voisins étaient très bruyants et énervants. Je ne pouvais pas dormir. Une gentille infrimière m’a suggéré de prendre une douche et m’a donné des médicaments pour la douleur ainsi que des compresses pour mes fesses. Quel bien ça m’a fait! J’ai fait des appels, dormi un peu, mangé. Ma mère est venue nous voir en soirée, les parents de Hom aussi. Des grands-parents fiers et heureux de rencontrer leur petit-fils.

La deuxième nuit a été plus mouvementée. Bébé ne voulait pas dormir dans son petit lit. Dès que Hom le prenait, il dormait, mais s’il le déposait, il se remettait à pleurer. De minuit à 6h, Hom a déambulé dans les corridors, somnolent, avec bébé dans les bras. Les infirmière lui avaient dit que c’était probablement des sécrétions. Il essayait de lui tapotter le dos, rien ne sortait. Jusqu’à ce qu’une d’elle dise que bébé recherchait probablement juste la chaleur et le battement du coeur de papa. Nous l’avons donc couché près de moi dans mon lit et hop! Un bébé qui dort! Et une maman si heureuse de dormir collée sur son petit homme!

Nous avons finalement eu notre chambre privée pour la dernière journée et nuit. Enfin! Quelle différence, plus de voisins bruyants, une douche directement dans la chambre, la paix quoi! Mon père et sa copine sont venus nous visiter. Ils avaient apporté un gâteau aux carottes et des fraises. Nous nous sommes litéralement jettés dans les fraises! La bouffe d’hôpital, vraiment pas de la haute gastronomie! De la viande sèche, des patates pilées, des petits légumes coupés en cubes... Toujours la même formule! Et ce n’est vraiment pas dans mes habitudes de manger de la viande et des patates, encore moins à tous les repas. La journée s’est bien déroulée. Le frère de Hom et sa blonde sont venus nous voir. Les visites des infirmières se faisaient plus rares. J’ai par contre failli envoyer promener celle qui est venue nous réveiller à 3h du matin (alors que nous dormions quelques heures d’affilée pour la premier fois depuis 3 jours). Quand je lui ai demandé pourquoi elle nous réveillait (d’un ton très sec, je l’avoue... je ne suis pas des plus cordiales à 3h du matin), elle m’a répondu “ben, pour le faire boire! Ça fait 5 heures qu’il n’a pas bu!” Bébé dormait bien dur, tout collé sur moi. On me l’a enlevé quelques instants et de nouvelles infirmières sont venues prendre ma pression. Elles m’ont alors expliqué qu’un bébé né aux forceps est plus dormeur et que le médecin a demandé qu’il soit nourri aux 5 heures. Drôle qu’on me dise ça lors de ma dernière nuit à l’hôpital... Enfin bref, je l’ai nourri. On m’a dit qu’il était un peu chaud, probablement parce qu’il dormait tout collé sur moi. Je devais moins le coller. Pff, comme si j’allais moins coller mon fils que j’ai tant attendu parce qu’une infirmière en formation le trouve chaud!

Le lendemain matin, nous avons eu une rencontre où on nous a remis toutes sortes de papiers et formulaires. J’ai ensuite suivi un petit cours donné par une physiothérapeute pour une remise en forme pour les nouvelles mamans. Je croyais avoir mon congé suite à ça, nous avons donc tout fait nos valises. Le pédiatre est venu signer le congé de bébé, il ne me restait qu’à attendre le mien. L’infirmière est venue me voir peu de temps après pour me dire que mon congé m’était donné, mais que le pédiatre revenait sur sa décision et préférait garder bébé jusqu’à la fin de l’après-midi parce qu’il était chaud cette nuit. Et voilà, je payais finalement pour avoir collé mon bébé! Nous avons encore patienté et mangé un dernier repas dégueulasse d’hôpital en attendant de pouvoir partir. Vers 14h30, l’infirmière est venue prendre la température de bébé. Tout était beau, nous pouvions enfin partir!

Bébé bien emmitoufflé dans son siège d’auto, nous sommes partis de l’hôpital où il était né. Il faisait encore beau et froid. Notre vie de nouveaux parents commençait enfin réellement.

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Écrit par kiwi :: 7:40 PM :: 11 pelure(s)

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26 janvier 2006

Si près du but

Arrivée à l'hôpital, on m'a installé le monitoring. J'ai été surprise d'apprendre que j'avais des contractions que je ne sentais pas du tout. Après une heure et demie, le médecin est venu m'examiner et a mis le gel sur mon col. Je suis restée couchée une heure, sous monitoring continu. Une machine prenait ma pression à toutes les 15 minutes. Mes contractions ont changé, mais elles ne sont pas devenues douloureuses ni plus régulières. Par contre, je les sentais un peu plus. Au moins ça!

Nous retournons à l'hôpital demain matin. Si mon col n'a pas assez bougé, on me remettra du gel. Si mon col est assez ouvert, rupture des membranes et ce qui vient avec! Il se pourrait aussi que le travail commence par lui-même cette nuit, mais les chances sont minces.

Je crois donc que ça y est enfin! Nous rencontrerons notre fils demain ou samedi! Finalement!

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Écrit par kiwi :: 9:42 PM :: 5 pelure(s)

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Derniers

Ça me fait tout drôle de penser que la fin d'une époque arrive. L'époque où nous n'étions que deux, l'époque où nous étions un couple, l'époque où devenir parent restait un projet. Nous sommes allés manger au restaurant mardi soir en se disant que ce serait la dernière fois avant un petit bout de temps. Ce matin, Hom m'a embrassée avant de partir travailler, comme il le fait d'habitude, mais il s'est arrêté après, penseur. "C'est le dernier bisou!" qu'il m'a dit. "Mais non, on va encore s'en donner plein, des bisous, voyons!" que je lui ai dit. "Non, le dernier bisou avant de partir au bureau. À partir de demain, je ne partirai plus au bureau, je vais rester avec toi."

J'ai tellement hâte d'être une famille! Hom prend 8 semaines de congé, je suis tellement chanceuse! Nous allons être tous les trois ensemble pour les premiers mois.

Il y a plein de "derniers" ces jours-ci... Le dernier rendez-vous, le dernier repas au resto, le dernier bisou pour le travail, la dernière nuit complète à dormir... La fin d'une époque, oui, mais le début d'une autre...

Je suis un peu nerveuse pour ce soir. Je me sens prête pour l'accouchement, mais je me retrouve devant tellement d'inconnu que ça me fait un peu peur. Nerveuse et très fébrile, car ce sont mes derniers jours, peut-être dernières heures, avant de connaître notre petit garçon!

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Écrit par kiwi :: 12:51 PM :: 3 pelure(s)

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25 janvier 2006

La fin approche

J'avais un autre rendez-vous de suivi hier. En fait, je crois que c'était mon dernier. J'espérais avoir des bonnes nouvelles, mais encore une fois, je ne me faisais pas d'illusion, n'ayant pas eu de contraction encore. Et encore une fois, j'avais raison. Rien n'a bougé! Enfin, presque rien... Ma hauteur utérine a diminué un peu et bébé est descendu un peu, mais à peine. Mon col est toujours effacé à 50% et pas dilaté. Comme mon doc me considère comme passée date depuis le 21 et que je suis maintenant ouverte à accélérer le processus, on passe à l'action. Demain, je me rends à la maternité de l'hôpital, où ils vont m'appliquer un gel sur le col pour le faire maturer. Selon mon médecin, ça pourrait faire déclancher le travail pendant la nuit, mais ce n'est pas certain. Ça devrait au moins faire bouger le col un peu, quitte à devoir faire autre chose le lendemain pour faire avancer les choses.

La semaine dernière, je n'étais pas très chaude à l'idée de me faire provoquer. J'aurais aimé commencer le travail chez moi, à mon rhytme et me rendre à l'hôpital le plus tard possible. Je sais bien que ça ne se passe pas toujours comme on le voudrait, mais j'avais mon idéal en tête. J'ai dû aller tellement souvent chez le médecin dans les dernières années, juste pour tomber enceinte... Passer toutes sortes de tests, prendre toutes sortes de médicaments, réduire l'acte de conception à la poussée d'une seringue... bref, j'en ai déjà eu mon quota, des interventions médicales. J'espérais diminuer les interventions au minimum pour l'accouchement.

Mais aujourd'hui, je ne suis plus aussi rétiscente à l'idée d'accélérer les choses. Je ne dis pas que ça me tente de faire tout le travail à l'hôpital, sous monitoring continu. Non. Mais je suis prête à faire quelques pas "médicaux" si ça peut me rapprocher du moment ultime.

Bref, en fin de semaine, je devrais tenir mon bébé dans mes bras. Ça m'a semblé si long et pourtant, maintenant que le moment approche, je me dis "pas déjà?" avec un peu de nostalgie...

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Écrit par kiwi :: 11:03 AM :: 2 pelure(s)

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19 janvier 2006

Les maudites

J'étais tellement fière de ne pas avoir de vergeture. Je me disais que je serais peut-être assez chanceuse pour m'en passer tout au long de la grossesse. Je suis passée proche... mais elles ont décidé de sortir cette semaine. À 38 semaines de grossesse, des lignes luisantes et rosées sont apparues au-dessus de mon nombril et en bas de ma bédaine, bien bien bas...

Ben coudonc! J'aurai une marque permanente de mon bébé, un tatouage personnalisé laissé par son passage. Et une raison de plus d'avoir hâte d'accoucher!

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Écrit par kiwi :: 3:29 PM :: 1 pelure(s)

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18 janvier 2006

Méli-mélo

Plusieurs choses à dire... sur quelques sujets divers...

1. J'ai eu mon rendez-vous de suivi hier. Avec mon médecin cette fois-ci, heureusement. J'avais un mince espoir que mon col ait bougé un peu, mais n'ayant eu aucune contraction, je n'y croyais pas trop. Je ne me suis pas trompée, rien n'a bougé. Je suis encore effacée à 50%, mais pas du tout dilatée. Pépin n'est même pas descendu encore. J'ai demandé au doc s'il pouvait dire si Pépin allait être un petit ou un gros bébé, étant donné que j'avais entendu dire que les bébés Femara étaient plus petits. Il m'a dit "ce ne sera pas un bébé Femara typique, je prédis un bon bébé de 8 livres!"

2. À la clinique, les infirmières calculent toujours avec la date de mes dernières menstruations, ce qui donnerait une dpa au 21 janvier. Selon mon ovulation et les échos, ma dpa serait plutôt le 27 janvier. Bref, selon la clinique, quand j'y retournerai la semaine prochaine, je serais "passée date". Mon médecin m'a donc parlé de provoquer l'accouchement la semaine d'après, si rien ne se passait. J'espère ne pas avoir à être provoquée, mais je n'y pense pas pour le moment. On vera bien ce que Pépin décidera de faire, je lui fais confiance. Mais j'ai terriblement hâte de le rencontrer!

3. J'avais annoncé ma grossesse et mon congé de maternité à mes clients il y a déjà plusieurs mois. Tout semblait bien, à ce moment-là. Je les avais avertis que je partirais 5 semaines sans remplacement. Je leur avais aussi dit qu'à mon retour, je serais disponible pour la gestion, mais qu'une collègue me remplacerait pour le travail en tant que tel. Bref, tout était clair dès le départ et ils avaient tous l'air de comprendre et d'accepter. Depuis le début de janvier, le travail est au ralenti. En fait, je ne travaille presque plus. Plusieurs contrats étaient en suspens, ce qui faisit mon affaire, puisque ça me laissait le temps de finir les préparatifs pour l'arrivée de bébé. Cette semaine, je me suis mise à avertir mes clients tranquilement que je partais la semaine prochaine. Tout d'un coup, ils se réveillent! Quoi?! Tu pars 5 semaines?! On va faire quoi pendant ce temps-là? Penses-tu finir ce travail avant de partir si je te l'envoie tout de suite? Quand reviens-tu? Ça me frustre! C'est comme si je venais de leur annoncer, alors qu'ils ont eu des mois pour s'y préparer! Je suis catégorique sur mes 5 semaines complètement fermées. Même si je donnais le travail à ma remplaçante dès le départ, je finirais par travailler pendant mon congé quand même. Elle aurait sûrement des questions à me poser, des documents à me faire désarchiver, les clients auraient peut-être des choses à me demander, j'aurais des factures à faire, des fournisseurs à contacter, pusique je suis celle qui a établi les relations avec eux depuis des années... Bref, je n'aurais pas un véritable congé. Je me sens presque coupable de prendre 5 semaines! C'est ridicule, 5 semaines! Mon chum prend plus que ça! J'ai droit à un an, oui, mais ça voudrait dire que je devrais tout recommencer à zéro en revenant de mon congé. Mes clients ne m'attendraient jamais un an. J'ai le droit de prendre congé, je le mérite autant que les autres, je ne devrais pas me sentir coupable de mettre la priorité sur mon bébé plutôt que sur ma business. En fait, je ne suis pas du tout business-woman. Je tiens à garder mes clients et ma compagnie pour des raisons financières avant tout, malheureusement... Sinon, je ne me serais pas du tout cassé la tête et je les aurais tous balancé aux oubliettes depuis longtemps! Enfin bref, ma date officielle de départ est le 27, ils le savent et je ne ferai pas d'exception pour personne. Si je perds des clients en cours de route, eh bien tant pis. J'en trouverai d'autres. J'espère seulement ne pas tous les perdre...

4. J'ai fait une grosse soupe aux légumes, un immense chaudron de sauce spaghetti et 3 lasagnes. Tout ça au congélateur, pour quand nous n'aurons pas trop le goût (et le temps!) de cuisiner. Ça sent bon dans la maison!

5. Le prénom de Pépin est pratiquement choisi. On attend encore de lui voir la binette avant de confirmer, mais notre idée est pas mal faite. Nous le dirons à notre entourage seulement un fois qu'il sera né. Ce sera une petite surprise!

6. Tout est prêt pour son arrivée. La chambre est terminée (il me reste encore des cadres à accrocher, mais ce n'est pas essentiel à sa venue), la valise est prête (il reste seulement les choses de dernière minute à y mettre), les couches de coton sont achetées, lavées et pliées, j'ai lu tout ce que je pouvais lire, nous nous sommes même pratiqués avec une poupée: nous lui avons mis des couches, l'avons habillée, je l'ai allaitée, nous l'avons promenée dans son siège...

7. J'ai finalement acheté mes soutien-gorges d'allaitement. De toute beauté...!

8. Est-ce que j'ai dit que j'avais hâte de rencontrer notre bébé??

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Écrit par kiwi :: 4:41 PM :: 1 pelure(s)

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16 janvier 2006

Le regard des autres

Le regard des gens autour de nous change tout au long de la grossesse. Et notre propre réaction face à ce regard aussi.

Au tout début de la grossesse, alors que notre ventre n'est pas encore rond, on attend beaucoup du regard des autres. Quand on se regarde dans le miroir, en petites culottes, on la voit bien, la bosse! Oui, nous en sommes certaines, ça commence à paraître! Nous flattons la petite bosse (causée par du ballonnement, on le saura plus tard) avec amour et fierté et nous avons tellement hâte que les autres la devinent! Mais elle passe bien innaperçue...

Après quelques mois, notre petite bosse se transforme en rondeur. Nous n'avons pas encore l'air enceinte, mais notre taille n'est plus ce qu'elle était. Seulement... les autres ne peuvent pas vraiment deviner qu'il s'agit d'un bébé qui grandit et non de trop de chocolat. Deux options s'offrent à nous: nous retenons notre souffle et entrons notre ventre du mieux que nous pouvons, ou nous le sortons un peu plus, pour que ça ait vraiment l'air d'un ventre de femme enceinte. Peu importe, on a surtout l'air d'avoir engraissé, pas de porter la vie...

Mais quand vais-je vraiment avoir l'air enceinte sans avoir à flatter mon ventre ou à le gonfler pour accentuer ce que moi je vois depuis le tout début?

Quand le ventre est vraiment rond, que pour la plupart des gens, ça devient évident que nous sommes enceinte, enfin, nous remarquons le regard des autres. Bien des gens tournent la tête pour nous regarder, comme si nous étions une top modèle. Non, la grossesse ne nous fait pas avoir l'air de Claudia Shiffer, mais un ventre rond attire bien des regards! Des regards souvent attendris, envieux, admirateurs. Quelques fois, des personnes âgées nous regardent d'un air réprobateur, comme si nous étions trop jeunes pour avoir un enfant. Quelques personnes, souvent des femmes ou des nouveaux parents, osent nous aborder, nous demander c'est pour quand, avec un intérêt qui est touchant.

Puis, quand on approche de la fin, comme pour moi en ce moment, les regards changent encore. Les gens me voient comme étant énorme, leurs yeux s'arondissent et je vois bien à leur air moqueur qu'ils se disent que j'en ai pas pour longtemps. Quand je marche lentement, les pieds vers l'extérieur, le dos courbé, leurs yeux me disent de me reposer, d'aller préparer ma valise parce que je vais bientôt accoucher plutôt que de ralentir les gens dans les centres d'achats. On me dit "ouf, tu en as plus pour longtemps!" en se croyant original, alors que c'est la 10e fois qu'on me le dit depuis le matin. On me regarde presqu'avec pitié, comme si c'était une maladie d'être sur le point d'accoucher. Mais il reste encore bien des regards tendres, qui sont encore émerveillés à la pensée que mon ventre si rond renferme un bébé prêt à sortir.

Avec les regards des autres viennent les commentaires. Je ne sais pas trop pourquoi, mais quand on est enceinte et qu'on le paraît, on dirait qu'on devient un peu une attraction touristique. Les gens viennent nous parler, nous posent des questions, fixent notre ventre. Les gens croient que parce que je suis moi-même enceinte, je suis intéressée à parler à des inconnus de mon futur fils. Être enceinte ouvre bien des portes que je ne tenais pas nécessairement à ouvrir. Oui, j'aime bien les regards plein de tendresse et d'émerveillement, ça me fait chaud au coeur. Je sais que beaucoup de gens trouvent belles les femmes enceintes. Mais ça ne veut pas dire que quand je vais au bureau de vote par anticipation, j'ai envie d'entendre vos histoires de belles-soeurs sur le bord d'accoucher.

Regardez-moi, trouvez-moi belle, trouvez-moi grosse, ayez pitié de moi parce que mon ventre semble lourd... mais laissez-moi tranquile!

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Écrit par kiwi :: 8:14 PM :: 4 pelure(s)

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11 janvier 2006

De drôles d'habitudes

Il y a certaines habitudes qui restent collées à nous, après des années, sans qu'on s'en rende vraiment compte... Oui, l'infertilité m'a changée et m'a donné de drôles d'habitudes. Plusieurs y sont encore, dont la fâcheuse habitude de ressentir tout ce que je ressens, bien involontairement, parfois, à l'idée de la grossesse hyper fertile. Mais il y en a une aussi qui a fait sa place sans que je la remarque...

L'autre jour, je parlais avec ma belle-soeur. J'ai dit "si un jour on a des enfants..." Elle m'a regardée avec un sourire en pointant mon ventre et en disant "vous êtes pas mal proches!" J'ai tellement longtemps pensé au conditionnel que c'est resté. Pendant tout ce temps où j'espérais un jour être enceinte, je ne me permettais même pas d'aller plus loin que le SI.

Je crois qu'il serait temps de me débarasser de cette habitude maintenant... Ce n'est plus une question de SI mais de QUAND... wow...

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Écrit par kiwi :: 7:28 PM :: 3 pelure(s)

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6 janvier 2006

J'ai peur, mais je suis prête

On dit que toutes les femmes ont peur, à un certain moment, à l'idée de devenir maman. Je sais que j'ai peur, depuis le début de la grossesse. Mes peurs ont changé, évolué avec le bébé. Je n'ai plus peur des mêmes choses qu'à 5, 10 et 20 semaines. Maintenant que l'accouchement approche, que le grand moment est si près, mes peurs sont très palpables. J'ai peur, mais en même temps, je ne me suis jamais sentie aussi prête.

L'accouchement
J'imagine que c'est la peur la plus courante et la plus normale. C'est inconnu et c'est inévitable. Quand je ne connais pas quelque chose et que je ne peux me pratiquer, je me tourne vers l'information. On dit que la connaissance est le pouvoir, donc je lis et je m'informe. J'ai posé des questions, lu des tonnes de témoignages, de textes, de brochures. J'ai bien écouté à mes cours prénataux. J'ai pratiqué la visualisation à tous les soirs. Je fais aller mon imagination de mon mieux, visualisant toute situation possible et impossible, essayant de voir comment je réagirais, comment je vivrais chaque étape. Et je sais concrètement que peu importe à quel point je me préparerai, peu importe à quel point mon imagination se fera aller, une fois le jour J arrivé, ça ne ressemblera à rien de tout ça. J'ai beau essayer de m'imaginer avoir mal comme je n'ai jamais eu mal, je suis convaincue qu'une fois les contractions arrivées, je trouverai que c'est bien loin de ce que je pouvais imaginer!

Au-delà de la douleur, j'ai peur que ça ne se déroule pas comme je l'aurais voulu. J'ai peur que quelque chose ne tourne pas rond, qu'il y ait un problème. J'ai peur de devoir avoir une césarienne. Même si je sais que bien des femmes passent par là et qu'on s'en remet, la césarienne me fait plus peur que l'accouchement naturel. Je tiens à un accouchement le plus naturel possible et je sais que je serais très déçue de devoir passer sur la table d'opération. Oui, le plus important, c'est la santé du bébé et la mienne. Je suis parfaitement d'acord. N'empêche que ce serait un gros rêve que je devrais laisser tomber. Sans compter que c'est une opération, que je n'aurais pas le contrôle, que je ne pourrais pas tenir mon bébé contre mon coeur dès sa naissance...

Mais ma plus grande peur, c'est que bébé ne soit pas en parfaite santé. Et cette peur, je ne peux rien faire pour la minimiser. Il n'y a pas de préparation, pas d'imagination assez forte pour ça.

Devenir maman
Ça ne s'apprend pas dans les livres, c'est bien connu. J'ai quand même beaucoup lu, essayé de me préparer à ça du mieux que je pouvais. Je ne crois pas que le fait d'avoir gardé des enfants pendant mon adolescence m'ait préparé de quelque manière que ce soit. Alors bon, je sais comment donner un bain, comment changer une couche, comment mettre un pyjama. Je sais bien des petits détails techniques. J'ai bien lu mon Mieux Vivre. Malgré tout, j'ai peur de ne pas être une bonne mère, de ne pas savoir quelle décision prendre, de ne pas être capable de gérer tout ça. J'ai peur de faire les mêmes erreurs que ma propre mère, involontairement. J'ai peur que mon enfant ne me trouve pas "cool". Je sais que ce ne sera pas toujours rose, que je serai fatiguée et irritable par moments. Je sais que ce ne sera pas facile. J'ai peur de ne pas être capable d'être maman.

Le couple
Nous sommes ensemble depuis presque 10 ans. Nous avons traversé plusieurs tempêtes ensemble. Les années d'infertilité nous encore plus rapprochés. Je sais que nous sommes forts ensemble. À deux, nous pouvons tout affronter. Un enfant, ça change la dynamique d'un couple, c'est certain. J'ai peur que ça le change trop, mais ce n'est qu'une petite peur. Je sais que nous nous ajusterons. J'ai peur qu'on s'oublie un peu, qu'on ne prenne plus le temps de passer des soirées tous les deux, comme on le faisait si souvent, tout naturellement. Je n'ai pas peur que notre couple se brise, j'ai confiance en nous et en la solidité de notre amour. J'ai seulement peur du changement, car je ne sais pas à quoi m'attendre, tout en sachant que ce sera inévitable.

Mon corps
Tout au long de la grossesse, mon corps a changé. J'ai fait de mon mieux pour le garder en forme, pour ne pas prendre trop de poids et pour rester en santé. J'ai eu la chance d'avoir une grossesse idéale, sans malaise, sans anicroche. Bien sûr, le temps a fini par me rattraper. Mes chevilles sont enflées, mon ventre est lourd, mon dos courbé... Je ne me sens plus du tout sexy. Autant qu'à 6 mois, je ne m'étais jamais senti aussi belle, aussi féminine de toute ma vie qu'aujourd'hui je me sens moche et gonflée. Je sais que mon corps ne sera plus jamais comme avant. J'ai peur de ne pas être capable de perdre les livres en trop, de ne pas être capable de prendre soin de moi et de me sentir sexy à nouveau. C'est peut-être un peu superficiel, mais me sentir bien à l'extérieur me donne confiance et m'aide à aller de l'avant.

La famille
Une peur un peu plus ridicule, celle de la famille. En fait, j'ai peur que la famille, que ce soit la mienne ou celle de Hom, soit toujours ici. J'ai peur qu'on débarque chez nous sans avertir et qu'on colle alors que je veux me reposer ou allaiter mon bébé en paix. J'ai peur de ne pas être capable de leur dire de s'en aller. J'appréhende les conseils non sollicités, les "tu devrais faire ci" et les "tu vas voir..." Je suis consciente que c'est le premier bébé de la famille, qu'ils seront tous heureux de son arrivée. Je ne veux rien leur enlever à leur bonheur de devenir grands-parents ou oncles, tantes... J'ai seulement peur d'avoir de la difficulté à tracer la ligne... Et j'ai surtout peur qu'ils ne fassent pas confiance en nos compétences de parents.


Je peux sembler angoissée comme ça, avec toutes ces peurs. Mais non. Pour moi, être consciente d'une peur, c'est l'apprivoiser et m'y préparer. Ce sont toutes des craintes normales qui viennent et qui passent. Je ne m'empêche pas de dormir avec ça, mais je préfère y faire face maintenant, à tête reposée. Penser à mes peurs, les regarder de tous les côtés, ne fait que m'aider à les affronter. Je suis zen, je suis prête, malgré la peur.

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Écrit par kiwi :: 11:14 AM :: 0 pelure(s)

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2 janvier 2006

Le gazon

n'est pas toujours plus vert chez le voisin

J'ai manqué mon rendez-vous de suivi de 34 semaines à cause de l'accident de voiture. J'ai donc dû reprendre le rendez-vous. Malheureusement, mon médecin n'était pas disponible. J'ai donc été obligée de voir un autre médecin. Ça ne me dérangeait pas plus que ça, bien que mon médecin me connaisse depuis les débuts de nos traitements en fertilité et soit toujours patient avec nous. Maintenant, je sais que j'étais très bien tombée.

Le nouveau médecin ne m'a rien dit et semblait horriblement pressé. Je sais bien que c'est la période des fêtes et ça fait probablement suer bien des gens de devoir travailler, mais je ne crois pas que ça justifie un comportement aussi bête. J'avais l'impression de le déranger! Je ne suis pas juste un numéro, je veux un service humain, c'est la moindre des choses, non? En milieu de grossesse, je n'avais pas de question et les rendez-vous ne me semblaient pas aussi importants que maintenant. Mais là, je suis en fin de grossesse, ma première grossesse, qui a pris 3 ans à obtenir. Je veux des détails.

Il m'a fait le test pour le streptocoque (ouch!!), m'a taponné la bédaine (j'ai dû lui demander ma HU et il m'a répondu "ohf... 36-37 là..." et pourtant sur la feuille, il avait inscrit 35) et a vérifié mon col... tout ça en une minute, sans rien me dire. Il a posé le dopler pour écouter le coeur... un gros 4 secondes, alors qu'avec mon médecin, on peut l'écouter une bonne minute. Il ne voyait pas si la tête était en bas, il m'a donc dit de me rhabiller pour aller à la salle d'échographie. Et il ouvre la porte du bureau! Euh... j'ai les fesses à l'air moi là! Enfin... Je me lève, mets ma culotte, il rouvre la porte et nous dit "dépêchez-vous là!" Seigneur, je l'aurais étrippé! À la salle d'écho, il met du gel, pose la sonde, voit ce qu'il veut voir à l'écran et retire la sonde. Si j'avais cligné des yeux, je n'aurais rien vu! En fait, je n'ai rien vu! Il me dit bêtement que je dois revenir dans 2 semaines et s'en va. Vraiment, le pire médecin que j'ai vu dans ma vie! Et j'avais pourtant eu des bons commentaires sur lui.

J'avais des questions à lui poser. J'aime toujours savoir où j'en suis (col ouvert? Effacé? Qui sait!). Et surtout, j'aime me faire traiter comme une femme, non comme du bétail. Je suis sortie de là frustrée et déçue. Et le pire dans tout ça, c'est que je n'ai pas le choix de le revoir dans 2 semaines... J'espère vraiment que je suis seulement tombée sur une mauvaise journée et qu'il ne filait pas... S'il est comme ça au prochain rendez-vous, je changerai de médecin à nouveau. Tant pis. La fin de ma grossesse est un moment trop important dans ma vie pour le laisser se faire gâcher par un médecin frustré.

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Écrit par kiwi :: 11:46 AM :: 3 pelure(s)

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23 décembre 2005

35

Ça semble être le chiffre du jour: enceinte de 35 semaines, il ne me reste plus que 35 jours! Wow, déjà 8 mois, c'est incroyable! J'ai l'impression de dire ça à chaque mois, mais c'est fou comme ça passe vite! Je sens déjà la fin approcher et tout d'un coup je ne me sens pas prête! J'ai très hâte de voir mon bébé, oui, mais en même temps, je ne suis pas encore tannée de ma bédaine! J'ai tellement eu une belle grossesse jusqu'à maintenant, je n'ai pas encore envie que ça finisse!

Bon, bien sûr, quelques petits maux se sont ajoutés à la liste... Rien de vraiment ennuyant ni souffrant, je ne m'en rends presque pas compte... Je me fatigue plus facilement, ça c'est clair. Je ne peux plus aller magasiner pendant des heures sans en subir les conséquences, c'est à dire mal à l'aine et au dos. Je marche en canard et bien plus lentement maintenant. Mon ventre (qui me semble immense et d'un autre monde) commence à peser, mais je l'aime tellement! Pépin bouge un peu moins depuis quelques semaines, il est plus à l'étroit dans son cocon. Il me donne encore des coups de pied dans les côtes, le tannant! Il a le hocquet plusieurs fois par jour et ça me fait toujours rigoler.

Je ne me sens pas prête d'accoucher... Pas parce que ça me fait peur, mais simplement parce que je ne me suis pas encore faite à l'idée. Ça doit sembler bizarre, puisque j'ai eu tant de temps pour m'y préparer! Depuis le début, je voyais l'accouchement comme lointain. J'avais en masse le temps d'y penser, j'avais autres choses plus importantes auxquelles m'attarder avant ça! Et puis tout d'un coup, il ne reste que ça! Les cours prénataux sont terminés, la chambre est presque finie, les vêtements sont lavés, nous avons visité la maternité, le shower est passé, bref, prochaine étape: accoucher!

Il me reste encore (en théorie!) 5 semaines avec Pépin dans mon ventre. Je compte bien profiter de chaque seconde, frotter ma bédaine jusqu'à ce qu'elle brille, parler à Pépin et savourer chaque petit instant qu'il nous reste de cette si belle et magique proximité. Qui sait si je vais un jour revivre ces beaux moments... et si oui, dans combien de temps...

Pour souligner ce dernier mois de grossesse, voici une photo de la bulle de Pépin:
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Écrit par kiwi :: 1:28 PM :: 6 pelure(s)

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20 décembre 2005

Tôle froissée

Je suis partie ce matin pour aller chez mon doc, pour mon suivi de grossesse. Je n'ai jamais la voiture (Hom la prend tout le temps maintenant) alors je voulais en profiter pour faire plusieurs commissions, acheter mes derniers cadeaux de Noël et faire une petite livraison pour le travail. Je n'ai pu me rendre à aucune de mes destinations. En embarquant sur l'autoroute, je me suis faite frapper par un camion. Sous le choc, je suis éclatée en sanglots et je tremblais. Je n'avais qu'une pensée: mon bébé. Je n'étais pas blessée, je sentais Pépin bouger, mais le choc et la panique me faisaient un peu perdre mon calme. La police est arrivée, l'ambulance aussi. Ils ont rempli un rapport, se sont occupés de la voiture (qui est en mauvais état, mais pas perte totale) et m'ont amenée à l'hôpital, par mesure de précautions.

Je n'avais jamais pris l'ambulance de ma vie. Ils ont pris ma pression, qui était alors très haute. L'ambulancier a mis une sonde sur mon doigt et plusieurs sur ma poitrine et mon dos. Couchée, je me suis un peu calmée. Il m'a mis un masque d'oxygène pour faire descendre ma pression. Arrivée à l'hôpital, je ne sentais plus Pépin bouger. J'avais beau le brasser, il ne répondait pas... J'avais très peur. Alors que j'entrais au triage, Hom est arrivé. Ma pression était redevenue normale, mais je faisais un peu de fièvre. Mon cou me semblait raide. Ils ont décidé de m'envoyer à la maternité pour commencer, pour vérifier bébé. À la maternité, l'infirmière a placé le monitoring et nous avons tout de suite entendu le coeur de Pépin, bien fort. Il s'est remis à gigotter, comme s'il venait de se réveiller. Nous sommes restés là un bon moment, seuls, à écouter le coeur du bébé. Comme je n'avais pas de contraction ni de douleur, on m'a renvoyée aux urgences pour me faire examiner.

Je ne sais plus l'heure qu'il était, mais je sais que nous avons attendu un bon 5 heures à l'urgence. J'avais faim, j'avais mal au cou, je voulais aller chez moi et dormir. Hom a été très patient. Il m'a acheté un sandwich, s'est occupé des assurances et a même demandé à l'infirmière si je pouvais être ré-examinée vu que mon cou me faisait mal. On m'a couchée sur un lit et immobilisé le cou. Quand on m'a finalement appelée, on m'a demandé de mettre une chemise d'hôpital puisqu'on allait me faire passer une radio. Après un bon bout de temps, un médecin est venu me voir. Il a examiné mon cou, ma gorge (vu que mon rhume n'est pas encore tout à fait fini) et tout était beau. Mon cou n'est pas blessé, seulement un peu meurtri. Et le plus important: bébé est correct et bien au chaud dans mon bedon.

Bien plus de peur que de mal, comme on dit... Je dirais plutôt bien plus de trouble que de mal. Les assurances, la journée de travail perdue, la voiture au garage pour au moins 2 semaines, l'argent qu'on aurait préféré mettre ailleurs... C'est toujours dans des moments comme ça, alors qu'on a des heures à tuer dans une salle d'attente, qu'on se rejoue les événements comme un film, en continu. Tout me semble encore flou, je ne suis pas certaine de ce qui s'est passé exactement. Je sais que je ne suis pas responsable, mais je me suis quand même dit "si je n'avais pas fait ci ou ça..." Embarquent les remords et les regrets, les j'aurais donc dû... Si j'étais partie une minute plus tôt ou plus tard, si j'avais pogné une lumière rouge de plus... Même si ça ne donne absolument rien, je ne pouvais empêcher ma tête de penser. L'important, c'est que bébé et moi sommes saufs. Le reste, même si bien achalant, surtout si près des fêtes, ne compte pas tant que ça...

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Écrit par kiwi :: 9:20 PM :: 9 pelure(s)

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19 décembre 2005

Lampe d'Aladin

Alors que devenir maman était encore un rêve, du temps où je n'osais même pas imaginer ce que c'était qu'avoir un ventre ron