28 février 2007

13 mois

Un autre mois derrière la cravate. Un autre mois qui a passé vite comme l'éclair. Tu as un an... paf! Tu as 13 mois. Est-ce que j'ai dormi pendant un mois, coudonc?

Tu changes à vue d'oeil, mon petit bonhomme. Tes cheveux poussent comme de la mauvaise herbe, tu as 16 dents, il ne te manque que les molaires. Tu te promènes de plus en plus, peu importe la manière: à 4 pattes, sur les fesses, en marchant avec aide, en roulant. Tu te tiens debout sans aide, mais ça semble encore te surprendre à chaque fois, alors tu t'empresses de t'asseoir dès que tu te rends compte que tu ne te tiens plus. Tu as amené tes petits plats dans le bain et tu t'amuses à les remplir, vider, transvider. Tu adores déposer les objets, les placer dans un autre objet, les mettre sur une tablette, une table, dans un soulier. Tu tapes des mains pour vrai (alors qu'avant tu ne faisais que brasser les mains), tu imites la poule avec tes bras, tu fais mmmmm pour imiter la vache. Tu ne parles pas encore, enfin, si tu parles, je n'ai pas encore trouvé c'était en quelle langue... sauf maman, que je comprends bien.

Tu es grand, tu es plein de vie, tu m'en fais déjà voir de toutes les couleurs. Entre manger de la terre, tirer la queue du minou, vider la bouteille de la machine à eau et lancer tous tes jouets dans l'escalier, tu sembles toujours chercher quel mauvais coup tu pourrais jouer. Qu'à cela ne tienne, j'ai autant de patience en réserve que tu as de ruse.

Ce mois-ci, tu t'es fait garder un jour par semaine par ta grand-maman, pour que maman ratrappe son retard au travail. Même si grand-maman s'est toujours arrangée pour ne pas avoir à changer ta couche, tu t'amuses beaucoup avec elle et ça me permet de me concentrer plusieurs heures sur mon travail sans culpabilité.

Tu as aussi eu un rendez-vous chez le médecin, qui te trouve bien grand et en parfaite santé. Tu as eu deux vaccins, sur les bras cette fois-ci, et tu as encore fait ça comme un grand. Quelques jours plus tard, tu te réveillais avec plein de boutons, comme si tu avais la varicelle! J'ai eu peur, mais ce n'était qu'une réaction finalement. Ouf!

Tu manges de plus en plus comme nous, même si tu ne manges pas encore de tout. Ce mois-ci, tu as découvert le tofu et le lait de soya. Le tofu seul n'a pas passé, mais mélangé à la sauce tomates, tu en manges sans problème! Tu ne bois plus de lait artificiel, tes biberons ne sont remplis que de lait de vache maintenant.

Et pour célébrer tes 13 mois, tu as fait caca dans le bain pour la première fois ce soir! C'est papa qui était content!

Ce n'est pas tous les jours facile, être maman à la maison. Mais quand je te tiens dans mes bras, le soir, et qu'on regarde une histoire, quand je te tiens collé contre moi et que tu bois à mon sein, les yeux entrouverts, quand tu éclates de rire quand je fais une niaiserie, ça chasse les petits nuages gris et ça me rappelle la raison de mon choix: toi. Te voir grandir, t'entendre rire, être là, avec toi, pour toi.

Je t'aime si fort, Tithom, mon petit bonhomme. Bons 13 mois!

21 février 2007

Un cas sur un

J'ai souvent commencé un billet sur ce sujet, mais je les ai tous effacés. Jamais je ne trouvais les bons mots, car c'est un sujet délicat. Quand on parle de maternité en général, on doit souvent porter de gants blancs. Quand on est maman, nos choix sont souvent remis en question. Parfois, c'est de façon directe par un médecin ou une infirmière, parfois c'est d'une façon détournée par un commentaire déplacé d'une grand-mère. Quand on touche à tout ça pour la première fois, c'est facile de perdre un peu confiance en nos compétences et en notre jugement. Quand quelque chose ne va pas comme on l'aurait voulu, ou se demande souvent si on a pris la bonne décision, si on a ce qu'ilf aut, si on est à la hauteur. On doit apprendre à se faire confiance, à suivre ce fameux instinct et à assumer nos choix.

Je ne suis pas du genre insécure. Je ne suis pas du genre à me remettre en question. Malgré tout, je me suis quelques fois demandé si je faisais le bon choix, si je faisis les choses de la "bonne" façon.

Je suis maintenant persuadée que les choix que je fais, les décisions que je prends, je les prends au meilleur de mes connaissances et pour le mieux être de ma famille, de mon fils. Je me renseigne beaucoup, je pose beaucoup de questions, je regarde tous les côtés d'une situation, j'aime faire des choix éclairés. Je sais que ce que je décide, c'est ce qu'il y a de mieux pour NOUS. Je prends les décisions pour nous, pas pour la société, ni pour les apparences.

Je sais aussi que bien des décisions que je prends, d'autres mamans ne les auraient pas prises. Chaque maman a sa façon de faire et je ne crois pas qu'il y a une seule "bonne" façon. Je ne justifie pas chaque chose que je fais, mais je trouve vraiment énervant quand d'autres mamans sentent le besoin de le faire. J'ai pour mon dire que lorsqu'on se justifie sans raison, c'est qu'on n'est peut-être pas aussi en paix avec sa propre décision qu'on le croit.

Je suis pro-allaitement. Je ne l'ai jamais caché. Je sais aussi que bien des femmes n'ayant pas allaité se sentent souvent persécutées par les allaiteuses, comme si nous étions une secte et que notre mission était de se faire sentir coupable chaque maman n'ayant pas allaité. C'est le cas de certaines femmes, j'en conviens, mais pas de toutes. Je suis plutôt vivre et laisser vivre. Je n'ai aucun problème avec les mamans biberonneuses, tant qu'elles ne viennent pas me servir l'argument le plus insignifiant qui soit: mon enfant n'a pas été allaité et il est en parfaite santé/n'a pas d'allergie/est intelligent/n'a jamais la gastro/etc.

Pouquoi est-ce insignifiant? Depuis quand une étude de un seul cas est-elle valable? Nommez-moi une étude scientifique, qui prouve quelque chose, qui est basée sur un seul cas. Ça n'existe pas, on le sait tous. Alors pourquoi tant de gens donnent comme argument, comme point PROUVANT que leur décision est bonne, leur étude maison de "un cas sur un"? Comme si, étant donné que LEUR enfant est correct, ça PROUVE que les études proclamant la supériorité du lait maternel sont fausses. Comme si après avoir fait leur propre étude maison sur un seul cobbaye, c'était assez de fait pour tirer une conclusion satisfaisante.

Si on se fiait à cette façon de penser, je pourrais prouver que tous les bébés blonds ont les yeux bleus, que toutes les femmes infertiles tomberont enceintes avec du Femara après 33 mois d'essais, que toutes les femmes qui ont deux frères ont aussi un chat... mon point est clair...?

Est-il nécessaire d'expliquer comment fonctionne une étude? Qu'on prend des milliers de cas, qu'on les compile et compare, que sur ces milliers de cas, on se rend compte qu'il y a plus d'allergies (un exemple) chez les bébés non allaités... mais qu'ils ne sont pas tous allergiques, et qu'il y en a aussi chez les bébés allaités, seulement moins. C'est ce qu'on appelle des risques, un porucentage. Ça ne veut pas dire que si tu n'allaites pas ton enfant, il sera allergique. Seulement qu'il a plus de chances.

Bien sûr, donner du lait artificiel ne tue pas. Bien sûr que les bébés non allaités seront en santé, pour la grande majorité. Mais pouvez-vous une fois pour toute arrêter de justifier votre choix en crachant sur les faits et études?

Les études le prouvent, encore et encore, fait par-dessus fait, que le lait maternel est supérieur, sur plusieurs niveaux. On le sait toutes. Assumons nos choix, quels qu'ils soient et arrêtons de donner des excuses bidons et des arguments vides de sens. Ça ne fait qu'agrandir le fossé entre les "deux camps" et ça ne fait que continuer à propager la mésinformation et les mythes.

A-t-on vraiment besoin de se remettre autant en question?


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N.B. J'utilise l'allaitement comme exemple dans ce billet, mais ça s'applique aussi sur d'autres décisions importantes qu'on doit faire en tant que maman, comme l'intro des solides (mon fils a mangé des céréales à 3 semaines et il est en parfaite santé), les allergies (ma fille a mangé des arachides à 9 mois et n'est pas alelrgique) ou le dodo sur le dos (mon fils a toujours dormi sur le ventre et il n'est pas mort). Ça peut même s'étendre à d'autres sujets, comme le tabagisme (j'ai fûmé toute ma vie et je n'ai pas le cancer) ou l'alcool au volant (j'ai souvent conduit saoul et je n'ai jamais eu d'accident).

19 février 2007

La bonne raison

Depuis que je fais partie d'un organisme en soutien en allaitement, j'ai lu tout ce que je pouvais trouver sur l'allaitement et ce qui l'entoure. J'aime bien avoir des données pour appuyer ce que je dis, j'aime bien savoir ce que je dis. Et en faisant le tour sur le net, j'ai lu beaucoup de témoignages.

Un argument, qui revient souvent dans le débat pourquoi allaiter vs donner des biberons, me tombe réellement sur les nerfs. Pas qu'il soit faux, mais plutôt incomplet. Ma belle-soeur me l'a répété des dizaines de fois pendant sa grossesse comme étant LA raison pourquoi elle voulait allaiter: le lait est toujours à la bonne température, toujours prêt, rien à préparer ni nettoyer.

Oui, c'est vrai, le lait est toujours prêt. Oui, bien souvent, on a rien à nettoyer (à part peut-être quelques compresses, couvertures et soutien-gorges). L'arguement en soi n'a rien de mal. C'est quand il est utilisé comme seule raison qu'il me fatigue. Bien entendu, on se fout un peu de la raison qui pousse une femme à allaiter, tant qu'elle allaite. Seulement, je suis un peu énervée par le fait que la première raison donnée par bien des femmes n'est pas "parce que c'est ce qu'il y a de meilleur pour mon enfant". Il me semble que ça va de soi, non? Il me semble que si on me demandait pourquoi j'ai allaité, je dirais ça et pas "parce que le lait est toujours prêt", même si ça fait partie des avantages. En fait c'est ça, le côté "prêt-à-servir" du lait maternel devrait être utilisé comme avantage, pas comme raison ni argument.

Ce qui m'énerve, c'est que ça démontre qu'il y a encore beaucoup de chemin à faire, côté informations. Il y a encore trop de femmes qui croient qu'allaiter a pour seul avantage d'être pratique et non coûteux. Ce l'est, mais c'est avant tout le meilleur aliment pour un bébé. C'est ÇA qui devrait véhiculer. Ça devrait être ÇA, la raison première de tout allaitement. J'ai l'impression que lorsqu'un allaitement est basé sur une raison faible, la conviction et la motivation doivent aussi être faibles.

18 février 2007

Humour obscure

Pour une raison que j'ignore, Tithom a éclaté de rire ce soir lorsque j'ai prononcé le nom de Céline Galipeau en écoutant les nouvelles. J'ai donc passé une demie heure à dire Céliiiiiine Galipooooo en me tordant de rire parce que mon fils riait comme un fou.

Moi, elle me fait pas rire, Céline, mais bon... Faut pas poser de question, faut juste embarquer dans le jeu. Ça donne mal aux joues, mais ça fait tellement de bien!

14 février 2007

St-Chialentin

Je suis tellement tannée d'entendre (ou lire) partout que la St-Valentin, c'est commercial, c'est juste une gammick, un prétexte pour les boutiques de faire de l'argent. Je ne suis plus capable d'entendre les gens chialer que cette fête est superficielle et kétaine. Je suis écoeurée qu'on me sorte l'argument "je n'ai pas besoin d'une journée spéciale pour dire à mon chum que je l'aime."

On peut-tu en revenir s'il-vous-plaît? Ben oui, la St-Valentin, c'est commercial. Comme Noël, comme Pâques, comme l'Halloween, comme la fête des mères, comme toutes les fêtes. On s'en sort pas, ça fait partie de la société de consommation, qui est la nôtre, quoi qu'on en dise. Qu'est-ce que ça fout que ce soit commercial? À qui ça fait du tord si j'ai envie de donner un gros coeur rouge en velours à mon chum le 14 février? J'ai-tu le droit d'être kétaine des fois? Si j'ai envie de dépenser 5$ pour une boîte de chocolat pour mon amoureux, je peux-tu le faire sans me faire dire que je "me fais avoir par les commerçants qui attirent les suckers avec leurs ballounes en forme de coeur et leurs banderoles rouges"? Et ce n'est pas parce que je profite de cette journée pour lui dire que je l'aime, pour lui faire une carte et lui écrire un mot d'amour que je ne le fais pas le reste de l'année.

Je lui dis que je l'aime plusieurs fois par jour, à tous les jours de l'année. Mais il y a certaines occasions que je prends pour lui faire savoir à quel point je l'aime. Parfois, c'est spontanné, sans raison précise. D'autres fois, comme aujourd'hui, c'est parce que la journée s'y prête bien.

Je ne suis pas archi-pro-St-Valentin. Je suis en partie d'accord sur le fait que ce soit commercial et tout et tout. Je suis seulement tannée d'entendre les gens chialer là-dessus, comme si c'était la dernière mode. On nous sert les mêmes platitudes à chaque fête. On chiale contre les centres d'achat qui, aussitôt une fête passée, sortent les décorations pour la suivante. Et ça ne donne rien.

Au lieu de gaspiller votre salive à chialer, dépensez-la donc dans un gros baiser langoureux. Essayez, vous serez pas déçus.

12 février 2007

Insomnie et imagination

Aussi loin que je me souvienne, j'ai toujours eu de la difficulté à m'endormir. Le soir, je me couche, fatiguée, mais je ne m'endors pas. Mon corps est las, mais ma tête semble profiter de ce calme, de ce silence et de cette noirceur pour se réveiller et faire du ménage. Mes idées se classent, je passe en revue ma journée, je décortique certaines conversations... C'est quand je veux dormir que ma tête, fatiguée mais workaholic, décide de me jouer des tours. Quand elle semble vouloir trop travailler et que les heures s'écoulent sans que je ne m'endorme, je me raconte des histoires. J'ai développé l'art de divertir ma tête, de lui changer les idées afin de l'endormir. Ça prend beaucoup d'imagination, mais ça fonctionne.

Je me suis conté toutes sortes d'histoires, pour m'endormir. J'ai souvent été riche et en voyage, ou bien j'avais une grande maison où il ne faisait jamais froid, avec une piscine et des fruits frais à volonté. J'ai été journaliste, chanteuse, archéologue, danseuse de ballet. J'ai rencontré mes idoles, gagné des prix, joué de tous les instruments, vécu au Moyen âge, voyagé dans l'espace.

Puis, pendant longtemps, je m'imaginais maman. Je me voyais avec un bébé dans les bras, le berçant doucement. Je me voyais nager dans un lac, avec un gros ventre. Je me suis imaginée des centaines de fois faire un test de grossesse positif.

Je ne me conte plus ces histoires, car elles n'ont jamais été aussi belles que celle que je vis à tous les jours avec Tithom.

Mais ces temps-ci, le soir, quand la lumière est éteinte et que je me retrouve seule avec mes pensées qui divaguent, je me raconte l'histoire de celle qui a des enfants facilement. Je m'imagine tomber enceinte sans même essayer, je m'imagine être enceinte de triplés, pouvoir planifier mes grossesses, jouer avec le feu et découvrir deux semaines plus tard que ça a porté fruit.

Je ne veux pas être de celles qui se plaignent de ce qu'elles n'ont pas et ne profitent pas de ce qu'elles ont. Ce n'est pas du tout le cas, en fait. Je suis à tous les jours extrêmement reconnaissante d'avoir Tithom dans ma vie. Je suis parfaitement heureuse. Parfaitement, enfin, sauf un tout petit mini morceau de casse-tête qu'il manque... rien qui nuit à mon bonheur quotidien, mais un morceau qui complèterait bien ma vie, nos vies, notre bonheur.

Le soir, quand seules mes pensées résonnent dans la nuit, c'est ce petit rêve de devenir maman une deuxième fois qui ressort, qui vient me chercher. J'ai souvent répété avoir fait le deuil d'un bébé "conçu avec spontanéité", mais il y a des soirs où j'en doute un peu. Ça me rend parfois triste de ne pas pouvoir croire en une grossesse surprise, de ne pas prendre ma température en sachant qu'un bon matin, elle aura fait un bond. J'écoute les femmes parler de leur grossesse, je lis les histoires de cycles qui se terminent avec deux lignes roses sur un bout de plastique et ça me donne une petite pointe d'envie. Je retrouve des émotions qui me sont déjà trop familières. Je croyais avoir fait la paix avec tout ça, mais l'impatience de recommencer pour vrai a ranimé bien des choses.

J'ai confiance. Je me laisse croire que cette fois-ci, ce sera moins long et moins difficile. Je ne me leurre pas, mais je me donne une chance. Je ne suis pas défaitiste, seulement, peut-être parfois un peu trop réaliste... Si je suis capable de laisser mon imagination courir à son gré la nuit venue, pourquoi ne pas la laisser un peu aller le jour aussi? Laissons courir la ballerine riche enceinte de triplés un peu plus librement, laissons-la nous convaincre que tout est possible, juste le temps d'y croire un peu... juste le temps de m'endormir...

11 février 2007

Double personnalité

Je suis allée déjeuner avec des amies du secondaire la semaine dernière, comme on le fait à tous les 6 mois. Je me suis rendue compte, en jasant, que même si elles sont au courant de ma vie, elles ne connaissent pas Kiwi. Elles me connaissent, mais ne connaissent pas qui je suis online. Pas que je sois différente en réalité, ni que je me donne une autre personnalité sur internet, mais plutôt que ce soit une partie de moi qu'elles ne connaissent pas, point.

Sans vraiment leur cacher, je ne leur ai jamais parlé de mon blog. Je n'ai rien à leur cacher, mais j'aime bien l'idée d'avoir ce petit jardin secret où je peux être moi en toute liberté, où je peux dire ce que je pense en gardant un certain semblant d'anonymat. J'aime bien le fait de pouvoir révéler seulement certaines portions de ma vie, de pouvoir sélectionner ce que les gens savent et ne savent pas de moi. J'aime savoir que ceux qui me lisent n'ont pas vécu avec moi mes crises d'adolescence, les peines d'amour de mes 16 ans et les crises existentielles de mes 20 ans. J'aime être Kiwi, avec un bagage mystérieux et pas nécessairement important. J'aime montrer ce que je crois digne d'être montré et laisser dans le noir ce qui fait mieux d'y rester.

Si elles venaient à tomber ici (qui sait, elles y sont peut-être déjà!), je n'en ferais pas de plat. Je suis toujours restée honnête envers moi-même, envers mon entourage. Sans nécessairement faire exprès pour me faire lire par ma famille, je me suis toujours arrangée pour pouvoir assumer mes écrits sans que ça cause une catastrophe s'ils advenaient à lire.

Chaque personne dans ma vie n'a accès qu'à une partie de qui je suis. Je crois qu'on le fait tous. Pas par malhonnêteté, mais parce que je ne vois pas la nécessité de tout montrer à tout le monde. J'aime me garder des secrets, j'aime ne montrer que le beau ou l'intéressant ou le pertinent, dépendament de la personne. Et je crois que c'est encore plus vrai pour les gens qui, comme moi, ont une "vie virtuelle".

S'agit de bien savoir où le virtuel se termine et où la réalité commence.

7 février 2007

Date limite

Comme je n'arrive pas à me décider à plonger et à couper le dernier boire afin de retourner en clinique de fertilité, j'ai décidé de prendre le taureau par les cornes. J'y vais à l'envers. J'ai pris mon rendez-vous chez le médecin, question d'avoir un échéancier. Une date limite, si on veut.

Je dois arrêter d'allaiter avant le 29 mars.

Je ne me sens pas obligée, je ne le ferai pas contre mon gré. Je ne me mets pas de pession, mais je me pousse un peu dans le dos parce que je suis une très bonne procrastinatrice et je maîtrise très bien l'art de tout remettre au lendemain. Je dois appliquer à ma vie le même sens de l'organisation et de la planification que j'applique à mon travail, sinon, j'arrive à rien.

Alors voilà, c'est fait. La machine repartira dans un peu moins que 2 mois.

2 février 2007

Plonger, après un an

Je suis troublée. Ce matin, j'ai oublié d'allaiter Tithom après son déjeuner. Alors qu'à l'habitude, je le sors de sa chaise pour l'amener sur le divan où on se colle et où il boit, bien tranquille en me jouant dans les cheveux, ce matin, je ne sais pas pourquoi, je l'ai déposé par terre après l'avoir débarbouillé. Est-ce que le chat réclamait la porte? Est-ce que la vaisselle sale m'appelait? Est-ce que Hom me parlait? Je ne m'en souviens pas. Je sais seulement que vers 10h30, je me suis soudainement apperçue que je n'avais pas allaité Tithom et que ça devait être une des raisons de son bougonnage excessif.

J'ai donc immédiatement remédié à la situation. Et j'ai eu droit à un moment de pur bonheur alors que mon grand bonhomme s'est endormi contre moi, le sein encore dans la bouche, après s'être saoulé de mon lait. Je le tenais dans mes bras, tout mou, tout chaud, les yeux pleins d'eau. Comme quand il était mini.

Bientôt, tout ça sera terminé. Bientôt, je ne pourrai plus saouler mon fils avec mon lait.

Je dois me rendre à l'évidence. Le sevrage achève, mon allaitement tire à sa fin. J'aime toujours allaiter, mais je me sens prête à passer à autre chose. Prête, mais en même temps, je sais que ça va me manquer et que je trouverai la coupure difficile. Pour me remonter le moral, je ne peux même pas me dire qu'un jour, j'allaiterai à nouveau, car qui peut me garantir ça? Et même si un jour, j'ai la chance d'allaiter un 2e bébé, ce ne sera plus jamais Tithom. Ce bout de chemin avec lui sera fini.

En même temps, quand je pense à retourner voir le doc, à recommencer à "faire quelque chose" dans le but de tomber enceinte, quand je pense à avoir droit à un petit espoir à chaque cycle, plutôt que de seulement passer le temps entre les saignements, ça me donne des papillons. J'ai hâte de recommencer les essais, même si je sais que ce ne sera peut-être pas (probablement pas) facile. Je suis prête, nous sommes prêts à recommencer tout ça.

Le choix de sevrer Tithom en est un tout à fait égoïste dans mon cas. Il ne s'est pas sevré par lui-même (ce qui aurait réglé le cas de ma culpabilité), je ne le sèvre pas pour un retour au travail puisque je travaille de chez moi. La décision est faite par moi, pour moi. Et c'est probablement là où se trouve mon hésitation, mon sentiment de culpabilité. Je le sèvre parce que je veux passer à autre chose, parce que nous voulons recommencer les essais bébé, parce que je veux un peu me réapproprier mon corps, parce que je veux pouvoir recommencer à soigner mon psoriasis, parce que je veux pouvoir prendre des médicaments quand j'ai le rhume, parce que... parce que. Je ne me justifie pas, car je sais que j'ai déjà beaucoup donné (un an, c'est pas rien!) et que je n'ai de compte à rendre à personne. Est-ce que j'aurais aimé l'allaiter plus longtemps? Si je n'avais pas commencé le sevrage et si j'avais pu tomber enceinte quand même, oui, c'est certain que j'aurais aimé continuer plus longtemps. Mais ce n'est pas le cas. Et mon désir de faire un autre enfant, pas trop éloigné en âge si possible, est maintenant trop fort pour arriver à le faire taire.

Il restera toujours une petite partie de moi-même qui m'en voudra, qui me dira que j'aurai privé mon fils de quelque chose de bon simplement parce que je n'arrivais pas à contrôler mon horloge biologique. Mais cette partie est bien petite et l'autre partie de moi, celle qui est incroyablement fière d'avoir allaité un an, celle qui sait qu'elle a accompli énormément, qu'elle a donné ce qu'il y a de meilleur pendant une année, celle-là est bien plus grande et bien plus importante. Et elle sera sereine éventuellement, j'en suis certaine.

Maintenant... me reste encore le dernier boire à couper... faut faire le grand saut, pincer mon nez, fermer les yeux et plonger...