28 janvier 2009

3 ans

Ce matin, mon Tithom semblait plus grand qu'hier. Ses fossettes s'effacent, ses jambes s'allongent, son regard vieillit. Aujourd'hui, Tithom a 3 ans. Mon bébé, mon pépin, mon crapaud est un grand garçon. Et quel grand garçon! Toujours aussi espiègle et rieur, il me fait rire, sourire, courir, danser, jouer, découvrir, apprendre, profiter, apprécier, réfléchir, grogner, suer, inventer, lire, chanter, dessiner, bricoler, cuisiner, aimer.

Il y a 3 ans, après des heures de souffrance et de poussée, j'ai rencontré mon premier fils pour la première fois. Le grand amour m'attendait dans le détour. Ça m'a frappée, ça m'a chavirée, ça m'a changée. J'étais enfin maman.

Dans sa dernière année, il a fait des tas de trucs, mais le plus gros est sans doute son apprentissage du langage. Il m'impressionne souvent par ses phrases structurées et sa capacité d'enregistrer tout ce qu'il entend. On dit souvent que les enfants sont des éponges, j'en ai la preuve avec lui. Je peux lui lire une comptine deux fois, sans avoir l'impression qu'il m'écoute vraiment, puis l'entendre la murmurer en jouant, croyant que je ne l'entends pas. Il utilise souvent des mots que je ne me rappelle même pas avoir dit. Il décortique, décrit, analyse. Il pose des tonnes de questions, oui, mais c'est d'abord pour tout comprendre.

Il aime faire les choses lui-même, tout seul. Il recommence jusqu'à ce que ce soit parfait. Tiens, tiens! Un petit perfectionniste comme sa maman? Il est très appliqué et concentré. Il peut jouer au même jeu ou regarder le même livre de longues périodes de temps. Comme il peut changer de jeu aux 5 minutes, pour le simple plaisir d'en sortir le plus possible avant que maman ne se choque. Il aime prendre son bain, regarder Toc-toc-toc, danser, lancer des balles, courir, prendre l'autobus, regarder des livres, jouer au GameBoy (à mon grand dam), regarder ses "films de petit bébé" (montages que Hom a fait pour ses anniversaires), aller chez ses grands-parents, aller à la garderie, jouer avec des plus grands, manger des raisins, jouer des tours, faire des coucous à son petit frère, m'écouter chanter (et fausser), jouer (à n'importe quoi) avec son papa, se faire peigner les cheveux, coller un autocollant dans son album, couper ses légumes de bois pour me préparer une "soupe", les légos, les casse-têtes, la pâte à modeler, les autos, le chocolat, les vitamines Fred Caillou, les bisous.

Il n'aime toujours pas les légumes. Il n'aime pas non-plus se faire laver les cheveux, se faire brosser les dents, se faire chicaner, ne pas avoir toute l'attention quand son petit frère nous réclame, les émissions de télé de "monsieur et de madame" (le téléjournal, en fait), compter, se taire quand maman parle au téléphone.

Il est presque propre (il ne reste que les cacas, encore une question de timing) et il est très fier d'aller sur la toilette de grands. Il fait tout, tout seul.

Il fait encore une sieste l'après-midi, mais elle est de plus en plus courte. Il est par contre toujours de bonne humeur au lever.

Il réclame encore ses bisous après les histoires, le soir. Il repouse le dodo en demandant toutes sortes de choses: un tel toutou, une pizza sur la main (un petit jeu de chatouilles que je fais), la comptine des petits cochons avec ses doigts, se faire flatter le dos.

Il mange bien, pas mal de tout (il reste encore les noix, arachides et fruits de mer à introduire). Il a la dent sucrée, mais bon, quel enfant ne l'a pas?

Être maman d'un grand de 3 ans est très différent qu'être maman d'un petit bébé. Je m'en rends bien compte aujourd'hui, puisque je dois être les deux à la fois. Tithom m'amène de nouveaux défis, de nouvelles remises en question. J'apprends en même temps que lui. Je découvre par lui.

Trois ans. C'est incroyable. Trois ans que je suis maman. Trois ans que ce petit blond aux yeux bleus m'en fait voir de toutes les couleurs. Trois ans que ma vie a complètement changé.

Bonne fête mon grand coco, mon bonhomme crapaud, mon petit homme, mon amour.

23 janvier 2009

Mots de Tithom

J'ai parlé de ses mauvais côtés, mais Tithom est avant tout, et surtout, un enfant très attachant. Il est drôle et vif d'esprit et très sensible. Voici quelques exemples...

Un jour, alors que nous sortions de la garderie, il voit un monsieur qui marche seul sur le trottoir. Il me dit d'un air triste:
- Maman, le monsieur est tout seul!
- Mais oui mon coco.
- Il a perdu sa madame...
- (je le regarde, toute attendrie)
- Et il a perdu son bébé...

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Hom ayant la Maladie de Crohn, il souffre régulièrement de maux de ventre. De plus, sa MC lui a fait le beau cadeau de l'arthrite. Un jour, alors que Tithom semble mal filer, je lui demande s'il a bobo au bedon. Il me répond, encore une fois d'un air très triste:
- Non. Pas bobo au bedon. Papa bobo au bedon.

Et un autre jour, alors que je me suis cognée le pied sur un coin de meuble ou une patte de chaise haute, Tihtom me demande:
- Tu as mal, maman?
- Oui coco, j'ai mal.
- Mal partout?
- Euh, non, pas mal partout.
- (Air triste) Papa mal partout...

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Sur une note moins mouchoir, Tithom n'arrive pas à se souvenir du mot fourchette. Un soir au souper, je lui sers un bol de yogourt. Il me dit:
- Maman, je veux une cuillère en rond, pas une cuillère avec des pics.

Voyez, il n'est pas juste un petit diable. En tout cas, pas tout le temps.

22 janvier 2009

Restants de Terrible Two?

Tithom n'avait pas eu de gros Terrible Two. De petites et rares crises du NON, quelques valses du bacon sur le plancher de la cuisine, c'est à peu près tout. Bon, bien sûr, il a développé son petit carractère. Il a souvent eu une petite attitude rebelle qui nous tapait sur les nerfs, mais vraiment, rien de dramatique. Sommes toutes, un Terrible Two doux.

Je ne sais pas si c'est parce que ses 2 ans achèvent, mais depuis presque deux mois, Tithom n'est pas du monde. Quand décembre a sonné, il s'est transformé en petit monstre. Il rouspète, il réplique, il crache, il tape, il donne des coups quand il est contrarié... bref, un petit diable. Il avait oublié de sortir son Terrible Two et il se rend compte qu'il doit se débarrasser de tout ce qui reste avant le 28 janvier? En tout cas, il m'en fait baver. Je suis tannée de le réprimander, de lui expliquer la politesse, la gentillesse et le principe de l'autorité (c'est à dire que c'est moi le boss et non lui). Je suis tannée de pointer mon doigt, un poing sur la hanche, l'air fâché. Je suis tannée de parler dans le vide. Je sais que c'est passager et que je dois tenir mon bout, mais la force commence à me manquer.

Tout ça en plus de deux manies qui, à petites doses sont mignonnes, mais qui à trop grandes doses peuvent donner une soudaine envie de se planter une fourchette dans l'oreille. Sa première manie: les mots inventés. Tithom parle bien. Il fait de très belles phrases et a un bon vocabulaire. Mais depuis quelque temps, il s'amuse à parler en langue inventée. Je ne comprends plus rien de ce qu'il me dit. Il trouve évidement tout ça très drôle et en rajoute. Entendre des "babouille papouche tidoudoukamoumamu!" à longueur de journée, avouez que ça rend fou!

Si je lui demande de me parler clairement avec des MOTS, il me répète le même charabia, seulement plus lentement, avec un sourie fendu jusqu'aux oreilles. Je sais bien qu'il cherche une réaction et qu'il l'obtient. Je n'y peux rien, ça vient chatouiller mon petit nerf susceptible et fatigué que je n'arrive plus à contrôler.

Deuxième manie: les questions. Oui, je sais, c'est l'âge. C'est bien, la curiosité. C'est un signe d'intelligence et ça lui apprend des choses. Ok. Je veux bien. Mais quand ça fait 12 fois qu'il demande "poissa??" en pointant le vide, la fourchette, elle est vraiment pas loin de mon oreille. TOUT devient une question. Il peut répéter la même 5, 10, 15 fois de suite, même si je lui réponds à chaque fois (j'ai aussi essayé de l'ignorer, ce qui ne change pas le résultat). Plutôt qu'être un moulin à paroles comme avant, il est maintenant un moulin à questions, Poissa? Comment s'appelle ça? Quissa? C'est quoi la chanson du poisson? Est où grand-maman? Et grand-papa? Et babouille? Et papouchemanumounapitipou? Poissa maman? POI-SSA?

Il teste mes limites et les siennes. Il fait des essais, il découvre, explore avec les mots. Je connais toute la théorie. Je sais que c'est bien et que ça va passer.

J'espère juste que ça va passer rapidement. Parce que sérieusement, je ne pourrai pas vivre longtemps avec un tiroir plein de fourchettes si près de moi. Ça devient dangereux pour mes oreilles.

16 janvier 2009

Nouvelle année

Je suis un peu en retard pour mon bilan de 2008. De toute façon, je ne saurais trop comment résumer cette dernière année. Je pourrais dire qu'elle a été belle, magnifique, même, mais difficile aussi. Pas difficile dans le sens où il me serait arrivé de dures épreuves. Non. Difficile dans le sens où j'ai connu plusieurs défis qui m'étaient jusqu'alors inconnus. Difficile dans le sens où j'ai dû travailler fort sur plusieurs aspects de ma vie pour garder ma santé mentale.

En janvier dernier, j'étais enceinte de 7 mois. J'étais immense et inconfortable. Je trouvais difficile de continuer mon train-train quotidien avec Tithom qui allait avoir 2 ans et qui bougeait sans arrêt. J'avais de la difficulté à me pencher, à dormir, à rester de bonne humeur.

Par contre, le 15 mars, j'ai connu un moment merveilleux, incomparable, même si en fait, c'était la deuxième fois que je vivais quelque chose de tel: la naissance de mon fils. Alors qu'avec Tithom, j'avais vécu la grossesse parfaite, Tilou m'a fait connaître l'accouchement parfait. Intense, souffrant par moments, mais tellement rapide et simple que je n'aurais pu demander mieux.

Puis ont suivi des semaines de pleurs, de remise en question de mes capacités parentales, de sentiment d'impuissance devant ce bébé qui pleurait tout. le. temps. Coliques, personnalité complètement différente de mon premier enfant, moins de disponibilité de ma part... J'ai trouvé ce début de vie de famille de 4 très difficile. Je ne m'attendais pas à ce que ce soit facile, pas du tout. Mais je ne m'imaginais pas que ce serait aussi épuisant. Je ne croyais pas que je me retrouvais aussi dépourvue que si c'était mon premier bébé.

Au-delà de la difficulté, de la fatigue, des remises en question et de l'absence totale de temps pour moi, je suis tombée en amour avec ce nouveau garçon dans ma vie. D'un coup, en une seule seconde, mon coeur avait doublé. Je suis retombée en amour avec mon plus vieux aussi, qui soudainement me semblait si grand, si mature, si loin du petit bébé que je tenais dans mes bras 2 ans plus tôt. Je suis tombée plus tranquillement en amour avec notre nouvelle dynamique familiale. Ça m'a pris un bon temps d'adaptation. J'ai dû replacer les morceaux de ma vie qui ne trouvaient plus leur place. J'ai dû en laisser tomber, changer la forme de certains. J'y suis arrivée et je peux dire aujourd'hui que j'aime la vie que nous menons. Elle n'est pas parfaite, mais elle est la nôtre et nous nous aimons. Je ne vois pas ce que nous pourrions demander de plus.

La dernière année a aussi marqué le début d'une nouvelle aventure côté travail. J'ai petit à petit laissé tomber mon ancien métier pour partir une nouvelle petite entreprise avec une chère amie de longue date. Depuis plusieurs mois, je passe presque toutes les siestes de mes cocos devant la machine à coudre à fabriquer des porte-bébés. Longue vie à notre collaboration et à notre passion pour le portage!

Nous nous retrouvons en 2009, déjà. Je veux commencer cette nouvelle année sous le signe de la simplicité, du temps précieux et du renouveau. Je veux recommencer à écrire, à prendre du tremps pour faire ce que j'aime sans négliger ceux que j'aime. Je veux laisser tomber l'inutile, le compliqué et le superflu. Je veux vivre bien, simplement.

C'est donc une main dans celle de mon chum, mes enfants dans les bras et un peid sur la pédale de la machine à coudre que je débute 2009. Je vous en souhaite une bonne, remplie de belles surprises, de rêves qui se réalisent et de projets qui vous tiennent à coeur. Je souhaite à toutes celles qui attendent la cigogne de la voir enfin venir cette année. Le bonheur que j'ai la chance de vivre, malgré les difficultés bien futiles en bout de ligne, devrait pouvoir être vécu par tous ceux qui le désirent.

14 janvier 2009

Écran blanc

Plus j'attends, plus je trouve ça difficile. Plus je remets à plus tard, moins je trouve d'idées. Plus je procrastine, moins j'imagine. Je voudrais vraiment recommencer à écrire de façon régulière, mais à chaque fois que j'arrive devant mon clavier, j'ai le syndrôme de l'écran blanc. J'ai pourtant souvent des idées, mais une fois prête à écrire, je les trouve finalement bien banales. Et je laisse tomber.

Bref... me revoicie, en 2009. Un nouveau départ? Peut-être. Je renoue avec mon clavier, avec mes mots, avec mon introspection. Doucement. J'ai tant de choses à dire, pourtant. La vie avec deux enfants est loin d'être banale. Mon bonhomme qui aura bientôt 3 ans (dans 2 semaines, pouvez-vous le croire??) passe ses journées à parler, à me raconter des histoires rocambolesques et rigolotes. Je voudrais avoir la mémoire assez aiguisée pour retenir toutes ses phrases si spéciales et les écrire. Mais mon cerveau est tellement en compote que j'oublie tout. Sans parler de mon bébé qui aura 10 mois demain. Où est-il donc, ce petit paquet de plis qui ne demandait que nos bras?

La vie passe vite. Les souvenirs sont trop nombreux pour essayer de tous les garder dans ma tête. Je me dois de les imprimer à quelque part. Aussi bien le faire ici, où j'ai déjà tant partagé. Les sujets ont changé avec moi, ont évolué avec ma vie. L'infertilité, qui était la cause première de ce blogue, restera en arrière-pensée. Je n'y peux rien, ça fera toujours partie de moi. Tout comme la maternité. Et tout comme l'écriture.