23 décembre 2008

Mes lutins

Le voici venu. Mon premier Noël avec deux enfants. Le premier Noël de Tilou. Et, aussi, le premier Noël où Tithom est vraiment conscient de ce qu'il se passe. Le père Noël, il l'attend. Il lui a écrit, l'a vu au défilé, a pris une photo sur ses genoux, l'a vu à l'écran d'ordi, a lu des histoires le mettant en vedette. J'aurais voulu éviter le "mensonge du père Noël", ça aurait été une sacrée tâche! Aussi bien embarquer dans le bateau, pour le peu de temps que ça dure.

Lorsque nous sommes allés au centre d'achats pour la tradtionnelle photo avec le gros bonhomme, Tithom ne se pouvait plus tellement il était excité. Une fois assis sur ses genoux, Tithom a regardé le père Noël comme si c'était une grande star Hollywoodienne. Le bonhomme lui a demandé ce qu'il voulait pour Noël. Tithom a répondu, avec le ton un peu blasé de celui qui cite une évidence:

Un cadeau.

Et bien je peux vous confirmer que son souhait sera exhaucé. J'ai des contacts avec le Pôle Nord, vous savez.



Mes deux lutins et moi vous souhaitons des très Joyeuses Fêtes remplies de bonheur, d'amour et de rire. Que les lumières de Noël réchauffent les coeurs qui en ont besoin. Et même les autres.

Amusez-vous et soyez prudents!

20 décembre 2008

Il a 9 mois

Je ne parle pas souvent de Tilou. Et pourtant, je l'aime tellement mon bébé. Je m'étais souvent demandé comment je pourrais aimer DEUX enfants alors que mon coeur semblait occupé en entier par Tithom et Hom. Ça s'est fait tout seul. Tilou est arrivé et boum, mon coeur a pris de l'expansion. Comme ça, en une fraction de seconde, il a fait de la place pour mon deuxième fils.

Il ne se passe pas une journée où je ne lui dis pas qu'il est beau, que je l'aime. Il ne se passe pas une journée où je ne lui donne pas minimum 500 bisous (surtout sur ses joues rondes si douces). Il ne se passe pas une journée où je n'ai pas, pour un moment, la gorge serrée en regardant mes deux garçons, me disant que je suis tellement chanceuse, que c'est incroyable d'avoir deux aussi beau garçons en santé dans ma vie.

Le temps passe tellement vite quand on est maman. Et quand on est maman de deux, il passe malheureusement deux fois plus vite.

Tilou a déjà 9 mois. Il a déjà passé autant de temps dans mes bras qu'il en a passé dans mon ventre. Et il a terriblement changé en 9 mois.

De 9 livres et 12 onces à la naissance, il est passé à 23 livres et des poussières. De 21 pouces, il est passé à près de 30 pouces. Il a 5 dents (deux en haut et 3 en bas). Il est toujours allaité, mais mange très bien ses purées (et un peu de morceaux) depuis quelques semaines. Il mange de tout avec énormément d'appétit. Long à partir, mais une fois lancé, rien ne peut l'arrêter.

Il est tellement différent de son grand frère. Alors que Tithom était très moteur, Tilou semble surtout observateur. Il regarde tout avec intensité et concentration. On entend presque les rouages de son cerveau enregistrer chaque petit détail tellement son regard semble tout analyser. Il observe chaque objet qu'il tient sous tous ses angles. Il adore toutes les activités manuelles et sensorielles. Il passerait des heures à froisser du papier entre ses doigts potelés! Comme il passe tout son temps à observer, il ne se déplace pas encore. En fait, oui, il se déplace. Mais j'ignore encore comment! Il bouge énormément: assis, couché, sur le dos, sur le ventre, on se rasseoit, on se recouche, on s'étire, on tourne... il finit par faire du chemin en se tortillant comme ça. Pourtant, il ne semble pas manquer grand chose pour passer à la marche à 4 pattes. Ça ne semble tout simplement pas l'intéresser. J'ai demandé à Tithom de lui apprendre sa technique des fesses, mais ça ne l'impressionne pas non-plus. Nous avons depuis un bout de temps descendu son matelas de bassinette puisque je le retrouve souvent assis après sa sieste.

Tilou dort de belles nuits et fait une grosse sieste par jour, quand je suis chanceuse. Sinon, il dort quelques 15 minutes par ci, par là. Il est encore un grand téteux, ce qui fait encore mon bonheur. Il a toujours été facile à allaiter et j'adore toujours autant quand il se blottit contre moi et qu'il s'abandonne, les yeux à moitié fermés, sa main posée sur ma gorge.

Il est très rieur et souriant. Même s'il est encore intense et que nous ne sommes pas tout à fait sortis de l'anxiété de séparation, il est un bébé jovial et charmeur. Tout le fait rire, surtout son grand frère qu'il adore observer. C'est son divertissement favori! Il applaudit très souvent, tout le réjouit. Il fait aussi des bye-bye, surtout lorsqu'il se voit dans le miroir. Il fait beaucoup de vocalises et de dadadada, dedede, ppppe, ddde, tttte!

Il est encore très attaché à moi. Son endroit préféré reste nos bras, où il passerait ses journées. Contrairement à son grand frère, l'exerciseur, la chaise vibrante et la balançoire ont à peine servi. C'est un bébé colleux et, bien que ce soit parfois envahissant, je sais maintenant en profiter puisque je sais que ça finit hélas par passer (je le vis avec mon plus grand qui n'est plus colleux du tout).

La vie à quatre est belle. Ça nous aura pris plusieurs mois d'adaptation. Plusieurs mois difficiles, où Tilou pleurait beaucoup, où je courais après ma queue et où je me demandais sérieusement si j'allais un jour prendre le dessus. Mais nous y sommes. La routine est établie, nous avons appris de nos expériences. Nous sommes bien. Je ne pourrais pas dire que c'est facile, mais je n'ai plus l'impression de ne pas y arriver. J'y arrive, et quand même bien, si j'ose dire. Je suis loin d'être parfaite, mais je suis fière de la maman que je suis aujourd'hui.

Mon gros bébé, ma guimauve, ma boulette d'amour, mon Tiloulou à moi a 9 mois. Et dire que le plus beau reste à venir!

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17 décembre 2008

En bobettes

Je suis plutôt contre les techniques pour "mettre propre". Je ne vois pas l'intérêt de forcer un enfant à aller sur la toilette s'il n'est pas prêt, seulement parce que nous en avons assez des couches. De toutes façons, je suis fondamentalement paresseuse, ce qui fait que pour moi, mettre un enfant sur le petit pot 15 minutes à chaque heure, c'est beaucoup trop de trouble. Je préfère, et de loin, le laisser décider du moment. Je voulais que ça vienne de lui et que ça fonctionne.

Vers les 16 mois de Tithom, nous avions acheté un petit pot. Pas dans le but de le mettre propre à ce moment-là, non. Mais comme il commençait à nous indiquer quand il faisait pipi dans sa couche, nous nous étions dit que si jamais il montrait un intérêt à la propreté, nous serions prêts.

Le petit pot a servi de petit escabeau pendant des mois.

Il y a peut-être 3 mois, lorsque j'ai enlevé la couche de Tithom avant le bain, j'ai remarqué qu'elle était vide. Plusieurs heures sans un pipi, était-ce un signe? Je lui ai parlé de la toilette et je l'ai assis dessus. Il a fait pipi et le toit de la maison a sauté tellement on était énervés. Confettis et ribambelles, le party était pogné: mon fils avait fait pipi dans la toilette.

L'exploit s'est répété plusieurs soirs de suite, juste avant le bain. Nous étions on ne peut plus fiers. Pour chaque pipi, je lui donnais un bel autocollant qu'il plaçait dans son album. Il a donc commencé à se forcer pour avoir son autocollant. Il s'est mis de la pression. Même s'il n'avait pas envie, il voulait rester sur la toilette tant qu'il n'avait pas fait pipi. Il pleurait si on l'enlevait. J'ai trouvé que ça n'allait plus dans la bonne direction. Nous avons donc laissé tomber pour quelque temps. Je ne voulais en aucun cas insister et encore moins lui mettre de pression.

Nous avons acheté des petites culottes. Nous lui en avons parlé. Nous avons lu des livres sur le petit pot. Nous restions dans la théorie, subtilement. Nous ne le placions plus sur la toilette avant le bain. S'il avait envie, il nous le dirait.

Il a voulu mettre les culottes, mais ce ne fut pas un succès. Il était mouillé et ne s'en appercevait pas. Ça ne le dérangeait pas! Il fallait donc encore attendre.

Puis, il y a 3 semaines, nous avons remarqué qu'il nous signalait son envie de plus en plus souvent. J'ai donc décidé de passer aux culottes, pour faire le test. Et ça se passe rudement bien! Aucun accident. Il nous indique tout le temps quand il a envie de pipi. Il a fait un seul caca dans la toilette pour le moment, mais c'est le timing qui est mauvais (il fait habituellement caca dans sa couche en se réveillant, avant de nous réveiller). Ça viendra.

Je peux donc dire que mon fils est propre de jour (sauf les siestes) depuis officillement deux semaines. Il nous reste encore du chemin à faire, pour les dodos et les cacas. Mais la machine est partie et nous n'avons jamais forcé notre fils. Nous l'avons écouté, nous avons suivi notre instinct (et notre paresse) et ça a porté fruits. Je suis tellement fière de mon bonhomme! Son album d'autocollants est plein à craquer. Il est super fier de se promener en culottes dans la maison. Et moi je rigole à chaque fois parce que c'est franchement très drôle, un Tithom en bobettes!

6 décembre 2008

Quatre ans

Étrange, ce que le temps peut faire. Il y a quatre ans, mon coeur éclatait. J'avais l'impression qu'une partie de moi se brisait à jamais. Alors que quelques heures aparavant, je vivais encore l'euphorie des jours qui suivent la bonne nouvelle, je me retrouvais au petit matin dans le sang et les larmes.

Il y a quatre ans, je perdais mon premier bébé.

Étrange, comme le temps peut changer les choses. J'y pense encore, à cette petite étoile filante. Rarement. En fait, seulement le 6 décembre, ou presque. Et plus de la même manière. Je n'ai plus de douleur, je n'ai plus de peine. Un petit frisson peut-être, un petit hochement de tête, et même, un petit sourire que seule mon étoile peut voir. Je ne me dis plus "si je ne l'avais pas perdu..." Je ne pense plus à quel âge il aurait, à ce que serait notre vie si... Parce que je l'aime, ma vie, telle qu'elle est maintenant. Parce que même si, avoir eu le choix, j'aurais préféré ne pas vivre de fausse-couche, je sais que si je ne l'avais pas vécu, je n'aurais pas Tithom et Tilou dans ma vie. Mon bonheur serait différent, mais le fait d'être heureuse aujourd'hui et d'aimer mes enfants avec chaque fibre de mon être m'empêche de regretter. Je ne vis plus dans le passé, même s'il m'arrive encore d'y penser de temps à autre. Mes pensées se dirigent aujourd'hui vers la femme que j'étais avant que ça arrive. Je pense au mal que j'ai eu, que nous avons eu. Je pense à la douleur, au vide, au sentiment de trahison et d'injustice. J'y pense sans amertume. J'y pense avec fierté, même. Car j'ai su passer au travers, à ma façon, à mon rhytme. Oh bien sûr, on était loin d'une tragédie. Il y a des choses pires que ça dans la vie, j'en conviens. Mais à ce moment-là, ce matin-là, il y a quatre ans, mon monde s'écroulait. Je ne voyais rien d'autre que le sang et la petite vie qui me quittait déjà. J'ai eu mal. J'ai saigné longtemps. Même après que mon corps ait fini de saigner, mon coeur, lui, a continué. Bien plus longtemps que je ne l'aurais imaginé. Je ne perdais pas seulement un bébé, mais l'idée d'un bébé, l'image que je me faisais de lui, de ce que nos vies deviendraient, de ce que je vivrais à travers la maternité. Je perdais un rêve.

Puis, est venu Tithom. Qui a tout changé. Qui a tout remis en perspective et qui a recollé les morceaux brisés avec un simple regard. Ma cicatrice est aujourd'hui si pâle qu'on ne la voit presque plus.

Le temps, étrangement, fait bien les choses, malgré tout.