26 mai 2009

Liberté sur 4 roues

Il y a depuis un bon bout de temps une bataille en moi, entre la maman-écolo et la maman-femme d'affaires débordée. La première croyait que ce n'était pas nécessaire, que je pouvais très bien me débrouiller avec mes deux jambes, une poussette, un porte-bébé et du nerf. La seconde croyait que, bien que pas vital, c'était devenu assez indispensable.

J'avais besoin d'une voiture.

Hom travaille dans les ventes, donc fait beaucpup de route. Je n'ai donc pas accès à la voiture le jour, la semaine. Ce n'est pas très pratique, quand on est à la maison avec deux enfants et qu'on a plusieurs activités, en plus d'une PME qui prend de l'expansion. J'ai enduré. Je me suis promenée souvent avec le grand dans la poussette, le petit dans le porte-bébé. J'ai marché, oh que j'ai marché! J'en ai perdu tout mon surplus de poids post-grossesse (ça a au moins cet avantage). J'ai ragé contre la neige, la pluie, le froid. J'ai manqué plein de bus. Me suis perdue. Me suis faite ensevellir sous la neige. J'ai acheté une poussette double, ce qui a fait du bien à mon niveau d'énergie à la baisse (porter un bébé de 25 livres, ça fatigue unt tite dame), mais qui ne se transportait pas dans l'autobus. J'ai fait mon temps. J'en avais marre.

De plus, nous manquons de temps en famille. Comme je n'ai pas de voiture le jour, nous devons toujours attendre le soir et la fin de semaine pour faire les courses. Si j'ai des achats ou des envois à faire pour ma PME, je devais attendre le retour de Hom. J'en avais assez de dépendre de lui. Et de passer mes fins de semaine à courailler plutôt qu'à relaxer en famille.

Hier, Hom m'écrit:
-Je t'ai acheté un char.

Quoi?! Comme ça? On spéculait, on rêvait, on se disait "ah, si...!" mais de là à poser le geste, à signer le papier (et ajouter une dette à la liste), y'a une marge! Il est fou?!

Après les 3 secondes de surprise et de pseudo-indignation, j'étais tout de même hyper heureuse. Excitée comme une enfant à Noël. Je vais avoir une voiture! À moi! Une petite auto de fille, plutôt qu'un gros bazou de mononcle. Je vais pouvoir me déplacer, aller faire les courses pendant qu'Hom travaille plutôt que lorsque nous serions bien mieux à passer du temps ensemble qu'à magasiner des bacs de rangement et des fruits et légumes. Je vais pouvoir aller porter et chercher Tithom à la garderie. Je vais pouvoir faire mes trucs de travail. Je vais pouvoir aller voir des amies, aller magasiner, aller faire d'autres activités avec les enfants, qui jusqu'alors étaient plutôt inaccessibles en bus. Je vais pouvoir voyager! Je vais être libre! Liiiiibre!

Ouais, bon. Hum. Faut quand même la payer, cette voiture.

Allez, au boulot!

(Mais quand même: Youppiiii!)

20 mai 2009

Sensibilité et infertilité

Du 17 au 24 mai se tient la Semaine canadienne de sensibilisation à l'infertilité. Aucun festival, aucune fête avec confettis et ribambelles. L'infertilité ne se prête pas tellement aux célébrations. Une semaine pour sensibiliser, faire parler, écouter, comprendre. Une petite semaine pour ouvrir une fenêtre sur la bataille de milliers de couples partout au pays.

Ici, chez nous, une jeune association travaille d'arrache pied pour faire bouger les choses. On les a vus et entendus souvent, ces derniers temps, par rapport au remboursement des FIV par le gouvernement et par rapport à la limite de transfert d'embryons lors d'une FIV, entre autres. Cette association est là pour soutenir et parler au nom des couples infertiles. Une association, dont le lien est depuis longtemps dans ma colonne de droite, et dont je n'avais pourtant jamais parlé. L'Association des couples infertiles du Québec y est pour beaucoup dans le développement des projets de lois touchant les copuples infertiles. Elle mérite qu'on parle d'elle.

Le 31 mai prochain, l'ACIQ organise son brunch annuel,«pour permettre aux gens de se rencontrer et de rencontrer les politiciens. Le ministre Yves Bolduc (Santé et Services sociaux) y sera, ainsi que son vis-à-vis du PQ, Bernard Drainville. Julie Snyder y sera aussi en tant que présidente d’honneur. Il y aura une conférence du comédien Hugo Dubé (Ramdam, Providence).» m'a écrit la secrétaire de l'ACIQ. Les informations se trouvent sur leur site.

Je ne pourrai fort probablement pas y assister, malheureusement, mais je vous invite fortement à le faire. Les couples infertiles ont tendance à se taire et à rester dans l'ombre. C'est très difficile d'affronter et de parler de son infertilité, mais c'est important. Pour tous ceux et celles qui rêvent de devenir parents. Pour faire avancer et débloquer les choses. Pour rendre les traitements accessibles et possibles à tous.

L'infertilité ne se prête peut-être pas aux célébrations, mais elle se prête très bien aux discussions, aux rencontres et à l'ouverture. Allez bruncher, c'est pour une bonne cause!

10 mai 2009

Être maman

Pour moi, être maman, c'est...

Sacrifier beaucoup sans savoir qu'on recevra encore plus.
Ne jamais avoir la paix, mais ne jamais la vouloir vraiment non-plus.
Tapotter des petites fesses rembourrées pendant des heures pour calmer un bedon douloureux.
Atrapper la petite main tendue vers nous pour traverser la rue.
Raconter des histoires ayant comme personnage principal une figurine de plastique et une petite voiture.
Trouver des jouets dans notre tiroir de bas.
S'inquiéter lorsqu'on entend notre enfnat tousser ou lorsque c'est trop silencieux.
Préparer des repas pas toujours équilibrés, mais contenant au moins deux groupes alimentaires et deux couleurs.
Essuyer le petit nez qui coule, même si le nôtre coule aussi.
Ramener au lit le petit tannant qui ne cesse de se lever et qui ne veut pas dormir.
Écouter les conseils non solicités proférés par tout un chacun sur LA façon d'élever des enfants.
Faire de son mieux, au mieux de ses connaissances, pour le bien de nos enfants.
Ne pas être parfaite et ne pas aspirer à le devenir.
Faire une casse-tête de 8 morceaux en faisant croire qu'on n'y arrive pas.
Donner un bisou à l'ourson aussi, avant le dodo.
Expliquer plein de choses qui selon nous, n'ont pas besoin d'explication.
Écouter un disque de Passe-Partout quand on est pris dans le traffic.
Voler quelques gouttes de lait tiède dans le fond d'un gobelet pour mettre dans notre café parce que la pinte est vide.
Toujours avoir des mouchoirs et des crayons de cire dans notre sac à main.
Laver la doudou en cachette quand notre grand est à la garderie.
Perdre de précieuses minutes à tous les jours à couper des raisins en 12.
S'exclamer avec un peu trop d'entousiasme à la vue d'un écureuil ou d'une cocotte de pin.
Vouloir dormir, mais très bien savoir que ce sera seulement possible dans quelques années (ou décénies?).

Pour moi, être maman, c'est...
Aimer, à n'en plus finir.
Faire la promesse silencieuse de toujours être là, lorsque nos regards se croisent pour la première fois.
Et tenir cette promesse, jour après jour.

Bonne fête des mères à toutes les mamans.
Bonne fête des mères à toutes les futures mamans.
Et une belle pensée pour toutes celles qui espèrent le devenir un jour. Je vous le souhaite de tout coeur.

7 mai 2009

Pourquoi arrêter si ça fonctionne bien?

Il y a quelques semaines, j'ai battu mon record d'allaitement. Je m'étais en quelque sorte fixé cet objectif: allaiter Tilou au moins aussi longtemps que son grand frère. Tithom avait 13 mois et 4 jours quand je lui ai donné le sein pour la dernière fois. Tilou aura 14 mois dans une semaine et aucun signe de sevrage en vue. Je peux donc dire que j'ai dépassé mon objectif! Et ça continue!

Je suis très fière de mon allaitement avec Tilou. Ça s'est bien déroulé dès le début. J'étais beaucoup plus calme et confiante, mais surtout, plus expérimentée. Par ce que j'avais vécu avec Tithom, mais aussi par ce que j'avais vécu en tant que marraine d'allaitement.

Par contre, une chose que je n'avais pas vécu avec Tithom, c'était à quel point la perception des gens change quand l'allaitement dépasse un an. Je ne comprends pas pourquoi ça dérange autant, encore aujourd'hui. Bon, ce n'est pas la majorité des gens. Je suis chanceuse d'être bien entourée et respectée. Mais j'ai plus souvent qu'avant des remarques du genre: "et puis, quand penses-tu le sevrer?" ou "est-ce qu'il prend bien le biberon?" comme si ça allait de soi qu'un bébé de plus d'un an buvait automatiquement au biberon.

Qu'on s'entende, je n'ai rien contre la bouteille et le lait artificiel. Je sais qu'ils sont là pour une raison. Mais je ne vois pas en quoi ça regarde les gens de savoir comment mon fils consomme son lait (directement de la source, merci!) et je ne vois certainement pas où il devrait y avoir un problème. L'OMS et l'Unicef recommandent un allaitement d'une durée minimum de 2 ans. Je suis consciente que ce ne soit pas réaliste pour bien des mamans, pour diverses raisons (dont le retour au travail). Mais j'ai la chance d'être à la maison avec mes fils, de pouvoir lui donner ça. Et surtout, j'ai la chance de vivre un allaitement super facile. Je n'ose pas le dire trop fort, parce que je ne veux pas que les mamans moisn chanceuses se sentent mal, mais c'est pourtant vrai. C'est si facile, si doux et agréable avec Tilou que je ne verrais pas pourquoi j'arrêterais tout d'un coup. Je n'ai aucune raison de le sevrer et il ne semble pas du tout intérerssé par d'autre lait. Alors nous continuons notre belle aventure en essayant de ne pas s'occuper de l'opinion d'autrui.

C'est plus facile à dire qu'à faire.

Je suis marraine d'allaitement, après tout. Je fais du bénévolat pour un groupe de soutien en allaitement. Nous supportons une cause. Nous croyons en notre cause et c'est presque devenu une deuxième nature que de défendre l'allaitement (sans toutefois tomber dans la culpabilisation de celles qui ont fait un choix différent, peu importe la raison). C'est difficile pour moi de ne pas répondre "et pourquoi pas?" à quelqu'un qui me demande pourquoi j'allaite encore mon fils. Que cette personne me donne une seule raison valable, qui coïncide à MES valeurs. Que cette personne m'explique pourquoi ce qu'elle considère comme la norme devrait être MA norme. Je n'impose pas mes valeurs aux autres, j'ose espérer que les autres feront de même.

Mon fils est très attaché à moi et moi à lui. Mon fils aime téter et j''aime l'allaiter. Mon fils ne boit que mon lait et je ne me sens pas prise au piège par cette préférence. Mon lait est encore bon pour lui, allaiter est encore bon pour moi. C'est encore rapide, simple, agréable. Il ne boit plus la nuit depuis des mois. Il tète un petit 5 minutes, quelques fois par jour. Voulez-vous bien me dire il est où, le problème?

C'est ce que je disais. Je n'en vois aucun.