Malgré mes appréhensions, j'ai bien dû commencer l'introduction des solides. Il y a déjà plusieurs semaines, Tilou ne dormait plus aussi bien et passait ses soirées complètes (lire ici entre 1h30 et 2h de suite) à boire sans sembler satisfait. Après deux semaines à endurer un bébé grognon, je me suis rendue à l'évidence: il avait faim.
Parce que ça ne peut jamais être simple, Tilou n'a rien voulu savoir des purées. Comme son grand frère, j'ai dû me battre avec lui pour lui faire avaler un peu de bouette de diverses teintes de beige. J'ai tout essayé: chaud, tiède, froid, avec du lait, de l'eau, avant le boire, après le boire, entre deux boires, fruits, légumes, viandes, mélangées, morceaux... Rien n'y faisait. Il pleurait, tournait la tête, fermait la bouche. Si par miracle je réussissais à entrer la cuillère entre ses dents serrées, il ouvrait la bouche, sortait la langue et laissait la gravité faire son travail sur la bouchée. Et je me retrouvais avec une bavette pleine de purée et un bébé pas du tout rassasié.
J'ai laissé tomber à quelques reprises, pour ré-essayer quelques jours plus tard. Ça fonctionnait de temps en temps, mais jamais bien longtemps. Comme depuis deux jours, ça semble bien aller, mais je ne prends rien pour acquis. Au moins, il ne passe plus ses soirées à boire sans arrêt. C'est déjà ça de pris.
Ça me frustre, de ne pas avoir un de ces bébés qui ouvrent la bouche toute grande à la vue d'une cuillère. Ça me choque de faire des belles purées fraîches et de devoir les jeter au compost. J'aimerais que ce soit simple, pour une fois. J'aimerais qu'il se rende compte, à 8 mois et demi, qu'il ne pourra pas vivre de lait maternel exclusivement encore longtemps. Je peux bien croire que mon lait soit bon (on m'a souvent dit que je devais produire de la crème, à voir les cuisses dodues de mon bébé), je ne peux pas croire que mon fils ne soit pas intéressé de goûter à autre chose.
Je vous ai déjà dit que je détestais les purées? Eh bien je penses que j'ai transmis involontairement cette haine à mes fils. Et je ne sais plus quoi faire pour sortir de ce cercle viscieux.
Je me console en me disant que, pendant ce temps, ma boîte à compost se remplit pour mon jardin de l'été prochain...
26 novembre 2008
20 novembre 2008
Question d'espoir
Les gens qui me connaissent un peu se doutaient bien que j'allais sortir de mon train-train quotidien très occupé pour parler d'une actualité qui a beaucoup d'importance pour les femmes comme moi ces temps-ci. À travers les discours ennuyeux, les enfantillages et les mots qui ne veulent rien dire, une promesse électorale a réussi à me faire lever les yeux vers le téléviseur, à me faire dresser les oreilles, à me faire un peu frissonner. Pas de peur, non. D'espoir. Ça reste une promesse électorale, mais le simple fait que ce soit devenu un enjeu plutôt qu'une nuisance, ça me fait un grand bien.
Les libéraux ont annoncé qu'ils paieraient pour les deux premiers traitements de fécondation in vitro. Les autres partis ont rapidement promis la même chose.
Bien sûr, ça soulève beaucoup de questions. Ça demande plusieurs limites et balises. On s'entend que nous n'en sommes pas rendus là. Le simple fait de parler d'infertilité comme étant un problème demandant qu'on s'y attarde et qu'on le prenne au sérieux, c'est un grand pas en avant. Qu'on parle d'infertilité dans les médias autrement que pour parler des sextuplés et des prématurés, ça fait changement. Même si souvent, je dois respirer profondément en lisant le journal.
Comme quand j'ai lu ceci:
Procréation assistée: une promesse et beaucoup de questions
Heureusement, il y a aussi des articles comme ça, qui expriment ma pensée:
Fertilité: évitons le délire
(Je ne peux me retenir, encore une fois: transférer, on dit transférer et non implanter des embryons! Les médecins ont beaucoup de pouvoir, mais pas encore celui de forcer un embryon à s'implanter. Fin de la parenthèse.)
Bien sûr, je me pose moi aussi des questions. Je me demande ce qu'il adviendra de tous les couples qui ne se rendent pas en FIV. Est-ce que le Clomid et Serophen seront aussi remboursés par l'Assurance maladie? Est-ce que les inséminations seront couvertes? Les injections? Je parle ici des traitements qui se font habituellement avant de passer à la FIV. Si seule la FIV est couverte, vera-t-on plus de couples passer directement à cette solution qui est loin d'être une partie de plaisir (et loin de garantir un résultat)? M. Charest s'attend à voir les FIV doubler. S'il ne couvre pas les autres types de traitements de fertilité (moins coûteux, soit dit en passant), c'est clair que les FIV doubleront.
Une belle nouvelle, que cette promesse. Remplie d'espoir. Mais aussi, et pour un bon bout de temps je présume, remplie de questionnements.
Les libéraux ont annoncé qu'ils paieraient pour les deux premiers traitements de fécondation in vitro. Les autres partis ont rapidement promis la même chose.
Bien sûr, ça soulève beaucoup de questions. Ça demande plusieurs limites et balises. On s'entend que nous n'en sommes pas rendus là. Le simple fait de parler d'infertilité comme étant un problème demandant qu'on s'y attarde et qu'on le prenne au sérieux, c'est un grand pas en avant. Qu'on parle d'infertilité dans les médias autrement que pour parler des sextuplés et des prématurés, ça fait changement. Même si souvent, je dois respirer profondément en lisant le journal.
Comme quand j'ai lu ceci:
Procréation assistée: une promesse et beaucoup de questions
Heureusement, il y a aussi des articles comme ça, qui expriment ma pensée:
Fertilité: évitons le délire
(Je ne peux me retenir, encore une fois: transférer, on dit transférer et non implanter des embryons! Les médecins ont beaucoup de pouvoir, mais pas encore celui de forcer un embryon à s'implanter. Fin de la parenthèse.)
Bien sûr, je me pose moi aussi des questions. Je me demande ce qu'il adviendra de tous les couples qui ne se rendent pas en FIV. Est-ce que le Clomid et Serophen seront aussi remboursés par l'Assurance maladie? Est-ce que les inséminations seront couvertes? Les injections? Je parle ici des traitements qui se font habituellement avant de passer à la FIV. Si seule la FIV est couverte, vera-t-on plus de couples passer directement à cette solution qui est loin d'être une partie de plaisir (et loin de garantir un résultat)? M. Charest s'attend à voir les FIV doubler. S'il ne couvre pas les autres types de traitements de fertilité (moins coûteux, soit dit en passant), c'est clair que les FIV doubleront.
Une belle nouvelle, que cette promesse. Remplie d'espoir. Mais aussi, et pour un bon bout de temps je présume, remplie de questionnements.
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