LES PÉPINS DE KIWI


Réflexions douces-amères d'une infertile maintenant maman.

18 décembre 2005

Surprise (finalement!)

Dimanche le 4, comme prévu, Hom m'amène au restaurant pour mon shower la fête de sa tante. En arrivant là-bas, nous voyons ses parents et sa tante, seuls à une table, essayant de faire durer la surprise. Ils sont assis à une table juste à côté d'une grande porte... la porte de la salle de réception, bien sûr... Le beau-père nous dit qu'il a quelque chose à nous montrer et ouvre la porte. Je mets mon masque de surprise et j'entre...

Je n'ai pas eu à faire semblant, j'ai vraiment été surprise. Oui, je savais que ce serait mon shower, mais je ne m'attendais pas du tout à ce que j'ai vu quand il a ouvert la porte. Une grande salle, toute décorée, remplie de gens (plus qu'une cinquantaine!) qui souriaient et qui semblaient heureux de nous voir arriver. Tant de gens, tant d'amour dans une même salle, je n'en reviens pas encore...

Il y avait là mes ami(e)s, ma famille, celle de Hom, des ami(e)s de la famille... Tous venus pour célébrer l'heureux événement qu'est l'arrivée prochaine de notre garçon. Nous avons fait le tour, embrassé tout le monde. Puis ma mère m'a prise par la main et ma amenée vers le mur où était posée une banderole. Sous la banderole, une courtepointe accrochée sur une corde à linge. Le souffle m'a presque manqué! La chambre de bébé a pour thême le Petit Prince. Sur cette courtepointe, 15 carreaux sont brodés à la main. Ces carreaux, tous représentant un dessin différent du Petit Prince, ont été brodés par 15 personnes différentes, à leur façon. Des amies d'enfance, ma tante, ma grand-mère, ma mère, des amies de ma mère, ma cousine, mes belles-soeurs... 15 femmes ont brodé pour mon petit garçon à naître. Quel cadeau unique et extraordinaire! Quelle bonne idée!

La soirée a été très amusante, remplie de surprises. Plusieurs jeux avaient été organisés, dont un où les gens devaient estimer la grosseur de ma bédaine à l'aide d'une corde. J'ai alors vu que les gens me croyaient bien plus grosse que je ne le suis en réalité! Hom et moi avons eu droit à une dégustation de purées de bébé (vraiment mauvais!) et Hom a dû compétitionner avec d'autres gars en mitaines pour changer une couche.

Nous avons été ensevellis de cadeaux, allant du matelas au pyjama, en passant par les piqués, débarbouilettes et couvertures. Une amie avait fait les emballages, dont un en forme de gâteau de noces. Des étages de couches roulées, entourées de couvertures et parsemées de jouets, produits pour le bébé, pantoufles...

La soirée a été super agréable et a passé très vite. Je n'ai pas eu le temps de parler à tout le monde tellement il y avait de gens et tellement je me faisais demander d'un bord et de l'autre. Mais de voir tous ces gens autour de nous, souriants, heureux de célébrer avec nous cet événement, a gonflé mon coeur. J'ai passé la soirée à sourire, à parler, à rire et rien n'était forcé. Les mains se sont succédées sur mon ventre et ça ne me dérangeait pas le moins du monde!

Je n'ai pas pleuré de la soirée tellement j'étais à la fois dépassée par les événements et heureuse d'être autant couverte d'amour. Une fois le party terminé, les cadeaux embarqués dans la voiture et la portière fermée, je n'ai pas pu retenir les larmes. J'ai pleuré et pleuré, de bonheur, d'incrédulité, d'un mélange d'émotions... Je me demandais bien ce que j'avais fait, moi, pour mériter autant d'attention et d'amour. Je ne suis pas toujours une bonne amie, ni une bonne fille. Malgré tout, tant de gens se sont déplacés pour nous, pour nous montrer qu'ils partagent notre bonheur. J'ai pleuré aussi de remords. Je n'avais pas laissé le bénifice du doute à ma mère. Je ne croyais pas qu'elle ferait quelque chose comme ça. Je n'y avais pas cru, je partais avec l'idée que ce serait ordinaire. Je m'en voulais d'avoir pensé ça alors qu'elle et mes amies se sont donné beaucoup de mal pour faire de cette soirée notre soirée. J'ai pleuré en déballant les cadeaux chez moi, en imaginant la venue de notre garçon. J'ai pleuré en regardant la courtepointe, en voyant la broderie de ma mère et celle de ma grand-mère... Pépin aura toujours un petit morceau de sa grand-mère et de son arrière-grand-mère dans ses souvenirs. Et j'ai pleuré parce qu'enfin, sa venue éminente se concrétisait dans la maison sous forme d'objets. J'ai pleuré en pensant qu'après tout ce temps, c'était vrai, on allait devenir parents dans très peu de temps.

Je suis énormément reconnaissante pour cette belle soirée. Je m'en souviendrai toute ma vie.

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Écrit par kiwi :: 11:10 AM :: 2 pelure(s)

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14 décembre 2005

Visite de la maternité

Nous avions une visite de la maternité à l'hôpital où j'accoucherai ce soir. Un simple petit tour, question de savoir où aller et ce qui nous attend. J'ai bien apprécié visiter les chambres d'accouchements, le centre des naissances et tout ça... Ça me rassure, ça fait un inconnu de moins (et dieu sait qu'il y en a de l'inconnu qui nous attend!). Ça m'a asussi rassurée de savoir que la plupart des choses que je veux écrire dans mon plan de naissance sont des choses qu'elles font déjà d'emblée à cet hôpital. Les chambres sont grandes, bien pensées, dotées de bain tourbillon, ballon, radio, etc. Ça rend l'accouchement un peu moins "médical".

Ouf, je n'en reviens pas comme le temps passe vite! Je suis déjà en train de planifier ma valise pour l'accouchement, pratiquer mes respirations... Dans un mois, nous tiendrons notre bébé dans nos bras. Ça me semblait si impossible si longtemps et maintenant, je peux y toucher du bout des doigts!

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Écrit par kiwi :: 10:20 PM :: 2 pelure(s)

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12 décembre 2005

Petite complainte

J'ai encore le rhume... Je l'ai eu au début de novembre et là, encore une fois... Je suis vraiment tannée d'être malade, moi qui ne le suis jamais habituellement. Les rares trucs qu'on peut prendre pour nous soulager ne m'aident pas vraiment. Je n'ai pas le goût de rien faire, je rôde dans la maison, boîte de mouchoirs dans une main et bouteille d'eau dans l'autre, me demandant combien de temps va durer ce satané rhume. En novembre, il avait duré près de 2 semaines, s'était étiré, transformé en sinusite... J'étais en plein rush de travail, je n'avais pas pu me reposer comme il faut. J'espérais pouvoir récupérer plus vite cette fois-ci, mais j'ai beaucoup de difficulté à dormir... Les choses à faire dans la maison et côté travail commencent à s'accumuler, je commence des tas de posts ici, mais je n'ai jamais le temps ou l'énergie de les finir (oui oui, je vais vous raconter mon shower!), il me reste très peu de temps avant les vacances de Noël pour tout terminer... bref, le rhume est vraiment de trop! C'est loin d'être grave ou dramatique... je ne suis pas du genre à me plaindre habituellement, mais aujourd'hui, je suis tannée, fatiguée et congestionnée... ma gorge me fait mal, mon nez est irrité, je ne goûte rien... je me sens moche et misérable et crevée... et tout ce dont j'ai envie, c'est chialer et boire du bouillon...

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Écrit par kiwi :: 1:32 PM :: 1 pelure(s)

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2 décembre 2005

Shower et liste

Au début de ma grossesse, alors que je venais de lui annoncer, ma mère m'a demandé si elle devait me faire un shower. Je lui avait répondu que c'est elle qui décidait, mais que oui, habituellement, c'est la mère qui organise.

Après mon écho de 18 semaines, elle m'a demandé de lui donner ma liste de choses à acheter et m'a interdit d'acheter quoi que ce soit sur cette liste tant qu'elle ne m'en aurait pas donné la permission. J'ai quand même pu acheter certaines choses que je n'avais pas mises sur la liste: la bassinette, la poussette, quelques vêtements... Mais depuis un mois, l'envie de magasiner pour bébé me démange. Les fêtes arrivent et les magasins seront bondés de gens frustrés d'avoir attendu à la dernière minute pour les cadeaux. Ça ne me tentait pas de devoir magasiner en décembre, mais ça semble parti pour ça. Bien sûr, je vais attendre après Noël et espérer qu'il reste de quoi dans les magasins. Après tout, je ne suis pas encore pressée. Je ne veux juste pas devoir attendre à la dernière minute avant de faire un blitz de magasinage pour bébé. J'aimerais avoir l'esprit tranquille quelques semaines avant ma date. Magasiner n'est déjà plus une partie de plaisir pour moi, avec mon dos qui finit par faire mal et l'envie d'uriner qui me prend aux 15 minutes, j'aurais aimé le faire alors que ce n'est pas encore trop pénible.

Bref, depuis un mois, je me pose bien des questions. Je me demande quand j'aurai à nouveau le contrôle sur ma liste. Je me demande si ma mère va m'organiser un shower ou pas. Et je me demande comment ils feront pour réussir à me surprendre.

Pendant des mois, je me suis dit que j'en aurais peut-être pas. Et ça ne me dérangeait pas. Bon ok, c'est certain que ça dérange un peu... Je rêve depuis si longtemps de ce bébé, le shower faisait aussi parti du rêve. Pas un gros party, pas des tonnes de cadeaux. Seulement les gens que j'aime qui m'entourent et partagent notre joie d'attendre cet enfant. Mais si j'étais pour ne pas avoir de shower, je n'en voudrais pas à ma mère. Je ne m'attends pas à ça, je n'exige pas ça de personne. Sauf que, si je n'étais pas pour avoir de shower, je me demandais bien quand aurais-je droit de magasiner et de préparer le nid de notre bébé! Il me reste 2 mois, peut-être, mais on doit considérer qu'il y a le temps des fêtes là-dedans, que je ne tombe pas en congé avant d'accoucher et que je préfèrerais ne pas attendre une semaine avant d'accoucher avant d'acheter ce qu'il nous manque. Ce n'est pas tant de la panique qu'un grand sens de l'organisation et de la prévoyance. J'aime planifier et avoir le tmeps de tout organiser à ma façon.

Lundi, Hom s'en va chez une de ses tantes pour réparer son ordi. Après avoir terminé, il m'appelle pour me dire qu'il s'en vient. Il hésite un peu et me dit "oh et euh... on fête ma tante dimanche" et change rapidement de sujet. Sachant à quel point j'adore les réunions de famille, surtout pour la fête d'une tante de qui nous ne sommes pas du tout proches, il ne veut pas insister. Lorsqu'il est de retour à la maison, il me dit qu'il n'a pas les détails, qu'il doit parler à sa mère. Mardi, je lui demande les détails. Il me dit que ce sera un gros souper de famille, avec entre autres sa cousine qui vient de se faire opérer pour un cancer du sein. Il me dit qu'étant donné qu'il n'y aura pas de gros party le 24 comme par les années passées, ils ont décidé de faire un souper à la place et de fêter sa tante en même temps. Tout ça semble plausible, venant de sa famille. Mais ça reste vague.

Ce n'est que mercredi matin que la lumière s'est allumée dans ma tête. Je me demandais bien aussi comment Hom réussirait à me faire sortir de chez nous sans éveiller de soupçons. Je lui ai donc dit, mercredi soir: "alors, dis-moi donc, c'est quoi encore cette histoire de souper?" Je l'ai pris par surprise et il a dû voir que je n'étais plus dupe car il n'a même pas essayé d'inventer une histoire ou d'en rajouter sur celle-là. Il est parti à rire, moi aussi et le chat était sorti du sac.

Pauvre Hom! Il a dû inventer quelque chose de plausible à la dernière minute, avec des éléments qui sortent de l'ordinaire pour nous et qui à la base, étaient déjà suspects. Un souper dans un resto où nous n'allons jamais, un dimanche soir? Près de chez nous, alors que nous sommes les seuls qui habitons dans ce coin? Aucun anniversaire à l'horizon... Ses parents ne nous invitent jamais au resto, ils nous invitent plutôt chez eux... Bref, il devait inventer quelque chose et je lui donne tout le mérite qui lui revient car après tout, j'y ai cru un instant!

Alors bon, je connais l'endroit et le moment. Je ne sais pas qui y sera ni ce qu'il se passera. Je suis déjà très reconnaissante pour cette soirée et elle n'est pas encore passée. Je ne sais pas encore si je vais faire semblant d'être surprise... Je suis très mauvaise actrice! Mais je sais que, surprise, pas surprise, je verserai quelques larmes et je serai heureuse de voir des gens que j'aime, nous entourant et partageant notre bonheur. Enfin!

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Écrit par kiwi :: 9:45 AM :: 4 pelure(s)

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29 novembre 2005

Les congés

J'ai l'immense chance de vivre une grossesse sans problème juqu'à maintenant. J'ose espérer pouvoir continuer sur cette lancée jusqu'à la fin. Mais je me demande souvent ce que je ferais si je devais garder le lit ou simplement arrêter de travailler d'ici la naissance du bébé. Je n'ai pas droit au congé de maternité comme les femmes salariées. Je n'ai pas droit à la CSST ni au chômage, puisque je travaille à mon compte.

Travailler à mon compte a été un choix et je ne le regrette pas. Bien sûr, il y a des moments difficiles, où je me rends compte que travailler pour quelqu'un d'autre a certains avantages. Mais quand je fais de la pige à l'extérieur comme ça m'arrive beaucoup ces temps-ci, dans un petit cubicule parmis tant d'autres, avec des gens autour de moi et un patron au-dessus de mon épaule, je me rappelle à quel point je ne suis pas faite pour cette vie-là. Je suis bien chez moi, je n'aime qu'avoir moi-même comme patron.

Mais, quand viennent les jours où je suis fatiguée, ou bien malade, je me dis que ce serait bien de pouvoir caller malade et rester chez moi, au lit, à dormir. Quand viennent les jours de gros rhume comme ceux d'il y a quelques semaines, je me dis que je serais tellement mieux en pyjama, devant un bon film à boire du bouillon de poulet, plutôt que de tout faire pour garder les yeux ouverts dans mon petit cubicule beige. Mais ça fait partie de la vie d'un travailleur autonome. On peut choisir notre horaire, oui, mais aucun congé n'est payé.

J'en viens donc à me demander ce qu'il adviendrait de moi et de mes clients si je devais, d'ici la fin de la grossesse, garder le lit ou être hospitalisée. Je le ferais, pour le bien du bébé et le mien, mais le prix à payer serait énorme. Je perdrais beaucoup de contrats, probablement des clients même. Je perdrais le contrôle sur ce que j'ai mis des années à bâtir.

Quand les gens me demandent si je vais travailler jusqu'à la fin, je réponds toujours oui, je n'ai pas vraiment le choix. Il y a des jours où je me dis que j'aimerais donc ça, pouvoir arrêter un peu avant, le temps de me reposer, de faire tout ce que j'aimerais faire avant la venue du bébé. J'aimerais avoir l'esprit tranquille quelques semaines avant l'accouchement. J'aimerais pouvoir éliminer l'inquiétude de devoir gérer ma compagnie si jamais je suis forcée à rester au lit. J'aimerais pouvoir compter sur l'aide gouvernementale pour les mamans qui travaillent. Mais non, tant que je ne serai pas réellement maman, je n'aurai pas droit à un sou du gouvernement. Les travailleurs autonomes auront droit à un congé parental seulement à partir du moment où elles accouchent, et ce, à compter du 1er janvier 2006.

Je sais que beaucoup de femmes n'auront toujours rien ou n'ont rien eu dans le passé à cause de règles rigides et souvent ridicules. Je ne tente pas de faire un débat sur la question ni de faire pitié. Je veux seulement parler de ma réalité, celle d'un travailleur autonome qui travaille très dur depuis des années, qui paye ses impôts comme tout le monde à chaque année. Je tiens à en parler seulement pour qu'on arrête de me dire que je vais pouvoir me reposer pendant mon congé de maternité. Non, je ne pourrai pas, puisque quand je serai en congé, Pépin sera là. Je tiens à en parler pour que les femmes qui ont droit à cet avantage sachent à quel point elles sont chanceuses. On prend souvent ces avantages pour acquis, ils sont là et on ne se posent pas de question. Je les envie, les femmes qui choisissent de prendre un congé de maternité avant d'accoucher. Je ne les envie peut-être pas pour la même raison, les femmes qui doivent rester au repos, mais j'envie le fait qu'elles puissent le faire sans trop de tracas financiers. J'aimerais tellement avoir quelques semaines avant la venue de Pépin pour tout préparer tranquillement, pour lire les livres que je tenais à lire, pour bien profiter des derniers instants avec ma bédaine.

Au lieu de ça, je devrai continuer à travailler, essayer d'en faire le plus possible avant de partir pour ne pas que mes clients se sentent trop pris à la gorge une fois que je serai vraiment en congé. Et ce congé, il ne durera pas longtemps... 2 mois, tout au plus, puisque je devrai recommencer à travailler graduellement pour ne pas perdre ma clientèle. J'ai trouvé quelqu'un pour me remplacer, mais je vais quand même devoir m'occuper de la gestion et de l'administration. Je vais essayer de trouver un équilibre entre la vie de maman et celle de travailleure autonome. Je vais essayer de ne pas négliger le premier pour le deuxième. Je vais essayer de faire beaucoup plus que ce que je fais là, avec autant d'heures dans une journée et moins de sommeil. Et je sais que malgré tout, ça vaudra la peine.

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Écrit par kiwi :: 2:07 PM :: 1 pelure(s)

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24 novembre 2005

Rencontre prénatale

Nous avions cette semaine notre premier cours prénatal. Je ne m'attendais pas à grand chose, mais j'étais quand même curieuse de voir. Je ne pensais pas apprendre grand chose et je ne me suis pas trompée.

Nous sommes entrés dans une petite salle où une douzaine de couples étaient assis sur des chaises inconfortables, tout le long des murs. Un grand cercle où s'alternaient papas et bédaines. Nous avons pris place parmis ces couples de futurs-parents. Être entourée de femmes enceintes, c'est le pire cauchemar d'une femme infertile. Heureusement, j'ai maintenant ma bédaine et mon bébé à moi qui me servent de bon bouclier.

L'infirmière nous a parlé des différents malaises de la grossesse, surtout vers la fin de celle-ci. Nous avons fait quelques exercices sur des petits matelas bleus. Puis elle a envoyé les hommes dans une autre pièce, sans supervision, pour jaser. Nous avons fait la même chose de notre côté. Je n'ai pas vraiment la même vision de la grossesse que madame tout le monde. J'ai une perspective différente, pusique j'y suis arrivée par un chemin différent. Je ne me retrouvais donc pas dans tout ce que les autres filles disaient. J'ai depuis longtemps décidé que maintenant que Pépin est bien en route, je ne me gênerais plus de parler de mon infertilité. C'est important pour moi que les gens sachent d'où nous venons, sans nécessairement connaître les moindres détails. Quand est venu mon tour de parler de ce que la grossesse changeait à mes émotions, j'ai dit ouvertement que pour moi, non, la grossesse ne me donnait pas de saute d'humeur et non, je ne suis pas plus insécure ou plus intolérante depuis que je suis enceinte. Et je ne dénie rien, Hom a dit la même chose de son côté. J'ai parlé des 3 années à essayer, des effets secondaires des traitements qui étaient bien pires que ceux de la grossesse. J'ai dit qu'après plusieurs mois sous injections et Femara, les sautes d'humeur d'une femme enceinte, c'est de la petite bière! Après avoir traversé ces épreuves, celles apportées par la grossesse nous semblent bien faciles.

J'ai été touchée de voir qu'Hom a aussi parlé de notre parcours avec les autres hommes. Je suis habituée d'en parler, que ce soit virtuellement ou non, mais j'ai rarement entendu Hom en parler, surtout avec des inconnus. Ça m'a fait du bien, je ne saurais trop expliquer pourquoi...

Le cours s'est terminé sur un splendide petit vidéo datant des années 90 sur la grossesse et le papa. L'homme au centre du film parlait comme un imbécile ("je sais pas si m'a t'être un bon père") et tenait des propos insipides. La scène de l'accouchement était particulièrement pathétique, avec ses encouragements énervants destinés à sa blonde (je me demande encore comment elle s'est retenue de lui fourrer une claque) et ses commentaires vides de sens ("en tout cas hein ouf! j'te dis.. ouf! c'est hen!"). Hom et moi avont bien rigolé. Je l'ai bien averti que s'il m'encourageait de la sorte, il recevrait un bon coup de pied.

Une première rencontre quelque peu inutile, où je n'ai pas vraiment appris grand chose et où le temps semblait parfois un peu long (ça a quand même duré deux heures). Les autres rencontres devraient être plus intéressantes, puisqu'elles traiteront de l'allaitement et de l'accouchement en tant que tel.

Au pire, ça nous fera encore un peu rigoler!

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Écrit par kiwi :: 6:29 PM :: 2 pelure(s)

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15 novembre 2005

L'autobus

Depuis quelques semaines, j'ai recommencé un contrat bi-annuel au centre-ville. Je prends donc l'autobus pour m'y rendre et revenir. Le matin, à l'heure de pointe, il n'y a jamais de place assise, étant donné que je suis en bout de ligne. On ne m'offre jamais son siège, mais bon, ce n'est rien de grave, il y a un arrêt après le mien et bien des gens y descendent. Je n'ai donc jamais eu à faire le trajet debout. De toute façon, je me dis que ça ne paraît pas vraiment lorsque j'ai mon manteau...

Le soir, je suis la plupart du temps debout aussi. Il y a eu un soir où je me sentais très fatiguée et où j'avais très mal au dos. Je me sentais mal de prendre la place de quelqu'un, mais mes jambes faiblissaient. Personne ne m'a offert son siège. J'ai donc ouvert mon manteau, enlevé mon foulard et fait ressortir mon ventre un petit peu. Oui, je l'avoue, j'ai profité de ma situation de femme enceinte! Et ça a fonctionné! Une gentille dame m'a demandé si je voulais m'asseoir et moi, toute innocente "oh non! Merci beaucoup! Ça va aller!" Je ne sais pas pourquoi, je me sentais quand même mal de prendre sa place. Je ne sais pas quel genre de journée elle a passé, je ne sais pas si elle a mal au dos elle aussi... Peut-être mérite-t-elle plus une place assise que moi... Elle m'a répliqué : "Non, assieds-toi! Je sais ce que c'est! Tu dois en profiter!" et elle s'est levée, ne me laissant pas d'autre choix que de prendre sa place. Dans ma tête résonnait un petit "yesss!", mais je me sentais un peu profiteuse en même temps...

Ce matin, personne ne m'a offert son siège, mais une dame m'a indiqué un siège vide quand il y en a eu un, alors qu'elle était debout elle aussi. Je n'avais même pas détaché mon manteau! Et ce soir, j'étais encore une fois debout, le manteau attaché, le foulard enroulé jusqu'au nez. La dame devant moi (bizarre comment ce sont toujours des femmes qui m'offrent leur place!) m'a demandé si je voulais m'asseoir. Encore une fois, belle nounoune, je lui ai répondu "non, merci! Ça va! Merci beaucoup!" Elle a hésité quelques secondes, puis s'est levée et m'a obligée à m'asseoir. D'acord, j'ai compris! Je ne jouerai plus l'innocente faite forte et j'accepterai tous les sièges qu'on m'offre à l'avenir! C'en est assez de cet orgueil mal placé, alors qu'au fond, on m'offre ce que je veux!

J'ai quand même pris la peine d'ouvrir mon manteau, au cas où des gens autour de moi se demanderaient pourquoi je prends la place des dames plus âgées que moi...

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Écrit par kiwi :: 8:44 PM :: 2 pelure(s)

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3 novembre 2005

La 3e dimension

Hier après-midi, nous avions rendez-vous dans une clinique pour faire une échographie 3D. Cette échographie est seulement pour s'amuser, elle n'est pas du type diagnostique. Un ami nous avait offert cette écho en cadeau et nous étions très contents. Nous allions revoir Pépin encore une fois, avant de le voir en vrai dans moins de 3 mois!

L'échographie avait lieu dans une clinique privée de fertilité. Quand j'étais suivie en fertilité, j'allais dans une clinique d'obstétrie et je croisais à chaque fois des femmes au ventre rond. J'essayais de ne pas trop leur en vouloir, mais des fois, c'était plus fort que moi. Hier, dans cette clinique inconnue pour moi, j'étais la seule avec un ventre. Ils ont eu la délicatesse de me faire asseoir dans une salle d'attente différente et je l'ai apprécié, au nom des autres couples présents. Je me sentais tellement mal d'être là, pour la simple raison que je voulais revoir mon bébé sur un écran, alors que ces autres couples étaient là pour essayer, encore une fois, un traitement pour réussir à faire un enfant. Même si j'ai été dans leurs souliers longtemps, je ne me sentais pas à ma place du tout. Après tout, ce n'est pas écrit dans mon front (ou sur mon ventre) que ça a pris 3 ans à l'avoir cet enfant.

L'attente pour l'écho n'a pas été longue, mais elle m'a semblée interminable. J'avais hâte d'être cachée dans une salle d'échographie pour pouvoir sourire sans blesser quelqu'un (et je dis ça par respect, non parce que je me sentais détestée).

L'écho s'est bien déroulée. Ça faisait quelques jours que je sentais moins bouger Pépin. Je sentais aussi une pression à droite de mon nombril. Nous avons su pourquoi: il s'est tourné la tête vers le bas! Le coquin a trouvé la porte de sortie, mais j'espère bien qu'il ne la prendra pas de sitôt! Le fait qu'il ait la tête en bas a par contre limité les possibilités de voir son profil. Il était placé en petite boule, les mains dans le visage, presque tout le long de l'échographie. On a essayé de le faire bouger, sans succès. Le chocolat et le café ne l'ont pas réveillé non-plus. Monsieur était bien installé au creux de mon bassin et ne dérrogeait pas de sa position foetale.

Ce fut une très belle expérience. Après tout, le simple fait de revoir notre bébé vaut le déplacement. J'ai adoré le voir d'une façon différente, de voir à quel point il avait encore grandi. Je peux maintenant comprendre comment il est placé dans mon ventre et un peu déduire quels sont les coups que je reçois. J'aurais trouvé ça long, de 18 semaines à la fin sans le revoir. Chaque échographie rend son existence un peu plus concrète, un peu plus palpable. Chaque échographie me remet en plein visage la chance immense que nous avons de vivre cette grossesse. Chaque échographie me fait retomber en amour avec mon petit garçon.

Voici quelques images d'un Pépin en 3D.
La bouche ouverte, avec sa petite main
Ses grosses joues
Ses mains et son pied devant son visage
Pépin penseur
Ses grands pieds
Il se pince le nez
Il suce son pouce

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Écrit par kiwi :: 9:10 PM :: 9 pelure(s)

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27 octobre 2005

Résultats

Lundi dernier, j'ai fait le test pour le diabète de grossesse. J'avais déjà fait ce test en fertilité, question de savoir si j'avais le syndrôme des ovaires polykystiques. Le test était revenu normal, ce pourquoi je n'ai pas immédiatement eu le bon diagnostique (les SOPK viennent souvent avec une résistance à l'insuline, mais pas dans mon cas). Enfin bref, lundi dernier, nouveau face à face avec le petit jus orange et les 2 heures d'attente. Tout s'est bien passé, pas de nausée, pas d'étourdissement, seulement quelques petits rapports après avoir bu en 5 minutes le breuvage pétillant et sucré. J'ai pu lire mon Mieux vivre avec notre enfant tout neuf en paix.

Mardi matin, j'avais mon suivi chez le médecin. L'infirmière m'a demandé si j'avais passé mon test de diabète et quand je lui ai dit oui, elle a appelé l'hôpital pour avoir les résultats. Merveilleux, je n'aurai pas une semaine à stresser pour ça! Finalement, tout est parfait, je n'ai aucune raison de m'inquiéter. La seule chose qui a un peu fatigué l'infirmière et mon médecin est ma prise de poids. Si on regarde au total, ça paraît quand même correct, 14 livres en 6 mois. Mais quand on sait que j'ai pris ces 14 livres dans les 8 dernières semaines, c'est un peu moins bien. Je dois seulement surveiller ma diète, essayer de faire plus attention dans les semaines à venir. Je ne crois pas avoir mal mangé ou abusé des bonnes choses, mais je vais quand même faire attention. Je vais aussi recommencer les exercices que j'avais un peu délaissés. Ça devrait faire du bien à mon dos en même temps. Bon, je sais que les médecins ont tendance à dramatiser et qu'ils ne sont jamais satisfaits, mais je ne le fais pas pour lui, mais pour moi. J'ai toujours eu de la difficulté à perdre du poids (entre autres à cause des ovaires polykystiques) et je veux, autant que possible, éviter d'avoir à en perdre beaucoup dans 3 mois.

L'important est ma santé et celle de Pépin et pour l'instant, tout est numéro un. J'ai bien l'intention de continuer sur cette route!

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Écrit par kiwi :: 9:58 PM :: 2 pelure(s)

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22 octobre 2005

6 mois

C'est incroyable. Je me réveille un matin, je me rends compte tout d'un coup que je suis enceinte de 26 semaines, que mon décompte est passé sous la barre des 100 jours. Je réalise que dans 3 mois, je tiendrai mon bébé dans mes bras. Et puis je panique un peu. La chambre n'est pas faite, je n'ai pratiquement rien acheté (embargo de ma mère, j'en reparlerai plus tard), je n'ai pas lu tous les livres que je voulais lire, je n'ai pas pris autant de photos que j'aurais voulu, je n'ai pas vu le temps passer... et puis, je ne connais rien aux bébés!!!

Mais au-delà de la panique et des peurs normales d'une future maman, je ressens aussi un immense bonheur d'être rendue à 6 mois de grossesse. Je me sens tellement privilégiée, tellement choyée de vivre cette belle aventure, malgré le temps perdu à la faire démarer. Six beaux mois, sans vraiment de désagrément, sans côté négatif, sans anicroche. Bon, je dois l'avouer aujourd'hui, je ne vis peut-être pas une grossesse aussi parfaite et rose que je voudrais le laisser entendre. J'ai ma part de petits malaises, surtout ces derniers temps. On dirait que la grossesse m'a finalement ratrappée! Non seulement mon ventre a pris beaucoup d'expansion depuis le dernier mois, mais mon corps commence à vraiment ressentir les changements que Pépin lui apporte. Mon dos me fait mal depuis 2 semaines, j'ai de la difficulté à me lever du lit (où sont passé mes abdos?), j'ai même eu plusieurs épisodes du syndrôme du tunnel carpien (main et bras engourdis, surtout la nuit). Je marche en canard et je fais des petits ronds mouillés dans mes camisoles. Mais rien de tout ça n'arrive à la cheville des malaises émotionnels que nous avons surpassés pour arriver ici. Rien de tout cela ne me pousse à me plaindre ou à avoir hâte que tout se termine. Oui, bien entendu, j'ai hâte de rencontrer mon petit garçon. Mais j'apprécie encore chaque moment de ma grossesse, chaque coup de pied et coup de coude qui fait bouger mon ventre. Je me rends compte aujourd'hui qu'il ne me reste que 3 mois avec mon petit homme si près de moi. Il ne nous reste que 3 mois avant son arrivée. C'est si vite passé, 3 mois! Ce sera Noël dans le temps de le dire, puis les semaines débouleront avant l'arrivée de Pépin.

J'ai espéré et attendu ce moment si longtemps, je n'y croyais presque plus et maintenant que j'y suis plongée, j'ai encore peine à y croire. Ça a passé si vite, ces 5 derniers mois en compagnie de Pépin. Pendant des semaines, j'ai flatté mon ventre plat à chaque fois que je ressentais une crampe ou un tiraillement, en implorant Pépin de rester accroché, de rester avec nous. Je lui ai promis des tonnes de bisous, une montagne de crème glacée et de chocolat s'il restait avec moi pour 8 autres mois. J'ai pleuré de peur et d'angoisse de le voir partir trop tôt. Je me suis empêchée d'être heureuse, de peur d'encore une fois me faire voler mon bonheur. Je lui ai parlé sans arrêt, je lui ai donné des tas de bons arguments pour qu'il laisse une chance. Je considère chaque petit coup, chaque mouvement comme un petit lot gagné à la loterie. Je croyais qu'avec mon amertume et ma rage d'infertile, je ne pourrais pas profiter aussi pleinement de ma grossesse que si ça avait été plus facile. Ça m'a pris du temps avant de me laisser être heureuse librement, mais j'y suis arrivée. Apprécier être enceinte et être joyeuse publiquement n'enlève rien à ce que nous avons vécu et ne me met pas dans le camps des fertiles pour autant. Je crois seulement qu'après avoir été malheureuse si longtemps, non seulement j'ai le droit d'apprécier ce que j'ai aujourd'hui, mais je me le dois. Je nous le dois, à Hom, à moi et à tous les couples infertiles qui rêvent d'avoir ce que nous avons. J'ai le droit de le crier sur tous les toits, j'ai le droit de flatter ma bédaine en public, j'ai le droit de rougir de bonheur quand bébé donne un coup de pied sous mon nombril. J'ai acquis ces droits, avec tout ce que ça implique, à la sueur de mon front et aux larmes de mon coeur.

Dans 3 mois, bébé entrera dans nos vies d'une nouvelle façon. Dans 3 mois, nous ne serons plus futurs parents, mais parents. D'ici là, je vais continuer à savourer chaque moment passé avec lui si intimement lié à moi. Si 6 mois, ça a passé vite, je n'ose même pas imaginer comment les 3 prochains fileront comme des flèches!

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Écrit par kiwi :: 7:29 PM :: 0 pelure(s)

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21 octobre 2005

Début de contrat

J'ai un contrat qui revient aux 6 mois. Ce matin recommençait le contrat. Je suis donc allée au centre-ville afin de ramasser le travail à faire. Je prends l'autobus pour m'y rendre, c'est bien plus simple et plus rapide que prendre la voiture. Je suis en fin de trajet, donc je dois habituellement rester debout. Ce matin ne faisait pas exception. Sauf qu'après même pas 2 minutes, une dame s'est levée pour m'offrir sa place. J'étais très émue de son beau geste et surtout, je l'avoue, très fière que ça paraisse enfin.

Je ne vois les gens du bureau qu'aux 6 mois. Donc, ils ne m'avaient pas vue depuis le début de ma grossesse. En fait, personne n'était au courant, j'avais volontairement gardé le secret pour leur voir l'air quand ils me verraient arriver avec mon ventre. Ça n'a pas été long que toutes les filles étaient énervées et rigolaient et me posaient des tas de questions. J'ai été très surprise de me sentir tout à fait à l'aise et heureuse de parler de tout ça. Quand une collègue m'a demandé si c'était une surprise ou si c'était planifié, je ne me suis pas gênée de lui dire que ça nous avait pris 3 ans. Elle a répondu "Oh! Alors vous devez être encore plus heureux! Il a tellement été attendu!" avec un grand sourire. Quand la patronne m'a posé la même question et que je lui ai donné la même réponse, elle m'a demandé si j'avais pris des hormones. Je lui ai répondu que oui et elle a dit "aah... tu avais de la difficulté à tomber enceinte..." avec un air sincèrement désolé. Wow, je ne m'attendais tellement pas à ça!

Quand on essayait d'avoir un enfant, je n'aimais pas vraiment qu'on me pose des questions sur nos démarches. C'est pourquoi je préférais ne pas en parler du tout. Maintenant que Pépin grandit bien dans mon ventre, on dirait que je tiens à en parler. Je tiens à ne pas passer pour une fertile, même si ça n'a rien de mal en soi. Je tiens à préciser que ça n'a pas été facile. Pas pour nous faire prendre en pitié, loin de là, mais plutôt parce que c'est ce que nous sommes, ça fait partie de nous et même si ça a été énormément difficile, c'est important pour moi. Aussi, on ne peut jamais vraiment deviner qui est infertile et qui ne l'est pas. Je me dis que si quelqu'un avec un problème d'infertilité m'entend raconter nos 3 ans d'essais et nos traitements et me voit avec mon ventre rond, elle pourra peut-être y trouver un peu d'espoir. Je sais qu'avant de tomber enceinte, je détestais voir toute bédaine ronde. Avoir su, en les voyant, que certaines de ces bédaines avaient été très attendues et désirées, je les aurais peut-être moins foudroyées du regard...

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Écrit par kiwi :: 4:43 PM :: 1 pelure(s)

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20 octobre 2005

Moi, distraite?

Je trouve ça long, 4 semaines entre chaque rendez-vous. J'étais enfin heureuse d'y arriver. J'avais mon rendez-vous de 26 semaines ce matin. Enfin, je croyais avoir mon rendez-vous. Hom et moi nous sommes rendus à la clinique (à 20 minutes de route d'ici) tôt ce matin, excités à l'idée d'entendre le coeur de Pépin à nouveau. On dit que les femmes enceintes sont distraites... mon rendez-vous n'était pas aujourd'hui, mais mardi passé! Je l'ai manqué! Ils ne pouvaient pas m'en donner un autre aujourd'hui et de toute façon, je ne voulais pas faire perdre à Hom sa journée de travail complète. J'ai donc dû reprendre un rendez-vous, mardi prochain. Je suis vraiment en maudit contre moi-même! Comment ai-je pu noter la mauvaise date sur mon calendrier? Je me trouve nounoune des fois!

La clinique n'appelle pas pour confirmer les rendez-vous. Ils voient bien trop de patients à chaque jour, ils passeraient leur journée au téléphone.

Je dois donc attendre encore 5 jours avant d'entendre le coeur de notre bébé et de savoir combien de kilos j'ai pris. Hom ne pourra pas venir avec moi cette fois-ci. Il est déjà très gentil d'être venu à tous les rendez-vous. J'aime qu'il soit là, mais je comprends qu'il ne puisse pas toujours se déplacer et manquer des heures de travail. Je suis triste de penser que par ma faute, il n'entendra pas le coeur de son bébé ce mois-ci...

J'ai un petit collant avec la date et l'heure de mon rendez-vous. Je l'ai placé sur le réfrigérateur, en espérant ne plus jamais me tromper...

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Écrit par kiwi :: 10:16 AM :: 1 pelure(s)

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17 octobre 2005

Ça avance

Hom avait pris congé la semaine dernière pour faire le plus de travaux possible dans la maison. Je n'ai pas pu aider autant que je l'aurai voulu parce que j'ai su à la dernière minute qu'un de mes contrats était dû pour le 15. C'est donc Hom qui a fait le gros du travail. Nous avons complètement repeint le sous-sol, plafond inclus. Enfin plus de bleu mauve et de plafond gris! Nous avons aussi tout réaménagé, puisque Hom y déménageait son bureau. Plusieurs meubles ont changé de place, plusieurs sont partis séjourner dans le cabanon en attendant de trouver preneur. Un ami nous a donné des belles bibliothèques, alors nous avons pu nous débarasser des vieilles qui prenaient tout un mur. De nouveaux luminaires, un ménage en profondeur, des nouvelles couleurs, un escalier repeint, un nouvel aménagement, j'ai vraiment l'impression d'avoir un nouveau sous-sol.

Hom a travaillé très fort, s'est couché tard et levé tôt toute la semaine pour travailler sur la maison. Sans ordinateur et sans bureau, il devait bien s'occuper! Il a donc aussi eu le temps de repeindre la chambre de bébé. Il nous reste seulement la murale à faire, mais les murs sont finis et ça me fait déjà drôle d'entrer là et de voir du bleu. Pour l'instant, la pièce sert d'entreposage, le temps de nous débarasser d'un set de tables et chaises chinoises (avis aux intéressés!). J'ai tellement hâte d'y monter la bassinette...

Ça me faisait peur de déménager Hom au sous-sol. Je craignais qu'il se sente seul ou coincé dans un petit espace. Finalement, il s'en sort bien mieux que j'aurais cru. Il est très bien installé, a tous ses gadgets autour de lui, a son petit coin juste à lui, même s'il n'est pas dans une pièce fermée (le sous-sol est une seule grande pièce). Il a travaillé tellement fort, sans se plaindre, sans avoir besoin d'être motivé ou poussé. Je lui suis tellement reconnaissante. Il fait tout ça pour nous, pour Pépin.

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Le mois d'octobre est toujours un mois occupé pour moi. C'est une période active où j'ai plusieurs gros contrats en même temps. J'espère être capable de passer au travers aussi facilement qu'avant. Ce sera le dernier gros coup à donner avant de relaxer au temps des fêtes avant le congé de maternité. Beaucoup de travail, en plus de tout ce qu'il se passe dans la maison, ça ne me donne pas grand temps pour écrire. Ça me manque. Je trouve plein d'idées, mais je ne prends pas le temps de les noter. Quand vient le temps de m'installer devant mon clavier, mon cerveau est trop occupé à penser à tout plein de choses ennuyantes comme le travail et le chauffage, que je perds mon inspiration. Mon blog en prend une claque. Je vais essayer d'y remédier dans les prochaines semaines...

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Écrit par kiwi :: 10:59 AM :: 1 pelure(s)

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8 octobre 2005

Le temps s'écoule

On me demande si j'ai commencé la chambre du bébé depuis déjà des mois. J'ai toujours répondu "non, il est encore tôt!" Mais je me rends compte que le temps s'écoule et que nous commençons à être plus pressés. Bientôt ce sera le temps des fêtes et après ça, il sera un peu tard pour commencer! Alors on s'est mis au boulot. Il ne s'agit pas simplement de repeindre une pièce, car cette pièce est actuellement occupée. On doit refaire le sous-sol pour pouvoir y déménager le bureau de Hom, qui deviendra la chambre de Pépin. Donc, nous commençons les travaux cette semaine. J'ai bien hâte de voir le résultat! Nous n'avions pas peinturé le sous-sol lorsque nous avons emménagé, nous n'avions pas eu le temps et comme nous y entreposions beaucoup de choses, ça ne vallait pas encore la peine. Maintenant que nous avons un peu réussi à le vider et que nous savons comment nous allons l'aménager, on s'y met. Repeindre une pièce est toujours agréable, comme un petit déménagement sans changer de maison.

J'ai hâte d'avoir un beau sous-sol fini et placé, oui, mais j'ai surtout hâte de faire la chambre de bébé. Je n'avais jamais pensé faire ça un jour... bon, j'y avais rêvé, j'avais imaginé bien des choses, mais sans jamais vraiment y croire à 100%. Et pourtant, ça y est, nous sommes rendus à cette étape. J'ai hâte d'assembler la bassinette, d'accrocher les petits pyjamas dans le garde-robe, de mettre des petits draps dans le lit et de me bercer en attendant la venue de Pépin. J'ai l'impression que je vais passer beaucoup de temps à rêvasser dans cette pièce, imaginant mon petit garçon dormant à poings fermés dans son lit ou pleurant au beau milieu de la nuit. Je sens que cette chambre sera remplie d'émotions avant même d'y accueillir notre fils. C'est une autre partie de notre rêve qui se réalise...

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Écrit par kiwi :: 10:38 PM :: 3 pelure(s)

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6 octobre 2005

Encore difficile

Je parlais à ma mère ce matin et elle m'annonce tout bonnement que mon frère (celui qui s'est marié cet été, le plus vieux) et sa femme veulent une maison et un bébé. En blague, je réponds qu'il copie sur moi. Elle me dit que ma belle-soeur a arrêté la pilule et "qu'il était temps." Ce genre de remarque n'est vraiment pas nécessaire, mais ce n'est pas ce qui m'a le plus dérangée.

Je ne croyais pas que ça me dérangerait encore à ce point, mais je me rends bien compte qu'il y a encore plusieurs blessures non cicatrisées sur mon coeur. Ça me fait quelque chose de savoir que mon frère et sa femme essaient d'avoir un enfant. Ça me fait quelque chose et pas de la bonne façon, mais je n'arrive pas à comprendre pourquoi exactment. Bien sûr, quand j'étais en essais, je redoutais le jour où mon frère nous annoncerait que je serais tante avant d'être mère. C'était une de mes plus grandes peurs. Maintenant que je suis enceinte, je croyais que je pourrais m'en sortir sans trop m'en faire. Bon, d'accord, je serais heureuse pour eux, y'a aucun doute là-dessus. Mais ça me fatigue quand même de savoir que dans quelques mois, peut-être, ils auront réussi ce que nous avons mis tant de temps à accomplir. Je ne leur souhaite pas que ce soit long, loin de là. Je ne souhaite ça à personne. J'aurais peut-être seulement aimé qu'ils attendent encore un tout petit peu... C'est égoïste, je le sais et ça me fâche de me sentir comme ça. Encore la foutue compétition avec mon frère, qui a tout eu facilement alors que moi j'ai toujours dû me battre. Je sais que je ne devrais pas mettre la charrue devant les boeufs, après tout, elle n'est pas encore enceinte...

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Écrit par kiwi :: 8:14 PM :: 1 pelure(s)

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4 octobre 2005

Pas si idiots

Je savais, en apprenant que j'étais enceinte, que j'allais faire face, pendant des mois, à des commentaires commençant par "tu vas voir..." et "un p'tit conseil". Je savais que les gens voudraient nous transmettre leur savoir, nous éduquer, nous, pauvre petit couple sans enfant. Pendant mes années d'infertilité, j'ai tellement entendu souvent des imbécilités du genre "vous êtes chanceux de ne pas avoir d'enfant, vous êtes bien comme ça". Pendant des années, je me suis fait dire, indirectement, que je ne connaissais rien si je ne connaissais pas ce qu'était qu'élever un enfant.

Je SAIS qu'il y a bien des choses que je ne connais pas. Je SAIS que nous ne saurons ces choses qu'une fois plongés dedans. Je sais aussi que ces gens veulent bien faire, veulent partager leur expérience en espérant nous être utiles.

Quand nous avons commencé les essais, je ne connaissais pas grand chose sur la conception, encore moins sur l'infertilité. Je ne me suis jamais gênée pour lire, pour poser des questions et faire des recherches. Je n'ai jamais eu honte de demander, jamais eu honte d'avouer ne pas savoir quelque chose. J'ai fait face à beaucoup d'ignorance et d'insensibilité, mais j'ai su m'entourer de gens qui savaient m'écouter et me respecter. Les choses n'ont pas changées depuis que je suis enceinte. Je suis encore entourée des mêmes personnes patientes et sensibles. Plusieurs de mes amies ont des enfants elles-mêmes et sont maintenant heureuses de répondre à mes nombreuses questions. Car oui, j'en pose, puisque je ne connais rien aux bébés. Je n'ai pas honte de poser des questions ou de chercher les réponses dans des livres ou sur le net. Je ne me sens pas idiote de ne pas tout savoir et mes amies me respectent.

Mais il y a encore certaines personnes qui croient que c'est de leur devoir de m'éduquer. Il n'y a rien que je déteste plus qu'un conseil non sollicité. Si je ne pose pas de question ou si je ne demande pas conseil, c'est que j'en ai pas besoin. On dirait que les gens ne font pas confiance en notre jugement. "Oh, ils n'ont jamais eu d'enfant, comment peuvent-ils savoir?" se disent-ils. Je sais très bien que nous avons des tonnes de trucs à apprendre et que nous les apprendrons probablement "sur le tas". Ça fait bien notre affaire, on est du genre indépendant. J'apprécie l'aide de mes amies, leurs conseils et réponses me sont très précieux. Mais de me faire dire "tu devrais faire ci ou ça" alors que je n'ai rien demandé, je n'apprécie pas.

Ma mère, entre autres, ne nous fait pas confiance. On a acheté notre ensemble poussette et siège d'auto et elle nous a longuement interrogés à savoir si c'était vraiment sécuritaire, si on avait bien regardé, parce que ça a l'air plutôt mal fait comme truc... On venait de discuter avec des policiers sur la sécurité des bébés dans la voiture et sur les nouveaux sièges d'auto. Ils nous avaient remis des dépliants que nous avons pris la peine de lire. Nous avons comparé plusieurs modèles, interrogé les gens autour de nous, fait des recherches sur le net. Sommes-nous si idiots qu'on ne peut pas choisir un bon siège d'auto pour notre enfant?

Un autre exemple... un amie à moi a des enfants qui vont à l'école. Elle ne leur a jamais fait porter de couches de coton, mais elle prend la peine de me faire un discours (alors que je ne lui ai rien demandé) sur les couches de coton, le travail supplémentaire que ça représente, le trouble, etc. Quelle crédibilité a-t-elle, dites-moi? J'ai discuté avec des femmes qui avaient utilisé les couches de coton et n'avaient que des bons commentaires. J'ai lu des témoignages, questionné une amie à moi qui les utilise en ce moment... bref, je n'ai pas besoin de l'opinion non fondé et non sollicité d'une maman de pré-ados qui n'ont jamais porté de couches de coton.

Nous n'avons peut-être jamais eu d'enfant, nous sommes peut-être encore au stade amateur dans la discipline Parents. Je crois quand même que nous avons assez de jugeotte et de ressources pour faire les bons choix et poser les bonnes questions lorsque nécessaire.

Je sais très bien que les gens ne veulent pas mal faire, exactement comme quand ils nous conseillaient de relaxer pour pouvoir tomber enceinte. L'intention est bonne, le message ne l'est pas.

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Écrit par kiwi :: 9:53 AM :: 6 pelure(s)

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20 septembre 2005

Sur la balance

J'avais mon 4e rendez-vous de suivi ce matin. J'avais parié avec Hom que j'avais pris 5 livres. Au dernier rendez-vous, j'étais encore dans le négatif par rapport à mon poids de départ. J'osais espérer avoir un peu ratrapé le retard cette fois-ci! Eh bien surprise! J'ai pris un bon 7 livres depuis un mois! Les poutines et biscuits aux pépittes de chocolat salades vertes et fruits frais ont fait effet! Bien entendu, les médecins ne sont jamais contents... Il m'a dit c'est bien, tu as enfin pris du poids, mais n'en prends pas plus! Bah je crois que ce mois-ci était différent, je me suis un peu plus empiffrée parce que j'avais peur de ne pas avoir pris de poids au rendez-vous. Maintenant que je suis soulagée d'avoir fait monter l'aiguille sur la balance, je peux calmer mes ardeurs dans la cuisine.

Ma pression est belle (100/60) et mon ventre s'arrondit bien (je n'ai pas eu le chiffre exact de ma HU). Nous avons entendu le coeur de Pépin battre très fort, très facilement, pour une fois. Le battement était si beau et fort, Pépin semble en pleine forme! Bref, tout va très bien, vraiment rien à redire sur ma grossesse jusqu'à maintenant. Le doc m'a prescrit des Preg-vite pour essayer de diminuer ma constipation (causée entre autres par les Materna). Nous lui avons aussi demandé si nous devions faire un plan de naissance si Hom voulait couper le cordon. Il a dit qu'il le font systématiquement maintenant, à moins que quelque chose tourne mal. Nous sommes très contents, c'est important pour Hom et moi ce petit geste.

Presque 5 mois de faits déjà. Ça passe tellement vite! Ça a l'air cliché quand on entend ça, mais quand on le vit, on se rend compte que cest bien vrai. Un beau 5 mois, on pourrait presque dire une grossesse exemplaire. Il m'en reste seulement 4 avec ce petit homme qui grandit en moi. Je ne doute pas une seconde que les mois et les années qui suivront, en compagnie de ce petit homme à le regarder grandir et découvrir le monde seront merveilleux. Mais je tiens quand même à profiter, un peu égoïstement, de ces 4 mois qu'il me reste avec cette relation si proche, si intime et unique avec mon petit garçon. Je suis son monde pour le moment et je compte bien savourer chaque seconde de ce temps bien compté.

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Écrit par kiwi :: 1:34 PM :: 1 pelure(s)

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19 septembre 2005

La jeunesse, c'est relatif

J'ai changé mon cours d'aquaforme pour le lundi. La semaine dernière, j'avais aimé l'expérience, mais le groupe ne me disait rien et je n'avais vraiment pas l'impression de faire de l'exercice. Je n'ai même pas eu mal les jours suivants, rien! J'ai changé le jour de mon cours du mercredi au lundi pour d'autres raisons, mais je crois que j'ai bien fait. Le groupe d'hier était bien plus dynamique, on s'est bien plus amusées. Aussi, j'ai vraiment l'impression d'avoir travaillé mon cardio et d'avoir bougé pour la peine. Mais la chose la plus étrange, c'est que je me suis sentie jeune. L'âge a toujours été un gros complexe pour moi par rapport à mon infertilité. Je veux dire, j'aurais toujours voulu avoir mes enfants plus jeunes, mais la nature en a décidé autrement. Quand on a un désir ardent de devenir maman, l'horloge biologique qui sonne dans le tapis et le temps qui s'écoule entre nos doigts si rapidement, on sent énormément de pression. Je me sentais pressée par le temps. Je ne voulais pas mes enfants "vieille", je ne voulais pas perdre ma jeunesse à attendre mes enfants plutôt qu'à les élever et en profiter. Je ne me considère pas vieille, non, mais quand on sent notre fertilité déjà boiteuse diminuer avec les tic-tocs de l'horloge, notre âge nous pèse et on a l'impression de faire une course contre la montre.

Hier, on a toutes dit notre nom, à quel point de la grossesse nous étions rendues et si nous savions le sexe du bébé. Certaines filles, enfin, presque toutes sauf moi, on dit aussi leur âge. Sur 12, nous devions être 3 en bas de 30 ans. La plupart avaient 33, 35 ans et c'est leur premier bébé. Je les regardais et je les trouvais donc belles avec leur bédaine ronde. Je ne les trouvais pas du tout vieilles. C'est là que ça m'a frappé: 35 ans, c'est 7 de plus que ce que j'ai maintenant. Sept ans, c'Est quand même beaucoup! Et 35 ans, c'est encore jeune! Ça me laisse bien du temps pour en avoir un 2e, sans me sentir vieillarde pour autant. Je les regardais et je me sentais si jeune, si chanceuse.

On dit bien quand on se regarde, on se désole, quand on se compare, on se console. Ce n'est peut-être pas une consolation en soi, mais ça a fait du bien à mon petit coeur qui se croyait déjà si en retard dans sa ligne du temps.

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Écrit par kiwi :: 8:52 PM :: 1 pelure(s)

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14 septembre 2005

Des baleines

Ce soir, j'ai mon premier cours d'aquaforme prénatal. Ce soir, je passerai une heure en compagnie de plusieurs fertiles enceintes, volontairement, pour la première fois. Je fais un plat avec un rien? Peut-être, mais c'est mon seul moyen de défense. Je ne connais pas ces femmes. Je ne connais pas leur background, l'histoire de leur grossesse. Je sais par contre qu'un couple sur 10 vit des problèmes de fertilité et qu'une femme sur 4 vivra une fausse-couche (consciemment ou non) au cours de sa vie. Si nous sommes 10 dans le cours, ça voudrait dire que je serais la seule infertile et qu'il y aurait 1,5 autre femme ayant vécu une fausse-couche. Bref, je serai entourée de fertiles, que je le veuille ou non.

Qu'on ne le prenne pas mal, je n'ai RIEN contre les femmes fertiles. Qui suis-je pour les détester d'avoir seulement eu plus de chance que moi? Ce n'est rien de volontaire. Ce que je déteste, c'est ce que je ressens quand je suis en leur compagnie. Je me sens moins bonne, moins spéciale, parce que moi, je n'ai pas réussi rapidement, parce que moi, je ne suis pas capable de sauter dans les airs en tapant des mains et en pleurant quand j'apprends une nouvelle grossesse, que je connaisse la femme ou non. Je me sens plus endurcie, plus consciente de ma chance, mais ça, tout le monde s'en fout, au fond. Ça ne se voit pas. Pour elles, je serai une autre femme enceinte dans leur cours d'aquaforme. Que ça m'ait pris 3 ans à tomber enceinte, que j'aie eu à subir tous ces traitements et examens, que j'aie eu à vivre toute cette peine, cette rage et cette jalousie, ça ne change en rien le résultat: je suis enceinte, comme elles. Pour elles, je suis une des leurs. Pour moi, je suis une minorité, peu importe à quel point je voudrais être une des leurs.

Ce que j'appréhende de leur présence, c'est leur insouciance, leur façon de voir la vie en rose, de ne connaître que le beau côté de la reproduction. Je les envie pour ça, j'envie leur belle naïveté et leur aisance à se croire enceinte et maman dès le début. Je ne crois pas avoir droit ce soir à des commentaires insensibles (même si involontaires) qui viendront chercher l'infertile enragée endormie en moi. Mais je serai sur mes gardes, au cas où.

Malgré tout, j'ai hâte à ce soir. J'ai hâte de me mêler (oui oui!) à d'autres baleines, de pouvoir flatter ma bédaine sans me faire regarder de travers, de faire une activité pour moi et Pépin. J'ai hâte de prendre ce temps pour m'ocuper de moi et de ma bédaine, de partager ce qu'il y a de beau (et c'est fou comme il y en a du beau!) dans cette grossesse, de vivre une expérience de future-maman.

Ce soir, nous serons plusieurs baleines à la picine du quartier, flottant gaiement, notre bédaine sortant de l'eau comme un iceberg. Et je serai des leurs, même si ce n'est que pour une heure.

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Écrit par kiwi :: 4:15 PM :: 1 pelure(s)

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13 septembre 2005

Différente

Quand j'étais jeune, je voulais être tout, sauf ordinaire. Je voulais être différente des autres, pas nécessairement pour me faire remarquer, mais plutôt pour renforcer mon sentiment d'être unique, d'avoir ma propre valeur. Ce côté rebelle, ou original, m'est un peu resté.

Quand j'étais aux prises avec mon infertilité et notre désir ardent de fonder une famille, je savais que je n'étais pas normale. Enfin, la normalité est relative... J'étais anormale côté physique, côté fertilité, mais si je comparais mes émotions et épreuves avec celles d'autres infertiles, j'étais tout à fait normale. Dans la masse, je me sentais exclue, je sentais que j'avais quelque chose de moins que les autres femmes "normales". Quand je suis tombée enceinte, je me suis dit que maintenant, je serais normale, comme les autres. J'ai essayé de comparer mes symptômes, mes sentiments et mes espoirs avec ceux d'autres mamans "comme moi", pour me sentir des leurs, en vain. Je ne suis pas comme les autres, je crois que mon parcours fait que je ne le serai jamais.

Peut-être suis-je plus tolérante à cause de ce que j'ai traversé. Peut-être suis-je seulement moins portée à parler de chaque petite chose qui ne va pas comme elle devrait. Peut-être ai-je aujourd'hui une différente vision de ce qui est un problème et de ce qui n'en est pas vraiment un. Je ne sais pas trop ce qui fait que je ne me sens pas "dans la gang", mais je sais que je n'y tiens pas plus que ça non-plus. Je n'ai pas eu de nausée, je ne suis pas étourdie, je n'ai pas les jambes enflées, je ne marche pas les pattes écartées, je n'ai ni essoufflement, ni reflux gastrique, ni perte d'équilibre, je n'ai pas les nerfs à vif ni les émotions à fleur de peau, je n'ai ni saute d'humeur, ni douleurs... Je me sens bien, je suis bien depuis le début. Oh bien sûr, j'ai eu quelques petits désagréments. J'ai eu des maux de tête pendant près de 4 semaines. Je souffre encore de constipation. J'ai souvent des brûlements d'estomac. Mon nerf sciatique me fait mal dès que je bouge d'une position que je tenais depuis un bout de temps. Jamais je ne m'en plains et ça ne risque pas de changer. Je ne dis pas ça en voulant dire que je trouve les autres femmes qui décident d'en parler plaignardes ou "petite nature". Pas du tout! Le seuil de tolérance est unique à chacune. Je ne jugerai jamais quelqu'un de vouloir partager ce qu'elle vit, sans vouloir se plaindre, si c'est pour trouver du réconfort chez d'autres femmes comme elle. Je dis seulement que moi, je ne ressens pas du tout le besoin de partager cette facette de ma grossesse. Je balaie du revers de la main ces petits inconvénients et je continue, les yeux rivés vers l'avant plutôt que vers mon nombril.

J'ai longtemps partagé les choses désagréables que me faisait vivre mon infertilité. J'ai parlé des effets secondaires des médicaments, des commentaires blessants, de la perte d'espoir, de la rage, du sentiment d'injustice, de ma difficulté à me relever à chaque cycle, des larmes, de notre volonté de continuer malgré tout. Je suis pourtant consciente que plusieurs femmes qui sont passées par un chemin semblable au mien n'ont probablement pas partagé tout ça. Certaines femmes n'iront jamais en clinique de fertilité. D'autres ne tomberont pas dans le désespoir ou la rage comme je l'ai fait. C'est personnel, tout comme la grossesse.

Ce que nous avons vécu physiquement et émotionnellement pendant les années d'infertilité a été, pour Hom et moi, bien plus difficile que tout ce que nous avons pu vivre depuis le début de la grossesse. Plusieurs amis ont pensé bon d'avertir Hom que j'aurais un caractère de cochon pendant la grossesse. Hom souriait, en sachant très bien que rien ne peut être pire que l'humeur d'une femme sur Metformin, Clomid et Puregon tous ensemble. Nos années d'infertilité et de traitements hormonaux nous ont préparé, de bien plus de façons qu'on ne l'aurait cru, à vivre la grossesse de façon sereine.

Par contre, je crois que le fait d'avoir tant attendu notre enfant, d'avoir tant traversé pour arriver où nous en sommes nous donne une certaine pression que les autres n'ont peut-être pas. J'ai tellement rushé, j'ai tellement voulu tomber enceinte, je ne me vois juste pas en train de me plaindre à chaque petit malaise. Ce serait presque mal vu de me plaindre. J'entends déjà une petite voix dire "tu l'as voulu, maintenant, endure!" Le hic, c'est que pour l'instant, je n'ai pas l'impression d'endurer quoi que ce soit. Je le vis, point. J'ai toujours dit que je prendrais tout ce qu'il faudrait pour avoir mon enfant, c'est ce que je fais. Même si je m'enlève cette pression, que je juge inutile de toute façon, je ne ressens ni l'envie ni le besoin de parler de ce qui est moins agréable. Je ne m'en prive pas, je crois que je me sentirais libre d'en parler si j'en avais envie. Je ne crois pas que le fait de dire qu'on a mal enlève quoi que ce soit à notre volonté de prendre tout ce que la grossesse met sur notre chemin -bien et mal- si ça veut dire avoir un enfant en santé. C'est seulement une question de désir de partager ou non ces expériences, désir que je n'ai pas, voilà tout.

J'aime bien lire les témoignages d'autres femmes qui vivent plein de choses que je ne vis pas. Je ne suis certainement pas jalouse, après tout, j'ai la chance de vivre une grossesse quasi exemplaire. Je ne me sens pas tant anormale, seulement différente. Et il n'y a rien de mal à être différente, après tout.

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Écrit par kiwi :: 2:23 PM :: 2 pelure(s)

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