Avant d'accoucher de Tithom, j'avais fait beaucoup de visualisation. J'avais lu, posé des questions, réfléchi. Je m'étais fait une idée de ce que je voulais comme accouchement. J'avais des attentes, oui, mais je savais que ça ne se déroulerait pas comme je l'imaginais. J'avais envisagé tous les scénarios, pour me préparer. J'étais prête, enfin, je le croyais. J'avais peur, c'est certain, mais ma peur n'avait pas de fondation, puisque je n'avais jamais encore vécu d'accouchement.
Ça ne s'est pas déroulé comme je l'aurais voulu, mais je n'ai jamais eu de regret.
Quand est venu le temps d'accoucher de Tilou, mes peurs avaient changé. J'avais maintenant une expérience personnelle sur laquelle fonder mes peurs. Je pouvais comparer, analyser. Non seulement je visualisais, je me remémorais.
Ça a probablement un peu joué sur mes nerfs. J'avais toujours tendance à retourner à la seule expérice que j'avais vécu. On avait beau me répéter que chaque accouchement est unique, je ne pouvais m'empêcher de retourner à mes propres souvenirs plutôt qu'à ceux des autres.
J'ai quand même fait beaucoup de visualisation. J'ai lu de long en large Une naissance heureuse, relisant plusieurs fois les passages sur la gestion de la douleur, la poussée, le travail. Je voulais à tout prix éviter la péridurale et pour ça, je devais avoir les outils. J'ai presqu'appris les techniques par coeur. J'avais fait des disques de musiques de différents styles, dépendant du mood dans lequel je serais au moment crucial. J'étais plus que prête, même si j'avais encore peur. Peur de revivre la même chose qu'au premier, peur de devoir encore pousser pendant 3 heures, peur de plier devant l'anesthésiste, peur de ne pas avoir un accouchement de rêve encore. Sans regret, comme toujours, mais des peurs, encore. Bien petites, mais bien concrètes.
Mon plan de naissance est resté plié dans ma valise. Pas eu le temps de le donner à l'infirmière. Il n'aurait pas servi de toute façon. Mes CD sont restés dans la valise eux aussi. La seule musique à mes oreilles aura été les premiers pleurs de mon bébé. Rien n'a servi. Ni les techniques, ni les bons mots du livre, ni la musique. Enfin, pas directement. Je sais qu'au fond, ça a beaucoup servi. Ça m'a donné confiance, ça m'a permis de moins stresser avant d'accoucher. Ça m'a permis de ne plus focusser sur les peurs plus profondes, comme celle de devoir subir une césarienne ou pire, celle de perdre mon bébé. Ça m'a permis de croire en mes capacités et pour ça, je crois que les heures de lectures et de méditation en ont largement vallu la peine.
Ma façon à moi de reprendre le contrôle, c'est par l'information. J'ai toujours été comme ça. Pendant nos années de traitements de fertilité, j'ai lu et relu tout ce qui me tombait sur la main qui touchait de près ou de loin ce que nous vivions. En savoir le plus possible me permettait d'éliminer des peurs (causées souvent par l'inconnu) et de prendre des décisions éclairées.
Je fais confiance à mon instinct pour plusieurs choses, mais dans des cas où mon corps ne répond plus à ma raison, je me tourne vers le savoir. Si ma tête en sait assez pour arriver à calmer mon corps qui dérape, il aura accompli son boulot.
Et à mon prochain accouchement, j'aurai maintenant une expérience super positive à me remémorer. Rien de mieux pour donner confiance.
28 mai 2008
21 mai 2008
Microbes imprévus
Hom est en vacances cette semaine. Il lui restait une semaine à prendre et pour ne pas la perdre, il devait la prendre avant le 31 mai. Il avait choisi la semaine prochaine, mais un changement de cap l'a obligé à prendre cette semaine à la place.
Quelle semaine de vacances! Tithom, qui avait déjà le rhume, a commencé une gastro-entérite dans la nuit de dimanche à lundi. Il a été malade à quelques reprises, mais pas de façon violente. Il est quand même faible et amorphe. Il refuse la solution de réhydratation, refuse de manger quoi que ce soit (même si ses derniers vomissements remontent à lundi soir). Il ne fait que dire non, d'une petite voix fatiguée. Il dort sans arrêt, me repousse, ne veut voir que son papa. Il n'est pas déshydraté, puisqu'il remplit des couches et boit pas mal d'eau. Ses pleurs ont encore des larmes.
Moi je voudrais qu'il n'ait même pas de pleurs.
Je m'ennuie de mon Tithom enjoué et rieur. C'est affreusement long, une journée sans entendre son rire. Je m'ennuie de ses calins et de ses gros bisous, de sa petite face curieuse, du bruit de ses petits pieds quand il se met à courir dans la maison. Je m'ennuie de mon garçon.
Heureusement, nous (Tilou, Hom et moi) semblons pour le moment avoir été épargnés (ou être déjà immunisés). Nous ne prenons quand même aucune chance, de peur que Tilou soit malade à son tour. Déjà qu'il a le rhume... Nous passons donc nos journées à tout désinfecter, à pouch-poucher tout ce que Tithom touche. Je n'ai jamais fait autant de lessive en si peu de temps!
Nous avions prévu faire plein de trucs pendant les vacances. Ma belle petite liste reste intouchée. Rien n'a été fait. D'un sens, je suis contente que Hom soit avec moi cette semaine. Mais je crains que pour se reposer, il devra attendre ses vraies vacances en juillet.
À moins que Tithom nous réserve une autre surprise du genre...
Quelle semaine de vacances! Tithom, qui avait déjà le rhume, a commencé une gastro-entérite dans la nuit de dimanche à lundi. Il a été malade à quelques reprises, mais pas de façon violente. Il est quand même faible et amorphe. Il refuse la solution de réhydratation, refuse de manger quoi que ce soit (même si ses derniers vomissements remontent à lundi soir). Il ne fait que dire non, d'une petite voix fatiguée. Il dort sans arrêt, me repousse, ne veut voir que son papa. Il n'est pas déshydraté, puisqu'il remplit des couches et boit pas mal d'eau. Ses pleurs ont encore des larmes.
Moi je voudrais qu'il n'ait même pas de pleurs.
Je m'ennuie de mon Tithom enjoué et rieur. C'est affreusement long, une journée sans entendre son rire. Je m'ennuie de ses calins et de ses gros bisous, de sa petite face curieuse, du bruit de ses petits pieds quand il se met à courir dans la maison. Je m'ennuie de mon garçon.
Heureusement, nous (Tilou, Hom et moi) semblons pour le moment avoir été épargnés (ou être déjà immunisés). Nous ne prenons quand même aucune chance, de peur que Tilou soit malade à son tour. Déjà qu'il a le rhume... Nous passons donc nos journées à tout désinfecter, à pouch-poucher tout ce que Tithom touche. Je n'ai jamais fait autant de lessive en si peu de temps!
Nous avions prévu faire plein de trucs pendant les vacances. Ma belle petite liste reste intouchée. Rien n'a été fait. D'un sens, je suis contente que Hom soit avec moi cette semaine. Mais je crains que pour se reposer, il devra attendre ses vraies vacances en juillet.
À moins que Tithom nous réserve une autre surprise du genre...
18 mai 2008
Infertiles, sensibilisons!
Dimanche dernier, c'était la fête de mères. Puis, commençait la semaine de la famille. Hier, c'était la journée mondiale de la femme enceinte. Et aujourd'hui commence la semaine canadienne de sensibilisation à l'infertilité. Bizarre, le mois de mai, vous ne trouvez pas?
Semaine de sensibilisation, ça veut dire qu'on doit en parler. Sensibiliser les gens. Faire connaître une maladie souvent cachée ou ignorée. Faire réaliser que l'infertilité doit être prise au sérieux. S'ouvrir sur un sujet délicat pas toujours facile à expliquer.
Avant d'avoir notre premier enfant, nous n'osions pas tellement parler de ce que nous vivions, sauf à des gens qui le vivaient aussi. Je ne sais pas pour Hom, mais moi, j'avais honte. Honte de ne pas réussir à faire ce que toutes les autres femmes semblaient réussir sans devoir même y penser. Honte d'avoir un corps défectueux, même si j'en prenais soin. Honte de ne pas pouvoir contrôler ma fertilité. Honte de me faire juger, de me faire dire que c'est parce que nous ne faisions pas les choses de la bonne façon. Honte que les autres croient que c'était de ma faute, ou que c'était "notre destin". Garder la rage et la douleur cachées, ça n'a pas aidé mon sentiment de solitude. Je me sentais incomprise, mais je n'osais en parler pour mieux me faire comprendre. Un genre de cercle viscieux d'incompréhension.
Je n'osais même pas parler de ma fausse-couche à mes amies, sauf quelques exceptions. Ma douleur m'appartenait et je la trouvais trop intime pour la partager. C'était aussi difficile de mettre des mots sur le vide que je ressentais.
Sur certains forums, je trouvais du soutien, je pouvais partager avec des filles vivant le même genre de combat. Mais j'avais souvent l'impression de me répéter mois après mois et de déranger. J'avais commencé ce blogue justement dans le but d'avoir un endroit où parler de tout ça librement. Je me disais que si certaines personnes vivant la même chose venaient à passer, ça leur ferait peut-être du bien de voir qu'elles n'étaient pas seules. Mais toujours, je restais dans l'ombre. Je n'en parlais que superficiellement à la plupart de mes amies, à ma famille. Je n'aimais pas en parler ouvertement, de vive voix. Derrière un écran d'ordinateur, je me sentais plus à l'aise.
Quand je suis tombée enceinte de Tithom et que la grossesse semblait bien établie, j'ai décidé de m'ouvrir. N'ayant pas trouvé, à l'époque où je le vivais, de plateforme pour partager et faire connaître ce que traversent les couples infertiles, j'ai décidé d'en faire ma cause et d'en parler fièrement. La honte que j'avais eue de ne pas réussir s'était transformée en fierté d'avoir tenu le coup et d'avoir vaincu. C'était donc avec le sourire que je parlais de nos 3 ans d'essais, des traitements, de la fausse-couche et de notre bébé à venir qui était tant attendu. Pas parce que j'étais heureuse de l'avoir vécu, mais parce que j'étais fière d'avoir gardé espoir. Je voulais donner espoir à ceux et celles qui n'étaient pas encore rendus là où nous étions: être parents.
Depuis, je parle sans gêne de notre infertilité. Je reprends les gens insensibles sans hésitation, j'explique, je justifie, je m'insurge et je sensibilise. Je suis loin d'être parfaite et j'ignore même si je suis efficace, mais je crois que j'arrive, une personne à la fois, à mieux faire connaître l'infertilité. Quand je reçois des courriels me disant que mon blogue a touché quelqu'un, que grâce à ce que j'ai écrit, on a changé sa façon de voir l'infertilité, que je donne espoir à un couple qui se bat depuis longtemps pour avoir un bébé, je me dis que tout ça aura vallu la peine. Mon blogue est ma plateforme, ma petite contribution à la cause. J'aurais pu le transformer complètement en blogue de maman, mais je n'y arrive pas. Je tiens à garder l'infertilité comme première cause, même si ma vie aujourd'hui ne tourne plus autour de ça. J'y tiens, parce qu'on a encore beaucoup de travail à faire côté sensibilisation. Et qu'une semaine par année, c'est bien, très bien, mais pas assez.
Bonne semaine, les infertiles!
Semaine de sensibilisation, ça veut dire qu'on doit en parler. Sensibiliser les gens. Faire connaître une maladie souvent cachée ou ignorée. Faire réaliser que l'infertilité doit être prise au sérieux. S'ouvrir sur un sujet délicat pas toujours facile à expliquer.
Avant d'avoir notre premier enfant, nous n'osions pas tellement parler de ce que nous vivions, sauf à des gens qui le vivaient aussi. Je ne sais pas pour Hom, mais moi, j'avais honte. Honte de ne pas réussir à faire ce que toutes les autres femmes semblaient réussir sans devoir même y penser. Honte d'avoir un corps défectueux, même si j'en prenais soin. Honte de ne pas pouvoir contrôler ma fertilité. Honte de me faire juger, de me faire dire que c'est parce que nous ne faisions pas les choses de la bonne façon. Honte que les autres croient que c'était de ma faute, ou que c'était "notre destin". Garder la rage et la douleur cachées, ça n'a pas aidé mon sentiment de solitude. Je me sentais incomprise, mais je n'osais en parler pour mieux me faire comprendre. Un genre de cercle viscieux d'incompréhension.
Je n'osais même pas parler de ma fausse-couche à mes amies, sauf quelques exceptions. Ma douleur m'appartenait et je la trouvais trop intime pour la partager. C'était aussi difficile de mettre des mots sur le vide que je ressentais.
Sur certains forums, je trouvais du soutien, je pouvais partager avec des filles vivant le même genre de combat. Mais j'avais souvent l'impression de me répéter mois après mois et de déranger. J'avais commencé ce blogue justement dans le but d'avoir un endroit où parler de tout ça librement. Je me disais que si certaines personnes vivant la même chose venaient à passer, ça leur ferait peut-être du bien de voir qu'elles n'étaient pas seules. Mais toujours, je restais dans l'ombre. Je n'en parlais que superficiellement à la plupart de mes amies, à ma famille. Je n'aimais pas en parler ouvertement, de vive voix. Derrière un écran d'ordinateur, je me sentais plus à l'aise.
Quand je suis tombée enceinte de Tithom et que la grossesse semblait bien établie, j'ai décidé de m'ouvrir. N'ayant pas trouvé, à l'époque où je le vivais, de plateforme pour partager et faire connaître ce que traversent les couples infertiles, j'ai décidé d'en faire ma cause et d'en parler fièrement. La honte que j'avais eue de ne pas réussir s'était transformée en fierté d'avoir tenu le coup et d'avoir vaincu. C'était donc avec le sourire que je parlais de nos 3 ans d'essais, des traitements, de la fausse-couche et de notre bébé à venir qui était tant attendu. Pas parce que j'étais heureuse de l'avoir vécu, mais parce que j'étais fière d'avoir gardé espoir. Je voulais donner espoir à ceux et celles qui n'étaient pas encore rendus là où nous étions: être parents.
Depuis, je parle sans gêne de notre infertilité. Je reprends les gens insensibles sans hésitation, j'explique, je justifie, je m'insurge et je sensibilise. Je suis loin d'être parfaite et j'ignore même si je suis efficace, mais je crois que j'arrive, une personne à la fois, à mieux faire connaître l'infertilité. Quand je reçois des courriels me disant que mon blogue a touché quelqu'un, que grâce à ce que j'ai écrit, on a changé sa façon de voir l'infertilité, que je donne espoir à un couple qui se bat depuis longtemps pour avoir un bébé, je me dis que tout ça aura vallu la peine. Mon blogue est ma plateforme, ma petite contribution à la cause. J'aurais pu le transformer complètement en blogue de maman, mais je n'y arrive pas. Je tiens à garder l'infertilité comme première cause, même si ma vie aujourd'hui ne tourne plus autour de ça. J'y tiens, parce qu'on a encore beaucoup de travail à faire côté sensibilisation. Et qu'une semaine par année, c'est bien, très bien, mais pas assez.
Bonne semaine, les infertiles!
16 mai 2008
Il a deux mois
Je pourrais dire enfin... ou déjà... Ça a passé vite, et en même temps, j'ai l'impression d'avoir accouché il y a si longtemps. Les semaines passent vite, mais les soirées sont souvent longues.
Mon Tilou a eu deux mois hier. Deux mois à être 4, c'est fou! Tithom aime toujours autant son petit frère. Il passe son temps à lui donner des bisous, à lui faire des calins (il serre de moins en moins fort, c'est bon), il lui apporte des jouets (la plupart du temps sur la tête), il adore placer son doigt dans la main de Tilou, c'est très drôle. Il crie "heeeey!" quand Tilou ferme le poing sur son doigt. Il lui prend les mains et le fait applaudir. Il lui brosse les cheveux et fait des pets sur sa bedaine dans le bain.
Ombre au tableau: Tilou fait des coliques le soir depuis plusieurs semaines. Pratiquement à tous les soirs. Ça semble un peu se placer cette semaine. Il prend encore des heures à s'endormir le soir, mais il pleure beaucoup moins. On doit le promener et le tenir sur le ventre, sinon il se plaint, mais autrement, il est calme. Je dois avouer que nous trouvons ça difficile par bouts, les coliques. Entendre pleurer son bébé à s'en fendre l'âme pendant des heures, ça peut rendre fou. J'ai vraiment l'impression que des trous se sont formés dans ma cervelle à chaque fois que Tilou poussait un cri. D'autant plus que nous avons le dos et les épaules en compote de le prendre autant. Je sais que c'est un bout rough à passer. J'ai hâte qu'il passe.
Ayant conclu que ses coliques semblaient être causées par mon allaitement (trop fort réflexe d'éjection, entre autres), j'ai changé un peu ma façon de lui donner le sein. Et je commence à voir une différence, je dois donc être sur la bonne piste.
Deux mois à entendre ton bébé pleurer, à ne pas arriver à l'endormir, à l'avoir constament dans les bras, même la nuit en dormant, c'est long.
Heureusement, depuis deux semaines, il dort mieux la nuit. Plutôt que de dormir dans nos bras, il dort entre nous, sur le bedon. Ce n'est pas l'idéal, mais comme on dit "whatever works". Quand les deux parents sont épuisés à force d'user le tapis en faisant les 100 pas, tentant d'endormir un bébé qui se réveillera à toutes les 3 heures durant la nuit de toute façon, on prend ce qui vient. J'aurais préféré qu'il dorme sur le dos, dans son berceau, près de notre lit, mais bon, on ne peut tout avoir. Et je ne dois pas me plaindre, car depuis samedi, depuis la nuit de la fête des mères en fait, Tilou fait ses nuits. Bon, je sais que rien n'est garanti, surtout chez un si petit bébé, mais j'avoue que ça fait du bien de dormir des 7-8 heures en ligne depuis une semaine.
Mis à part ses caprices de sommeil, Tilou est un amour. Il sourit beaucoup, est éveillé, commence à interragir avec son environnement, à réagir aux jouets et aux paroles. Il est costaud: il y a une semaine, il pesait 17 livres. Il tient sa tête, pousse fort avec ses jambes. Il a des joues à croquer et des petits cheveux fous qui parfois me donnent un petit espoir (faux?) d'avoir peut-être un jour un petit bouclé comme moi.
La vie à 4 n'est pas tous les jours faciles. Il y a eu deux semaines en particulier où j'ai même trouvé que ce ne l'était jamais. Je pleurais quand Tilou pleurait, je me sentais coupable de ne pas passer assez de temps avec Tithom, je n'arrivais plus à "tenir maison", j'étais épuisée. Mentalement et physiquement. Mais la fatigue physique, c'est la partie facile. Ça se reprend, du sommeil. La fatigue mentale, faut prendre une pause. Mais quand on est maman, on ne peut pas prendre de pause. Faut prendre soin de soi, mais le temps nous manque.
À Tithom, j'avais pris le temps d'écrire un billet le 28 de chaque mois, en prenant une photo de lui avec son mouton. Pour Tilou, je n'ai malheureusement pas ce temps, en tout cas, pas pour le moment. Mais j'ai quand même pris une photo à chaque 15 du mois, avec sa giraffe.
À défaut d'écrire plus souvent, voici sa photo de deux mois:

Et une de son sourire, parce qu'il me fait craquer:
Mon Tilou a eu deux mois hier. Deux mois à être 4, c'est fou! Tithom aime toujours autant son petit frère. Il passe son temps à lui donner des bisous, à lui faire des calins (il serre de moins en moins fort, c'est bon), il lui apporte des jouets (la plupart du temps sur la tête), il adore placer son doigt dans la main de Tilou, c'est très drôle. Il crie "heeeey!" quand Tilou ferme le poing sur son doigt. Il lui prend les mains et le fait applaudir. Il lui brosse les cheveux et fait des pets sur sa bedaine dans le bain.
Ombre au tableau: Tilou fait des coliques le soir depuis plusieurs semaines. Pratiquement à tous les soirs. Ça semble un peu se placer cette semaine. Il prend encore des heures à s'endormir le soir, mais il pleure beaucoup moins. On doit le promener et le tenir sur le ventre, sinon il se plaint, mais autrement, il est calme. Je dois avouer que nous trouvons ça difficile par bouts, les coliques. Entendre pleurer son bébé à s'en fendre l'âme pendant des heures, ça peut rendre fou. J'ai vraiment l'impression que des trous se sont formés dans ma cervelle à chaque fois que Tilou poussait un cri. D'autant plus que nous avons le dos et les épaules en compote de le prendre autant. Je sais que c'est un bout rough à passer. J'ai hâte qu'il passe.
Ayant conclu que ses coliques semblaient être causées par mon allaitement (trop fort réflexe d'éjection, entre autres), j'ai changé un peu ma façon de lui donner le sein. Et je commence à voir une différence, je dois donc être sur la bonne piste.
Deux mois à entendre ton bébé pleurer, à ne pas arriver à l'endormir, à l'avoir constament dans les bras, même la nuit en dormant, c'est long.
Heureusement, depuis deux semaines, il dort mieux la nuit. Plutôt que de dormir dans nos bras, il dort entre nous, sur le bedon. Ce n'est pas l'idéal, mais comme on dit "whatever works". Quand les deux parents sont épuisés à force d'user le tapis en faisant les 100 pas, tentant d'endormir un bébé qui se réveillera à toutes les 3 heures durant la nuit de toute façon, on prend ce qui vient. J'aurais préféré qu'il dorme sur le dos, dans son berceau, près de notre lit, mais bon, on ne peut tout avoir. Et je ne dois pas me plaindre, car depuis samedi, depuis la nuit de la fête des mères en fait, Tilou fait ses nuits. Bon, je sais que rien n'est garanti, surtout chez un si petit bébé, mais j'avoue que ça fait du bien de dormir des 7-8 heures en ligne depuis une semaine.
Mis à part ses caprices de sommeil, Tilou est un amour. Il sourit beaucoup, est éveillé, commence à interragir avec son environnement, à réagir aux jouets et aux paroles. Il est costaud: il y a une semaine, il pesait 17 livres. Il tient sa tête, pousse fort avec ses jambes. Il a des joues à croquer et des petits cheveux fous qui parfois me donnent un petit espoir (faux?) d'avoir peut-être un jour un petit bouclé comme moi.
La vie à 4 n'est pas tous les jours faciles. Il y a eu deux semaines en particulier où j'ai même trouvé que ce ne l'était jamais. Je pleurais quand Tilou pleurait, je me sentais coupable de ne pas passer assez de temps avec Tithom, je n'arrivais plus à "tenir maison", j'étais épuisée. Mentalement et physiquement. Mais la fatigue physique, c'est la partie facile. Ça se reprend, du sommeil. La fatigue mentale, faut prendre une pause. Mais quand on est maman, on ne peut pas prendre de pause. Faut prendre soin de soi, mais le temps nous manque.
À Tithom, j'avais pris le temps d'écrire un billet le 28 de chaque mois, en prenant une photo de lui avec son mouton. Pour Tilou, je n'ai malheureusement pas ce temps, en tout cas, pas pour le moment. Mais j'ai quand même pris une photo à chaque 15 du mois, avec sa giraffe.
À défaut d'écrire plus souvent, voici sa photo de deux mois:

Et une de son sourire, parce qu'il me fait craquer:
11 mai 2008
Fête des (a)mères
Aujourd'hui, c'est la journée des mamans. C'est la troisième où, plutôt que de seulement faire de l'introspection sur mon rôle et ma vie de maman, je reviens en arrière vers celle que j'étais avant d'être maman. Celle qui voulait l'être, mais n'y arrivait pas.
Pendant mes années d'infertilité, je trouvais la fête des mères difficile. Je la voyais arriver avec amertume et opiniatreté. J'étais frustrée de ne pas faire partie du club. Maintenant que je suis incluse dans la fête, je pense quand même à celles qui ne le sont pas encore et qui le voudraient tant.
Oui, je souhaite une belle fête des mères à toutes les mamans du monde. Ce n'est pas tous les jours facile, être maman, alors on mérite bien un bouquet de fleurs et un repas qu'on n'a pas cuisiné. Mais, je souhaite aussi, et surtout, une belle journée à toutes celles qui aimeraient être maman. Ce n'est jamais facile, attendre un bébé qui ne vient pas. Et personne ne leur donne de fleurs à elles.
Mesdames, un jour, cette journée ne vous sera plus aussi amère. Croyez-moi.
Pendant mes années d'infertilité, je trouvais la fête des mères difficile. Je la voyais arriver avec amertume et opiniatreté. J'étais frustrée de ne pas faire partie du club. Maintenant que je suis incluse dans la fête, je pense quand même à celles qui ne le sont pas encore et qui le voudraient tant.
Oui, je souhaite une belle fête des mères à toutes les mamans du monde. Ce n'est pas tous les jours facile, être maman, alors on mérite bien un bouquet de fleurs et un repas qu'on n'a pas cuisiné. Mais, je souhaite aussi, et surtout, une belle journée à toutes celles qui aimeraient être maman. Ce n'est jamais facile, attendre un bébé qui ne vient pas. Et personne ne leur donne de fleurs à elles.
Mesdames, un jour, cette journée ne vous sera plus aussi amère. Croyez-moi.
5 mai 2008
Tête endormie
La semaine dernière, j'avais écrit un long billet de complainte que je n'ai finalement pas posté. Trop négatif, trop chialeux. Ma semaine avait été difficile. Tilou a eu une bonne poussée de croissance (comme dans les livres, à 6 semaines) et il ne voulait QUE nos bras. Jour et nuit. 24 heures sur 24. C'est bien beau l'écharpe, mais ça limite quand même mes mouvements, un peu comme un gros ventre de 9 mois le faisait.
Ça s'est calmé, même si Tilou est encore demandant. Il est maintenant capable de faire des petites siestes dans son berceau, à condition de le coucher sur le ventre. Et ça n'arrive qu'une fois de temps en temps, pas encore quotidiennement. Il pleure encore beaucoup le soir. J'en suis encore à me demander si ce sont des coliques. Tout ce que je sais, c'est qu'Hom a le poignet bousillé, le dos en compote et les yeux très cernés. Car voyez-vous, Tilou ne s'endort que dans les bras de son papa le soir. La maman, il l'a assez vue.
Hom est parti à Toronto pour deux jours. Bien hâte de voir comment je me débrouillerai ce soir. Je me demande à quelle heure ma tête explosera...
Mais bon, tout ça, c'est assez peu intéressant. C'est la vie d'un bébé de quelques semaines. Le manque de sommeil, c'est le lot de tous les nouveaux parents, alors ça ne me donne rien d'en parler ici pendant des heures.
En fait, c'est un peu la raison de mon absence ici. Je ne trouve pas ça tellement passionnant de parler des couches de mon fils et des nuits qu'il ne fait pas. Oui, mon fils ME fascine, parce que c'est le mien et qu'il est le plus beau, mais je ne m'attends pas à ce que ses petits exploits, qui sont les mêmes que pour la grande majorité des bébés de son âge, fascinent le reste de la terre. Et comme ces jours-ci, ma vie tourne autour de mes deux fils, de mon mal de dos (quand même pas mal atténué par une visite chez le massothérapeute) et de tous les efforts que ça me prend pour ne pas m'endormir n'importe où, je n'arrive pas à écrire un billet qui vaille. D'autant plus que j'utilise souvent l'écriture automatique et que c'est assez difficile à faire quand on n'a qu'une main libre pour taper.
Comme disait mon père, je dormirai à ma retraite. Mais est-ce qu'une maman à temps plein peut prendre sa retraite?
Ça s'est calmé, même si Tilou est encore demandant. Il est maintenant capable de faire des petites siestes dans son berceau, à condition de le coucher sur le ventre. Et ça n'arrive qu'une fois de temps en temps, pas encore quotidiennement. Il pleure encore beaucoup le soir. J'en suis encore à me demander si ce sont des coliques. Tout ce que je sais, c'est qu'Hom a le poignet bousillé, le dos en compote et les yeux très cernés. Car voyez-vous, Tilou ne s'endort que dans les bras de son papa le soir. La maman, il l'a assez vue.
Hom est parti à Toronto pour deux jours. Bien hâte de voir comment je me débrouillerai ce soir. Je me demande à quelle heure ma tête explosera...
Mais bon, tout ça, c'est assez peu intéressant. C'est la vie d'un bébé de quelques semaines. Le manque de sommeil, c'est le lot de tous les nouveaux parents, alors ça ne me donne rien d'en parler ici pendant des heures.
En fait, c'est un peu la raison de mon absence ici. Je ne trouve pas ça tellement passionnant de parler des couches de mon fils et des nuits qu'il ne fait pas. Oui, mon fils ME fascine, parce que c'est le mien et qu'il est le plus beau, mais je ne m'attends pas à ce que ses petits exploits, qui sont les mêmes que pour la grande majorité des bébés de son âge, fascinent le reste de la terre. Et comme ces jours-ci, ma vie tourne autour de mes deux fils, de mon mal de dos (quand même pas mal atténué par une visite chez le massothérapeute) et de tous les efforts que ça me prend pour ne pas m'endormir n'importe où, je n'arrive pas à écrire un billet qui vaille. D'autant plus que j'utilise souvent l'écriture automatique et que c'est assez difficile à faire quand on n'a qu'une main libre pour taper.
Comme disait mon père, je dormirai à ma retraite. Mais est-ce qu'une maman à temps plein peut prendre sa retraite?
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