28 septembre 2007

20 mois

Le dernier mois de l'été... il en reste encore quelques morceaux qui traînent ici et là, mais l'automne est bel et bien arrivé. Quel bel été nous avons passé ensemble mon petit homme! Et quel beau mois tu as eu!

Nous sommes allés voir papa jouer à la balle pour la première fois. Tu le trouvais bien loin, au fond du champs à attendre les balles! Nous sommes aussi allés au Festival Bières et Saveurs de Chambly, où tu t'es bien amusé avec ta cousine et où tu as bien mangé, même du sanglier! Nous avons profité des belles journées ensoleillées pour faire du vélo, prendre de longues marches, aller jouer au parc où tu restes fasciné par les autres enfants. Tu glisses d'ailleurs tout seul à la glissoire, plus besoin de maman!

Tu as aussi eu une coupe de cheveux et pour la première fois, j'ai vraiment aimé ta nouvelle tête. Pour te féliciter d'avoir été aussi sage, je t'ai acheté deux poissons, que tu salues à chaque matin en leur parlant dans leur langue. Tu semblais croire qu'ils s'ennuyaient au début, alors tu leur as offert des jouets et un toutou en forme de poisson. Tu es comme ça, généreux et plein de bonnes intentions. J'imagine que c'est pour ça que tu nourris aussi tes toutous, faisant le tour de la maison avec ton bol de céréales et ton gobelet, passant d'un animal en peluche à un autre, bienveillant. Tu te prends aussi pour Linus, promenant ta doudou partout dans la maison. Que je n'essaie pas de te l'enlever pour la laver, c'est la crise assurée!

Tu as aussi participé à ton premier lancement de livre. Tu t'es fait piquer par une guêpe (pauvre chou!) et tu es allé au baptême de ta cousine. Tu montes l'échelle de ton module de jeux tout seul et tu te jettes dans nos bras de l'autre côté de la plateforme (c'est ton copain Nanou qui t'a appris ça!).

Côté langage, tu as commencé à débloquer un peu dans les dernières semaines. Tu dis maintenant dodo, toutou, doudou, ata (à terre), toto (auto), tata (camion), tato (bateau - non mais tu as de la suite dans les idées!), tati (parti), papa (avais-je besoin de le mentionner?), ui (oui) et quelques semblants de mots dont tu répètes plus le son que le mot en tant que tel. Tu te fais très bien comprendre malgré tout et tu comprends tout ce qu'on te dit. Quand je te demande où es papa, tu me réponds "tatiii!" Quand je te demande il est où le bébé, tu me donnes une petite tape sur la bédaine. Je craque.

Je pourrais écrire encore et encore sur tous les petits trucs mignons que tu fais, sur tous les liens que tu fais dans ta tête qui m'épatent à chaque jour, sur toutes les découvertes et les expériences que tu vis, mais ça ne finirait plus. Chaque petit détail, chaque petit geste est pour moi un rayon de soleil, une petite main douce sur mon coeur. J'ai été très fatiguée et un peu moins disponible ce mois-ci et je m'en excuse. Les prochains mois seront juste pour nous trois, ton papa, toi et moi. Je t'aime si fort, je suis tellement fière de toi mon grand garçon, mon petit bout d'homme, mon bébé à moi. Bon 20 mois.

27 septembre 2007

25 septembre 2007

Maman invisible

Tithom avait un peu plus de 11 mois. Il se promenait (sur les fesses) dans la cuisine, à la recherche de son prochain mauvais coup, en marmonant. En m'approchant, j'ai entendu le plus beau son à mon oreille: maman. J'ai ensuite dû sortir un linge pour essuyer la flaque qu'avait laissé mon coeur fondu sur le plancher.

Tithom a eu maman comme seul mot pendant longtemps. Il avait fini par l'associer à moi, et c'était encore plus craquant.

Puis, il y a quelques mois, est venu le mot papa, qu'il a rapidement associé à son père. C'était très franc, très clair: PA-PA! Exit le mot maman, il n'en avait plus que pour son papa.

Ça fait des mois que ça dure, que je n'entends plus Tithom dire maman. C'est enfantin, mais ça me fait de la peine. Quand je le regarde en lui disant "maman!", il me sourit et répond "papa!" C,est qu'il est drôle le taquin. Tout est papa autour de lui. Son univers est papa. Quand son père arrive de travailler, il reconnaît le bruit de la voiture (en fait, le bruit du système de son au max) et s'écrit PAPA! en courant vers la porte. Il est toujours heureux de le voir. Il lui sourit toujours.

Pendant ce temps, je disparais doucement. Ça fait partie du contrat de la maman à temps plein: on se fait un peu prendre pour acquise. Je deviens invisible. Je trouve ça très dur, par moment. Tithom ne s'ennuie jamais de moi, il n'en a jamais l'occasion: je suis toujours là! Je suis là quand il se couche, là quand il se réveille, là quand papa n'y est pas. Il a confiance, peut compter sur moi. C'est une de ses certitudes: maman sera là. Jamais je ne lui enlèverai non-plus.

N'empêche, j'aimerais ça, moi aussi, l'entendre s'écrier maman et courir vers moi. J'aimerais ça moi aussi qu'on me montre (même si je le sais) que je compte et que je suis importante. J'ai droit à plein de trucs mignons, à des tonnes de bisous, à des jeux complices, mais plus jamais je n'entends maman et ça me manque.

19 septembre 2007

Des chiffres et des nouvelles

J'ai eu mes résultats de triple test ce matin. Je savais déjà que les mesures étaient bonnes, suite à l'échographie. Il ne me manquait que les résultats combinés avec l'analyse des deux prises de sang.

Tout est beau. Quel soulagement! Je sais que je ne suis pas dans la catégorie à risque, mais d'un autre côté, mon amie ne l'était pas non-plus et pourtant, son fils était bel et bien trisomique. Ça n'augmente pas mes risques, mais ça rend la possibilité plus réelle. Les chiffres cette fois-ci sont moins flagrants que pour Tithom (1/110 000 pour Tithom et 1/5300 pour Tipépin), mais ça ne m'empêche pas de mieux respirer. Je peux laisser ces craintes de côté maintenant.

La grossesse se passe bien. Les nausées sont parties, ne restent plus que la fatigue et la constipation. On finira bien par s'en débarasser. J'ai vraiment hâte de retrouver mon énergie, car dieu sait qu'avec un bonhomme de presque 20 mois, on en a besoin!

On dit que le ventre s'arrondit plus vite à une deuxième grossesse. Je ne m'attendais pas à ce que ça paraisse autant, aussi vite. Heureusement, la mode est aux chandails longs. Je n'ai donc pas encore recours aux vêtements de maternité, sauf pour les jeans. Enceinte de Tithom, j'avais porté mes jeans taille basse ordinaires jusqu'à 6 mois de grossesse. Cette fois-ci, il y a des jours où je ne les endure déjà plus. Une chance que je sais qu'il n'y en a qu'un là-dedans, sinon je me poserais de sérieuses questions!

J'avais souvent entendu des mamans dire que la deuxième grossesse est très différente de la première, qu'on est moins centrée sur notre nombril et ce qu'il se passe en-dessous. Oui, c'est vrai, c'est différent. Je ne l'apprécie pas moins, mais j'ai moins le temps (et l'énergie) de regarder mon ventre s'arrondir, les yeux vers le ciel, en imaginant mon futur enfant. Et bizarrement, cette fois-ci, j'ai encore de la difficulté à croire que je suis enceinte. Il y a encore des moments où je me surprends à dire "ah oui, c'est vrai, je suis enceinte!" Pas que je l'oublie, mais j'ai probablement moins eu le temps de m'y préparer. Pour Tithom, ça avait pris près de 3 ans. Je ne vivais plus que pour ça, mon univers tournait autour de mon utérus. Cette fois-ci, ça nous aura pris 3 cycles en fetilité. C'est presqu'arrivé comme une surprise! Pas eu le temps de m'y préparer mentalement. Et mon univers est déjà fort occuper à tourner autour de Tithom et de la famille que nous formons qu'il lui reste très peu de temps pour se concentrer sur mon ventre. Je prends quand même le temps, le soir venu, de remplir mon journal de grossesse, de crémer ma bédaine, de regarder le décompte avant la naissance, avant l'échographie et de rêvasser.

Moins de magie? Non, je ne le crois pas. Moins d'attentes, peut-être. Moins de découvertes, bien sûr, mais ça ne rend pas les choses moins merveilleuses. Maintenant que je sais ce que c'est, je peux avoir hâte, plutôt que de craindre ce que je ne connais pas.

J'avais senti Tipépin bouger quelques fois entre 10 et 12 semaines, puis plus rien, jusqu'à la semaine dernière. Comme à tous les soirs, je tâtais mon ventre, à la recherche d'une petite bulle, d'une vague, n'importe quoi. C'était petit, doux et indescriptible. Bébé est bien là. Et depuis, je le sens plusieurs fois par jour, sans devoir appuyer sur mon ventre. C'est encore très subtil et sparodique, mais non, ce n'est pas moins magique.

18 septembre 2007

Sensualité nouvelle

En devenant maman, on découvre plein de facettes de notre personnalité qui nous étaient jusqu'alors inconnues. Nous faisons face à des situations et émotions complètement nouvelles. Nous utilisons pour la première fois une partie de notre cerveau qui dormait jusqu'à l'accouchement. Nous découvrons une autre personne en nous: après la fille, la soeur, la blonde, voici la mère.

Dans ces nouvelles facettes, je me suis découvert une sensualité que je ne me connaissais pas.

Jamais auparavant je n'avais caressé la joue d'une autre personne pendant des heures, sans autre but que de sentir la peau douce sous mon doigt. Jamais je n'avais enfoui mon nez dans les cheveux de quelqu'un d'autre. Jamais je n'avais mordillé des orteils, jamais je n'avais chuchotté des je t'aime aussi doux à l'oreille de quelqu'un, jamais je n'avais chanté de berceuse de ma voix la plus douce en santant mon unique auditeur s'endormir tranquilement dans mes bras. Jamais je ne m'étais perdue autant dans un regard, jamais je n'avais autant travaillé pour un simple sourire, jamais un rire ne m'avait autant touchée.

Jamais je ne me serais crue capable d'autant de sensualité et de douceur. Jamais je n'aurais pensé mon coeur de maman aussi paisible.

14 septembre 2007

Le droit à la reconnaissance

Depuis deux jours, un débat est lancé, au centre duquel on retrouve la fécondation in vitro et autres techniques de procréation médicalement assistée. Débat mis en route par l'émission Ça pourrait nous arriver, diffusée à TVA mercredi soir. Bien entendu, j'ai regardé cette émission avec beaucoup d'intérêt. Je l'attendais avec, je dois l'avouer, plusieurs appréhensions. J'avais peur qu'encore une fois, on ne voit qu'un côté de la médaille, ou qu'on nous montre que des cas extrêmes. De plus, la présence de deux vedettes (ici Céline Dion et Julie Snyder) me faisait craindre que la FIV soit encore associée aux gens riches. J'étais aussi déçue qu'encore une fois il ne soit question que de FIV. Bien qu'importante, c'est une technique parmis tant d'autres et c'est souvent celle gardée en dernier rcours, quand toutes les autres ne fonctionnent pas. Je trouvais donc dommage qu'on laisse encore dans l'ombre tous les couples infertiles qui n'iront pas en FIV, mais qui se battent malgré tout pendant des années pour réaliser leur rêve. Oui, les coûts sont moindres, mais le fardeau financier est là quand même (prenons l'exemple d'un cycle comme j'ai fait, avec injections, rajoutons-y une insémination et nous voilà avec une facture de plus de 1000$).

Je dois admettre que j'ai été agréablement surprise par l'émission. J'étais contente qu'enfin on parle d'infertilité sans mettre de gants blancs, sans donner l'impression que ça fonctionne à tout coup et surtout, avec de vrais couples vulnérables et sincères. Bien que j'aurais préféré voir plus de couples "monsieur-madame tout le monde", je saisis l'impact que peuvent avoir les témoignages (très touchants d'ailleurs) des deux vedettes. Au Québec, ça prend souvent des gens connus pour faire avancer une cause. Alors si c'est ce qu'il faut, je trouve que les deux femmes choisies ont très bien raconté leur histoire et je suis persuadée qu'elles ont pu toucher bien des gens qui n'y connaissent rien en PMA et qui ne se sentaient pas concernés lorsqu'il s'agissait de purs inconnus.

Bref, je crois qu'il était temps qu'une telle émission se fasse. Oui, je suis un peu déçue qu'on ait à peine parlé des autres traitements de fertilité, mais je peux comprendre qu'en utilisant le plus gros traitement, on a tenté de frapper plus fort.

Hier, j'ai regardé Richard Martineau et François Paradis discuter des traitements de fertilité et du fait qu'ils ne soient pas couverts par l'assurance maladie. C'est bien certain que je suis pour le fait que ce soit couvert. C'est bien certain aussi que j'ai été outrée par les mots très mal choisis de M. Couillard. Malgré tout, je suis mal à l'aise devant le débat qui fait rage depuis deux jours, car je crois qu'il ne va pas du tout dans la bonne direction. On s'obstine à savoir si l'infertilité est une pathologie, alors que l'Ordre des gynécologues et obstétriciens l'a reconnue comme étant une maladie depuis des années. Et puis, si le système de santé se limitait aux pathologies, personne ne se ferait vasectomiser ou ligaturer. Dites-moi quelle pathologie, quelle maladie la vasectomie soigne-t-elle? Je ne mets pas en doute l'importance de cette procédure dans le panier de la RAMQ, je mets seulement en doute les excuses du ministre.

Puisqu'il était question aussi du fait que les avortements, ligatures des trompes, vasectomies et vasovasectomies sont couverts à 100% par la RAMQ, mais pas les traitements de fertilité, on a eu tendance à centre le débat là-dessus. Plusieurs suggéraient de ne plus payer pour l'avortement, la ligature et/ou la vasectomie pour permettre de payer pour la PMA. Je trouve vraiment désolant qu'on pense que ce soit la bonne solution. L'idée ne devrait pas être de ne plus payer pour un pour pouvoir payer pour l'autre, mais plutôt que si on paye pour un, on devrait aussi payer pour l'autre. L'avortement a déjà eu son procès, le débat a déjà été fait, les batailles nombreuses. Le droit à l'avortement a été gagné et il ne devrait être question de l'enlever pour donner le droit de se procréer. Soyons clair, je suis pour l'aide du gouvernement dans le domaine de la fertilité. Je suis seulement contre le fait qu'on pense que la solution se résume à enlever les droits aux uns pour en donner aux autres. Idéalement, tous devraient être égaux.

Selon les dires de M. Couillard, se reproduire n'est pas un droit fondamental. À l'entendre parler, ce n'est qu'un désir, un luxe. C'est bizarre. J'avais toujours eu l'impression que le but premier de l'humanité était de perpétuer sa race. Sans la reproduction, c'est assez difficile. Mais, là où le manque de logique est flagrant, c'est encore par rapport à l'avortement. Parce qu'il fait référence au droit de la femme d'être responsable de sa reproduction. Donc, lorsqu'il est question d'avortement et de contraception, c'est un droit. Mais quand il s'agit d'y aller dans l'autre sens, ce n'est plus un droit. Bref, vous avez le droit de ne pas vouloir d'enfant et on va vous aider, mais si vous en voulez, débrouillez-vous. Je ne suis pas contre l'avortement couvert, je suis contre le manque de suite dans les idées du gouvernement de payer pour un sans payer pour l'autre.

Si on disait à une mère droguée qu'elle n'a pas le droit d'avoir d'enfant, on clâmerait haut et fort qu'on brime ses droits. Encore une fois, ça marche dans un sens, mais pas dans l'autre. Totalement illogique.

Je suis consciente que couvrir pour tous les traitements de fertilité soulève des questions éthiques et surtout, que ça implique des coûts immenses. Je suis donc consciente que la situation de la France, utilisée en exemple dans le documentaire, où le gouvernement couvre jusqu'à 4 FIV (et 6 inséminations), serait plutôt utopique. Mais un juste milieu serait déjà un bon départ. Une certaine reconnaissance serait la moindre des choses. Couvrir pour les médicaments "de base" comme le Clomid et le Serophene, couvrir les traitements moins gros que la FIV, mais tout aussi importants, ce serait déjà un bon début. Oui, il y a un crédit d'impôts de 30%, mais ce n'est pas de l'argent en poche et ça ne paie pas les prêts souvent nécessaires pour se rendre en FIV.

Le ministre Couillard a même parlé duf ait que la FIV amenait des coûts énormes compte tenu qu'il en résulte plus de grossesses multiples et de naissances prématurées (sujet discuté à Enjeux, il y a quelques mois). Pourquoi en faire la promotion, alors? Il n'a rien compris. Si les couples décident souvent de faire transférer cinq ou six embryons, c'est qu'ils n'ont qu'une seule chance. Ils mettent, littéralement, tous leurs oeufs dans le même panier. Ils n'ont qu'une chance, à 10 000$, aussi bien en transférer le plus possible pour augmenter les chances qu'un seul s'implante. Si la FIV était prise en charge par le gouvernement, le nombre d'embryons transférés pourrait (et devrait) être limité, sans que les couples sentent la pression de n'avoir qu'une seule chance. Bref, on diminuerait les grossesses multiples et les naissances prématurées, donc les coûts. Une chaîne facile à faire sur papier, mais qui semble trop compliquée à faire en bureaucratie.

On a une très mauvaise perception des couples infertiles ici. Combien de fois ai-je entendu (ou lu) qu'ils "avaient juste à faire des enfants avant" ou que c'est "probablement parce qu'il y a une raison et qu'ils devraient s'y faire et ne pas insister" ou encore "il y a plein d'enfats dans le monde, ils ont juste à adopter." Premièrement, j'ai commencé mes traitements de fertilité à 26 ans, un âge encore considéré fertile. Et même si je les avais commencés à 18 ans, j'aurais eu les mêmes problèmes, puisque j'ai toujours eu les OPK. Deuxièmement, dire que les couples infertiles le sont pour une raison, c'est comme de dire qu'ils ne méritent pas d'avoir des enfants alors que tant d'autres parents en ont et ne devraient jamais en avoir. C'est un manque immense de respect de dire à des gens atteints d'une maladie dont ils n'ont aucune responsabilité qu'ils le méritent. C'est ne pas connaître la douleur et l'attente insupportable. C'est ne jamais avoir été dans une situation hors de notre contrôle. C'est ne pas comprendre que la vie ne fonctionne pas souvent au mérite. Et troisièmement, si on disait à un couple fertile de laisser tomber son rêve d'avoir des enfants biologiques parce qu'il y a déjà plein d'orphelins dans le monde, ils seraient probablement aussi insultés que nous. Pourquoi les infertiles devraient-ils porter le fardeau de sauver les enfants abondonnés du monde? Oui, l'adoption est admirable et je sais que beaucoup de couples, infertiles et fertiles, y trouvent les enfants qu'ils attendaient depuis toujours. Je tiens seulement à souligner que c'est loin d'être une solution facile et que c'est loin de pouvoir, en une seule phrase, effacer la douler de l'infertilité et remplir le vide que le rêve d'un enfant biologique laisse chez bien des couples.

Je n'ai pas eu recours à la FIV. Si nous avions eu à nous y rendre, nous aurions probablement dû abandonner notre rêve, parce que nous n'avions pas les moyens. Par contre, j'ai eu recours à divers traitements de fertilité grâce auxquels j'ai eu Tithom et j'attends Tipépin. Je suis infertile, je le serai toujours. J'ai été marquée au fer rouge par cette bataille et ça me rend sensible à ce que les autres couples vivent. Je nous trouve excessivement chanceux d'avoir pu avoir des enfants relativement facilement (si on compare avec d'autres couples infertiles). À chaque jour, quand je regarde dans les yeux bleus de mon fils en santé, les mêmes yeux bleus que son père, je me sens choyée et je suis éternellement reconnaissante d'avoir eu la chance de pouvoir me permettre de faire les traitements. J'ai regardé le documentaire les larmes aux yeux, la gorge nouée, une main sur mon ventre et l'autre dans la main de Hom. C'est dommage qu'il faille souvent passer par là pour comprendre tout ce que ça implique. C'est dommage qu'on ne puisse discuter calmement, sans pointer du doigt, sans essayer de faire sentir les uns ou les autres comme égoïstes et ingrats. Je n'en veux pas aux fertiles de l'avoir facile. Je n'en veux pas non-plus à toutes ces femmes qui prennent la décision difficile de mettre terme à une grossesse non désirée. Je n'en veux pas aux gens qui esaient de comprendre, mais qui sont maladroits et blessants sans le savoir. Par contre, j'en veux à la vie d'être injuste et de ne pas fonctionner au mérite, quand il y a tant de couples qui feraient des parents extraordinaires et qui ne le seront jamais.

Un débat est lancé. Il faut en parler, il faut briser les tabous, les préjugés. Il faut donner une reconnaissance aux couples infertiles. Il faut prendre les choses en main. Il faut agir. Il faut que le gouvernement s'assume et se rende compte qu'il ne peut pas payer pour certaines choses sans payer pour les autres. Il faut encourager la famille et soutenir ces gens de couer qui vivent une épreuve difficile et qui ne souhaitent qu'une chose: être comme les autres et avoir des enfants à aimer.

5 septembre 2007

Discipline calme

J'ai la chance d'avoir un garçon très calme. Bon, je dois dire qu'en tant que parents, nous le sommes aussi. Ça nous en prend beaucoup pour paniquer et surtout, pour nous en faire. Pas que nous soyons insousciants, mais nous prenons la vie avec un grain de sel (et parfois un peu de tabasco). Mon réflexe étant, quand Tithom est concerné: est-ce que sa santé, sa vie, ses membres sont en danger? Est-ce qu'il peut se faire mal ou briser un objet de valeur? Et si la réponse est non, je le laisse faire. Je ne suis pas du genre à dire non à chaque geste qu'il pose. J'ai arrangé la maison en conséquence: en éliminant tout danger, ça élimine aussi la nécessité de dire non. Paresse? Pas du tout. Pure logique. Si on dit non à tout, le non perd de son sens et finit par entre dans une oreille pour sortir par l'autre. Déjà que la cloison entre les deux oreilles n'est pas très étanche à cet âge, il ne faut pas courir après le trouble. Donc, le non reste réservé aux choses sérieuses que je n'ai pu éliminer (non, ne touche pas à la lampe, non, ne tire pas la queue du chat, non, ne lance pas te jouets dans la face de tes petits amis). N'allez pas croire qu'on le laisse faire ce que bon lui semble. Bien sûr que non. Nous avons nos règles, nous sommes strictes, mais nous en gardons très peu pour ne pas qu'elles passent innaperçues. Je crois fermement qu'un enfant de cet âge a besoin d'explorer, de découvrir et de toucher autres choses que ses bébelles en plastique multicolore. Et dire non à chaque exploration de sa part serait comme lui dire qu'être curieux est mauvais. Bref, on essaie de trouver le juste milieu entre le laisser-aller et la discipline militaire et je crois que nous nous en sortons plutôt bien.

Tithom n'écoute pas toujours nos non, même s'ils sont bien pesés. Je sais que ça viendra avec le temps, mais je vois déjà une grosse différence avec ce qu'il faisait à 13-14 mois, alors que le non devait se transformer en "vas-y!!" avant de se rendre à son cerveau, puisqu'il faisait tout ce que je lui interdisais. Avec un sourire narquois, bien sûr. J'ai donc, depuis quelques mois, essayé de changer ma formulation pour ne plus devoir utiliser la négation. Pas toujours évident, mais je crois bien que ça fonctionne.

Mon bébé est calme, oui. Il l'a toujours été. Jamais été pleurnichard, jamais fait de crises, jamais fait le bacon en public. C'est dans son tempérament, donc bien sûr que ça aide. Et je sais très bien que nous sommes chanceux. J'ai comme l'impression qu'on va devoir payer à l'adolescence...