31 octobre 2005

Joyeuse Halloween!



Ne mangez pas trop de bonbons!

P.S. À cause de nombreux messages de type SPAM dans mes commentaires, j'ai activé la fonction d'identification par les lettres. Ne laissez pas ces quelques lettres vous empêcher de me laisser des commentaires!

30 octobre 2005

La vie adulte

Il y a 10 ans aujourd'hui, c'était le 2e référendum pour la souveraineté du Québec. Il y a 10 ans, je votais pour la première fois. J'entrais dans la vie adulte "pour vrai". Je suis allée voter, très nerveuse et très fière en même temps. Je suis ensuite allée au Palais des Congrès avec des amies pour suivre les résultats en direct et m'imprégner de la fébrilité de l'immense foule qui nous entourait. Il y a 10 ans, je découvrais que je pouvais avoir une place qui comptait dans la société, si petite soit-elle. Mon premier vote a été pour un pays, ça été le vote le plus important pour moi. J'avais 18 ans, des idéaux plein la tête, une petite carte avec deux carrés et surtout, la liberté de faire ce choix.


Ceci n'est pas un post pour susciter un débat ni une discussion. Ce n'est aucunement politique, c'est seulement quelques souvenirs...

27 octobre 2005

Résultats

Lundi dernier, j'ai fait le test pour le diabète de grossesse. J'avais déjà fait ce test en fertilité, question de savoir si j'avais le syndrôme des ovaires polykystiques. Le test était revenu normal, ce pourquoi je n'ai pas immédiatement eu le bon diagnostique (les SOPK viennent souvent avec une résistance à l'insuline, mais pas dans mon cas). Enfin bref, lundi dernier, nouveau face à face avec le petit jus orange et les 2 heures d'attente. Tout s'est bien passé, pas de nausée, pas d'étourdissement, seulement quelques petits rapports après avoir bu en 5 minutes le breuvage pétillant et sucré. J'ai pu lire mon Mieux vivre avec notre enfant tout neuf en paix.

Mardi matin, j'avais mon suivi chez le médecin. L'infirmière m'a demandé si j'avais passé mon test de diabète et quand je lui ai dit oui, elle a appelé l'hôpital pour avoir les résultats. Merveilleux, je n'aurai pas une semaine à stresser pour ça! Finalement, tout est parfait, je n'ai aucune raison de m'inquiéter. La seule chose qui a un peu fatigué l'infirmière et mon médecin est ma prise de poids. Si on regarde au total, ça paraît quand même correct, 14 livres en 6 mois. Mais quand on sait que j'ai pris ces 14 livres dans les 8 dernières semaines, c'est un peu moins bien. Je dois seulement surveiller ma diète, essayer de faire plus attention dans les semaines à venir. Je ne crois pas avoir mal mangé ou abusé des bonnes choses, mais je vais quand même faire attention. Je vais aussi recommencer les exercices que j'avais un peu délaissés. Ça devrait faire du bien à mon dos en même temps. Bon, je sais que les médecins ont tendance à dramatiser et qu'ils ne sont jamais satisfaits, mais je ne le fais pas pour lui, mais pour moi. J'ai toujours eu de la difficulté à perdre du poids (entre autres à cause des ovaires polykystiques) et je veux, autant que possible, éviter d'avoir à en perdre beaucoup dans 3 mois.

L'important est ma santé et celle de Pépin et pour l'instant, tout est numéro un. J'ai bien l'intention de continuer sur cette route!

22 octobre 2005

6 mois

C'est incroyable. Je me réveille un matin, je me rends compte tout d'un coup que je suis enceinte de 26 semaines, que mon décompte est passé sous la barre des 100 jours. Je réalise que dans 3 mois, je tiendrai mon bébé dans mes bras. Et puis je panique un peu. La chambre n'est pas faite, je n'ai pratiquement rien acheté (embargo de ma mère, j'en reparlerai plus tard), je n'ai pas lu tous les livres que je voulais lire, je n'ai pas pris autant de photos que j'aurais voulu, je n'ai pas vu le temps passer... et puis, je ne connais rien aux bébés!!!

Mais au-delà de la panique et des peurs normales d'une future maman, je ressens aussi un immense bonheur d'être rendue à 6 mois de grossesse. Je me sens tellement privilégiée, tellement choyée de vivre cette belle aventure, malgré le temps perdu à la faire démarer. Six beaux mois, sans vraiment de désagrément, sans côté négatif, sans anicroche. Bon, je dois l'avouer aujourd'hui, je ne vis peut-être pas une grossesse aussi parfaite et rose que je voudrais le laisser entendre. J'ai ma part de petits malaises, surtout ces derniers temps. On dirait que la grossesse m'a finalement ratrappée! Non seulement mon ventre a pris beaucoup d'expansion depuis le dernier mois, mais mon corps commence à vraiment ressentir les changements que Pépin lui apporte. Mon dos me fait mal depuis 2 semaines, j'ai de la difficulté à me lever du lit (où sont passé mes abdos?), j'ai même eu plusieurs épisodes du syndrôme du tunnel carpien (main et bras engourdis, surtout la nuit). Je marche en canard et je fais des petits ronds mouillés dans mes camisoles. Mais rien de tout ça n'arrive à la cheville des malaises émotionnels que nous avons surpassés pour arriver ici. Rien de tout cela ne me pousse à me plaindre ou à avoir hâte que tout se termine. Oui, bien entendu, j'ai hâte de rencontrer mon petit garçon. Mais j'apprécie encore chaque moment de ma grossesse, chaque coup de pied et coup de coude qui fait bouger mon ventre. Je me rends compte aujourd'hui qu'il ne me reste que 3 mois avec mon petit homme si près de moi. Il ne nous reste que 3 mois avant son arrivée. C'est si vite passé, 3 mois! Ce sera Noël dans le temps de le dire, puis les semaines débouleront avant l'arrivée de Pépin.

J'ai espéré et attendu ce moment si longtemps, je n'y croyais presque plus et maintenant que j'y suis plongée, j'ai encore peine à y croire. Ça a passé si vite, ces 5 derniers mois en compagnie de Pépin. Pendant des semaines, j'ai flatté mon ventre plat à chaque fois que je ressentais une crampe ou un tiraillement, en implorant Pépin de rester accroché, de rester avec nous. Je lui ai promis des tonnes de bisous, une montagne de crème glacée et de chocolat s'il restait avec moi pour 8 autres mois. J'ai pleuré de peur et d'angoisse de le voir partir trop tôt. Je me suis empêchée d'être heureuse, de peur d'encore une fois me faire voler mon bonheur. Je lui ai parlé sans arrêt, je lui ai donné des tas de bons arguments pour qu'il laisse une chance. Je considère chaque petit coup, chaque mouvement comme un petit lot gagné à la loterie. Je croyais qu'avec mon amertume et ma rage d'infertile, je ne pourrais pas profiter aussi pleinement de ma grossesse que si ça avait été plus facile. Ça m'a pris du temps avant de me laisser être heureuse librement, mais j'y suis arrivée. Apprécier être enceinte et être joyeuse publiquement n'enlève rien à ce que nous avons vécu et ne me met pas dans le camps des fertiles pour autant. Je crois seulement qu'après avoir été malheureuse si longtemps, non seulement j'ai le droit d'apprécier ce que j'ai aujourd'hui, mais je me le dois. Je nous le dois, à Hom, à moi et à tous les couples infertiles qui rêvent d'avoir ce que nous avons. J'ai le droit de le crier sur tous les toits, j'ai le droit de flatter ma bédaine en public, j'ai le droit de rougir de bonheur quand bébé donne un coup de pied sous mon nombril. J'ai acquis ces droits, avec tout ce que ça implique, à la sueur de mon front et aux larmes de mon coeur.

Dans 3 mois, bébé entrera dans nos vies d'une nouvelle façon. Dans 3 mois, nous ne serons plus futurs parents, mais parents. D'ici là, je vais continuer à savourer chaque moment passé avec lui si intimement lié à moi. Si 6 mois, ça a passé vite, je n'ose même pas imaginer comment les 3 prochains fileront comme des flèches!

21 octobre 2005

Début de contrat

J'ai un contrat qui revient aux 6 mois. Ce matin recommençait le contrat. Je suis donc allée au centre-ville afin de ramasser le travail à faire. Je prends l'autobus pour m'y rendre, c'est bien plus simple et plus rapide que prendre la voiture. Je suis en fin de trajet, donc je dois habituellement rester debout. Ce matin ne faisait pas exception. Sauf qu'après même pas 2 minutes, une dame s'est levée pour m'offrir sa place. J'étais très émue de son beau geste et surtout, je l'avoue, très fière que ça paraisse enfin.

Je ne vois les gens du bureau qu'aux 6 mois. Donc, ils ne m'avaient pas vue depuis le début de ma grossesse. En fait, personne n'était au courant, j'avais volontairement gardé le secret pour leur voir l'air quand ils me verraient arriver avec mon ventre. Ça n'a pas été long que toutes les filles étaient énervées et rigolaient et me posaient des tas de questions. J'ai été très surprise de me sentir tout à fait à l'aise et heureuse de parler de tout ça. Quand une collègue m'a demandé si c'était une surprise ou si c'était planifié, je ne me suis pas gênée de lui dire que ça nous avait pris 3 ans. Elle a répondu "Oh! Alors vous devez être encore plus heureux! Il a tellement été attendu!" avec un grand sourire. Quand la patronne m'a posé la même question et que je lui ai donné la même réponse, elle m'a demandé si j'avais pris des hormones. Je lui ai répondu que oui et elle a dit "aah... tu avais de la difficulté à tomber enceinte..." avec un air sincèrement désolé. Wow, je ne m'attendais tellement pas à ça!

Quand on essayait d'avoir un enfant, je n'aimais pas vraiment qu'on me pose des questions sur nos démarches. C'est pourquoi je préférais ne pas en parler du tout. Maintenant que Pépin grandit bien dans mon ventre, on dirait que je tiens à en parler. Je tiens à ne pas passer pour une fertile, même si ça n'a rien de mal en soi. Je tiens à préciser que ça n'a pas été facile. Pas pour nous faire prendre en pitié, loin de là, mais plutôt parce que c'est ce que nous sommes, ça fait partie de nous et même si ça a été énormément difficile, c'est important pour moi. Aussi, on ne peut jamais vraiment deviner qui est infertile et qui ne l'est pas. Je me dis que si quelqu'un avec un problème d'infertilité m'entend raconter nos 3 ans d'essais et nos traitements et me voit avec mon ventre rond, elle pourra peut-être y trouver un peu d'espoir. Je sais qu'avant de tomber enceinte, je détestais voir toute bédaine ronde. Avoir su, en les voyant, que certaines de ces bédaines avaient été très attendues et désirées, je les aurais peut-être moins foudroyées du regard...

20 octobre 2005

Moi, distraite?

Je trouve ça long, 4 semaines entre chaque rendez-vous. J'étais enfin heureuse d'y arriver. J'avais mon rendez-vous de 26 semaines ce matin. Enfin, je croyais avoir mon rendez-vous. Hom et moi nous sommes rendus à la clinique (à 20 minutes de route d'ici) tôt ce matin, excités à l'idée d'entendre le coeur de Pépin à nouveau. On dit que les femmes enceintes sont distraites... mon rendez-vous n'était pas aujourd'hui, mais mardi passé! Je l'ai manqué! Ils ne pouvaient pas m'en donner un autre aujourd'hui et de toute façon, je ne voulais pas faire perdre à Hom sa journée de travail complète. J'ai donc dû reprendre un rendez-vous, mardi prochain. Je suis vraiment en maudit contre moi-même! Comment ai-je pu noter la mauvaise date sur mon calendrier? Je me trouve nounoune des fois!

La clinique n'appelle pas pour confirmer les rendez-vous. Ils voient bien trop de patients à chaque jour, ils passeraient leur journée au téléphone.

Je dois donc attendre encore 5 jours avant d'entendre le coeur de notre bébé et de savoir combien de kilos j'ai pris. Hom ne pourra pas venir avec moi cette fois-ci. Il est déjà très gentil d'être venu à tous les rendez-vous. J'aime qu'il soit là, mais je comprends qu'il ne puisse pas toujours se déplacer et manquer des heures de travail. Je suis triste de penser que par ma faute, il n'entendra pas le coeur de son bébé ce mois-ci...

J'ai un petit collant avec la date et l'heure de mon rendez-vous. Je l'ai placé sur le réfrigérateur, en espérant ne plus jamais me tromper...

17 octobre 2005

Ça avance

Hom avait pris congé la semaine dernière pour faire le plus de travaux possible dans la maison. Je n'ai pas pu aider autant que je l'aurai voulu parce que j'ai su à la dernière minute qu'un de mes contrats était dû pour le 15. C'est donc Hom qui a fait le gros du travail. Nous avons complètement repeint le sous-sol, plafond inclus. Enfin plus de bleu mauve et de plafond gris! Nous avons aussi tout réaménagé, puisque Hom y déménageait son bureau. Plusieurs meubles ont changé de place, plusieurs sont partis séjourner dans le cabanon en attendant de trouver preneur. Un ami nous a donné des belles bibliothèques, alors nous avons pu nous débarasser des vieilles qui prenaient tout un mur. De nouveaux luminaires, un ménage en profondeur, des nouvelles couleurs, un escalier repeint, un nouvel aménagement, j'ai vraiment l'impression d'avoir un nouveau sous-sol.

Hom a travaillé très fort, s'est couché tard et levé tôt toute la semaine pour travailler sur la maison. Sans ordinateur et sans bureau, il devait bien s'occuper! Il a donc aussi eu le temps de repeindre la chambre de bébé. Il nous reste seulement la murale à faire, mais les murs sont finis et ça me fait déjà drôle d'entrer là et de voir du bleu. Pour l'instant, la pièce sert d'entreposage, le temps de nous débarasser d'un set de tables et chaises chinoises (avis aux intéressés!). J'ai tellement hâte d'y monter la bassinette...

Ça me faisait peur de déménager Hom au sous-sol. Je craignais qu'il se sente seul ou coincé dans un petit espace. Finalement, il s'en sort bien mieux que j'aurais cru. Il est très bien installé, a tous ses gadgets autour de lui, a son petit coin juste à lui, même s'il n'est pas dans une pièce fermée (le sous-sol est une seule grande pièce). Il a travaillé tellement fort, sans se plaindre, sans avoir besoin d'être motivé ou poussé. Je lui suis tellement reconnaissante. Il fait tout ça pour nous, pour Pépin.

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Le mois d'octobre est toujours un mois occupé pour moi. C'est une période active où j'ai plusieurs gros contrats en même temps. J'espère être capable de passer au travers aussi facilement qu'avant. Ce sera le dernier gros coup à donner avant de relaxer au temps des fêtes avant le congé de maternité. Beaucoup de travail, en plus de tout ce qu'il se passe dans la maison, ça ne me donne pas grand temps pour écrire. Ça me manque. Je trouve plein d'idées, mais je ne prends pas le temps de les noter. Quand vient le temps de m'installer devant mon clavier, mon cerveau est trop occupé à penser à tout plein de choses ennuyantes comme le travail et le chauffage, que je perds mon inspiration. Mon blog en prend une claque. Je vais essayer d'y remédier dans les prochaines semaines...

8 octobre 2005

Le temps s'écoule

On me demande si j'ai commencé la chambre du bébé depuis déjà des mois. J'ai toujours répondu "non, il est encore tôt!" Mais je me rends compte que le temps s'écoule et que nous commençons à être plus pressés. Bientôt ce sera le temps des fêtes et après ça, il sera un peu tard pour commencer! Alors on s'est mis au boulot. Il ne s'agit pas simplement de repeindre une pièce, car cette pièce est actuellement occupée. On doit refaire le sous-sol pour pouvoir y déménager le bureau de Hom, qui deviendra la chambre de Pépin. Donc, nous commençons les travaux cette semaine. J'ai bien hâte de voir le résultat! Nous n'avions pas peinturé le sous-sol lorsque nous avons emménagé, nous n'avions pas eu le temps et comme nous y entreposions beaucoup de choses, ça ne vallait pas encore la peine. Maintenant que nous avons un peu réussi à le vider et que nous savons comment nous allons l'aménager, on s'y met. Repeindre une pièce est toujours agréable, comme un petit déménagement sans changer de maison.

J'ai hâte d'avoir un beau sous-sol fini et placé, oui, mais j'ai surtout hâte de faire la chambre de bébé. Je n'avais jamais pensé faire ça un jour... bon, j'y avais rêvé, j'avais imaginé bien des choses, mais sans jamais vraiment y croire à 100%. Et pourtant, ça y est, nous sommes rendus à cette étape. J'ai hâte d'assembler la bassinette, d'accrocher les petits pyjamas dans le garde-robe, de mettre des petits draps dans le lit et de me bercer en attendant la venue de Pépin. J'ai l'impression que je vais passer beaucoup de temps à rêvasser dans cette pièce, imaginant mon petit garçon dormant à poings fermés dans son lit ou pleurant au beau milieu de la nuit. Je sens que cette chambre sera remplie d'émotions avant même d'y accueillir notre fils. C'est une autre partie de notre rêve qui se réalise...

6 octobre 2005

Encore difficile

Je parlais à ma mère ce matin et elle m'annonce tout bonnement que mon frère (celui qui s'est marié cet été, le plus vieux) et sa femme veulent une maison et un bébé. En blague, je réponds qu'il copie sur moi. Elle me dit que ma belle-soeur a arrêté la pilule et "qu'il était temps." Ce genre de remarque n'est vraiment pas nécessaire, mais ce n'est pas ce qui m'a le plus dérangée.

Je ne croyais pas que ça me dérangerait encore à ce point, mais je me rends bien compte qu'il y a encore plusieurs blessures non cicatrisées sur mon coeur. Ça me fait quelque chose de savoir que mon frère et sa femme essaient d'avoir un enfant. Ça me fait quelque chose et pas de la bonne façon, mais je n'arrive pas à comprendre pourquoi exactment. Bien sûr, quand j'étais en essais, je redoutais le jour où mon frère nous annoncerait que je serais tante avant d'être mère. C'était une de mes plus grandes peurs. Maintenant que je suis enceinte, je croyais que je pourrais m'en sortir sans trop m'en faire. Bon, d'accord, je serais heureuse pour eux, y'a aucun doute là-dessus. Mais ça me fatigue quand même de savoir que dans quelques mois, peut-être, ils auront réussi ce que nous avons mis tant de temps à accomplir. Je ne leur souhaite pas que ce soit long, loin de là. Je ne souhaite ça à personne. J'aurais peut-être seulement aimé qu'ils attendent encore un tout petit peu... C'est égoïste, je le sais et ça me fâche de me sentir comme ça. Encore la foutue compétition avec mon frère, qui a tout eu facilement alors que moi j'ai toujours dû me battre. Je sais que je ne devrais pas mettre la charrue devant les boeufs, après tout, elle n'est pas encore enceinte...

4 octobre 2005

Pas si idiots

Je savais, en apprenant que j'étais enceinte, que j'allais faire face, pendant des mois, à des commentaires commençant par "tu vas voir..." et "un p'tit conseil". Je savais que les gens voudraient nous transmettre leur savoir, nous éduquer, nous, pauvre petit couple sans enfant. Pendant mes années d'infertilité, j'ai tellement entendu souvent des imbécilités du genre "vous êtes chanceux de ne pas avoir d'enfant, vous êtes bien comme ça". Pendant des années, je me suis fait dire, indirectement, que je ne connaissais rien si je ne connaissais pas ce qu'était qu'élever un enfant.

Je SAIS qu'il y a bien des choses que je ne connais pas. Je SAIS que nous ne saurons ces choses qu'une fois plongés dedans. Je sais aussi que ces gens veulent bien faire, veulent partager leur expérience en espérant nous être utiles.

Quand nous avons commencé les essais, je ne connaissais pas grand chose sur la conception, encore moins sur l'infertilité. Je ne me suis jamais gênée pour lire, pour poser des questions et faire des recherches. Je n'ai jamais eu honte de demander, jamais eu honte d'avouer ne pas savoir quelque chose. J'ai fait face à beaucoup d'ignorance et d'insensibilité, mais j'ai su m'entourer de gens qui savaient m'écouter et me respecter. Les choses n'ont pas changées depuis que je suis enceinte. Je suis encore entourée des mêmes personnes patientes et sensibles. Plusieurs de mes amies ont des enfants elles-mêmes et sont maintenant heureuses de répondre à mes nombreuses questions. Car oui, j'en pose, puisque je ne connais rien aux bébés. Je n'ai pas honte de poser des questions ou de chercher les réponses dans des livres ou sur le net. Je ne me sens pas idiote de ne pas tout savoir et mes amies me respectent.

Mais il y a encore certaines personnes qui croient que c'est de leur devoir de m'éduquer. Il n'y a rien que je déteste plus qu'un conseil non sollicité. Si je ne pose pas de question ou si je ne demande pas conseil, c'est que j'en ai pas besoin. On dirait que les gens ne font pas confiance en notre jugement. "Oh, ils n'ont jamais eu d'enfant, comment peuvent-ils savoir?" se disent-ils. Je sais très bien que nous avons des tonnes de trucs à apprendre et que nous les apprendrons probablement "sur le tas". Ça fait bien notre affaire, on est du genre indépendant. J'apprécie l'aide de mes amies, leurs conseils et réponses me sont très précieux. Mais de me faire dire "tu devrais faire ci ou ça" alors que je n'ai rien demandé, je n'apprécie pas.

Ma mère, entre autres, ne nous fait pas confiance. On a acheté notre ensemble poussette et siège d'auto et elle nous a longuement interrogés à savoir si c'était vraiment sécuritaire, si on avait bien regardé, parce que ça a l'air plutôt mal fait comme truc... On venait de discuter avec des policiers sur la sécurité des bébés dans la voiture et sur les nouveaux sièges d'auto. Ils nous avaient remis des dépliants que nous avons pris la peine de lire. Nous avons comparé plusieurs modèles, interrogé les gens autour de nous, fait des recherches sur le net. Sommes-nous si idiots qu'on ne peut pas choisir un bon siège d'auto pour notre enfant?

Un autre exemple... un amie à moi a des enfants qui vont à l'école. Elle ne leur a jamais fait porter de couches de coton, mais elle prend la peine de me faire un discours (alors que je ne lui ai rien demandé) sur les couches de coton, le travail supplémentaire que ça représente, le trouble, etc. Quelle crédibilité a-t-elle, dites-moi? J'ai discuté avec des femmes qui avaient utilisé les couches de coton et n'avaient que des bons commentaires. J'ai lu des témoignages, questionné une amie à moi qui les utilise en ce moment... bref, je n'ai pas besoin de l'opinion non fondé et non sollicité d'une maman de pré-ados qui n'ont jamais porté de couches de coton.

Nous n'avons peut-être jamais eu d'enfant, nous sommes peut-être encore au stade amateur dans la discipline Parents. Je crois quand même que nous avons assez de jugeotte et de ressources pour faire les bons choix et poser les bonnes questions lorsque nécessaire.

Je sais très bien que les gens ne veulent pas mal faire, exactement comme quand ils nous conseillaient de relaxer pour pouvoir tomber enceinte. L'intention est bonne, le message ne l'est pas.

3 octobre 2005

Inconcevable

La nouvelle série Inconceivable, diffusée à NBC depuis deux semaines, suscite beaucoup de réactions. En gros, c'est l'histoire de médecins et patients dans une clinique de fertilité. J'ai regardé les 2 épisodes et franchement... je suis complètement dégoûtée. C'est tellement ridicule et mal fait et plein d'histoires impossibles. Ils prennent les pires peurs et cauchemars de couples vulnérables aux prises avec l'infertilité et ils en font des banalités. Des scénarios extrémistes ridicules (ils se trompent d'embryon, l'infirmière switche un échantillon de sperme avec celui du docteur auquel elle vient de faire une pipe, une mère-porteuse donne naissance à un bébé noir alors qu'elle portait supposément l'embryon d'un couple blanc, etc.), des détails tout à fait faux, une clinique complètement irréelle, aucune crédibilité du tout...

Mais bon, je sais qu'il ne s'agit que d'une émission de télé. Après tout, les médecins nous diront tous que ce n'est jamais comme dans ER, les profs nous diront tous que Virgine c'est complètement exagéré. Ce n'est pas vraiment ça qui me dérange. Ce qui me dérange, c'est qu'on en parle jamais de l'infertilité de nos jours. C'est encore un sujet tabou. Tout ce qu'on entend ce sont les cas extrèmes, comme la mère-porteuse qui donne naissance à des quintuplés, ou la dame de 60 ans qui tombe enceinte grâce au in vitro. On n'entend jamais parler des milliers de couples qui essaient pendant des années, qui font traitement par-dessus traitement et qui ne réussissent jamais. On entend jamais parler de ceux qui, après plusieurs cycles de FIV laissent tomber leur rêve. On entend jamais parler de ceux qui réussissent, après plusieurs années, à finalement tomber enceinte avec du Clomid et une insémination. On entend juste parler des cas extraordinaires et ça nourrit le mythe de l'infertilité. Ça fait passer les couples infertiles qui décident d'aller de l'avant avec les traitements pour des freaks désespérés, des gens qui ne savent pas quand arrêter ou qui ne savent pas qu'il faut "juste relaxer"... Et cette nouvelle série vient juste amplifier tous ces mythes et ces peurs. Il y a plein de filles comme moi qui essaient de parler de leur infertilité, d'éduquer un peu les gens autour, puisqu'on ne parle jamais de ces choses-là. Et une série comme ça vient juste nous compliquer la vie et rendre notre quête encore plus difficile.

Il ne devrait pas y avoir de série sur des médecins assoiffés de pouvoir (ils disent dans le premier épisode qu'ils "jouent à Dieu") dans une clinique de fertilité, mais une série sur des couples qui le vivent, jour après jour, année après année. C'est de ça dont on devrait parler. Ils essaient de faire passer les médecins pour des héros alors qu'au fond, ce sont les couples qui poursuivent leur rêve qui sont les vrais héros.

Si vous avez vu l'émission et que vous voulez dire votre façon de penser à NBC, vous pouvez le faire ici.