23 avril 2009

Trop de kilométrage

J'ai besoin d'une mise au point au garage. Pas ma voiture. Moi. Je ne sais pas si c'est le fait d'avoir dormi toute seule dans un lit Queen pendant 5 jours (c'est fou comment on prend vite l'habitude de prendre toute la place), ou le stress, la fatigue, le bébé de 25 livres qui aime encore toujours autant être collé sur moi ou le fait que j'ai passé le plus clair de mes temps "libres" à coudre ces derniers temps, mais je suis en piteux état. Mon cou et mon épaule droite me font affreusement souffrir. J'en dors très mal. Je vis sur les Advil et le sac magique depuis 3 jours. Je suis donc aussi très fatiguée. J'ai une paupière qui n'arrête pas de sautiller. Et ma mémoire me fait défaut. Et j'ai des cheveux blancs.

Même pas une semaine seule avec les enfants et me voilà maganée comme si j'avais couru un marathon sans entraînement. C'est fort. Je suis en forme c'est effrayant. Je devrais me prendre en main, recommencer à courir et m'entraîner comme je faisais avant. Avant... il y a 4 ans, avant de tomber enceinte de Tithom, avant de devenir maman. Ça fait un bail que je n'ai pas réellement pris soin de moi. Oh, j'ai pris soin de moi depuis 4 ans, mais toujours de façon temporaire, à petite dose. Un massage par-ci, une coupe de cheveux par là. Un peu de temps avec des amies sans les enfants, un souper en amoureux, un nouveau pantalon stretch qui remonte le moral. Mais prendre soin de moi "sur le long terme", j'ai abandonné. Je n'ai pas le temps d'intégrer ça à ma routine quotidienne, ni même hebdomadaire. Je n'ai jamais été très centrée surmoi-même, alors avec la famille, c'est clair que ça ne changera pas.

Mon entraîement quotidien consiste maintenant à marcher avec la poussette double, potrer un poids de 25 livres partout, me pencher 200 fois pour ramasser des jouets par terre et essayer de faire 3 choses ou plus en même temps. Ça me tenait en forme, jusqu'à maintenant.

Mais mon corps a sa drôle de façon de me passer un message. Mes morceaux se mettent à mal fonctionner, à faire mal ou à sautiller. Je dois faire quelque chose avant que ça se mette à tomber en ruines.

Seulement... je n'ai pas le temps. Ma liste de choses à faire est longue comme tout et j'y rajoute plus souvent des choses que j'en enlève. Alors, tout au bas de ma liste, je rajoute, sans grand espoir de le faire, mais avec le sentiment un peu artificiel d'avoir au moins fait l'effort d'y penser:

Trouver le temps de prendre soin de moi.

Entre vous et moi, ça va rester longtemps sur ma liste. Au moins jusqu'à ce que les enfants soient assez grands pour essuyer leur propre nez, ramasser leurs bébelles et chauffer leur macaroni eux-mêmes.

19 avril 2009

Au bout de l'élastique

Hom est parti en voyage d'affaires depuis 5 jours. Il revient ce soir, enfin! Les journées ont été longues, même si tout s'est bien déroulé. Pas de grosse crise, pas de rhume, même pas de rage de dent. Tilou a décidé de ne pas me faire le même coup que Tithom, c'est à dire percer une dent à chaque fois que son père partait en voyage d'affaire. À. Chaque. Fois.

Malgré tout, j'ai trouvé ça difficile, la vie de maman monoparentale. Heureusement pour moi, ce n'était que temporaire. Je ne sais pas comment elles font, toutes les mamans monoparentales. Je sais, on finit par s'adapter et par avoir une routine et des trucs. N'empêche, je sais que je virerais folle. Je le sais. Ce n'est pas pour moi. Ma patience a un maximum d'élasticité et je dois avouer qu'hier, après 4 jours, je n'étais pas loin du maximum. Je leur lève mon chapeau, à celles qui doivent tout faire seules, jour après jour. Je n'y arriverais pas.

Ce qui aide à relativiser et à ne pas perdre la tête: Tithom. Ce coquin de coco tellement beau en dedans comme en dehors a tellement été gentil, c'est incroyable. Ce petit tannant au grand coeur sait comment me prendre et sait ce qu'il faut faire quand maman a de la vapeur qui lui sort des oreilles. Hier soir, alors que Tilou pleurait et pleurait et que j'allais exploser, je me suis mise à pleurer moi aussi. J'étais crevée. Tithom, dans toute sa simplicité d'enfant, est venu me voir en trottinant et m'a dit avec un grand sourire "mais non, pleure pas maman!" Il m'a donné un gros bisou sur la joue, un calin et une petite tape sur l'épaule. Tout ça avec un beau sourire et les yeux brillants.

Je dois convenir que ça redonne de l'énergie. Assez, espérons-le, pour survivre jusqu'au prochain voyage de Hom.

7 avril 2009

Ce que je fais, à 4h du matin

Cette nuit, je voguais entre le sommeil et l'éveil. Je ne dormais pas tout à fait, sans pour autant être vraiment réveillée. Mais quelque chose clochait. Pourquoi est-ce que je ne dormais pas? C'est ce que la plupart des gens font, à 4h du matin, non?

Je grelottais, j'étais complètement congelée, mais mon visage bouillait. Vraiment, quelque chose clochait. À moitié endormie, j'ai instinctivement porté ma main à mon sein. Je connaissais ce malaise, j'avais un doute sur son origine. Et oui, je la sentais bien. Une belle grosse bosse douloureuse sur mon sein droit, qui bouillait lui aussi. Merde. Une mastite.

J'ai tant bien que mal poussé les couvertures pour aller à la salle de bain essayer de vider mon sein engorgé. Je tremblais, j'avais froid et chaud et faim et mal au coeur tout en même temps. J'ai pris des comprimés d'ibuprofène et un verre d'eau, puis j'ai tenté les manoeuvres de désengorgement. Vous dire que les forces me manquaient, même pour tirer du lait, ça vous montre à quel point j'étais faible. Rien ne sortait. Ma tête était lourde, je me sentais vraiment, vraiment mal. Puis, mes jambes ont cédé sous moi. Je me suis rapidement assise par terre, de peur de perdre connaissance. Je me sentais seule et mal et je voulais tellement dormir.

J'ai pratiquement rampé jusqu'à mon lit. Tant pis pour le désengorgement, je m'en occuperais plus tard. Là, je devais m'étendre et dormir. Dormir et dormir.

J'ai à peine fermé les yeux (en tout cas, c'est l'impression que j'ai eu) que Tithom se levait. Je lui ai allumé la télé et je suis allée me recoucher. Comme on dit an anglais "desperate times need desperate measures". J'ai pu gagner une heure de sommeil de plus, jusqu'à ce que Tilou se réveille. Et me vide le sein. Sauf la bosse, qui s'obstinait à ne pas diminuer.

Je me surprends moi-même. Une mastite après 12 mois d'allaitement, il me semble que ce n'est pas courant. Je sais que je suis très fatiguée ces temps-ci et que Tilou n'a pas bien bu ces derniers jours (dents? rhume? curiosité?). N'empêche, je m'en serais bien passée. Heureusement, je savais quoi faire et ce soir, ça semble déjà aller mieux. La bosse et les rougeurs sont toujours là, mais la fièvre, les frissons, la faiblesse et les nausées ne le sont plus. Je crois donc, encore une fois, m'en être sortie sans antibiotique. Je continue la valse de comprimés, chaleur, repos (re quoi?) et désengorgement, en espérant mettre tout ça derrière moi très rapidement.

J'ai beau adorer allaiter, il y a des côtés qui me plaisent moins. Comme me réveiller avec un sein en feu à 4h du matin. Mais ça, ça doit être juste moi.