Le mois de juin a toujours été mon mois préféré. Cette année, il est surpassé par le mois de janvier, qui m'a apporté Tithom, mais il arrive bon deuxième.
Juin pour moi représente beaucoup de choses. Tout d'abord, c'est notre anniversaire de couple à Hom et moi. Puis, c'est mon anniversaire. Il y a aussi la Fête Nationale, le 24, qui a toujours été spéciale pour moi.
Juin, c'est aussi le début de l'été, la fin des classes, le début des vacances. Juin, c'est ranger pour de bon les vêtements d'hiver. C'est mettre du vernis coloré sur nos orteils parce qu'on porte des sandales. C'est sortir le vélo, les patins à roulettes, le parasol et le BBQ. C'est les longues soirées, les marches après le souper vers la crèmerie. C'est planter nos fleurs et légumes et les regarder pousser. C'est porter des camisoles et des jupes. C'est du vert et du bleu à perte de vue. C'est le soleil qui ne se gêne plus. C'est le temps des moustiques et des mannes sur le bord du fleuve. C'est un vent de fraîcheur le soir, dans la chambre, la fenêtre ouverte. C'est arracher des pissenlits. C'est une crème molle deux couleurs qui coule sur les doigts. C'est l'été qui commence, enfin.
Cette année, juin sera d'autant plus spécial que nous le passerons à trois. Nous commencerons en juin nos premières vacances en famille. Le premier été de Tithom, avec ses mini-shorts et ses mini-sandales. Les promenades en poussette, les baignades, la découverte des fleurs, des arbres, des bibittes.
Et avec le mois de mai merdique qu'on a eu, vivement juin!
28 mai 2006
4 mois
Tu n'es plus un nouveau-né, tu es maintenant un bébé. Tu grandis (et grossis!) à vue d'oeil et je ne peux cesser de m'émerveiller en te regardant découvrir la vie.
Dans le dernier mois, tu as pris des objets, tu as touché tes jouets, tu as porté des cubes à ta bouche. Tu es tombé en amour avec Anne la banane et tu as découvert l'exerciseur. Tu as ri, oh quelle douce mélodie! Tu souris sans arrêt, tu es un bébé tellement joyeux! Tu as fait tes nuits souvent, quoique ça doive encore devenir une habitude. Tu t'es endormi tout seul à des endroits où tu ne dormais pas avant: ta chaise, par terre... Tu agrippes les jouets de ton exerciseur, tu les fais tourner, tu les observes avec toute ta concentration. Tu as remarqué la chatte et tu la regardes se promener près de toi. Je me demande ce qu'elle fera lorsque tu lui tireras les moustaches!
Tu es grand et fort déjà. Je suis toujours impressionnée de voir comment tu tiens bien ta tête, comment tu la lèves lorsque tu es couché sur le ventre. Tu commences même à te redresser lorsque que tu es semi-assis. Tu te tournes de côté, il n'en manque pas beaucoup pour que tu te tournes du ventre au dos! Quand on te tient sous les bras, tu te mets debout et ça te fait rire!
Tu jases souvent, dans un langage que je ne comprends pas, mais ça a peu d'importance. C'est tellement agréable comme son, ton petit gazouillli! Tu mordilles tes doigts, les miens, les pelures de Anne, les oreilles de ta giraffe. Tu baves partout, je sens que les petites dents ne sont pas loin. Tu ne bois encore que mon lait, directement à la source. Tu as refusé le seul biberon qu'on t'a offert, avec mon lait. Tu ne savais pas quoi faire de cette tétine de caoutchouc et je dois avouer que j'en étais bien contente!
Tu places ta main sur mon bras quand je te prends et je suis toute molle de ce doux petit toucher. Tu me donnes des coups quand tu dors près de moi et je rigole. Tu gigottes quand tu dors, tu fais l'étoile et nous devons nous faire tout petits dans notre lit pour te laisser de la place.
Tu es allé en autobus et en Métro à Montréal, tu t'es promené beaucoup, tu es allé chez tes grands-parents pour la première fois. Tu as passé des journée dans la cours, à dormir, à regarder les feuilles des arbres, à écouter le vent.
Tu as 4 mois, mon petit homme, mon petit garçon, mon bébé. Déjà 4 mois. Je t'aime mon gros potelé d'amour.
Dans le dernier mois, tu as pris des objets, tu as touché tes jouets, tu as porté des cubes à ta bouche. Tu es tombé en amour avec Anne la banane et tu as découvert l'exerciseur. Tu as ri, oh quelle douce mélodie! Tu souris sans arrêt, tu es un bébé tellement joyeux! Tu as fait tes nuits souvent, quoique ça doive encore devenir une habitude. Tu t'es endormi tout seul à des endroits où tu ne dormais pas avant: ta chaise, par terre... Tu agrippes les jouets de ton exerciseur, tu les fais tourner, tu les observes avec toute ta concentration. Tu as remarqué la chatte et tu la regardes se promener près de toi. Je me demande ce qu'elle fera lorsque tu lui tireras les moustaches!
Tu es grand et fort déjà. Je suis toujours impressionnée de voir comment tu tiens bien ta tête, comment tu la lèves lorsque tu es couché sur le ventre. Tu commences même à te redresser lorsque que tu es semi-assis. Tu te tournes de côté, il n'en manque pas beaucoup pour que tu te tournes du ventre au dos! Quand on te tient sous les bras, tu te mets debout et ça te fait rire!
Tu jases souvent, dans un langage que je ne comprends pas, mais ça a peu d'importance. C'est tellement agréable comme son, ton petit gazouillli! Tu mordilles tes doigts, les miens, les pelures de Anne, les oreilles de ta giraffe. Tu baves partout, je sens que les petites dents ne sont pas loin. Tu ne bois encore que mon lait, directement à la source. Tu as refusé le seul biberon qu'on t'a offert, avec mon lait. Tu ne savais pas quoi faire de cette tétine de caoutchouc et je dois avouer que j'en étais bien contente!
Tu places ta main sur mon bras quand je te prends et je suis toute molle de ce doux petit toucher. Tu me donnes des coups quand tu dors près de moi et je rigole. Tu gigottes quand tu dors, tu fais l'étoile et nous devons nous faire tout petits dans notre lit pour te laisser de la place.
Tu es allé en autobus et en Métro à Montréal, tu t'es promené beaucoup, tu es allé chez tes grands-parents pour la première fois. Tu as passé des journée dans la cours, à dormir, à regarder les feuilles des arbres, à écouter le vent.
Tu as 4 mois, mon petit homme, mon petit garçon, mon bébé. Déjà 4 mois. Je t'aime mon gros potelé d'amour.
24 mai 2006
Génies?
Je parlais de deux choses dans mon dernier billet: la télévision et la pression sur les enfants. J'ai fait un billet très général, de survol, sans entrer dans les détails, en liant les deux sujets. Mais bon, comme il arrive souvent avec des écrits, je vais élaborer.
Je n'ai rien contre les parents qui apprenent l'alphabet, les couleurs, les chiffres et les animaux à leurs enfants. Je n'ai jamais dit ça. J'ai utilisé l'exemple de ma marraine car il liait la télévision au développement de son enfant, ce que je trouve plutôt désolant. Tant mieux si son enfant compte jusqu'à 30, vraiment! Mais personnellement, je n'aurais aucune fierté de dire qu'il sait compter grâce à un vidéo... Je préfèrerais, et de loin, affirmer avec fierté qu'il a appris toutes ces choses avec des jeux et des comptines joyeuses avec sa maman et son papa. C'est le rôle de la télévision dans l'éducation que je remettais en cause.
De plus, je crois sincèrement qu'il y a une grande marge entre cultiver les intérêts d'un enfant et le forcer à performer. J'ai eu toutes sortes de cours étant petite, des fois, 4 ou 5 soirs par semaine, en plus de l'école: cours de dessin, d'origami, de ballet, de danse folklorique, d'origami, de patinage artistique, jeanettes et j'en passe. Je n'ai jamais senti de pression de mes parents. J'ai eu la chance de pouvoir choisir mes activités avec liberté. En petite curieuse, je les choisissais toutes! Si je voulais abandonner, je le pouvais. Et je l'ai fait. Mais je leur suis reconnaissante de m'avoir donné la chance d'explorer toutes sortes d'intérêts comme ça, sans me pousser à être la meilleure, juste à m'amuser et à faire de mon mieux. Ils m'ont encouragée et félicitée lors de spectacles de fin d'année et c'était bien assez pour la petite fille que j'étais. Ce qui me désole, ce sont les parents qui poussent leurs enfants à être plus que des enfants, ceux qui les poussent à réussir ce qu'eux n'ont pas réussi. Les exemples qui me viennent en tête sont les concours de miss beauté pour bambines et les tournois de hockey où il y a plus d'action dans les estrades que sur la patinoire. Pas les parents qui apprennent l'alphabet avec fierté à leur progéniture ou qui leur offrent de suivre des cours de musique s'ils le désirent, sans les obliger à gagner la première place du récital. Car dans ces cas-là, le succès de l'enfant n'est qu'accessoire à l'orgueil du parent.
Je ne suis pas contre toute forme de pression d'un parent. Il en faut, c'est bien normal. Entre un ancadrement sain et une pression mal placée, la ligne peut parfois être mince. Comme pour bien des choses, la modération a bien meilleur goût!
Je n'ai rien contre les parents qui apprenent l'alphabet, les couleurs, les chiffres et les animaux à leurs enfants. Je n'ai jamais dit ça. J'ai utilisé l'exemple de ma marraine car il liait la télévision au développement de son enfant, ce que je trouve plutôt désolant. Tant mieux si son enfant compte jusqu'à 30, vraiment! Mais personnellement, je n'aurais aucune fierté de dire qu'il sait compter grâce à un vidéo... Je préfèrerais, et de loin, affirmer avec fierté qu'il a appris toutes ces choses avec des jeux et des comptines joyeuses avec sa maman et son papa. C'est le rôle de la télévision dans l'éducation que je remettais en cause.
De plus, je crois sincèrement qu'il y a une grande marge entre cultiver les intérêts d'un enfant et le forcer à performer. J'ai eu toutes sortes de cours étant petite, des fois, 4 ou 5 soirs par semaine, en plus de l'école: cours de dessin, d'origami, de ballet, de danse folklorique, d'origami, de patinage artistique, jeanettes et j'en passe. Je n'ai jamais senti de pression de mes parents. J'ai eu la chance de pouvoir choisir mes activités avec liberté. En petite curieuse, je les choisissais toutes! Si je voulais abandonner, je le pouvais. Et je l'ai fait. Mais je leur suis reconnaissante de m'avoir donné la chance d'explorer toutes sortes d'intérêts comme ça, sans me pousser à être la meilleure, juste à m'amuser et à faire de mon mieux. Ils m'ont encouragée et félicitée lors de spectacles de fin d'année et c'était bien assez pour la petite fille que j'étais. Ce qui me désole, ce sont les parents qui poussent leurs enfants à être plus que des enfants, ceux qui les poussent à réussir ce qu'eux n'ont pas réussi. Les exemples qui me viennent en tête sont les concours de miss beauté pour bambines et les tournois de hockey où il y a plus d'action dans les estrades que sur la patinoire. Pas les parents qui apprennent l'alphabet avec fierté à leur progéniture ou qui leur offrent de suivre des cours de musique s'ils le désirent, sans les obliger à gagner la première place du récital. Car dans ces cas-là, le succès de l'enfant n'est qu'accessoire à l'orgueil du parent.
Je ne suis pas contre toute forme de pression d'un parent. Il en faut, c'est bien normal. Entre un ancadrement sain et une pression mal placée, la ligne peut parfois être mince. Comme pour bien des choses, la modération a bien meilleur goût!
Petit Einstein
L'autre jour, alors que je faisais l'épicerie avec Hom et Tithom, nous sommes tombés sur ma marraine d'allaitement dans l'allée des farines. Après les salutations et les brèves nouvelles, je me suis trouvée à discuter de mon travail avec elle. Je lui disais que j'avais recommencé à travailler et que je trouvais parfois difficile d'occuper Tithom le temps que je finisse un travail. À cet âge, pas grand chose ne l'intéresse encore. Enfin, jamais pour bien longtemps. Il a une fenêtre d'intérêt d'environ 15 minutes: 15 minutes de balançoire, 15 minutes d'exerciseur, 15 minutes de tapis d'éveil... Je préfèrerais m'occuper de lui à 100%, mais je ne peux pas. Je dois travailler, même si c'est seulement à temps partiel.
Elle m'a alors demandé si je connaissais les vidéos de Baby Enstein. Oh misère. Oui je connais et je suis tellement contre ça! Je suis en fait contre toute forme de télévision et d'ordinateur avant l'âge de deux ans. Mais je trouve ces vidéos complètement aliénants et débilisants. Comment rendre un bébé zombie? Faites-lui regarder la télé! Je ne comprends juste pas le principe de regarder des jouets à la télévision alors qu'il pourrait, hum, je sais pas, JOUER avec des jouets?!
Je sais que la musique aide à développer le cerveau. J'ai lu des études là-dessus, bien sûr. Et il y a toujours de la musique chez nous, sous toutes sortes de formes. Pas parce que les études le disent, mais parce que j'aime la musique et que je sais que ça ne nuit pas. Je sais aussi que la télévision a beaucoup d'effets néfastes sur le cerveau d'un bébé. J'ai lu là-dessus aussi. Donc, pas de télé pour Tithom. Je suis peut-être drastique, mais je m'en fous. C'est mon principe et j'y tiens. Je ne veux même pas entendre un commentaire du style "mon enfant a regardé la télé et il est en santé", ça ne marche pas avec moi cette manie de tout généraliser.
Bref, je lui réponds simplement que oui, je connais, mais que je ne les ai pas (c'est comme la cigarette, ça n'entre pas chez moi!). Elle me dit que je devrais lui montrer ça, qu'il va se développer avec ça. Et comme exemple, elle me dit "mon plus jeune, à 18 mois savait compter jusqu'à 30 grâce à ce vidéo!" Je lui ai dit poliment que je verrais, merci du conseil, et nous sommes partis.
Hey wow!!! Compter jusqu'à 30 à 18 mois! Vite chéri, courrons acheter le DVD! Je ne suis peut-être pas normale, mais ça ne m'impressionne tellement pas! Qu'est-ce que ça lui donne de savoir compter jusqu'à 30 à 18 mois? Arrivé à l'école, tous les enfants vont savoir compter et il n'aura pas d'avance sur les autres. Tout ce que ça lui donne en fait, c'est de pouvoir épater la gallerie, au grand plaisir de ses parents, gonflés de fierté. Et moi, les petits génies poussés par des parents trop ambitieux, ça me donne mal au coeur. Les parents ne font jamais ça pour le bien de l'enfant, ils le font pour leur propre égo, leur propre gloire. Je trouve dommage le désir de rendre un enfant plus adulte simplement pour le montrer comme un trophée. Laissons les enfants être des enfants... à leur propre rythme. Si tu n'as pas réussi à l'école, c'est dommage, mais ce n'est pas une raison de faire apprendre les capitales du mondes à ton bébé de 10 mois. Si tu as toujours rêvé de jouer au hockey, mais que tu n'as jamais été bon, ce n'est pas une assez bonne raison pour te battre dans les arénas avec les autres parents. Arrêtons de transposer nos rêves déchus sur nos enfants et laissons-les se faire leurs propres rêves. Ils ne seront enfants qu'une seule fois.
Elle m'a alors demandé si je connaissais les vidéos de Baby Enstein. Oh misère. Oui je connais et je suis tellement contre ça! Je suis en fait contre toute forme de télévision et d'ordinateur avant l'âge de deux ans. Mais je trouve ces vidéos complètement aliénants et débilisants. Comment rendre un bébé zombie? Faites-lui regarder la télé! Je ne comprends juste pas le principe de regarder des jouets à la télévision alors qu'il pourrait, hum, je sais pas, JOUER avec des jouets?!
Je sais que la musique aide à développer le cerveau. J'ai lu des études là-dessus, bien sûr. Et il y a toujours de la musique chez nous, sous toutes sortes de formes. Pas parce que les études le disent, mais parce que j'aime la musique et que je sais que ça ne nuit pas. Je sais aussi que la télévision a beaucoup d'effets néfastes sur le cerveau d'un bébé. J'ai lu là-dessus aussi. Donc, pas de télé pour Tithom. Je suis peut-être drastique, mais je m'en fous. C'est mon principe et j'y tiens. Je ne veux même pas entendre un commentaire du style "mon enfant a regardé la télé et il est en santé", ça ne marche pas avec moi cette manie de tout généraliser.
Bref, je lui réponds simplement que oui, je connais, mais que je ne les ai pas (c'est comme la cigarette, ça n'entre pas chez moi!). Elle me dit que je devrais lui montrer ça, qu'il va se développer avec ça. Et comme exemple, elle me dit "mon plus jeune, à 18 mois savait compter jusqu'à 30 grâce à ce vidéo!" Je lui ai dit poliment que je verrais, merci du conseil, et nous sommes partis.
Hey wow!!! Compter jusqu'à 30 à 18 mois! Vite chéri, courrons acheter le DVD! Je ne suis peut-être pas normale, mais ça ne m'impressionne tellement pas! Qu'est-ce que ça lui donne de savoir compter jusqu'à 30 à 18 mois? Arrivé à l'école, tous les enfants vont savoir compter et il n'aura pas d'avance sur les autres. Tout ce que ça lui donne en fait, c'est de pouvoir épater la gallerie, au grand plaisir de ses parents, gonflés de fierté. Et moi, les petits génies poussés par des parents trop ambitieux, ça me donne mal au coeur. Les parents ne font jamais ça pour le bien de l'enfant, ils le font pour leur propre égo, leur propre gloire. Je trouve dommage le désir de rendre un enfant plus adulte simplement pour le montrer comme un trophée. Laissons les enfants être des enfants... à leur propre rythme. Si tu n'as pas réussi à l'école, c'est dommage, mais ce n'est pas une raison de faire apprendre les capitales du mondes à ton bébé de 10 mois. Si tu as toujours rêvé de jouer au hockey, mais que tu n'as jamais été bon, ce n'est pas une assez bonne raison pour te battre dans les arénas avec les autres parents. Arrêtons de transposer nos rêves déchus sur nos enfants et laissons-les se faire leurs propres rêves. Ils ne seront enfants qu'une seule fois.
23 mai 2006
Merci...
Merci à celles qui m'ont laissé un commentaire dans mon dernier billet. Je n'ai pas écrit ça pour me faire lancer des fleurs, pas du tout... mais merci! Je voulais plutôt m'excuser du manque d'originalité de mes billets. Peut-être que ma mollesse ne transparaît pas dans mon écriture, mais je la ressens alors que je suis devant mon clavier. Un billet qui pouvait auparavent me prendre 15 minutes à écrire m'en prend aujourd'hui 50, sans compter tous ceux que je commence sans finir... Mon imagination est en vacances... billet ouvert...
22 mai 2006
Avec le placenta
Depuis que j'ai accouché, on dirait que mon cerveau marche au ralenti. En fait, j'ai parfois l'impression qu'il est sorti en même temps que le placenta. J'ai de la difficulté à me concentrer, je réfléchis à pas de tortue, j'oublie tout. En plus de ça, j'ai l'impression de ne plus arriver à faire deux phrases de suite qui ont de l'allure. Je me retrouve donc souvent devant mon écran tout blanc, avec le curseur qui clignotte, sans inspiration. Je suis là, avec l'intention d'écrire un billet, avec l'espoir de trouver une idée... mais rien! Depuis que Tithom est né, je ne trouve plus de talent à ma plume, je ne trouve plus de sens à mes mots. Je voudrais écrire, enfin, j'essaie, mais tout ce qui sort est mou et ordinaire. Je ne fais que répéter que j'aime mon fils avec chaque cellule de mon corps et retourner dans le passé pour souligner à quel point les choses ont changées. Je tenais donc à mexcuser à la fois pour mon silence parfois long et pour mes billets remplis de nostalgie à l'eau de rose et de petits nounours bleus pâles. Je manque de mordant, mais je n'arrive pas à m'en vouloir... mon fils a tellement fait fondre mon coeur que je suis rendue molle...
20 mai 2006
Ce matin-là...
Ce matin-là, j'étais debout très tôt. Je n'avais plus envie de dormir. J'étais nerveuse, anxieuse et impatiente. J'avais pensé à mon réveil toute la nuit. Je n'avais qu'une idée en tête: connaître la réponse. Ce matin-là, j'ai su que je portais la vie pour une deuxième fois.
Ça fait maintenant un an que je suis consciente de ta présence. Dès que j'ai vu la deuxième ligne appraître sur le test, je me suis dit que je n'étais plus seule. Partout où j'allais, tu me suivais. Même si tu étais encore minuscule et imperceptible, je te savais là et je t'aimais déjà tellement fort. J'ai flatté mon ventre, je t'ai parlé, je t'ai supplié de rester avec nous. Depuis un an, je ne suis plus jamais seule. Tu fais partie de ma vie, de nos vies, et je remercie le ciel à chaque jour de t'avoir près de moi. En l'espace d'un matin, je suis passée d'infertile à future-maman. Ma vie a changé ce matin-là.
À partir de ce moment, tu es devenu le centre de mon univers. Et ce soir, en te regardant, je me dis qu'il n'y a pas plus bel univers que celui qui se trouve dans tes yeux bleus.
Ça fait maintenant un an que je suis consciente de ta présence. Dès que j'ai vu la deuxième ligne appraître sur le test, je me suis dit que je n'étais plus seule. Partout où j'allais, tu me suivais. Même si tu étais encore minuscule et imperceptible, je te savais là et je t'aimais déjà tellement fort. J'ai flatté mon ventre, je t'ai parlé, je t'ai supplié de rester avec nous. Depuis un an, je ne suis plus jamais seule. Tu fais partie de ma vie, de nos vies, et je remercie le ciel à chaque jour de t'avoir près de moi. En l'espace d'un matin, je suis passée d'infertile à future-maman. Ma vie a changé ce matin-là.
À partir de ce moment, tu es devenu le centre de mon univers. Et ce soir, en te regardant, je me dis qu'il n'y a pas plus bel univers que celui qui se trouve dans tes yeux bleus.
17 mai 2006
Au revoir, Jessica
Depuis plus d'un an, je lis plusieurs blogs, la plupart ayant un point en commun avec moi: l'infertilité. Indirectement, j'y ai à plusieurs reprises trouvé réconfort et solidarité. Quand une des femmes vit une dure épreuve, comme une FIV qui échoue ou une fausse-couche, la communauté des infertiles blogueuses ne se fait jamais prier pour offrir son soutien. Elles répondent aussi à l'appel lorsqu'une d'entre nous réussit et réalise son rêve de devenir maman. Même si ça reste au niveau virtuel pour la plupart, c'est un réconfort qu'on ne trouve nulle part ailleurs. On en vient à pleurer quand une d'entre elles perd son bébé. On pleure aussi de joie quand l'une accouche ou l'autre apprend qu'elle attend des jumeaux. On s'attache à des gens qu'on ne connaît même pas.
L'histoire de Cancerbaby m'avait particulièrement touchée. Infertile, elle avait dû laisser tomber son rêve de porter un enfant quand elle a su qu'elle était atteinte du cancer des ovaires. Alors qu'elle était en rémission, elle avait commencé le processus d'adoption. Une rechute de son cancer l'a forcée à abandoner ce rêve aussi. Son combat a été dur, courageux, déchirant. Le cancer l'a finalement emporté. Elle est partie vendredi. Elle s'appelait Jessica. Elle avait 33 ans. Elle ne sera jamais maman.
L'histoire de Cancerbaby m'avait particulièrement touchée. Infertile, elle avait dû laisser tomber son rêve de porter un enfant quand elle a su qu'elle était atteinte du cancer des ovaires. Alors qu'elle était en rémission, elle avait commencé le processus d'adoption. Une rechute de son cancer l'a forcée à abandoner ce rêve aussi. Son combat a été dur, courageux, déchirant. Le cancer l'a finalement emporté. Elle est partie vendredi. Elle s'appelait Jessica. Elle avait 33 ans. Elle ne sera jamais maman.
16 mai 2006
Bien essayé
Mais vous êtes toutes dans les patates!
La première, celle qui se trompe de prénom, mais qui adore se faire prendre en photo avec Tithom, c'est la mère de Hom.
La deuxième, celle qui se donne comme mission de nous éduquer, c'est la copine de mon père.
La troisième, celle qui donne beaucoup de conseils, mais qui me supporte aussi beaucoup, c'est ma mère.
La première, celle qui se trompe de prénom, mais qui adore se faire prendre en photo avec Tithom, c'est la mère de Hom.
La deuxième, celle qui se donne comme mission de nous éduquer, c'est la copine de mon père.
La troisième, celle qui donne beaucoup de conseils, mais qui me supporte aussi beaucoup, c'est ma mère.
14 mai 2006
Bonne fête des mères
À toutes les mamans.
À toutes les grand-mamans.
À toutes celles qui ont perdu leur maman.
À toutes les futures mamans.
À toutes celles qui espèrent devenir maman.
Surtout, à celles qui essaient de devenir mamans.
Ce sera votre fête aussi, un jour.
À toutes les grand-mamans.
À toutes celles qui ont perdu leur maman.
À toutes les futures mamans.
À toutes celles qui espèrent devenir maman.
Surtout, à celles qui essaient de devenir mamans.
Ce sera votre fête aussi, un jour.
13 mai 2006
Les grands-mères
Quelle belle occasion que la fête des mères pour parler des grands-mères de Tithom. Il est chanceux, il en a trois!
Il y en a une qui adore se faire prendre en photo avec son petit-fils. Elle en est très fière et le montre! Elle se trompe souvent de prénom, ce qui me choque... elle a un seul petit-enfant, quand même! Mais bon, mieux vaut en rire! Elle ne me fait pas de commentaires désagréables, sauf peut-être quelques "il a froid!" au début. Elle me demande presqu'à chaque fois qu'on se voit "Là, est-ce qu'il mange des céréales?" Et je lui réponds non à chaque fois, pas avant 6 mois si possible. C'est la moins "maman" des trois, mais sûrement la plus "grand-maman".
Puis il y a celle qui laisse tout tomber quand Tithom est là. L'autre jour, elle a laissé toute son épicerie dans la voiture quand elle a vu que nous étions là. Quand nous arrivons chez elle, elle ne nous (Hom et moi) voit pas, elle n'a d'yeux que pour Tithom. Elle me l'enlève des mains, l'amène au salon, l'envahit. J'avais lu que bien souvent, les grands-parents voient leur relation avec leurs petits-enfants comme une façon de racheter les fautes commises avec leurs propres enfants. Elle est le cas parfait. Elle m'a expliqué comment lui mettre son pyjama alors qu'il avait un mois (comment pensait-elle que je l'habillais jusque là?), elle ne donne pas de conseils, elle dit quoi faire, comme si je demandais de l'aide. Elle ressent le besoin de nous éduquer alors que nous nous débrouillons très bien (à mon avis). Elle souligne des choses, croyant être très perspicace, comme si elle tenait à nous montrer qu'elle était attentive. Je crois qu'elle tente de tailler sa place, qui n'est pas toujours claire. Peut-être croit-elle qu'en devenant une source indispensable d'information et de soutien, son statut de grand-mère sera plus solide, plus officiel.
Finalement, il y a celle qui donne beaucoup de conseils, parfois bons, parfois inutiles. Elle m'a répété plusieurs fois déjà que le co-dodo gâtait l'enfant et qu'on aurait beaucoup de difficulté plus tard à cause de ça. Elle m'a dit que si un bébé ne faisait pas ses nuits à 9 mois, c'est la faute des parents. Mais elle m'a aussi dit que le premier sourire est un moment magique dont elle garde un précieux souvenir. Elle regarde les photos de Tithom à tous les jours et me répète à quel point il est beau et rigolo. Elle m'écoute lui parler des nouvelles bébelles qui n'existaient pas dans son temps et me pose des questions. Elle aime me regarder allaiter, même si ça me met mal à l'aise (elle me traite alors de pudique). Elle nous fait confiance, mais oublie parfois qu'elle aussi, a un jour été maman pour la première fois.
Alors... Des trois, pouvez-vous deviner qui est ma mère, celle de Hom, et la copine de mon père?
Il y en a une qui adore se faire prendre en photo avec son petit-fils. Elle en est très fière et le montre! Elle se trompe souvent de prénom, ce qui me choque... elle a un seul petit-enfant, quand même! Mais bon, mieux vaut en rire! Elle ne me fait pas de commentaires désagréables, sauf peut-être quelques "il a froid!" au début. Elle me demande presqu'à chaque fois qu'on se voit "Là, est-ce qu'il mange des céréales?" Et je lui réponds non à chaque fois, pas avant 6 mois si possible. C'est la moins "maman" des trois, mais sûrement la plus "grand-maman".
Puis il y a celle qui laisse tout tomber quand Tithom est là. L'autre jour, elle a laissé toute son épicerie dans la voiture quand elle a vu que nous étions là. Quand nous arrivons chez elle, elle ne nous (Hom et moi) voit pas, elle n'a d'yeux que pour Tithom. Elle me l'enlève des mains, l'amène au salon, l'envahit. J'avais lu que bien souvent, les grands-parents voient leur relation avec leurs petits-enfants comme une façon de racheter les fautes commises avec leurs propres enfants. Elle est le cas parfait. Elle m'a expliqué comment lui mettre son pyjama alors qu'il avait un mois (comment pensait-elle que je l'habillais jusque là?), elle ne donne pas de conseils, elle dit quoi faire, comme si je demandais de l'aide. Elle ressent le besoin de nous éduquer alors que nous nous débrouillons très bien (à mon avis). Elle souligne des choses, croyant être très perspicace, comme si elle tenait à nous montrer qu'elle était attentive. Je crois qu'elle tente de tailler sa place, qui n'est pas toujours claire. Peut-être croit-elle qu'en devenant une source indispensable d'information et de soutien, son statut de grand-mère sera plus solide, plus officiel.
Finalement, il y a celle qui donne beaucoup de conseils, parfois bons, parfois inutiles. Elle m'a répété plusieurs fois déjà que le co-dodo gâtait l'enfant et qu'on aurait beaucoup de difficulté plus tard à cause de ça. Elle m'a dit que si un bébé ne faisait pas ses nuits à 9 mois, c'est la faute des parents. Mais elle m'a aussi dit que le premier sourire est un moment magique dont elle garde un précieux souvenir. Elle regarde les photos de Tithom à tous les jours et me répète à quel point il est beau et rigolo. Elle m'écoute lui parler des nouvelles bébelles qui n'existaient pas dans son temps et me pose des questions. Elle aime me regarder allaiter, même si ça me met mal à l'aise (elle me traite alors de pudique). Elle nous fait confiance, mais oublie parfois qu'elle aussi, a un jour été maman pour la première fois.
Alors... Des trois, pouvez-vous deviner qui est ma mère, celle de Hom, et la copine de mon père?
12 mai 2006
Ma fête des mères
La fête des mères a longtemps été pour moi une fête difficile. C'était une succession de rappels vers mon incapacité à devenir mère. Comme un gros panneau avec des néons qui me disaient "tu n'es pas des nôtres."
Cette année, je vois cette fête différement, bien entendu, puique je fais enfin partie du club. Je me sens un peu concernée, même si Tithom est trop petit pour souligner cette journée. Peu importe, la fête des mères est maintentant une journée comme les autres plutôt qu'une journée à détester. C'est presqu'une petite victoire.
Et pour la fête des mères, j'ai quasiment envie de donner un cadeau à Tithom. Non, il n'est pas une mère. Mais c'est grâce à lui si j'en suis une. Pas une mère parfaite, ni une mère qui sait toujours quoi faire, mais sa maman à lui, qui l'aime de tout son coeur.
Cette année, je vois cette fête différement, bien entendu, puique je fais enfin partie du club. Je me sens un peu concernée, même si Tithom est trop petit pour souligner cette journée. Peu importe, la fête des mères est maintentant une journée comme les autres plutôt qu'une journée à détester. C'est presqu'une petite victoire.
Et pour la fête des mères, j'ai quasiment envie de donner un cadeau à Tithom. Non, il n'est pas une mère. Mais c'est grâce à lui si j'en suis une. Pas une mère parfaite, ni une mère qui sait toujours quoi faire, mais sa maman à lui, qui l'aime de tout son coeur.
8 mai 2006
Un petit rire
Depuis qu'il est né, Tithom est un bébé joyeux. Il sourit beaucoup, pleure peu. Il s'amuse facilement, fait des sourires à tout le monde, pas juste à papa et maman. Bon, j'avoue qu'il pleure le soir, depuis quelques semaines. On dirait qu'il ne veut pas dormir, il est trop curieux et veut tout voir. Mais le reste du temps, il est un bébé très gai et rigolo. J'ai encore l'image de son premier vrai sourire dans la tête... je me souviens de ce qui l'avait fait sourire... Hom faisait bouger le petit menton de Tithom avec son doigt, comme pour le faire parler. Il lui donnait la voix d'un jour de hockey russe. Ça avait fait bien sourire Tithom.
Depuis ce temps, j'attends son premier rire avec impatience. Il a fait quelques sons en souriant souvent, mais jamais d'éclat de rire. Ce matin, il s'est réveillé de bonne humeur, comme à l'habitude. En changeant sa couche, je lui parlais et il s'est mis à ricaner! Mon coeur voulait fondre! Seulement un tout petit rire de quelques secondes, mais qui vallait tout l'or du monde. J'ai essayé de répéter l'exploit. Les pets sur la bédaines, les bisous dans le cou, les grimaces, les chansons, rien n'a fonctionné. Dommage, le son était si doux...
Ce soir, quand Hom est entré du travail, je lui ai dit que Tithom avait ri. Il a commencé à faire ses simagrées habituelles et Tithom a éclaté de rire! Plusieurs fois de suite, une vraie rigolade! J'en avais les larmes aux yeux, c'était tellement doux à mes oreilles! Encore une fois, Hom a eu du succès avec ses conneries. Tithom rigole bien avec son papa, comme moi je le fais depuis presque 10 ans.
Mon fils a ri! La musique de son tout petit rire résonne encore dans mes oreilles... *soupir* C'est magique, ce petit rire. Ça efface tous les tourments, ça met du sucre sur notre journée. Et dieu sait qu'on n'a jamais trop de sucre!
Depuis ce temps, j'attends son premier rire avec impatience. Il a fait quelques sons en souriant souvent, mais jamais d'éclat de rire. Ce matin, il s'est réveillé de bonne humeur, comme à l'habitude. En changeant sa couche, je lui parlais et il s'est mis à ricaner! Mon coeur voulait fondre! Seulement un tout petit rire de quelques secondes, mais qui vallait tout l'or du monde. J'ai essayé de répéter l'exploit. Les pets sur la bédaines, les bisous dans le cou, les grimaces, les chansons, rien n'a fonctionné. Dommage, le son était si doux...
Ce soir, quand Hom est entré du travail, je lui ai dit que Tithom avait ri. Il a commencé à faire ses simagrées habituelles et Tithom a éclaté de rire! Plusieurs fois de suite, une vraie rigolade! J'en avais les larmes aux yeux, c'était tellement doux à mes oreilles! Encore une fois, Hom a eu du succès avec ses conneries. Tithom rigole bien avec son papa, comme moi je le fais depuis presque 10 ans.
Mon fils a ri! La musique de son tout petit rire résonne encore dans mes oreilles... *soupir* C'est magique, ce petit rire. Ça efface tous les tourments, ça met du sucre sur notre journée. Et dieu sait qu'on n'a jamais trop de sucre!
7 mai 2006
Ma place
Quand j'ai commencé mon blog, il y a plus d'un an, je cherchais un endroit où je pouvais parler de mon infertilité en toute liberté. Je pouvais en parler sur des forums, avec des amies, mais pour moi, ça manquait de franchise. En fait, je retenais certaines paroles, de peur de ne pas être bien comprise ou de blesser des gens par mon amertume. Ici, dans mon espace, je pouvais dire ce que bon me semblait. C'était mon exutoire, ma façon à moi de libérer ma rage.
L'infertilité a occupé une grande place dans ma vie. Certains jours, elle occupait même toute la place. Pendant près de 3 ans, mon rêve de devenir maman l'emportait sur tous les autres. Pendant 2 ans, les traitements et cycles hyper-analysés étaient presqu'une priorité. Comme j'avais souvent l'impression que les gens près de moi trouvaient que je ne parlais que de ça, j'ai voulu me trouver un endroit pour recueillir mes pensées sur le sujet, sans ennuyer les gens. Si quelqu'un pouvait se sentir moins seul en me lisant, si je pouvais donner ne serait-ce qu'une particule d'espoir à une femme aux prises avec l'infertilité, je trouvais mon blog utile.
À ma grande surprise, mon blog m'a aidée bien plus que je ne l'aurais crû. Ça m'a aidé à valider mes sentiments, à les apprivoiser et à les accepter. Je m'en voulais d'être enragée, je m'en voulais d'être jalouse et frustrée. Je n'osais pas le montrer ailleurs, mais ici, je me le permettais. Au diable les gants blancs! Si on n'aimait pas ce que j'avais à dire, on n'avait qu'à ne pas me lire! Écrire ici m'a aidée à classer mes pensées, à faire du ménage et à libérer bien des douleurs accumulées. J'ai réussi à dire ce que je voulais dire depuis longtemps, sans avoir l'impression d'ennuyer les autres avec mes problèmes.
Puis, je suis tombée enceinte. Ayant été éprouvée une fois, j'ai vécu la grossesse avec une vision d'infertile, avec la sensibilité de quelqu'un qui sait ce qu'elle peut perdre. Il y a une différence, quand on a déjà perdu une bébé et quand on ne l'a jamais vécu. Quand on n'a jamais eu de fausse-couche, on a peur de perdre notre bébé, bien sûr. C'est normal et je crois que c'est le cas de toutes les femmes, fertiles et infertiles. Mais la peur reste raisonnable. On se dit inconsciement que ça n'arrivera pas, que tout ira bien. On est capable de continuer à sourire en caressant notre ventre. On peut quand même déjà rêver à la chambre du bébé, au prénom, à la couleur des pyjamas. Mais quand on en a perdu un, tout change. On sait concrètement ce que c'est, de perdre notre bébé. On connaît la douleur de l'intérieur. On n'ose plus voir trop loin, de peur de se faire encore une fois dérober notre rêve. J'ai donc vécu ma grossesse avec ce petit nuage au-dessus de ma tête. J'en ai profité, c'est certain! J'ai savouré chaque seconde avec mon Pépin. Mais je l'ai vécu à ma façon, et mon blog m'a servi à parler de tout ça alors que je ne me sentais pas toujours à l'aise de le faire ailleurs. Ici, c'est chez moi. Je suis libre de penser comme je le veux, même si parfois ça peut sembler insensé. Je me sentais prise entre deux camps. D'un côté, les infertiles qui devaient se dire "arrête de jouer les martyres! Tu es enceinte maintenant! Tu as ce que nous rêvons d'avoir." D'un autre côté, les femmes enceintes et les mères, avec qui je ne me trouvais rien en commun et qui devaient se dire "reviens-en!" sans comprendre. Le camps des ex-infertiles-enceintes-et-fort-probablement-bientôt-mamans était assez petit... Je n'étais plus tout à fait dans le premier camps, mais je ne me sentais pas du tout à ma place dans le deuxième.
Maintenant que je suis maman, je ne sais plus trop où est ma place. Je pourrais bien essayer de continuer à écrire sur ma maternité vue par les yeux d'une infertile. Mais je ne me sentirais pas honnête. D'un côté, je me considère encore infertile, mais d'un autre... je n'ai pas le droit de me considérer infertile. Tant de femmes se battent encore contre l'infertilité. Tant de couples n'ont pas encore réalisé leur rêve de devenir parents. Je ne me sens pas le droit de me considérer une des leurs, puisque moi, j'ai mon bébé. Moi, j'ai réalisé mon rêve. Oui, dans mon coeur, l'infertilité a laissé une très grosse cicatrice. Mais je ne peux plus passer mon temps à regarder en arrière, à soupirer en pensant à tous ces mois décevants et douloureux. Je suis maman. J'ai ce qu'il y a de plus précieux au monde: un enfant.
Pendant tout ce temps, j'ai lu, recherché, questionné sur l'infertilité et la conception. C'était un domaine qui me faisait mal, mais que je connaissais bien. Je m'y sentais comme chez moi. Pendant ma grossesse, je me suis toujours sentie plus à l'aise dans le monde de la conception que dans celui de la grossesse. Je me permettais encore d'appuyer des filles en essais en les considérant comme des consoeurs. Depuis que je suis mère, je me retiens. J'aime aider les gens, surtout quand ça a rapport avec l'infertilité. Si tout ça peut me servir à aider d'autres personnes, ce sera ça de gagné. J'ai longtemps fait partie de cette équipe, c'est juste normal maintenant pour moi d'être dans l'estrade et de les encourager. Mais peut-être ne veulent-elles pas d'une maman dans les estrades? Peut-être que les femmes faisant encore partie de ce monde ne me considèrent plus des leurs? Je ne veux surtout pas offusquer des gens, alors que ce genre de choses m'agaçait quand j'étais dans leurs souliers.
Bref... Je voulais parler de la maternité vue par les yeux d'une ex-infertile, mais ça me semble très peu intéressant vu de l'extérieur. J'ai beau m'émerveiller devant les bulles de bave que fait mon fils, j'ai beau pleurer de fierté parce qu'il a tenu son jouet 4 secondes dans sa petite main, j'ai bien l'impression que ça n'intéresse que moi. Je n'en suis pas insultée, c'est simplement normal... Les histoires de bébés doivent finir par toutes se ressembler... Même si chaque respiration de mon fils m'émerveille, même si le fait de le voir me sourire, en ouvrant les yeux le matin, me rappelle à chaque fois à quel point je suis choyée, même si pour moi, Tithom est le plus beau cadeau que la vie ait pu me faire, je ne dois pas oublier par où je suis passée et qu'il y a encore bien des gens sur ce chemin.
Ma place? Je ne sais plus où elle est, si j'en ai encore une... Je vais tenter de m'en tailler une à ma mesure... la place d'une nouvelle maman, ex-infertile, ex-amère, qui s'épate devant le visage bien rond de son bébé tout en gardant en tête que ce rêve n'est malheureusement pas accessible à tous. Ma place, celle de la maman de Tithom, celle de la blonde de Hom celle de Kiwi, auteure de ce blog en constante évolution.
L'infertilité a occupé une grande place dans ma vie. Certains jours, elle occupait même toute la place. Pendant près de 3 ans, mon rêve de devenir maman l'emportait sur tous les autres. Pendant 2 ans, les traitements et cycles hyper-analysés étaient presqu'une priorité. Comme j'avais souvent l'impression que les gens près de moi trouvaient que je ne parlais que de ça, j'ai voulu me trouver un endroit pour recueillir mes pensées sur le sujet, sans ennuyer les gens. Si quelqu'un pouvait se sentir moins seul en me lisant, si je pouvais donner ne serait-ce qu'une particule d'espoir à une femme aux prises avec l'infertilité, je trouvais mon blog utile.
À ma grande surprise, mon blog m'a aidée bien plus que je ne l'aurais crû. Ça m'a aidé à valider mes sentiments, à les apprivoiser et à les accepter. Je m'en voulais d'être enragée, je m'en voulais d'être jalouse et frustrée. Je n'osais pas le montrer ailleurs, mais ici, je me le permettais. Au diable les gants blancs! Si on n'aimait pas ce que j'avais à dire, on n'avait qu'à ne pas me lire! Écrire ici m'a aidée à classer mes pensées, à faire du ménage et à libérer bien des douleurs accumulées. J'ai réussi à dire ce que je voulais dire depuis longtemps, sans avoir l'impression d'ennuyer les autres avec mes problèmes.
Puis, je suis tombée enceinte. Ayant été éprouvée une fois, j'ai vécu la grossesse avec une vision d'infertile, avec la sensibilité de quelqu'un qui sait ce qu'elle peut perdre. Il y a une différence, quand on a déjà perdu une bébé et quand on ne l'a jamais vécu. Quand on n'a jamais eu de fausse-couche, on a peur de perdre notre bébé, bien sûr. C'est normal et je crois que c'est le cas de toutes les femmes, fertiles et infertiles. Mais la peur reste raisonnable. On se dit inconsciement que ça n'arrivera pas, que tout ira bien. On est capable de continuer à sourire en caressant notre ventre. On peut quand même déjà rêver à la chambre du bébé, au prénom, à la couleur des pyjamas. Mais quand on en a perdu un, tout change. On sait concrètement ce que c'est, de perdre notre bébé. On connaît la douleur de l'intérieur. On n'ose plus voir trop loin, de peur de se faire encore une fois dérober notre rêve. J'ai donc vécu ma grossesse avec ce petit nuage au-dessus de ma tête. J'en ai profité, c'est certain! J'ai savouré chaque seconde avec mon Pépin. Mais je l'ai vécu à ma façon, et mon blog m'a servi à parler de tout ça alors que je ne me sentais pas toujours à l'aise de le faire ailleurs. Ici, c'est chez moi. Je suis libre de penser comme je le veux, même si parfois ça peut sembler insensé. Je me sentais prise entre deux camps. D'un côté, les infertiles qui devaient se dire "arrête de jouer les martyres! Tu es enceinte maintenant! Tu as ce que nous rêvons d'avoir." D'un autre côté, les femmes enceintes et les mères, avec qui je ne me trouvais rien en commun et qui devaient se dire "reviens-en!" sans comprendre. Le camps des ex-infertiles-enceintes-et-fort-probablement-bientôt-mamans était assez petit... Je n'étais plus tout à fait dans le premier camps, mais je ne me sentais pas du tout à ma place dans le deuxième.
Maintenant que je suis maman, je ne sais plus trop où est ma place. Je pourrais bien essayer de continuer à écrire sur ma maternité vue par les yeux d'une infertile. Mais je ne me sentirais pas honnête. D'un côté, je me considère encore infertile, mais d'un autre... je n'ai pas le droit de me considérer infertile. Tant de femmes se battent encore contre l'infertilité. Tant de couples n'ont pas encore réalisé leur rêve de devenir parents. Je ne me sens pas le droit de me considérer une des leurs, puisque moi, j'ai mon bébé. Moi, j'ai réalisé mon rêve. Oui, dans mon coeur, l'infertilité a laissé une très grosse cicatrice. Mais je ne peux plus passer mon temps à regarder en arrière, à soupirer en pensant à tous ces mois décevants et douloureux. Je suis maman. J'ai ce qu'il y a de plus précieux au monde: un enfant.
Pendant tout ce temps, j'ai lu, recherché, questionné sur l'infertilité et la conception. C'était un domaine qui me faisait mal, mais que je connaissais bien. Je m'y sentais comme chez moi. Pendant ma grossesse, je me suis toujours sentie plus à l'aise dans le monde de la conception que dans celui de la grossesse. Je me permettais encore d'appuyer des filles en essais en les considérant comme des consoeurs. Depuis que je suis mère, je me retiens. J'aime aider les gens, surtout quand ça a rapport avec l'infertilité. Si tout ça peut me servir à aider d'autres personnes, ce sera ça de gagné. J'ai longtemps fait partie de cette équipe, c'est juste normal maintenant pour moi d'être dans l'estrade et de les encourager. Mais peut-être ne veulent-elles pas d'une maman dans les estrades? Peut-être que les femmes faisant encore partie de ce monde ne me considèrent plus des leurs? Je ne veux surtout pas offusquer des gens, alors que ce genre de choses m'agaçait quand j'étais dans leurs souliers.
Bref... Je voulais parler de la maternité vue par les yeux d'une ex-infertile, mais ça me semble très peu intéressant vu de l'extérieur. J'ai beau m'émerveiller devant les bulles de bave que fait mon fils, j'ai beau pleurer de fierté parce qu'il a tenu son jouet 4 secondes dans sa petite main, j'ai bien l'impression que ça n'intéresse que moi. Je n'en suis pas insultée, c'est simplement normal... Les histoires de bébés doivent finir par toutes se ressembler... Même si chaque respiration de mon fils m'émerveille, même si le fait de le voir me sourire, en ouvrant les yeux le matin, me rappelle à chaque fois à quel point je suis choyée, même si pour moi, Tithom est le plus beau cadeau que la vie ait pu me faire, je ne dois pas oublier par où je suis passée et qu'il y a encore bien des gens sur ce chemin.
Ma place? Je ne sais plus où elle est, si j'en ai encore une... Je vais tenter de m'en tailler une à ma mesure... la place d'une nouvelle maman, ex-infertile, ex-amère, qui s'épate devant le visage bien rond de son bébé tout en gardant en tête que ce rêve n'est malheureusement pas accessible à tous. Ma place, celle de la maman de Tithom, celle de la blonde de Hom celle de Kiwi, auteure de ce blog en constante évolution.
6 mai 2006
Évolution
Il y a un an aujourd'hui, un petit spermato, plus fort ou plus rapide (ou les deux!) que les autres fusionnait avec mon ovule et ensemble ils créaient Tithom. Donc, même si lui n'a que 3 mois de vie, ses cellules, elles, fêtent leur aniversaire aujourd'hui! Un an depuis ma dernière ovulation! Un an de congé pour mes ovaires. J'aimerais bien qu'il reviennent de leur congé, mais ils semblent bien là où ils sont...
Je parlais il n'y a pas si longtemps de mon désir d'un deuxième enfant. Ce désir me semblait pressant il y a quelques semaines. Aujourd'hui, bien que le désir soit encore très fort, l'urgence a un peu diminué. Oui, j'ai très hâte de retomber enceinte (si ça devait m'arriver). J'ai très hâte de revivre la grossesse et l'accouchement même. J'espère de tout coeur avoir un autre enfant un jour. Mais je me doute bien que la conception du deuxième risque de ne pas être beaucoup plus facile que celle du premier. Et ça, ça ne me manque pas du tout. Je ne m'ennuie pas de prendre ma température, de prendre des médicaments, d'espérer pour rien, d'être déçue, le coeur en miettes à la fin d'un cycle... Je ne m'ennuie pas de l'attente, des espoirs, de la jalousie...
Non seulement ça, mais je ne m'ennuie pas encore des premières semaines avec bébé. Non, laissez-moi reformuler... je ne m'ennuie pas encore de certaines choses de nos débuts avec bébé. Oh bien sûr, c'était magique, avoir un bébé tout neuf dans la maison. C'était merveilleux de découvrir ce petit être, de commencer une nouvelle vie avec lui. Bien des aspects de cette époque me manquent, bien entendu. Mais je ne m'ennuie pas encore des nuits à nous réveiller aux 2-3 heures, de la montée laiteuse, des douleurs post-accouchement... maintenant que tout ça est derrière nous. J'aime la vie que nous avons en ce moment avec Tithom. Elle change et évolue avec lui et j'adore ce constant renouvellement. Je veux profiter de notre vie à trois encore. Je veux profiter de notre petite famille sans penser à mon cycle, sans pleurer en cachette parce que mes règles sont arrivées.
Je ne veux pas sembler ingrate ou même avare. Je suis consciente de l'immense chance que j'ai d'avoir Tithom alors que tant de gens attendent encore leur premier enfant. Je suis aussi consciente de la possibilité que Tithom soit notre seul enfant biologique. Je ne peux tout de même pas encore laisser tomber mon désir d'agrandir la famille.
L'idée d'un deuxième enfant occupera mes pensées souvent, je n'en doute pas et je ne peux rien y faire. Mais je sais maintenant que ce sera classé du côté des rêves pour un bout de temps, plutôt que du côté des priorités. Un rêve que je sortirai de temps en temps, que je caresserai du bout des doigts, en imaginant la vie à 4, les yeux levés vers le ciel... et que je rangerai bien soigneusement, pour ne pas l'abîmer, en attendant de le transférer du côté des priorités...
Je parlais il n'y a pas si longtemps de mon désir d'un deuxième enfant. Ce désir me semblait pressant il y a quelques semaines. Aujourd'hui, bien que le désir soit encore très fort, l'urgence a un peu diminué. Oui, j'ai très hâte de retomber enceinte (si ça devait m'arriver). J'ai très hâte de revivre la grossesse et l'accouchement même. J'espère de tout coeur avoir un autre enfant un jour. Mais je me doute bien que la conception du deuxième risque de ne pas être beaucoup plus facile que celle du premier. Et ça, ça ne me manque pas du tout. Je ne m'ennuie pas de prendre ma température, de prendre des médicaments, d'espérer pour rien, d'être déçue, le coeur en miettes à la fin d'un cycle... Je ne m'ennuie pas de l'attente, des espoirs, de la jalousie...
Non seulement ça, mais je ne m'ennuie pas encore des premières semaines avec bébé. Non, laissez-moi reformuler... je ne m'ennuie pas encore de certaines choses de nos débuts avec bébé. Oh bien sûr, c'était magique, avoir un bébé tout neuf dans la maison. C'était merveilleux de découvrir ce petit être, de commencer une nouvelle vie avec lui. Bien des aspects de cette époque me manquent, bien entendu. Mais je ne m'ennuie pas encore des nuits à nous réveiller aux 2-3 heures, de la montée laiteuse, des douleurs post-accouchement... maintenant que tout ça est derrière nous. J'aime la vie que nous avons en ce moment avec Tithom. Elle change et évolue avec lui et j'adore ce constant renouvellement. Je veux profiter de notre vie à trois encore. Je veux profiter de notre petite famille sans penser à mon cycle, sans pleurer en cachette parce que mes règles sont arrivées.
Je ne veux pas sembler ingrate ou même avare. Je suis consciente de l'immense chance que j'ai d'avoir Tithom alors que tant de gens attendent encore leur premier enfant. Je suis aussi consciente de la possibilité que Tithom soit notre seul enfant biologique. Je ne peux tout de même pas encore laisser tomber mon désir d'agrandir la famille.
L'idée d'un deuxième enfant occupera mes pensées souvent, je n'en doute pas et je ne peux rien y faire. Mais je sais maintenant que ce sera classé du côté des rêves pour un bout de temps, plutôt que du côté des priorités. Un rêve que je sortirai de temps en temps, que je caresserai du bout des doigts, en imaginant la vie à 4, les yeux levés vers le ciel... et que je rangerai bien soigneusement, pour ne pas l'abîmer, en attendant de le transférer du côté des priorités...
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