28 juillet 2007

18 mois

Un an et demi, déjà. On voit souvent le 18 mois comme une grosse étape, comme un cap important. On lit qu'à 18 mois, tu devrais faire ceci et cela, dire tant de mots, accomplir tant de choses. Je me fous des livres et des normes, je ne me fie qu'à mes yeux pour voir tout ce que tu accomplis à chaque jour.

Dans le dernier mois, tu as aidé ton grand-papa à construire ton module de jeux, dans lequel tu t'amuses comme un fou. Tu demandes et redemandes la balançoire dès qu'on met le pied dehors. Nous sommes aussi allés cueillir des fraises. Tu es revenu rouge de la tête aux pieds, mais le bedon rempli de bonnes fraises fraîches. On a aussi fait plusieurs balades en vélo, dont une aux Îles de Boucherville où nous avons apperçu des cerfs, des marmottes et un huron. Nous avons passé deux fins de semaine au chalet de tes grands-parents. Tu as dormi dans une roulotte et dans une tente. Tu as aussi fait un tour d'autobus avec ta grand-maman et pris plusieurs marches avec moi.

Côté langage, ça n'a pas beaucoup bougé. Tu avais commencé à dire "to" pour auto, mais tu as cessé. Tu as aussi arrêté de dire certains autres mots que tu disais (tombé, dedans). Tu dis papa depuis longtemps, mais ce mois-ci, c'est devenu très franc et tu le diriges vraiment vers ton père. Tu as aussi inventé un nouveau signe qui veut dire "encore", ce que nous trouvons très drôle puisque j'ai arrêté de te montrer les signes il y a plusieurs mois. Mais bon, on voit bien que tu veux communiquer! Aussi, tu jases plus qu'avant, en utilisant de nouveaux sons et en répétant ceux qu'on fait. Tu fais le poisson et des bruits de camion lorsque tu les fais rouler. Je ne suis pas inquiète que tu ne parles pas encore, mais je commence à avoir hâte. Je trouve ça triste parfois de ne pas pouvoir te comprendre et ça semble frustrant pour toi de ne pas arriver à obtenir ce que tu veux. Tu communiques très bien par gestes, en pointant, en faisant des sons, mais ce serait plus clair avec des mots.

Tu pointes souvent ta couche, juste avant de la remplir. Nous avons donc décidé de t'acheter un petit pot. Nous ne forcerons rien, mais si tu me pointes ta couche, je t'y déposerai, sans plus. Le petit pot est là, il servira quand le temps sera venu.

Tu souffles sur ton repas lorsqu'il est chaud, tu manges très bien avec la fourchette et pas trop mal avec la cuillère. Tu adores parler au téléphone avec ton papa. En fait, lui parle, toi tu écoutes très attentivement et tu souris. Tu as encore fait de la fièvre et eu des boutons. Nous croyons avoir trouvé le coupable: un de tes gels de bain. Tu as une étrange fascination pour les nombrils. Tu lèves ton chandail, mets ton doigt dans ton nombril, puis tu lèves notre chandail et mets ton doigt dans notre nombril. Tu sembles étonné de voir que nous en avons tous un.

Un an et demi. Définitivement plus un bébé. Tu t'en viens grand. Tu cours, tu grimpes partout, tu observes ce qu'on fait pour ensuite nous imiter. Tu m'épates encore à tous les jours. Tu es espiègle, farceur, mais aussi très calme et sérieux. J'adore encore glisser mon nez dans tes cheveux blonds, me perdre dans tes yeux bleus, coller ma joue sur la tienne. Je sais qu'un jour, je ne pourrai plus faire tout ça, alors j'en profite maintenant. Je veux aussi profiter des prochains mois où nous ne serons que tous les trois, car avec la venue de Tipépin, ce ne sera plus pareil. Je t'aimerai autant, mais j'aurai moins de temps pour toi tout seul.

Bon 18 mois mon crapaud. Je t'aime.

27 juillet 2007

Vacances

Enfin, elles sont arrivées: nos vacances!! Pour la première fois depuis des années, nous les avons prises à la fin de l'été plutôt qu'au début. L'attente fut longue, la fatigue pénible, mais nous y voilà enfin. Espérons qu'il fasse beau (ce qui ne serait pas à l'image des deux derniers mois).

Je débranche pour mieux décrocher. On se revoit dans deux semaines!

25 juillet 2007

Finalement

On aurait cru que le temps s'était arrêté au moment où j'avais pris mon rendez-vous pour mon échographie. Je comptais les jours, je croisais les doigts, j'angoissais même parfois. Je me posais des questions, à savoir ce que nous ferions s'il y en avait deux. Allions-nous devoir acheter une minivan? Trois sièges de bébé n'entrent pas dans notre voiture... Serais-je obligée d'arrêter complètement de travailler? Je mettais la charrue devant les boeufs, comme on dit.

Puis, lentement, le jour est arrivé. Une longue journée qui n'en finissait plus. Je ne tenais plus en place, je voulais savoir, là, tout de suite.

Nous avons finalement été appelés à la salle d'échographie. Dr Sansflafla était bien heureux de nous revoir. Il m'a demandé si je croyais qu'il y en avait un ou deux. Je lui ai dit que je pensais un et que Hom pensait deux. Mais j'avoue que je commençais à douter.

Puis, à l'écran, tout petit, est apparu Tipépin. Tout beau, tout vivant, mesurant parfaitement pile-poil 7 semaines et 3 jours. Le médecin a regardé tout partout, pas de jumeau qui se cachait. Il n'y a qu'un seul bébé là-dedans et il est bien en forme. Le plus beau son au monde, son battement de coeur, m'a fait relâcher un gros soupir de soulagement. Enfin, j'allais pouvoir respirer!

Je sais que rien n'est garantit, qu'il est encore très tôt. Je sais aussi que de voir un coeur battre est bon signe, même si pas à toute épreuve. Je me fie à ça, je focusse sur le fait que tout va bien et qu'il n'y a pour l'instant aucune raison de croire que ça pourrait mal tourner.

Je me sens tout à coup plus légère... et j'y crois de plus en plus.

19 juillet 2007

Décousu

Je n'ai pas grand chose à dire... Je passe mes journées à me forcer à garder les yeux ouverts, à faire le son bheeeee, la main sur le front, ou à m'occuper d'un Tithom fiévreux, picotté et anorexique (ou faisant la grève de la faim, ce n'est pas clair). J'ai hâte aux vacances, j'ai hâte à mon écho, j'ai hâte que Tithom redevienne comme avant.

Mis à part les nausée (les miennes) et les boutons (de Tithom), ça va. Je ne me plaindrai certainement pas. Je n'arrive toujours pas à croire que je suis bel et bien enceinte. Cette grossesse est tellement différente de la précédente, je n'ai donc aucun point de repère.

Dans 6 jours, on saura. On saura si Tipépin est bien accroché, si nos vacances seront passées avec le sourire ou dans les larmes, s'il est seul ou accompagné. Plus que 6 jours...

13 juillet 2007

Lutte

Nous interrompons cette longue période de silence pour vous présenter en exclusivité le premier (et dernier) match de lutte opposant Tithom et Winnie.

Let's get ready to ruuuuuumble!


9 juillet 2007

Attente

Le téléphone a sonné peu de temps après que j'ai publié mon dernier billet. L'infirmière à l'autre bout du fil m'a donné mes résultats de prises de sang en me disant "c'est très bien parti!". J'étais terriblement soulagée d'entendre mes taux bien hauts. Enceinte de Tithom, mon résultat était quand même bas et ça ne m'avait pas complètement soulagée. Cette fois-ci, les chiffres sont sans équivoque, je suis bel et bien enceinte.

Enceinte, moi? Ouf...

J'ai passé le cap des 5 semaines. C'est à ce stade que j'avais perdu mon premier bébé et ça me fait encore tout drôle de passer cette étape. Je sais que ça ne veut rien dire en réalité, mais le symbole est là. Maintenant, il ne me reste qu'à attendre. Attendre ma premiére échographie (que j'ai réussi à obtenir en usant de ruse), attendre le 2e trimestre, attendre ma bédaine, attendre les petits mouvements, les battements de coeur. Attendre.

Je compte les dodos avant mon écho (16!), je ferme les yeux très fort, en essayant de modifier la ligne du temps, mais rien ne fonctionne, je dois quand même attendre.

Hom n'arrête pas de me taquiner, de dire qu'il y a deux ou parfois même trois Tipépins dans mon ventre. Moi, je ne crois qu'à un seul. C'est tout ce qui compte, qu'il n'y en ait qu'un en bonne santé. Mes taux de hcg étaient quand même beaucoup plus élevés qu'à Tithom (le double, 4 jours plus tôt en plus). Je sais que je ne dois pas m'y fier pour déterminer le nombre d'embryons, mais en même temps, ça me fout la trouille. Bizarrement, je n'espère pas des jumeaux. Bien sûr, si c'est ce qu'il y a dans mon ventre, je serai heureuse et nous les accueillerons à bras et coeurs ouverts. Mais si j'avais le choix, je ne choisirais pas d'avoir des jumeaux. Pour diverses raisons: la grossesse plus à risque, les risques plus élevés de naissance prématurée avec les conséquences qui viennent avec, le coût plus élevé de devoir tout avoir en double... Mais ce qui me fait le plus peur, c'est qu'avec deux nouveaux-nés, je n'aurais plus beaucoup de temps pour Tithom et ça me fend le coeur juste d'y penser.

Je sais, je ne dois pas mettre la charrue devant les boeufs. Je dois attendre mon échographie avant de m'en faire. Eh oui, encore attendre...

5 juillet 2007

La peur change, mais reste

Quand je suis tombée enceinte la première fois, j'avais peur de le perdre, comme toutes les femmes enceintes j'imagine. Mais cette peur était un peu superficielle, comme si je croyais encore que ça n'arrivait qu'aux autres. Notre bonheur était bien trop immense pour être atteint. Je le croyais invincible, indestructible.

Quand je suis tombée enceinte pour une deuxième fois, la peur était bien plus réelle et palpable. Je savais maintenant ce que c'était de perdre un bébé. Je connaissais la douleur, j'avais vécu ce qui semblait n'arriver qu'aux autres. Je savais maintenant de façon concrète que rien n'est invincible, surtout pas un minuscule coeur qui commence à peine à battre. J'ai eu peur longtemps, j'ai eu besoin de beaucoup de preuves avant de vraiment croire que Tithom était là pour rester.

Maintenant que je suis enceinte pour la troisième fois, ma peur est complètement différente. Oui, je suis encore consciente de ce qui peut arriver. Je n'ai pas oublié la douleur et le vide dans lequel je me suis retrouvée après la perte de notre premier bébé. Mais je connais une autre réalité aussi: celle de Tithom, celle du bébé qui est resté accroché, celle qui me dit que c'est possible. Je sais maintenant que même si une fausse-couche est très difficile à vivre, ce n'est pas la fin du monde. Il y a encore moyen d'avoir un bébé en santé au bout d'une longue grossesse. Je sais maintenant que ce ne sont pas tous les bébés qui ne s'accrochent pas à mon ventre, puisque j'en ai un bien vivant et heureux près de moi. Je sais maintenant que mon corps peut créer et maintenir la vie. Je sais maintenant qu'on s'en sort.

Bien sûr, j'ai encore peur. Peur des résultats des prises de sang (que jattends encore), peur de ce que l'échographie (fin juillet) nous révélera, peur de me faire des idées, peur que tout ça soit trop beau pour être vrai, peur de le perdre. Mais je suis aussi en paix. Je sais que si je devais perdre ce bébé, j'aurais mal, très mal, mais je me relèverais et je recommencerais à espérer. Je sais maitenant de quoi je suis capable et de quoi mon corps est capable. Et ça change tout.

1 juillet 2007

Histoires de tests

Il y a un peu plus de deux semaines, je me suis donnée une injection d'Ovidrel, qui est en fait du hcg, l'hormone que les tests de grossesse détectent. Parce que je voulais voir si l'injection avait fonctionné, parce que je voulais voir la 2e ligne et parce que je voulais savoir combien de temps l'injection resterait dans mon système (j'avais lu que ça pouvait aller jusqu'à 12 jours), j'ai décidé de tester à tous les matins. Avec des petits tests achetés sur le net à petit prix, bien sûr. Je ne voulais pas me retrouver devant un test positif et me demander si c'était vrai ou si c'était l'injection qui traînait encore. Je voulais que tout soit clair.

Huit jours après l'injection, le test est sorti négatif. Il l'est resté pendant 4 jours. Puis, mercredi matin, une 2e ligne, pâle, est apparue, à ma grande surprise. Je ne savais trop qu'en faire. Était-ce véritablement positif? C'était tôt encore (10 jours post-ovulatoires), je ne voulais pas me faire d'idée. J'en ai donc refait un 2e, qui fut positif lui aussi. J'ai donc décidé de tester avec un "vrai" test le lendemain. J'avais un Première Réponse qui traînait, aussi bien m'en servir. J'ai donc testé jeudi matin avec un test internet et le PR. Les deux sont sortis positifs. Le test internet plus foncé que celui de la veille. Hier, encore positif, plus foncé encore. Et ce matin, positif, sans équivoque.

Voyez mes expérimentations...



DPT= days past trigger (jours suivant l'injection de hcg)
DPO= days past ovulation (jours post-ovulatoires)


On voit bien qu'à partir de 6 DPO, c'est négatif et que ça redevient positif à 10 DPO.
Je sais, je sais, je suis freak et un peu pathétique. Faut pas m'en vouloir, je vous l'avais dit que j'étais addict aux tests-pipi.